L’autrice-compositrice-interprète Margaux Simone est née en Provence, plus précisément à Martigues. C’est son père musicien qui lui a transmis le virus de la musique. Ce nouvel album la voit accompagnée de ses Guardians et l’album est juste ensorcelant, avec des tonalités pop rock seventies qui font plaisir, comme annoncé par le single Parlez-moi de vous. Il faut bien l’avouer, il y a du Gainsbourg chez Simone.
De la chanson française qui donne la pêche
Margaux Simone ne cache pas ses racines du sud de la France, partie à Paris elle ne cache pas sa joie d’être rentrée au bercail ensoleillé de la Provence. Enracinée comme toutes les filles du Sud, elle va chercher son inspiration du côté de la pop californienne, finement ciselée avec sa voix angélique, on comprend mieux les tonalités pop de son nouvel album. Avant son titre Parlez-moi de vous à écouter une bonne dizaine de fois de suite, il y a eu Pleurer les filles chanté en duo avec Philippe Bruguière, sorti il y a déjà quelques mois. Ces 2 titres ont annoncé le nouvel album Avant Que La Nuit disponible en digital chez Jolly Roger. Le ton est résolument pop rock, avec des paroles d’une belle poésie et avec des titres que l’on devine très personnels. que l’on pourra découvrir en début d’année. Avec ce second disque, la chanteuse livre un album poétique, rock et brut, aux textes personnels. La chanson française touche la corde sensible pour les fans de variété exigente, entre esprit yéyé et envolées bohèmes. Pour l’accompagner, elle s’est entourée de musiciens qui font le job avec Philippe Bruguière à la basse, Giovani Gouvenaux à la guitare, Alexandre Siaud aux claviers et Luc Heller à la batterie. Même Simone apporte du soleil et des histories parfois graves dans ses chansons. Et comme elle réalise elle-même ses clips, les historiettes prennent des atours de court-métrage. L’album compte 9 titres qui font penser autant à Brian Wilson qu’à Jane Birkin.
Promis juré, Margaux Simone compte bien se produire sur scène en 2026 pour faire découvrir son album Avant que la nuit, patience, c’est pour bientôt.
Le Lucernaire propose une pièce rien de moins que passionnante avec 2 auteurs qui imaginent un survivant du célèbre naufrage immortalisé sur la célèbre toile de Géricault visible au Musée du Louvre, Le radeau de la méduse. De la même manière que le récent film Le cercle des neiges qui dépeignait des survivants d’un crash aérien obligés de se nourrir avec les cadavres de leurs amis morts, le tableau laisse imaginer comment les survivants du naufrage de la frégate Méduse ont pu tenter de survivre. Et la pièce va bien plus loin avec des descriptions au cordeau des rapports humains entre les membres de l’équipage, les rivalités, les différences sociales et les caractères bien trempés. La pièce est visible au Lucernaire jusqu’au 12 avril, il ne faut pas la manquer.
Un désastre maritime majeur
La pièce suit un narrateur, Pierre-Laurent Coste, survivant d’un naufrage au large de l’actuelle Mauritanie, il rencontre un peintre célèbre, Théodore Géricault et lui raconte une histoire qui fait froid dans le dos. En effet, la catastrophe maritime de la Méduse a eu un retentissement national à l’époque. Pour le dire rapidement, le 2 juillet 1816, la frégate s’échoue sur un banc de sable, la quasi-totalité des passagers et de l’équipage est obligée de quitter l’épave le 4 ou le 5 juillet en embarquant sur quatre canots, deux chaloupes et un grand radeau de fortune construit à la hâte sur lequel 147 personnes se maintiennent à la surface de l’eau. Mais les différentes embarcations peinent à quitter les lieux et les passagers riches des canots et chaloupes décident de couper les cordes et d’abandonner en pleine mer le radeau. Le bilan est effroyable, seules quinze personnes sont secourues douze ou treize jours plus tard, le 17 juillet, par un brick revenu en direction de l’épave. Les autres malheureux sont morts sur le radeau et ont été jetés à la mer après avoir enduré la faim, la déshydratation, la folie et même l’anthropophagie. L’histoire dit que les survivants ont péri peu après leur sauvetage, l’enjeu de la pièce est d’imaginer le récit d’un hypothétique survivant. Il raconte son histoire et celle de quelques autres membres de la frégate, les descriptions sont hautes en couleur, jusqu’à celle du capitaine incompétent jugé a posteriori responsable du naufrage. Le comédien sur scène est pour la première fois Geoffrey Callènes, il s’en sort magnifiquement, et c’est plus souvent Antoine Guiraud qui s’attelle à un monologue de près d’une heure et demie, rondement mené, riche en péripéties et en tragédies à la chaine. La pièce se suit comme un quasi film d’horreur, le seul en scène scotche les spectateurs aux sièges, pas un bruit ne se fait entendre dans la salle. La bande son et les effets de fumée en rajoutent une couche à la dramaturgie du récit avec un stupéfiant effet immersif.
Chacun a envie de retourner au Louvre après avoir vu la pièce pour ressentir toute la portée de cette tragédie humaine et se souvenir des émotions dévoilées avec talent pendant ce moment saisissant de théâtre passé au Lucernaire.
Synopsis: Nombreux sont ceux qui connaissent le chef-d’œuvre de Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse, mais combien sont-ils à être au fait de la succession, d’évènements tragiques qui conduisirent à ce terrible naufrage ? Combien sont-ils à avoir pu éclairer la lanterne du peintre ? Pierre-Laurent Coste est l’un d’eux, et pour cause, puisqu’il en est un des survivants. Et il a beaucoup de révélations à faire… Les Secrets de la Méduse sont tout à la fois : création, survie, révélation, jubilation, souffrance, révolution et cruauté humaine ; espoir et désespoir mêlés. Tout le monde connaît le tableau, personne ne connaît l’histoire…
Anatole Latuile, Tous aux abris, Tome 19 (Bayard jeunesse)
Publik’Art est fan d’Anatole Latuile. Tous aux abris, le tome 19 nous enchante encore une fois ! Rappelez-vous du tome 18 : Un max de surprises !Tellement génial !
Anatole passe ses vacances chez ses grands-parents. Mais pas question pour lui de rester à la maison et d’aider ses grands-parents ! Rien ne va l’arrêter même si tout ne se passe pas comme prévu ! Des centaines de bêtises à la minute, qui nous font toujours rire ! Mais quelle imagination il a Anatole ! Et les illustrations sont à la hauteur des énormes bêtises de notre héros ! Anatole, c’est le héros des jeunes lecteurs ! On attend déjà avec impatience le tome 20 ! Anatole Latuile, Tous aux abris va régaler les jeunes lecteurs dès l’âge de raison !
Avec sa nouvelle mise en scène, Julie-Anne Roth dépasse la simple comédie familiale pour sonder la transmission silencieuse des rapports de domination.
Portée par Josiane Balasko, Marilou Berry et Riad Gahmi, la pièce « Ça, c’est l’amour » explore comment l’amour peut devenir un terrain miné — et comment les schémas affectifs se répètent d’une génération à l’autre.
Le spectacle se présente d’abord comme une pièce sur la famille : retrouvailles, tensions, humour parfois frontal. Mais très vite, une autre lecture s’impose. Ce qui se joue ici n’est pas seulement un conflit familial : c’est la circulation de la violence dans les liens intimes.
La relation de couple formé par le personnage de Marilou Berry et celui de Riad Gahmi introduit une dimension plus sombre.
La pièce suggère, sans jamais basculer dans le didactisme, un rapport de domination et de violence affective : parole qui écrase, influence qui isole, dynamique du ressentiment où l’amour devient progressivement une forme d’emprise et de contrôle.
Une mécanique de l’emprise
Rien n’est d’emblée spectaculaire. Et c’est précisément ce qui trouble. La violence insidieuse ici n’est pas une explosion, c’est un climat, une orchestration.
Ce qui donne à la pièce sa profondeur, c’est le miroir qu’elle installe entre générations. Peu à peu apparaît l’idée que le personnage interprété par Josiane Balasko a lui aussi connu une forme d’emprise amoureuse, autrefois.
Non pas un traumatisme exhibé, mais une expérience enfouie qui a modelé sa manière d’aimer et de protéger.
La pièce suggère alors une hypothèse bouleversante : si la mère s’accroche autant à sa fille, c’est peut-être parce qu’elle reconnaît, confusément, les signes d’un piège qu’elle a connu.
L’amour maternel devient ainsi ambigu : à la fois protection sincère… et reproduction involontaire d’un rapport de domination, cette fois sous forme d’autorité affective.
La transmission ne passe plus seulement par l’éducation ou les valeurs, mais par les peurs, les réflexes, les manières d’aimer.
Dans ce rôle, Josiane Balasko donne au personnage une dimension presque souterraine. Sa présence raconte autant le passé que le présent : une manière d’interrompre les autres, de surveiller, d’insister, qui laisse deviner une histoire intime jamais totalement dite.
La comédienne réussit à faire exister cette ambivalence : une mère qui envahit parce qu’elle a été, autrefois, empêchée. Une femme qui veut protéger sa fille, mais ne sait le faire qu’en resserrant l’étreinte.
