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Le Lac des cygnes revu et corrigé par Angelin Preljocaj : saisissant

Le Lac des cygnes revu et corrigé par Preljocav à L'Opéra Royal de Versailles
Le Lac des cygnes © JCCarbonne

Le Lac des cygnes revu et corrigé par Angelin Preljocaj : saisissant 

Après Blanche Neige et Roméo et Juliette, Angelin Preljocaj renoue avec le ballet narratif et son goût pour les histoires. Mêlant le chef-d’œuvre musical de Tchaïkovski à des arrangements plus contemporains comme il aime à le faire, il s’empare du mythe de la femme-cygne, et y ajoute des problématiques à la fois écologiques, psychologiques et politiques très actuelles.

Odette est une jeune fille sensible aux questions environnementales. Quant à Siegfried, il est le fils du PDG d’une entreprise spécialisée dans la vente de plates-formes de forage. Un soir où Odette flâne au bord du lac des cygnes, elle se retrouve nez à nez avec Rothbart, un entrepreneur véreux et sorcier à ses heures.

Celui-ci a découvert un gisement d’énergie fossile aux abords du lac et cherche à exploiter ces terrains. Mais confronté à la jeune fille, dont il craint qu’elle ne contrecarre ses plans, il use de ses pouvoirs et la transforme en cygne…

Beauté froide et lignes chorégraphiques réinventées

Transposition du conte donc dans le monde de l’industrie, du pouvoir et de la finance où les amours contrariées se vivent au milieu des gratte-ciels et de ses artifices entre moments de fêtes et d’hystérie collective.

La première scène donne le ton : la danseuse qui incarne Odette, Théa Martin ou Mirea Delogu, est attrapée par plusieurs hommes en noir, et transformée, manu militari, en cygne.

Cette métamorphose forcée, sur la musique inquiète de Tchaïkovski, annonce la radicalité du final qui verra les cygnes, en un moment suspendu, tomber ensemble au sol et dont la chute métaphorique au regard de l’écosystème sacrifié, prend une dimension apocalyptique.

Entre temps le livret, revu et corrigé par Preljocaj, aura suivi cette trame écologique avec inventivité. L’ambiance nocturne du lac est ici reconstituée par des vidéos de Boris Labbé qui donnent à voir deux mondes qui s’affrontent : la ville, l’industrie, la finance, et d’autre part, le lac, encore préservé, mais soudain menacé.

Comme l’eau, denrée rare. Il y a une dramaturgie qui mène à la catastrophe et qui se joue en soubassement du lac qui va être profané par l’usine de raffinerie, ou de forage, dont on voit la maquette au premier acte et où la partition de Tchaïkovski se fond dans les pulsations électroniques du groupe 79D qui en augmentent la tension dramatique.

La chorégraphie, entre figures classiques et contemporaines, se déploie en grands ensembles dansants et les cygnes s’éploient en lignes onduleuses et fluides.

De cette tension palpable entre l’envol et la chute qu’imprime ce lac, Preljocaj en tire des tableaux d’ensemble saisissants et pas de deux très maîtrisés où la boîte de nuit fait exploser les bals de cour tandis que les ballerines oublient les pointes pour danser pieds nus et ancrer leurs mouvements entre le tellurique et l’aérien.

Le chorégraphe s’offre même quelques citations ou clins d’œil à l’œuvre originale. Avec ses vingt-six danseurs aériens et toujours impeccables, sa charge émotionnelle pleinement assumée, ce Lac des cygnes revisité tient sa promesse entre beauté froide et lignes chorégraphiques réinventées.

Dates : du 21 décembre 2025 au 4 janvier 2026 – Lieu : Théâtre des Champs-Elysées (Paris)
Chorégraphe : Angelin Preljocaj

 

« Madame Ose Bashung » et plus rien ne s’oppose à son cabaret drag-queen

adame Ose Bashung et plus rien ne s’oppose à son cabaret drag-queen
Phto © Charlène Yves

Madame Ose Bashung et plus rien ne s’oppose à son cabaret drag-queen

C’est sur la scène du célèbre cabaret de Pigalle « Madame Arthur » qu’est né ce spectacle. Sébastien Vion, alias Corinne, et ses copines Brenda Mour (Kova Rea) et Patachtouille (Julien Fanthou) s’emparent du répertoire d’Alain Bashung.

Une relecture à l’aune de leur univers fantasmagorique et drag-queen qui ne dénature jamais l’œuvre et sa flamboyance lunaire, que ces figures se réapproprient dans une fidélité intacte.

La nuit raccroche à la vie, à la surenchère, au désir

Entourées d’excellents musiciens avec un quatuor à cordes, une guitare électrique, un piano, la poésie noire et surréaliste du chanteur empreinte de son aura, se part de leur travestissement et des codes du cabaret : costumes délirants, paillettes à gogo et séduction outrancière, là où la nuit raccroche à la vie, à la surenchère, au désir, à la folie, à l’érotisme et à la tendresse.

