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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Josef Albers : la patience du visible

Josef Albers : la patience du visible L’exposition "Duets" à la galerie David Zwirner s’inscrit dans une continuation naturelle de l’exploration albersienne à Paris après la...

Comédie pop et guerre des nerfs : « Les Femmes savantes » en direct au cinéma

Emma Dante s’empare des "Femmes savantes" comme d’un matériau instable, à la fois sacré et explosif. Entre esthétique pop, débordement des corps et férocité comique, la metteuse en scène fait vaciller le salon moliéresque pour révéler ce qu’il contient de violence, de plaisir et de chaos. Pour un classique remis en danger — et donc, pleinement vivant.

« Cochons d’Inde » : Sébastien Thiéry fait vaciller la normalité

l existe un théâtre du rire. Et puis il existe ce territoire plus trouble où le rire devient un symptôme. C’est précisément là avec "Cochons d'Inde" que s’installe l’écriture de Sébastien Thiéry : dans cette zone incertaine où la comédie ne cherche plus seulement à divertir, mais à révéler la mécanique invisible qui régit nos vies.

L’amour sous emprise, la famille en héritage

Avec sa nouvelle mise en scène, Jean-Robert Charrier dépasse la simple comédie familiale pour sonder la transmission silencieuse des rapports de domination. Portée par Josiane Balasko, Marilou Berry et Riad Gahmi, la pièce "Ça, c'est l'amour" explore comment l’amour peut devenir un terrain miné — et comment les schémas affectifs se répètent d’une génération à l’autre.

Le monde brûle, la glace fond mais le buffet reste ouvert… dans la focale de Martin Parr

Le monde brûle, la glace fond, mais le buffet reste ouvert...dans la focale de Martin Parr Avec l'exposition "Global Warning", Martin Parr poursuit son inventaire...

« Le Suicidé » : Bellorini rallume la satire d’Erdman

l y a, dans ce "Suicidé", quelque chose qui ressemble à un carnaval au bord du gouffre. On rit, mais d’un rire qui tangue. On applaudit, mais avec l’impression d’avoir traversé un rêve trop lucide. La pièce de Nicolaï Erdman est déjà une bombe : satire féroce, mécanique du désespoir collectif, farce métaphysique où un homme ordinaire devient soudain l’objet de toutes les récupérations idéologiques.

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec "La Jalousie" de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.

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