Son jeu donne au spectacle sa profondeur émotionnelle : derrière la rudesse, on perçoit l’appréhension derrière la parole tranchante.
Face à elle, Marilou Berry construit une trajectoire fragile et très juste. Son personnage avance dans sa relation amoureuse comme quelqu’un qui sent confusément que quelque chose cloche, sans parvenir immédiatement à le nommer
L’actrice restitue bien cette zone grise propre aux mécanismes d’emprise : le doute, la culpabilité, la tentation de minimiser, l’espoir que tout puisse redevenir simple.
Sa performance donne à la pièce une dimension presque sociologique : elle montre comment la violence conjugale peut s’inscrire dans le quotidien sans jamais se déclarer frontalement.
Entre les deux actrices, le spectacle trouve sa vérité : un théâtre du lien, où chaque silence compte autant que les mots.
Le personnage interprété par Riad Gahmi échappe au cliché du « violent spectaculaire ». C’est justement cette banalité qui inquiète : son autorité se glisse dans les mots, dans les attentes, dans la manière d’occuper l’espace émotionnel.
La pièce réussit là quelque chose de rare : montrer la violence non comme un excès, mais comme une structure relationnelle. Un déséquilibre qui s’installe presque à bas bruit.
La scénographie reste volontairement sobre, presque domestique. Ce dépouillement renforce la sensation d’assister à quelque chose de proche, presque familier. La scène devient un espace où les mécanismes intimes se dévoilent sans filtre.
Ce choix renforce la portée du spectacle : il ne s’agit pas d’une démonstration, mais d’une observation.
En filigrane, Ça c’est l’amour parle d’un sujet profondément contemporain : la difficulté de rompre avec les schémas affectifs hérités. La pièce montre que la violence conjugale n’apparaît pas seulement comme un événement isolé, mais comme un phénomène inscrit dans des histoires familiales, des modèles appris, des fidélités invisibles.
En donnant à la comédie familiale une profondeur inattendue, la pièce trouve sa singularité. Porté par trois interprètes très incarnés, le spectacle réussit à rendre visibles les transmissions invisibles — celles des peurs, des dominations, des manières d’aimer.
Un théâtre parfois rugueux, mais attentif aux zones grises du lien amoureux, qui laisse le spectateur avec une sensation persistante : celle que l’amour, parfois, impose un héritage à déconstruire.
Dates : du 23 janvier au 26 avril 2026 – Lieu : Théâtre des Bouffes Parisiens (Paris) Mise en scène : Julie-Anne Roth
Le jour où nous sommes devenues les louves (Bayard Jeunesse)
Les éditions Bayard jeunesse, dans la collection « Môme« , nous proposent un très chouette album : Le jour où nous sommes devenues les louves. Dans la cour de récréation, ce sont toujours les garçons qui sont les loups, quand on joue au loup ! Mais pourquoi donc ? Pourquoi ce sont toujours les filles qui jouent le rôle des petits cochons qui vont se faire manger par le loup ? Un jour, Lina décide qu’on peut tout à fait être fille et être loup, plutôt louve, suite à une très belle histoire que lui raconte sa maman. Elle va changer les règles à l’école ! Maintenant, les filles seront toutes des louves ! Le jour où nous sommes devenues les louvesest un très joli album, aux illustrations chatoyantes, qui aborde un sujet fondamental : l’égalité entre les filles et les garçons ! Un album qui a sa place dans toute bibliothèque !
Les éditions Flammarion jeunesse vont ravir nos jeunes ados ! Avec Journal d’un crush, la lecture durant les vacances va devenir intense ! Juliette change de lycée, suite à un déménagement. Heureusement elle n’est pas seule puisqu’elle a un frère jumeau. Ils vont être dans le même lycée, mais pas dans la même classe. Autant Juliette est discrète et préfère passer inaperçue, autant son jumeau, Nicky, fait tout pour se faire remarquer ! Dès le premier jour de lycée, rien ne sera simple pour Juliette. Elle a déjà une étiquette : championne de patin à glace. Mais justement, elle veut arrêter les championnats… Heureusement, elle va faire une super rencontre qui va lui changer la vie… Journal d’un crush raconte la vie d’une ado, comme on les aime ! On espère qu’il y aura une suite !
Le monde brûle, la glace fond, mais le buffet reste ouvert…dans la focale de Martin Parr
Avec l’exposition « Global Warning », Martin Parr poursuit son inventaire ironique des sociétés de loisirs. Plages bondées, paysages consommés et nature domestiquée composent un théâtre familier où la crise écologique ne surgit pas comme un drame, mais comme une atmosphère diffuse — celle d’un monde qui continue, obstinément, à se divertir.
Fidèle à son regard mordant, Martin Parr capte dans cette exposition la banalité d’une époque qui consomme paysages, animaux et climat avec la même insouciance. Une série d’images colorées et cruelles où le rire affleure — avant de laisser place à un léger malaise.
On pourrait croire que qu’il photographie les vacances. En réalité, il photographie la persistance du confort dans un monde qui se dérègle.
Le photographe britannique, membre historique de Magnum Photos, ne choisit ni la catastrophe spectaculaire ni l’image militante. Il fait un geste plus subtil — et plus inquiétant : il montre des gens qui continuent.
Ici, pas d’incendies géants ni de paysages apocalyptiques.
Seulement des scènes ordinaires : un buffet d’hôtel débordant, une station de ski sous neige artificielle, des foules serrées devant des panoramas épuisés. La crise climatique n’apparaît jamais comme un événement. Elle s’installe comme une ambiance. Et c’est précisément là que l’exposition frappe juste.
La plage comme symptôme
Dans les images de littoral, la mer n’est presque plus un horizon. Elle devient un décor derrière une accumulation de corps, de serviettes, de sacs plastiques et de glacières.
Les vacanciers occupent l’espace avec la logique d’un parking : chacun trouve sa place, s’installe, consomme le paysage. Parr photographie ces plages saturées avec une précision presque scientifique.
Personne n’est ridiculisé, personne n’est héroïsé. Ce qu’il montre, c’est un rituel devenu automatique : venir chercher la nature tout en la recouvrant.
La plage, chez lui, n’est plus un lieu. C’est un système. Le tourisme de masse y apparaît comme une mécanique parfaitement rodée, une chaîne de production du souvenir standardisé. On ne contemple plus le paysage : on valide sa présence.
Cette logique se prolonge dans les scènes urbaines ou montagnardes. Files compactes devant un glacier, groupes disciplinés face à un monument naturel, téléphones levés comme un réflexe conditionné. L’expérience précède le regard : on sait déjà ce qu’il faut photographier avant même d’avoir vu.
Ce que Parr capte, c’est ce moment très précis où le voyage cesse d’être une découverte pour devenir une preuve sociale. Le monde n’est plus parcouru, il est coché. L’humour est toujours là — couleurs acides, détails absurdes, situations légèrement grotesques — mais il a changé de nature. Il ne fait plus seulement sourire : il installe un doute.
Ces images ressemblent à des archives prises trop tôt, comme si l’on feuilletait déjà l’album d’une civilisation qui n’a pas encore compris qu’elle documente sa propre fatigue.
Les animaux, figurants du loisir humain
Les photographies d’animaux prolongent ce déplacement du regard. Chameaux décorés pour touristes, singes utilisés comme attractions, oiseaux fouillant les restes humains : la faune n’apparaît plus comme un monde autonome mais comme un élément du dispositif touristique.
Chez Parr, les animaux ne symbolisent rien. Ils ne représentent ni la nature pure ni la menace écologique. Ils sont simplement là, intégrés à l’économie du divertissement, presque au même titre que les parasols ou les stands de glace.
Et c’est précisément cette banalité qui trouble. Le sauvage ne disparaît pas dans un fracas dramatique ; il est absorbé doucement, transformé en décor interactif. Dans ces images, ce ne sont pas les bêtes qui semblent déplacées. C’est la place que nous avons prise.
« Global Warning » n’assène jamais de leçon. Aucun slogan, aucune accusation frontale. Parr fait quelque chose de plus efficace : il nous montre tels que nous sommes lorsque rien ne nous empêche de continuer.
Avec cette impression persistante que ces photographies ne parlent pas seulement du climat, ni même du tourisme, mais d’un état mental collectif : celui d’une société parfaitement informée et parfaitement capable de poursuivre comme avant.
Parr ne photographie pas la catastrophe. Il photographie notre élégance à l’ignorer. Un pur régal !
Dates : du 30 janvier au 24 mai 2026 – Lieu : Jeu de Paume (Paris)
[Comics] Freddie l’Arrangeur, de Garth Ennis & Mike Perkins (Delcourt – Contrebande)
Freddie l’Arrangeur est une bande dessinée qui mêle horreur, humour noir et parodie débridée, signée par Garth Ennis, l’auteur aux idées folles connu notamment pour The Boys, et illustrée avec vigueur par Mike Perkins. L’album prend le contre-pied des histoires de monstres classiques pour les placer dans un Hollywood chaotique où vampires, loups-garous, zombies et autres créatures nocturnes rendent la ville encore plus imprévisible après le coucher du soleil.
