La “Passion” de Stephen Sondheim sous le regard noir de Fanny Ardant

la "Passion" de Stephen Sondheim sous le regard noir de Fanny Ardant
“Passion” de Stephen Sondheim Natalie Dessay (Fosca) – Ryan Silverman (Giorgio Bachetti) – ©Théâtre du Châtelet – Marie-Noëlle Robert

La “Passion” de Stephen Sondheim sous le regard noir de Fanny Ardant

Présentée pour la première fois en France, cette œuvre écrite en 1994 par Stephen Sondheim, le maître de la comédie musicale outre-Atlantique à qui l’on doit les paroles de de West Side story dont le Châtelet a fait découvrir au public français quelques perles emblématiques, était très attendue.

Elle s’inspire à la fois du film “Passion d’amour” d’Ettore Scola et du roman épistolaire d’un jeune écrivain du 19è siècle Iginio Ugo Tarchetti “Fosca” qui voit la brûlure d’aimer se déliter à un désir irrépressible et absolu.

Et qui mieux que Fanny Ardant pour mettre en scène ce drame intense aux tonalités extrêmes dont la lecture dramaturgique, visuelle et sensorielle sonne comme un coup de maître.

la lecture dramaturgique sonne comme un coup de maître

La trame narrative est celle d’un jeune officier italien, Giorgio, contraint de laisser provisoirement sa jeune et belle maîtresse, Clara, pour rejoindre sa nouvelle affectation. Il fait la rencontre de Fosca, fragile nerveusement et disgracieuse mais cultivée et en mal terriblement d’amour qui tombe immédiatement amoureuse du bel officier.

Giorgio commence alors à subir son harcèlement auquel, déconcerté, il résiste tout en restant en relation avec elle.

l’astre noir de la passion fait rage

De ce rapprochement étrange et de plus en plus profond, naitra un sentiment nouveau qui dépassera tout ce qu’il a vécu avant que ne meurt Fosca et le laisse désemparé mais à jamais transformé par le dévoilement de cet amour transcendant.

Sur le plateau, les actions et les airs s’enchaînent parfaitement en tableaux séquencés entre un clair obscur magistral et une abstraction scénographique au plus près de la psyché des personnages et de leurs échanges chargés de doute, de tension et d’une fébrilité ombrageuse.

Les réminiscences de la mémoire troublent la limite entre jour et nuit, tandis que se remémorent des faits ou cauchemar qui nous renvoient au passé ou aux angoisses de l’héroïne dans des scènes aussi puissantes que saisissantes.

Les comédiens/chanteurs sont à l’unisson pour interpréter leur figure initiatique dans un rythme cinématographique où la partition se colle à merveille avec ses envolées mélodiques, aux émotions volcaniques des protagonistes.

La distribution est emmenée par le charismatique Ryan Silverman aux prises entre entre deux femmes que tout oppose : la sensuelle et charnelle Clara (Erica Spyres parfaite), et Fosca, l’affranchie, où d’un timbre puissant et vibrant, il nous hypnotise. Quant à Natalie Dessay, elle incarne une Fosca aussi ardente que ténébreuse dont la voix à l’intonation grave impressionne par son incroyable registre.

Un musical opératique très applaudi ou l’astre noir de la passion fait rage.

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Dates : du 16 mars au 24 mars 2016 l Lieu Au Théâtre du Châtelet (Paris)
Metteur en scène : Fanny Ardant

Note
Originalité
Scénographie
Mise en scène
Jeu des acteurs
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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