Most recent articles by:

Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

La « Pastorale » de Beethoven dans les pas de Thierry Malandain, à (re)voir sur Mezzo

Thierry Malandain embarque pas moins de vingt-deux danseurs dans cette traversée aux aires d’odyssée enivrante. Alliant habilement le vocabulaire classique et les compositions contemporaines, il nous offre un ballet aussi enlevé que saisissant.

« Une cérémonie » ou quand le Raoul Collectif n’en fait qu’à sa fête ! Jubilatoire

Pour son troisième spectacle, le Raoul collectif repart à la conquête du plateau pour interroger la force expiatoire d’un groupe qui se bat contre les périls capitalistes et tout ce qui pourrait entraver ses pulsions de vie. Mais sur un ton jubilatoire - c’est là toute sa force et sa singularité - à la fois festif et baroque, débridé et inspiré, cultivé et foutraque, politique et rebelle. Un manifeste tout droit sorti de nulle part qu’ils transcendent d’un soleil noir, adressé aux héros d’aujourd’hui, aux anticonformistes et chevaliers errants, qui n’ont pas peur des chemins de traverses, de l’ivresse poétique, des idéaux, et de la sacralisation de la pensée.

Une famille intranquille selon Krzysztof Warlikowski, à l’Opéra Garnier

A Quiet Place est créé en 1983 par Leonard Bernstein. Il s’agit de la dernière composition scénique du compositeur américain, pensée comme la suite de l’opéra Trouble in Tahiti, où l’on retrouve le personnage de Sam trois décennies plus tard. Contrairement à son intitulé, A Quiet Place résonne du fracas d’une famille dysfonctionnelle et constitutif de la rupture entre Sam, le père, et ses enfants.

L’art et la manière de Christophe Honoré sous Le Ciel de Nantes 

Il y a 20 ans déjà, Christophe Honoré s’était lancé dans l’écriture d’un long-métrage sur sa famille, qui n’avait pas abouti. Trop vampirique sans doute cette branche maternelle issue de la classe populaire. Aujourd’hui, dans une salle de cinéma d’une autre époque, là où la scène devient le lieu magnifique d’un film impossible, porté par un art scénique et une désinvolture qui n’appartiennent qu’à lui, Christophe Honoré convoque les siens pour raconter et chanter leur histoire. Il mêle théâtre et cinéma qui focalisent l’emprise du temps et sa distanciation entre réel et fiction, offrant une voix décomplexée et intense à sept membres emblématiques de cette lignée (sur trois générations) que les drames personnels mais aussi l’Histoire n’ont pas épargnée.

« La Cerisaie » électrisante de Tiago Rodrigues sur France 4

Une comédie douce-amère au texte hypnotique où s’agite un clan en décomposition. Entre l’extravagante Lioubov qui a dilapidé l’héritage familial et l’ambitieux Lopakine, interprété par Adama Diop, construisant énergiquement son patrimoine, toute une tribu gravite, partagée entre ceux imaginant un avenir meilleur et ceux regrettant un passé qui leur fut clément.

« Enfance » ou l’art introspectif de Nathalie Sarraute sur scène

Porté par deux comédiennes exceptionnelles : Anne Plumet (Nathacha/Nathalie) et son double, sa conscience, Marie-Madeleine Burguet, le spectacle navigue à merveille au gré des souvenirs-sensations. Chaque séquence explore les soubresauts de la conscience de la petite fille : passions et hésitations enfantines, joie, tristesse, angoisse provoquée par une phrase, un geste, un mot…, tous ces tropismes qui provoquent une réaction positive ou négative chez la petite Nathalie et constituent une empreinte indélébile

The Normal Heart ou le combat choc de Larry Kramer de retour sur scène : captivant

L’adaptation de la pièce "The Normal Heart" par Virginie de Clausade est une première en France. Son récit, haletant du début jusqu’à la fin, est un manifeste, une épopée, un cri de révolte. Larry Kramer y raconte son combat contre l’hypocrisie d’une nation quand les pouvoirs politiques niaient les ravages du SIDA. Une transposition théâtrale aussi réussie que passionnante.

Un « Huis clos » brûlant au Théâtre de l’Atelier

"Huis clos" est une pièce en un seul acte, représentée pour la première fois en 1944, un an après la première des "Mouches". La pièce reprend certains éléments tragiques puisque l’intrigue est dominée par la notion de fatalité et de damnation. De plus, la pièce met en scène un trio dans lequel une personne est déjà de trop. En effet, les tragédies reposent souvent sur des relations triangulaires problématiques. Les personnages sont amenés à se dépouiller de toutes les convenances sociales et à construire des relations authentiques. Chacun devient le juge et le bourreau de l’autre. Comme dans "Les Mouches", la pièce interroge la notion de remords et de culpabilité.

Notre Sélection