Dans cet univers, les monstres ont leurs propres soucis bureaucratiques et interpersonnels. Quand ça dégénère, un seul nom circule dans les ruelles sombres et les clubs enfumés : Freddie. Il n’est ni héros traditionnel ni justicier sans peur, mais il est l’homme à appeler quand rien ne va plus. Que ce soit pour arranger une situation compliquée entre un vampire capricieux et un réalisateur en colère, ou pour remettre de l’ordre après qu’un croque-mitaines a accidentellement massacré trois figurants, Freddie fait ce qu’il faut, avec pragmatisme et désinvolture.
Ce conte horrifique bien déjanté fonctionne autant comme une satire du mythe du “fixeur” hollywoodien que comme un hommage aux monstres populaires de la culture fantastique. Les scènes s’enchaînent avec un sens du grotesque maîtrisé, laissant place à des moments tantôt hilarants, tantôt franchement morbides. Le dessin de Perkins, soutenu par des couleurs vives et contrastées, ajoute à la flamboyance de l’ensemble, rendant chaque case expressive et mémorable.
Le monde dans lequel évolue Freddie est suffisamment riche pour suggérer de futures aventures ou des clins d’œil encore plus audacieux aux codes du cinéma d’horreur et du fantastique. Entre références cinéphiles et humour noir décalé, Freddie l’Arrangeur se révèle être un cocktail détonant qui fait vibrer autant les zygomatiques que les nerfs du lecteur curieux. Un bon divertissement.
Extrait visuel / ambiance :
Résumé éditeur :
Ce conte horrifique bien déjanté sort de l’esprit tordu de GARTH ENNIS (The Boys) et est magnifiquement dessiné par MIKE PERKINS (Bat-Man : First Knight, Swamp Thing, La Malédiction de Rowans, etc.). « It’s Crazy Good ! », dixit Stephen King !
Hollywood : les loups-garous, vampires, zombies, extraterrestres, croque-mitaines et toutes sortes de monstres sortent une fois la nuit tombée. Ils ont tous leurs petites manies – comme celles consistant à trucider les gens – et quand ils se retrouvent dans la panade, ils appellent Freddie… pour qu’il leur vienne en aide.
Date de parution : 12 février 2026 Scénariste : Garth Ennis Dessins : Mike Perkins Couleurs : Andy Troy & Mike Spicer Éditeur : Delcourt – Contrebande Collection / Série : Comics – Fantastique / Humour noir Format / Pages : Cartonné – env. 56 pages
[Manga] The Broken Ring – Tome 01, de Chacha Kim, Chokam & Cheong-Gwa (Delcourt / KBOOKS)
The Broken Ring – Tome 01 inaugure une romance marquante dans la collection Kily des éditions Delcourt / KBOOKS, en adaptant un manhwa coréen à grand succès*qui oscille entre drame sentimental, jeux de pouvoir et romantasy. Dès les premières pages, l’histoire installe une dynamique où apparences aristocratiques et désirs profonds se heurtent avec intensité.
Ce premier volume nous plonge dans un univers où les conventions sociales définissent encore largement les relations humaines : Inès, fille de duc, souhaite s’assurer un avenir confortable en choisissant pour époux un jeune héritier qu’elle juge séduisant et capable de satisfaire ses ambitions. La rencontre avec Cárcel, réputé pour son manque de fidélité, ne se déroule pas selon les règles attendues, et ce mariage d’apparence frivole révèle des motifs bien plus profonds. Le récit construit une tension émotionnelle forte entre les protagonistes, qui redéfinissent progressivement leurs certitudes et leurs désirs au fil des pages.
Graphiquement, Cheong-Gwa donne vie à cette intrigue romantique avec un trait fluide et expressif qui accompagne chaque prise de conscience et chaque échange émotionnel. Les personnages sont dessinés avec une attention particulière à leurs nuances, souvent au bord du conflit ou de la révélation, ce qui crée un lien immédiat entre lectorat et destinées croisées. Le monde aristocratique dans lequel évoluent Inès et Cárcel est représenté avec un équilibre entre élégance et tension sociale, renforçant l’immersion dans un récit où désir, fierté et vulnérabilité coexistent,
Cette première incursion dans The Broken Ring met en scène une relation complexe, portée par des personnages riches en contradictions et des dialogues où sous-texte et émotions s’entremêlent. Rien n’est simplement acquis, et l’intrigue privilégie ce que chaque protagoniste gagne ou perd à mesure que leur lien évolue. C’est un début de série qui sait captiver, remettant en question les motivations classiques du mariage arrangé pour y substituer une exploration plus nuancée des sentiments et des choix personnels.
Résumé éditeur :
Puisque les hommes nobles sont tous les mêmes, Inès pensait qu’il valait mieux choisir le plus beau. L’échec de ce mariage était précisément ce qu’elle espérait ! Premier titre d’une nouvelle collection de romance d’un nouveau genre… Inès, fille de duc, souhaite que Carcel, un jeune héritier, devienne son fiancé. Puisque les nobles sont tous les mêmes, autant en choisir un beau ! Il n’est pas du genre fidèle et aimerait bien esquiver ce mariage… mais lorsqu’il apprend qu’Inès se fiche bien de son amour ou de sa fidélité, le jeune homme désire alors prouver à sa future femme qu’il peut être un époux digne d’elle !
Date de parution : 12 février 2026 Auteurs : Chacha Kim & Chokam (scénario), Cheong-Gwa (dessin) Éditeur : Delcourt – KBOOKS (Collection Kily) Format / Pages : Broché – env. 256 pages
Marlène Jobert raconte Mary Poppins (Glénat Jeunesse)
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album audio dans la collection : Marlène Jobert raconte: Mary Poppins. Cette collection va ravir petits et grands. Si l’enfant ne sait pas encore lire, en écoutant Marlène Jobert qui raconte l’histoire, il va avoir l’impression de savoir lire… Et s’ils sait déjà lire, il va pouvoir suivre l’histoire avec son livre. On va retrouver le conte de notre enfance, un peu revisité. Dans la même collection, les éditions Glénat jeunesse nous proposent : Le petit chaperon rouge. Un livre audio, également, avec un flashcode, disponible sur toutes les platesformes d’écoute. Avec, à chaque album, de super illustrations ! Marlène Jobert raconte Mary Poppins et Le petit chaperon rouge, deux très chouettes albums audio à découvrir sans tarder !
[Manga] Oldman – Tome 01, de Chang Sheng (Glénat Manga)
Oldman – Tome 01 fait renaître en grand format l’un des récits les plus singuliers du mangaka Chang Sheng, mêlant fantastique, magie et aventure historique dans une intrigue riche en mystères. Cette nouvelle édition française chez Glénat Manga signe le retour d’un manhua taïwanais qui fascine par son mélange de folklore, d’illusionnisme et de drame humain.
Au cœur d’un royaume ancien gouverné par une Reine mystérieusement éternelle, un magicien accusé de trahison est emprisonné, porteur d’un secret lourd de conséquences. Ce premier tome installe une atmosphère à la fois énigmatique et tendue, où se mêlent manipulation, trahison et lsoif de liberté sous les règles d’un pouvoir immuable. La trame emprunte aux légendes et aux codes du thriller fantastique, tout en conservant une densité narrative qui donne envie de poursuivre l’aventure.
Graphiquement, Chang Sheng déploie un trait précis et immersif, alternant scènes sombres et détails minutieux pour refléter les enjeux dramatiques et psychologiques des personnages. Les décors du XVIIᵉ siècle et les passages d’illusionnisme renforcent l’impression d’un monde où la réalité se fond avec le mythe. Ce premier volume pose les jalons d’un voyage narratif intrigant, teinté de magie et de tension, qui explore autant les relations humaines que les jeux de pouvoir.
Résumé éditeur :
Le temps n’est qu’une illusion. Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise. Au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, un vieux magicien accusé de trahison et qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la Reine… Mais aujourd’hui, l’heure est venue de rendre des comptes. Grâce à ses talents d’illusionniste, Oldman s’évade et délivre au passage une autre âme abîmée : Rebecca, une ancienne générale amputée qui retrouvera sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, anatomiste excentrique et concepteur d’automates. Bientôt, ils vont former un improbable trio d’anonymes, exerçant leurs talents dans les théâtres de la ville, attendant secrètement le moment tant attendu de leur revanche…
Date de parution : 11 février 2026 Auteur : Chang Sheng (scénario & dessin) Éditeur : Glénat Manga Collection / Série : Seinen – Fantastique & Aventure Format / Pages : Broché – env. 360 pages
[Comics] Rocketeer – Nouvelles aventures – Tome 02, de John Cassaday & Collectif (Delcourt – Contrebande)
Rocketeer – Nouvelles aventures – Tome 02 prolonge la relance d’un héros emblématique du comics pulp en lui offrant des histoires inédites.
Dans ce volume, Cliff Secord s’élève à nouveau dans les airs, affronte des dangers d’un autre âge et croise des figures historiques hors du commun : l’aviatrice pionnière Amelia Earhart, l’antique menace d’un avion Zero japonais dans le Pacifique Sud, ou encore un aventurier archéologue qui aura de quoi le précipiter dans des situations explosives. Ici, l’hommage au personnage créé par Dave Stevens ne se contente pas de rappeler son héritage des pulps classiques, il l’actualise dans une série de récits courts où l’action, l’aventure et l’esprit rétro se conjuguent pour déployer un héros dont le jetpack devient symbole de liberté et d’audace.
