L’entorse enthousiasme sur la scène des Feux de la Rampe

L'entorse
L’entorse, pièce de Andras Fenris, Hélène Laurca et Alain Hauperpin, Les Feux de la Rampe

L’entorse enthousiasme sur la scène des Feux de la Rampe

Quand le postulat de départ d’une pièce consiste à plonger une famille imaginaire dans les serres d’une émission de télé-réalité, le pire est à craindre. Vu le triste spectacle que sont devenus tous ces programmes télévisuels sans plus de profondeur qu’une boite de conserve noyée dans l’océan Atlantique, le concept peut rebuter et effrayer. Et pourtant! L’entorse échappe aux turpitudes habituelles de la mode actuelle de la télé poubelle en insufflant une bonne dose de bienveillance et d’humour. Sans violence, ni vulgarité, ni raccourcis aussi faciles à enlever qu’une bretelle de soutien-gorge, la pièce surfe sur des personnages livrés à eux mêmes et à leurs semblables pour une bonne séance d’introspection, en humour et en chansons.

Une pièce plus subtile qu’il n’y parait

5 personnages sont accueillis sur une scène changée en plateau de télévision. Tous les attributs de la maitresse de cérémonie caricaturale sont de sortie : de hautes semelles compensées une perruque rousse choucroutée, une robe bleue piquante et une fâcheuse manie à se trémousser sur la musique dispensée par un guitariste disposé près de la scène. Les principes sont expliqués dans une longue introduction. Les protagonistes devront comprendre les liens qui les unissent pour surmonter les écueils qui pavent leurs existences respectives. Les 5 comédiens interprètent chacun une différente facette de l’âme humaine tourmentée. L’aveugle, l’amie indiscrète, l’ami secret, la jeunette immature, la mère névrosée, de nombreux travers humains sont représentés dans une fausse émission télé-réalité sans pudeur ni compromis. Les spectateurs assistent à un déballage qui ne verse pourtant jamais dans le scabreux. L’intérêt est de sonder avant tout l’âme humaine plutôt que de dévoiler des détails par trop grossiers.

Une ambiance entre séance de psy et confessions intimes

Au fur et à mesure de la pièce, de multiples scénettes permettent de mieux cerner les zones d’ombres de personnages a priori renfermés et droits dans leurs convictions. Quand les masques tombent, l’humour côtoie le dramatique. Comédiennes et comédiens offrent des performances réjouissantes tant ils incarnent des personnages figés qui vont peu à peu se dérider. Car la pièce est, au final, fort drôle et divertissante, les tours de chant s’enchainent tandis que les masques tombent pour un dénouement dans la plus pure bienveillance. Pas de mauvais sentiments ni de vengeances tortueuses sur la scène des Feux de la Rampe et les bravo finaux complimentent des scénaristes qui ont su redonner leurs lettres de noblesse à un concept de télé réalité tombé bien bas sur les chaines hexagonales. Les péripéties présentées parleront à tout le monde avec une bonne dose d’inventivité et de dynamisme pour ne jamais perdre de vue des protagonistes aux oeillères enfin décollées.

L’entorse offre son lot de surprises dramatiques et désopilantes pour un vrai moment de théâtre réjouissant. La salle a fait un triomphe final mérité pour une pièce à la sincérité surprenante!

Dates :  du 2 avril au 26 juin
Lieu : Les Feux de la Rampe (Paris)
Metteur en scène : Andras Fenris, Hélène Lurca, Alain Hauperpin
Avec : Andras Fenris, Hélène Lurca, Alain Hauperpin

Note
Originalité
Mise en scène
Jeu des acteurs
Texte
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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