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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

Michel Piccoli, acteur hors norme, fut un vibrant Roi Lear en 2006, à découvrir ou redécouvrir

l y a quelques jours, disparaissait Michel Piccoli. Immense acteur au cinéma comme au théâtre, il se produisit plusieurs fois à l’Odéon, notamment dans John Gabriel Borkman d’Ibsen mis en scène par Luc Bondy en 1993, et incarna le Roi Lear en 2006 dans une mise en scène d’André Engel, l’un de ses derniers rôles au théâtre. Ce spectacle est à redécouvrir en captation intégrale à la fin de cet article.

Les Rustres : la farce de Carlo Goldoni portée par l’incomparable Christian Hecq, sur France 5, le 17 mai

Cette pièce diffusée ce soir sur France 5 (20h50) a été enregistrée en décembre 2015 au Théâtre du Vieux-Colombier.  Il s'agit d'un manifeste en forme de farce de Carlo Goldoni qui n'a rien perdu de son potentiel comique et contestataire sur fond de guerre des sexes et d’une bourgeoisie finissante incapable d’évoluer. Où la clairvoyance des femmes finit par triompher du despotisme conjugal et familial dans un arbitrage jubilatoire entre Christian Hecq et Clotilde de Bayser.

Le programme de la semaine 8 de La Comédie continue !

En 45 jours de diffusion de La Comédie continue !, plus de 90 levers de rideau ont été diffusés et près de 500 programmes originaux ont été créés spécialement pour la chaîne. 225 000 spectateurs ont déjà répondu à l’appel !

« Théâtre sans animaux » ou l’esprit de résistance de Jean-Michel Ribes en captation intégrale

Jean-Michel Ribes reprenais sa pièce récompensée par trois Molières en 2001 (meilleur auteur, meilleure pièce comique, meilleur second rôle féminin) et nous interrogeait avec l’esprit de résistance qu’on lui connait (Palace) sur la marche du monde et ses dérèglements. Pourquoi ne peint-on plus les carpes ? Porter une perruque Louis XV contribue t’elle à s’arrêter de fumer ? Peut-on en arriver à oublier le prénom de sa fille ? La prononciation du mot "Bravo", employé pour féliciter la prestation d’une comédienne de théâtre le soir de la première, peut-elle être à l’origine de l’explosion conjugale d’un couple qui se rend à sa loge ?

Le programme de la semaine 7 de La Comédie continue !

Pour cette septième semaine, la chaîne met à l'honneur : ► les grands dramaturges français que sont Anouilh (avec Antigone montée par Marc Paquien), Racine (et Britannicus notre critique ici par Stéphane Braunschweig), Molière (dont Hervé Pierre a mis en scène George Dandin et La Jalousie du barbouillé) ou encore Feydeau (vu par Lukas Hemleb avec Le Dindon) ► un spectacle qui fit événement lors de sa création Salle Richelieu en 1993, Bal masqué d'après Mikhaïl Lermontov mis en scène par Anatoli Vassiliev ► la série des Singulis Seuls-en-scène, où l'on pourra entendre les mots de Daniel Pennac dans Chagin d'école par Laurent Natrella, de Raymond Devos avec Les fous ne sont plus ce qu'ils étaient par Elliot Jenicot ou encore de Christine Montalbetti dans Le Bruiteur par Pierre Louis-Calixte ► l'art du ballet, avec la diffusion de La Source chorégraphiée par Jean-Guillaume Bart au Palais Garnier, qui réunit à son générique plusieurs membres ou fidèles de la Comédie-Française : Éric Ruf à la scénographie, Christian Lacroix aux costumes ou encore Clément Hervieu-Léger à la dramaturgie...

Notre Sélection

« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)

Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec "La Jalousie" de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.

La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon

Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas spécialement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique. Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter Sophocle. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.