[MANGA] Bleach Deluxe, tome 1, de Tite Kubo (Glénat Manga)
Vingt-trois ans après le lancement français de la série, Glénat Manga reprend l’œuvre de Tite Kubo depuis le tout début et la republie en volumes triples, cartonnés, au format agrandi. Vingt-six tomes sont annoncés pour absorber les soixante-quatorze de l’édition historique. Le premier devait sortir le 9 septembre ; il paraîtra finalement le 30. Entre-temps, la question que se pose tout lecteur ayant déjà la série en rayon reste entière : qu’est-ce qu’on achète exactement ?
Trois tomes dans un seul volume
L’édition ne sort pas de nulle part. Elle s’appuie sur le Shueisha Jump Remix, une collection kiosque japonaise parue en 2016-2017, qui compilait déjà Bleach en gros volumes avec des couvertures inédites piochées dans les guides officiels, les artbooks et les illustrations de prépublication. Glénat reprend ce découpage. Ce premier tome couvre donc l’équivalent des trois premiers volumes français, soit l’entrée en matière d’Ichigo Kurosaki, sa rencontre avec Rukia et le transfert de pouvoirs qui le transforme en chasseur d’esprits à temps partiel. Le lycéen qui voit les morts, la shinigami en difficulté, le marché conclu dans l’urgence : la mécanique de départ est intacte, seul le contenant change. La cadence prévue est d’un volume tous les deux mois — le tome 2, 528 pages, est déjà calé au 4 novembre.
Les pages couleur du Jump, et pas davantage
Un point mérite d’être posé clairement, parce que l’argumentaire circule déjà sous une forme fautive : cette édition n’est pas une édition en couleurs. Le manga reste en noir et blanc. Ce que Glénat restitue, ce sont les pages couleur inédites de la prépublication dans le Weekly Shônen Jump, celles qui ouvraient les chapitres et que l’édition reliée japonaise avait converties en niveaux de gris.
Un kilo sur les genoux
Les réserves relevées jusqu’ici portent moins sur le contenu que sur l’objet. L’encombrement finit par peser, au sens propre : lire allongé devient parfois pénible. Un volume de ce gabarit ne se glisse pas dans un sac pour trois chapitres dans le métro. Et il faut ajouter la durée : vingt-six tomes à raison d’un tous les deux mois, cela fait plus de quatre ans de collection et quelque cinq cent vingt euros. C’est probablement la limite réelle de l’entreprise. Ceux qui possèdent déjà la série en bon état passeront certainement.
À qui s’adresse cette réédition ?
Reste la question du prix, et elle joue en faveur de l’éditeur. Dix-neuf euros quatre-vingt-dix pour trois tomes classiques, cela ramène l’équivalent-volume à moins de sept euros, soit à peu près le tarif d’un poche manga neuf — avec le cartonnage et le format en plus. L’arithmétique est honnête. Ceci dit, l’humour fonctionne toujours, le dessin n’a pas vieilli. Pour qui n’a jamais lu Bleach, ou qui l’a lu il y a quinze ans et l’a revendu, l’objet est une porte d’entrée solide et bien fabriquée. Pour les autres, c’est un achat de collectionneur, avec ce que cela suppose d’engagement dans le temps.
📖 Résumé de l’éditeur
Ichigo Kurosaki possède un don particulier : celui de voir les esprits. Un jour, il croise la route de Rukia, une shinigami (un être spirituel), en train de pourchasser une « âme perdue », un esprit maléfique qui hante notre monde et n’arrive pas à trouver le repos. Mise en difficulté par son ennemi, la jeune fille décide alors de prêter une partie de ses pouvoirs à Ichigo, mais ce dernier hérite finalement de toute la puissance du shinigami. Contraint d’assumer son nouveau statut, Ichigo va devoir gérer ses deux vies : celle de lycéen ordinaire et celle de chasseur d’esprits…
📚 Fiche éditeur
Scénario et dessin
Tite Kubo
Traduction
Anne-Sophie Thévenon
Éditeur
Glénat Manga, collection Shonen
Date de sortie
30 septembre 2026
Prix
19,90 €
EAN
9782344074282
Pagination
560 pages
Format
Volume cartonné, 156 × 218 mm, noir et blanc et pages couleur