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Les jeunes explorateurs (Glénat Jeunesse)

Les jeunes explorateurs (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent douze histoires vraies d’enfants qui ont trouvé un trésor avec l’album très joliment illustré : Les jeunes explorateurs.

Et si les plus grandes découvertes pouvaient commencer… par un enfant ? Imaginez : votre enfant se promène, observe un drôle de caillou, explore une grotte ou regarde simplement le ciel… et soudain, il découvre quelque chose que personne n’a encore trouvé !

C’est exactement ce qui est arrivé à de jeunes garçons et filles de différents pays. Certains avaient seulement 4 ans, d’autres étaient adolescents. Et leurs découvertes ont parfois changé l’Histoire ou fait avancer les connaissances des scientifiques ! Dans l’album Les jeunes explorateurs, le lecteur part à la rencontre de ces enfants incroyablement curieux. Avec eux, on explore des grottes mystérieuses, on fouille des rochers, on traverse des paysages étonnants. On part à la recherche de véritables trésors, comme un immense saphir étoilé noir  ou encore un squelette de mammouth presque intact, la tombe de Toutânkhamon, et même la célèbre grotte de Lascaux ! Chaque découverte raconte une véritable aventure : celle d’un enfant qui a regardé le monde avec attention, qui s’est posé des questions et qui a parfois eu la chance de se trouver au bon endroit, au bon moment.

Mais surtout, ce livre nous rappelle une chose essentielle : il n’est pas nécessaire d’être un grand scientifique pour être un explorateur.

Il suffit parfois d’être curieux, d’ouvrir grand les yeux, de ne pas avoir peur de chercher… et de se demander : « Tiens… mais qu’est-ce que c’est ? » Alors, prêt à partir sur les traces de ces jeunes aventuriers ? En attendant, lisez Les jeunes explorateurs !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Steph Davis

Illustrateur : Violaine Leroy

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 15,90 €

Un peintre vénitien du XVIe siècle d’une surprenante modernité à découvrir dans l’Exposition Eternel Tintoret au Musée Jacquemart André jusqu’au 24 janvier 2027

L’exposition propose un parcours thématique qui permet de saisir la diversité et l’ampleur de l’œuvre de Tintoret autour de plusieurs axes.

 

Mon papy il est au top (Glénat jeunesse)

Mon papy il est au top (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un album qui va plaire aux grands comme aux petits : Mon papy il est au top.

Publik’Art vous avait déjà fait découvrir, dans la même collection : Mon père il est super !

Et si le meilleur des super-héros était tout simplement… papy ? Dans cet album, les enfants découvrent un grand-père pas comme les autres : un papy plein d’énergie, de malice et de tendresse, toujours prêt à partager un moment avec son petit-enfant. Et quel bonheur pour Tom d’aller dans l’atelier de Papy, ou encore de jouer aux cartes !

À travers des situations du quotidien, des souvenirs complices et beaucoup d’humour, cet album célèbre le lien unique entre un grand-parent et son petit-enfant. Parce qu’un papy, c’est celui qui sait écouter, raconter des histoires, transmettre ses petites astuces… mais aussi faire rire, inventer des aventures souvent invraisemblables !

Mon papy il est au top est un album à lire avec son … papy ! Ca va lui donner des idées pour les mercredis passés ensemble !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Maureen Dor

Illustrateur : Fabien öckto Lambert

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 13,50 €

« La Musica deuxième », l’amour après l’amour

"La Musica deuxième", l’amour après l’amour
Adeline d’Hermy et Alexandre Pavloff photo : Agathe Poupeney, coll. Comédie-Française

« La Musica deuxième », l’amour après l’amour

Avec Marguerite Duras, l’amour ne meurt jamais tout à fait. Il s’éteint, se décompose, change de visage, mais continue de rôder dans les couloirs de la mémoire comme une bête blessée.

Dans « La Musica deuxième », Arnaud Desplechin met en scène cette survivance avec une précision presque chirurgicale, laissant Adeline d’Hermy et Alexandre Pavloff se mesurer à un texte où chaque mot semble avoir été placé au bord du précipice.

Un hôtel, la nuit, la pluie dehors. Quelques meubles, des lumières qui découpent l’espace comme autant de flaques de lumière artificielle. Rien ou presque, et pourtant tout est là.

Les mots pour le dire 

Le passé, le désir, la rancœur, les regrets, les mensonges que l’on se raconte pour continuer à vivre. Deux êtres qui viennent de divorcer se retrouvent alors qu’ils devraient déjà être repartis vers leurs vies respectives.

Ils savent qu’ils ne s’aiment plus, ou plutôt ils voudraient le croire. Car Duras sait mieux que personne que l’amour véritable commence parfois à faire des ravages au moment même où il prétend disparaître.

Desplechin ne cherche pas à surligner le texte. Il le laisse se mouvoir, avec ses silences, ses répétitions, ses brusques changements de température.

La mise en scène avance à pas feutrés, comme si le moindre mouvement risquait de réveiller quelque chose que les personnages s’acharnent à maintenir sous la surface.

Le dispositif a la sécheresse d’un espace mental. Les corps sont là, mais les souvenirs les traversent. Les mots sont prononcés, mais ce sont les silences qui parlent le plus fort.

Adeline d’Hermy compose une Anne-Marie à la fois fragile et coupante, femme blessée qui refuse pourtant de se laisser enfermer dans le rôle de la victime.

Son personnage avance sur une ligne de crête, entre la dignité et l’effondrement, entre la volonté de partir et cette étrange nécessité de rester encore un peu.

Son jeu possède quelque chose de presque minéral avant de se fissurer par endroits, laissant affleurer une violence intime que Duras ne cesse de traquer.

Face à elle, Alexandre Pavloff est un homme fiévreux, maladroit, souvent désarmant. Il y a chez lui quelque chose qui voudrait reprendre possession d’un passé dont il sait pourtant qu’il lui échappe.

Il parle, provoque, séduit, recule, revient. Il transforme chaque phrase en tentative de reconquête, chaque silence en aveu. Entre les deux comédiens, la scène devient un champ de bataille amoureux où les armes sont dérisoires mais les blessures profondes.

Car « La Musica deuxième » n’est pas vraiment une pièce sur le divorce. C’est une pièce sur ce qui reste quand tout est officiellement terminé.

Duras dissèque cette zone trouble où l’on ne sait plus très bien si l’on regrette l’autre ou la personne que l’on était avec lui.

L’amour devient alors une archive impossible à consulter sans se brûler les doigts. Desplechin, cinéaste passé de l’autre côté du miroir théâtral, sait admirablement filmer sans caméra.

Il cadre les corps, ménage les distances, organise les regards, laisse les silences faire leur travail. Mais il ne transforme jamais la pièce en objet cinématographique plaqué sur une scène.

Il comprend que chez Duras, le véritable spectacle est intérieur. Le théâtre devient alors une chambre d’échos où deux voix ressassent ce qu’elles ne peuvent plus réparer.

Et puis il y a cette langue, sèche et musicale, qui avance par ressacs. Une langue qui ne cherche pas à expliquer les sentiments mais à les faire surgir par fragments.

Chez Duras, le dialogue est une danse de l’évitement. On dit une chose pour en atteindre une autre. On attaque pour demander de l’amour. On s’éloigne pour vérifier que l’autre regarde encore.

C’est là toute la puissance et le trouble de cette langue. Dans cette manière de faire entendre l’amour non pas lorsqu’il triomphe, mais lorsqu’il agonise. Le désir devient alors une forme de mémoire, et la mémoire une cruauté.

Les deux anciens amants ne se retrouvent pas pour recommencer leur histoire. Ils se retrouvent pour constater qu’elle continue de les posséder.

Arnaud Desplechin signe ainsi une mise en scène d’une grande sobriété, portée par deux acteurs qui savent faire entendre les vertiges et les fractures de cette partition à deux voix.

Rien n’est spectaculaire, et c’est précisément ce qui rend le spectacle si brûlant. Ici, pas de grands effets pour masquer le vide. Seulement deux êtres face à ce qui reste quand l’amour a cessé de promettre quoi que ce soit.

Duras avait compris que certaines histoires ne se terminent jamais. Elles changent simplement de lieu. « La Musica deuxième » est à cet endroit-là, celui où l’amour, officiellement mort, continue de s’inviter sous les décombres.

Dates : depuis le 30 septembre au 11 novembre 2026 – Lieu : Théâtre du Vieux-Colombier / Comédie-Française (Paris)
 Mise en scène : Arnaud Desplechin

 

 

Dégustation du très réussi Champagne Chardonnay 2019, nouveau millésime de la gamme Les Caractères de Chassenay d’Arce

Le millésime 2019 de la gamme Les Caractères a été particulièrement réussi, avec une belle harmonie et un excellent potentiel de garde. Le champagne Chardonnay 2019 de Chassenay d’Arce est un assemblage 100% Chardonnay représentatif de la qualité des champagnes de la gamme Les Caractères. Le nez est subtil et fruité poire, avec une touche de vigne et d’agrumes, avec en plus une touche de vanille. La bouche et vive et harmonieuse, élégante et gourmande. Le champagne se déguste idéalement lors d’un apéritif dinatoire, avec des gambas grillés, un filet de porc, des fromages affinés ou une buche glacée aux fruits jaunes. Le tarif au caveau est de 36,80€, un très bon tarif pour un champagne de cette qualité.

Publireportage: Chassenay d’Arce, Maison de Vignerons créée en 1956, rassemble 150 familles de vignerons exploitant 315 hectares de vignoble étendus sur 16 villages. Les cuvées sont présentes dans le circuit traditionnel en France et dans une trentaine de pays à l’export. Maison performante et responsable, où la qualité, la sécurité et l’humain sont les piliers de la réussite à long terme, Chassenay d’Arce affirme de véritables engagements écologiques dont le succès est avant tout le résultat d’une volonté commune, celle de ne pas transiger avec les traditions séculaires, le respect de la nature et la qualité des champagnes. Accompagnées par une conseillère viticole, les familles de vignerons suivent depuis de nombreuses années un mode deculture raisonnée, traduite par des résultats concrets : près de 25 hectares certifiés en agriculture biologique, 80 % des exploitations certifiées Vignerons Engagés et 62 % certifiées HVE – Haute Valeur Environnementale et VDC – Viticulture Durable en Champagne. Ces engagements témoignent d’une ambition partagée de préserver le patrimoine viticole tout en contribuant activement à la dynamique économique locale. Chassenay vise à promouvoir l’esprit de la Maison par sa structure familiale, son ancrage territorial et la qualité de ses produits.

A la maison, Mon livre sonore à toucher (Editions Usborne)

A la maison, Mon livre sonore à toucher (Editions Usborne)

Les éditions Usborne nous proposent un album sonore, à toucher, sur le thème du quotidien : A la maison.

À la maison est un joli livre sonore, avec dix puces sonores, mais aussi tactile, avec de nombreuses découpes, spécialement conçu pour éveiller les tout-petits au monde qui les entoure.

Au fil des pages, les enfants découvrent différents petits moments de la vie quotidienne à la maison. Ils peuvent toucher, écouter et observer grâce aux nombreuses scènes à explorer et aux sons à découvrir. Chaque page invite ainsi à la curiosité et à l’éveil des sens.

Il va entendre le bruit du réveil le matin, de la tondeuse, de la bouilloire qui siffle, de la machine à laver le linge, de l’aspirateur…

Avec ses illustrations colorées, ses textures à toucher et ses sons amusants, ce livre propose une expérience interactive et ludique. L’enfant devient acteur de sa lecture : il manipule, cherche, écoute et s’émerveille au fil des découvertes.

C’est un album idéal pour les tout-petits. Il est facile à utiliser, entièrement cartonné, aux bouts arrondis. Un joli moment de lecture, de découverte et de partage, à vivre avec les petites mains et les grandes oreilles !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Sam Taplin

Illustrateur : Federica Iossa

Editeur : Usborne

Prix : 13,95 €

Thomas Croisière est de retour avec La comédie contre-attaque, Voyage en comédie 2 au Lucernaire

Après un premier spectacle Voyage en comédie donné au Lucernaire en 2023, Thomas Croisière revient enchanter le public avec ses connaissances encyclopédiques en matière d’anecdotes cinématographiques. Un écran derrière lui, quelques accessoires, et surtout un art du récit pour tenir l’audience en haleine. Louis de Funès, La Boum, Le gendarme de Saint-Tropez, Baby-sitting, La Tour Montparnasse Infernale, l’ancien chroniqueur de France Inter s’adresse à toutes les générations pour exhumer des souvenirs qui font plaisir, le tout avec bienveillance et connivence. Quelques spectateurs au rire bruyant participent activement au succès de la démarche. Le conteur évoque des détails cachés, des références citées dans certains films, des prestations inoubliables, quand retentit le carillon final extrait du fameux Time de Pink Floyd, tout le monde se dit que le spectacle est passé bien trop vite, il aurait facilement pu durer toute la nuit tant l’humour fait mouche et les sourires se quittent pas les visages. C’est drôle et c’est intéressant, aucune raison de bouder son plaisir, les retardataires ont jusqu’au 12 janvier pour se rendre au Lucernaire et admirer La comédie contre attaque les lundis et mardis soir à 21h, veinards!

Synopsis:

6 Astérix, 5 Tuche, 4 La vérité si je mens, 3 Bronzés, 2 Boum mais 1 seule Cité de la peur, Thomas Croisière nous entraîne pour 85 minutes de rires, de souvenirs et d’anecdotes aussi incroyables que les films qu’il évoque. Grâce à eux, nous retrouvons avec gourmandise d’immenses moments de « poilade » et de cinéma en compagnie de sacrés monstres du 7e art qui nous accompagnent depuis toujours et pour toujours. Autant d’images, de musiques et de répliques à (re)voir, (re)découvrir, transmettre et partager pour ce partisan du « rire ensemble » qui nous rappelle à quel point il est essentiel de rigoler car seul le rire nous réunit de 7 à 107 ans. Vive le cinéma !

Embarquez avec Thomas Croisière pour un hilarant, émouvant et passionnant nouveau Voyage en comédie ! Création inédite à découvrir pour la première fois au Lucernaire.

Détails:

Du 21 septembre au 12 janvier 2027, Théâtre Noir

Lundi – Mardi, à 21H

La course à l’arc en ciel (Glénat jeunesse)

La course à l’arc en ciel (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent une chouette histoire de Potiron et Petite Ourse :  La course à l’arc en ciel.

La course à l’arc-en-ciel est un album jeunesse écrit par Juliette Vallery et illustré par Chloé Malard.

L’histoire raconte l’aventure de Petite Ourse et de son ami Potiron. Petite Ourse rêve de voir un magnifique arc-en-ciel, mais le ciel reste gris. Avec Potiron, elle va alors chercher une solution pour faire apparaître les couleurs et réaliser son rêve. Cet album parle principalement de l’amitié, de l’imagination, du rêve et de l’optimisme. Les deux personnages montrent qu’il ne faut pas se décourager lorsque quelque chose ne se passe pas comme on le souhaite. Grâce à leur imagination et à leur complicité, ils transforment une journée grise en une aventure pleine de couleurs. L’histoire nous apprend également qu’il est important de croire en ses rêves et de voir le côté positif des choses. Les illustrations sont douces et colorées. Elles accompagnent bien l’histoire et permettent aux enfants de mieux comprendre les émotions et les aventures des personnages. Publik’Art apprécie cet album parce qu’il est à la fois tendre, poétique et amusant. Il transmet un joli message : même lorsqu’une journée semble grise, l’imagination, l’amitié et l’envie de rêver peuvent apporter beaucoup de couleurs dans notre vie.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Juliette Vallery

Illustrateur : Chloé Malard

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 12,90 €

[BD] Dissuasion nucléaire – Une histoire française, de Jean-Claude Bartoll & Nicolas Otero (Delcourt)

Couverture Dissuasion nucléaire Une histoire française Bartoll Otero Delcourt [BD] Dissuasion nucléaire – Une histoire française, de Jean-Claude Bartoll & Nicolas Otero (Delcourt)

De l’immédiat après-guerre à aujourd’hui, comment la France s’est dotée de l’arme atomique et en a fait le socle de son indépendance militaire : c’est le programme de ce récit complet de 136 pages signé Jean-Claude Bartoll au scénario, Nicolas Otero au dessin et Vérane Otero aux couleurs. Il paraît chez Delcourt dans la collection Encrages le 24 septembre 2026.

Dissuasion nucléaire : quatre-vingts ans de programme atomique français

Le livre est un récit documentaire, pas une fiction adossée à l’Histoire. Il suit la chaîne des décisions politiques et des travaux scientifiques qui mènent la France dans le club nucléaire, et il croise pour cela deux plans : celui des laboratoires et celui des cabinets. Les figures qui traversent ces pages sont celles qu’on attend — chercheurs, militaires, chefs d’État — et l’album les traite en acteurs d’un processus plutôt qu’en personnages.

Bartoll ancre son propos dans un présent explicite : le retour du chantage nucléaire en Europe depuis 2022, le premier depuis la crise des Euromissiles. C’est ce qui donne au livre sa raison d’être, et ce qui fixe aussi son point de vue. L’ouvrage raconte la constitution d’une force de dissuasion comme un acquis et une protection ; la question de savoir si cette protection en est une reste largement hors du cadre.

Planche intérieure Dissuasion nucléaire Une histoire française Bartoll Otero Delcourt

Beaucoup de texte pour beaucoup d’Histoire

Cent trente-six pages pour quatre-vingts ans de politique nucléaire, cela suppose de la densité, et l’album ne s’en cache pas. Le récitatif porte l’essentiel de l’information, les pages sont chargées, et la lecture demande de l’attention. C’est le régime habituel de la collection Encrages et les habitués s’y retrouveront.

Le livre est à son meilleur quand il s’attarde sur un moment précis et laisse le dessin travailler. Il l’est moins quand il doit couvrir une décennie en trois planches, et cela lui arrive souvent dans la seconde moitié. On aurait aimé qu’il choisisse : un récit resserré sur la décision gaullienne aurait été plus fort qu’un panorama qui court jusqu’à nos jours. Le résultat informe beaucoup et laisse peu de traces.

Le dessin de Nicolas Otero : noir, blanc et jaune

Le parti pris graphique est le meilleur atout du livre. Otero travaille en noir et blanc contrasté, entre lavis et aplats francs, avec un réalisme qui s’autorise la ressemblance quand il faut reconnaître une figure historique. Les décors s’appuient sur une documentation photographique retravaillée, ce qui installe d’emblée le registre documentaire.

Vérane Otero n’ajoute qu’une seule couleur, un jaune vif, posée par touches sur ce noir et blanc. Le dispositif est simple et il porte tout le livre : il structure la lecture, isole ce qui compte, et donne à l’ensemble une identité immédiate. Le découpage est dense, en gaufrier irrégulier, et laisse beaucoup de place aux pavés de texte. C’est cohérent avec le propos, mais cela finit par serrer les images.

Planche intérieure Dissuasion nucléaire Une histoire française Bartoll Otero Delcourt

Faut-il lire Dissuasion nucléaire ?

L’album s’adresse aux lecteurs de bande dessinée documentaire et à ceux que l’histoire militaire française intéresse ; il convient à un usage pédagogique en lycée. Il est clair, sérieux, et graphiquement remarquable. Il faut accepter un livre très chargé en texte, un panorama qui va trop vite sur sa fin, et un point de vue qui ne se discute pas lui-même. Dix-neuf euros cinquante pour cent trente-six pages, c’est le tarif juste de la collection.

À lire aussi sur Publik’Art : 13 jours, 13 nuits dans l’enfer de Kaboul, du même scénariste dans la collection Encrages, et Salomé, d’Alice Bienassis, dans la même collection.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Dissuasion nucléaire Une histoire française Bartoll Otero Delcourt

L’histoire méconnue d’une formidable aventure scientifique et humaine, de l’après Seconde Guerre mondiale à nos jours, qui fit de la France le quatrième membre du  » club nucléaire « . L’année 2022 a vu ressurgir le spectre de l’utilisation de l’arme nucléaire en Europe. Une première depuis la crise de Cuba en 1962, et plus proche de nous, de la crise des Euromissiles au début des années 1980. Cet ouvrage retraçant l’accession de la France au nucléaire et à son indépendance militaire est un rappel à la mémoire d’une menace existentielle constante pour l’Humanité.

📚 Fiche éditeur

Scénario Jean-Claude Bartoll
Dessin Nicolas Otero
Couleurs Vérane Otero
Éditeur Delcourt, collection Encrages
Date de sortie 24 septembre 2026
Prix 19,50 €
EAN 9782413079996
Pagination 136 pages
Format Album cartonné, 204 × 265 mm, bichromie

[BD jeunesse] Les Fables de La Fontaine – Édition prestige, collectif (Delcourt Jeunesse)

Couverture Les Fables de La Fontaine Édition prestige Delcourt [BD jeunesse] Les Fables de La Fontaine – Édition prestige, collectif (Delcourt Jeunesse)

Trente-six fables de Jean de La Fontaine, adaptées en bande dessinée par autant de dessinateurs, dans le respect intégral du texte d’origine. Delcourt Jeunesse republie cet ensemble le 1er octobre 2026 sous le titre Les Fables de La Fontaine, en édition prestige : 136 pages, dos toilé, dorure en couverture. Une précision que le lecteur doit avoir avant d’acheter : il s’agit de la reprise de La Fontaine aux fables – Intégrale, parue chez le même éditeur le 10 novembre 2010, sous un titre et un habillage nouveaux.

Les Fables de La Fontaine : trente-six textes, trente-six dessinateurs

Le principe du recueil est le plus simple qui soit : on ne touche pas au texte, on ne l’abrège pas, on ne le modernise pas, et chaque fable est confiée à un dessinateur qui l’interprète à sa manière. Le résultat est un volume sans unité graphique, et c’est voulu. Michel Plessix, Cyril Pedrosa, Turf, Jean-Luc Masbou, Cécile Chicault : Delcourt avait mobilisé pour cette anthologie une bonne part de son catalogue d’alors.

La réussite de l’ensemble tient à cette variété. Passer d’une fable à l’autre, c’est changer de monde graphique toutes les trois ou quatre pages, et la comparaison entre les manières devient une part du plaisir. Le texte, lui, reste le même socle, et l’on mesure au passage combien ces vers supportent des traitements très différents sans perdre leur tenue.

Planche intérieure Les Fables de La Fontaine Édition prestige Delcourt

Ce que l’édition prestige ajoute, et ce qu’elle n’ajoute pas

Elle ajoute un bel objet. Dos toilé, dorure, grand format : le volume est fait pour être offert, et il fonctionne très bien dans ce rôle, d’autant que l’œuvre figure aux programmes scolaires et que l’album s’adresse aussi bien à un enfant de huit ans qu’à un adulte.

Le contenu est celui de 2010 : les trente-six fables et les 136 pages de La Fontaine aux fables – Intégrale. L’édition prestige coûte deux euros de plus. Celui qui possède La Fontaine aux fables n’a pas de raison de racheter.

Un recueil sans unité graphique, et c’est la bonne idée

Il n’y a pas de manière commune à décrire ici, puisque le principe est précisément qu’il n’y en ait pas. On passe de l’aquarelle animalière à la ligne claire, du dessin pour la jeunesse à des registres nettement plus adultes, et l’écart est parfois brutal d’une fable à la suivante.

Le point commun est le sérieux avec lequel chacun prend le texte : aucun des participants ne traite la fable comme un prétexte, et la comédie animalière de La Fontaine est rendue avec l’exubérance qu’elle demande. La contrepartie du dispositif est mécanique : sur trente-six contributions, toutes ne se valent pas, et le lecteur aura ses préférences très tôt. Le volume s’accepte comme une anthologie, avec ce que cela suppose d’inégalité.

Planche intérieure Les Fables de La Fontaine Édition prestige Delcourt

Faut-il lire Les Fables de La Fontaine ?

Oui si vous ne connaissez pas le recueil : c’est une excellente porte d’entrée dans les fables pour un jeune lecteur, et un beau livre pour la maison. Non si vous avez déjà La Fontaine aux fables dans votre bibliothèque, car le contenu est le même. Vingt-deux euros cinquante pour cent trente-six pages et une fabrication soignée, c’est le prix d’un livre-cadeau, et il les vaut.

À lire aussi sur Publik’Art, en BD jeunesse : Sorciers et Bourbiers – Le Colosse rouge (Delcourt) et Youna – Retour à la nature (Vents d’Ouest).

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Les Fables de La Fontaine Édition prestige Delcourt

Une édition prestige en bande dessinée d’un grand classique de la littérature : Les fables de Jean de la Fontaine. Source intarissable d’émerveillement, Les Fables de La Fontaine ne cessent d’irriguer notre imagination tout en distillant, génération après génération, leur malicieuse sagesse. Trente-six fables sont adaptées par des dessinateurs de haut vol. Parfaitement fidèles au texte original, ils font revivre la comédie animalière de La Fontaine avec une exubérance et une jubilation communicatives.

📚 Fiche éditeur

Texte Jean de La Fontaine
Dessin Collectif (36 dessinateurs, parmi lesquels Michel Plessix, Cyril Pedrosa, Turf, Jean-Luc Masbou, Cécile Chicault)
Éditeur Delcourt Jeunesse
Date de sortie 1er octobre 2026
Prix 22,50 €
EAN 9782413095170
Pagination 136 pages
Format Album cartonné, dos toilé et dorure, 232 × 302 mm, couleurs
Édition Reprise de La Fontaine aux fables – Intégrale (Delcourt, 10 novembre 2010)

« Le Mariage de Figaro » : Vincent Dedienne, l’insolence en majesté

« Le Mariage de Figaro » : Vincent Dedienne, l’insolence en majesté
Photo Jean-Louis Fernandez

« Le Mariage de Figaro » : Vincent Dedienne, l’insolence en majesté

On retrouve chez Alain Françon ce geste unique pour nous faire réentendre les classiques. Ne pas les dépoussiérer. Ne pas les moderniser à coups de gros sabots.

Encore moins les expliquer. Les regarder longtemps. Les écouter jusqu’à ce que quelque chose, dans la langue, dans un déplacement, dans un silence, recommence à vibrer. Avec « La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro », Beaumarchais retrouve ainsi une étonnante jeunesse.

Pas celle, artificielle, d’un texte que l’on voudrait absolument faire résonner avec notre époque. Une jeunesse plus inquiétante. Celle d’une langue joyeuse qui n’a pourtant pas fini de mordre.

Un mariage qui fait des étincelles

Françon travaille au scalpel. Il coupe, resserre, élague avec Nicolas Doutey, sans perdre la profusion, les bifurcations, la folie d’une intrigue qui doit tout à la vitesse.

Car cette folle journée ne supporte pas les pesanteurs. Tout doit circuler. Les corps, les regards, les mensonges, les désirs. Une mécanique d’horloger qui aurait pris feu. Le plateau de Jacques Gabel prolonge cette impression.

Quelques éléments, des murs, des portes, ces palmiers qui semblent moins appartenir à l’Espagne qu’à un songe de théâtre. L’espace est ouvert, presque nu, mais toujours en mouvement.

On entre, on sort, on se cache, on réapparaît. Une porte n’est jamais seulement une porte. Elle devient un piège, une échappée, une frontière sociale.

Chez Françon, tout est affaire de précision. Une réplique mal placée et le mécanisme s’enraye. Un corps trop tendu et le personnage perd sa liberté. Un silence trop long et la comédie s’alourdit.

ll faut que tout glisse. Que la parole atteigne celui auquel elle est destinée. Que le geste précède parfois la pensée. Le théâtre devient alors presque une partition. Et cette partition, les acteurs la jouent avec une gourmandise manifeste.

Figaro et Suzanne : un couple de conspirateurs magnifiques

Vincent Dedienne compose un Figaro vertigineux, tout en fébrilité, en insolence et en intelligence. Il y a chez lui quelque chose du funambule qui aurait compris que le rire est une arme et que la parole peut faire vaciller les puissants.

Sa présence donne au personnage une nervosité presque physique, une façon de bondir d’une idée à l’autre, de transformer chaque obstacle en ressort comique.

Mais derrière la mécanique du valet frondeur affleure une inquiétude plus sourde, celle d’un homme qui sait exactement ce que signifie dépendre du bon vouloir des autres.

Dedienne n’est pas que Figaro, il en fait une pulsation, un mouvement permanent, une liberté qui cherche son chemin dans un monde encore verrouillé par les privilèges.

Avec Suzanne, ils forment un couple de conspirateurs magnifiques, deux intelligences en mouvement qui font de la comédie une petite machine de guerre contre l’arrogance sociale.

Chez Alain Françon, elle n’est jamais une servante décorative mais le nerf secret de cette folle journée, celle par qui le désir, l’intelligence et la ruse viennent fissurer l’ordre des maîtres.

Ana Blagojević joue avec une précision de lame, un sourire, un regard, une esquive suffisent à faire basculer le rapport de force. Sa Suzanne avance légère, presque aérienne, mais derrière cette apparente fraîcheur se cache une formidable volonté de ne jamais se laisser posséder.

Elle connaît les hommes, leurs certitudes, leurs appétits, et sait admirablement les retourner contre eux. Beaumarchais n’a pas besoin de brandir le drapeau de la révolution. Il lui suffit de faire parler Figaro.

Et de faire parler Marceline. Noémie Lvovsky lui donne une présence formidablement libre, drôle sans jamais être réduite à la caricature, vive, imprévisible. Sa grande tirade sur la condition des femmes surgit comme une gifle sous les dentelles.

Tout à coup, la comédie se fissure. Marceline n’est plus seulement une femme rusée. Elle devient une conscience. Elle regarde le monde des hommes et son hypocrisie lui saute au visage.

Les femmes, dit-elle en substance, sont enfermées dans une étrange contradiction : mineures lorsqu’il s’agit de leurs droits, responsables lorsqu’il s’agit de leurs fautes. La phrase a traversé les siècles sans perdre une once de son acidité.

Alix Poisson compose une Comtesse plus secrète, traversée par le désenchantement mais jamais résignée. Face à elle, Micha Lescot fait du Comte Almaviva un personnage que l’on pourrait haïr sans peine, mais que Françon refuse de réduire à un simple salaud de comédie. Et c’est là encore que la mise en scène surprend.

Le pouvoir n’est pas grotesque. Il est séduisant. Le Comte est odieux parce qu’il se croit légitime. Son désir lui paraît être un droit. Son titre lui donne cette assurance tranquille de ceux qui n’ont jamais eu à demander la permission.

Micha Lescot le joue sans ridicule, avec une élégance presque dangereuse. Il y a quelque chose de Valmont dans cette manière de faire du désir une arme et de l’intelligence un instrument de domination.

Autour d’eux, Chérubin, Marceline et tous les autres composent une société miniature où chacun cherche sa place tout en rêvant d’en changer. Françon ne psychologise pas. Il ne demande pas aux acteurs de nous expliquer leurs personnages.

Il les met en mouvement. Il leur donne des contraintes, des trajectoires, des rythmes. Et soudain les sentiments surgissent presque malgré eux. L’amour passe par un regard. La jalousie par un déplacement. La peur par un silence.

Le désir par un corps qui s’attarde une seconde de trop. Cette façon de faire du théâtre donne à la pièce une étonnante fraîcheur. Beaumarchais n’est plus un auteur historique que l’on viendrait célébrer avec respect.

Il redevient un dramaturge terriblement joueur, qui sait que la meilleure manière de faire vaciller le pouvoir est parfois de faire rire de ceux qui le possèdent. Et l’on rit. Beaucoup. Mais le rire se trouble. Car derrière cette vertigineuse comédie des portes et des quiproquos, quelque chose de plus profond circule.

La naissance, l’argent, le sexe, le pouvoir. Tout ce qui prétend fixer les êtres à leur place. Figaro refuse. Marceline refuse. Suzanne refuse. Et le château commence à manquer d’air. La grande réussite de Françon est de faire entendre la violence politique de Beaumarchais sans transformer la scène en tribune.

Rien n’est démontré. Tout est joué. Le théâtre pense avec les corps. Et parfois, il suffit d’un acteur qui se retourne, d’une femme qui parle, d’un maître qui découvre que son valet lui échappe pour que deux siècles et demi s’effondrent en quelques secondes.

La Folle Journée porte bien son titre. Une journée où tout va trop vite parce que tout est déjà en train de changer. Une fête où les puissants commencent à comprendre que le monde ne leur appartient plus tout à fait.

Françon ne met pas Beaumarchais au goût du jour. Il fait beaucoup plus troublant. Il nous montre qu’il n’en est jamais vraiment sorti.

Date : depuis le 26 septembre 2026 – Lieu : Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris)
 Mise en scène : Alain Françon

[COMICS] La Fille au blouson léopard, de James Tynion IV & Elsa Charretier (Delcourt)

Couverture La Fille au blouson léopard Tynion Charretier Delcourt [COMICS] La Fille au blouson léopard, de James Tynion IV & Elsa Charretier (Delcourt)

Zara écrit des romans. Son inspiration a un nom et un visage : Jasper Jayne, une femme dont elle fut amoureuse et qui s’est révélée être l’une des tueuses à gages les plus recherchées au monde. Quand ceux qui traquaient Jasper se retournent contre Zara, persuadés qu’elle sait des choses, la romancière se retrouve dans le récit qu’elle croyait avoir inventé. James Tynion IV au scénario, Elsa Charretier au dessin et Jordie Bellaire aux couleurs signent ce récit complet de 180 pages, issu du label américain DSTLRY, paru chez Delcourt en collection Contrebande le 10 septembre 2026.

La Fille au blouson léopard : Zara, Jasper Jayne et New York

Le point de départ tient de la romance noire autant que du polar : la femme aimée était une professionnelle du meurtre, et l’écrivaine qui l’a transformée en personnage découvre le modèle. Tynion mène les deux fils de front, la traque au présent et l’histoire amoureuse qui la précède, et c’est leur superposition qui fait l’intérêt du livre.

Les auteurs ont décrit eux-mêmes leur album comme une lettre d’amour à New York, et la ville y tient effectivement un rôle. Elle est traitée comme un décor de genre assumé plutôt que documentaire — la New York des films plus que celle des plans. Cent quatre-vingts pages laissent la place de développer les deux registres sans que l’un étouffe l’autre.

Planche intérieure La Fille au blouson léopard Tynion Charretier Delcourt

Un polar romanesque qui joue la vitesse

Le livre est construit pour aller vite. Les séquences d’action s’enchaînent, les révélations tombent à intervalles réguliers, et le récit ne s’arrête jamais longtemps sur la même chose. C’est efficace et ça se lit d’une traite. C’est aussi la limite : à force de vitesse, la relation entre Zara et Jasper, qui est le vrai sujet, reste par moments à l’état d’affirmation.

La mécanique du genre est respectée à la lettre, et le lecteur familier de ce type de récit verra venir plusieurs de ses virages. Ce que l’album apporte en propre, c’est le point de vue : une autrice qui se découvre personnage secondaire de sa propre inspiration, et qui doit apprendre à agir plutôt qu’à écrire. Tynion en tire quelques belles pages sans jamais appuyer.

Le dessin d’Elsa Charretier et les couleurs de Jordie Bellaire

Charretier travaille un trait stylisé, très pop : silhouettes élancées, visages ramenés à quelques traits, décors réduits au minimum. Le découpage est très libre, avec des cases posées sur des fonds de couleur pleine, des bordures qui disparaissent et des onomatopées intégrées au dessin. Le parti pris est affirmé et c’est une vraie prise de risque. Il ne convainc pas complètement : certaines cases sont confuses et la lecture en souffre.

Jordie Bellaire pose des aplats francs, sans modelé, sur une gamme restreinte et vive : violet, orange, turquoise, rouge, jaune. La dominante change de séquence en séquence. L’ensemble est très coloré et tire vers l’abstraction. Sur cent quatre-vingts pages, cette abstraction finit par donner à toutes les scènes le même aspect.

Planche intérieure La Fille au blouson léopard Tynion Charretier Delcourt

Faut-il lire La Fille au blouson léopard ?

La Fille au blouson léopard s’adresse aux amateurs de polar stylisé et à ceux qui suivent Elsa Charretier. Le scénario tient la route sans surprendre et la relation centrale est un peu bousculée par le rythme. Le dessin divisera : son style très coloré et abstrait est un choix fort, qui ne rend pas toujours la lecture facile.

À lire aussi sur Publik’Art : Somna, autre titre du label DSTLRY chez Delcourt, et November, déjà dessiné par Elsa Charretier.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture La Fille au blouson léopard Tynion Charretier Delcourt

Ce nouvel album issu de la production DSTLRY est à la fois, comme le décrivent les auteurs, le scénariste James TYNION IV et la dessinatrice française Elsa CHARRETIER « une lettre d’amour sanglante à New York City » et « un récit d’action et de romance stylisé et survitaminé » ! Zara, est autrice. Elle se trouve embarquée dans l’univers mortel de Jasper Jayne, une jeune femme mystérieuse dont elle fut amoureuse et qui fut sa source d’inspiration pour ses livres. Mais Jasper est en réalité l’une des assassins les plus dangereuses au monde ! Les personnes qui en avaient après Jasper s’en prennent maintenant à Zara, car ils pensent qu’elle détient d’importants secrets.

📚 Fiche éditeur

Scénario James Tynion IV
Dessin Elsa Charretier
Couleurs Jordie Bellaire
Éditeur Delcourt, collection Contrebande
Date de sortie 10 septembre 2026
Prix 25,50 €
EAN 9782413094081
Pagination 180 pages
Format Album cartonné, 225 × 288 mm, couleurs

[COMICS] Thanksgiving, de Mark Russell & Mauricet (Delcourt)

Couverture Thanksgiving Mark Russell Mauricet Delcourt [COMICS] Thanksgiving, de Mark Russell & Mauricet (Delcourt)

Une famille américaine ordinaire, les Grandts, prépare le repas de Thanksgiving. Le moment convivial se resserre en huis clos, les opinions sortent sans filtre, et les fractures idéologiques du foyer passent au premier plan — avec, parmi les convives, l’un des tueurs en série les plus singuliers du pays. Mark Russell au scénario et Mauricet au dessin et aux couleurs signent ce récit complet de 48 pages, paru chez Delcourt dans la collection Contrebande le 1er octobre 2026.

Thanksgiving : un dîner de famille comme champ de bataille

Le dispositif est celui du théâtre de chambre. Un lieu, une soirée, une tablée, et la conversation comme seule arme. Russell fait monter la pression par paliers : les préparatifs, l’arrivée des uns et des autres, le repas, et ce qui suit. Le format court l’oblige à aller vite, ce qui lui va plutôt bien — il n’a pas le temps de s’attendrir sur ses personnages.

La comparaison avec la comédie noire américaine est inévitable, et Russell y ajoute son marqueur habituel : la fête nationale par excellence sert de métaphore à l’état du pays. Ce que la famille normalise à table, le lecteur est censé le reconnaître ailleurs. Le procédé est lisible, parfois trop : quand la satire pointe elle-même ce qu’elle vise, elle perd en tranchant.

Planche intérieure Thanksgiving Mark Russell Mauricet Delcourt

Quarante-huit pages pour une satire de l’Amérique

Le pari du format court est le vrai sujet de l’album. Quarante-huit pages suffisent à installer une tablée, à faire sortir les non-dits et à claquer une chute ; elles ne suffisent pas à donner de l’épaisseur à huit ou neuf personnages. Certains restent des positions plutôt que des gens, et l’on devine assez tôt ce que chacun va dire.

L’album est plus convaincant quand il reste au ras du dialogue familial que lorsqu’il élargit au diagnostic national. Les répliques sont écrites, le rythme des échanges fonctionne, et l’humour noir tient sans forcer. L’ambition démonstrative, elle, alourdit les dernières pages. Le lecteur qui connaît le travail de Russell y retrouvera sa manière ; celui qui le découvre trouvera peut-être l’ensemble un peu court pour juger.

Le dessin et les couleurs de Mauricet

Mauricet assure le dessin et la mise en couleurs, et il travaille dans une ligne claire épaisse et souple, héritée de l’école franco-belge plutôt que du comic book. Les visages sont typés, expressifs, à la limite de la caricature sans y basculer — ce qui convient à un récit dont l’essentiel se joue en gros plans de conversation.

Le découpage est sage : trois bandes par page, cases rectangulaires, très peu d’effets. C’est un choix cohérent pour un huis clos, et il laisse toute la place au texte. La couleur fait le travail d’ambiance : tons chauds rabattus, ocres, verts olive et bruns en intérieur, bascules franches vers le bleu nuit ou le violet selon les séquences. Le procédé est efficace, un peu systématique.

Planche intérieure Thanksgiving Mark Russell Mauricet Delcourt

Faut-il lire Thanksgiving ?

L’album s’adresse aux lecteurs de satire américaine et à ceux qui suivent Mark Russell. Il est drôle, méchant, bien dialogué, et se lit en une demi-heure. Il faut accepter des personnages réduits à leurs opinions et une démonstration qui prend le pas sur la comédie dans le dernier tiers. Dix euros cinquante pour quarante-huit pages cartonnées en grand format, c’est le bon prix pour un objet de cette taille. Dans la même collection Contrebande, Publik’Art a aussi chroniqué Freddie l’Arrangeur et Hérétique.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Thanksgiving Mark Russell Mauricet Delcourt

Cette comédie noire, burlesque et sanglante d’une quarantaine de pages est l’œuvre de Mark Russell – l’une des voix les plus intéressantes et engagées socialement et politiquement de cette dernière décennie (avec notamment Not All Robots, Le Retour du Messie) – et du dessinateur belge Mauricet (Harley Quinn, Tellos, Les Profs…). Comme son titre l’indique, l’intrigue se déroule pendant la période de Thanksgiving, une fête du calendrier nord-américain célèbre pour son massacre de dindes fourrées aux marrons. Souvent considérée comme une célébration quasi-exclusive aux populations des États-Unis, cette fête sert ici de toile de fond à une satire corrosive de l’esprit du moment chez les conservateurs en pleine normalisation des idéaux néo-fascistes.

📚 Fiche éditeur

Scénario Mark Russell
Dessin Mauricet
Couleurs Mauricet
Éditeur Delcourt, collection Contrebande
Date de sortie 1er octobre 2026
Prix 10,50 €
EAN 9782413095057
Pagination 48 pages
Format Album cartonné, 192 × 285 mm, couleurs

[BD] Lee Horn – Le Fantôme de Wounded Knee, de Philippe Thirault & Gilles Mezzomo (Glénat)

Couverture Lee Horn Le Fantôme de Wounded Knee Thirault Mezzomo Glénat [BD] Lee Horn – Le Fantôme de Wounded Knee, de Philippe Thirault & Gilles Mezzomo (Glénat)

Décembre 1890, Wounded Knee. Un enfant blanc élevé par les Sioux, Cri-de-l’aigle, survit au massacre où sa famille d’adoption est tuée sous ses yeux par un officier yankee. Recueilli par des fermiers afro-américains, il grandit sous le nom de Lee Horn et se retrouvera, l’âge venu, à porter le drapeau de ceux qui ont tué les siens. Philippe Thirault au scénario et Gilles Mezzomo au dessin, avec Céline Labriet aux couleurs, signent ce one-shot de 88 pages paru chez Glénat le 30 septembre 2026.

Lee Horn, de Wounded Knee aux Philippines

L’album embrasse une trajectoire longue. Après l’enfance sioux et le massacre, Lee Horn traverse l’océan pour l’armée américaine et découvre aux Philippines ce que la guerre coloniale fait aux populations civiles. Ce qu’il a vu enfant, il le voit recommencer de l’autre côté du fusil, et il le voit depuis le camp qui l’inflige.

À Manille, il reconnaît l’officier qui a détruit sa vie : Ben Norton a fait carrière, il est devenu un héros public et, de retour aux États-Unis, un homme d’influence qui se prépare à entrer en politique. La traque s’engage alors, et le récit montre ce que la vengeance fait de Lee Horn.

Planche intérieure Lee Horn Thirault Mezzomo Glénat

Lee Horn, entre Sioux et armée américaine

Le récit est construit sur une identité impossible : blanc chez les Sioux, indien chez les Blancs, soldat de l’armée qui a tué les siens. C’est un motif connu du western, et l’album ne prétend pas le réinventer. Thirault y ajoute la vengeance, qui menace de faire de Lee Horn un homme aussi violent que celui qu’il poursuit.

Le récit couvre un quart de siècle en quatre-vingt-huit pages, du Dakota aux Philippines puis à New York. Le massacre de Wounded Knee occupe à lui seul les dix premières planches, et la violence y est montrée de face.

Le dessin de Gilles Mezzomo et les couleurs de Céline Labriet

Mezzomo tient un réalisme franco-belge classique, trait fin, hachures nombreuses, visages travaillés au détail. Son découpage est dense — cinq à sept cases par page le plus souvent, organisées en bandes régulières — et il réserve les grandes cases horizontales aux scènes de masse, où il place beaucoup de monde sans perdre en lisibilité.

Pour la séquence de Wounded Knee, Céline Labriet installe une dominante hivernale, bleus et gris sur des blancs de neige, qu’elle réchauffe par touches d’ocre et de brun sur les vêtements et les feux. Le résultat est cohérent. Les onomatopées, intégrées au décor plutôt que posées dessus, sont bien vues.

Planche intérieure Lee Horn Thirault Mezzomo Glénat

Faut-il lire Lee Horn ?

L’album s’adresse aux amateurs de western adulte et de fresque historique : un personnage solide, un dessin sûr, un sujet qui relie les guerres indiennes à la guerre des Philippines. Le motif de l’homme pris entre deux mondes reste classique. Dix-neuf euros pour quatre-vingt-huit pages en grand format reste juste.

À lire aussi sur Publik’Art : Hacendado, l’honneur et le sang, western des mêmes auteurs, et Rimbaud, l’explorateur maudit, scénarisé par Philippe Thirault.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Lee Horn Le Fantôme de Wounded Knee Thirault Mezzomo Glénat

Orphelin blanc élevé par les Sioux, Cri-de-l’aigle est un survivant du massacre de Wounded Knee durant lequel sa famille indienne est assassinée sous ses yeux par un officier yankee nommé Ben Norton. Recueilli par une famille de fermiers afro-américains, Cri-de-l’aigle grandit, devient Lee Horn, adolescent ballotté entre plusieurs communautés. À peine adulte, il traverse l’océan pour servir sous le drapeau américain. Aux Philippines, il se retrouve au cœur d’une guerre coloniale où les pires exactions sont perpétrées sur la population. Pour la seconde fois de sa vie, Lee assiste impuissant au déchaînement de la barbarie. Mais cette fois, un visage fait renaître les souvenirs enfouis du passé. Car, à Manille, Lee reconnaît l’homme qui a détruit sa vie : Ben Norton. Devenu officier supérieur, « héros » des guerres indiennes défuntes, Norton est un artisan du génocide philippin. Cet officier charismatique, manipulateur, et d’une cruauté sans bornes, semble destiné à une belle carrière… D’ailleurs de retour aux États-Unis cet homme influent protégé par le pouvoir se prépare désormais à entrer en politique ! Mais Lee veille. Il n’a jamais cessé de traquer Norton, C’est cet homme qu’il va poursuivre de sa vengeance. Jusqu’à l’anéantissement, ou la folie…

📚 Fiche éditeur

Scénario Philippe Thirault
Dessin Gilles Mezzomo
Couleurs Céline Labriet
Éditeur Glénat
Date de sortie 30 septembre 2026
Prix 19,00 €
EAN 9782344066195
Pagination 88 pages
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, couleurs

La journée des petits amis (Glénat Jeunesse)

La journée des petits amis (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album, avec quatre histoires différentes : La journée des petits amis.

Une journée bien remplie attend les petits amis ! Du réveil au coucher, on découvre avec eux tous les petits moments qui rythment une journée : jouer, manger, se promener, s’amuser… et partager de jolies aventures ensemble. On va se réveiller avec le Petit Panda, puis, déjeuner avec Lapinou, , s’amuser avec Trompette, et s’endormir avec la baleine !

Avec ses illustrations colorées, ses personnages attachants et ses petites surprises à découvrir au fil des pages, cet album est une jolie invitation à observer, raconter et partager différents moments de la journée. Un livre plein de douceur et de bonne humeur, parfait pour accompagner les tout-petits dans leurs découvertes du quotidien.

La journée des petits amis est un livre tout en carton, aux coins arrondis, tricolore (noir, bleu et rouge), conçu spécialement pour les bébés de moins de 7 mois.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2026

Auteur : Lily Murray

Illustrateur : Jane Foster

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 10,90 €

Ca va aller petite licorne (Usborne)

Ca va aller petite licorne (Usborne)

Les éditions Usborne vont faire plaisir à tous les enfants qui adorent les licornes, avec leur nouvel album : Ca va aller petite licorne. Un album tout doux !

Une adorable petite licorne a besoin d’un peu d’aide… Les papillons lui chatouillent les oreilles, la pluie l’a toute mouillée et le vent a emmêlé sa jolie queue ! Heureusement, les petits lecteurs sont là pour prendre soin d’elle : on frotte ses oreilles, sa crinière, sa queue, son dos… et peu à peu, ça va aller ! Avec ses matières à toucher toutes différentes, ses illustrations toutes douces et son texte répétitif, cet album invite les tout-petits à participer, à câliner et à prendre soin de leur petite licorne. Un joli livre tendre, rassurant et interactif, parfait pour partager un petit moment de douceur avec bébé, dès 6 mois.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2026

Auteur : Anna Milbourne

Illustrateur : Cally Johnson-Isaacs

Editeur : Usborne

Prix : 8,95 €

[BD] Femmes en guerre – Histoires de solidarité dans les zones de conflit, de Mathilde Lemiesle (Glénat)

010 Couverture Femmes en guerre Mathilde Lemiesle Glénat [BD] Femmes en guerre – Histoires de solidarité dans les zones de conflit, de Mathilde Lemiesle (Glénat)

Ukraine, Syrie, Myanmar, Gaza, Yémen, Sahel : Mathilde Lemiesle signe seule, scénario et dessin, un roman graphique documentaire de 160 pages sur ce que les conflits armés font aux femmes et sur ce que les femmes y opposent. Il paraît chez Glénat le 30 septembre 2026, construit à partir de témoignages et de données recueillis avec l’ONG CARE, et une partie des ventes revient à ses actions.

Femmes en guerre : sept chapitres, sept fronts

Le livre est organisé par thème plutôt que par pays : déplacement, économie, violences basées sur le genre, mariages forcés, santé, hygiène, déscolarisation. Chaque chapitre croise des situations documentées sur plusieurs terrains, ce qui permet de montrer qu’un même mécanisme se reproduit d’un conflit à l’autre sans devoir raconter chaque guerre en entier.

Le parti pris central est annoncé dès le titre : le livre montre ce que ces femmes entreprennent autant que ce qu’elles subissent. Le maraîchage au Yémen, le microcrédit au Sahel, les réseaux qui font échec aux mariages forcés occupent autant de place que les privations. L’ouvrage tient ensemble le constat et l’initiative, ce qui lui évite de tourner à l’accumulation de malheurs.

Planche intérieure Femmes en guerre Mathilde Lemiesle Glénat

Un livre de plaidoyer qui assume d’en être un

Il faut dire ce que ce livre est : un ouvrage de sensibilisation, conçu avec une ONG, dont une part des recettes finance cette ONG. Le partenariat est affiché et le lecteur sait ce qu’il achète. Cela détermine aussi ses limites. Le propos ne contredit jamais la position de CARE, les témoignages vont tous dans le même sens, et les tensions internes à l’aide humanitaire — ses échecs, ses dépendances, ses effets pervers — restent hors champ.

Dans ce registre, le livre est efficace : les chiffres sont mis en scène plutôt qu’assenés et les cas particuliers portent l’argument. On regrette que l’autrice s’efface autant : sa propre place dans l’enquête n’apparaît presque jamais.

Le dessin de Mathilde Lemiesle : aplats, quatre couleurs, infographie

Le dessin est volontairement pauvre en effets : contours simples, aplats sans modelé, visages réduits à quelques signes. La palette tient en quatre tons — un bleu-gris ardoise dominant, un orange corail, un rose pâle, du blanc — et elle ne varie pas d’un bout à l’autre du livre. Ce choix unifie un matériau très dispersé et évite l’esthétisation de la violence, ce qui est probablement le point le plus juste de l’ouvrage.

La mise en page emprunte autant à l’infographie qu’à la bande dessinée : cases flottantes sans gouttière régulière, pictogrammes, schémas, encarts de données, lettrage manuscrit en capitales. C’est lisible et bien tenu. C’est aussi, sur cent soixante pages, assez uniforme, et le procédé perd de sa force à mesure qu’on avance.

Planche intérieure Femmes en guerre Mathilde Lemiesle Glénat

Faut-il lire Femmes en guerre ?

Le livre s’adresse aux lecteurs de bande dessinée documentaire et de reportage dessiné, et convient à un usage scolaire à partir du lycée. Il informe, il tient sa ligne, il donne à voir des initiatives concrètes plutôt qu’une litanie. Il faut accepter un ouvrage de plaidoyer qui ne discute pas ses propres présupposés, et un dispositif graphique qui s’épuise un peu sur la longueur.

À lire aussi sur Publik’Art : Les Sacrifiés du paradis, et Lili, toujours debout, jusqu’au bout !, autre récit documentaire paru chez Glénat.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Femmes en guerre Mathilde Lemiesle Glénat

En Ukraine, en Syrie, au Myanmar… Les femmes sont confrontées aux privations, aux déplacements et aux violences. À Gaza, par exemple, des césariennes ont été pratiquées sans anesthésie faute de médicaments. Pourtant, ces femmes trouvent des moyens d’agir, de soutenir leurs familles et leurs communautés dans l’entraide et la solidarité. À travers des histoires vraies et des données recueillies avec l’ONG CARE – active dans 120 pays – Mathilde Lemiesle raconte la lutte de ces femmes et leurs initiatives, du maraîchage au Yémen au microcrédit au Sahel, en passant par la lutte contre les mariages forcés. Ce roman graphique engagé aborde des thèmes forts (santé, violences, déscolarisation) tout en célébrant la force collective, l’inventivité et la détermination de ces femmes, elles qui transforment la solidarité en acte de résistance. Une lecture au cœur de l’actualité, poignante et inspirante qui donne à voir l’humanité et l’espoir au milieu du chaos. Une partie des ventes de ce livre soutiendra les actions humanitaires de CARE.

📚 Fiche éditeur

Scénario et dessin Mathilde Lemiesle
Éditeur Glénat, en partenariat avec l’ONG CARE
Date de sortie 30 septembre 2026
Prix 23,00 €
EAN 9782344068373
Pagination 160 pages
Format Album cartonné, 173 × 238 mm, couleurs

« Suzanne », la rage de ne pas mourir

« Suzanne », la rage de ne pas mourir
(©) Jean-Louis FERNANDEZ

« Suzanne », la rage de ne pas mourir

Il fallait Catherine Hiegel pour faire entendre Suzanne Valadon comme une femme qui ne s’excuse de rien.

Ni d’avoir aimé trop fort, ni d’avoir peint quand on attendait d’elle qu’elle se contente de vivre dans l’ombre des hommes, ni d’avoir fait de son fils Maurice Utrillo un artiste au risque de s’y perdre elle-même.

Dans « Suzanne », de Corinne Samama et Jean-Benoît Patricot, mise en scène par Dan Jemmett au Théâtre Montparnasse, la peinture devient le champ de bataille d’une relation mère-fils où l’amour et la violence ne cessent de se confondre.

L’amour à vif

Avril 1935. Suzanne Valadon est hospitalisée. Le corps vacille, le temps se rétrécit, et Maurice Utrillo menace de lui échapper. Entre eux, il y a la peinture, mais aussi tout ce que la peinture ne peut pas réparer.

Suzanne a voulu sauver son fils de l’alcool en lui apprenant à peindre. Il lui en reste une dette impossible à solder, faite de dépendance, de rancœur, de tendresse et de jalousie.

Car Utrillo est devenu plus célèbre qu’elle. La mère qui l’a porté et accompagné dans l’art regarde son propre fils lui voler, en quelque sorte, la lumière.

Catherine Hiegel entre dans Suzanne avec un naturel confondant. Tout est là, dans la voix, les silences, les brusques éclats, cette façon unique de faire passer une pensée avant même qu’elle ne soit devenue une phrase.

Elle donne à Suzanne Valadon un double visage. Femme d’autorité et femme blessée, artiste et mère, créature volcanique dont les certitudes se fissurent sans jamais disparaître, refusant toute complaisance et attendrissement.

Face à elle, Christophe Paou donne à Utrillo une brutalité à la fois inquiétante et pathétique. Le fils est un corps encombré de sa propre histoire, un artiste prisonnier de ses addictions et de l’amour maternel qui l’a sauvé autant qu’il l’a enfermé.

Le duel pourrait facilement sombrer dans l’affrontement convenu. Il trouve une violence plus sourde, plus animale, lorsque les reproches cessent d’être des mots pour devenir les symptômes d’un amour malade.

Marc Prin, dans le rôle du médecin, apporte un contrepoint plus sec, presque clinique, à cette guerre familiale.

Dan Jemmett installe cette histoire dans un espace hospitalier monumental imaginé par Dick Bird. Un décor opaque, froid, presque abstrait, qui semble vouloir contenir les personnages enfermés dans un espace clos.

Mais derrière cette apparente immobilité, quelque chose travaille. Car « Suzanne » parle aussi de cela : de la manière dont une œuvre peut survivre aux corps qui l’ont produite, de la manière dont la peinture devient parfois le seul territoire où une mère et son fils peuvent encore s’accorder, s’échapper.

Car derrière les cris, les jalousies et les blessures, il reste la peinture. Cette chose mystérieuse qui transforme les existences cabossées en gestes, en traces, en couleurs, en mémoire.

Suzanne Valadon n’est pas seulement ici une peintre à redécouvrir. Elle est une femme libre, anticonformiste, qui refuse de disparaître. Une artiste qui a dû se battre pour exister dans un monde où les hommes occupaient toute la place.

Une mère qui a voulu sauver son fils et qui découvre à bout de souffle, qu’on ne sauve jamais personne sans se perdre un peu soi-même.

Catherine Hiegel porte cette contradiction avec une intensité magnifique. Elle fait de « Suzanne » une femme de chair, de colère et de peinture. Une femme qui brûle encore quand autour d’elle tout semble avoir déjà disparu.

Date : depuis le 25 septembre 2026 – Lieu : Théâtre du Montparnasse (Paris)
 Mise en scène : Dan JEMMETT

[BD jeunesse] The Lapins Crétins X Rayman, de Thitaume & Thomas Priou (Glénat)

Couverture The Lapins Crétins X Rayman Thitaume Priou Glénat [BD jeunesse] The Lapins Crétins X Rayman, de Thitaume & Thomas Priou (Glénat)

Les Lapins Crétins débarquent dans le monde de Rayman et le mettent à sac. C’est tout le programme de ce hors-série de 48 pages signé Thitaume au scénario et Thomas Priou au dessin, paru chez Glénat le 30 septembre 2026 en coédition avec Ubisoft. L’album a une double raison d’être : Rayman entre en bande dessinée pour la première fois, et les lapins, qui sont nés dans ses jeux, y reviennent trente ans après la création du personnage.

The Lapins Crétins X Rayman : un crossover qui tenait dans une phrase

Il n’y a pas d’intrigue à résumer, et l’album ne prétend pas le contraire. Les lapins surgissent, cassent, hurlent, appuient sur tout ce qui dépasse, et Rayman essaie de survivre à l’invasion. Le monde coloré et vaguement onirique du jeu sert de terrain de jeu à des créatures qui n’obéissent ni à la physique ni à la logique.

Le livre fonctionne par gags, souvent d’une page ou d’une demi-page, reliés par un fil narratif lâche. C’est la formule de la série depuis dix-huit tomes, appliquée ici à un décor emprunté. Le décalage entre la douceur du monde de Rayman et la brutalité comique des lapins fournit l’essentiel des chutes, et il s’use un peu avant la fin des quarante-huit pages.

Planche intérieure The Lapins Crétins X Rayman Thitaume Priou Glénat

Un album pour les joueurs autant que pour les lecteurs

La cible est claire : des enfants à partir de sept ou huit ans, dont beaucoup connaissent les personnages par la console avant de les connaître par le livre. L’album parle leur langue, multiplie les clins d’œil aux mécaniques de jeu — plateformes, niveaux, éléments à cogner — et ne demande aucune connaissance préalable pour être lu.

Le revers est le revers habituel de ce type de produit. C’est un objet d’anniversaire et il ne cherche pas à exister en dehors de cette logique. Les adultes qui ouvriront l’album par-dessus l’épaule d’un enfant n’y trouveront pas le double niveau de lecture que les meilleures séries jeunesse ménagent. Rayman, en particulier, reste un faire-valoir : il subit, il ne fait pas grand-chose d’autre.

Le dessin de Thomas Priou et les couleurs de The Lapins Crétins X Rayman

Priou tient les modèles du jeu sans jamais s’en écarter : trait rond, contours nets et épais, silhouettes immédiatement identifiables. Son atout est l’expressivité des visages, et il en abuse volontiers — les lapins n’ont guère qu’une gamme d’émotions, mais elle est poussée à fond à chaque case.

La mise en couleurs est numérique, saturée, très lumineuse, sur une gamme de turquoise, de magenta, d’orange et de vert acide. Elle reprend la charte visuelle du jeu et s’y tient. Le découpage alterne des gaufriers très réguliers de neuf à douze cases, taillés pour le rythme du gag, et de grandes cases panoramiques ou des pleines pages illustratives qui laissent respirer. C’est efficace, sans surprise, et lisible pour un jeune lecteur.

Planche intérieure The Lapins Crétins X Rayman Thitaume Priou Glénat

Faut-il lire The Lapins Crétins X Rayman ?

L’album remplit exactement son contrat auprès de son public : des gags qui marchent, un dessin fidèle aux personnages, quarante-huit pages qui se lisent vite et se relisent. Il faut accepter qu’il n’y ait rien d’autre, que Rayman y soit un invité plus qu’un héros, et que le ressort comique tourne un peu court sur la longueur.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture The Lapins Crétins X Rayman Thitaume Priou Glénat

On connaissait l’univers de Rayman pour sa magie, son monde coloré et ses créatures étranges… Mais ça, c’était avant. Avant que les Lapins Crétins ne surgissent de nulle part avec leur grâce légendaire en hurlant, gigotant, cognant et appuyant sur tous les boutons qu’il ne fallait surtout pas toucher. Imprévisibles et surtout très drôles, ils déboulent comme des météorites, tambourinent aux portes, sautent sur les plateformes et se prennent des murs. Au milieu de ce chaos, Rayman tente de rester calme, en vain, avant de comprendre qu’il vient d’entrer dans la pire aventure de sa vie. Comment va-t-il survivre à cette invasion qui défie les lois de la physique, de la logique, et du bon goût ? Car ces créatures incontrôlables se multiplient, se catapultent, transforment chaque coin de son monde en parc d’attractions chaotique — et évidemment, ils trouvent ça génial !

📚 Fiche éditeur

Scénario Thitaume
Dessin Thomas Priou
Éditeur Glénat / Ubisoft
Date de sortie 30 septembre 2026
Prix 11,50 €
EAN 9782344072615
Pagination 48 pages
Format Album cartonné, 226 × 299 mm, couleurs

Un seul en scène autobiographique éblouissant à découvrir au Lucernaire avec Touchée par les fées

Le Lucernaire demande à Ariane Ascaride d’ouvrir son cœur sur scène pour un public réjoui. Elle parle de son enfance, de sa vocation de comédienne, de ses parents, elle manie l’humour avec tendresse et nostalgie. Cette grande femme du cinéma et du théâtre français se raconte avec émotion, Elle explique le sens du titre Touchée par les fées synonyme de fada en langage provençal, elle souligne d’où elle vient et comment elle s’est construite sur les luttes de son enfance, contre un père toxique et une mère absente. Le texte écrit par Marie Desplechin est rempli d’anecdotes et d’enseignement à hauteur de femme forte et déterminée, la mise en scène de Thierry Thieû Niang multiplie les valises comme autant de capsules temporelles remplies de souvenirs et d’objets marquants de la grande dame. La pièce passe comme une longue confidence, la femme du Sud manie l’accent parisien avec sagacité et revient à l’occasion vers l’accent méridional au détour d’une connivence. Ariane court sur scène, projette une vidéo souvenir, évoque la passion familiale pour l’Opéra et la danse, le public en redemande et la fin de l’heure de spectacle somme comme une déception tant le moment est prenant. La pièce sera jouée jusqu’au 15 novembre, à ne pas manquer!

Synopsis:

Ariane Ascaride est bien plus que l’actrice reconnue par tous qu’elle est devenue.

C’est une femme qui incarne les valeurs de la féminité, la voix de la liberté et de l’émancipation des femmes au même titre que Gisèle Halimi qu’elle a si bien su incarner. Mais tout ça ne s’est pas fait sans souffrances ni révoltes.

Touchée par les fées (Fada en langage méridional) est le récit de ses années de luttes et de bonheurs intenses, écrit par Marie Desplechin et mis en scène par Thierry Thieû Niang. Ici, Ariane se livre, avec sincérité, avec humanité, avec courage et pudeur, et balaie d’un grand éclat de rire les moments les plus durs de sa vie.

Ariane Ascaride lève le voile sur sa vie de luttes et d’amour, avec humour, pudeur et sincérité.

Détails:

Du 30 septembre au 15 novembre 2026, Théâtre Rouge

Mercredi > samedi 21H | Dimanche 18h

[JEUNESSE] Les aventures fantastiques de Sacré-Cœur, 7 – Le monstre de la Seine, d’Amélie Sarn & Laurent Audouin (Gallimard Jeunesse)

Couverture Les aventures fantastiques de Sacré-Cœur 7 Le monstre de la Seine Amélie Sarn Laurent Audouin Gallimard Jeunesse [JEUNESSE] Les aventures fantastiques de Sacré-Cœur, 7 – Le monstre de la Seine, d’Amélie Sarn & Laurent Audouin (Gallimard Jeunesse)

Paris, 1910. Un orage s’abat sur la capitale et la Seine déborde. Sur le pont de l’Alma, les curieux s’agglutinent pour regarder la crue, et ce qu’ils voient surgir des flots n’a rien d’une inondation ordinaire : une chose écaillée et affamée remonte le fleuve. Amélie Sarn au texte et Laurent Audouin aux illustrations signent le septième volume de la série, publié le 27 août 2026 chez Gallimard Jeunesse en Folio Cadet Premiers romans. Le titre est déjà paru au Petit Lézard ; il passe ici en poche.

Le monstre de la Seine : Sacré-Cœur et ses amis face à la crue

La série tient depuis six volumes sur un principe stable : un Paris de 1900 revisité, des enfants débrouillards, et un phénomène surnaturel par épisode. Sacré-Cœur, héros inventeur, affronte cette fois une créature sortie du fleuve, avec ses amis pour seul renfort et l’ingéniosité pour seule arme.

La date de 1910 n’est pas choisie au hasard : c’est celle de la grande crue parisienne, événement réel que le livre détourne vers le fantastique. Le procédé est celui de toute la série — ancrer l’imaginaire dans un Paris reconnaissable — et il fonctionne bien auprès d’un lecteur de huit ans, qui y gagne au passage un repère historique sans avoir l’impression d’apprendre quelque chose.