L’écriture graphique de John Cassaday, soutenue par un collectif d’artistes de renom qui célèbrent la “crème des auteurs de comics”, confère à cet album une tonalité dynamique et un sens du mouvement qui rappellent l’essence du Rocketeer : un héros accroché à son rêve de voler aussi haut que son courage le porte. L’équilibre entre hommage rétro et narration cinématique donne à ce deuxième tome une vigueur narrative qui résonne à la fois avec les lecteurs d’hier et d’aujourd’hui.
Extrait :
Résumé éditeur :
Cette série propose des hommages au personnage créé par Dave Stevens par la crème des auteurs de comics, parmi lesquels Bill SIENKIEWICZ, Colin WILSON, Walt SIMONSON, John BYRNE ou encore Adam HUGUES ! Cet album entièrement inédit propose une série d’aventures palpitantes du Rocketeer ! Il rencontre notamment l’aviatrice pionnière Amelia Earhart. Puis doit combattre un Zero japonais dans le Pacifique Sud. Dans un autre récit, le Rocketeer rencontre un aventurier/archéologue vaguement familier. De quoi faire en sorte que Cliff Secord / Le Rocketeer se jette la tête la première dans les ennuis.
Date de parution : 12 février 2026 Auteurs : John Cassaday & Collectif (scénario, dessin & couleurs) Éditeur : Delcourt – Contrebande Collection / Série : Comics – Action & Aventure Format / Pages : Cartonné – env. 152 pages
« Le Suicidé » : Bellorini rallume la satire d’Erdman
Écrite à la fin des années 1920, « Le Suicidé » de Nicolaï Erdman appartient à cette zone paradoxale de l’histoire théâtrale soviétique où l’avant-garde comique devient politiquement dangereuse.
Satire de la récupération idéologique d’un individu ordinaire, la pièce fut rapidement censurée, précisément parce qu’elle révélait le fonctionnement symbolique du pouvoir plutôt que son contenu doctrinal.
Il y a, dans ce « Suicidé », quelque chose qui ressemble à un carnaval au bord du gouffre. On rit, mais d’un rire qui tangue. On applaudit, mais avec l’impression d’avoir traversé un rêve trop lucide.
La pièce de Nicolaï Erdman est déjà une bombe : satire féroce, mécanique du désespoir collectif, farce métaphysique où un homme ordinaire devient soudain l’objet de toutes les récupérations idéologiques.
Jean Bellorini, lui, ne cherche pas à l’actualiser à coups de clins d’œil politiques appuyés. Il fait mieux : il la laisse déborder. Et dans cet espace, elle devient étrangement contemporaine.
Sa mise en scène avance comme un orchestre désaccordé qui trouverait soudain l’harmonie dans le chaos.
La farce et l’abîme
Le plateau est vivant, traversé de musique, de corps colorés, d’élans presque enfantins. On reconnaît la signature Bellorini : le théâtre comme fête fragile, comme tentative d’élévation collective, comme refuge contre la brutalité du monde.
Mais ici, la lumière n’efface jamais l’ombre. Le spectacle joue constamment sur une ligne de fracture : d’un côté, une énergie burlesque, presque clownesque, de l’autre, une mélancolie qui s’infiltre partout, jusque dans les apartés.
Là où d’autres auraient souligné la dimension politique, il cherche plutôt la vibration humaine — ce point fragile où le grotesque cesse d’être un effet pour devenir une condition.
On pense parfois aux théâtres de tréteaux hérités de Vsevolod Meyerhold : un jeu physique, musical, collectif, où la forme fabrique du sens avant même le texte.
Mais Bellorini n’imite pas une tradition. Il la rend poreuse.
Les acteurs ne caricaturent pas les figures grotesques : ils les habitent avec une sincérité troublante. Le héros malgré lui n’est pas seulement un pantin social, il devient un miroir.
Et ce miroir renvoie une question simple, brutale : qu’est-ce qu’une vie vaut lorsqu’elle devient un symbole pour les autres ?
La musique, omniprésente, agit comme un second texte. Elle ne souligne pas l’action : elle la prolonge. Par moments, on a l’impression que le spectacle se met à chanter parce que dire ne suffit plus.
La force de Bellorini est de ne jamais transformer la satire en démonstration, mais d’en orchestrer une expérience humaine
Il en ressort une comédie sur le désespoir, une farce sur la manipulation politique mais aussi, et peut-être surtout, une ode fragile aux vivants qui refusent de disparaître
Ce « Suicidé » n’est pas une relique soviétique remise au goût du jour.
C’est un bal étrange où le grotesque danse avec le tragique, et où, au milieu du vacarme, une question persiste : et si le vrai scandale n’était pas de mourir, mais de vivre sans que personne ne sache pourquoi.
Dates : du 13 au 21 février 2026 – Lieu : Théâtre Nanterre-Amandiers (Paris) Mise en scène : Jean Bellorini
[BD] La Grande Histoire de Picsou – Tome 02, de Don Rosa (Glénat – Disney / Les Grands Maîtres)
La Grande Histoire de Picsou – Tome 02 s’inscrit dans une entreprise éditoriale ambitieuse : retracer, dans un format moderne et accessible, les aventures du canard le plus riche du monde à travers l’œuvre de Don Rosa, héritier et interprète passionné de l’univers créé par Carl Barks. Cette nouvelle série en dix volumes propose une présentation chronologique et approfondie des récits majeurs de l’auteur qui a redéfini l’histoire de Balthazar Picsou, en mêlant humour, sens de l’aventure et respect du patrimoine Disney.
Dans ce deuxième tome, la narration continue d’approfondir la jeunesse de Picsou, explorant son ascension depuis les premières aventures et labeurs de jeune canard jusqu’aux expériences qui forgent son caractère, sa richesse et ses légendes. L’écriture de Don Rosa fait de chaque épisode une pièce d’un puzzle biographique riche et cohérent : on y découvre une galerie de personnages fascinants, des dialogues pleins de verve, et ces détails historiques ou anecdotiques qui font la singularité de l’œuvre.
La progression de la série met en lumière la façon dont Picsou se confronte au monde réel, à travers des aventures épiques, des découvertes surprenantes et les éléments de la vie quotidienne qui, petit à petit, façonnent son mythe. Les récits sont construits avec une intelligence narrative qui allie respect des fondamentaux du genre à une capacité à surprendre, ce qui donne à chaque page une double qualité : celle de captiver les amateurs de BD Disney classiques comme de séduire les nouveaux lecteurs curieux d’une grande saga d’aventure.
Graphiquement, l’édition met en valeur le trait détaillé et dynamique de Don Rosa, qui restitue avec précision les décors, les expressions et les scènes d’action. Les gags visuels foisonnent sans jamais nuire à la fluidité de la lecture, et chaque vignette est pensée pour renforcer l’identité unique de Picsou : un personnage à la fois profondément ancré dans la tradition de la bande dessinée Disney et capable de porter des intrigues captivantes et variées.
Extrait :
Résumé éditeur :
L’œuvre de Don Rosa dans un nouveau format !
Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est rapidement imposé comme un des personnages les plus intéressants de l’univers Disney. Pingre et colérique, il est le héros de magnifiques aventures devenues aujourd’hui des classiques (cf. Les Âges d’or de Picsou). Pourtant c’est Don Rosa qui va marquer de son empreinte l’univers de Picsou. Ses récits sont un hommage constant au travail de Carl Barks dont il prolonge, complète et explique l’œuvre ; allant jusqu’à créer le fameux arbre généalogique de la famille Duck et surtout proposer l’histoire de la jeunesse de Balthazar Picsou. Avec des scénarios plus épiques et matures allant parfois jusqu’au drame, avec son style graphique complexe fourmillant de détails comiques et un ton sarcastique, Don Rosa a définitivement donné à Picsou son statut de personnage iconique. C’est cette œuvre majeure que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui avec cette magnifique collection en 10 volumes.
Date de parution : 11 février 2026 Auteur : Don Rosa (scénario & dessin) Éditeur : Glénat – Disney / Les Grands Maîtres Collection / Série : BD – Classique & Patrimoniale Format / Pages : Broché – env. 216 pages
[BD] Radio Club – A West Coast True Story of Hip Hop, d’Alex Jordanov & Ké Clero (Glénat BD)
Radio Club – A West Coast True Story of Hip Hop se déploie comme une enquête vivante et rythmée sur l’une des périodes fondatrices de la culture hip-hop à Los Angeles, au tout début des années 1980. Ici, la BD ne se contente pas de raconter une histoire de musique : elle saisit l’énergie brute, les tensions sociales et les alliances improbables qui ont permis à un mouvement culturel de naître et de s’épanouir dans l’underground américain. Cet album, né de la rencontre entre l’expérience personnelle d’Alex Jordanov et l’œil graphique incisif de Ké Clero, combine le souffle du roman graphique et la tension narrative d’un polar musical.
