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Inland de Tariq Teguia

[ 0 ] 01/04/2009 | Ale

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A noter: après la projection, la salle a échangé des impressions avec le réalisateur (tariq teguia) qui a défendu subtilement son film …

Le générique,fondu , annonce un film d’emblée qui change de l’ordinaire .Les premières scènes confirment rapidement cette impression : des «activistes » s’entretiennent houleusement (coté comique sympa) sur l’avenir démocratique de leur pays puis rapidement un pendu apparait à l’écran . Le réalisateur a la volonté de ne pas s’immiscer, de simplement constater des moments vécus lors du repérage du film.

Pour le scénario, « parce qu’il en fallait un si je voulais obtenir de l’argent » : un topographe (Malek) se rend dans une partie reculée de l’Algérie terrorisée il y a quelques années .Il s’attachera à une noire clandestine . On l’a compris le scénario n’est pas la clef du film. Ce qui compte ce sont toutes ces « petites touches » qui ont marquées le jeune réalisateur ; ses intuitions guident la caméra .
Certaines scènes éclaires sont scotchantes (images qui vibrent, silhouettes dissimulées et brouillées..) :vraiment superbes. Aussi les autres scènes esthétiques répétées ennuient rapidement (travellings interminables, 360° à foison..).De nombreuses portions de chemins sont capturées, la fuite est annoncée, l’impasse probable..un road movie trop long et ramoli!

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De plus, le réalisateur a « fragmenté » sa musique lui-même et c’est génial ( il n’y a pourtant que 15 min de musique tout au long des 2h18 de projection.) :on la retient car lorsqu’elle crache elle suspend toute action. La musique n’est pas du tout un simple accessoire, c’est toujours la poésie qui prend le dessus,et c’est très bon. Le meilleur du film.

Enfin Tarek rend par allusions compte de l’algérie d’aujourd’hui : des politiques nazes, le régime est policier (rapport de force sans cesse). En somme, on parle toujours d’une algérie nouvelle,moderne, mais « ça fait bien 45 ans qu’elle marche à quatres pattes ». L’algérie semble essouflée à l’image de l’acteur principal qui erre sans but .. D’autres nombreux problèmes sont soulevés (l’urbanisme lépreux, les rues pleines d’ordures,la clandestinité, l’absence de futur pour les jeunes « on casse tout sauf le cybercafé »). Le réalisateur « étire » les problèmes au mieux (dialogues pertinents,meetings comiques,images furtives des clandestins sur la plage ou dans les bois..). Pas de réponses mais de nombreuses réflexions. Tout ça fonctionne très bien.

En somme, le réalisateur apparaît talentueux et passionné mais le film est bien trop long comme s’il avait une envie de trop bien faire (trop de références cinématographiques)..C’est dommage car le film est au final moyen alors qu’il aurait gagné à être au top en élaguant.

L’algérie et Malek mènent un même combat , plombé par la désillusion et soumis à l’ absurde ,l’horizon est inaccessible. Ce film est un « chevauchement de lignes de fuites » , on comprend que les autorités algériennes n’ont pas encore délivré le visa d’exploitation …

Le réalisateur croit que son film sera projeté en Algérie avant le Japon…On le lui souhaite.

Alebof

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Categorie: Cinéma, Critiques Films

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Commentaires (0)

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  1. E.E. dit :

    un film qui a l’air extrême dans la scotcherie! Je suis sûr qu’il fera des heureux (hein, Comarin??). En tout cas, je vais l’éviter celui-là! Merci Ale!

  2. C.C. dit :

    C’est bien mon vieux, tu restes constant dans la recherche du gofa !!!
    L’oeuvre idéale à être montée en court-métrage apparemment !
    Welcome back cousin.

  3. AleAle dit :

    tu as raison C. pour l’idée du court métrage!

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