Un passage en poche, et ce que cela change

Le volume existait déjà, au format album, chez Le Lézard Noir sous sa marque Petit Lézard. Il reparaît ici en Folio Cadet Premiers romans, à sept euros quatre-vingt-dix, dans une pagination un peu plus généreuse que l’édition d’origine. C’est une réédition, et le lecteur qui possède l’album n’a rien à y gagner.

Pour tous les autres, le poche est une bonne affaire. Il rend la série accessible à un prix de première lecture et l’installe dans une collection que les bibliothèques scolaires suivent de près. Le format réduit resserre évidemment l’espace laissé aux images, ce qui n’est pas neutre pour une série où elles comptent autant que le texte. La série, par ailleurs, a désormais son adaptation animée en vingt-six épisodes, ce qui amènera sans doute de nouveaux lecteurs vers les livres.

Le texte d’Amélie Sarn et les illustrations de Laurent Audouin

Sarn écrit pour des lecteurs qui viennent de passer à l’autonomie : chapitres courts, dialogues nombreux, phrases directes, et une intrigue qui ne s’encombre d’aucun détour. Le suspense est dosé pour faire tourner les pages sans effrayer, ce qui est l’exercice exact que la collection demande.

Audouin travaille dans un registre très identifiable, proche du dessin de presse pour la jeunesse : trait vif, silhouettes allongées, couleurs franches, et un goût prononcé pour le détail comique qu’on découvre en second regard. Ses dialogues s’invitent dans l’image à la façon d’une bande dessinée, ce qui brouille agréablement la frontière entre le roman illustré et l’album. C’est ce qui donne à la série son identité, et c’est aussi ce que le format poche contraint le plus.

Faut-il lire Le monstre de la Seine ?

Oui pour un lecteur de huit ans qui aime les monstres et les histoires parisiennes, et qui n’a pas encore rencontré la série : le volume se lit seul, sans avoir lu les six précédents. Il faut savoir qu’on achète une réédition et que le passage en poche coûte un peu de place aux images. Sept euros quatre-vingt-dix pour soixante-quatre pages illustrées en couleurs, c’est le prix d’entrée de la collection. Dans la même collection, Publik’Art a chroniqué La famille royale, perdus dans le royaume et Mlle Charlotte, une bien curieuse factrice.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Les aventures fantastiques de Sacré-Cœur 7 Le monstre de la Seine Amélie Sarn Laurent Audouin Gallimard Jeunesse

Un terrible orage a éclaté sur la capitale. Il a tellement plu que la Seine a débordé. Sur le pont de l’Alma, des Parisiens se pressent pour assister à ce spectacle hors du commun. Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise ! Sous leurs yeux horrifiés, un monstre affamé surgit des flots et crée la panique. Témoins de la scène, Sacré-Cœur et ses amis parviendront-ils à le neutraliser ?

📚 Fiche éditeur

Texte Amélie Sarn
Illustrations Laurent Audouin
Éditeur Gallimard Jeunesse, Folio Cadet Premiers romans n° 166
Date de sortie 27 août 2026
Prix 7,90 €
EAN 9782075240017
Pagination 64 pages
Format Poche, 127 × 190 mm, couleurs
Âge Dès 8 ans
Édition Passage en poche du volume paru au Petit Lézard (EAN 9782353480852)

[BD] La Mode : le plus beau métier du monde, de Giulia Mensitieri & Danicollaterale (Delcourt)

Couverture La Mode le plus beau métier du monde Giulia Mensitieri Danicollaterale Delcourt [BD] La Mode : le plus beau métier du monde, de Giulia Mensitieri & Danicollaterale (Delcourt)

Giulia Mensitieri et Danicollaterale adaptent en bande dessinée l’enquête que l’anthropologue a menée en immersion auprès des travailleurs de la mode. La Mode : le plus beau métier du monde paraît le 1er octobre 2026 chez Delcourt, dans la collection coéditée avec La Découverte : 176 pages, 29,95 €. L’album décrit un secteur où le prestige remplace souvent le salaire.

Giulia et Mia : une enquête dans les coulisses de la mode

Giulia prépare une thèse sur les travailleurs de la mode. Elle entre dans ce milieu grâce à Mia, une styliste qui porte des sacs de luxe et n’arrive plus à payer ses factures. Mia l’emmène sur un shooting pour un magazine, et l’enquête commence là. Giulia dépend de Mia pour accéder aux plateaux, et l’album le dit clairement.

Le récit passe ensuite par les différents métiers du secteur : photographes, mannequins, stagiaires, vendeurs du luxe, stylistes free-lance, jusqu’à une longue collaboration auprès d’un créateur de mode.

Planche intérieure La Mode le plus beau métier du monde Giulia Mensitieri Danicollaterale Delcourt

Précarité contre prestige : ce que montre l’enquête de Giulia Mensitieri

Le propos est dense et reste proche de la thèse dont il est tiré. Dans la mode, beaucoup travaillent gratuitement ou presque et l’acceptent parce que le milieu fait rêver. Les mannequins s’endettent en travaillant, les stylistes sont parfois payés en vêtements et les maisons de haute couture tournent avec des stagiaires. Les annonceurs imposent leurs choix aux magazines. Le corps des mannequins est commenté en permanence. L’album fait comprendre tout cela par des situations de travail concrètes.

Giulia s’interroge aussi sur son propre regard, qui change au contact du milieu.

Le dessin de Danicollaterale

Danicollaterale travaille en aplats de couleur, sans trait de contour, avec une palette vive : magenta, ocre, bleu nuit, noir. Les visages sont très simplifiés et restent reconnaissables. Il n’y a pas de bulles : les dialogues sont posés dans la page et reliés aux personnages par de fins traits. Ce système fait parfois perdre de vue qui parle.

La mise en page emprunte beaucoup au graphisme, avec des schémas, des plans légendés et des motifs textiles. L’ensemble est lisible et s’accorde bien au sujet. Les notes de terrain, composées en caractères de machine à écrire, sont en revanche longues et imprimées petit. Elles ralentissent la lecture.

Planche intérieure La Mode le plus beau métier du monde Giulia Mensitieri Danicollaterale Delcourt

Ce que vaut La Mode : le plus beau métier du monde

L’adaptation fonctionne parce que l’enquête passe par le récit. La réserve porte sur les encarts pédagogiques, qui répètent parfois ce que les situations viennent de montrer et donnent alors à l’album un ton de cours. La Mode : le plus beau métier du monde s’adresse d’abord aux lecteurs de bande dessinée documentaire, et à ceux que le luxe emploie ou fait rêver.

Chez le même éditeur, Publik’Art a aussi chroniqué Foucault – Vies parallèles et Mediator, un crime chimiquement pur.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture La Mode le plus beau métier du monde Delcourt La Découverte

À partir d’une enquête en immersion auprès des travailleurs de cette industrie (stylistes, mannequins, coiffeurs, vendeurs, retoucheurs…), ce roman graphique décrypte les dynamiques d’exploitation à l’œuvre derrière la façade glamour de la mode. Des séances de shooting à la collaboration auprès d’un créateur de mode, en passant par des entretiens avec des stylistes travaillant pour des maisons de luxe, cette enquête dévoile ce monde où l’on échange sa précarité contre du prestige social.

📚 Fiche éditeur

Scénario Giulia Mensitieri et Danicollaterale
Dessin et couleurs Danicollaterale
Éditeur Delcourt, collection La Découverte
Date de sortie 1er octobre 2026
Prix 29,95 € (20,99 € en numérique)
EAN 9782413091943
Pagination 176 pages
Format Album cartonné, 220 × 290 mm, couleurs
D’après Giulia Mensitieri, « Le plus beau métier du monde », La Découverte, 2018

[MANGA] Tatari T8, de Watari (Glénat Manga)

Couverture Tatari T8 Watari Glénat Manga [MANGA] Tatari, T8, de Watari (Glénat Manga)

Tatari, la série de Watari lancée dans le Weekly Shōnen Sunday en avril 2023 et achevée au Japon en mai 2025, arrive à son huitième volume français le 10 septembre 2026 chez Glénat, et le neuvième — le dernier — est déjà calé au 4 novembre. Deux cent huit pages, 7,20 €, traduction de Thibaud Desbief. Un avant-dernier tome, donc, avec ce que cela suppose de pièces à mettre en place.

Tous les duels en même temps

Après un tome 7 qui resserrait tout sur la rupture entre Tatari et Yuki, le volume ouvre au contraire tous ses fronts en même temps. Tatari et les siens ont infiltré la base des onmyoji d’Isha Lu, Raiden se retrouve face à Liber, Beriko affronte Öllegård, pendant qu’un second groupe tient l’hôpital où Yuki et les autres se sont réfugiés. Watari isole chaque duel dans sa propre séquence, ce qui garde la bataille lisible malgré le nombre de combattants engagés. L’avantage, c’est que des personnages laissés de côté depuis plusieurs tomes obtiennent enfin leur affrontement et leur conclusion. L’inconvénient, c’est la vitesse : certains duels se règlent en quelques planches alors qu’ils étaient attendus depuis six volumes. Le découpage tient, les pleines pages tombent au bon endroit, mais la sensation d’expédition revient trop souvent. L’entrée en scène de Killberry, le plus puissant des Gene Richers, sert surtout à annoncer le tome final. Notons au passage la mécanique des noms, qui dit assez bien le projet du livre : des onmyoji, ces exorcistes de cour du Japon ancien, croisent des personnages appelés Liber, Öllegård ou Killberry. Le folklore japonais et l’imagerie occidentale de la créature sont posés dans la même case.

Une série courte,0

Neuf volumes. Dans un genre où les séries à succès s’étirent sur trente tomes et où celles qui s’arrêtent tôt le font rarement de leur plein gré, une arrivée au terme en neuf volumes mérite d’être notée. Le Shōnen Sunday n’a pas la puissance de feu du Jump, ses séries s’y interrompent vite, et l’on ne saura sans doute jamais si Tatari s’achève parce que Watari l’avait prévu ainsi ou parce que le magazine en a décidé. Le résultat, lui, est là : une histoire de démons et de vengeance qui se lit en neuf tomes. Ce huitième fait le travail qu’on attend d’un avant-dernier, il solde ses intrigues secondaires, un peu vite, et met l’affrontement final en place. On y perd en route l’humour et le ton mafieux qui faisaient l’énergie du tome 6, le volume étant presque entièrement consacré aux combats. Reste à voir si l’atterrissage est à la hauteur. Réponse en novembre.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Tatari T8 Watari Glénat Manga

Tatari et ses compagnons ont infiltré les installations des onmyoji qui servent de base à Isha Lu. Raiden se retrouve face à Liber, tandis que Beriko affronte Öllegård ! Quelle sera l’issue de cette grande revanche ?! De leur côté, Konia, Haris, Abe et le groupe d’onmyoji protègent l’hôpital où se trouvent Yuki et les autres. Alors qu’ils repoussent l’ennemi sans difficulté, Killberry, le membre le plus puissant des Gene Richers, entre en scène ! Une bataille obscure et mystérieuse où de grands démons scellent des alliances pour mener un match retour dantesque !