Los Angeles, 1982 : au cœur d’une ville fracturée, The Radio surgit comme un pari presque impossible — un club de hip-hop lancé par deux jeunes gens que tout sépare et tout rapproche. L’un est un Français surdoué fraîchement débarqué, l’autre un futur rappeur à la rage intacte, prêt à faire exploser sa voix dans la ville des rêves brisés et des nuits sans fin. Ensemble, ils réinventent un espace de création, attirant des marginalisés, des fêtards, des gangsters et des artistes en devenir. Ce récit trace un portrait sans concession de la contre-culture naissante, où chaque soir est une bataille, chaque set une révolution.
L’écriture graphique de Ké Clero donne à cette histoire une texture nerveuse et immédiate : les cases débordent de mouvement, de détails, de regards fuyants et d’ambiances nocturnes qui rendent palpable le rythme effréné de Los Angeles à l’aube du hip-hop. L’album ne se contente pas d’illustrer des événements ; il capte une époque, un état d’esprit : la tension entre marginalité et succès, entre débrouillardise créative et impératif commercial. Cette plongée dans l’histoire de The Radio devient une manière de comprendre comment la musique, l’amitié et la débrouille peuvent transformer une ville, une scène, une culture entière.
Extrait visuel / ambiance :
Résumé éditeur :
Entrée libre : bienvenue dans le berceau du hip-hop West Coast !
1982. Premier club de hip-hop de Los Angeles, The Radio verra défiler aussi bien les gangs que le Tout-Hollywood lors de soirées mythiques. À l’origine de cette histoire folle, une rencontre improbable entre deux ados volontaires et vifs d’esprit : Alex Jordanov, un jeune Français génie des mathématiques, et un rappeur en devenir : Ice-T…
Ice-T… Orphelin et tout juste viré des Marines, Tracy Lauren Marrow n’a rien à perdre quand il croise la route d’Alex. Il vit sur un matelas dans un garage et s’essaie à la criminalité du ghetto. Alex, ce jeune Français vient tout juste d’arriver en Amérique. Seulement, comment faire pour organiser des soirées à Hollywood quand on a 19 ans, on est blanc, français et qu’on vient de débarquer sans un sou ? C’est dans le garage de la tante d’Ice-T que les deux amis vont se taper dans la main et révolutionner la culture américaine… Alex fera appel à K.K., le batteur du légendaire groupe punk The Screamers, pour l’aider à trouver un local et l’éduquer en matière de music business tandis qu’Ice-T s’occupera d’enflammer la scène en continuant à mener une vie de gangster. Même si les débuts frisent la catastrophe, leur boîte ne désemplira plus ! The Radio devient le lieu privilégié de la contre-culture avec à sa tête deux ados qui n’ont pas 20 ans. La fièvre musicale et l’énergie créative qui s’y dégagent attirent des inconnus qui deviendront les superstars de demain lors de soirées déjantées. Mais le rêve américain a une fin et quand l’argent commence à couler à flots, les problèmes ne tardent pas à suivre…Hollywood a ses règles. Entre criminalité, débrouille, mathématiques et succès fulgurant, Radio Club raconte la naissance d’un lieu underground et celle d’une amitié qui va changer l’industrie de la musique. Entraîné par sa passion de la musique, en collaboration avec Ice-T et d’autres personnages flamboyants, Alex Jordanov revient sur sa propre histoire et nous donne à voir une certaine époque à travers le dessin nerveux et incisif de Ké Clero.
Date de parution : 11 février 2026 Auteurs : Alex Jordanov (scénario) & Ké Clero (dessin & couleurs) Éditeur : Glénat BD – Hors Collection Collection / Série : BD – Roman graphique / Thriller & musique Format / Pages : Cartonné – env. 144 pages
[BD Jeunesse] Kariba – Nouvelle édition, de Daniel Clarke & James Clarke (Glénat / Vents d’Ouest)
Kariba transporte immédiatement dans une Afrique australe vibrante, où s’entrelacent aventure, écologie et légende. Cette réédition remastérisée de l’album original, proposée par Vents d’Ouest, revisite une odyssée initiatique qui mêle habilement les forces du réel et du mythe. L’Afrique n’est pas seulement toile de fond : elle est actrice du récit, avec sa lumière, sa faune, ses eaux majestueuses et ses légendes anciennes.
Siku, au cœur de cette fresque, n’est pas une héroïne comme les autres : elle grandit au bord du fleuve Zambèze, liée aux animaux par un lien mystérieux qui dépasse l’entendement. Lorsqu’elle apprend que son père n’a plus donné signe de vie après avoir rejoint le gigantesque chantier du barrage de Kariba, sa détermination la pousse à remonter le cours tumultueux du fleuve. À travers les rapides, les rencontres dangereuses, les capitalistes pressés par le progrès et les figures énigmatiques qu’elle croise, son voyage devient un miroir de l’âme, oscillant entre nécessité de comprendre ses racines et quête de sens dans un monde en mutation.
Ce qui distingue cette aventure, c’est la façon dont la narration fusionne réalité historique sensible et éléments fantastiques portés par la mythologie sud-africaine. Dans cet univers, les traditions ancestrales, l’impact environnemental de grands projets humains et la magie se répondent : l’histoire du barrage, de ses promesses technologiques et de ses conséquences sociales se lit comme un écho aux préoccupations contemporaines sur la nature et la transmission culturelle. Les interactions de Siku avec les créatures et les forces qui l’entourent enrichissent ce récit d’une réelle dimension symbolique.
Graphiquement, l’album s’épanouit dans la luminosité et le dynamisme : chaque case respire les paysages africains, avec une gamme de couleurs qui met en lumière tant les paysages ensoleillés du Zambèze que les zones d’ombres où se nichent les dangers et les secrets. Le dessin oscille entre réalisme séduisant et touches oniriques qui renforcent l’impression d’un voyage à la fois physique et intérieur, où chaque rencontre propulse Siku plus près de sa vérité.
Extrait :
Résumé éditeur :
Un voyage magique sur les rives du Zambèze, qui résonne comme un cri du cœur en faveur de la nature.
Habitant sur les rives du fleuve Zambèze, Siku est une jeune fille comme les autres, à ceci près qu’elle semble dotée d’étranges pouvoirs qui la lient aux animaux de la région. Elle est sans nouvelle de son père, depuis que celui-ci est parti travailler au grand barrage de Kariba, un chantier colossal qui recrute de la main-d’œuvre dans toute la région. Pour le retrouver, Siku décide de remonter les flots périlleux du Zambèze avec l’aide d’Amedeo, le fils de l’ingénieur en chef de Kariba. Leur voyage aux sources de ce fleuve légendaire la confrontera à des pirates, des capitalistes, des affabulateurs ou de sombres magiciens. Mais il va également mener Siku au plus près du secret enfoui de ses origines… Kariba a été conçu par le collectif Blue Forest pour sensibiliser les jeunes générations à la construction du barrage éponyme et aux conséquences du productivisme sur l’environnement ainsi que sur les cultures locales. Cette belle réédition, proposée dans un nouveau format avec une couverture inédite, revisite une aventure teintée de magie : une histoire au graphisme puissant, réalisée par une équipe d’artistes sud-africains. Situé aux confins du fleuve Zambèze, ce récit aborde des thématiques fortes telles que l’écologie, la transmission familiale ou encore le maintien des traditions ancestrales, à travers le destin d’une jeune héroïne intrépide.
Date de parution : 11 février 2026 Auteurs : Daniel Clarke & James Clarke Éditeur : Glénat / Vents d’Ouest Collection / Série : BD Jeunesse / Aventure & Fantastique Format / Pages : Broché – env. 232 pages
[BD] Algérie, une guerre française – Tome 05 : Chaos, de Philippe Richelle & Alfio Buscaglia (Glénat BD)
Algérie, une guerre française – Tome 05 : Chaos clôt avec force l’une des fresques historiques les plus marquantes consacrées à la Guerre d’Algérie. Plus qu’un simple récit, cet ultime volume agit comme une immersion au cœur d’une période où espoir de paix et chaos s’entremêlent, où les convictions les plus solides se brisent sur les réalités politiques et humaines de la fin de la présence française en Algérie.
L’année 1960 est synonyme de crise profonde : le devoir d’uniforme devient un dilemme moral pour Paul, partagé entre obligation et rejet de la violence. L’exil à Paris de Mo se transforme en piège lorsque des autorités sans scrupules exploitent sa vulnérabilité. Arrivé d’Alger, Kamal incarne la montée des tensions internes, sa confrontation avec les siens reflète les fractures profondes au sein du FLN et la difficile quête de cohésion dans la lutte pour l’indépendance. André, quant à lui, reste ancré dans la terre de son exploitation et découvre combien son ouverture envers les travailleurs musulmans peut être perçue comme une menace, cristallisant les antagonismes. Julia, enfin, se retrouve face à la justice pour son rôle dans le réseau Jeanson, pointant l’ambiguïté morale de ceux qui ont choisi d’agir hors des cadres institutionnels.
La montée de l’OAS après l’échec du putsch des généraux en 1961 ouvre une spirale de violence extrême où attentats, représailles et manipulations politiques deviennent la norme. On sent ici une écriture encore plus tendue, qui ne se contente pas de retracer des faits historiques, mais montre comment les hommes et les femmes se débattent au milieu d’un conflit qui les dépasse et transforme leurs existences. La conclusion de la série met en lumière l’impossibilité d’une cohabitation apaisée alors que les lignes politiques se durcissent, que l’espoir de compromis s’amenuise et que la mémoire collective se forge dans le sang et le silence.
