Un Picasso surprenant dans l’exposition Bleu et Rose au Musée d’Orsay

Picasso. Bleu et Rose
Picasso. Bleu et Rose, Musée d’Orsay

Un Picasso surprenant dans l’exposition Bleu et Rose au Musée d’Orsay

Depuis 10 ans, Picasso ne cesse de hanter les plus grands musées parisiens par l’entremise d’expositions richement dotées et souvent concentrées sur le révolutionnaire cubiste qui déstructurait l’espace et les dimensions pour des oeuvres à la profondeur abyssale. Le Musée d’Orsay se concentre quant à lui sur le jeune peintre en transit entre Paris et Barcelone à l’orée du Xe siècle et encore perméable aux influences des grands peintres pour s’affirmer petit à petit à coup de créations boulimiques. L’exposition Bleu et Rose rend justice à une période d’apprentissage où les visages ne sont pas encore vraiment épurés comme des masques africains et où les proportions sont presque classiques. Un Picasso presque différent, surtout comparé à l’image généralement véhiculée. De quoi se prendre un bon bol d’air frais entre Van Gogh et Toulouse-Lautrec.

Un vrai buvard artistique

Loin de l’image de Minotaure souvent véhiculée sur un Picasso mûr et conquérant, l’exposition Bleu et Rose fait ressortir le jeune artiste sévèrement doué (à 12 ans il dessinait comme Raphaël) et encore en recherche de modèles inspirants. Parmi ses contemporains, il a particulièrement choisi Van Gogh et Toulouse-Lautrec comme référents picturaux. Parmi les classiques, il choisit Ingres. Et toutes ces influences se retrouvent gravées dans la toile de peintures marquées par deux teintes principales. D’abord bleu comme une nuance de noir quand on sait que le peintre peignait souvent à la lueur de la chandelle dans des séances passionnées de travail nocturne. Son fameux auto-portrait à la barbe rousse marque l’intérêt majuscule pour le célèbre peintre hollandais, car Picasso n’a jamais vraiment porté la barbe. Et ses dames semblent sorties de tableaux du petit Henri spectateur du spectacle nictalope au coeur de Montmartre. Les influences sont fulgurantes et les amitiés sincères comme celle avec le peintre espagnol trop tôt disparu Casagemas qui inspira nombre de toiles surprenantes. Car l’exposition étonne avec ses toiles des plus classique montrant bien que même un Picasso a traversé une période de recherches et de piétinements pour aboutir au génie universellement acclamé. Picasso est passé au rose, puis à l’ocre, pour sortir d’une période introspective pour s’ouvrir sur le monde et toucher du doigt la révolution cubiste. Les murs de l’exposition sont parfaitement blancs pour faire parfaitement ressortir les recherches bariolées du peintre. Les explications sont passionnantes et font ressortir les tableaux les plus significatifs. Arrivé à la fin du parcours, c’est une évidence. Les années de 1900 à 1906 étaient nécessaires pour construire une inspiration qui allait ouvrir des ornières gigantesques dans l’art du XXe siècle.

L’exposition Picasso. Bleu et Rose au Musée d’Orsay montre un peintre en recherche assidue pour parfaire son art et aboutir à une épure qui allait devenir sa marque. Les peintures sont de plus en plus purifiées de trop plein pour se consacrer à l’essentiel et toucher les visiteurs au coeur. Car Picasso savait peindre l’essentiel pour faire naitre des sentiments et des émotions.

Dates : du 18 septembre 2018 au 6 janvier 2019
Lieu : Musée d’Orsay
Entrée : 14€

GALERIE PHOTOS

Picasso. Bleu et rose
Picasso. Bleu et rose

Picasso. Bleu et rose
Picasso. Bleu et rose

Picasso. Bleu et rose
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Picasso. Bleu et rose
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Note
Richesse du parcours
Plaisir de la visite
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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