La passion Van Gogh dévoile le génie d’un homme fragile

La Passion Van Gogh
La Passion Van Gogh, film d’animation de Dorota Kobiela et Hugh Welchman, Copyright 2017 Loving Vincent Sp.z.o.o. & Loving Vincent Ltd.

La passion Van Gogh dévoile le génie d’un homme fragile

Le nom de Vincent Van Gogh a beau faire partie du panthéon de la peinture universelle aux côtés de ceux de Picasso, De Vinci ou Rembrandt, son existence reste un mystère. C’est du moins ce qu’essaye de montrer le film d’animation La passion Van Gogh, qui aurait très bien pu s’appeler Le Mystère Van Gogh. En plus de sa splendeur formelle, le film se suit comme un thriller pour découvrir les causes d’une mort peut être bien moins évidentes qu’elles n’en ont l’air a priori. Les 1h35 du film s’écoulent dans un souffle tant le procédé d’animation subjugue tandis que l’intrigue captive. Une merveille de film d’animation!

Un travail titanesque

 

Le film est d’abord un ravissement formel. Les oeuvres de Van Gogh servent de toile de fond à chacun des 62 450 plans du film peints à la main par 90 artistes venus du monde entier. Les acteurs en chair et en os ont d’abord tourné dans des décors échafaudés pour évoquer les toiles du peintre ou sur des fonds verts. Puis les tableaux ont été incrustés par composting, puis animés en infographie. Le tournage des prises de vues réelles s’est partagé entre des studios à Londres et Wroclaw et les images tournées ont servi de canevas de travail pour les peintres animateurs.  Le résultat final est une vraie prouesse visuelle avec cette impression constante d’observer des tableaux mouvants peints à la main. Il est difficile d’imaginer l’énorme charge de travail nécessaire pour aboutir à un résultat si proche de l’oeuvre du peintre. Ce qui devait initialement être un court métrage est devenu un film destiné à faire date dans l’histoire de l’animation. Et quand on sait que Clint Mansell tient la baguette de la BO et Pierre Niney double le personnage principal, on prend encore un peu plus la mesure de ce projet.

Un très bel hommage à l’artiste

Loin d’être un biopic classique et linéaire, La Passion Van Gogh suit les pérégrinations d’Armand Roulin chargé par son père de remettre une lettre de Vincent à son frère Théo Van Gogh. L’arrivée du fils du facteur d’Arles à Auvers sur Oise va le faire rencontrer les personnages qui ont côtoyé le peintre avant sa mort. Le film remonte le fil de la vie de Van Gogh de manière décousue, les informations se changent en indices qui aiguillent le jeune homme vers une vérité qui se défausse sans cesse. La musique de Clint Mansell instaure une atmosphère de thriller au milieu des images pastorales du peintre. La solitude du peintre se dévoile ainsi que sa fragilité psychologique. Mais c’est surtout le génie de ses toiles qui retient l’attention. Il débuta sa carrière de peintre à 28 ans et plus de 800 oeuvres émergèrent de son esprit enfiévré avant sa disparition 8 ans plus tard. Le film insiste également sur le gâchis d’une mort trop précoce, privant le monde d’oeuvres supplémentaires qui auraient pu marquer un peu plus son génie.

La Passion Van Gogh est une merveille d’animation en même temps qu’un film très bien construit. Il est nécessaire de le voir sur grand écran pour admirer le travail d’orfèvre de l’équipe technique et admirer un film qui donne envie de faire un tour au musée pour voir de nouveau ses oeuvres en vrai!

SYNOPSIS ET INFOS

La Passion Van Gogh
La Passion Van Gogh


Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part

Sortie : le 11 octobre 2017
Durée : 1h35
Réalisateur : Dorota Kobiela, Hugh Welchman
Avec : Chloé Berthier, Gabriel Le Doze, Xavier Fagnon
Genre : Animation

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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