Du « Osez Joséphine » dans un saloon au « Vertige de l’amour » dans un lit gonflable, du « Bombez » en catcheuses à « La nuit je mens » sous lampadaire, la troupe délurée mais pas que ! nous entraîne sur les routes d’un imaginaire insolite, portée par les mots les plus sinueux du rocker aux multiples échos.

Exultation des voix et des corps, scène acoustique, projections vidéo et énergie débridée, il y a du plaisir à revendre, osez !

Dates : du 26 au 30 décembre 2025 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)
Conception et mise en scène : Sébastien Vion

Au Rond-Point, la masculinité à l’épreuve

Au Rond-Point, la masculinité à l’épreuve
(©) Marc Domage

Au Rond-Point, la masculinité à l’épreuve

On entre dans « Débandade » comme on débarque dans une fête où l’on ne sait ni qui a lancé l’invitation ni quel sera le premier toast porté à la masculinité.

Et c’est peut-être cela la vraie ambition de la pièce : ne pas traiter la masculinité comme un concept, mais la laisser surgir en désordre, en fragments, en éclats contradictoires, avec la même imprévisibilité que ces conversations qu’on a lorsqu’on ouvre un micro-trottoir à des hommes interrogés sur le sujet.

La chorégraphe Olivia Grandville ne construit pas un programme, elle tisse un kaléidoscope. Sur un plateau dépouillé mais précis, les corps, les voix, les musiques et les images s’entrechoquent.

On éprouve à la fois la douceur d’un solo vulnérable et la brutalité joyeuse d’une danse collective qui s’emballe, brouillant les genres comme on brouille une partition trop sage.

Grandville assemble des matériaux hétérogènes — gestes quotidiens, solos plus écrits, adresses au public, fragments musicaux — sans jamais les lisser.

Une grammaire en déséquilibre

Avec cette esthétique donc qui repose sur cette tension permanente entre construction et effondrement : une forme qui s’expose en train de se faire, et parfois de se défaire.

Les interprètes deviennent alors des figures mouvantes, jamais figées dans un rôle. Ils endossent des postures viriles, les surjouent, les abandonnent aussitôt.

Le plateau fonctionne comme un laboratoire sensible où la masculinité n’est pas tant analysée que mise en crise par la forme elle-même. Ce sont les choix esthétiques — fragmentation, ruptures de rythme, instabilité des registres — qui produisent le sens.

La musique, souvent intrusive, parfois assourdissante, agit comme un contrepoint brutal à la danse. Elle ne soutient pas le mouvement : elle le heurte. Elle participe à cette sensation de débordement constant, d’énergie qui refuse de se canaliser.

Une forme qui consiste à ne pas déconstruire la masculinité en martelant une idée préconçue, mais en la laissant se déconstruire elle-même sur scène, dans ses contradictions, ses postures clichées, ses moments de grâce et de déroute.

La scène devient un lieu de haute volée et de joyeux désordre, où la virilité explose en rires, en geste et en confession.

Et quand tout pourrait basculer dans la caricature, la chorégraphie fait surgir une vulnérabilité désarmante, un petit espace de sensibilité qui déstabilise le regard et invite à repenser l’image de l’homme non pas comme une figure monolithique mais comme une fragmentation complexe, contradictoire, en mouvement.

Et de ce questionnement incessant émerge une cohérence singulière. Une beauté rugueuse. Une poésie de l’excès et de la faille, si propre au lâcher-prise.

 Dates : du 17 au 20 décembre 2025 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)

Immersion du regard avec Eva Jospin et Claire Tabouret au Grand Palais

Immersion du regard avec Eva Jospin et Claire Tabouret au Grand-Palais
À gauche : Claire Tabouret, Maquette détail © Claire Tabouret © photo Marten Elder, 2025 / À droite : Eva Jospin, vue d’exposition Palazzo, 2023, Palais des papes, Avignon © Photo Benoît Fougeirol © Adagp, Paris, 2025

Immersion du regard avec Eva Jospin et Claire Tabouret au Grand Palais

Il y a quelque chose de presque paradoxal à découvrir au Grand Palais, des œuvres pensées pour d’autres puits de lumière.

Des œuvres qui ne cherchent pas l’évidence, mais le trouble. Avec « Grottesco » et « D’un seul souffle », Eva Jospin et Claire Tabouret n’occupent pas l’espace : elles le déplacent. Elles l’obligent à changer de rythme, à perdre ses automatismes, à accepter une autre forme d’immersion.

Chez Claire Tabouret, cette immersion prend la forme d’un souffle retenu. L’exposition présente les six maquettes monumentales réalisées pour les vitraux sud de Notre-Dame de Paris. Non comme une promesse achevée, mais comme un moment suspendu, avant que la lumière ne s’y installe définitivement.

La maquette n’est pas ici un simple outil préparatoire : elle devient un espace de projection mentale, un lieu de doute assumé.

Le thème de la Pentecôte, choisi par l’archevêché de Paris, irrigue profondément le projet. Symbole d’unité et d’harmonie entre les hommes malgré la diversité de leurs langues, la Pentecôte est moins abordée comme un récit religieux que comme une idée fragile, presque utopique.

