[MANGA] One Piece, T113, d’Eiichiro Oda (Glénat Manga)
Les enfants d’Erbaf ont été pris en otage par les chevaliers divins. Les géants se mobilisent pour les secourir et se heurtent à des pouvoirs qui les dépassent complètement ; il revient à Luffy et à ses camarades de trouver une stratégie dans une situation qui ne leur en laisse guère. Eiichiro Oda signe ce tome 113 de 208 pages, traduit par Djamel Rabahi et Julien Favereau, que Glénat Manga publie le 23 septembre 2026 dans son édition originale. Le volume poursuit l’arc d’Erbaf entamé dans le tome 112, l’île des géants, et continue de faire converger des fils tendus depuis très longtemps.
One Piece T113 : Erbaf, les otages et les chevaliers divins
Le volume s’ouvre sur une scène de convalescence. Luffy, tout sourire, presse un géant alité de manger s’il veut guérir ; le blessé recrache sa soupe, proteste qu’on ne peut pas avaler couché, s’étouffe, hurle qu’on ne l’approche pas. Les onomatopées débordent des cases, les bouches s’ouvrent démesurément et la page repose sur le comique de situation.
Quelques planches plus loin, le tome enchaîne sur une bataille rangée. Les Draugar se sont formés en bataillon, on décide de les éliminer d’un coup, et un affrontement singulier s’engage. Sur une planche, une silhouette en interpelle une autre d’un « La ferme, Newgate ! », avant qu’une grande case verticale ne reçoive une réplique qui pèse lourd pour un lecteur de longue date : n’être pas né à la bonne époque. Oda passe du gag à l’enjeu en trois pages, sans transition.
Ce que le tome 113 apporte à la saga finale
L’arc d’Erbaf fait partie de ces séquences où la série resserre ses fils : l’histoire du monde, les géants, les figures du passé. Le tome 113 avance nettement et ouvre plusieurs fronts à la fois. Un lecteur à jour y trouvera de quoi se réjouir ; un lecteur revenu après quelques tomes d’absence aura du mal à raccrocher, tant les scènes supposent connues les positions de chacun.
La densité pose un autre problème, plus visible ici que dans les meilleurs volumes de la série : la quantité d’informations livrées par les bulles. Certaines planches de combat comptent une dizaine de répliques réparties entre des personnages hors champ, et il faut relire pour attribuer chaque phrase. Le confort de lecture en souffre.
Les otages sont des enfants, les sauveteurs sont des adultes de plusieurs mètres, et la différence d’échelle organise la mise en page : une case qui contient un géant ne peut pas contenir grand-chose d’autre, ce qui oblige Oda à recadrer sans cesse. Il en tire des effets simples et efficaces, comme cette convalescence où un blessé immense occupe toute la largeur pendant que Luffy tient dans un coin. La menace, elle, vient de plus haut encore, puisque les chevaliers divins déploient des pouvoirs que la force physique ne permet pas d’affronter. Le tome installe une hiérarchie de puissances qui rend la stratégie nécessaire.
Le dessin d’Oda : trames, onomatopées et cases qui débordent
Oda compose ses pages de bataille en cassant la grille. Les cadres s’inclinent, les bords se déchirent, et les onomatopées calligraphiées traversent plusieurs vignettes d’un seul tenant. Sur la planche des Draugar, une grande case verticale occupe la moitié droite de la page pendant que la colonne de gauche empile trois vignettes étroites : le regard descend en diagonale et le combat se lit comme un mouvement continu.
Les trames sont employées avec économie, surtout pour les fonds de nuit et les volutes de fumée ; le reste est porté par un trait épais et des noirs pleins. Les visages comiques restent traités à la limite de la caricature, bouches ouvertes jusqu’aux oreilles et yeux réduits à deux points, tandis que les figures graves gagnent des hachures serrées et des regards détaillés. Le lettrage français cohabite avec les onomatopées japonaises conservées, et le sens de lecture d’origine est respecté.
Faut-il lire One Piece T113 ?
Le volume est un bon cru pour qui suit la série : il fait avancer l’arc d’Erbaf, il place au moins une scène dont on reparlera, et il alterne ses registres avec le métier qu’on lui connaît. C’est en revanche un tome de milieu d’arc, qui ne se lit pas isolément, et sa densité de dialogue demande de l’attention. Les lecteurs installés y trouveront leur compte sans hésiter, les autres n’ont aucune raison de commencer par là.
À lire aussi sur Publik’Art : notre chronique de One Piece tome 112 et celle du roman One Piece – Novel Heroines T2.
📖 Résumé de l’éditeur

Les enfants d’Erbaf ont été pris en otage par les chevaliers divins ! Mais alors que les géants se mobilisent pour les secourir, ils sont confrontés à des pouvoirs qui les dépassent totalement ! Quelle stratégie Luffy et ses camarades vont-ils adopter face à cette situation ô combien périlleuse ?! Les aventures de Luffy à la poursuite du One Piece continuent !
📚 Fiche éditeur
| Scénario et dessin | Eiichiro Oda |
| Traduction | Djamel Rabahi, Julien Favereau |
| Éditeur | Glénat Manga, édition originale |
| Date de sortie | 23 septembre 2026 |
| Prix | 7,20 € |
| EAN | 9782344071120 |
| Pagination | 208 pages |
| Format | Broché, 115 × 180 mm, noir et blanc |
