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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Un soir de gala » pour un dernier tour de piste facétieux et radieux avec Vincent Dedienne, olé !

Le ton est donné et pourtant s’il n’en joue pas vraiment, l’imposant instrument est au centre de ce seul en scène inclassable, couronné du Molière de l’humour 2022, dont le dernier tour de piste avec ces dernières représentations est un numéro de haut vol. Regard rieur et malicieux, costume noir et chemise blanche, Dedienne sort le grand jeu pour faire entendre ses mots et cet humour mâtiné de tendresse, d’une imparable absurdité et d’une nostalgie éternelle.

« Möbius » : l’envolée chorégraphique de la Compagnie XY 

Que se passe-t-il quand un collectif inventif croise un chorégraphe singulier ? Les uns, la Cie XY, se sont fait connaître par des spectacles comme Le Grand C ou Il n’est pas encore minuit, qui mêlent poésie et prouesses aériennes. L’autre, Rachid Ouramdane, directeur de Chaillot, est une figure atypique de la danse contemporaine, qui aime explorer de nouveaux territoires, géographiques comme imaginaires, intégrer les nouvelles technologies ou encore repousser les limites du chorégraphique. On assiste alors à une succession de variations dont les mouvements continus sont saisissants de fluidité, de légèreté, d’expressivité, où l’action se déroule comme une réaction en chaîne. Un territoire sensoriel empreint de poésie et de prise de risque avec son continuum d’espace-temps qui voit les corps s'entremêler et se défaire dans une synergie parfaite.

L’ Art et la manière d’Alex Vizorek : ad vitam aeternam

e nouveau spectacle d’Alex Vizorek était très attendu puisqu’il a tourné pendant presque 10 ans avec son premier opus « Alex Vizorek est une œuvre d’art ». En discourant sur le monde de l’Art, il avait tout de suite imposé sa marque : une élégance déconcertante et un sens de l’absurde très singulier. Car avec Vizorek, on rit mais on réfléchit aussi. Il fallait donc à nouveau un sujet qui soit matière à son érudition et son espièglerie qui vont de paire.

« Portrait de l’artiste après sa mort » : vertige de la mémoire sous la dictature argentine

Sur scène un acteur (Marcial Di Fonzo Bo) qui, dans un précipité aussi sensible que subtil, évoque un épisode de sa vie, à propos d’un appartement situé à Buenos Aires dont il aurait hérité, mais faisant l’objet d’une procédure judiciaire à la suite d’une possible confiscation intervenue pendant la dictature militaire. Le comédien a lui-même connu et vécu la dictature argentine avant de s’installer en France.

« La Mouette », un astre noir à l’Odéon

Dans « La Mouette », Anton Tchekhov (1860-1904) fait de l’art et de l’amour le terrain de prédilection des passions inaccomplies et des désillusions. Celles notamment de Nina, une jeune fille qui rêve d’être actrice mais dont la vocation sera détruite par une trahison amoureuse, ou celles de Konstantin Treplev, épris de Nina qui en regarde un autre. Treplev est un jeune auteur épris d’absolu en quête de reconnaissance et de l’amour d’Irina, sa mère, comédienne célèbre, qui le méprise ouvertement et n’a d’yeux que pour l’écrivain en vogue, Trigorine, son amant.

Sandrine Bonnaire, éperdument « durassienne » dans L’Amante anglaise

Avec L’Amante anglaise, Marguerite Duras revisite un meurtre qui a eu lieu à la fin des années 1940. Par le biais d’un double interrogatoire, d’un double dialogue, elle creuse l’idée du mystère, de l’incompréhension, de la perdition d'une âme, au regard de l’acte criminel. Et elle nous place face à une énigme que l’on essaie de comprendre. Elle use d’une forme de suspens, tout en déployant les grandes thématiques de son écriture, comme la folie et l’amour, qui sont les deux pierres angulaires de L’Amante anglaise.

Catherine Frot et Michel Fau, un duo d’enfer !

Catherine Frot et Michel Fau se retrouvent sur scène, sept ans après le succès de Fleur de Cactus (qui avait valu à l'actrice le Molière de la comédienne dans une pièce de théâtre privé). Ils interprètent ici un couple gratiné de l’après-guerre, pétri de préjugés, dont la vie bourgeoise et stricte va être déréglée par des évènements inattendus. Un réjouissement ! On connait la passion de Fau pour le théâtre d’André Roussin qui offre une peinture acide de la bourgeoisie française et de la folie humaine à travers des personnages d’une mauvaise incomparable qui se débattent sans merci avec leur petitesse et leur monstruosité.

« Le ciel de Nantes » ou l’art et la manière de Christophe Honoré, sur France 4

Il y a 20 ans déjà, Christophe Honoré s’était lancé dans l’écriture d’un long-métrage sur sa famille, qui n’avait pas abouti. Trop vampirique sans doute cette branche maternelle issue de la classe populaire. Aujourd’hui, dans une salle de cinéma d’une autre époque, là où la scène devient le lieu magnifique d’un film impossible, porté par un art scénique et une désinvolture qui n’appartiennent qu’à lui, Christophe Honoré convoque les siens pour raconter et chanter leur histoire. Il mêle théâtre et cinéma qui focalisent l’emprise du temps et sa distanciation entre réel et fiction, offrant une voix décomplexée et intense à sept membres emblématiques de cette lignée (sur trois générations) que les drames personnels mais aussi l’Histoire n’ont pas épargnée.

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[Jeunesse] Le mystérieux cabinet du Docteur Von Hoffen, d’Olivier Dupin & Agnès Ernoult (Gautier-Languereau)

Un docteur-lapin reçoit ses patients dans un cabinet perdu en forêt. Tous ressortent contents. Tous... sauf certains. Olivier Dupin et Agnès Ernoult signent chez Gautier-Languereau un album où peur et humour cohabitent, avec deux fins possibles : un dispositif rare en jeunesse dès 3 ans.