Tabouret s’en empare avec une sincérité désarmante, consciente du caractère presque naïf de cette espérance dans un monde qu’elle décrit elle-même comme « divisé, chaotique, effrayant« . Peindre l’unité, ici, n’est pas un geste d’autorité, mais un acte de foi au sens le plus large : croire encore à la possibilité du commun.

Le regard en grand

Les figures qu’elle déploie ne prêchent pas. Elles flottent, souvent à la limite de l’effacement. Groupes humains sans hiérarchie apparente, corps qui semblent liés par un même mouvement plutôt que par un récit.

L’harmonie n’est jamais totale, jamais triomphante. Elle tient par équilibre, par écoute, par cette idée simple et radicale d’un souffle partagé. La couleur est retenue, filtrée, comme si l’image avait déjà traversé une épreuve. La lumière est à venir. Et c’est précisément cette attente qui donne aux œuvres leur dimension sensorielle.

Face à cette verticalité fragile, Eva Jospin propose un mouvement inverse. « Grottesco » rassemble une quinzaine d’œuvres qui composent moins une exposition qu’un paysage mental.

Ici, on ne regarde pas vers le ciel, mais vers l’intérieur, vers les replis, vers l’ombre. Les grottes, les bas-reliefs végétaux, les architectures imaginaires se succèdent comme autant de variations sur une même obsession : creuser, répéter, ornementer jusqu’à l’épuisement du regard.

Le carton, matériau pauvre et obstinément anti-héroïque, devient sous les mains de Jospin une matière presque noble. Sculpté, stratifié, travaillé jusqu’à la saturation, il imite la roche, la ruine, le feuillage, sans jamais chercher l’illusion parfaite. On voit le geste, le temps, la patience.

Et surtout, on ressent la densité. L’œil se perd dans la prolifération des formes, dans cette accumulation presque hypnotique qui évoque autant les jardins maniéristes que les décors d’opéra ou les architectures de pouvoir vidées de leurs figures.

L’absence de présence humaine est ici frappante. Pourtant, tout parle de nous. Ces décors vides ressemblent à des théâtres abandonnés, à des paysages conçus pour des cérémonies oubliées.

L’ornement devient un langage autonome, presque politique : trop de formes, trop de détails, comme si le monde, incapable de dire l’essentiel, se réfugiait dans l’excès.

La beauté est réelle, séduisante même, mais jamais confortable. « Grottesco » n’est pas un refuge esthétique ; c’est une immersion qui creuse, qui oblige à se perdre pour continuer à regarder.

Dans le cadre du Grand Palais, les œuvres de Jospin fonctionnent comme une contre-architecture. Là où le bâtiment célèbre la transparence, la hauteur, la clarté, elle oppose l’enfouissement, l’opacité, la densité.

Elle ne dialogue pas avec le lieu : elle le contredit. Tabouret, à l’inverse, travaille avec une lumière absente mais promise. L’une creuse l’ombre, l’autre prépare le passage du jour.

Entre « D’un seul souffle » et « Grottesco », il n’y a pas de réponse, seulement une tension féconde. Deux gestes contemporains qui refusent le spectaculaire immédiat pour proposer autre chose : une expérience. 

 Dates : du 10 décembre 2025 au 15 mars 2026 – Lieu : Grand Palais (Paris)

Bound, le premier diamant noir des Wachowski, sort en édition 4K chez l’Atelier d’Images.

Peu de cinéastes peuvent se vanter d’avoir effectué leurs premiers pas dans le 7e Art comme les Wachowcki en 1996 avec leur film Bound. En une seule œuvre, les sœurs ont dessiné tout ce qui allait faire la recette de leurs succès à venir. A commencer par Matrix, leur 2e film réalisé 3 ans après Bound. Et pourtant nous sommes à des années lumières de cette science fiction pointue qui signera la patte Wachowski. Bien au contraire ici. Cette relecture du Film Noir classique comporte tous les éléments clefs obligatoires : une esthétique prononcée qui tire vers les jeu d’ombres, des verbes qui scellent et retournent des situations vénéneuses et, évidemment, le prototype même de la femme fatale. La trop rare Jennifer Tilly incarne à la perfection Violet, cette femme de gangster qui rêve d’une évasion ultime. Celle que pourrait lui offrir Corky, l’ex-voleuse de rêve qui s’occupe du chantier de l’appart voisin. Coup de foudre à l’écran dans un ascenseur, puis coup de chaud pour nous spectateur avec une romance lesbienne graphique à la patine érotique tellement 90’s. Et qui d’autre que Gina Gershon, véritable sex-symbol de cette décennie, pour enflammer l’écran. A l’image de la couverture de cette édition 4K signée l’Atelier d’Images avec ce quasi-baiser baigné dans un deep purple que n’aurait pas renié le grand Prince.

La matrice de tout œuvre.

