Ce sont deux héros à la marge que la caméra de Michele Pennetta suit dans ce long métrage langoureux. Le jeune Oscar et Stanley l’immigré rêvent de vies meilleures tandis qu’ils évoluent chacun de leur côté sous le soleil brulant de Sicile avec des activités professionnelles qui leur permettent de vivoter mais non point de se réaliser. Le réalisateur s’intéresse à ces personnages obligés de subir et qui n’ont pas vraiment le choix. Faciès renfermés et journée interminables composent des quotidiens de forçats engoncés dans des destins minuscules. Il Mio Corpo ressemble à une rêverie les yeux ouverts et aux réveils perpétuellement difficiles.

La vie en arrêt

La Sicile ressemble dans ce film à un royaume de la débrouille. Oscar parcourt dans la camionnette de son père les déchèteries sauvages de l’île pour récupérer les matériaux revendables à la sauvette. Son paternel n’est pas tendre car leur existence est chiche, l’aigreur transparait dans chacune de ces réflexions et le cadet est un échappatoire facile au ressentiment. Stanley travaille dans une église en échange d’un toit et d’une place dans la société. Pour gagner un petit pécule, il accepte des jobs de saisonnier et de berger qui ne le satisfont pas. Ces deux destins ne se croisent jamais mais se répondent en parallèle, les amertumes se ressemblent et s’accumulent. C’est l’ami de Stanley qui se voit refuser son permis de séjour, c’est Oscar qui voit son père préférer son frère. Le monde chaud et brulant qui les entoure ne leur fait pas de cadeaux, interrogeant sur la possibilité d’une vie au cœur de l’Europe méridionale. Ce sont les locaux plus fortunés qui ne se posent pas de question et définissent les règles d’un jeu aux dés pipés. Le film interroge sur les moyens de s’élever quand rien ni personne ne donne de véritables chances pour s’accomplir. Ne reste que la charité et le cadre familial comme repères et opportunités, maigres et forcément temporaires.

Il Mio Corpo a tout du film d’auteur, réalisé sans beaucoup de moyens et avec des enseignements à découvrir entre les images de deux destins contrariés. Le film sera à découvrir prochainement dans les salles pour un beau moment de langueur sicilienne.

Synopsis: Sous le soleil de Sicile, Oscar récupère de la ferraille avec son père. A l’autre bout de la ville, Stanley le Nigérian vivote grâce aux petits travaux donnés par le prêtre de la paroisse. Tous deux ont le même désir, celui d’une vie meilleure…

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