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Contre vents et marées, le 48e Festival Cinemed de Montpellier lancera une édition dont on se souviendra à travers les âges.

Premier dégré, la pluie en plus, un terrible épisode méditerranéen est venu fracasser le navire amiral de la culture à Montpellier, l’emblématique Corum et son délicat pelage de granit rose venu de Finlande. Alors que Montpellier s’apprêtait à vibrer en son sein du 16 au 24 octobre 2026, tout a été chamboulé par cet évènement catastrophique qui a conduit à sa fermeture administrative pour une durée indéterminée. Quelques jours plus tard, son extraordinaire directeur, Christophe Le Parc, entouré par une non moins sensationnelle équipe, dont sa géniale adjointe Géraldine Laporte, on réussit l’exploit : la quasi totalité des projections prévues auront bien lieu, ainsi que les rencontres avec les nombreux invités du Festival aussi. Le tout en restant en plein coeur de Montpellier, au Pathé Comédie, au Rabelais et au Musée Fabre, soit à quelques encablures du regretté Corum. La magie du Cinéma en somme !

L’Italie, reine de cette 48e édition.

Jasmine Trinca et Louis Garrel illumineront l’ouverture du 48e Cinemed.

Le festival s’ouvrira en fanfare avec Les Cœurs affamés de Nanni Moretti, son avant-première française après Venise. Un « bonbon » selon Christophe Leparc, entre histoire d’amour et accents de comédie musicale, porté par Louis Garrel, Jasmine Trinca et Hippolyte Girardot. Vittorio De Sica, l’un des plus grands cinéastes à l’origine du Neo-Réalisme italien aura les honneurs d’une jolie rétrospective tout azimut (Le voleur de vélo, Le jardin des Finzi-Contini, Mariage à l’Italienne …). Un nouvel hommage sera également rendu au meilleur réalisateur italien de cette décennie, le maestro Marco Bellocchio, où nous pourrons jongler entre ses pépites (L’enlèvement, le Traitre …) et sa toute nouvelle série Portobello, projetée en intégralité et en avant-première. Nous pourrons rajouter à cette jolie liste le nom de Dario Albertini, lauréat de l’Antigone d’or avec Manuel (Il Figlio) en 2017, et qui revient en compétition officielle avec son nouveau film, Armony.

Valerio Mastandrea emmènera t-il Dario Albertini à son 2e Antigone d’or ?

La colère sociale en moteur d’une édition combative.

Blerta Basholli sera aussi l’une des têtes couronnées à Montpellier, avec Hive en 2021, qui reviendra en compétition avec Dua. Dominique Cabrera, autre habituée du Festival sera aussi présente dans la sélection officielle de l’Antigone d’or avec Des femmes comme les autres. Cela promet une lutte des plus exigeantes pour la récompense suprême cette année avec d’autres titres comme Chronicles from the Siege d’Abdallah Al-Khatib, Conversation with the Sea de Muayad Alayan ou I Matter, le premier film d’une réalisatrice Rom, Alina Serban. Le réalisateur Thierry Klifa et son jury composé de Laetitia Dosch, Suzanne Jouannet, Romain Rousseau et Idir Azougli (le + méditerranéen de nous tous !) aura la délicate mission de les départager.

Alors que Christophe Leparc confirmait que la sélection officielle serait moins funky cette année, celle des avant-premières vient parfaitement coller avec l’humeur sociale actuelle.

Alba Rohrwacher sera la guerrière de Stéphane Brizé cette année.

Nous pouvons citer pêle-mêle quelques grands noms représentatifs d’un cinéma engagé qui viendront y présenter leurs nouveaux films : En haut de la pile de Louis-Julien Petit, Un bon petit soldat de Stéphane Brizé, ou encore le méditerranéen ultime, Une femme aujourd’hui de Robert Guédiguian. A noter aussi la présence des 2 pépites du cinéma international qui buzze fort dans les présélections aux grandes récompenses : La bola negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi, et Hope, de Na Hong-jin (dans le cadre de la succulente Nuit en Enfer, avec notamment Torso).

Camélia et Pablo, deux esthètes de la culture au maniérisme protéiforme.

Quelle merveilleuse idée que de compter l’engagée et rayonnante Camélia Jordana parmi les invités du 48e Cinemed. De musicienne accomplie à actrice de plus en plus renommée, elle traversera le festival avec ses films, ainsi que l’avant-première de Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach (où elle y prête sa voix), et, bien évidemment, l’attendu rencontre avec le public. Pablo Berger, cinéaste espagnol à la patte inclassable qui a enfanté des chef d’oeuvres Blancanieves et Mon ami robot, sera présent pour animer une masterclass et des projections. La saison du Cinemed 2026 mettra aussi le cap sur le fantastique arabe (djinns, goules, récits de genre, en partenariat avec le festival Maskoon) et le nouveau cinéma égyptien. Une génération confrontée à la censure, dont les films brillent à Berlin, Venise ou Cannes, mais peinent parfois à sortir dans leur pays. Les cinéastes seront là pour en parler.

Mi Reina, Camélia.

Enfin, à l’autre extrémité du festival, Nicole Garcia refermera le bal avec 7h40 ce matin-là, son dernier film avec Marion Cotillard, Théodore Pellerin, Artus et Laure Calamy. Un retour qui sera chargé en émotion pour une réalisatrice qui a des racines montpelliéraines.

Puis, il sera encore temps de remercier le Festival Cinemed qui a su se redéployer avec agilité et exigence pour nous offrir, à n’en pas douter, une édition que l’on gardera précieusement en mémoire avec la complicité du Pathé Comédie et son directeur Guillaume Gomez qui auront mis toutes leurs huit salles (environ 1 100 places) à disposition. Avant de retrouver son navire amiral, le Corum, solidement retapé pour entamer la dernière ligne droite avant le 50e anniversaire ? Croisons tous les doigts possible.

Cinemed 2026 ne sera pas seulement un festival de films et de rencontres : ce sera également un acte de résistance culturelle, un souffle d’air frais qui traverse les rives du sud, un rappel que le cinéma méditerranéen, même sous les tempêtes, météorologiques et sociales, continue de vibrer. Direction les salles du Pathé Comédie, du Rabelais, de l’Utopia et du Nestor Burma, le cœur ouvert. La Méditerranée n’attend que vous.

NOS NOTES ...
Originalité
Plaisir des yeux
Rayonnement culturel
Réalisation de miracles
Jean-Marie Siousarram
Manipulateur de mots pour la presse web depuis quelques années. Cinéphage compulsif, féru de culture en tout genre, de voyages, de musique électronique, de foot. Rejeton de Chaplin & Hitchcock.
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