[MANGA] Saru, T1, de Daisuke Igarashi (Delcourt/Tonkam)
Saru raconte l’histoire des « singes », des créatures redoutées qui apparaissent de temps à autre à travers le monde et que l’humanité affronte pour sa survie. Nana, victime d’un maléfice, rencontre le mystérieux Namgyal et part avec lui sur les traces de l’une d’elles. Daisuke Igarashi signe le scénario et le dessin de ce manga en deux tomes, qui revient dans une nouvelle édition chez Delcourt/Tonkam, collection Moonlight. Le premier volume, de 208 pages, est paru le 10 septembre 2026 au prix de 15,99 €.
Saru T1 : de Pékin en 1626 aux Malouines en 1982
Le tome s’ouvre sur un quatrain des Prophéties de Nostradamus, puis enchaîne plusieurs épisodes historiques. À Pékin, en 1626, l’empereur prépare avec soin une boîte à grillons quand une poudrerie explose près de la Cité interdite. En 1908, un objet venu du ciel s’abat sur la Sibérie, près de la Toungouska. En 1982, au large des Malouines, des pilotes de la Royal Navy repèrent quelque chose d’étrange dans l’océan. Le lien entre ces scènes n’est pas donné d’emblée, et c’est au lecteur de le reconstituer.
Nana, Namgyal et la piste des « singes »
Le récit suit ensuite Nana et Namgyal dans une enquête dont les indices sont dispersés sur toute la planète. Saru mélange mythes, légendes et faits historiques, et demande de la patience : Igarashi installe son univers par petites touches, sans tout expliquer, et ne met aucun personnage vraiment en avant au début. Le lecteur qui accepte ce rythme trouve un récit ambitieux et dépaysant.
Le dessin de Daisuke Igarashi
Le trait d’Igarashi est nerveux et très fouillé. Les paysages, les palais et les fumées sont construits à coups de hachures serrées, ce qui donne des planches denses et vivantes. Les visages s’éloignent des codes habituels du manga. Le découpage alterne grandes cases panoramiques et bandes plus resserrées, et les scènes d’action restent lisibles. Les onomatopées sont conservées en japonais, avec leur traduction en petit à côté. Ce dessin chargé demande parfois un effort de lecture.
Ce que vaut Saru T1
Ce premier tome propose un récit fantastique ambitieux, porté par un dessin très travaillé. Son entrée en matière éclatée peut dérouter, et le lien entre les époques et les personnages met du temps à apparaître. Saru s’adresse aux lecteurs de seinen qui aiment les histoires exigeantes et les univers qui se découvrent peu à peu.
📖 Résumé de l’éditeur
Depuis la nuit des temps, des créatures craintes de tous font parfois leur apparition à travers la planète : les « singes ». Aujourd’hui, confrontée à ces êtres redoutables, l’humanité joue sa survie… Victime d’un maléfice occulte, Nana fait la connaissance du mystérieux Namgyal, avec lequel elle s’embarque sur les traces laissées par un « singe ». Une quête de vérité dont les indices sont disséminés aux quatre coins de la terre…