[BD] La Mode : le plus beau métier du monde, de Giulia Mensitieri & Danicollaterale (Delcourt)
Giulia Mensitieri et Danicollaterale adaptent en bande dessinée l’enquête que l’anthropologue a menée en immersion auprès des travailleurs de la mode. La Mode : le plus beau métier du monde paraît le 1er octobre 2026 chez Delcourt, dans la collection coéditée avec La Découverte : 176 pages, 29,95 €. L’album décrit un secteur où le prestige remplace souvent le salaire.
Giulia et Mia : une enquête dans les coulisses de la mode
Giulia prépare une thèse sur les travailleurs de la mode. Elle entre dans ce milieu grâce à Mia, une styliste qui porte des sacs de luxe et n’arrive plus à payer ses factures. Mia l’emmène sur un shooting pour un magazine, et l’enquête commence là. Giulia dépend de Mia pour accéder aux plateaux, et l’album le dit clairement.
Le récit passe ensuite par les différents métiers du secteur : photographes, mannequins, stagiaires, vendeurs du luxe, stylistes free-lance, jusqu’à une longue collaboration auprès d’un créateur de mode.
Précarité contre prestige : ce que montre l’enquête de Giulia Mensitieri
Le propos est dense et reste proche de la thèse dont il est tiré. Dans la mode, beaucoup travaillent gratuitement ou presque et l’acceptent parce que le milieu fait rêver. Les mannequins s’endettent en travaillant, les stylistes sont parfois payés en vêtements et les maisons de haute couture tournent avec des stagiaires. Les annonceurs imposent leurs choix aux magazines. Le corps des mannequins est commenté en permanence. L’album fait comprendre tout cela par des situations de travail concrètes.
Giulia s’interroge aussi sur son propre regard, qui change au contact du milieu.
Le dessin de Danicollaterale
Danicollaterale travaille en aplats de couleur, sans trait de contour, avec une palette vive : magenta, ocre, bleu nuit, noir. Les visages sont très simplifiés et restent reconnaissables. Il n’y a pas de bulles : les dialogues sont posés dans la page et reliés aux personnages par de fins traits. Ce système fait parfois perdre de vue qui parle.
La mise en page emprunte beaucoup au graphisme, avec des schémas, des plans légendés et des motifs textiles. L’ensemble est lisible et s’accorde bien au sujet. Les notes de terrain, composées en caractères de machine à écrire, sont en revanche longues et imprimées petit. Elles ralentissent la lecture.
Ce que vaut La Mode : le plus beau métier du monde
L’adaptation fonctionne parce que l’enquête passe par le récit. La réserve porte sur les encarts pédagogiques, qui répètent parfois ce que les situations viennent de montrer et donnent alors à l’album un ton de cours. La Mode : le plus beau métier du monde s’adresse d’abord aux lecteurs de bande dessinée documentaire, et à ceux que le luxe emploie ou fait rêver.
À partir d’une enquête en immersion auprès des travailleurs de cette industrie (stylistes, mannequins, coiffeurs, vendeurs, retoucheurs…), ce roman graphique décrypte les dynamiques d’exploitation à l’œuvre derrière la façade glamour de la mode. Des séances de shooting à la collaboration auprès d’un créateur de mode, en passant par des entretiens avec des stylistes travaillant pour des maisons de luxe, cette enquête dévoile ce monde où l’on échange sa précarité contre du prestige social.
📚 Fiche éditeur
Scénario
Giulia Mensitieri et Danicollaterale
Dessin et couleurs
Danicollaterale
Éditeur
Delcourt, collection La Découverte
Date de sortie
1er octobre 2026
Prix
29,95 € (20,99 € en numérique)
EAN
9782413091943
Pagination
176 pages
Format
Album cartonné, 220 × 290 mm, couleurs
D’après
Giulia Mensitieri, « Le plus beau métier du monde », La Découverte, 2018