📚 Fiche éditeur

Scénario et dessin Watari
Traduction Thibaud Desbief
Éditeur Glénat Manga, collection Shonen (édition d’origine : Shogakukan)
Date de sortie 10 septembre 2026
Prix 7,20 € (numérique : 4,99 €)
EAN 9782344072912
Pagination 208 pages
Format Broché, 118 × 181 mm, noir et blanc

[BD] Eiffel Eden T1, de Gwenn & Dario Tallarico (Glénat)

Couverture Eiffel Eden T1 Gwenn Dario Tallarico Glénat [BD] Eiffel Eden, T1, de Gwenn & Dario Tallarico (Glénat)

Paris est sous l’eau, et ce qui reste de l’humanité s’est réfugié dans les hauteurs de la tour Eiffel. La communauté qui s’y est installée fonctionne par castes, chacune identifiée par une couleur et assignée à une tâche. Elle obéit aux Dix Commandements de l’Ingénieur, dont le principal veut qu’à soixante ans on se sacrifie pour le bien commun. Gwenn au scénario et Dario Tallarico au dessin ouvrent avec Eiffel Eden, premier tome de 88 pages, une trilogie dystopique parue chez Glénat le 30 septembre 2026.

Eiffel Eden : Astate, Fève et les Dix Commandements de l’Ingénieur

Deux adolescentes portent le récit, et elles viennent d’étages opposés. Astate appartient au haut de la tour ; elle se révolte quand ses parents sont désignés pour le sacrifice. Fève monte des niveaux inférieurs, où vivent les Verts, avec l’intention de renverser l’ordre — et un passé familial qui pèse, puisqu’une première révolte a déjà échoué, et mal.

Leur rencontre les conduit à la Résistance, et c’est là que le tome installe son enjeu : le prix de la révolte. Gwenn construit son monde en système — verticalité sociale, code couleur, contrôle démographique — et la mécanique est cohérente de bout en bout. Le premier tome fait surtout ce travail d’installation.

Planche intérieure Eiffel Eden Gwenn Tallarico Glénat

Une dystopie dont le décor fait la moitié du travail

L’idée centrale est visuelle avant d’être politique : une tour Eiffel devenue arche, avec ses étages transformés en classes sociales littérales. Le dispositif est lisible immédiatement, ce qui est un avantage, et il ne réserve guère de surprise, ce qui en est le revers. La caste par couleur, le vieillard sacrifié, la résistance souterraine : le genre a déjà servi tout cela, et l’album ne cherche pas à le contourner.

Ce qu’il fait bien, c’est refuser de rendre la révolte confortable. La révolte précédente a coûté cher, on le rappelle, et Fève n’est pas une héroïne rassurante. L’album vise clairement un lectorat adolescent et jeune adulte, et à ce public il propose un récit propre, rythmé, qui ne prend pas son lecteur pour un idiot. La conclusion du tome relève plus de la mise en place que de la résolution.

Le dessin de Dario Tallarico et les verts d’Eiffel Eden

Tallarico travaille dans un réalisme souple d’album d’aventure, trait fin et un peu nerveux, visages jeunes très expressifs. Son point fort est le décor : les armatures métalliques envahies de végétation sont détaillées jusqu’à l’obsession, et elles portent à elles seules la crédibilité du monde.

La mise en couleurs installe une dominante verte et gris-bleu, sous des ciels laiteux, et bascule vers des ocres et des bruns dès qu’on passe en intérieur. Le contraste entre les deux régimes fonctionne et sert la géographie sociale du récit. Le découpage est riche, mêlant grandes verticales, bandeaux et inserts qui débordent leur cadre ; l’ensemble est dynamique, parfois chargé au point qu’on hésite sur l’ordre de lecture.

Planche intérieure Eiffel Eden Gwenn Tallarico Glénat

Faut-il lire Eiffel Eden T1 ?

L’album s’adresse aux lecteurs de dystopie et à un public adolescent, et il remplit son contrat : un décor mémorable, deux héroïnes qui tiennent, un système social clair. Il faut accepter des motifs très balisés et un premier tome qui installe plus qu’il ne raconte. Dix-sept euros cinquante pour quatre-vingt-huit pages de grand format, c’est correct.

À lire aussi sur Publik’Art, chez le même éditeur : Les Yeux Doux et Goetz.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Eiffel Eden T1 Gwenn Dario Tallarico Glénat

Sur les ruines d’un Paris submergé par les eaux, une partie de l’Humanité vit désormais retranchée sur les hauteurs de la tour Eiffel. La communauté d’« Eiffel Eden » y est organisée en castes, chacun occupant une fonction précise selon la couleur qui lui est attribuée. Dans ce nouvel ordre vertical, tous obéissent aux Dix Commandements de « l’Ingénieur » et à sa biopolitique impitoyable : à 60 ans, il faut se sacrifier pour le bien commun. Un drame auquel ne peut se résoudre Astate, qui refuse de voir ses parents condamnés. Alors que sa révolte l’amène à défier le régime, Astate fait la connaissance de Fève, une jeune Verte venue des étages inférieurs qui n’a qu’un rêve : renverser l’ordre et mettre fin à l’oppression. Animées par le même sentiment d’injustice, les deux adolescentes vont bientôt rejoindre un mouvement bien plus grand : la Résistance. Fève parviendra-t-elle à surmonter son passé pour réussir là où sa mère a échoué ? Une révolte a déjà tourné au drame. Peut-on vraiment renverser la dictature – et à quel prix ?

📚 Fiche éditeur

Scénario Gwenn
Dessin Dario Tallarico
Éditeur Glénat
Date de sortie 30 septembre 2026
Prix 17,50 €
EAN 9782344060063
Pagination 88 pages
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, couleurs

[BD] Cachemire – No Man’s Land, de Gaët’s & Alessio Cammardella (Glénat)

Couverture Cachemire No Man's Land Gaët's Cammardella Glénat [BD] Cachemire – No Man’s Land, de Gaët’s & Alessio Cammardella (Glénat)

Août 1965, la frontière entre l’Inde et le Pakistan s’embrase pour la deuxième fois depuis la partition de 1947. Ibrahim Malik a vingt ans, il est pakistanais, et on l’envoie au front dans la tourelle d’un M48 Patton, un char américain qu’il ne sait pas conduire. Il en revient prisonnier, et l’album est le récit qu’il livre pendant son interrogatoire. Gaët’s au scénario et Alessio Cammardella au dessin signent ce one-shot de 64 pages, quatrième titre de la collection Les Grandes batailles de chars chez Glénat, paru le 30 septembre 2026.

Cachemire : Ibrahim Malik, vingt ans, dans la tourelle d’un Patton

Le dispositif est celui de l’aveu contraint. Ibrahim parle parce qu’on l’y oblige, et ce qu’il raconte remonte au recrutement : un civil pris dans la machine, un entraînement expédié en quelques semaines, l’arrivée sur un front dont il ne comprend ni la géographie ni l’enjeu. Suivent les combats de nuit, les mines, les ordres qui n’ont pas de sens et qu’il faut exécuter quand même.

Le point d’arrivée est posé d’emblée : Ibrahim a fini aux commandes d’un Centurion indien, le char de l’adversaire, aux côtés de ceux qu’il devait combattre. Tout le récit consiste à expliquer comment on en arrive là. La question que l’interrogatoire pose — traître, survivant, ou conscrit broyé — est celle que l’album pose au lecteur, et il se garde d’y répondre trop vite.

Planche intérieure Cachemire No Man's Land Gaët's Cammardella Glénat

Une guerre oubliée racontée du côté pakistanais

Le choix du point de vue fait beaucoup. La deuxième guerre indo-pakistanaise n’a pas laissé de trace dans la mémoire européenne, et quand elle est racontée, c’est rarement depuis le camp pakistanais. Gaët’s y installe un personnage sans conviction politique, sans héroïsme et sans grade, ce qui lui permet de traiter le conflit comme une mécanique qui écrase plutôt que comme un affrontement entre deux causes.

La collection impose son sujet — le char — et c’est à la fois sa force et sa contrainte. Le blindé est un espace clos, bruyant, où l’on voit mal, et l’album tire de cette configuration ce qu’elle a de plus juste : l’équipage subit la bataille autant qu’il la livre. Soixante-quatre pages restent courtes pour tenir ensemble le récit intime et l’exposé du contexte historique, et la seconde exigence prend parfois le pas sur la première.

Le dessin d’Alessio Cammardella : réalisme documentaire et lumières basses

Cammardella travaille dans un réalisme précis, appliqué au matériel comme aux visages, avec un modelé numérique qui pèse un peu sur les expressions mais rend très bien les masses de métal. Sa mise en couleurs est sourde — kaki, ocre, gris-vert — et elle s’éclaire surtout par ce qui brûle : ciels crépusculaires, départs de feu, lueurs d’explosion.

Le découpage privilégie les bandes larges, presque panoramiques, qui étirent le paysage et le vident. Quelques cases circulaires viennent rompre ce rythme et rappeler qu’on regarde à travers un optique. Le procédé est efficace, il revient peut-être un peu trop. L’ensemble est très lisible, jamais spectaculaire, ce qui convient au propos.

Planche intérieure Cachemire No Man's Land Gaët's Cammardella Glénat

Faut-il lire Cachemire – No Man’s Land ?

L’album s’adresse aux lecteurs de BD historique et à ceux que la collection a déjà convaincus. Il tient son personnage, il documente un conflit peu traité, et il refuse le confort de désigner un camp. On lui reprochera parfois de devoir expliquer beaucoup en peu de pages, ce qui donne quelques passages où le récitatif prend la main sur le dessin.

À lire aussi sur Publik’Art : Un léger bruit dans le moteur, du même scénariste, et Mea Culpa T2 – La Chute, autre récit de guerre chez Glénat.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Cachemire No Man's Land Gaët's Cammardella Glénat

1965. Au cœur des montagnes du Cachemire, à la frontière entre l’Inde et le Pakistan les braises d’un vieux conflit précipitent une nouvelle fois la région dans la guerre. C’est dans cette partie du monde minée par les tensions depuis 1947 que le destin du jeune pakistanais, Ibrahim Malik bascule. Arraché à son quotidien, Ibrahim, la vingtaine, est envoyé sur le front à bord d’un monstre d’acier le M48 Patton, un blindé américain. Jeune, inexpérimenté il doit survivre dans un paysage ravagé par les obus… Lorsqu’il tombe entre les mains de l’ennemi, c’est le début d’un nouveau calvaire pour le jeune soldat. Tout au long d’un interrogatoire brutal, Ibrahim livre le récit glaçant d’une guerre meurtrière : son recrutement forcé, l’entraînement expéditif, la peur qui lui noue la gorge, les combats nocturnes, les mines, les ordres absurdes, l’héroïsme… et l’horreur. Mais rien de tout ceci n’explique comment il s’est retrouvé aux commandes d’un char ennemi – le redoutable Centurion indien – aux côtés de ceux qu’il devait combattre ! Dans cette spirale de violence qui fait des milliers de victimes et où chaque décision peut coûter la vie, Ibrahim est-il le traître qu’on veut nous faire croire, un survivant ou un civil enrôlé, pris au piège d’une guerre qui broie les hommes ?

📚 Fiche éditeur

Scénario Gaët’s (Gaëtan Petit)
Dessin Alessio Cammardella
Traduction Federica Giuliano
Éditeur Glénat, collection Les Grandes batailles de chars
Date de sortie 30 septembre 2026
Prix 16,00 €
EAN 9782344044278
Pagination 64 pages
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, couleurs

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