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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Éric Feldman : sourire pour ne pas se taire (derniers jours)

Dans "On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie", Éric Feldman ose parler d’un héritage terrible — la Shoah — avec une liberté désarmante. Là où le trauma se charge de solennité, lui choisit l’humour, le doute, la maladresse assumée. Un ton juste.

Gerhard Richter à la Fondation Vuitton : une genèse en perpétuel mouvement

Dès les premiers pas, l’exposition impose son rythme : une immersion dans la longue trajectoire de Gerhard Richter, couvrant plus de six décennies et 270 œuvres présentées.

Une modernité sans frontières : l’École de Paris selon Marek Roefler

Au Musée de Montmartre, la collection Marek Roefler consacre à l’École de Paris un hommage vibrant, comme un retour à la source. Sous les toits grinçants de la rue Cortot, là où vécurent Utrillo et Valadon, ressurgit l’énergie cosmopolite d’une génération d’artistes venus de toute l’Europe pour réinventer la modernité à Paris.

« Nous, les héros » : la mélancolie orchestrée de Clément Hervieu-Léger

Il y a dans cette pièce "Nous, les héros" et le théâtre de Jean-Luc Lagarce cette singularité de la langue dont la syntaxe devient dramaturgie. Ses personnages ne parlent pas : ils rejouent le fait même de parler.

Berthe Weill, l’insoumise de l’avant-garde au musée de l’Orangerie

Elle fut la première à croire en Picasso, Matisse, Modigliani… et la dernière dont on se souvint. L’Orangerie lui rend enfin justice, dans une exposition sensible et lumineuse, où l’ombre d’une femme éclaire un siècle entier d’art moderne.

« Marius » : haut les cœurs avec Joël Pommerat

Le texte de Pagnol est aujourd’hui revisité par Joël Pommerat et ses comédiens, dont trois détenus sortis de prison ont rejoint sa troupe. Dans cette nouvelle version proposée par Pommerat, la légèreté et la candeur originelles cèdent la place à une vérité plus sociale, plus âpre, plus existentielle, qui se nourrit notamment du travail de création théâtrale que le metteur en scène mène depuis dix ans dans une prison française. Enrichi de l’expérience, de la vie et de l’imaginaire des interprètes, le texte de Pagnol, librement réadapté, se charge d’interrogations humaines profondes, troublantes et captivantes

Phillipe Decouflé à la Villette : un temps incarné et rejoué

Sous le regard de Philippe Decouflé, le temps devient une matière douce, élastique, que la danse étire, replie, transforme. Dans ce spectacle « Entre-Temps » l’humour, la mémoire et la musique s’incarnent en un poème chorégraphique, emmené par le pianiste inspiré Gwendal Giguelay.

« Les Frustrés » montent sur scène et Bretécher se lâche !

Il y a dans cette pièce un parfum de vieille lucidité. Ce genre d’intelligence qui ne cherche pas à plaire, mais à pointer là où ça fait mal. Claire Bretécher en savait quelque chose : sur ses planches, elle a dessiné les angles morts de la modernité, les contradictions molles, les faux combats et les vraies lassitudes.

Notre Sélection

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.