Comme tout premier film, celui-ci souffre parfois d’une générosité enthousiaste. Mais, elle est vite compensée par une véritable rigueur dans l’esthétique, le montage et le son. Exactement tout ce qui conduira Lilly et Lana dès le film suivant à toucher du doigt le mot CULTE au cinéma avec Matrix. Dès que Bound s’emballe, les Wachowski passe à la vitesse supérieure et font preuve d’une inspiration de tous les instants, digérant parfaitement tous les codes d’un genre hyper codifié, le Film Noir, pour le transcender et l’amener dans leur univers graphique (Naissance de leur immense collaboration avec leur DP, Bill Pope). Impossible de ne pas penser à Trinity et ses tenues full cuir quand on entend Violet se déplacer. Les scènes de fusillade sont déjà hyper découpées et stylisées. Et bien sûr, les vilains mafiosos portent des lunettes de soleil comme les innombrables Agent Smith. D’un quasi huis clos à la forte odeur de poudre, de tapis imbibés d’hémoglobine et de sensualité, les Wachowski ont su dessiner un des plus sulfureux thriller lesbien, qui pourtant, est longtemps resté dans l’ombre de son successeur. Cette édition 4K est l’occasion rêvée pour rattraper la grande sœur de la bande à Neo & Morpheus.

BOUND en édition 4K est disponible depuis le 2 décembre 2025, au prix indicatif de 29,99 €. En complément, vous y trouverez une présentation du film par Caroline Vié (20 minutes), les commentaires du trio d’acteurs principales, ainsi que les documentaires « Modern noir » et « Playing with expectations ».

Synopsis : Violet, maîtresse d’un truand spécialisé dans le blanchiment d’argent pour la mafia, se prend d’une passion violente pour Corky, voleuse, en liberté provisoire après cinq ans de prison et qui repeint l’appartement de ses voisins. Violet décide de séduire Corky. Elle ne manque pas d’arguments car son compagnon cache dans leur appartement deux millions de dollars.

Delirium, by Goroweko: À la découverte du manga josei international

Lorsque Delirium est apparu discrètement sur les étagères de plusieurs librairies londoniennes à la fin de l’année 2025, il s’est immédiatement démarqué. Au milieu de rangées de nouveautés parfaitement abouties, ses lignes brutes, sa palette sourde et son calme inquiétant ont attiré l’attention des lecteurs. Intrigués par cette arrivée inattendue, nous avons demandé à Frédéric Toutlemonde, expert manga renommé, de partager son avis sur l’œuvre. Frédéric Toutlemonde est éditeur (Japon–France) et PDG de Toutlemonde Production Co., Ltd., une entreprise spécialisée dans l’édition internationale de manga. Grâce à sa vaste expérience dans l’évaluation de créateurs non japonais dans le domaine du manga, Toutlemonde offre un regard unique sur les tendances émergentes du manga contemporain.

Le manga s’impose aujourd’hui comme un support privilégié pour une nouvelle génération d’auteurs, en France comme à l’étranger. « Tony Valente, avec le manga Radiant (publié chez Ankama), a démontré qu’un créateur non japonais pouvait trouver sa place parmi les grands noms du manga, allant même jusqu’à recevoir une adaptation animée au Japon », explique Toutlemonde. Mais le territoire dominant de cette création manga internationale reste celui du shōnen, porté par l’action et l’aventure. Le josei, des récits matures destinés à un public adulte féminin, demeure un chemin plus discret, rarement exploré en dehors du Japon.

Toutlemonde ajoute que c’est précisément dans cet espace singulier que Delirium, l’œuvre de Goroweko, trouve sa place : une histoire inattendue, délicate et audacieuse, qui semble ouvrir la voie à une nouvelle diversité dans la création manga internationale. Delirium est un manga gothique et psychologique contemporain dont le premier volume a révélé aux lecteurs un projet audacieux, atmosphérique et sûr de lui.

Au cœur du récit se trouve Hotako, une actrice hantée par une ancienne blessure qu’elle n’a jamais affrontée. Lorsque sa vie sous les projecteurs devient ingérable, elle rejoint un programme de théâtre étudiant au sein d’une académie artistique. Ce programme rassemble de jeunes gens au passé judiciaire léger, cherchant à reconstruire leur vie. Plutôt que de les réduire à leur passé, le manga les dépeint comme des êtres vulnérables et inachevés. Le théâtre devient pour eux un espace de réconciliation, et pour Hotako, un lieu où remonte la vérité de ses peurs.

« Le langage visuel de Delirium est l’une de ses grandes forces, — explique Toutlemonde. — Les moments de dissociation de Hotako perturbent la page : les lignes perdent leur stabilité, les souvenirs envahissent le présent et les ombres obéissent à l’émotion plutôt qu’à la logique. Ces choix stylistiques volontaires amplifient la dimension psychologique du récit. » Il note que l’instabilité de la perception de Hotako ne donne jamais l’impression d’un effet ajouté pour le drame, mais plutôt « d’un langage interne que le manga parle couramment ». Il souligne les déformations de la page comme la preuve d’un créateur qui sait laisser la texture psychique interrompre la logique traditionnelle des cases. À ses yeux, l’œuvre révèle une « discipline de l’atmosphère » — une expression qu’il utilise pour désigner les artistes qui traitent l’ambiance non comme une décoration mais comme une structure. « Delirium avance comme une conscience qui tente de se souvenir d’elle-même : les distorsions graphiques témoignent d’un créateur qui sait laisser la texture mentale perturber la logique habituelle des planches. »

