Le portrait de Dorian Gray

Le Portrait de Dorian Gray, adaptation diabolique au Théâtre Lucernaire

Le Théâtre Lucernaire met à l’affiche un Portait de Dorian Gray fascinant et capiteux. Le mythique unique roman d‘Oscar Wilde prend vie dans une mise en scène vibrante de puissance et d’une fidélité absolue au texte. Le public est conquis par cette histoire de pacte avec le diable enlevée et ensorcelante. Une très belle réussite théâtrale à ne pas manquer..

Le Portrait de Dorian Gray est une variation chic sur le mythe de Faust. L’Angleterre victorienne remplace l’Allemagne moyenâgeuse et un Dandy séduisant et naïf prend la place du savant germanique. Interprété par un Arnaud Denis velléitaire et parfaitement candide, ce Dorian Gray intrigue et séduit. Richement doté en argent et en atouts physiques, il tombe dans les filets d’un aristocrate faisant office de Méphistophélès zélé. Maniant aussi bien la langue que la flagornerie, il n’a aucune difficulté à transformer le timide héritier en être avide de plaisirs. Le pacte faussement avantageux transforme le tableau représentant Gray en reflet de son âme de plus en plus tourmentée, se métamorphosant en peinture monstrueuse tandis que Dorian Gray conserve son éternelle jeunesse.

Ce Dorian Gray intrigue et séduit

Le texte cynique et pince-sans-rire d’Oscar Wilde est adapté avec verve par un Thomas Le Douarec plus vrai que nature en éminence grise diabolique. Son look très Alan Rickman période Die Hard et son débit mielleux en font un Méphisto fascinant. Sa manière de présenter les attraits de la luxure et du stupre avec les mots de Wilde convaincrait n’importe quelle brebis égarée. Les tourments du héros malheureux pour l’éternité sont enrichis d’une mise en scène minimaliste mais astucieuse. Des airs de piano cabaret renforcent le désespoir célébré par une chanteuse désillusionnée. Car Dorian Gray n’est qu’une métaphore de la part obscure tapie en chacun de nous. Et la culpabilité ressentie par le héros ne fait que refléter sa monstruosité grandissante illustrée par un portrait déformé.

Si le tableau n’est jamais montré, il conserve une place discrète mais symbolique dans un coin de la scène. Il hante Dorian Gray et insuffle incessamment sa puissance maléfique. Comme un poison lent destiné à causer sa perte sous le regard, amusé de Méphisto, et découragé du peintre Basile. L’heure et demie du spectacle se cloture sous le tonnerre d’applaudissement d’une audience comblée. Oscar Wilde revit avec classe sur la scène du Lucernaire.

Dates :  Du 20 janvier au 30 avril 2016
Lieu Théâtre Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Thomas Le Douarec
Avec : Thomas Le Douarec, Arnaud Denis ou Valentin de Carbonnières, Lucille Marquis ou Caroline Devismes, Fabrice Scott

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