[BD] Gardiens de fer, T2, de Christophe Alliel (Glénat)
Une plaine enneigée jonchée de carcasses de méchas, trente ans après la Guerre des Calamités. Une machine ennemie détecte des survivants, les classe « cibles non hostiles », puis une mélodie l’atteint et la paralyse. Christophe Alliel écrit, dessine et met en couleur ce deuxième tome de Gardiens de fer : 56 pages chez Glénat, collection Tchô !, parues le 16 septembre 2026 à 12,50 €.
Un Phantom que la musique met en panne
Les premières planches sont tenues du point de vue du Phantom, dont le monologue intérieur est écrit en vocabulaire d’informatique : analyse audio, gel du processus, exception non gérée, dégradation fonctionnelle critique. L’air qui le bloque vient d’une petite boîte à musique tenue par un enfant. La machine ne peut plus riposter, se fait abattre par un pilote humain, et s’éteint en se demandant pourquoi cette mélodie lui semble familière. C’est la plus belle séquence de l’album, et elle arrive avant la première réplique humaine.
Soni, Dumpling et la fuite vers Blackstone
Le récit rejoint ensuite Soni, Tina et leurs compagnons. Une jeune pilote a retrouvé André Campbell, ancien as devenu gérant d’une ferraillerie, et obtenu qu’il l’entraîne ; elle y découvre Héra, un mécha rouge construit par son père avant sa mort. Soni, lui, raconte que sa propre machine s’est allumée toute seule. Des drones attaquent la casse de nuit, la bande doit fuir, et la cavale la mène à Blackstone, cité brutale où les combats de robots font loi : entraînement sous l’autorité de Campbell, puis l’arène et le tournoi First Strike.
Le dessin de Christophe Alliel
Alliel construit ses planches d’action en bandes horizontales pleine largeur et y jette des onomatopées énormes, lettrées à la main, qui débordent des cases et passent par-dessus les décors. Les méchas sont dessinés en volumes anguleux, en aplats et en trames, avec un trait plus épais sur les silhouettes que sur les fonds de ville en ruine. Le code couleur fait beaucoup de travail : bulles cernées de magenta pour les Phantoms, rouges et orangés saturés pour la guerre, turquoise sombre et vert acide pour les scènes de nuit. Seule réserve, les scènes de groupe en plein jour, où les adultes de la ferraillerie se ressemblent trop et où l’on met un moment à savoir qui parle.
Ce que vaut Gardiens de fer T2
L’album va vite et tient deux fils : une machine ennemie qui commence à ressentir quelque chose, une machine humaine qui s’active sans pilote. La question posée à un lecteur de huit ans est moins simple qu’elle en a l’air. Le reste est plus attendu, la ferraillerie, le vieux maître retiré du service, l’entraînement, le tournoi, et les dialogues humains restent utilitaires là où le monologue du Phantom a une vraie voix. Pour 12,50 €, la promesse est claire : des combats de robots lisibles, un chien shiba pour le lien émotionnel, et une bonne idée de fond sur ce que fabriquent les machines quand elles apprennent.
📖 Résumé de l’éditeur
Quand les machines règnent, les pilotes doivent renaître. Trente ans après la Guerre des Calamités, la Terre vit sous l’ombre des Phantoms, des entités mécaniques venues d’ailleurs, froides, méthodiques et implacables. Lorsque leur repaire est attaqué par des drones, Soni, Tina et leurs compagnons sont contraints de fuir. Leur cavale les mène à Blackstone, une cité brutale où les combats de robots font loi. Sous la menace constante des Phantoms, l’heure n’est plus à la fuite. Soni et Tina entament un entraînement impitoyable sous l’autorité d’André, ancien pilote d’élite. Endurance, mental, maîtrise… Pour survivre, ils devront devenir de véritables pilotes de méchas. Heureusement, Soni peut compter sur Dumpling, son fidèle compagnon, toujours prêt à lui redonner courage quand la peur menace de l’emporter. Mais plus Soni se rapproche de sa machine, plus celle-ci semble… changer. Capable de se réparer seule. D’évoluer. De réagir. Son mécha intrigue autant qu’il inquiète. Et s’il était lié à la technologie Phantom ? Lorsque les monstres d’acier retrouvent leur trace, Soni n’a plus le choix : pour prouver que sa machine n’est pas une menace et qu’il en est bien le maître, il devra entrer dans l’arène de Blackstone. Aux côtés de Tina, devenue sa partenaire de combat, Soni sera-t-il capable de changer le cours de l’histoire… Trois minutes de survie face à des vagues d’ennemis. Trois minutes pour ne pas être réduit à l’état d’épave et peut-être décrocher une place pour le légendaire tournoi First Strike, où humains et Phantoms s’affrontent dans un duel sans merci. Le combat pour l’avenir commence maintenant.