Selon Toutlemonde, le rythme du Volume 1 est rapide. Les scènes s’enchaînent parfois avant que le lecteur n’ait eu le temps d’absorber pleinement l’état émotionnel d’Hotako. « Cette rapidité crée une instabilité qui reflète son esprit et donne aux premiers chapitres un ton vif et agité. » Il n’y voit pas un défaut, mais un élément de la stratégie visuelle du manga, où la précipitation est intentionnelle et force l’œil à naviguer entre des changements brusques de composition, de la même manière qu’un esprit effrayé peut fracturer son propre champ de vision : « Dans ces premières pages, les arrière-plans se dissolvent ou se déforment, créant une dislocation visuelle qui transmet la perception fragmentée de l’héroïne. Ce n’est pas un chaos gratuit : la distorsion fonctionne comme une carte intérieure, le monde se brouillant lorsque Hotako refuse de l’affronter. »

À mesure que le récit avance, les environnements retrouvent leur clarté architecturale, et les espaces négatifs deviennent plus intentionnels. Toutlemonde explique que cette évolution est aussi visible sur la page que dans l’intrigue. « On voit les cases se stabiliser », remarque-t-il. « Les lignes retrouvent du poids, les ombres se comportent avec davantage de cohérence, et les mises en page cessent de se battre contre elles-mêmes. C’est l’œuvre qui reconquiert visuellement sa cohérence, avant même que les personnages ne le fassent. »

Toutlemonde souligne également la subtilité thématique de la narration de Goroweko. « Ce qui rend Delirium captivant, c’est la façon dont il équilibre intensité et retenue », dit-il. « L’auteur ne s’appuie pas sur le spectaculaire ou le choc ; la tension naît plutôt de ce qui n’est pas dit : les regards entre les personnages, les espaces que le lecteur doit habiter émotionnellement. » Il note que cette retenue permet à l’histoire de respirer, donnant plus de poids à ses éléments psychologiques et gothiques, et encourage les lecteurs à s’attarder sur les détails, tant des cases que des personnages. Selon lui, cette modulation soigneuse de la pression narrative fait de Delirium une œuvre qui respecte l’intelligence et la sensibilité de son public.

Delirium séduira les lecteurs attirés par la tension psychologique, la vulnérabilité émotionnelle et une réinvention contemporaine du roman gothique. Le Volume 1 est disponible en version imprimée en Angleterre, et la série manga en cours peut être lue en ligne sur le site officiel.

Laurent Lafitte dans « La Cage aux folles » : la consécration d’un artiste total

Laurent Lafitte dans « La Cage aux folles » au Châtelet : la consécration d’un artiste total
© Thomas Amouroux

Laurent Lafitte dans « La Cage aux folles » : la consécration d’un artiste total

Il fallait que « La Cage aux folles » s’invite au Théâtre du Châtelet car la salle aime les éclats et Olivier Py les défis.

Cette nouvelle production, portée par un Laurent Lafitte en état de grâce, assume parfaitement ce double héritage : celui d’un spectacle festif, et celui d’une œuvre dont la légèreté n’a jamais masqué l’aspiration à la liberté.

Laurent Lafitte en diva impériale mais pas que !

Dans le rôle d’Albin/Zaza, Laurent Lafitte se tient exactement là où peu d’acteurs osent aller : entre l’incandescence et la fragilité. Il ne cherche pas la performance, il cherche la vérité — et la trouve souvent.

Son Albin, anxieux, tendre, presque timide, se transforme, sous les projecteurs, en Zaza impérieuse, reine falote et fièrement vulnérable.

Lorsqu’il entonne le grand air final, il ne s’agit plus de cabaret mais d’un moment de théâtre pur : un basculement où le personnage semble mesurer sa vie dans chaque note. Lafitte livre un rôle-somme, où l’ironie protège l’émotion sans jamais l’endiguer.

Olivier Py : un cabaret comme chambre d’échos

Que faire d’un musical aussi codé que « La Cage aujourd’hui » ? Olivier Py a choisi de tout embrasser : les plumes, les paillettes, les numéros, les tensions familiales, la part politique aussi — sans jamais les isoler les uns des autres. Sa mise en scène avance avec une précision d’orfèvrerie.

Le cabaret devient un lieu total, accueillant ses coulisses, sa rue, son envers et ses illusions dans un même geste. On passe d’une loge encore humide de maquillage à une plage nocturne avec un naturel déconcertant : le spectaculaire se fait fluide, dessiné pour mieux révéler ce qui se joue entre les êtres

Le metteur en scène signe ici une partition visuelle qui ne cherche pas la sophistication : elle la possède déjà, par nécessité. La beauté vient du mouvement, du rythme, de ce rapport assumé entre l’ébahissement et la pudeur. Sa fluidité, son intelligence, son amplitude sans être tapageuse, font le reste.

