Le Théâtre Hebertot ne recule devant rien pour donner l’exacte dimension historique d’un personnage majeur de l’histoire italienne du XIXe siècle dans la pièce Viva Verdi de Pierre-Olivier Scotto. Guiseppe Verdi (1813-1901) n’est pas seulement le compositeur éternel de Nabucco et La Traviata, le compositeur est devenu rien de moins qu’un symbole vivant du patriotisme et de l’unification de l’Italie (Risorgimento) au XIXe siècle. Son opéra Nabucco (créé en 1842) et particulièrement le chœur des esclaves hébreux Va, pensiero s’est transformé en un véritable chant national pour un peuple très longtemps sous domination étrangère (notamment l’Empire autrichien au nord) et longtemps morcelé entre divers petits états (Savoie, Piémont, Lombardie, Vénétie, territoires de l’église…). Il est certain que peu de compatriotes français connaissent cette dimension historique si connue de l’autre côté des Alpes. Le spectacle n’en cache rien en plus d’aborder l’intense vie personnelle du compositeur. Les décès tragiques de son fils Icilio Romano et de sa première femme adorée Margherita Barezzi en 1840, sa relation de 50 ans avec Giuseppina Strepponi devenue Verdi sur le tard, ses colères et son intransigeance légendaires. 4 comédiens et 2 comédiennes interprètent les différents personnages d’une existence marquante. Raymond Acquaviva incarne Verdi avec une force surprenante, Noémie Bianco prête ses traits à l’éternelle compagne Guiseppina et lui transmet une émotion vivifiante. Pierre-Olivier Scotto, Guillaume Petit et Quentin Morant (au piano) interprètent plusieurs personnages marquants de la vie du compositeur. Enfin Emmanuelle Jakubek (en alternance avec Parveen Savart) interprète divinement des airs surconnus de l’œuvre du maestro, la chanteuse lyrique (soprano) française est chaudement applaudie après chacune de ses apparitions, notamment le fameux Addio del Passato issu de La Traviata. Théâtre et musique se combinent parfaitement dans un spectacle qui colle les spectateurs au siège une heure et demie durant, à découvrir impérativement jusqu’au 6 décembre pour vivre un grand moment d’émotion. La mise en scène de Raymond Acquaviva place Verdi au centre, avec l’évocation de ses débuts difficiles et son éviction du conservatoire de Milan en 1832, ses difficultés pour s’imposer face à d’autres compositeurs déjà installés comme le très honni Donizetti et ses doutes continuels issus d’une recherche insatiable de la perfection. La passion du compositeur est contagieuse et se transmet avec puissance à une audience qui applaudit à tout rompre la pièce et ses interprètes à la fin du spectacle.
Synopsis: Une fiction théâtrale et musicale consacrée à Giuseppe Verdi, à travers la création de ses chefs-d’œuvre mythiques. La pièce nous dévoile le compositeur passionné, l’amoureux tourmenté et l’artiste visionnaire devenu symbole de toute une nation. Portée par la puissance de sa musique, cette création unique entraîne le spectateur dans un tourbillon d’émotions où l’art, l’amour et la destinée se confondent.
Détails:
Du 30 septembre au 6 décembre 2026
Représentations les mercredis et jeudis à 19h
Les dimanches à 17h30.
