Le Poisson Belge : une virée aquatique à la Pépinière Théâtre

affiche OK Le poisson belge

Le coup de coeur de la rentrée 2015 

Le Poisson Belge est une pièce puissante, qui nous raconte la curieuse rencontre entre une “Grande Monsieur” et un “Petit Fille”, deux personnages qu’apparemment tout oppose. Petit Fille est une enfant qui a besoin d’attention et va s’immiscer dans la vie de Grande Monsieur, un homme quelque peu aigri par le temps et qui a autre chose à faire de ses journées que de s’occuper d’une gosse. Pourtant, Grande Monsieur va avoir du mal à se débarrasser de Petit Fille.

Le Poisson Belge est une des pièces révélation de la rentrée 2015.

Dates :  à partir du 23 septembre 2015
Lieu : La Pépinière Théâtre (Paris)
Texte : Léonore Confino
Metteur en scène : Catherine Schaub
Avec : Marc Lavoine, Géraldine Martineau

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Comme à son habitude, la Pépinière Théâtre propose un texte engagé sur un (ou des) sujet(s) fort(s) : le deuil des enfants, l’errance d’un adulte, la solitude. Le texte de Léonore Confino, inspiré par sa propre fille qui s’est souvent prise “pour un poisson, trouvant refuge au fond de l’eau du bain” est à la fois puissant et délicat, associant sagesse et naïveté, avec beaucoup d’humour.

 Le texte de Leonore Confino est à la fois puissant et délicat, associant sagesse et naïveté avec beaucoup d’humour

L’auteure précise avoir voulu raconter “une réparation : celle de l’enfant intérieur qui respire si mal en soi”. Une réparation symbolisée par l’image d’un poisson dans un océan de larmes. ‘Belge’ parce que l’histoire se passe à Bruxelles, près du lac d’Ixelles qui laisse “deviner d’étranges apparitions l’hiver” et se prêtait parfaitement à une histoire à mi-chemin entre réalité et onirisme. Car la crise d’une enfant endeuillée ou le mal-être d’un adulte névrosé sont ici symbolisés par des monstres marins, des pieuvres à tentacules, des couleuvres et des vers solitaires. De belles métaphores pour un texte qui, comme son origine belge aurait pu l’indiquer, ne manque pas d’humour. “Mêler humour et onirisme s’est imposé comme un défi d’écriture” explique Léonore Confino.

Grande Monsieur (Marc Lavoine) et Petit Fille (Géraldine Martineau) sont de bien curieux personnages. Hors des normes. Lui porte des boucles d’oreille en perles, vit seul dans un appartement et se nourrit de soupes lyophilisées aux champignons et de Youpichocs. Elle, est une enfant déjà perdue avant-même d’avoir atteint l’adolescence : fille de psychanalystes, asthmatique et curieuse, elle aime les Youpichocs, les monstres marins, les poissons et imiter les handicapés.

Marc Lavoine et Géraldine Martine forment un duo explosif

Petit fille et Grande Monsieur on bien plus d’une chose en commun (au-delà du fait qu’ils portent le même prénom et aiment les Youpichocs). L’un et l’autre sont enfermés dans leur mal-être et ne cherchent qu’à en sortir. L’une en se mutilant des branchies de poisson sur le corps pour respirer, l’autre en tchattant sur internet avec de drôles d’oiseaux. D’une élégance naturelle, Marc Lavoine campe bien son personnage d’homme sévère et tendre à la fois. Géraldine Martineau est, quant à elle, époustouflante.

Le Poisson Belge est une pièce de théâtre à laquelle il ne manque rien : un magnifique texte, un très bon casting et une mise en scène ingénieuse. D’ailleurs, côté mise en scène, pour façonner l’univers à demi fantastique conté par Léonore Confino, il a fallu quelques tours de main et un brin d’ingéniosité. La salle de bain “spa” est un halo de lumière qui illumine une grande verrière, derrière laquelle on trouve une baignoire. L’appartement de Grande Monsieur fait appel à l’imaginaire : il est décrit et induit, mais on n’y voit qu’un simili-canapé qui fait aussi office de meuble de cuisine. Une mise en scène minimaliste qui fait écho à l’univers imaginaire et rêveur dans lequel nous embarque Le Poisson Belge.

Un joli rêve aquatique à savourer à la Pépinière Théâtre.

Note
Originalité
Mise en scène
Jeu des acteurs
Texte
Charlotte Henry
Théâtrophile, je prends un malin plaisir à dénicher de petites merveilles dans les salles parisiennes. J'aime aussi la politique et les chats, mais ça, c'est une autre histoire...

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