La dame blanche

La Dame Blanche
Théâtre du Palais Royal 
Du mercredi au samedi à 21h, samedi 16h30 et dimanche 17h

“Au théâtre, vous n’aviez jamais eu peur… jusqu’à maintenant”. Le teaser de la pièce annonçait déjà sa couleur sombre et ses airs de “Souviens-toi l’été dernier“. Au théâtre du Palais Royal, des démons vêtus de haillons hantent les couloirs. La pièce n’a pas encore commencé que d’étranges femmes au visage rappelant Lord Voldemort effraient les premiers spectateurs. Le rideau se lève, des draps blancs s’envolent sur le sifflement strident du vent.

L’histoire : Malo (Arthur Jugnot) est gendarme dans un patelin breton, il est amoureux d’Alice (Anais Delva), une jolie et jeune peintre fraîchement propriétaire d’une vieille bâtisse dans les terres de la région. Mais Malo est marié à Céline, qu’il n’arrive pas à quitter parce qu’elle est enceinte et amoureuse. Un soir, il raccompagne Alice en voiture, et quelque part dans les bois, il la renverse accidentellement et la tue… Alice viendra hanter ses jours et ses nuits, à la recherche d’un amour perdu qui lui a coûté la vie.

“Nous allons nous amuser à vous faire peur. Comme quand on était petit et qu’on se cachait sous la couette pour écouter une histoire de grand méchant loup.”

D’une légende urbaine familière et réchauffée, les désormais inséparables Sébastien Azzopardi et Sacha Danino ont fait naître un O.V.N.I du théâtre. A mi-chemin entre le cinéma à l’américaine et la tragi-comédie, La Dame Blanche n’a pas d’équivalent sur les planches. Effets spéciaux et décors lugubres sont au rendez-vous de cette soirée angoissante. C’était risqué, mais cela fonctionne bien : on a peur mais on rit du comique de situation parfois au 10ème degré. Car le décalage et l’humour sont aussi au rendez-vous : le public est lui-même totalement acteur de sa pièce. De chalutiers en colère contre la police en toxicos dans un squat ou en fanatiques prostrés devant un dolmen surnaturel, les spectateurs revêtent leurs plus beaux costumes de sit-in scénique. La salle devient scène et les comédiens vont jusqu’à hurler et organiser une course poursuite entre les sièges du théâtre.

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Côté jeu d’acteur, pas une erreur de casting : Arthur Jugnot et Anaïs Delva sont exceptionnels, Michèle Garcia (la vieille) et Benoît Tachoire (Victor) se surpassent dans leurs rôles de campagnards psychopathes, Emma Brazeilles (Chloé la toxico et Rosalie la gendarme) valse à merveille entre ses deux personnages et Sébastien Pierre (Alex, flic et meilleur ami de Malo) est à mourir de rire dans son cliché du gendarme. Un seul bémol à cette belle réussite théâtrale : le rôle de Céline (la femme enceinte de Maro, jouée par Réjane Lefoul) est un peu fade (et son ventre un peu trop gros quand même !) et manque de profondeur : on ne s’y attache pas.

En définitive, La Dame Blanche est une expérience à vivre pour tous : amateurs de théâtre ou novices des planches. Âmes sensibles s’abstenir, vous risquez de ne pas dormir tranquille.

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