[BD] La Guerre d’Audrey, de Salva Rubio & Loreto Aroca (Soleil)
La Guerre d’Audrey raconte l’enfance d’Audrey Hepburn aux Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale. Le récit s’ouvre dans une loge de théâtre, où sa mère lui annonce qu’on lui propose de jouer Anne Frank au cinéma, puis revient en décembre 1939, quand la fillette de dix ans quitte l’Angleterre pour rejoindre sa famille à Arnhem. Salva Rubio signe le scénario, Loreto Aroca le dessin et les couleurs. L’album de 152 pages paraît chez Soleil le 17 septembre 2026, au prix de 21,50 €.
Audrey Hepburn et sa mère, Ella van Heemstra
L’histoire est racontée par Audrey adulte, en cartouches, à la première personne. La scène de la loge pose tout de suite le rapport avec sa mère, Ella van Heemstra. Audrey hésite, sa mère tranche : « Tu accepteras, que cela te plaise ou non. » À l’aéroport d’Amsterdam, en 1939, la fillette se jette dans ses bras et se fait repousser de la même façon.
À Arnhem, à 25 kilomètres de la frontière allemande, Audrey retrouve son grand-père, son oncle Otto, sa tante Miesje et ses demi-frères. Les adultes se rassurent entre eux : le pays est neutre, les Allemands l’ont laissé tranquille pendant la Grande Guerre, « et encore plus cette fois, puisque nous sommes aryens ».
Edda van Heemstra, une enfant anglaise à Arnhem
À l’école, sa mère l’inscrit sous un nom hollandais, Edda van Heemstra, plus acceptable pour ses amis germanophiles et plus discret. Audrey ne parle pas néerlandais, la classe se moque de son accent et elle passe ses après-midi seule. Une soirée au ballet, lors de la venue du Sadler’s Wells à Arnhem, lui donne le rêve auquel elle se raccroche ensuite. Pendant l’Occupation, enfermée chez elle, l’adolescente tient grâce à cette envie de danser et de devenir une star.
Le dessin de Loreto Aroca dans La Guerre d’Audrey
Aroca encre en brun plutôt qu’en noir. Les visages sont simples, avec de grands yeux, et les décors sont précis : la loge, l’avion de la KLM, la maison d’Arnhem, la salle de classe. La couleur distingue bien les moments du récit : tons chauds pour la loge, gris-bleu pour l’arrivée aux Pays-Bas, ocres pour la solitude d’Audrey. La planche du ballet, en roses et mauves et sans aucune bulle, est l’une des plus réussies. Le trait lisse et l’éclairage doux rendent en revanche la menace peu présente à l’image.
Ce que vaut La Guerre d’Audrey
L’album raconte une partie peu connue de la vie d’Audrey Hepburn, de façon documentée. La relation avec sa mère porte l’essentiel de la tension, mais elle est très appuyée : Ella rabroue sa fille dans presque chaque scène, et Audrey s’excuse. La traduction française a aussi ses défauts, comme ces « réacteurs » prêtés à un avion à hélices. La Guerre d’Audrey reste un récit historique accessible, qui convient aux adolescents comme aux adultes curieux de la vie de l’actrice.
📖 Résumé de l’éditeur
1939. Une jeune fille de 10 ans, Audrey Hepburn, étudie la danse classique en Angleterre, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Elle est ramenée d’urgence chez elle avec sa famille aux Pays-Bas où elle assistera à l’invasion des nazis. Au cours des années suivantes, Audrey subira l’Occupation. Enfermée chez elle, l’adolescente n’a qu’un rêve qui l’aide à survivre : devenir une star.