Magdalena Abakanowicz : Là où la mémoire des corps se raconte
Il y a quelque chose de presque paradoxal à installer Magdalena Abakanowicz au musée Bourdelle. Paradoxal, mais juste. Les corps héroïques, tendus vers l’idéal, se retrouvent à cohabiter avec des formes qui ont renoncé à l’illusion de la perfection.
Ici, rien ne se dresse pour triompher : tout semble avoir survécu.
Les œuvres d’Abakanowicz ne représentent pas des corps, elles en conservent la mémoire. Des corps sans visages, des enveloppes vidées de toute psychologie, des masses textiles qui tiennent debout par habitude plus que par volonté. On ne sait jamais si l’on regarde une foule, une ruine ou une mue.
Et c’est précisément là que l’exposition réussit : elle nous prive de toute narration confortable.
La survivance des corps
Face aux bronzes de Bourdelle, qui affirment encore la croyance dans la grandeur humaine, Abakanowicz énonce autre chose — une histoire faite de répétition, d’anonymat, de fatigue collective.
Ses figures n’ont pas de regards parce qu’elles n’ont plus besoin de convaincre. Elles sont passées de l’autre côté de la représentation, dans un état presque post-humain, mais profondément sensible.
Le matériau joue un rôle clé : fibres rugueuses, surfaces blessées, textures qui accrochent la lumière sans jamais la flatter. On a envie de toucher, puis on se retient, comme si ces œuvres exigeaient une distance éthique.
Elles ne sont pas fragiles, mais elles sont vulnérables — nuance essentielle.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont l’artiste transforme la répétition en expérience existentielle. La multitude n’est pas décorative ; elle est oppressante, presque obssédante. Chaque forme ressemble à la précédente, mais aucune n’est interchangeable.
On pense à l’histoire, aux foules disciplinées, aux corps comptés plutôt que regardés. Et pourtant, il n’y a rien de démonstratif. L’œuvre ne dénonce pas, elle constate.
Au musée Bourdelle, cette exposition agit comme un contre-chant grave. Elle rappelle que le corps, avant d’être symbole ou idéal, est une matière traversée par le temps, la violence, la survie. Abakanowicz ne cherche pas à nous émouvoir, elle nous laisse face à ce qui reste quand l’héroïsme s’est tu.
Et c’est là que réside la force de cette rencontre : entre la sculpture qui voulait élever l’homme, et celle qui accepte de le regarder tel qu’il est.
Dates : du 20 novembre 2025 au 12 avril 2026 – Lieu : Musée Bourdelle Magdalena Aabakanowicz : la trame de l’existence (Paris)




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