Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !
© photo : Philippe Lebruman

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual : le trio choc pour sauver la planète !

Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin et Maxence Tual se sont rencontrés au sein de la troupe des Chiens de Navarre. De cette expérience commune, ils ont gardé le goût du collectif et de l’improvisation propices à une osmose jubilatoire sur le plateau.

Avec « Jamais labour n’est trop profond », c’est à une série de tableaux qu’ils nous convient, écrits et mis en scène collectivement, sur fond d’écologie, de décroissance et d’effondrement dont la troupe est aussi partie prenante. Le tout armé d’un humour transgressif et de résistance où la satire mais pas que, redonne au théâtre une dimension ludique et singulière : aussi inattendue que poétique.

Sur la scène transformée en laboratoire d’expérimentation, les comédiens se livrent à une exploration intime et artistique de ce qui fait le théâtre aujourd’hui et de son héritage, à l’orée de la révolution écologique.

Le spectacle s’ouvre sur un entretien téléphonique aux toilettes sèches of course ! où Thomas Scimeca échange avec son agent des conditions avantageuses de son prochain tournage. Mais voilà, il fait désormais partie de la compagnie durable et n’a donc plus rien à voir avec les faux-semblants de la notoriété et de l’appât du gain, comme lui rappelle avec pertinence Maxence Tual, qui explose son téléphone portable et fait de lui un homme libre !

Ça enchaîne avec l’exposé du grand projet écologique mené par nos trois acolytes : créer une machine, la « merdoduc » qui permet de créer de l’électricité et de l’eau avec des secrétions humaines.

Et dont le propos est sujet à des tirades qui font mouche : « Netflix produit 9 fois plus de CO² que les compagnies aériennes » ; sur un tournage, « à chaque réplique tu tues un ours blanc ».

Plus tard, Anne-Elodie Sorlin conviera les hommes à table autour d’une pizza où le trio s’épanchera sur la seule solution envisageable face à la surconsommation : le jeûne intermittent (ou le jeune intermittent, c’est selon).

Les scènes se succèdent dans un joyeux bordel portées par une dérision mélancolique et intempestive où le rire questionne autant qu’il débride.

Dans cette embardée à la fois prosaïque et surréaliste, le théâtre le plus tragique avec Hamlet et Prométhée est aussi convoqué pour se moquer de ses codes et de ses artifices à travers une scène de tournage chaotique, tout en cristallisant dans son intention l’élan créatif et poétique de l’art théâtral.

Un spectacle revigorant emmené par un collectif au taquet et qui nous fait plus que jamais nous sentir vivants en ces temps si troublés. Bravo !

Dates : du 29 au 31 juillet 2021 – Lieu : Théâtre Paris-Villette dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été
 

NOS NOTES ...
Originalité
Scénographie
Mise en scène
Jeu des acteurs
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici