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Poétique amusée d’une galerie conceptuelle : Philippe Quesne en terrain conquis

Poétique amusée d’une galerie conceptuelle : Quesne en terrain conquis
Le paradoxe de John –(©)Martin Argyroglo

Poétique amusée d’une galerie conceptuelle : Philippe Quesne en terrain conquis

Il y a chez Philippe Quesne cette folie rare, paradoxale : celle de transformer la satire en matière à rêver. « Le Paradoxe de John », nouvelle création du Vivarium Studio, s’avance ainsi comme un drôle d’objet, à mi-chemin entre la performance d’art contemporain, la poésie sonore et la comédie douce-amère.

Un spectacle qui — paradoxe oblige — se plaît à tourner en dérision l’art contemporain tel qu’on le sacralise aujourd’hui, tout en érigeant cette moquerie en geste artistique pleinement assumé.

On entre dans la salle comme dans une galerie improbable, celle que le protagoniste — un Marc Susini d’une justesse sidérante — tente d’aménager à partir de l’ancien appartement de L’Effet de Serge.

Ce décor qui revient, vieux voyageur de plateau ayant traversé trente pays, fait ici figure de ready-made géant : une relique devenue sculpture, un espace reconverti comme on retape une théorie.

Quesne s’amuse de cette archéologie de lui-même, de cette filiation presque trop parfaite avec sa pièce de 2007, mais l’intègre comme un personnage supplémentaire, une strate visible de son rapport au geste artistique.

Cartographie d’un monde légèrement décalé 

La galerie qui se construit sous nos yeux ressemble immédiatement à une exposition conceptuelle qui aurait lu trop de catalogues : installations bancales, objets promus au rang de mystères métaphysiques, micro-performances dont l’ambition semble osciller entre la blague érudite et le manifeste dada.

Quesne détourne les codes de l’art contemporain avec une affection évidente — jamais méchante, toujours taquine — comme si l’on se trouvait dans une parodie montée par ceux qui connaissent trop bien ce qu’ils pastichent pour en rire franchement.

La présence des textes de Laura Vazquez — fragments taillés dans une langue vibrante, parfois éclatée — fait glisser le spectacle vers une poésie de laboratoire, un surréalisme à faible tension qui infuse l’ensemble. On devine la silhouette de Paul Nougé qui rôde, les objets qui prennent une puissance bizarre, l’humour sec, l’austérité joyeuse.

On sent aussi que Quesne aime, profondément, ces filiations : ses références ne sont jamais des décorations, mais des organismes vivants qui travaillent l’espace.

Dans cette jungle ironique, les interprètes — Isabelle Angotti incarne à merveille une sorte de témoin-observatrice, à la fois embarquée et légèrement décalée, qui capte la folie douce du dispositif tout en y inscrivant une humanité ténue.

Sa présence crée des points d’ancrage sensibles dans ce théâtre du paradoxe, comme si elle offrait, par moments, la possibilité d’un réel au milieu des dérives.

Ses partenaires Veronika Vasilyeva-Rije, Céleste Brunnquell et Marc Susini déploient à ses cotés une précision de jeu remarquable. Ils naviguent avec une clairvoyance presque musicale entre les emballements absurdes, les lenteurs savamment chorégraphiées et les surgissements poétiques.

Marc Susini campe cet amateur d’art à l’abri d’une délicatesse surréaliste : un corps légèrement en décalage, une voix qui semble sortie d’une autre époque, un humour discret mais profondément incarné. L’ensemble de la distribution forme un quatuor d’une cohérence admirable, capable de jouer l’excentricité sans jamais forcer la note.

Il y a aussi dans « Le Paradoxe de John » une part de folie douce, celle qui dérive de la liberté totale donnée aux objets : sculptures animées, éléments techniques qui se mettent à exister de manière autonome, atmosphère de club littéraire barré où la soirée peut dégénérer à chaque seconde en métaphore cosmique.

Tout cela se déroule sans tapage, sans jamais chercher à épater : comme si le spectacle revendiquait que rien n’est plus sérieux qu’un jeu bien mené.

Au fond, le paradoxe du titre pourrait se lire ainsi : Quesne crée un art qui se moque de l’art, un théâtre qui regarde ses propres mécanismes avec une lucidité amusée, une œuvre qui ne cesse de montrer qu’elle est fabriquée — pour mieux en dégager une poésie irrésistible.

On en sort en se demandant si l’ironie peut être une forme de tendresse. Chez Quesne, la réponse est oui, indubitablement.

Et c’est là que réside la grande réussite de ce spectacle : dans ce mélange de lucidité et d’enchantement, de pensée et de folie, de précision et de lâcher-prise. Une galerie d’art qui ne cesse de glisser entre les doigts, mais où chaque geste, chaque silence, chaque micro-performance semble viser juste. Pour une fantaisie au scalpel.

 Dates : du 26 novembre au 6 décembre 2025 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris)
Conception et Mise en scène : Philippe Quesne

[BD] Les Âges d’or de Picsou – Tome 01 (Glénat)

Voyage au cœur des trésors de Picsou

Ce premier volume de la collection Les Âges d’or de Picsou offre une plongée nostalgique dans l’univers légendaire de Picsou, à travers une sélection d’histoires cultes signées par les plus grands artistes Disney. Le lecteur y retrouve l’esprit d’origine : aventure, humour, trésor — et cette pointe de malice propre au canard le plus riche du monde.

L’album rassemble huit récits majeurs : quatre grands classiques de la période fondatrice, puis quatre aventures plus récentes. C’est un véritable hommage à la longévité de Picsou, à son panache intemporel — entre old-school et modernité, enfance et nostalgie. Que l’on soit lecteur de toujours ou nouveau fan, ce volume cadre comme un incontournable.

Graphiquement, l’ouvrage brille par sa qualité : les traits des dessinateurs, les décors, les ambiances, les riches couleurs et le sens du détail rendent hommage à l’âge d’or Disney. Chaque histoire se lit comme un petit trésor, l’équilibre parfait entre aventure, humour et sens de l’émerveillement.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Des histoires d’anthologie signées par les plus grands artistes Disney.

À partir de novembre 2025, les éditions Glénat vous proposent de redécouvrir les plus beaux récits des trois personnages emblématiques de l’univers Disney : Mickey, Donald et Picsou. En compagnie des plus grands artistes (Gottfredson, Barks, Murry, Scarpa, Cavazzano, etc.), chaque lecteur, quelle que soit sa génération, retrouvera l’âge d’or de son enfance à travers des récits allant des origines des personnages jusqu’à nos jours.

On ne présente plus le « canard le plus riche du monde » qui malgré son avarice légendaire et sa mauvaise humeur, a conquis le cœur des lecteurs depuis 1947, année de sa création par Carl Barks. Ce premier volume des Âges d’or de Picsou fait la part belle à son créateur avec quatre de ses plus belles histoires : Noël sur le Mont Ours (1947), Le secret du vieux château (1948), Pêche au yacht (1949) et Retour au Klondike (1974).

Ses dignes successeurs (Scarpa, Strobl, Branca et Cavazzano) viennent les compléter avec quatre récits couvrant la période des années soixante à 2000 : Le rapt de Brigitte (Scarpa, 1961), Aller et retour à Vahévien (Strobl, 1966), Le secret du perroquet (Branca, 1982) et Retour sur le Mont Ours (Cavazzano, 2007). D’une fabrication élégante et cartonnée, la collection des Âges d’or rassemble sur 200 pages les plus beaux récits des grands auteurs Disney.
Date de parution : 19 novembre 2025
Auteur(s) : Collectif Disney
Éditeur : Glénat
Genre : Bande dessinée / Aventure & Humour
Prix : 19,00 €
Format : Broché / Collection « Les Âges d’or »

Les Maitres Vignerons de Saint Tropez signent le 1er rosé en realité augmentée : Grain de Glace 2025

Après les dégustations des saisons 2024, 2023 et 2019, les Maitres Vignerons de Saint Tropez présentent leur nouvelle cuvée annuelle Grain de Glace 2025. Un rosé d’hiver qui fait plaisir, la 15e version de ce rosé emblématique pour un design à la hauteur des attentes avec cette année un beau et impressionnant Mammouth comme animal totem.

Un beau rosé d’hiver

Ce rosé est un assemblage des cépages Grenache, Cinsault, Syrah et Rolle. La dégustation permet de découvrir à l’œil une robe très claire aux reflets bleutés. Le nez est flatteur avec des nuances de fruits exotiques et des notes de pêche et de litchi. En bouche, le vin propose une belle explosion de saveurs avec de la rondeur et une fraîcheur extraordinaire. Le vin se déguste idéalement en apéritif ou en accompagnement d’un saumon gravlax, de sushis ou de fruits de mer. Le vin est à servir à 9°c. La bouteille de 75cl est bientôt disponible au tarif de 12,95 euros, la bouteille de 1,5L sera au tarif de 32,10 euros et la bouteille de 3L à 116,26 euros. Bonus 2025, la cuvée Grain de Glace 2025 est cette année le premier vin à proposer une expérience en réalité augmentée. Il suffit de scanner le QR code pour que les amateurs puissent voir surgir la figure totem de cette édition, un mammouth en 3D. Cette innovation transforme la dégustation en moment interactif et mémorable. Chacun peut se prendre en photo avec le mammouth en arrière-plan et partager son selfie sur Instagram ou TikTok et participer à un jeu concours avec des lots à gagner! Une autre très bonne raison de découvrir ce Grain de Glace 2025 idéal pour un moment convivial en plein cœur de l’hiver qui approche!

Publireportage: Depuis 15 ans, GRAIN DE GLACE est le premier rosé du nouveau millésime.  Sorti tous les ans le 1er décembre, cette bouteille sérigraphiée est une édition limitée. au décor renouvelé tous les ans. Un incontournable dans votre cave et une expérience de dégustation inoubliable. Depuis plusieurs années les Maîtres Vignerons encouragent et accompagnent les vignerons dans leurs démarches en Bio et Haute Valeur Environnementale. Cette organisation permet une parfaite connaissance du terroir et des parcelles pour trouver la conduite et les solutions les plus adaptées pour accompagner chaque vignoble dans leur transition écologique. Chaque étape repose sur le savoir‑faire de nos viticulteurs et de nos œnologues : Tous conduisent leurs vignes, vinifient leurs raisins au sein de leurs propriétés et bénéficient de l’expertise de professionnels à chaque étape, de la conduite de la vigne à la vinification. Les Maîtres Vignerons disposent d’une unité de conditionnement performante et moderne et ne cessent d’investir dans leur outil afin de maintenir le niveau d’excellence de leurs vins.

Rester debout : l’art discret de Sharon Eyal

Rester debout : l’art discret de Sharon Eyal
© Vitali Akimov

Rester debout : l’art discret de Sharon Eyal

Avec « Delay the Sadness », Sharon Eyal poursuit une exploration du corps en tension, mais elle y ajoute une dimension inattendue : une douceur lente, presque récalcitrante, qui fait basculer la pièce du côté d’une résilience en mouvement.

Sans jamais céder au spectaculaire, la chorégraphe propose un paysage de corps fragilisés, mais jamais disloqués, où la tristesse, le chagrin et le sursaut deviennent une matière chorégraphique à part entière.

La physicalité comme écriture première

On retrouve ici la grammaire propre à Eyal : mouvements syncopés, gestes minimes rendus lisibles par une extrême précision. La physicalité n’est plus l’ornement de la pièce, mais son moteur profond.

Les danseurs évoluent sous une tension nerveuse constante, qui se manifeste dans des contractions infimes du dos, dans la crispation d’un pied en demi-pointe, dans la brève suspension d’un bras avant qu’il ne se relâche.

Une écriture chorégraphique qui conjugue tension extrême et exactitude formelle. Les corps s’allongent, se tendent, se plient — demi-pointes, dos cambrés, genoux cédant — pour traduire dans le plus petit frémissement un état d’âme, un vide intérieur.

Où ces micro-événements corporels, totalement assumés, constituent le cœur de l’œuvre : la tristesse ne se déclare pas, elle se manifeste dans les corps, dans les tendons, dans l’énergie retenue. On assiste moins à une narration qu’à une étude anatomique de l’émotion.

Malgré le thème — le deuil, la perte, l’absence —, la pièce refuse le sombre uniforme. Il y circule une sorte d’optimisme discret, une volonté qui ne cherche pas à triompher mais à se maintenir. Le groupe joue ici un rôle déterminant : les danseurs, d’abord isolés dans leurs tensions respectives, finissent par trouver des terrains communs, des points d’appui, des respirations synchrones

Ce passage de l’individu au groupe est l’un des moments les plus marquants de la pièce : il suggère, sans la moindre emphase, que le corps peut se relever non par héroïsme, mais par contamination réparatrice.

La scénographie et la lumière s’effacent volontairement, pour laisser place à la matière vivante du mouvement. La musique originale de Josef Laimon, composée de textures électroniques et de réminiscences organiques, agit comme un tuteur émotionnel : elle soutient, structure, mais n’impose jamais de lecture affective. Cette économie de moyens renforce l’impact du geste, qui devient le lieu exclusif de la dramaturgie.

« Delay the Sadness » ne cherche ni la catharsis ni la consolation dramatique. Ce que propose Eyal est plus subtil : un temps suspendu où l’on observe, presque en direct, comment un corps traverse l’émotion pour retrouver une forme de verticalité. Le spectacle ne prétend pas guérir ; il désigne seulement — et c’est déjà beaucoup — la possibilité d’un après.

Dans un paysage chorégraphique parfois marqué par l’excès ou l’affect emphatique, Eyal impose une autre voie : une intensité tenue, rigoureuse, qui fait de la fragilité non pas un motif, mais un territoire d’invention.

Dates : du 27 novembre au 6 décembre 2025 – Lieu : La Villette (Paris)
Chorégraphie : Sharon Eyal

[BD] La Couronne de France T04 – De Louis XIII à Louis XIV (Delcourt)

L’aube de la monarchie absolue

Dans ce quatrième opus de la série « La Couronne de France », le duo Jean‑Pierre Pécau (scénario) & Francesco Mucciacito (dessin) livre un récit vibrant qui traverse les règnes de Louis XIII (1601-1643) et de son fils Louis XIV, dit le Roi-Soleil. 

Louis XIII, malgré son surnom « le Juste », est montré comme un souverain en lutte permanente : il affermit l’autorité royale, s’allie avec Cardinal de Richelieu, et se confronte aux protestants dans un royaume secoué par les tensions religieuses et politiques.

Puis se profile Louis XIV, dont l’accession inaugure un âge d’or pour la monarchie française : centralisation du pouvoir, éclat de la cour, construction du mythe royal. « Son règne marque l’apogée de la monarchie française et de la monarchie absolue. »
Graphiquement, l’album mêle scènes de cour fastueuses, stratégies de palais, batailles et complots, traduisant avec soin les ressorts d’une époque charnière. L’ambition de l’ouvrage : faire vivre « l’épopée de la royauté en France et de son pacte avec le pays »

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

F
L’épopée de la royauté en France et de son pacte avec le pays. Cette histoire sera racontée à travers les trois âges des lys de France : Les rois de fer, Les rois de sang et Les rois d’or.
Louis XIII dit le juste (1601-1643), même s’il ne l’était pas, aidé de Richelieu, renforce l’autorité royale et combat les protestants. Il meurt en1643, laissant le trône à Louis XIV. Ce dernier, dit le grand, ou Roi-Soleil, centralise le pouvoir. Son règne marque l’apogée de la monarchie française et de la monarchie absolue.
Date de parution : le 19 novembre 2025
Auteurs
: Jean-Pierre Pécau (scénario), Francesco Mucciacito (dessinateur)
Luca Saponti (coloriste)
Genre : histoire
Editeur : Delcourt
Prix : 29,95 €

Ce que révèlent vos prénoms, Anne Tuffigo (Albin Michel)

Ce que révèlent vos prénoms, Anne Tuffigo (Albin Michel)

Anne Tuffigo nous propose une analyse très intéressante dans son dernier livre : Ce que révèlent vos prénoms, Comprendre son prénom pour découvrir sa mission de vie.
L’auteure, Anne Tuffigo, est médium, écrivaine et conférencière. Elle a des dons depuis le plus jeune âge, pour communiquer avec les défunts. Mais dans son dernier livre, elle ne nous parle pas de son don mais fait une analyse approfondie sur le sens des prénoms.
C’est un livre agréable à lire où l’on apprend beaucoup sur l’origine des prénoms, souvent des origines chrétiennes et que l’on ne connait pas forcément !
Il est surprenant de voir que souvent un prénom est associé à une mission de vie. Un prénom n’est jamais choisi au hasard et porte déjà une signification, souvent très ancienne.
Telle personne portant ce prénom avait donné tel sens à sa vie…
Un prénom parle du passé mais aussi de l’avenir de celui qui va porter ce prénom.
L’auteure aborde en détail plusieurs origines de prénoms, reliés à une mission de vie.
C’est notre histoire judéo-chrétienne…
Ce que révèlent vos prénoms se lit comme un voyage tourné vers le passé mais aussi le futur ! Une histoire qui ne peut que nous apporter une analyse explicative transgénérationnelle importante pour tous ! Il n’y a pas de prénom parfait, comme il n’y a pas de prénom imparfait. Chaque prénom a sa singularité attachée à une certaine mission de vie !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2025
Auteur : Anne Tuffigo
Editeur : Albin Michel
Prix : 20,90 €

Sortie le 18 novembre d’un coffret Sissi en version restaurée qui se regardera tous les ans à Noël

Tout le monde se souvient de ces longues soirées d’hiver passées en famille devant la télé. Au programme? Romy Schneider dans la rôle de la d’abord jeune Sissy devenue impératrice d’Autriche-Hongrie. Décors kitch mais resplendissants, acteurs et actrices jeunes et beaux, romantisme surannée mais éternel, le coffret contient les 4 films pour un bon moment de cinéma familial. Les différentes générations découvrent et redécouvrent des films fleur bleue comme on les aime, dignes des fééries Disney. Prévu le 1er décembre, ce coffret ravira les fans hardcore pour un beau moment de nostalgie. Les 4 volets voient l’ascension de la jeune fille devenue une égérie nationale, capable de rassembler autour d’elle ses sujets d’Autriche et de Hongrie. Un classique qui ne prend pas de rides.

Synopsis:

Sissi :
La jeune Sissi accompagne à la cour impèriale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impèrial…

Sissi face à son destin :
L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachement à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…

Sissi impératrice :
Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.

Sissi, les jeunes années d’une reine :
Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des «Sissi». Sous le regard protecteur de sa mère, Magda Schneider, Romy est éclatante de beauté et de talent.

Détails:

Inédit en HD et en VOST

Inclus des bonus + 4 cartes postales

L’étrange voyage d’Eugénie (Bayard jeunesse)

L’étrange voyage d’Eugénie (Bayard jeunesse)

Les éditions Bayard jeunesse nous proposent un album-jeu : L’étrange voyage d’Eugénie. Il est magnifique, de qualité supérieure, entièrement cartonné, avec des illustrations qui incitent au voyage !
En fait, c’est le jeune lecteur lui-même qui va choisir sa propre histoire. Il a à sa disposition 16 cartes paysages, cartonnées, qu’il va glisser dans chaque fenêtre du compartiment du train dans lequel voyage Eugénie. Et grâce à ses cartes aux illustrations très différentes, le lecteur va découvrir des domaines totalement différents : soit il sera au pays des licornes, soit proche de la Lune, soit au fond de la mer… Et ce sera à lui d’inventer son histoire en analysant les nombreux détails de chaque carte, qui font souvent référence à des univers connus de contes classiques…
Comme c’est joli, créatif et original !
L’étrange voyage d’Eugénie est un album jeunesse qui sort de l’ordinaire ! Une totale réussite de Sybille Delacroix ! A commander au Père Noël !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2025
Auteur : Sybille Delacroix
Illustrateur : Sybille Delacroix
Editeur : Bayard jeunesse
Prix : 22,90 €

« Tosca » selon Pierre Audi : quand des voix d’apparat transfigurent la croix du drame

"Tosca" selon Pierre Audi : quand les voix d’apparat transfigurent la croix du drame
© Elisa Haberer / OnP

« Tosca » selon Pierre Audi : quand des voix d’apparat transfigurent la croix du drame

Dès l’ouverture, l’Opéra Bastille s’emplit d’un souffle tendu : les premières notes de Puccini montent comme un glas, annonçant un drame où les destins sacrés et profanes vont s’entrelacer. Sous la baguette d’Oksana Lyniv, l’orchestre vibre avec une précision d’orfèvre qui ménage la grandiloquence de la partition, sans jamais en sacrifier le mystère.

La chef d’orchestre fait respirer Puccini, joue sur les tensions, sur l’intimité, sur l’éclat. Et le contraste est saisissant entre la puissance des masses orchestrales et la fragilité des personnages humains, perdus dans l’ombre de la croix.

Car oui, la croix : immense, impérieuse, omniprésente. C’est le motif visuel dominant de la mise en scène de Pierre Audi — non pas comme simple décor, mais comme figure métaphorique du poids de l’Église, du dogme, de l’autorité morale et politique.

Cette croix écrase les êtres, les modèle, les broie. Pierre Audi ne joue pas la provocation gratuite : il nous rappelle que dans « Tosca », la violence est d’abord spirituelle, la trahison est sacrée, et le pouvoir corrompu se vêt de sacré pour mieux asservir.

Des figures en quête d’absolu

« Tosca », incarnée ici par Saioa Hernández (ou tour à tour Elena Stikhina selon les représentations), est tout à la fois fervente d’amour et trempée dans la peur — sa foi la protège et la condamne. Hernández construit une « Tosca » nerveuse, tendue, qui semble toujours sur le point de basculer. Son timbre médium se charge souvent d’un lyrisme névrosé : on sent que son cœur lutte, qu’elle croit, qu’elle est prête à tout.

Grace à elle, Mario Cavaradossi, campé par Roberto Alagna selon la distribution, est un idéaliste mûr. Ce n’est pas l’amant juvénile, mais un homme dont les convictions sont déjà mûres, qui porte le poids de ses choix avec retenue. Son « E lucevan le stelle » devient un poème de crépuscule : il chante avec une poésie grave, presque résignée, comme un homme qui sait que l’amour n’échappera pas aux ombres du destin.

Scarpia, incarné par Alexey Markov (ou Ludovic Tézier), est le démon élégant de cet opéra. Loin du tyran caricatural, il est une figure ambiguë, séduisante et menaçante à la fois. Audi, par sa mise en scène, lui confère une noblesse inquiétante : son pouvoir n’est pas seulement physique, il est spirituel. Markov, avec droiture, donne à Scarpia cette noblesse sinistre, ce mélange de menace et de séduction qui rend son assassinat presque dérangeant, tant on perçoit sa dimension tragique.

Vocalement, la distribution est au diapason où les rôles titres bénéficient d’une homogénéité vocale parfaite : Tosca (Saioa Hernández), d’abord, impose une ligne ferme, lumineuse, dont la projection ample ne sacrifie jamais la couleur émotionnelle. Son timbre, à la fois charnel et nervuré d’ombres, sait passer du velours amoureux à la morsure du désespoir, avec un contrôle admirable des demi-teintes dans les prières comme dans les implorations.

Cavaradossi (Roberto Alagna), lui, possède cette puissance ardente, solaire, impressionnante, qui fait vibrer immédiatement le lyrisme puccinien : les aigus sont francs mais jamais criés, soutenus par un legato riche qui donne à chaque phrase une identité presque picturale — un trait de couleur posé avec soin.

Quant à Scarpia (Alexey Markov), la noblesse de l’émission et la précision du phrasé confèrent au personnage une autorité vocale aussi troublante que séduisante. La voix n’est pas que l’arme d’un tyran : elle devient un espace de pouvoir, un velours sombre où chaque nuance révèle une intention dramatique.

Ensemble, ces trois voix composent une architecture sonore cohérente, tendue, qui porte l’opéra comme un triptyque d’émotions puissantes et complémentaires.

Les décors de Christof Hetzer, minimalistes mais chargés de symboles, jouent un rôle essentiel. Les espaces sont vastes — mais froids, presque antiques —, comme des sanctuaires sans chaleur. Sous les lumières de Jean Kalman, un ballet d’ombres : clair-obscur, ombres portées, reflets sur la croix, tout se joue dans les silences visuels autant que dans les notes.

Pierre Audi ne cède pas à la démonstration : il compose des tableaux simples, lisibles, mais profondément signifiants. Sa dramaturgie, soutenue par Klaus Bertisch, ne force jamais e trait ; elle laisse respirer les gestes, les regards, les silences. Ce refus de l’artifice théâtral grossier renforce l’idée que ce qu’il y a d’effrayant dans « Tosca » n’est pas la surenchère, mais l’inéluctable.

Sous Lyniv, le chœur et l’orchestre de l’Opéra de Paris sont d’une densité vibrante : chaque entrée chorale, chaque crescendo, suggère l’écrasement du collectif sur l’individu. Cela dit, la puissance sonore ne noie jamais la voix : les chanteurs émergent avec clarté, portés, mais aussi mis au défi.

Le trio final — Tosca, Cavaradossi, Scarpia — cristallise la tragédie en un moment de purification terrible. La musique de Puccini, si lyrique et romantique, se fait implacable : elle embrasse l’illusion et la mort, la foi et la trahison.

Et la mise en scène d’Audi sublime ce vertige : dans le dernier acte, la croix plane encore, menaçante, tandis que Tosca fait le choix ultime. Son suicide n’est pas seulement un sacrifice, c’est un acte de défi, un cri. Mais Audi le représente comme une vision, presque une ascension : elle s’élève, mais on ne sait pas si elle va vers la lumière ou vers l’abîme.

Cette « Tosca » signée Pierre Audi, disparu en mai dernier dont les représentations sont dédiées à sa mémoire, est une œuvre de haute inspiration : raffinée, pensée, gravée dans l’ombre d’une croix monumentale qui en dit long sur la collusion entre le sacré et le politique.

Ce n’est pas une version démoniaque ou révolutionnaire, mais une vision subtile, presque méditative — et c’est précisément dans cette retenue que réside sa force : Audi ne nous livre pas une fresque en quête de spectaculaire, mais un regard, un sermon dramatique, une vision juste et émouvante.

 Dates : du 23 novembre au 27 décembre 2025 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Mise en scène : Pierre Audi

Le Munstrum Théâtre fait vaciller la nuit avec son « Makbeth » décapant

Le Munstrum Théâtre fait vaciller la nuit avec son « Makbeth » : décapant
(©) Jean-Louis Fernandez

Le Munstrum Théâtre fait vaciller la nuit avec son « Makbeth » décapant

Avec « Makbeth », le Munstrum Théâtre ne se contente pas d’entrer dans Shakespeare : il l’ouvre, il l’écorche, il en fait un organisme vivant — palpitant, instable, traversé de secousses venues de notre présent.

Louis Arene et Lionel Lingelser signent un spectacle qui ressemble moins à une tragédie qu’à une vision : un monde à moitié calciné où le pouvoir est une maladie, la prophétie un parasite, et les héros des corps en mutation permanente.

La première image donne le ton : rien ici n’est stable, rien n’est installé. Le plateau — lande rêche, trou noir — semble respirer d’une respiration malade. Les lumières de Jérémie Papin et Victor Arancio sculptent des silhouettes comme des fragments de sculpture expressionniste.

Le son, conçu par Jean Thévenin et Ludovic Enderlen, pulse comme un organisme qui refuse de mourir. On comprend vite que l’équipe ne veut pas illustrer Shakespeare mais le réinventer dans un monde qui n’a plus de dieux, plus de mythes, seulement des restes de croyances qui s’accrochent aux parois du cerveau.

Où la tragédie semble se dérouler dans le crâne de Makbeth. Tout y tremble : la lumière incisive, la pulsation sonore et les silhouettes comme découpées au scalpel.

Un Shakespeare qui rit jaune et saigne noir

Et dans ce paysage, les masques — signature du Munstrum, façonnés par Arene Lingelser  — deviennent une véritable dramaturgie. Ils ne cachent pas : ils exposent. Ils révèlent les tensions, les difformités intérieures, toute la part monstrueuse que le texte charrie.

Ces visages sculptés, portés par une troupe extraordinairement engagée, donnent à la pièce une densité plastique qui la place d’emblée hors du réalisme.

Louis Arene incarne un Makbeth poreux, traversé, presque sans enveloppe. Pas un tyran flamboyant : un homme qui n’arrive pas à faire taire ce qu’il entend déjà en lui.

À ses côtés, Lionel Lingelser construit une Lady Makbeth magnétique, plus sorcière que reine, plus vivante que monstrueuse : une femme que la prophétie dévore de l’intérieur, jusqu’à la rupture. Le couple devient moteur tragique, duo d’aveugles persuadés de voir plus loin que les autres.

Leur rapport relève moins de l’ambition que de la contagion : ils se contaminent l’un l’autre, se renforcent, s’empoisonnent. Une union funeste qui a quelque chose du pacte secret, de la fusion mystique.

La force de ce Makbeth tient aussi dans son usage très conscient du geste tragico-burlesque. Le Munstrum sait que le rire et l’effroi sont de la même famille. On passe d’une scène de tension pure à un éclat grotesque, avec la précision de funambules.

Le Fou (Erwan Tarlet), figure à la lisière du clown et du prophète, agit comme une fissure dans le réel : dès qu’il apparaît, c’est le plateau lui-même qui semble vaciller.

Cette capacité à faire cohabiter l’absurde et l’horreur est l’un des traits les plus frappants de la mise en scène de Louis Arene : elle nous fait basculer d’un état à l’autre avec une rapidité qui dit quelque chose de très contemporain. Le pouvoir n’a jamais été si ridicule, et c’est précisément pour cela qu’il fait peur.

La traduction et l’adaptation de Lucas Samain choisit la ligne dure : redonner à Makbeth sa charge d’horreur, son vertige moral, son humour noir aussi — celui qui naît quand l’humanité glisse en hors-piste. Le spectacle interroge ce plaisir étrange que nous avons à suivre les tyrans jusqu’au bord du gouffre. Non pas pour les absoudre, mais pour comprendre ce qui, en eux, nous rapproche.

Et c’est à l’instar d’un rituel que le Munstrum théâtre transforme Shakespeare : une traversée des ténèbres pour mieux éprouver ce qui, encore, pourrait nous sauver. Pas un théâtre qui explique, mais un théâtre qui expose. Qui fait l’effet d’une brûlure lente. Qui oblige à regarder l’Histoire — la grande, la petite — là où elle fait mal.

L’univers entier de Makbeth repose sur cette équation : comment un monde sans croyance produit-il encore des prophéties ? Les sorcières ici ne sont pas des forces extérieures mais une contamination interne. Et cette lecture, au fond, replace la tragédie dans une dimension très intime : il n’y a pas de destin écrit, seulement des erreurs d’interprétation aux conséquences irréversibles.

Et dans cette approche on est happé par ce geste global pour un spectacle total, profondément sensoriel, où la catastrophe n’est jamais spectaculaire mais toujours organique. Le Munstrum pousse son esthétique encore plus loin que dans ses précédentes créations — mêlant masque, corps, musique, chant, installation plastique — jusqu’à obtenir un théâtre qui tient autant du rituel que du poème visuel.

Une cérémonie sombre mais pas désespérée. Ici, la catharsis n’est pas un effacement : c’est un éveil.

Alors oui : ce Makbeth est un spectacle décapant. Dense, inquiétant, fou, toujours habité. Il laisse une trace — un écho farouche qui persiste longtemps après la fin. Un Shakespeare qui ne console pas, mais qui réveille. Un théâtre qui nous renvoie à notre propre responsabilité, à nos propres dérives.

Et, au milieu du chaos, une certitude : on avait besoin de cet électro choc là !

 Dates : du 20 novembre au 13 décembre 2025 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)
Mise en scène : Louis Arène

Interview du groupe rennais BOPS et concert au Pop up le jeudi 20 novembre

L’article sur le récent album Panic du quatuor rennais BOPS n’était que le prélude à une interview et un concert qui ont eu lieu le jeudi 20 novembre au Pop up à Paris. J’ai pu rencontrer les 3 frères Louis, Oscar, Germain et leur pote Tom pour un échange qui a permis d’éclairer leur parcours et leurs aspirations. Et comme le concert qui a suivi n’a fait que confirmer le coup de cœur pour le dernier albium du groupe, la soirée n’a pas été du tout perdue!

Musique et décontraction

Autour de quelques boissons maltées à bulles bien fraiches, la discussion avec les 4 rennais a commencé sur le thème des influences musicales, nombreuses et bien senties. BC Camplight, Talking Heads, Pink Floyd, ils sont intarissables et avouent des gouts pop qui font plaisir. Leur 3e opus Panic leur permet de fêter les 10 ans d’une carrière qui va crescendo, avec une direction plus orchestrale pour le dernier opus sous l’égide des Talking Heads, justement, moins garage rock mais pas moins réconfortant comme dit dans la chronique de l’album. Pas de chichis, le maitre mot est la simplicité et l’immédiateté dans ce moment de confession pas très intime. Les 4 compères reviennent d’une tournée en Espagne avant de se diriger vers l’Allemagne et l’Angleterre au printemps pour d’autres manifestations bruitistes de leur art. Pour cet album, ils ont cherché à composer et enregistrer des morceaux dans l’objectif avoué de les jouer live, avant tout, après 6 mois de préparation quand même. Pas de poudre aux yeux technique made in studio d’enregistrement, il faut pouvoir les reproduire sur scène pour le plus grand bonheur de fans de plus en plus nombreux. Le mode d’enregistrement est simple, ils enregistrent tous ensemble sans multiplier inutilement les pistes, ce que le producteur Samy Osta a favorisé pour plus d’efficacité et un résultat qui s’entend, ça fonctionne et ça pourrait faire le buzz. Mais comme les millions des royalties ne sont pas encore pour tout de suite, ils doivent mener une vie professionnelle à côté pour remplir le frigo. Louis est par exemple technicien lumière au cinéma et a officié récemment sur le tournage de La Petite Dernière de Hafsia Herzi. Germain est boulanger et fait du bon pain. Les thèmes de l’album sont connus, écologie (everybody is ecofriendly sur Sustainable life), critique des comportements de consommation par trop outranciers, critique du salariat anxiogène et esclavagiste, panique morale à l’œuvre dans les médias. Le groupe évoque le Live in Pompéii de Pink Floyd en 1972, Stop making sense de Talking Heads sorti en 1984. L’heure tourne rudement trop vite et il est déjà le temps d’abréger les échanges, direction les 3 concerts. Tête d’affiche, BOPS passe en dernier à 22h après Don Dias et Dewey. Le set de 50 minutes est juste parfait, l’absence de power chords trop criardes rend le son clair et audible, les chanteurs alternent, les instruments valsent morceau après morceau dans une chorégraphie rondement menée, on sent les automatismes des concerts enchainés. La foule se masse au plus près de la scène pour gesticuler frénétiquement sur les futurs classiques que sont Seaguls, I am a slope, Crack the dawn, On the sofa, A riot, Never sign a contract et You only you. Ils n’ont pas joué Barbass, hélas, mon morceau préféré, légère déception personnelle, mais ils m’avaient séché les larmes en amont lors de l’interview. Une autre fois peut être. En attendant, ils réfléchissent à la suite mais sans encore mutualiser les efforts, 3 albums en 10 ans, il faudra être encore un peu patient pour la suite!

Le set se finit sur un The end has no end des Strokes (et non des Pixies comme annoncé, certainement avec l’intention de piquer au vif les experts en musicologie). Ci-dessous un extrait live d’une performance à Caligari qui date déjà de 2 ans pour donner une idée de la qualité de la performance scénique.

Pour un baiser de toi (Casterman)

Pour un baiser de toi (Casterman)

Jennifer Castle nous propose une jolie romance qui devrait plaire à nos ados : Pour un baiser de toi. C’es son second roman.
Kendall et Max sont amis. Le 27 décembre, ils sont témoins d’un accident. Une jeune fille se fait renverser sous leurs yeux. Ils se sentent horriblement coupables de n’avoir pas réagi, de n’avoir rien tenté pour éviter l’accident. Ils se réfugient dans un café, bouleversés par la scène qu’ils viennent de vivre. La serveuse leur lance alors un défi : ils devront réaliser sept bonnes actions, complètement désintéressées avant le 31 à minuit.
Du coup, ils acceptent ce défi, pensant que cela diminuera leur culpabilité… Quelles rencontres vont-ils faire ? Et comment leur propre relation va-t-elle évoluer ? 
Pour un baiser de toi est un récit choral très positif ! Un roman comme on les aime, avec de vraies valeurs humaines !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2025
Auteur : Jennifer Castle
Editeur : Casterman
Prix : 16,90 €

« Oh les beaux jours » – élégie pour une femme qui parle encore dans la lumière

"Oh les beaux jours" – élégie pour une femme qui parle encore dans la lumière
Oh les beaux jours – Mise en scène Alain Françon (© Jean-Louis Fernandez)

« Oh les beaux jours » – élégie pour une femme qui parle encore dans la lumière

Il y a, dans ce « beaux jours » (Samuel Beckett) mise en scène par Alain Françon, quelque chose qui ressemble à une invocation. Comme si la scène n’était plus seulement un plateau, mais un cercle tracé pour appeler les forces lentes, les forces anciennes, celles qui murmurent sous la conscience et qui ne parlent qu’à ceux qui savent se tenir immobiles face à la lumière.

Alors Winnie apparaît. Dominique Valadié (magnifique) ne l’incarne pas : elle l’appelle, elle l’arrache au silence, elle la fait revenir de je ne sais quel rivage où le temps se dissout. Sa voix roule comme une vague discrète, obstinée.

On dirait qu’elle récite un poème écrit par la poussière, un poème qui ne finit jamais, un poème que le soleil continue d’écrire sur elle, ligne après ligne, comme une brûlure tendre.

Chaque mot qu’elle prononce semble convoquer quelque chose : une joie ancienne, un tremblement oublié, une petite parcelle d’humanité qui refuse de mourir.

C’est une liturgie du quotidien, une prière à hauteur de soi, une célébration des objets minuscules — brosse, lunettes, souvenirs — devenus talismans contre l’effacement.

Dans le soleil, la voix persiste

Et son sourire… Ô ce sourire. On croirait voir s’ouvrir une porte dans le sable. Une lumière en sort, fragile, presque irréelle, comme si elle s’était perdue dans son propre éclat. Quand Winnie sourit, le monde entier se chevauche : le désespoir danse avec la grâce, le dérisoire avec l’infini. C’est une apparition.

Willie, lui — Alexandre Ruby — ne marche pas : il glisse depuis l’ombre. Il s’approche comme un souvenir revenu trop tôt ou trop tard. Il est le contrepoint, la basse continue, la présence spectrale sans laquelle la voix de Winnie n’aurait pas ce grain d’éternité.

Chez lui, chaque geste semble porter la mémoire d’un millier d’autres gestes oubliés. Son silence est un cri fissuré.

Et au centre de cette conjuration, Françon. Sa mise en scène est un oracle. Elle avance comme une procession sans fanfare, presque religieuse dans sa simplicité lumineuse. Il ne montre pas : il révèle. Il ne découpe pas : il laisse advenir. Il installe un espace où la lumière devient une entité vivante, où le sable respire, où l’immobilité contient des mondes.

Alors la pièce se transforme. Ce n’est plus un spectacle ; c’est une incantation adressée au temps lui-même. Un rituel pour rappeler que tant que quelqu’un parle, tant que quelqu’un se souvient, tant que quelqu’un prononce un mot — même un mot minuscule, même un mot tremblé — alors rien n’est tout à fait perdu.

On quitte la salle lentement, comme après avoir traversé un rêve ancien. On a l’impression que quelque chose est advenu : un éclat de lumière, un souffle, une braise avant la fin.

 Dates : du 13 novembre au 17 janvier 2025 – Lieu : Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris)
Mise en scène : Alain Françon

Dégustation de 3 cuvées rouges 2023 du Domaine de l’Hortus proposées en Coffret Fêtes de Noël

Le Domaine de l’Hortus a déjà fait l’objet de nombreux articles sur Publik’Art pour souligner la qualité de ses cuvées. Il propose aujourd’hui un Coffret Fêtes de Noël (tarif TTC: 180 euros) avec 3 cuvées 2023 qui appartiennent toutes à un millésime classé parmi les grands millésimes de rouge, rappelant celui de 1998 vu comme un idéal de vin rouge. La dégustation concerne la cuvée Domaine de l’Hortus Grande Cuvée rouge, AOP Pic Saint Loup issue des plus terroirs sous les falaises du Pic Saint Loup et celle de l’Hortus, la cuvée Dit de l’Hortus L’Ombrée issue des plus belles parcelles exposée plein nord à l’ombre du Pic Saint Loup et la parcelle Dit de l’Hortus La Soulane exposée plein sud sous les falaises de l’Hortus.

Domaine de l’Hortus rouge grande cuvée, AOC Pic Saint Loup 2023 (Prix TTC la bouteille: 30 euros)

Cette cuvée existe sur les deux couleurs rouge et blanc. Assemblage des cépages Syrah, Mourvèdre et Grenache, la cuvée Grande Réserve 2023 arbore une belle robe d’un rouge profond avec des nuances grenat. Le nez est intense et élégant avec des arômes de fruits noirs, de réglisse et mentholées. La bouche est bien équilibrée et la structure est belle avec du volume, du gras, de la rondeur et une finale persistante. Des notes de fruits rouges de réglisse et de vanille se font sentir en finale. Le vin se déguste idéalement avec un plat de bœuf aux champignons noir, un carré d’agneau au thym ou un moelleux au chocolat. Proposé au tarif de 30 euros la bouteille, le vin peut se garder 10 ans, un très bel exemple des vins rouges du Languedoc dans la région du Pic Saint Loup.

Le dit de l’Hortus La soulane rouge, AOC Pic Saint Loup 2023 (Prix TTC la bouteille: 75 euros)

Composé de cépage Mourvèdre, cette cuvée relativement confidentielle (1200 bouteilles seulement) arbore une belle robe grenat et son nez exalte des arômes de fruits noirs. L’attaque se révèle toute en nuances autour de notes de cerises noires et de garrigue. La texture est veloutée et les tanins fondus. En finale une explosion réglissée aux notes d’épices et de laurier s’expriment tout en longueur. Le vin peut se garder 15 ans et le tarif de la bouteille à 75 euros reflète sa qualité.

Le Dit de l’Hortus Rouge, Lieu-dit L’Ombrée (Prix TTC la bouteille: 75 euros)

Composé du cépage Syrah, ce vin également assez confidentiel avec une production de 1200 bouteilles, le vin se révèle fruité et complexe avec des arômes de fruits noirs bien mûrs, de garrigue et d’épices. L’attaque est fine, la texture veloutée, les tanins soyeux, la finale fraiche et fleurie. La persistance aromatique est surprenante dans sa longueur, le vin est tout en équilibre, avec un grand tempérament et la structure tannique souligne une belle trame d’acidité. Le vin se déguste idéalement avec une salade aux calamars, des escargots à la
languedocienne, une terrine de lièvre, seul ou avec un carré de très bon chocolat noir. Un vin rare à découvrir.

Publireportage: Au coeur de la garrigue de l’arrière-pays montpelliérain, dans le vallon magique délimité par les crêtes du Pic Saint-Loup et du mont Hortus, le Domaine profite d’un terroir ancestral et unique. C’est lui qui, avant la mise en oeuvre de notre savoir-faire, est à l’origine de nos grands vins. Sur 80 hectares, cépages rouges et cépages blancs se partagent la combe de Fambétou. Les rouges sont implantés sur les coteaux : la Syrah sur les flancs nord du Pic Saint-Loup pour l’humidité, le Mourvèdre exposé plein sud sous les falaises de l’Hortus, et le Grenache, au besoin de chaleur modérée, pousse sur les bas de coteaux, plus secs. Les blancs sont implantés sur les sols d’alluvions grossières qui bordent notre « rivière » au creux du vallon, un oued qui ne coule que par temps d’orage. Ces sols plus froids sont propices à des maturités plus tardives et favorisent l’élaboration de vins frais et aromatiques. Après la génération pionnière, celle de Marie-Thérèse et Jean, Marie, François, Yves et Martin ont précisé et consolidé le projet pendant près de 25 ans. Marie nous a quitté en 2022. Son souvenir, comme celui de Marie-Thérèse, est présent dans chacun de nos gestes. L’aventure continue. Le métier évolue avec notre environnement. François, Yves et Martin devront transmettre à leur tour outil et savoir-faire pour que vive notre merveilleux jardin. Avec la deuxième génération, la connaissance de notre terroir s’approfondit et les pratiques au vignoble et aux chais se perfectionnent. Nos fidèles collaborateurs sont désormais au sommet de leur art et les jeunes entrants intègrent vite les valeurs de notre entreprise familiale.Ensemble, nous garantissons au quotidien et grâce à nos choix à long terme, un haut niveau d’exigence.

Célestin dévoile son nouvel album Viens avec moi

Un article sur l’album Deuxième acte de Célestin avait été publié en 2022 sur Publik’Art. Annoncé par le clip de Des carrés dans des ronds publié sur Youtube il y a un mois, l’album Viens avec moi parait avec 11 titres énergiques, chantés en français et représentatifs de la moitié du duo de batteurs pétaradants Fills Monkey. C’est déjà son 4e album et l’auteur, compositeur, multi-instrumentiste de talent évoque des thèmes universels ou plus intimes comme l’amour, la famille ou la société avec une bonne dose d’humour et de sincérité.

Un vrai album rock

Premier indice et pas des moindres, Célestin lui même joue les parties de batterie sur son album, de quoi appuyer sur la pédale avec énergie et conviction pour infuser l’énergie rock dans chaque morceau de l’album Viens avec moi. Le loustic est à l’origine des paroles, de la musique et de la majorité des arrangements. Célestin, alias Sébastien Rambaud, s’en donne à cœur joie pour captiver l’auditeur, le clip de Des carrés dans des ronds en donne la preuve, l’ambiance de message sociale se fait sans trop de gravité mais avec des paroles malignes qui font mouche. Le très seyant costume rose est les chorégraphies sont un plaisir à regarder. Célestin installe une ambiance sonore résolument rock mais pas sans poésie, il utilise des instruments acoustiques et ajoute parfois des sons électroniques pour évoluer entre les 2 grands ainés comme Aznavour ou Brassens, et les plus contemporains Stromae ou Vianney. La grande partie des passages de guitares et de basses sont l’œuvre du guitariste expert de Julien Lacharme, également à l’œuvre pour l’enregistrement, le mixage et le mastering du disque.

Célestin se produira sur scène jeudi 20 novembre à La Scène Parisienne dans le 9ᵉ arrondissement de Paris, une bonne occasion pour écouter ses nouveaux et anciens morceaux.

Un plan infaillible, de Pacco (Casterman)

Un plan infaillible, de Pacco (Casterman)

Publik’Art est heureux de vous faire découvrir la dernière petite pépite de Pacco : Un plan infaillible, Comment j’ai réalisé mes plus grands rêves.
C’est un roman graphique fabuleux ! Pacco nous raconte sa vie, avec beaucoup d’humour. Depuis tout petit il avait un rêve : devenir auteur de BD. Il voulait que son enfant écrive à la case : métier du père : auteur de BD. C’est chose faite !

Aujourd’hui, tout le monde connait Pacco ! Mais quand on lit son roman graphique autobiographique, on se rend compte que sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille ! Que d’épreuves, que de doutes, que d’échecs, que d’aventures malheureuses avant d’arriver au succès !
On adore ses dessins. On ne s’en lasse jamais !

Pacco a beaucoup d’humour et d’auto-dérision quand il parle de lui.

A travers ce « plan infaillible, l’auteur nous donne quelques clés de sa réussite. Jusqu’où serions-nous prêts à réaliser nos rêves ? Et quels sont vraiment nos objectifs ? Quel sens donner à notre vie ? Comment améliorer notre quotidien ?

Vous trouverez, également chez Casterman, l’album Toi & Moi, de Pacco, paru en octobre 2024. Egalement une pure réussite !

Un plan infaillible est un très chouette album, où Pacco se confie au lecteur, de façon intime. Ainsi l’aidera-t-il à trouver lui aussi sa voie, celle qui va le rendre heureux ! Un très beau livre à commander au Père Noël, pour tout âge ! Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Octobre 2025
Auteur : Pacco
Illustrateur : Pacco
Editeur : Casterman
Prix : 25 €

Nouvel EP du groupe punk français Yoko? Oh no! à l’horizon, avec un titre direct, Merde in France

Le trio bordelais Yoko ? Oh No ! à tendance très punk avait révélé son album déjà très énervé Tatoos & Chlamydia en 2021, il dévoile bientôt un EP qui met les pieds dans le plat, Merde in France, avec une pochette qui devrait ne pas passer inaperçue. Les 4 titres sont chantés en anglais avec un esprit rebelle qui fait plaisir.

De l’énergie à revendre

Yoko? Oh No!, ce n’est pas seulement une référence très explicite à la compagne de John Lennon, c’est surtout une voix, une guitare et une batterie pour une immédiateté qui change des albums trop souvent formatés, de quoi raviver l’énergie punk des seventies et rappeler à nos oreilles endolories les riffs tout aussi acérés de ceux de The Hives ou NoFX. 4 morceaux directs qui sentent la sueur et qui débordent d’humour, comme le montre bien la pochette du EP à prendre au second degré. Yoko? Oh No! ne déroge pas à sa ligne énervée et énergique pour revendiquer l’esprit contestataire du punk rock venu de la perfide Albion, pas de compromis, la musique sent la sueur et la bière. Avec un positionnement garage à tendance pop, le trio bordelais emprunte avec bonheur aux mélodies des Beatles et aux riffs des groupes en THE qui ont fait le bonheur des fans des années 2000. Les 4 morceaux ne cherchent pas midi à 14h, c’est du beau bruit qui fait sautiller sur place, ce que démontrent aisément les performances scéniques du groupe. Yoko? Oh No! ne se contente pas de jouer les morceaux, ils jouent avec le public et le pousse au bout de leurs capacités pulmonaires. Le groupe a défouraillé au Jalles House Rock ou dans des salles aussi importantes que le Bus Palladium à Paris ou le Dublin Castle à Londres. Depuis 2021, le groupe a fait du chemin avec l’arrivée de Gauthier à la batterie pour un impact rythmique encore plus percutant

Yoko? Oh No! travaille son identité sonore pour passer un cap et parvenir à enfin se professionnaliser. Leur EP propose une vraie expérience sonore à découvrir au plus tôt.

[BD] Les Piliers de la Terre – Tome 03 : Le Chantier de l’Espoir ou comment bâtir au milieu des flammes (Glénat)

Un chantier réduit en cendres

Dans ce troisième tome de l’adaptation BD du chef-d’œuvre de Ken Follett, Didier Alcante et Steven Dupré reprennent le récit là où tout menace de s’effondrer : l’église de Kingsbridge vient de brûler, laissant Tom le Bâtisseur, Philip et tout le village face à une tâche titanesque. L’ambiance est sombre, lourde d’incertitude, et le titre Le Chantier de l’Espoir prend immédiatement tout son sens. L’album s’ouvre sur une communauté brisée, mais déterminée à reconstruire sa cathédrale — symbole d’avenir autant que de foi.

Un dessin qui érige le XIIᵉ siècle sous nos yeux

Les critiques soulignent la qualité impressionnante du travail de Steven Dupré. Chaque planche restitue la rudesse du Moyen Âge : le grain de la pierre, la boue, les charpentes, la violence du feu. Les décors, fouillés et crédibles, nous immergent totalement dans cette époque où chaque poutre soulevée est un exploit. Un soin graphique qui fait de cette adaptation l’une des plus réussies du genre.

Fidélité narrative et tensions maîtrisées

Côté scénario, Alcante reste fidèle à l’esprit du roman tout en rendant le récit accessible. On navigue entre drames familiaux, machinations politiques et défis architecturaux. Certes, le rythme est parfois abrupt — conséquence de la densité du roman — mais l’ensemble reste cohérent et très efficace. Ce tome installe une tension continue : reconstruire ne sera pas seulement un projet monumental, mais un combat contre les hommes, la nature et le temps.

Une fresque historique qui continue de captiver

Ce troisième opus confirme la solidité de l’adaptation : ambitieux, visuellement superbe et narrativement riche. Un indispensable pour quiconque aime les sagas historiques où le destin des hommes se joue dans la poussière des chantiers.

Résumé de l’éditeur :

Au temps des bâtisseurs de cathédrales : redécouvrez la fresque monumentale de Ken Follett dans une saga épique en bande dessinée.

Angleterre, XIIsiècle. Dans un royaume en perdition, morcelé par la guerre et affaibli par la famine, Tom, modeste maître bâtisseur, rêve de construire un jour la plus grandiose des cathédrales… Avec Ellen, sa compagne, ils ont bravé le froid et la misère pour arriver à Kingsbridge. Quand un incendie ravage l’église de la ville en pleine nuit, Tom propose aux hommes de foi de s’atteler à la tâche pour reconstruire l’édifice ! Mais certains dignitaires ne voient pas d’un bon œil ces travaux. La famille Hamleigh et l’évêque Waleran, fermement opposés à ce projet, n’hésiteront pas à user de leur pouvoir pour ralentir la construction. De son côté, Tom jouit du soutien de Philip, le prieur de Kingsbridge, mais aussi de l’appui des villageois et des moines qu’il a su convaincre de l’aider sur le chantier. Alfred, Martha et Jack, le fils d’Ellen, sont également solidaires avec Tom. La reconstruction de la cathédrale avance lentement malgré les tensions et les intrigues politiques. Bientôt, une visite pourrait tout changer, celle de l’évêque Henry… La venue de ce saint homme à la Pentecôte s’annonce cruciale pour l’avenir de la cathédrale. Tom parviendra-t-il à démontrer qu’il est à la hauteur d’une telle tâche ?

Date de parution : le 19 novembre 2025
Auteurs
: Didier Alcante (Scénariste)
Steven Dupré (Dessinateur)
Ken Follett (D’après l’oeuvre de)
Genre : histoire, roman
Editeur : Glénat
Prix : 17 €

Pekka Halonen au Petit Palais : la Finlande comme territoire intérieur

Pekka Halonen au Petit Palais : la Finlande comme territoire intérieur
Pekka Halonen, Jeune garçon sur le rivage, 1891-1893. Huile sur toile, 45 × 36,5 cm. Helsinki, Ateneum Art Museum. © Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen)

Pekka Halonen au Petit Palais : la Finlande comme territoire intérieur

Au Petit Palais, Pekka Halonen ne se dévoile pas tout de suite. Il préfère s’approcher en silence, comme la lumière d’hiver qui glisse entre les branches avant de toucher la neige. On avance dans la première salle et quelque chose se décante en soi, presque imperceptiblement.

Une observation plus lente, un silence religieux. Il faut toujours un peu de temps pour entrer dans les paysages enneigés : ils exigent qu’on laisse l’image s’ancrer.

Halonen peint la neige comme on écrit un poème : en acceptant de ne pas tout déchiffrer, en laissant les nuances dialoguer entre elles. Chez lui, le blanc n’est jamais un blanc. C’est un souffle, une peau, un tissu de lumière, un secret qui s’étire.

Parfois, on croit entendre le craquement feutré de la glace dans une toile. Parfois, on sent presque l’odeur froide du matin, cette odeur qui n’appartient à aucune palette, mais que l’exposition tente pourtant d’approcher, par quelques notes boisées.

Les tableaux de Halonen ne sont pas des fenêtres ouvertes sur la Finlande : ce sont des méditations intérieures. On traverse un lac gelé, on suit la courbe des pins, on glisse du regard sur la surface immobile de l’eau, figée dans son propre rêve.

La nature comme sentinelle

Tout est calme, mais jamais figé. La nature, chez l’artiste, s’impose avec une lenteur qui force l’humilité. Les arbres ne posent pas ; ils vivent. Les rochers ne décorent pas ; ils attendent. Le peintre, lui, ne capture rien : il accompagne. Et soudain, dans ce monde pétri de calme, surgit la mémoire de Paris.

Les couleurs de Gauguin, les compositions japonisantes, la modernité qui bouscule puis se retire, laissant place à une intériorité lumineuse. C’est comme si Halonen avait rapporté de la ville un langage nouveau pour dire la solitude des forêts. Rien de spectaculaire : juste une précision plus grande, une manière de tenir le silence sans qu’il pèse.

« Halosenniemi » — sa maison-atelier au bord du lac Tuusula, réévoquée ici — apparaît comme un cœur battant. Une maison où l’on sent la chaleur du poêle, le parfum des tomates mûres, les voix des enfants qui traversent la pièce comme un rayon de soleil.

On imagine le peintre posant son chevalet, sortant dans la neige, revenant les joues rougies, déposant dans chaque toile un peu de son quotidien. Rien de romantisé : juste la vérité simple d’une vie tenue entre travail, amour et nature.

À mesure qu’on progresse, l’exposition devient un voyage intérieur. On ne regarde plus simplement des tableaux : on se laisse traverser par eux. Et quand vient la dernière salle, on a l’impression étrange qu’il neige un peu en soi.

Pas la neige qui tombe — la neige qui reste. Celle qui adoucit le monde, celle qui efface le bruit, celle qui nous rappelle que la beauté n’est pas toujours dans ce qui surprend, mais souvent dans ce qui insiste doucement.

Halonen nous parle d’un monde immobile et pourtant vibrant. D’une neige qui n’éteint pas : qui révèle. Une exposition qui, sans hausser la voix, laisse une empreinte persistante. Et avec cette certitude discrète que Halonen n’a pas peint des paysages : il a peint la façon dont un être humain peut se relier au monde.

 Dates : du 4 novembre 2025 au 22 février 2026 – Lieu : Petit Palais (Paris)

Pinocchio, album audio, avec CD (Glénat jeunesse)

Pinocchio, album audio, avec CD (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un magnifique album, grand format et grande qualité de papier, d’une version revisitée de Pinocchio.
C’est Marlène Jobert qui a adapté cette version et qui l’interprète merveilleusement ! C’est tout simplement superbe ! On apprécie autant le scénario, version moderne du conte, que les illustrations, sublimes, d’Hervé Le Goff. Cet album peut être lu par les plus jeunes, qui se feront leur propre scénario rien qu’en regardant les illustrations. Ils pourront également écouter la version audio, soit avec le CD, soit avec le flashcode. Une pépite !
Pinocchio ne demande qu’à être aimé, et compris, par tous les petits lecteurs ! Une très belle idée de cadeau à commander au Père Noël. Une jolie collection à avoir dans sa bibliothèque !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 13 novembre 2025
Auteur : Marlène Jobert
Illustrateur : Hervé Le Goff
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 18,90 €

[BD] L’Ombre des Lumières T03 : Le Démon des Grands Lacs » ou un dernier tour de manège (Delcourt)

L’Ombre des Lumières T03 : Le Démon des Grands Lacs » ou un dernier tour de manège

Dans ce troisième et ultime volet de la trilogie signée Alain Ayroles (scénario) & Richard Guérineau (dessin et couleurs), l’ambitieux libertin chevalier de Saint-Sauveur pousse son jeu jusqu’à la folie. Après les intrigues de cour et de cœur, le voici en pleine forêt du Nouveau-Monde, où le pari sulfureux touche à son paroxysme. La narration épistolaire — si valorisée dans les critiques des deux premiers tomes pour son audace formelle — se fait ici plus fluide, emmenée par un souffle d’aventure sauvage.

Visuellement, Guérineau s’en donne à cœur joie : vastes panoramas des grands lacs canadiens, luxuriance de la forêt, tension entre la civilisation et l’indigène. Le contraste entre cour de Versailles et toundra nord-américaine prend tout son relief. On retrouve l’élégance du trait, les décors fouillés, le sens du cadre déjà soulignés par les observateurs.

Narrativement, ce volume livre ce qu’on attendait : non seulement la chute du libertin — ou sa révélation comme pantin d’un destin plus cruel encore — mais aussi la nature comme juge silencieux. Le pari cynique fait basculer l’homme dans une zone de non-retour. 

Au final, le triptyque se clôt avec panache, mêlant machination XVIIIᵉ siècle, aventure pulp en Amérique, et questionnement sur l’ombre portée par les Lumières. Un bel ouvrage à offrir autant pour son ambition littéraire que pour ses planches somptueuses.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Fin du premier cycle des péripéties épistolaires du vil chevalier de Saint-Sauveur. Au coeur de l’Amérique sauvage du XVIIIe siècle, Ayroles et Guérineau nous entraînent dans un récit où se mêlent romance, manigances et grande aventure.
La guerre gronde dans les sauvages Amériques. Le chevalier de Saint-Sauveur ne s’en soucie guère. Seule lui importe la réussite de son pari : l’innocente Aimée d’Archambaud doit épouser un Iroquois ! Pour cela, l’infâme libertin est prêt aux plus tortueuses manigances. Coups de tomahawk et réparties cinglantes vont fuser dans le silence de la forêt !
Date de parution : le 19 novembre 2025
Auteurs
: Alain Ayroles (scénario), Richard Guérineau (dessinateur)
Genre : histoire
Editeur : Delcourt
Prix : 23,75 €

Le groupe pop français BOPS en concert au Pop up le jeudi 20 novembre, réservez votre place!

L’article sur leur récent album Panic soulignait la qualité des compositions d’un album qui pourrait faire reconnaitre le groupe à une plus grande échelle. C’est maintenant l’occasion de les découvrir en live ce jeudi 20 novembre au Pop up, moi j’y serai avec en plus une interview à la clé, parution prochaine sur la page Publik’Art.

Communiqué de presse:

Avec PANIC, leur troisième album, les Rennais de BOPS signent un retour fulgurant sur la scène indé française – avec l’envie de saisir un instant précis : une empreinte brute plutôt qu’une évolution calculée. Venez découvrir les morceaux de ce nouvel album en live ce jeudi 20 novembre au Pop-Up (Paris: Métro Gare de Lyon ou Ledru Rollin). Enregistré  live  au  mythique Studio La Frette, sous la houlette du réalisateur Samy Osta (La Femme, Feu! Chatterton, Juniore), BOPS produisent un album éclair, capté en 5 jours, avant d’y ajouter dans un second temps les arrangements et voix fleuves qui font leur singularité. À  l’image  du  titre  de  ce  nouvel  album,  l’urgence  devient  méthode  :  six  mois d’écriture  condensée, sans  filtre  ni  retouches  excessives pour un regard cinglant sur les  paniques  contemporaines.   Armés  d’un  piano  droit,  guitare  acoustique, Juno, MS20 et  boîtes à rythmes, ils confrontent dans leurs nouvelles compositions les dysfonctionnements sociaux, mêlant critique politique et sonorités analogiques sur dix titres.

Après   un   premier   album   éponyme   garage  rock  Ty  Segallien  en  2017,  et  les premières tournées  européennes  façon  pizzeria  tour, les trois frères Louis, Oscar, Germain Bop bifurquent pendant la pandémie et composent un second album Sounds of Parade en 2022. Le trio rennais BOPS devenu quatuor avec l’arrivée de Tom Beaudouin proposent   alors   une   pop   grinçante   et  arrangée, où le jeu des influences indie anglo-saxonne se diversifie et se singularise, à l’image du visuel Seiz Breur placardé en cover. Plusieurs kilomètres et festivals plus loin, de l’Angleterre à l’Allemagne tandis qu’ils vantaient sur No Job les mérites de Pôle Emploi devenu France Travail, les revoici tiens donc au travail avec l’envie de saisir un instant précis – une empreinte brute plutôt qu’une évolution calculée. L’urgence devient méthode : six mois d’écriture condensée, sans filtre, sans retouches excessives. Armés d’un piano droit, guitare acoustique, Juno, MS20 et boîtes à rythmes, ils confrontent dans leurs nouvelles compositions les dysfonctionnements sociaux, où s’entrelacent critique politique et sonorités analogiques.

[Manga] Dragon Ball – Full Color – Le Roi Démon Piccolo – Tome 04 de Akira Toriyama (Glénat)

[Manga] Dragon Ball – Full Color – Le Roi Démon Piccolo – Tome 04 de Akira Toriyama (Glénat)

Ce Dragon Ball Full Color – Le Roi Démon Piccolo – Tome 04 marque l’un des sommets narratifs de la première grande saga imaginée par Akira Toriyama. Alors que le monde tremble sous la domination du terrible Piccolo Daimaô, ce volume condense toute la tension accumulée : la confrontation entre le démon et ceux qui tentent de le sceller atteint ici son point de rupture.

Le résumé l’annonce d’ailleurs avec sobriété : les techniques du Tout-Puissant, incarné sous une forme humaine, semblent insuffisantes face à la puissance surnaturelle de Piccolo. C’est alors que Son Goku entre en scène, non plus comme un enfant insouciant, mais comme un véritable héros conscient de ce qui se joue. Ce tome capte ce moment charnière où le personnage bascule : fin de l’innocence, début d’une responsabilité démesurée.

Visuellement, l’édition Full Color sublime cet affrontement mythique. Les couleurs dynamisent les pages, renforcent l’impact des coups, et donnent un souffle nouveau aux scènes que les fans connaissent par cœur. Le combat final, d’une intensité rarement atteinte dans l’arc « enfant » de Goku, devient une explosion narrative et graphique. C’est aussi un tournant dans l’univers de Dragon Ball : après cette bataille, rien ne sera plus comme avant.

Ce tome combine nostalgie, spectaculaire et émotion brute. Une pièce incontournable pour qui veut redécouvrir l’un des moments les plus iconiques de la série — ou le découvrir pour la première fois sous son plus bel écrin.

Résumé de l’éditeur :

Ayant endossé l’identité d’un humain, le Tout Puissant s’apprête à se confronter à Piccolo, pour le sceller à jamais. Malheureusement, les techniques de combat semblent insuffisantes face aux capacités de ce redoutable adversaire… Son Goku semble même saisir les enjeux cachés de ce duel. Comment se conclura-t-il ?

Date de parution : le 19 novembre 2025
Auteurs
: Akira Toriyama
Genre : Dragon Ball
Editeur : Glénat
Prix : 14,95 €

Sortie de la BD Blue Tatoo aux éditions La Boite à Bulles

La BD Blue Tattoo raconte l’histoire d’Olive Oatman, la femme tatouée, enlevée par des indiens d’Amérique et retournée à son monde d’origine. Un livre raconte son histoire, que 2 chasseurs de prime s’échine à retrouver pour que plus aucun exemplaire ne circule plus. L’un des deux chasseurs de prime garde un livre et commence à le lire, découvrant ainsi l’histoire d’Olive. L’ambiance de western s’imprime dès le départ avec un convoi de chariots attaqué avec Olive comme unique survivante avec sa petite sœur. Une vie de labeur et de servitude débute avant que la tribu ne les vende à une autre tribu, les Mohaves qui les traitent avec beaucoup plus de bienveillance. Les jeunes femmes apprennent une autre culture et vont recevoir des tatouages comme marque d’appartenance à leur nouvelle famille d’accueil. Les tatouages sont faits sur le visage pour toutes les femmes de la tribu. La mort de la petite sœur précède les retrouvailles avec son frère qui ramène Olive avec lui. C’est un journaliste qui découvre cette histoire et la raconte pour la faire connaitre au grand public. L’histoire n’est pas très connue de par chez nous, c’est un point de vue beaucoup plus authentique de ce qu’étaient les indiens d’Amérique, pas des sauvages mais des êtres humains avec des sentiments et une vraie culture. Les dessins de la BD sont très réalistes et le scénario est assez prenant pour ne pas lâcher la BD avant la dernière page. La lecture faire surgir des images très évocatrices avec tous ces allers retours temporels dans l’esprit du lecteur qui attend une adaptation cinématographique avec impatience.

Synopsis: L’incroyable destinée d’Olive Oatman surnommée « la femme tatouée », enlevée par les Amérindiens puis arrachée à sa famille adoptive pour retrouver la « civilisation »…

Deux chasseurs de prime mènent une traque bien étrange : ils doivent collecter et détruire le plus possible de livres racontant la destinée d’Olive Oatman. Pour chaque couverture rapportée, ils recevront 5 dollars de leur commanditaire.

Pete, l’un de ces « rabatteurs », sait lire et écrire. La curiosité le pousse à ne pas détruire l’un des exemplaires et à en parcourir le récit. À travers sa lecture, nous découvrons la vie d’Olive Oatman, enlevée par des Amérindiens, intégrée à une tribu bienveillante, tatouée puis ramenée de force à la civilisation…

Pourquoi leur commanditaire tient-il tant à voir ces livres disparaître ? Quel est son lien avec la fameuse « femme tatouée » ?

Un splendide western historique, conté de main de maître par Rodolphe.

Editeur: La Boite à bulles

Auteur: Pierre-Emmanuel Dequest & Rodolphe Jacquette

Nombre de pages / Prix: 96 pages / 20 euros

Dans la blancheur, le feu : Gosselin face à Duras

Dans la blancheur, le feu : Gosselin face à Duras
Musée Duras – Denis Eyriey et Mélodie Adda © Simon Gosselin

Dans la blancheur, le feu : Gosselin face à Duras

Avec « Musée Duras« , Julien Gosselin transforme l’Atelier Berthier en une vaste chambre blanche où l’œuvre de Duras se déploie comme un organisme vivant.

Dix heures de spectacle, cinq volets, onze textes : non pas une rétrospective mais un long corridor où l’écriture durassienne se heurte, se répète, se fissure. Rien n’est montré comme un monument ; tout est remis en circulation.

Dès les premiers instants, on comprend que le « musée » annoncé n’a rien de patrimonial. La blancheur du plateau agit moins comme une vitrine que comme une zone d’effacement.

C’est une page vide où viennent se projeter voix, corps et images, mais aussi cette matière sonore qui irrigue le spectacle et en constitue la colonne vertébrale.

Car la musique (Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde) loin d’être un simple habillage, installe une pression souterraine. Elle pulse, griffe, prolonge les silences ; elle crée le climat affectif dans lequel la langue de Duras redevient dangereuse, imprévisible.

Par moments électronique, ailleurs minimale ou granuleuse, elle donne à chaque fragment son propre climat intérieur : l’étouffement sensuel de « L’Amant », la stupeur sèche de « La douleur », l’hypnose liquide de « L’Homme atlantique ».

Le son ne souligne pas : il déplace. Il ouvre des failles dans le texte, il en révèle les zones de trouble.

Le texte comme percussion, le son comme ligne de fuite

L’une des forces de « Musée Duras » réside donc dans l’usage précis, presque sensuel, de la musique. Gosselin n’utilise pas le son pour accompagner ; il s’en sert pour bousculer la langue.

Les compositions, parfois électroniques, parfois d’une simplicité presque brute, installent une tension continue : une respiration altérée qui fait vibrer les mots et pousse les interprètes vers une sincérité que la seule parole n’aurait pas déclenchée. La musique, ici, n’illustre rien : elle creuse.

Elle devient un sol instable sous les acteurs, une architecture parallèle qui donne au musée sa profondeur invisible. Elle crée ces moments d’éclat où un texte qu’on croyait connaître redevient soudain imprévisible, presque neuf.

Dans « L’Amant », elle agit comme un contrepoint frontal, une pulsation qui arrache le récit à son aura mythique pour en faire un aveu instable, lancé au public comme une confidence qu’on ne maîtrise pas.

Dans « L’Homme atlantique », la musique fonctionne comme une chambre d’échos : un espace mental, liquide, où la voix semble hésiter entre disparaître et se fixer. Dans « La douleur », elle devient une matière sourde, une lente montée d’air qui rend audible cette sensation d’attente infinie que Duras décrit.

Le pari d’avoir monté ces textes avec les jeunes interprètes du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, issus des Ateliers de 3ème année de la promo 2025, s’avère décisif. Plutôt que de figer Duras dans la révérence, Gosselin provoque un frottement entre une écriture mythifiée et des corps encore en formation.

Ce décalage crée une vérité nouvelle : une parole moins incarnée qu’exposée, traversée, parfois chancelante — mais justement vibrante. Leur proximité constante avec le public, leurs sorties et retours incessants, leurs manipulations à vue de la vidéo composent une dramaturgie de l’instant où chaque apparition semble fragile, disponible, et donc précieuse.

Ils ne jouent pas la légende. Ils jouent une langue. Ils l’approchent, la malmènent parfois, la portent à bras-le-corps, avec une fragilité qui leur appartient entièrement. Cette fragilité devient elle-même une forme de vérité.

Leur proximité avec le public, les allées et venues multiples, les changements à vue, les caméras manipulées par les interprètes : autant d’éléments qui dissolvent tout rapport hiérarchique entre présentation et exposition.

On ne visite pas un musée, vraiment. On traverse un atelier en activité, où rien n’est fixé, où tout est en train de se faire — ou de se défaire.

Certaines pièces trouvent dans ce dispositif une limpidité saisissante : « Suzanna Andler », révélée par la frontalité du jeu ; « L’Amante anglaise », qui déploie sous la lumière nue une tension quasi documentaire ; « La maladie de la mort », suspendue dans un clair-obscur sonore où la distance devient métaphysique ; « La Musica deuxième » qui trouve une justesse rare : un face-à-face dépouillé où la musique et les silences déploient une tension d’une précision presque douloureuse, révélant la tendresse brutale et l’infinie ambiguïté du couple durassien magistralement interprété par les deux comédiens (Denis Eyriey et Mélodie Adda).

D’autres fragments assument leur instabilité, comme des tentatives laissées visibles. Mais Gosselin ne cherche jamais l’homogénéité. Il préfère le chantier à la synthèse, la contradiction à la cohérence.

Au fil des heures, la structure éclatée finit par produire un état particulier : celui d’un spectateur qui ne suit plus un spectacle, mais traverse une durée. Une durée soulevée par la musique, aimantée par les voix, traversée par les manques. La fin n’en est pas une ; elle ressemble à un simple relâchement de la pression, comme si le musée continuait hors du théâtre.

« Musée Duras » est moins une adaptation qu’un laboratoire vivant, une topographie du désir, de la perte et de la parole en état d’urgence. Un spectacle qui ne cherche pas à rassurer, ni même à séduire, mais à troubler — avec une lucidité et une sensibilité exceptionnelles. C’est un musée qui n’expose rien.

Un musée qui écoute. Un musée qui brûle. Un espace où l’œuvre, la jeunesse des interprètes et le geste scénique et sonore de Gosselin composent moins un hommage qu’une mise en danger. Duras et son embrasement du tout si propre à son écriture, en sort non pas clarifiée, mais rallumée — plus incertaine, plus ravageuse, plus vibrante, plus vivante que jamais.

 Dates : du 9 au 30 novembre 2025 – Lieu : Odéon – Berthier (Paris 17)
Mise en scène et scénographie : Julien Gosselin

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