Most recent articles by:

Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Les Chiens de Navarre en roue libre !

Les Chiens de Navarre ont l’habitude de mordre là où ça fait mal. Cette fois, ils sont en roue libre et en totale improvisation où le public assiste une fois encore, médusé, à l’étrillage qui est l’œuvre. Jubilatoire !

Un Don Juan endiablé et revisité par le chorégraphe suédois Johan Inger, à Chaillot

C’est à la figure de Don Juan, complexe et intrigante, que s’attaque le chorégraphe suédois Johan Inger, en revisitant sur la musique de Marc Alvarez, le parcours de ce serial lover dont il explore ici l’influence de la mère et le duo en miroir mais aussi ambigu formé avec son valet Leporello, devenu Leo, qui fait place à une attraction réciproque.

« Mes Frères » : le conte originel et décapant de Pascal Rambert

Dans une pièce écrite pour le metteur en scène Arthur Nauzyciel, Pascal Rambert convoque les mythes du théâtre et l’origine de la tragédie sous forme d’un conte originel et décapant dont les protagonistes ramenés à leurs pulsions primaires sont aux prises avec leur désir castrateur et la représentation d’une femme qui refuse les codes imposés par ces hommes. Édifiant.

Édouard Louis : son père, sa bataille, sur scène

Depuis ses deux premiers romans "En finir avec Eddy Bellegueule" et "Histoire de la violence", Edouard Louis décrypte les mécanismes de domination qui broient les êtres et leurs relations. Thomas Ostermeier qui a déjà monté "Histoire de la violence" avec sa troupe d’acteurs de la Schaubühne à Berlin, poursuit sa collaboration avec Edouard Louis en le mettant en scène dans son propre rôle. Un monologue percutant.

Des « Sorcières de Salem » possédées par la troupe du Théâtre de la Ville

Emmanuel Demarcy-Mota monte “Les Sorcières de Salem”, une pièce d’Arthur Miller qui raconte comment la manipulation et l’aveuglement collectif peuvent conduire une communauté à se déchirer dès lors que la raison cède à l’injustice et que les fausses croyances s’opposent à toute recherche de vérité

La joute oratoire et terrestre autour du désir de Koltès, revient à Paris

Dans cette pièce de Koltès, deux personnages s'affrontent autour d'un accord indicible, le désir. Les deux comédiens interprètent avec force ce texte fort aux accents métaphoriques. Dans la mise en scène de Charles Berling et son décor monumental, les mots fusent et résonnent au combat des deux protagonistes.

Vera, un rôle en or pour Karin Viard, est à (re)découvrir

La pièce est une épopée capitaliste crue, traduite par Alena Sluneckova et montée par Martial di Fonzo Bo et Elise Vigier. Son auteur le dramaturge et cinéaste tchèque au regard corrosif, Petr Zelenka y dresse le portrait sans concession d'une carriériste cynique qui va être broyée par le système après l’avoir propulsée au sommet. Et à travers elle, c'est la dénonciation d’une société tchèque qui est passée du communisme au libéralisme économique sans foi ni loi. Un rôle en or pour Karin Viard.

Notre Sélection

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.