Il fut un temps où les dieux étaient sans défense : Asgard n’était pas encore fortifiée, et les géants du givre pouvaient frapper à tout instant. Un mystérieux forgeron se présente alors devant Odin et affirme pouvoir bâtir une forteresse imprenable, en échange du Soleil, de la Lune et de la déesse Freyja. Clotilde Bruneau au scénario et Luca Erbetta au dessin signent ce premier tome de Loki, Amère victoire, dans la collection La Sagesse des Mythes, chez Glénat, le 28 octobre 2026, en 56 pages.
Loki face au pacte du bâtisseur
Le prix exigé est inacceptable, mais Loki propose de négocier et impose ses conditions, persuadé que le chantier est impossible. Le récit suit l’avancée de la construction et l’inquiétude croissante des dieux. Le titre laisse entendre que la solution de Loki ne sera pas sans conséquence pour lui.
Loki T1, un dieu de la ruse négociateur plutôt que traître
L’album prend Loki au moment où il est encore utile aux dieux. Il ne trahit pas, il calcule, et il se trompe. Ce portrait d’un dieu rusé qui travaille pour Asgard, et que les autres regardent déjà avec méfiance, est ce que le volume a de plus intéressant. Le récit, mené en une seule intrigue, gagne en tension. La limite est une certaine prévisibilité pour qui connaît le mythe.
Le dessin de Luca Erbetta
Le trait est souple et pictural, avec des couleurs posées en lavis et une texture visible. La palette suit le passage des saisons, et le découpage varie pour accompagner l’avancée du chantier. Les personnages sont bien différenciés. Les gros plans de visages, fréquents, finissent toutefois par peser.
Faut-il lire Loki T1 ?
Oui, et de préférence avec Thor T1, paru le même jour. Celui-ci est le mieux construit des deux : une seule intrigue, un Loki nuancé, un dessin qui a de la matière. Les réserves tiennent à l’abondance des gros plans et à une fin qui renvoie à la suite.
Il fut un temps où les dieux étaient sans défense. Leur domaine n’était pas encore fortifié et les géants du givre pouvaient frapper à tout instant. Quand un jour un mystérieux forgeron se présente devant Odin, ce dernier croit tenir la solution… Le forgeron affirme pouvoir bâtir une forteresse imprenable, mais en échange, il exige le Soleil, la Lune et la déesse Freyja ! C’est inacceptable, même pour les dieux. Pourtant, Loki a une idée. Sûr de son art de la ruse, il émet une condition : le forgeron devra construire seul la muraille et en un seul hiver. Convaincu qu’un tel exploit est impossible, Loki scelle le pacte. Mais à mesure que l’ouvrage progresse, la peur s’installe chez les dieux. Le forgeron est habile à la tâche. Aidé par son cheval Svadilfari, d’une force surhumaine, il élève pierre après pierre un mur colossal. À nouveau, Loki va devoir imaginer un subterfuge risqué pour éviter le désastre… Dieu de la ruse, du mensonge et du chaos, il pourrait sauver les dieux, mais à quel prix ?