Le 19 juin 2020 a marqué le retour d’Ariana Vafadari avec son nouvel album Anahita. Disponible chez Quart de Lune, l’album mélange musique du monde, jazz et classique avec comme point d’orgue une voix unique, celle d’Ariana Vafadari. Entre notes de piano et instruments de son pays, elle empreint sa musique d’une aura quasi mystique. Je ne la connaissais pas avant d’écouter cet album, c’est un éblouissement angélique et magnétique. Je ne parviens plus à m’en passer.

Une musique hors du temps

Comme on pouvait s’en douter, Ariana Vafadari a étudié le chant classique en profondeur. Diplômée du Conservatoire national de Paris, elle a fait ses débuts dans le chant lyrique avec des prestations en tant que soliste partout en Europe, aux Etats-Unis, au Japon et au Brésil. Son nom indique clairement ses origines iraniennes qu’elle porte bien haut en se référant autant que possible à la poésie et à la philosophie zoroastrienne transmise par son père. De tonalité mezzo-soprano, Ariana Vafadari brouille les frontières en creusant des passages entre musiques traditionnelles iranienne et marocaine, sonorités jazz et grande musique classique occidentale. Elle trouve également son inspiration dans des poèmes écrits par le philosophe Zarathoustra il y a plus de 3700 ans, les gathas. Dans Anahita, l’artiste prône un retour à la nature et entraine l’auditeur dans une musique poétique capable de provoquer un éveil spirituel. La chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari a composé les morceaux de l’album Anahita en partant de gammes orientales, les maqams. Pour un auditeur occidental non habitué, c’est un enchantement avec des vibrations incessantes qui parlent au corps et à l’âme. Âtash la voit par exemple accompagnée d’un simple piano pour de douces mélopées qui font décoller dans le ciel. Sur l’album Anahita, la chanteuse est accompagnée de Julien Carton au piano et aux arrangements, de Driss El Maloumi à l’instrument traditionnel iranien, l’ud, de Leïla Soldevila à la basse et d’Habib Meftah Boushehri aux percussions.

L’écoute de l’album provoque un véritable voyage intérieur qui peut faire penser autant à 2001 l’odyssée de l’espace qu’aux écrits mystiques orientaux. Anahita s’inspire de l’histoire de la déesse iranienne des eaux, de la fécondité, des peuples et des vivants. Ce conte onirique met en scène une jeune femme qui, anéantie face à son paysage devenu stérile, prie la déesse dont elle porte le nom de redonner vie à son monde. Son échange mystique avec la déesse la pousse à se lancer à la recherche de l’eau d’Immortalité, puis à finalement trouver l’Amour. Produite par Ariana Vafadari et Vincent Joinville, l’album présente des morceaux et tableaux chantés en persan et français qui ont été joués en mars dernier au Musée du Quai Branly avec personne d’autre que Fanny Ardant en récitante. Un incontournable à découvrir rapidement!

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