La réussite du spectacle tient aussi à une distribution finement pensée et harmonieuse. Damien Bigourdan, en Georges, offre un contrepoint subtil à Lafitte : un homme droit, sincère, parfois dépassé, mais d’une fidélité presque douloureuse. Leur duo trouve un équilibre rare : celui d’un couple rompu à l’amour comme à la dispute, dont chaque geste dit l’usure mais aussi la tenue

Emeric Payet campe un Jacob irrésistible, mélange explosif d’insolence et de précision comique. Harold Simon donne à Jean-Michel une honnêteté touchante. Gilles Vajou et Emeline Bayart, en Dindon, s’amusent des caricatures bourgeoises avec une cruauté délicieuse, cette dernière maîtrisant particulièrement l’art du détail expressif.

Lara Neumann et Maë-Lingh Nguyen complètent l’équipe avec une élégance et une justesse qui permettent au spectacle de respirer et de ne jamais basculer dans la saturation. Quant aux Cagelles, elles forment un chœur dansé à la fois sensuel, impertinent et redoutablement précis. Elles donnent au show son élan vital et sa capacité à réinventer le délire de la scène.

L’orchestre, dans une configuration volontairement allégée, trouve un juste équilibre : assez de nervosité pour soutenir les numéros, assez de finesse pour laisser respirer les voix. On y entend une intelligence du rythme, un sens du théâtre, une attention constante à la dynamique du plateau.

La force de cette production est de ne jamais forcer le trait politique. Py l’inscrit dans le mouvement, dans l’écriture scénique et festive, dans la manière dont le couple Albin-Georges se tient debout malgré tout.

Le propos n’est pas asséné : il affleure, comme une évidence. « La Cage aux folles » rappelle ainsi que la liberté n’est pas un manifeste mais un usage quotidien — celui de vivre, d’aimer, d’assumer son identité malgré les angles morts de l’intolérance.

Un spectacle féérique, généreux, tenu avec maîtrise où Laurent Lafitte y livre un de ses rôles les plus habités. « Une Cage aux folles » qui, sans renier sa dimension populaire, retrouve une précision, une émotion et une vision contemporaine.

 Dates : du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026 – Lieu : Théâtre du Châtelet (Paris)
Mise en scène : Olivier Py

« 1925–2025. Cent ans d’Art déco » : un siècle de lignes claires et de rêves géométriques

"1925–2025. Cent ans d’Art déco" : un siècle de lignes claires et de rêves géométriques
Maxime d’Angeac (né en 1962), architecte — Wagon-bar du Nouvel Orient-Express 2020-2025 Maquette échelle 1 (© Orient-Express)

« 1925–2025. Cent ans d’Art déco » : un siècle de lignes claires et de rêves géométriques

Le Musée des Arts décoratifs célèbre les cent ans de l’Exposition internationale de 1925 en rendant hommage à l’Art déco, ce moment où les formes se sont soudain mises à filer droit, où les matières se sont faites précieuses et les lignes, nettes comme un verdict.

« 1925–2025. Cent ans d’Art déco » n’est pas une reconstitution : c’est une traversée, un point de contact entre un passé incandescent et notre désir contemporain de beauté structurée.

L’exposition démarre là où on ne l’attend pas : dans le vestibule d’un train mythique. La nef est occupée par une cabine d’époque de l’Orient Express, datée de 1926, posée comme un fragment de film retrouvé. Trois maquettes grandeur nature du futur Orient Express — celui que Maxime d’Angeac réinvente pour 2027 — prolongent cette vision.

L’effet est immédiat : l’Art déco n’est pas ici un décor, mais un langage encore vivant, capable d’être réactivé avec la même fascination qu’il provoquait il y a cent ans.

Cette entrée en matière, immersive et théâtrale, pose l’exposition comme une proposition : regarder l’Art déco non comme une parenthèse historique, mais comme une matrice. Un ensemble de principes précis — géométrie, luxe maîtrisé, expérimentation matérielle — que le XXIᵉ siècle continue de réexplorer.

Après ce prologue en mouvement, le parcours s’articule en sections chronologiques et thématiques qui révèlent un Art déco foisonnant, bien au-delà des clichés du style « paquebot » ou du mobilier brillant à angles brisés.

Les pièces réunies — plus de 1 200 — racontent une époque où tout est mis en chantier : les arts graphiques, l’architecture, la mode, la joaillerie, les objets du quotidien. À chaque salle, on devine la tension d’un monde qui cherche à se reconstruire après la Première Guerre mondiale. Le style naît de cette nécessité de repartir de zéro : faire propre, faire simple, faire moderne.

Une élégance sous tension

Les décorateurs des années 1920 ne sont pas des stylistes : ce sont des ingénieurs du rêve. La scénographie intelligentement conçue souligne cette énergie : les galeries alternent entre splendeur manifeste et rigueur presque scientifique. Les influences orientales, omniprésentes, rappellent que Paris est alors une capitale-monde.

Les Ballets russes, l’Égypte fantasmée, l’art islamique, les miniatures persanes : tout ce qui passe par la ville se retrouve dans les ateliers, dans les vitrines, dans les bijoux. Sonia et Robert Delaunay, Eugène Printz, Clément Mère, Georges Bastard, René Prou, André Groult, Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin… Chacun apporte une variation du même souffle : une soif de nouveauté.

Le musée met en avant trois figures majeures, non pas comme symboles, mais comme exemples de divergences internes au mouvement.

