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Redécouvrez Traqué, la chasse à l’homme viscérale de William Friedkin, dans une 4K sensationnelle chez l’Atelier d’Images.

Tommy Lee Jones & William Friedkin s’offraient un dernier barout d’honneur de légende face à un impressionnant Benicio Del Toro, plus animal que jamais.

Il y a des thrillers qui se contentent de suivre la piste. Et puis il y a Traqué, où William Friedkin, le vieux lion de French Connection et Police Fédérale : Los Angeles – deux des plus grands polars d’action, décide de transformer l’art de la poursuite en corps-à-corps existentiel. Sorti en 2003, un peu sous les radars à l’époque malgré l’aura du maître et son casting, ce film rugueux connait aujourd’hui une seconde jeunesse en édition 4K chez l’Atelier d’Images. L’occasion n’est que trop parfaite pour se (re)plonger dans cette chasse à l’homme qui sent la sève, la sueur et le métal froid de l’arme blanche. Le menu : L.T. Bonham (Tommy Lee Jones, plus buriné et habité que jamais), instructeur de forces spéciales à la retraite, face à son ancien élève, Aaron Hallam (Benicio Del Toro, au magnétisme inquiétant), devenu une machine à tuer. Maître et disciple. Créateur et créature. La forêt devient leur arène, Portland leur champ de bataille final. Comme à ses plus belles heures, Friedkin ne triche pas. Pas d’effets numériques tape-à-l’œil, pas de musique qui vous mâche le suspense : juste le bruit des branches qui craquent, le souffle rauque des poursuivants et le son sec des corps qui s’entrechoquent. Les séquences de traque en milieu naturel sont d’une brutalité presque documentaire. On se retrouve pris dans un maelström où la mise en scène fait la part belle au pièges improvisés, combats au couteau d’une sauvagerie rare, course-poursuite où chaque pas peut être le dernier. On est loin des blockbusters aseptisés ; ici, la violence a un poids, une conséquence physique visible. C’est du cinéma d’action à l’ancienne, teinté d’un western crépusculaire et d’une réflexion sourde sur la transmission du mal.

Le chant du cygne d’un Maître à Hollywood.

William Friedkin ne le sait pas encore, mais Traqué sera son dernier grand film de studio avec un budget de 55 millions de dollar à cause d’une réception trop tiède à l’époque. Et pourtant, derrière un scénario d’une apparente simplicité, se cache un film somme qui ravive toutes les névroses fiévreuses de son auteur. Ce face-à-face viscéral n’est pas seulement physique : il est moral, presque philosophique. Que devient l’élève quand le maître lui a tout appris sauf l’humanité ? Friedkin pose la question sans jamais la hurler, avec cette lucidité sèche qui caractérise ses meilleurs films. 2 symboles : ces tôles froissées si organiques à l’ère du numérique, mais aussi un Benicio Del Toro dantesque de mystère et de noirceur, devenant un vrai spectre démoniaque digne de Pazuzu. La 4K sublime le travail du réalisateur : les verts sombres et humides de la forêt gagnent en densité, les textures des combats deviennent palpables, et le mixage son (craquements, respirations, lames) renforce l’immersion totale. Jamais une traque n’aura été si perceptible dans notre propre chair. Une édition qui rend enfin justice à ce petit diamant mésestimé des années 2000. Derrière l’adrénaline, Traqué interroge avec intelligence le conditionnement militaire, la filiation toxique et la fine ligne qui sépare le soldat du monstre. Pas de manichéisme, juste une observation froide et sans concession. Du Friedkin pur jus.

Traqué, en édition 4K Ultra HD, est disponible chez L’Atelier d’Images et un peu partout. En bonus, vous trouverez une présentation du film par Philippe Guedj, les commentaires du maestro William Friedkin himself, ainsi que quelques documentaires sur le tournage et des scènes coupées.

Synopsis : L.T. Bonham, un ex-entraîneur des forces spéciales, vit retiré dans les forêts de l’Oregon. Lorsqu’un agent du FBI vient lui demander de l’aide sur une affaire de meurtres perpétrés sur des chasseurs dans la forêt de l’Oregon, il accepte de se rendre sur les lieux du crime. Ces assassinats ne peuvent avoir été commis que par un seul homme : Aaron Hallam, un de ses anciens élèves, le meilleur. S’engage bientôt un redoutable jeu du chat et de la souris.

NOS NOTES ...
Originalité
Réalisation
Jeu des acteurs
Plaisir de la séance
Jean-Marie Siousarram
Manipulateur de mots pour la presse web depuis quelques années. Cinéphage compulsif, féru de culture en tout genre, de voyages, de musique électronique, de foot. Rejeton de Chaplin & Hitchcock.
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