Graphiquement, Alfio Buscaglia maintient une approche visuelle qui sert l’exigence documentaire du scénario : des visages marqués, des paysages urbains et ruraux rendus sans concession, des cases qui respirent le chaos et la tension. La mise en scène des scènes de foule, d’antagonisme et de drame intime est travaillée avec rigueur et sensibilité, ce qui contribue à faire de ce dernier tome une conclusion aussi convaincante artistiquement que narrativement.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
La fin d’un conflit sanglant, entre espoir de paix et chaos
1960. Paul est confronté à un dilemme : entrer sous les drapeaux ou déserter… Réfugié à Paris, Mo est manipulé par un commissaire de police retors. Kamal, son dernier chef au FLN Alger, arrive en métropole pour lui faire payer sa trahison. En Algérie, André s’accroche à son exploitation familiale. Son libéralisme envers les Musulmans lui attire des ennemis. Julia, de son côté, comparaît devant la justice pour son rôle dans le réseau Jeanson. En 1961, l’échec du putsch des généraux ouvre la voie à l’OAS, qui multiplie les attentats contre la politique gaulliste, les Européens libéraux et les Musulmans. Une spirale de violence qui rendra impossible toute cohabitation dans l’Algérie indépendante qui s’annonce… Ce cinquième et dernier tome nous plonge au cœur des événements qui précipitent la chute du rêve colonial. Avec un réalisme cru, la première grande série de fiction documentée sur la Guerre d’Algérie, s’achève en nous livrant un récit passionnant, grand public qui permet de mieux comprendre ces années noires de notre passé récent dont on s’acharne à dissimuler les cicatrices pourtant indélébiles…
Date de parution : 11 février 2026 Scénariste : Philippe Richelle Dessin & couleurs : Alfio Buscaglia Éditeur : Glénat BD Collection / Série : 24×32 – BD Documentaire & Biographie Format / Pages : Cartonné – env. 64 pages
[BD] Sigi – Tome 02, d’Erik Arnoux & David Morancho (Glénat BD)
Sigi – Tome 02 prolonge une série qui bouscule les conventions du récit d’aventure et d’émancipation féminine. Après une première étape mouvementée à travers les États-Unis au volant de son Adler, Sigi entame une deuxième phase de son incroyable tour du monde à la fin des années 1920, époque charnière où se croisent explorations personnelles, enjeux politiques et tensions sociales croissantes. La progression du récit s’installe désormais dans les paysages vertigineux du Pérou, et l’expédition “Brünnhilde” se heurte à ses propres contradictions, révélant combien l’ambition peut rimer avec trahison et danger.
Le passage des États-Unis aux Andes change le tempo : au cœur des montagnes, la mécanique humaine et mécanique vacille, la voiture tombe en panne, les alliances se fragilisent, et ce qui semblait une aventure exaltante se transforme en une lutte pour survivre et affirmer sa liberté. Le détachement de Berlin laisse place à la réalité brute du terrain, et l’émancipation de l’héroïne s’entrelace avec une histoire de propagande et d’espionnage qui n’épargne rien ni personne
L’écriture d’Erik Arnoux dessine une Sigi plus nuancée qu’à ses débuts : elle est forte, indépendante et résolue, mais ses certitudes se heurtent à la complexité du monde qui l’entoure. La progression narrative fait la part belle aux dilemmes intérieurs, aux retournements de situation et à une tension croissante, sans jamais perdre de vue le souffle épique du périple. David Morancho, quant à lui, excelle à transposer ces vastes paysages de Terra Inca et cette atmosphère changeante en planches qui respirent, entre moments de contemplation et scènes d’action tendues. La ligne claire se teinte ici de texture, donnant à ce deuxième tome une densité visuelle très appréciable !
Ce deuxième volet confirme que Sigi n’est pas seulement un récit de voyage automobile ; c’est une bande dessinée qui capte les prémices d’une époque en mutation, qui interroge la place des femmes dans l’Histoire, et qui place son héroïne au cœur d’événements qui dépassent ses rêves initiaux. Le mélange d’aventure, d’intrigue politique et de portrait psychologique donne une intensité et une profondeur au récit, annonçant une suite où l’horizon ne cessera plus de s’élargir.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Prenez la route avec Sigi, première femme à faire un tour du Monde au volant !
Loin de Berlin, après une première partie mouvementée aux États-Unis au volant de son Adler, Sigi poursuit son périple au Pérou en compagnie du photographe suédois Sven, suivie par le camion d’assistance conduit par Emil et Jürgen, deux espions nazis infiltrés dans l’expédition sans qu’elle ne s’en doute ! Mais ce tour du Monde financé par Berlin n’est pas une promenade de santé. Dans les plateaux andins, la voiture tombe en panne contraignant Sigi à accepter l’hospitalité de Raul de la Hoya, le propriétaire d’une vaste perdue dans les montagnes. Tandis que Raul se révèle de plus en plus entreprenant, la tension monte entre les membres du convoi. Car l’expédition “Brünnhilde“, conçue comme un outil de propagande du futur Reich, demeure sous surveillance… À Berlin, Hannah, l’amie qui a présenté le financier Gottfried Geyer à Sigi sans lui dire que les nazis sont derrière le projet, commence à s’apercevoir à son corps défendant que l’expédition n’a rien d’innocent… Elle pourrait bien en payer le prix ! Dans les confins du Pérou, alors que les choix deviennent radicaux, les illusions tombent : Sigi devra fuir l’hacienda et accepter que ses rêves de liberté s’inscrivent désormais dans un monde qui bascule vers l’horreur, ignorant qu’en Allemagne son amie est en danger de mort ! Au cœur des Andes, l’expédition déraille… et les masques tombent. Entre traque, embuscades et révélations troublantes, ce second tome nous entraîne sur les pas d’une héroïne forte et indépendante. Très librement inspiré par le périple de Clärenore Stinnes (1901-1990), une passionnée d’automobile qui réalisa un tour du Monde en voiture en 1927, cette série en quatre tomes nous conte l’histoire d’une jeune globe-trotteuse allemande balayant les conventions de ce début de XXᵉ siècle. Erik Arnoux dépeint avec panache le reflet d’une époque et les prémices de l’émancipation féminine au milieu des grands décors naturels de l’Amérique du Sud que sait si bien illustrer David Morancho.
Date de parution : 11 février 2026 Auteurs : Erik Arnoux (scénario) & David Morancho (dessin & couleurs) Éditeur : Glénat BD Collection / Série : 24×32 – Aventure & Historique Format / Pages : Cartonné – env. 56 pages
Les éditions Sarbacane nous proposent un très joli album : Maman pour toujours. Un album qui sort du lot ! Olivo habite avec son papa. Pas de maman. Plus de maman. On ne sait pas où est la maman, mais on voit que ce n’est pas facile pour Olivo de vivre sans elle. Il est triste, ou il est en colère… Comment apprendre à vivre sans elle… Et son papa aussi est triste… L’auteure, Chiara Lorenzoni, aborde un sujet grave, celui de la séparation. Avec beaucoup de douceur et de vérités. Et les illustrations de Marco Soma sont de toute beauté ! Maman pour toujours est un livre à avoir dans toute bibliothèque !
Les Caves Aux Caux Bulles Antiques Sans sulfites ajoutés
Le vin Méthode ancestrale Bulles antiques Brut Blanc de la Cave aux Caux est composé de vin blanc effervescent avec le cépage Chenin. Cette cuvée est élaborée selon une méthode ancestrale, la fermentation se termine naturellement en bouteille, au repos pendant 10 à 12 mois. Les bouteilles sont ensuite dégorgées, mais non dosées, sans additif, sans sulfites ajoutés. Les bulles sont fines et le vin fait découvrir de subtils parfums de pomme et de poire sur le millésime actuel. Le vin se déguste idéalement à l’apéritif ou sur un dessert. Proposé au tarif de 8,90 euros la bouteille à la cave, c’est une très bonne surprise à prix tout doux.
Publireportage:
Situé en Loir-et-Cher, à l’ouest de Vendôme (vallée du Loir), notre domaine appartient aux Coteaux du Vendômois, l’une des aires d’appellations des Vins de Loire. Les cépages typiques sont le Chenin et le Pineau d’Aunis. Nous produisons également d’autres cépages, hors appellation, tels que le Chardonnay, le Sauvignon, le Cabernet Franc, le Pinot Noir, le Côt, le Gamay, etc. Nous pratiquons une viticulture raisonnée labellisée HVE (Haute Valeur Environnementale) et nos vins sont vinifiés avec leurs levures naturelles et le minimum d’additifs. Recherchant toujours plus d’authenticité, nous développons une gamme de vins sans additif à la vinification – sans sulfites ajoutés, sans auxiliaire technologique – dont le premier est né en 2017.
