Sully de Clint Eastwood
Sully copyright Warner Bros

Sully ou l’histoire d’un héros tombé du ciel par Clint Eastwood

Clint Eastwood est de retour et pour la première fois de sa carrière quintuplement oscarisée, il tourne avec Tom Hanks à la traîne avec seulement deux Oscars ! En plein hiver 2009, un événement extraordinaire sature la Une des journaux new-yorkais et au-delà : c’est « le miracle de l’Hudson ». Clint Eastwood s’est emparé de ce fait divers invraisemblable et de sa star surmédiatisée pour réaliser un biopic, Sully, qui sortira en salle le 30 novembre.

New York, le 25 janvier 2009. Le commandant de bord Sullenberger alias Sully (Tom Hanks) pilote un avion dont les deux réacteurs sont morts après avoir été pénétrés par une nuée d’oiseaux. En perte d’altitude et de vitesse, il plane au-dessus de la ville ; à cours de solution, il va tenter l’impossible : amerrir sur l’Hudson. Les amerrissages se finissent toujours mal, en général… mais pas celui-ci ! Sully, en équipe avec son copilote (Aaron Eckhart), réussi ce qu’aucun autre n’aurait pu faire : poser l’énorme appareil sans dégâts sur le fleuve. Le « miracle » accompli, la survie des passagers dépend désormais de l’efficacité des secours car il fait froid, très froid, il faut faire vite. En vingt-quatre minutes, les 155 passagers et membres d’équipage sont sauvés. Tous. Une bonne nouvelle comme rarement en relate les journaux et surtout, un nouveau héros est né : Sully.

Le film est comme un problème mathématique bourré de chiffres et a priori insoluble. Le commandant Sully, quarante ans de métier et plus de 20 000 heures de vol à son actif, pilote un A320, le vol 1549. Trois minutes après le décollage, les deux réacteurs lâchent. L’avion est alors à moins de 300 mètres d’altitude, impossible de rentre à l’aéroport LaGuardia. Il doit pourtant sauver les 154 vies humaines qui sont à bord. Que faire ? Seule consigne : vous avez 208 secondes pour résoudre ce problème : Sully n’en avait pas une de plus.

Sully de Clint Eastwood
Copyright Warner Bros

Sully : un héros malgré lui

Ces 208 secondes décisives où Sully a admirablement su garder son sang-froid sont le cœur du film. Mais finalement, la prouesse technique, le miracle, compte peu ; ce sont les hommes, leurs émotions et l’exaltation de toute une ville que le réalisateur met en lumière. Il nous prend par les sentiments, notamment en nous dévoilant ceux de Sully ! Sully est comme tout le monde et pourtant, à partir de ce 25 janvier 2009, il n’est plus tout le monde. L’histoire a besoin de héros et en voilà un littéralement tombé du ciel. Porté aux nues, glorifié par les médias, les politiques et les badauds, on découvre cet homme, juste après l’amerrissage, pris dans une tempête médiatique et intérieure.

On découvre aussi un autre aspect moins glorieux du « miracle de l’Hudson » : l’enquête du NTSB (National transportation Safety Board) qui a essayé de le mettre en cause pour la perte de l’A320. Ne pouvait-il vraiment pas atterrir à LaGuardia ? A-t-il fait le bon choix ? Derrière un exploit se cache souvent quelques zones d’ombre que l’Histoire préfère oubliée. Clint Eastwood en bon trublion est venu s’assurer qu’on n’oublie rien.

Il est beau le commandant Sully, il a l’élégance, la modestie et la discrétion d’un héros contre son gré. D’un héros attaqué par la NTSB et obsédé par la vie de ses passagers même après les événements. L’incarnation du bien sans ostentation. Un héros un peu monochrome pourtant qui mériterait quelques couches plus sombres parce qu’un homme parfait ça n’existe pas non ? Plus généralement, tous les personnages manquent de nuances comme s’ils étaient résumés à un trait de caractère. Lorrie, la femme de Sullenberger incarne le doute et l’attente. Jeff Skiles, l’indéfectible acolyte. Charles Porter, l’enquêteur en chef de la NTSB, est le « bad guy ».

Sully de Clint Eastwood
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Clint Eastwood n’a pas chômé…

Malgré cela, Clint Eastwood arrive à nous toucher au cœur même lors de séquences d’apparence anodines. Ainsi, lors d’une simple simulation de vol pour déterminer si oui ou non, Sully aurait pu rentrer à LaGuardia, on retient son souffle parce qu’on est dans le camp du commandant, on veut qu’il soit mis hors d’accusation. Clint Eastwood s’est emparé de notre empathie pour la distribuer à Sully, un petit hold-up cinématographique !

La structure du film mérite aussi son coup de chapeau. La colonne vertébrale de Sully n’est en fait qu’une seule et même scène qui se reproduit inlassablement sans jamais pourtant être tout à fait la même : les fameuses 208 secondes avant l’amerrissage. On la vit dans le cockpit avec Sully et Skiles, dans la cabine avec les passagers affolés, dans la tour de contrôle de LaGuardia, dans le simulateur de vol, dans les rêves de Sully… Et, à chaque fois, ça fait mouche, on a l’impression de la découvrir pour la première fois.

Et vient le dénouement façon « American dream » sur lequel on ne s’épanchera pas malgré quelques réticences mais pas de spoilers, nous préférons que vous alliez voir le film ! Sobre, assez touchant, bien interprété même s’il manque une couche de complexité aux personnages, Sully est un hommage à Sully ! Et une œuvre de résistance aux années de la part de Clint Eastwood.

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Sully de Clint EastwoodLe 15 janvier 2009, le monde a assisté au “miracle sur l’Hudson” accompli par le commandant “Sully” Sullenberger (Hanks) : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l’opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l’histoire de l’aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

Sortie : le 30 novembre 2016
Durée : 1h35
Réalisateur : Clint Eastwood
Avec : Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Genre : Drame, Biopic

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NOS NOTES ...
Originalité
Réalisation
Jeu des acteurs
Scénario
Olivia Bugault
Fraîchement débarquée sur Publik'art en cette année 2016, Olivia goûte bien trop la littérature, le cinéma et le théâtre ... bref la culture ! pour ne pas s'en mêler par la plume. Ainsi elle vous livre ses analyses sans oublier au passage de saluer bien bas chaque artiste que la critique soit bonne ou mauvaise.

1 COMMENTAIRE

  1. Le dernier film de Clint Eastwood est sérieux, appliqué, émouvant. Pas un film qui marquera l’histoire mais un bon moment de ciné. 155 passagers sauvés du désastre ne comptent pour rien devant l’irrépressible lame de fond d’une administration aveugle et bureaucratique. Un film qui fait réfléchir sur le poids intolérable des institutions… Un 3/5 honnête et mérité.

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