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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2019

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures pièces de théâtre de l’année 2019. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, et pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde.

Ludmilla Dabo chante Nina Simone mais pas que !

Nina Simone, née dans une famille pauvre de Caroline du Nord, aurait pu devenir concertiste classique, mais elle était noire, et elle portera toute sa vie le deuil de ce destin refusé. Femme de légende, elle fut aussi et par dessus tout une figure de la lutte des droits civiques. Sur scène, David Lescot est à la guitare tandis qu’au chant, la comédienne Ludmilla Dabo, pétrie depuis l’enfance de musique blues, jazz et soul, incarne Nina Simone, où s’esquisse un portrait juste, sensible et politique.

Fanny Ardant / Marguerite Duras : la liberté par dessus tout. Reprise exceptionnelle pour 10 dates

"Il y a une grande inimitié entre la vie et la grande création" disait Marguerite Duras. Et qui mieux que la parole pour se laisser aller, se laisser dire, nous dire justement, là, tout Duras suspendue toute entière à la passion, au désir, libre envers et contre tous.

« Electre / Oreste » sous le regard endiablé d’Ivo van Hove, revient au Français

Ivo van Hove est de retour au Français avec Electre / Oreste, d’après Euripide. Il compile les deux texte en une pièce où s’explore le processus de radicalisation des protagonistes, animés par une rage et une férocité extrêmes, dont la mise en scène se saisit avec une intensité rare et un geste puissant, du destin des héros aveuglés, intransigeants et torturés.

Un monde intranquille selon Arne Lygre

Qu’est-ce qu’un.e ami.e, ou un.e inconnu.e, ou un.e ennemi.e ? Et qui pourrait correspondre à cette description à tel moment donné ? sachant qu’ils ont tous, les uns avec les autres, le niveau relationnel spécifique qui est induit par cette seule désignation. Voilà le questionnement posé par l’auteur/dramaturge norvégien Arne Lygre et que met en scène pour la quatrième fois Stéphane Braunschweig.

Un “Lear” coup de poing transcendé par Bo Skovhus à l’Opéra Garnier

L’opéra est porté par une empreinte orchestrale, riche en percussions et en cuivres, qui accompagnent la perdition des personnages. Où la mise en scène de Calixto Bieito s’ancre magistralement sur la figure de la chute et son drame mortifère dont les timbres de l’orchestre inaugurent sans relâche la violence abyssale.

Notre Odyssée II : l’épopée homérique de Christiane Jatahy

La metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy s’inspire librement de "L’Odyssée" pour nous raconter le monde ici et maintenant. Entre théâtre et cinéma et partage avec le public, son œuvre singulière s’impose désormais comme un espace manifeste de réinvention. Un nouveau langage qui expérimente les frontières entre le passé et le présent, entre le réel et la fiction, entre l’espace scénique et sa projection qui convoque différents angles, l’instant théâtral et le plan séquence de la caméra.

Le Presbytère, l’un des ballets les plus électriques de Maurice Béjart, est à Paris

Le Presbytère, l’un des ballets les plus électriques de Maurice Béjart, est à Paris Dès l’ouverture, l’émotion et la nostalgie sont là, les danseurs allongés...

Notre Sélection

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec "La Jalousie" de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.