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Au 108 rue Vieille du Temple, la mémoire érudite d’Yvon Lambert

Au 108 rue Vieille du Temple, la mémoire érudite d’Yvon Lambert
Cy Twombly Pan, 1980 Oil, oil pastel, graphite, engraving, poster, paper, and rag paper in seven (7) parts

Au 108 rue Vieille du Temple, la mémoire érudite d’Yvon Lambert

En 1986, Yvon Lambert y installait sa galerie et transformait cette adresse du Marais en un laboratoire de l’art contemporain, ouvert aux secousses venues de New York comme aux avant-gardes européennes.

Quarante ans plus tard, David Zwirner réveille cette mémoire avec « Au 108 rue Vieille du Temple : un héritage partagé avec la Galerie Yvon Lambert ».

Trente-deux artistes, plusieurs générations, une même idée de l’art comme territoire de liberté.

Cy Twombly, Basquiat, Sol LeWitt, Dan Flavin, Robert Ryman, Nan Goldin, Richard Serra, Agnes Martin ou encore Anselm Kiefer composent une constellation où les œuvres ne racontent pas seulement une histoire : elles la rendent à nouveau électrique.

Et puis il y a aussi Bertrand Lavier. Son rue Princesse, 2002, semble presque sourire au milieu de cette histoire monumentale.

Une œuvre qui joue avec les apparences, les codes et la matérialité de l’image, et dont le titre lui-même fait surgir une autre adresse parisienne.

Lavier introduit ainsi dans ce grand récit international une pointe d’ironie, de décalage, cette manière bien française de regarder l’art contemporain en biais.

C’est tout le sel de ce parcours. David Zwirner ne reconstitue pas la galerie Lambert comme on reconstituerait un mausolée. Il fait dialoguer sa mémoire avec le présent.

La rigueur mentale de LeWitt côtoie la violence colorée de Basquiat, la lumière de Flavin répond aux silences de Ryman, tandis que Lavier vient fissurer avec malice les certitudes du regard.

Derrière cette profusion se dessine une même conception du galeriste : découvrir des artistes avant de les enfermer dans une histoire officielle.

Lambert l’avait compris. Zwirner revendique aujourd’hui cette continuité, en faisant du 108 non pas un sanctuaire mais un lieu de passage entre les générations. Le plus beau dans cette exposition est  là : le passé n’y est jamais sage. Il palpite, provoque, surprend encore.

 Date : jusqu’au 10 octobre 2026 Lieu : Galerie David Zwirner (Paris)

NOS NOTES ...
Intérêt
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.
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