Jacques-Émile Ruhlmann : le souverain

Lui, c’est l’Art déco à la française, celui qui trône dans les intérieurs des grands industriels. Ses meubles aux galuchats délicatement bombés, ses cabinets d’amarante, ses fauteuils gainés d’ivoire : tout respire la maîtrise absolue. On pourrait croire à une ostentation, mais non. Ruhlmann travaille la précision, pas la démonstration.

Eileen Gray : la clandestine visionnaire

Autodidacte, laqueuse, architecte, tisserande : Eileen Gray refuse la catégorie. Ses paravents sont des partitions géométriques, ses intérieurs sont pensés comme des espaces sensibles, presque philosophiques. Absente de l’exposition de 1925, elle n’en incarne pas moins l’un des esprits les plus libres de la modernité.

Jean-Michel Frank : le luxe du presque rien

Face à la profusion du mouvement, Frank choisit la sobriété. Ses intérieurs, saturés de blancs, de beiges, de matières pauvres – paille, parchemin, plâtre — sont des leçons de dépouillement. Il élève le silence au rang de principe décoratif, comme une résistance au bruit des années folles. Le trio permet au visiteur de saisir l’essentiel : l’Art déco n’est jamais unifié. Il est un terrain de tensions, d’écoles, de contradictions

Cartier, ou l’invention du glamour moderne

L’un des points culminants du parcours est la section consacrée à Cartier. Plus de 80 pièces illustrent l’audace formelle de la maison dans les années 1920 : bracelets, nécessaires, montres, broches. Couleurs vives, constructions géométriques, contrastes de textures : on voit comment Cartier adopte sans complexe les influences orientales pour créer un langage qui deviendra iconique. Les combinaisons chromatiques — rubis, saphirs, émeraudes, onyx — donnent l’impression d’observer un Art déco en version concentrée.

La joaillerie devient une miniature du monde : fragments de cultures, motifs glanés aux quatre coins du globe, réinterprétés avec une élégance quasi mathématique. Ce segment rappelle que l’Art déco n’est pas un style purement français : c’est une cosmopolitique du luxe.

Les ateliers et les dessins : la machinerie du style

Le musée fait un geste rare : montrer non seulement les œuvres, mais la pensée qui les a précédées. Maquettes de pavillons de l’Exposition de 1925, dessins de Groult, projets de vitrines, cartons de broderies, études de mobilier : ces documents dévoilent un mouvement qui s’invente par couches successives, par essais, par esquisses. On comprend alors la puissance de l’Art déco : il conjugue artisanat d’exception et modernité industrielle. La main et la machine ne s’opposent pas ; elles se potentialisent

Dans les sections consacrées au voyage, l’Orient Express apparaît comme un fil rouge : un symbole parfait du style. Dès les années 1920, les wagons-lits deviennent des vitrines mouvantes de l’esthétique moderne : Lalique aux parois, velours épais, métaux gravés, motifs stylisés. L’exposition fait le parallèle avec la renaissance contemporaine du train.

Maxime d’Angeac réinvente le mythe avec une rigueur sculptée : bois précieux, broderies, lumières enveloppantes. Les décors ne sont pas copiés : ils sont réinterprétés, comme si l’Art déco avait accepté de migrer lentement vers le futur. Le résultat est convaincant : on a le sentiment qu’un siècle sépare les deux versions du train, mais qu’un même souffle les anime.

En conclusion, « Cent ans d’Art déco » n’est pas seulement une exposition d’histoire du design. C’est un miroir tendu à notre époque. On comprend, en traversant les galeries, pourquoi l’Art déco nous revient aujourd’hui avec une telle force.

Parce qu’il propose quelque chose que notre monde inquiété semble réclamer : de la clarté, du soin, des lignes qui rassurent, des objets qui durent, des matières qui portent une histoire. L’Art déco, c’est la modernité qui voulait être stylée. Et cette ambition, loin d’être naïve, semble aujourd’hui toujours aussi puissante.

 Dates : du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026 – Lieu : Musée des Arts décoratifs (Paris)

La maison vide, de Laurent Mauvignier, Prix Goncourt 2025 (Les Editions de Minuit)

La maison vide, de Laurent Mauvignier, Prix Goncourt 2025 (Les Editions de Minuit)

Difficile d’écrire sur un livre qui a remporté le Goncourt !
Difficile également de n’en rien dire !

On commence La maison vide, et on devient accro ! On fait très vite partie de la famille de Marie-Ernestine, qui n’est autre que la famille de l’auteur, Laurent Mauvignier !

C’est une magnifique saga familiale du XX siècle. Bien sûr, c’est l’histoire d’une famille qui traverse les deux guerres… Bien sûr, à travers cette famille, c’est l’histoire de la France, Notre Histoire ! Une Histoire dure, douloureuse, qui a laissé tellement de cicatrices… Une Histoire qu’il ne faut jamais oublier. Notre passé à tous !

Même si l’auteur raconte désespérément le sort réservé aux soldats durant les deux guerres, ce n’est pas réellement le cœur de son livre. C’est surtout l’histoire d’une famille, sa famille, à travers l’histoire de trois femmes, de trois générations, et également l’histoire de l’évolution de la condition féminine à travers elles !

