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[BD] Goetz, de ‘Fane & Didier Cassegrain (Glénat)

Goetz, couverture[BD] Goetz, de ‘Fane & Didier Cassegrain (Glénat)

Avec Goetz, ‘Fane et Didier Cassegrain signent chez Glénat, sous le label Comix Buro, un one-shot de science-fiction ample, sombre et résolument ambitieux. Sur 184 pages au grand format 24 × 32 cm, le duo orchestre une fable dystopique sur la colonisation, la culpabilité et la part la plus déraisonnable de l’humanité — programme classique sur le papier, mais que la couverture seule promet d’arpenter par les chemins les moins fréquentés du genre.

Le pitch tient en quelques phrases mais mord d’emblée : la Terre est exsangue, ses habitants se sont lancés dans la conquête d’une planète habitée par des peuplades autochtones encore à l’âge de fer ; trente ans plus tard, on découvre la promesse de « départ neuf » ravalée par les habitudes — asservissement, viols, pillages, les schémas familiers de toute colonie qui s’ignore. Face à cet avenir réécrit en miroir grossissant des erreurs d’hier, les natifs s’organisent, et c’est dans leurs rangs que surgit Goetz, chef de tribu plus mauvais, plus fou ou plus libre que les autres, au point de prétendre redéfinir lui-même les notions de Bien et de Mal.

L’intuition est forte. Là où la SF coloniale convoque souvent ses Avatar de service ou son humanisme paresseux, ‘Fane préfère bâtir une figure trouble : un héros qu’on ne sait jamais tout à fait soutenir, parce que sa rage paraît plus radicale que la cause qu’il défend. On retrouve, en filigrane, la grande tradition des dystopies lucides — d’Ursula K. Le Guin à la veine la plus rugueuse de la SF française des années 1980 — où le combat pour la liberté finit toujours par poser plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Côté graphique, le casting fait saliver. Didier Cassegrain, dont on connaît la finesse acquise sur Carmen Mc Callum, Code Mc Callum ou plus récemment l’adaptation en BD des Nymphéas noirs de Michel Bussi, déploie ici une mise en couleurs directes qui sied parfaitement au matériau. Sa couverture — une silhouette guerrière cornue au regard insondable — annonce une iconographie épaisse, charbonneuse, traversée d’embrasements ; on devine la patte du peintre derrière celle du dessinateur, et la promesse tenue d’une narration où chaque planche est aussi un objet plastique. Le récit complet, format roman graphique épais, permet d’éviter l’écueil du tome 1 d’une saga interminable et d’embrasser d’un seul tenant l’épopée de ce chef rebelle.

Au sortir, Goetz a tout d’une proposition à la fois grand public et exigeante : une SF lisible, un dessin de haute volée, un anti-héros taillé pour la mémoire et un format qui assume son ambition. La promesse esthétique et l’audace narrative tiennent sur la durée des 184 planches pour nous offrir l’un des coups de coeur de ce printemps 2026 !

Goetz, couvertureRésumé éditeur :

L’homme n’apprend rien de ses erreurs

Là où l’animal ne fait qu’obéir à son instinct, l’être humain s’est inventé des dieux pour justifier ses actes. En leur nom, ou à cause d’eux, il a défini les notions de Bien et de Mal, toujours persuadé d’agir ainsi de plein droit, se faisant le prédateur ultime. Dans un futur relativement proche, la civilisation terrienne, ayant inexorablement fini de puiser les ressources de la Terre, est partie fonder une colonie sur une petite planète habitée par des peuplades, humaines elles aussi, mais qui en sont encore à l’« âge de fer ». Ces néo-colons, très avancés technologiquement, convaincus d’avoir appris de leurs erreurs, et – comme toujours – persuadés d’être porteurs du Bien, comptaient bien y prendre un nouveau départ. Mais 30 ans ont passé, et le Terrien, « gourmand » par nature, et tout évolué qu’il puisse être, a pris l’ascendant sur ses hôtes : asservissement, viols, pillages des richesses et des terres… Les natifs, pourtant peu solidaires, se révoltent et entrent en guerre. Parmi les chefs de tribus fédérées contre l’emprise des Terriens, il en est un, plus mauvais, plus fou, ou plus libre qui tentera, au-delà de toute croyance, de redéfinir les notions du Bien et du Mal.

Extrait de la BD :

Goetz, extrait

Date de parution : 6 mai 2026
Scénario : ‘Fane
Dessin & Couleurs : Didier Cassegrain
Éditeur : Glénat (Comix Buro)
Format / Pages : 24 × 32 cm – 184 pages
Prix indicatif : 29,00 €
EAN : 9782344059487

NOS NOTES ...
Originalité
Scénario
Dessin
Plaisir de lecture
Gaël
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.
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