La Méthode Traditionnelle brut gris Jumert Charles et Florent de la Cave de la Berthelotière
La Méthode Traditionnelle brut gris Jumert est un vin gris 100% Pineau d’Aunis, le cépage typique des Coteaux du Vendômois. A l’œil, sa robe est rouge pâle avec une belle lumière. Le nez est minéral et frais avec des notes de framboise et de fraise des bois. La bouche est fruitée et harmonieuse, fraiche et avec une jolie longueur. Le vin se déguste idéalement avec du saumon, des crevettes, du poulet au citron et un dessert aux fruits. Le prix cave de 7,50 euros est très intéressant pour découvrir rapidement cette cuvée emblématique de la région du Vendômois.
Publireportage: La cave familiale Berthelotière produit des vins rouges, rosés et blancs sous l’appellation du Côteaux-du-vendômois. Le vignoble s’étend sur 13 hectares et produit les cépages suivants : le chenin, le chardonnay, le cabernet, le pinot noir et le vendômois. La famille a fait le choix de suivre une méthode de plantation traditionnelle afin de garantir des vins de qualité. La cave organise des visites de son vignoble, de son chai ainsi que de sa cave. La visite guidée vous permettra d’en apprendre davantage sur la viticulture et la région de la Loire. La cave de la Berthelotière est une cave familiale qui se transmet de père en fils depuis sept générations. Aujourd’hui, c’est Charles Jumert qui est à la tête de la cave et qui vous accueillera pour vous faire visiter son domaine.
J’avais 13 ans à Auschwitz, de Karine Sicard Bouvatier (La Martinière Jeunesse)
Karine Sicard Bouvatier, photographe et auteure, nous présente son très beau livre : J’avais 13 ans à Auschwitz, qui est le fruit d’un très long travail auprès des rescapés de la Shoah. Un livre tout à fait bouleversant. Un livre pour ne jamais oublier ! Un livre de transmission. Un livre-témoignage de personnes qui ont vécu la Shoah quand ils étaient enfant ou adolescent. Au début de chaque chapitre, l’auteure a pris en photo les rescapés des camps, avec à côté de lui, un enfant ou un ado du même âge au moment des faits tragiques. L’enfant devient une sorte de double visuel : il incarne l’enfant ou l’adolescent que le survivant était au moment des faits. Cette mise en parallèle rappelle que derrière l’adulte qui témoigne aujourd’hui se cache un enfant marqué par l’Histoire. Ce qui marque particulièrement, c’est le contraste entre l’âge du narrateur et la violence de ce qu’il a traversé. L’innocence de l’enfance se heurte à la déshumanisation systématique des camps. Le texte met en lumière non seulement la souffrance physique — la faim, le froid, la peur constante — mais aussi la destruction psychologique et la perte prématurée de l’insouciance. Le regard d’un enfant rend le récit encore plus poignant : il raconte sans toujours comprendre, ce qui rend l’horreur d’autant plus saisissante. Ce livre joue également un rôle fondamental de transmission. Il rappelle que derrière les chiffres et les manuels d’histoire se trouvent des vies brisées, des familles détruites, des enfances volées. Plus de trente portraits européens sont exposés dans ce recueil. Ces témoignages s’adressent avant tout aux plus jeunes, pour que la mémoire continue et que l’Histoire ne soit jamais oubliée. A la fin du livre, un cahier pédagogique est proposé aux lecteurs ; Il a été élaboré par le Mémorial de la Shoah et permettra au lecteur de découvrir les connaissances historiques pour bien comprendre ces paroles de survivants. J’avais 13 ans à Auschwitz est un livre rédigé à l’attention des jeunes, mais il est à mettre entre toutes les mains ! C’est un livre à lire et relire pour ne jamais oublier l’Histoire.
« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau (succès, prolongations !)
Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec « La Jalousie » de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.
Sur scène, tout est beau, trop beau : les dorures, les étoffes, la diction au cordeau. Un décor de rêve où le doute s’invite comme un parfum entêtant. Fau, impeccable d’ironie glacée, taille dans le texte comme un chirurgien du soupçon : chaque réplique devient une arme blanche. Gwendoline Hamon, en épouse faussement tranquille, oppose une grâce nerveuse à son mari soupçonneur ; ensemble, ils dansent un pas de deux d’une cruauté tendre.
Car sous cette esthétique bourgeoise, on sent sourdre le malaise. Fau compose une atmosphère d’une précision troublante — comme si chaque coussin, chaque lueur, chaque ombre participait du mensonge. La beauté, ici, devient arme du crime. L’œil se perd dans les reflets, et le doute s’y installe comme un hôte invisible.
Michel Fau, magicien de l’ambiguïté
« La jalousie » n’est plus une crise conjugale : c’est un vertige bourgeois d’ambiguïté. Fau tire de Guitry tout ce qu’il a de plus actuel — la vanité, la peur, la comédie du couple.
Dans le rôle d’Albert Blondel, le mari rongé par le soupçon, Fau est magistral de retenue décalée. Il avance comme un chat dans une porcelaine d’émotions. Sa diction, tout en dentelle acérée, cisèle chaque mot comme une note de clavecin. On sent chez lui le plaisir du texte — mais aussi la peur de s’y brûler.
Ce mari jaloux n’est pas une caricature : c’est un homme qui tombe amoureux de son propre doute. Le comédien le joue avec une précision presque musicale : un trémolo dans la voix, un battement dans le regard, un rire qui s’étouffe trop vite. On rit, bien sûr — mais d’un rire inquiet, celui qu’on repousse quand la vérité nous frôle.
Face à lui, Gwendoline Hamon compose une Marthe d’une intelligence séductrice. Sa douceur n’est jamais soumission ; sa grâce, jamais passive. On croit voir la femme « innocente » de Guitry, puis soudain, une inflexion du regard, un léger sourire, et le spectateur doute à son tour. Hamon ne joue pas la victime du soupçon : elle en devient le miroir, la réplique subtile.
Elle incarne, avec une ironie feutrée, cette éternelle question du théâtre et du cœur : que vaut une vérité qu’on ne croit plus ? Alexis Moncorgé, impeccable de charme indolent, prête au rôle du confident un parfum de légèreté fausse : on devine que son rire n’est qu’un masque. Et Geneviève Casile (impériale), en observatrice avisée, donne à la pièce sa profondeur morale : la sagesse du témoin réconciliateur.
Fau a ce talent du détournement : il garde la forme du boulevard — les portes, les apartés, la galanterie — mais en inverse la gravité. Chaque tirade de Guitry, sous sa brillance, devient un échantillon de la folie ordinaire.
Le doute n’est pas ici une crise domestique : c’est une expérience de laboratoire. Le mari observe, interprète, déduit — comme un savant fou devant son microscope. Et la mise en scène, d’une fluidité rigoureuse, épouse ce mouvement : tout est chorégraphié, au millimètre, comme une danse des nerfs.
Esthétiquement, le spectacle frôle la perfection. Les costumes de David Belugou évoquent une élégance outrancière ; les lumières de Joël Fabing sculptent les visages comme des bustes d’albâtre. Chez Fau, l’œil est toujours aussi savant que l’oreille. On songe à un théâtre total, où chaque détail — un pli de robe, un éclat de voix — devient signifiant. Cette obsession du beau n’a rien d’ornemental : elle révèle le poison sous le vernis. Le sublime, chez Fau, n’est jamais gratuit ; il est amoral.
Fau ne modernise pas Guitry ; il le révèle. Il entend dans ses phrases, souvent jugées frivoles, une musique grave : celle de l’orgueil, de la peur et de la solitude. Et en ce sens, Fau et Guitry font la paire : même goût du masque, même fascination pour la vérité travestie, même dédain pour la vulgarité du pathos.
À la fin, quand tout vacille, on réalise que la jalousie n’est pas seulement un thème : c’est une satire sociale. Fau en fait un art du tremblement. Le spectateur sort de la salle un peu grisé, comme après un parfum trop fort. Il a ri, oui — mais son rire laisse un sillage amer. Car « La Jalousie » version Michel Fau, c’est du cristal fendu : brillant, dangereux et irrésistible.
Dates : Depuis le 16 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de la Michodière (Paris) Mise en scène : Michel Fau
Les éditions Sarbacane, dans la collection sarbabb nous proposent un album pour tout-petit, très rigolo : Prout de Mammouth. C’est un album entièrement cartonné, aux bouts arrondis qui va ravir petits et grands ! Les prouts ont toujours fait rire ! Et en lisant cet album, le lecteur va jouer à trouver la rime et à en inventer ! C’est un joli recueil de maximes qui peut s’apprendre par coeur, comme une chanson ! Les illustrations sont à la hauteur des prouts ! Publik’Art est fan ! Prout de Mammouth est un album à avoir dans toute bibliothèque ! Succès garanti !
La tragédie sans alibi par Eddy d’arango au théâtre de l’Odéon
Il faut d’abord accepter d’être déplacé. Non pas uniquement ému – l’émotion est trop simple, trop disponible –, mais déplacé, désaxé, presque délogé de sa place confortable de spectateur venu se replonger dans un classique.
Car l’Œdipe Roi d’Eddy D’aranjo d’après Sophocle, présenté à l’Odéon, ne cherche pas à revisiter la tragédie. Il l’utilise comme une faille. Un point de rupture dans l’histoire du théâtre occidental, par lequel remonte, comme une eau noire, ce que la tragédie a toujours montré sans jamais vraiment le regarder : l’inceste, non comme mythe, mais comme système.
