Paris-Willouby, un film de Quentin Reynaud et Arthur Delaire

Paris Willouby
Paris-Willouby : Photo Stéphane De Groodt, Alex Lutz, Aminthe Audiard, Isabelle Carré, Joséphine Japy, Solal Forte – ©Mars Distribution

Paris-Willouby, un film de Quentin Reynaud et Arthur Delaire

Paris-Willouby est le premier long-métrage de Quentin Reynaud (beau-fils de Guy Marchand) et Arthur Delaire, jeune duo d’auteurs qui signent la réalisation comme le scénario. Avec une belle affiche qui fait largement penser à Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, le film fait d’ambitieuses promesses. Le casting annonce d’ailleurs un bon moment de cinéma en compagnie de Stéphane de Groodt, Isabelle Carré ou encore Alex Lutz. Pourtant, on a bien du mal à identifier clairement ce que raconte le film. Tentons un bref récapitulatif.

Paris-Willouby met en scène une famille recomposée ancrée dans une architecture caricaturale. Une famille parisienne où les deux parents ont chacun un enfant non commun et un enfant commun (ce qui fait trois enfants, vous suivez ?). Le frère (Alex Lutz) de la mère (Isabelle Carré) squatte la maison en éternel adolescent tandis que les deux ainés ont tendance à la fuir. Le grand-père maternel, que plus personne ne fréquentait, vient à succomber. Toute la famille décide d’aller à Willouby pour ses funérailles. Point de chute d’un road movie à l’esthétisme automnal qui trouve sa ponctuation dans d’étranges apparitions bovines, quelques mésaventures mécaniques, des remises en questions professionnelles et des engueulades familiales. Une comédie dramatique qui,  sur le papier, semble plutôt classique voire indifférente.

Malheureusement, la magie n’opère pas. Les dialogues manquent de vigueur et de réalisme. Les personnages, sans doute trop nombreux, manquent de relief. Difficile pour le spectateur de débarquer dans une telle famille et de s’approprier chacun de ses membres. On ne ressent pas d’attachement, l’ambiance est molle, on ne rit qu’à de très rares occasions. Vraiment trop bancal, le scénario pâtit de l’absence d’intention claire. Une intrigue mieux lisible offrirait des perspectives et donc des surprises. Dans Paris-Willouby, même les grosses disputes n’ont pas de saveur.

[U]ne écriture fragile aux intentions mal canalisées.

La réalisation pourtant soignée profite d’une belle lumière dans les forêts effeuillées par l’automne. Habité par un onirisme sensible recherché par les réalisateurs, le film s’oublie dans quelques rêveries étranges qui ne manquent pas d’épaissir le brouillard de l’histoire. Difficile alors d’apprécier les performances des acteurs. Stéphane de Groodt montre une facette beaucoup plus posée et délicate mais sans plus. Alex Lutz est très loin de Catherine (dans Catherine et Liliane) mais son rôle ne lui permet pas d’en faire des tonnes. Isabelle Carré est fidèle à elle-même, toujours naturelle. Mais c’est surtout la petite Aminthe Audiard (de la grande famille Audiard) qui étonne avec son grand regard et sa fulgurante sincérité de jeu. Quel dommage que le scénario n’exploite pas ces potentiels à disposition !

Paris-Willouby souffre d’une écriture fragile aux intentions mal canalisées. Le film s’enlise dans des archétypes surannés et impressions de “déjà-vu” à répétition comme dans une compilation abîmée par des transitions hasardeuses. L’alchimie est la grande absente de ce film dont on se demande comment un financement et un tel casting ont pu être possibles.

Un premier essai dont on aurait pu se dispenser. Gageons que les jeunes réalisateurs trouveront de quoi rebondir pour la réalisation de projets futurs en confiant, peut-être, l’écriture du scénario à de plus expérimentés.

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Paris-Willouby

Les Guilby Lacourt forment une famille recomposée typique de notre époque. Entre père, belle-mère, petite sœur, frère, demi-sœur, ou encore demi-oncle, ils ont parfois du mal à s’y retrouver ! Un soir, ils apprennent la mort d’un grand-père avec qui ils ont coupé les ponts depuis une dizaine d’années. Fatalement voués à cohabiter le temps d’un long voyage pour se rendre à son enterrement, ils vont tous très vite devoir s’adapter au concept du “vivre ensemble” dans l’espace exigu de la voiture familiale. Pour le meilleur et pour le pire !

Sortie : le 20 janvier 2016
Durée : 1h23
Réalisateurs : Quentin Reynaud, Arthur Delaire
Avec : Stéphane De Groodt, Alex Lutz, Aminthe Audiard, Isabelle Carré, Joséphine Japy, Solal Forte
Genre : Comédie dramatique

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Note
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Gaël Bissuel
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.

1 commentaire

  1. Un titre sympa, une histoire prometteuse, et boum, tout tombe à l’eau ? Rien que pour découvrir la jeune Audiard, il faut aller voir ce film !

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