La rock attitude au féminin de Jean-Claude Gallotta électrise le théâtre du Rond-Point

My Ladies Rock / crédit photo Guy Delahaye

La rock attitude au féminin de Jean-Claude Gallotta électrise le théâtre du Rond-Point

Jean-Claude Gallotta et ses onze danseurs sont de retour au théâtre du Rond-Point. Le chorégraphe y présente le versant féminin de son spectacle My Rock accueilli en 2016.

Après avoir célébré à sa manière les liens entre rock et danse contemporaine, il explore, avec ce nouvel opus, l’influence des rockeuses sur l’histoire du rock. Car les femmes ont dû batailler ferme pour se faire reconnaître dans ce milieu machiste et inscrire leur destin dans un combat d’égalité, encore loin d’être achevé aujourd’hui.

Rock attitude au féminin

Affranchies toute le temps, combattantes souvent, guerrières quelquefois, elles se sont enfin donné le droit “d’être des hommes comme les autres“, habitées par cette rock attitude, jusque dans leurs excès et leur influence musicale.

Au rang desquelles Wanda Jackson, une des pionnières de ce mouvement émancipateur à se hisser au niveau d’Elvis Presley. Puis viendront Aretha Franklin “la reine du soul”, Janis Joplin et sa voix éraillée qui connaitra la malédiction des rockers en mourant à 27 ans, deux semaines après Jimi Hendrix et neuf mois avant Jim Morrisson.

Mais aussi Joan Baez, figure engagée et volontaire, dont la voix magnétique a accompagné tous les grands combats pacifistes du demi-siècle, Marianne Faithfull, égérie des Rolling Stones, Patti Smith, tout à la fois chanteuse et poétesse, amoureuse et provocatrice, littéraire et mystique, Nina Hagen, dont les outrances post- punk ne doivent pas faire oublier l’apport vocal exceptionnel, Siouxsie et les Banshees, considérés comme les inventeurs du rock gothique, enfin, Tina Turner, et son timbre de feu, un symbole légendaire de force et de détermination.

Plus confidentielles, Lizzy Mercier Descloux, punk parisienne, égérie de la scène new- yorkaise, météore disparue en 2004, Karen Dalton, la chanteuse préférée de Bob Dylan, entre Billie Holiday pour le chant et Jimmy Reed pour la guitare, Nico, chanteuse du Velvet Underground à ses débuts, marginale et excentrique, à la voix monocorde, nihiliste jusqu’à l’auto-destruction.

Et pour les faire revivre, un manifeste dansé donc avec la voix off de Gallotta pour situer et retracer le contexte artistique de l’artiste avec son parcours, illustré sur fond d’écran à l’abri de photos et d’archives de l’époque.

Quatorze séquences s’enchaînent sur une playlist de choc avec pour fil rouge la danse pulsative et animale du chorégraphe qui explore la fougue, la liberté, la fêlure, la hargne de la rock attitude au féminin.

Explosif, sensuel, poétique, le vocabulaire pulse, dévale, embrasse le plateau entre jeu d’élans, de suspensions, puis de courses incessamment relancées, jaillissements, chutes et soubresauts, et imprime dans un geste d’ivresse et de frénésie, la trace indélébile de cette mémoire du rock au féminin.

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Dates : du 16 janvier au 4 février 2018 l Lieu Au Théâtre du Rond-Point (Paris)
Chorégraphe : Jean-Claude Gallotta

Note
Originalité
Chorégraphie
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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