Tatari, la série de Watari lancée dans le Weekly Shōnen Sunday en avril 2023 et achevée au Japon en mai 2025, arrive à son huitième volume français le 10 septembre 2026 chez Glénat, et le neuvième — le dernier — est déjà calé au 4 novembre. Deux cent huit pages, 7,20 €, traduction de Thibaud Desbief. Un avant-dernier tome, donc, avec ce que cela suppose de pièces à mettre en place.
Tous les duels en même temps
Après un tome 7 qui resserrait tout sur la rupture entre Tatari et Yuki, le volume ouvre au contraire tous ses fronts en même temps. Tatari et les siens ont infiltré la base des onmyoji d’Isha Lu, Raiden se retrouve face à Liber, Beriko affronte Öllegård, pendant qu’un second groupe tient l’hôpital où Yuki et les autres se sont réfugiés. Watari isole chaque duel dans sa propre séquence, ce qui garde la bataille lisible malgré le nombre de combattants engagés. L’avantage, c’est que des personnages laissés de côté depuis plusieurs tomes obtiennent enfin leur affrontement et leur conclusion. L’inconvénient, c’est la vitesse : certains duels se règlent en quelques planches alors qu’ils étaient attendus depuis six volumes. Le découpage tient, les pleines pages tombent au bon endroit, mais la sensation d’expédition revient trop souvent. L’entrée en scène de Killberry, le plus puissant des Gene Richers, sert surtout à annoncer le tome final. Notons au passage la mécanique des noms, qui dit assez bien le projet du livre : des onmyoji, ces exorcistes de cour du Japon ancien, croisent des personnages appelés Liber, Öllegård ou Killberry. Le folklore japonais et l’imagerie occidentale de la créature sont posés dans la même case.
Une série courte,0
Neuf volumes. Dans un genre où les séries à succès s’étirent sur trente tomes et où celles qui s’arrêtent tôt le font rarement de leur plein gré, une arrivée au terme en neuf volumes mérite d’être notée. Le Shōnen Sunday n’a pas la puissance de feu du Jump, ses séries s’y interrompent vite, et l’on ne saura sans doute jamais si Tatari s’achève parce que Watari l’avait prévu ainsi ou parce que le magazine en a décidé. Le résultat, lui, est là : une histoire de démons et de vengeance qui se lit en neuf tomes. Ce huitième fait le travail qu’on attend d’un avant-dernier, il solde ses intrigues secondaires, un peu vite, et met l’affrontement final en place. On y perd en route l’humour et le ton mafieux qui faisaient l’énergie du tome 6, le volume étant presque entièrement consacré aux combats. Reste à voir si l’atterrissage est à la hauteur. Réponse en novembre.
📖 Résumé de l’éditeur
Tatari et ses compagnons ont infiltré les installations des onmyoji qui servent de base à Isha Lu. Raiden se retrouve face à Liber, tandis que Beriko affronte Öllegård ! Quelle sera l’issue de cette grande revanche ?! De leur côté, Konia, Haris, Abe et le groupe d’onmyoji protègent l’hôpital où se trouvent Yuki et les autres. Alors qu’ils repoussent l’ennemi sans difficulté, Killberry, le membre le plus puissant des Gene Richers, entre en scène ! Une bataille obscure et mystérieuse où de grands démons scellent des alliances pour mener un match retour dantesque !