On pourrait croire à une énième relecture contemporaine d’un monument antique. Il n’en est rien. D’aranjo ne revisite pas Sophocle : il l’accuse. Ou plutôt, il s’accuse avec lui.
Défaire le silence
Il interroge ce paradoxe inaugural : dès la naissance du théâtre, l’inceste est là, partout, et pourtant introuvable. Mythe sublime, catastrophe symbolique, matière à catharsis – mais jamais crime social massif, jamais domination concrète, jamais silence organisé.
Ce spectacle est une enquête. Et le mot n’est pas galvaudé. Comme « Œdipe », le metteur en scène avance à tâtons vers une vérité qu’il pressent insoutenable. Mais ici, l’oracle est remplacé par les archives, les statistiques, les récits, les silences familiaux.
La peste qui ravage Thèbes prend la forme d’un chiffre : des centaines de milliers d’enfants concernés. Et l’aveuglement n’est plus une punition divine, mais un mécanisme social, presque administratif.
La force du spectacle tient à cette hybridation radicale : performance, documentaire, autobiographie, méditation philosophique, fragments tragiques. On navigue sans cesse entre l’intime et le structurel.
Le « je » n’est jamais complaisant ; il est mis en crise. D’aranjo se place dans une position dangereuse : ni victime héroïsée, ni analyste surplombant. Il pense devant nous. Il doute devant nous. Il creuse sa propre histoire familiale comme on ouvrirait un sol instable, sans garantie de trouver autre chose qu’un vertige supplémentaire.
Il y a quelque chose de profondément anti-spectaculaire dans cette démarche. Le théâtre de témoignage est convoqué, puis immédiatement interrogé. À quelles conditions un récit peut-il être entendu ? Quelles émotions faut-il exhiber pour être cru ?
La pitié et la terreur – affects tragiques par excellence – sont suspendus, presque disséqués. Le spectacle refuse la sidération facile. Il préfère le trouble.
Scéniquement, le travail de Clémence Delille et d’Edith Biscaro (scénographie, costumes, lumière) installe un espace à la fois clinique et fragile, où la parole semble constamment menacée de disparition.
La vidéo, loin d’illustrer, introduit un régime de regard. Voir, ici, n’est jamais neutre. Qui regarde ? Qui a le droit de voir ? Qui a confisqué le savoir sur les corps ?
Dans la dernière partie, consacrée à la figure de la grand-mère, le spectacle bascule vers une zone plus incertaine, presque onirique. Le portrait n’est jamais vériste.
Il est traversé par l’imaginaire, assumé comme tel. Et ce refus de combler les trous par de fausses certitudes. L’énigme demeure.
Cette femme, écrasée par un ordre patriarcal, tentant de divorcer d’un mari violent, pratiquant des avortements clandestins, devient une figure à la fois singulière et collective. Elle incarne moins une vérité biographique qu’un manque historique : celui des vies empêchées.
Il y a chez D’aranjo une tension constante entre tragédie et politique. La tragédie suppose une fatalité. Le politique suppose une transformation possible. Le spectacle tient précisément dans cet écart.
Il reconnaît la dimension abyssale de certaines violences – leur transmission, leur opacité, leur puissance de destruction – tout en refusant d’en faire un destin indépassable. Le réalisme revendiqué n’est pas celui de la simple description, mais celui des possibles non advenus ou réalisés malgré tout .
Et dans cette traversée, il faut voir les comédiens non comme d’interprètes au service d’un texte, mais comme de corps exposés à une pensée en train de se faire.
Edith Biscaro, Clémence Delille, Marie Depoorter, Carine Goron, Volodia Piotrovitch d’Orlik et Eddy D’aranjo lui-même ne composent pas des personnages au sens classique : ils occupent des positions instables, glissent du récit à l’analyse, de l’adresse frontale à l’incarnation fragile. Il y a chez eux une retenue presque dangereuse – rien d’hystérisé, rien de démonstratif.
La parole circule comme un matériau sensible, parfois sec, parfois vacillant. Volodia Piotrovitch d’Orlik porte une pensée qui se cherche, sans posture professorale, dans une forme d’honnêteté intellectuelle désarmante. Carine Goron, face à la figure énigmatique de Jeanne, travaille le flou, l’inachevé, laissant affleurer une présence plus qu’un portrait.
Marie Depoorter engage son corps avec une précision calme, sans spectaculaire, dans des gestes qui déplacent profondément le regard. Quant à D’aranjo, il ne s’abrite jamais derrière la mise en scène : il s’expose, sobrement, dans une tension contenue.
Tous partagent cette qualité rare : ne pas chercher à convaincre, mais à tenir, ensemble, dans une zone de vérité instable où le théâtre cesse d’être performance pour devenir épreuve.
On sort de la salle sans catharsis nette. Mais avec cette réflexion puissante de penser, de pouvoir encore apprendre à mieux regarder. Ne pas détourner les yeux. Comprendre que le silence n’est pas absence de parole, mais organisation active de l’oubli. Ce qui frappe, au fond, c’est la cohérence éthique du projet.
Le spectacle ne prétend pas réparer. Il ne promet pas de guérir. Il ne se donne pas comme solution. Il accepte sa faiblesse – celle du théâtre face aux structures matérielles de domination – tout en revendiquant sa puissance spécifique : celle de la pensée incarnée, de la beauté inquiète, de la vérité risquée.
« Œdipe », chez Sophocle, se crève les yeux pour ne plus voir l’horreur qu’il a découverte. Ici, le geste est inverse. Il s’agit d’ouvrir les yeux – même si cela brûle. Même si cela ne résout rien. Peut-être surtout pour cela.
Eddy D’aranjo signe ici une œuvre dense, exigeante, percutante, qui ne cherche ni l’unanimité ni le confort moral. Un théâtre qui ne se contente pas de représenter le monde, mais qui interroge les conditions mêmes de sa représentation.
Un théâtre qui rappelle, avec une gravité sans emphase, que certaines vérités ne détruisent pas seulement les héros tragiques : elles ébranlent des sociétés toutes entières.
Dates : du 7 au 22 février 2026 (3h40 avec un entracte) – Lieu : Berthier (Paris 17) Texte et mise en scène : Eddy d’aranjo
[COMICS] Night Eaters – Tome 02 : Ses petits faucheurs, de Marjorie Liu & Sana Takeda (Delcourt – Contrebande)
Night Eaters – Tome 02 : Ses petits faucheurs approfondit la trilogie horrifique et surnaturelle initiée avec le premier tome, mêlant dynamiques familiales et forces occultes dans une narration riche en rebondissements. Après avoir révélé la véritable nature de Milly et Billy, les auteurs Marjorie Liu (scénario) et Sana Takeda (dessin et couleurs) poursuivent l’exploration d’un monde paranormal vaste et inquiétant, où se conjuguent horreur, mystère et développement des pouvoirs des jeunes protagonistes. Le récit parvient à transformer une situation quotidienne en source de tension continue, tout en explorant les implications psychologiques et sociales de l’héritage surnaturel des personnages.
Dans ce deuxième volume, les jumeaux Milly et Billy apprennent à appréhender leurs capacités surnaturelles, tout en faisant face à une entité amnésique sans visage guidée par une étrange poupée. Cette progression narrative s’accompagne d’une montée en intensité des enjeux et des rencontres avec des forces plus anciennes et plus puissantes que celles découvertes jusque-là. On peut parfois être désorienté par le récit du fait de sa densité et la complexité des intrigues introduites, mais les auteurs maintiennent un équilibre entre l’horreur pure et la tension dramatique interne à la famille des protagonistes.
Graphiquement, Sana Takeda continue d’imposer un style visuel singulier, mêlant détails expressifs et jeux d’ombres, qui renforce l’atmosphère oppressante et mystérieuse de l’univers. Les planches alternent scènes d’action, moments d’introspection et manifestations fantastiques, créant une lecture immersive qui illustre avec force les thèmes de l’appartenance, de la peur et du surnaturel. Ce deuxième volume confirme la singularité de la série dans le paysage des comics horrifiques contemporains, tout en promettant un dénouement toujours plus intense dans le tome final.
Résumé éditeur :
Milly et Billy connaissent maintenant l’histoire insolite de leur famille et appréhendent peu à peu leurs capacités surnaturelles. Mais un esprit amnésique et sans visage guidée par une étrange poupée hante Milly, une seule question : qui est-elle ? Après la révélation à Milly et Billy Ting de leur véritable nature, les jumeaux ont commencé à explorer leurs pouvoirs. Ils savent maintenant qu’ils font partie d’un monde surnaturel plus vaste et que quelque chose ne va pas, mais alors pas du tout. Tandis qu’Ipo et Keon sont sollicités par la haute société démoniaque, les jumeaux découvrent qu’on ne traite pas avec le monde des esprits impunément…
Date de parution : 12 février 2026 Scénariste : Marjorie Liu Dessin & couleurs : Sana Takeda Éditeur : Delcourt – Contrebande Collection / Série : Comics – Fantastique / Horreur Format / Pages : Cartonné – env. 272 pages