C’est merveilleusement écrit, c’est terriblement vrai, à tel point que l’on peut se demander comment c’est possible que ce soit un homme qui ait écrit ce livre !
Laurent Mauvignier est parti à la recherche des « secrets de famille » quand son père a décidé d’ouvrir, enfin, la maison, qu’il avait hérité de sa grand-mère, Marie-Ernestine, et qui était restée fermée de très nombreuses années… Mais pourquoi donc son père n’a-t-il jamais parlé de sa mère, Marguerite ? L’auteur va essayer de trouver les réponses à toutes ces questions…

N’ayez pas peur ! Ce Goncourt est fait pour vous ! Il est tout simplement unique et à la portée de tous ! Les 800 pages se lisent à toute vitesse… En tant que lecteur, on n’a qu’une envie : que le livre n’ait pas de fin…
La maison vide est un livre à commander au Père Noël et à offrir à ceux que l’on aime !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2025
Auteur : Laurent Mauvignier
Editeur : Les Editions de Minuit
Prix : 25 €

Une « Mouche » impayable aux Bouffes du Nord

Une "Mouche" impayable aux Bouffes du Nord
© Fabrice Robin

Une « Mouche » impayable aux Bouffes du Nord

Dans son garage, Robert met au point une machine à téléporter… Il suffira d’une petite mouche aventureuse pour déclencher la « métamorphose »  de l’apprenti faussement sorcier Christian Hecq tout droit sorti de l’univers des Deschiens…Tout un programme !

Christian Hecq et Valérie Lesort ont imaginé ce spectacle à la fois hilarant et noir en s’inspirant d’un épisode de l’émission documentaire belge « Strip-tease », produite dans les années 1980, dans lequel un cultivateur charentais s’était mis dans la tête de construire une soucoupe volante dans son jardin, et de la nouvelle « La Mouche » de George Langelaan (qui a elle-même donné le film The Fly de David Cronenberg).

Il en ressort ici une histoire cauchemardesque de science-fiction crasseuse, mêlée de trivialités, qui n’épargne guère la sensibilité du spectateur. Car ici rien ne les arrête, ni le corps élastique, et objet de métamorphoses horrifiantes de Christian Hecq, ni la gestuelle et les mimiques désopilantes de Valérie Lesort sans oublier l’univers rugueux et outrancier d’Odette (Christine Murillo). Un régal !

Un univers singulier et farfelu

Robert est un vieux garçon, tantôt attardé, tantôt génial, et surtout mal dans sa peau. Il vit avec sa mère Odette donc qui prend beaucoup de place ! trop sans aucun doute, et dans une relation d’amour et de haine, tantôt bourreau tantôt victime, qui est aussi une composante de la pièce.

Robert passe le plus clair de son temps dans le garage, sa chambre laboratoire, à construire une machine à téléporter. Il teste son invention sur des objets, sur des animaux et, enfin, sur la pauvre Marie-Pierre, une ancienne camarade de classe qui se volatilise pendant l’expérience. Robert part à sa recherche en se téléportant lui-même. Mais une mouche va tout bouleverser…

Dans un décor vintage bricolé, kitch à souhait, et des effets visuels saisissants qui composent un univers farfelu et décalé, Christine Murillo et Christian Hecq incarnent un impayable duo mère-fils, quand Valérie Lesort et Jan Hammenecker donnent le change avec gourmandise, elle en gourde hallucinée et lui en inspecteur Derrick raté.

Acteur-marionnette de lui-même, Christian Hecq offre un numéro d’acteur délirant. Il se régale dans cette incroyable transformation et passe avec brio du benêt initial au monstre inquiétant de la fin du spectacle. Il faut le voir se transformer devant nous en mouche qui le conduit à ramper sur le mur. Quant à Christine Murillo en mère possessive et castratrice, elle est épatante de folie, d’humanité et de gouaille décomplexée.

Dates : du 4 au 20 décembre 2025 – Lieu : Théâtre des Bouffes du Nord (Paris)
Adaptation et mise en scène : Valérie Lesort et Christian Hecq

Un concert poétique de Hugo jardin au Silencio vendredi 5 décembre

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La sortie récente de son EP Cantique très atmosphérique donnait envie de voir Hugo Jardin en live pour assister à une communion avec son public. Ce fut chose faite vendredi 5 décembre au Silencio, rue Montmartre à Paris, dans une ambiance entre mystère et poésie. Accompagné de 3 musiciens très doués (mention spéciale à la bassiste très investie), le chanteur auteur compositeur a déroulé le fil de son EP pour une prestation chaudement acclamée après chaque titre, ceux-ci ont été passés en revue avec conviction et intensité. Rêve (mon titre préféré), Cantique comme morceau phare du EP, Dumb adapté de Nirvana pour une réflexion pertinente sur les temps actuels, Eaux troubles et ses paroles parlées enivrantes, Cantique II et sa poésie onirique, l’ambiance très atmosphérique du EP est très bien rendue en concert, de quoi augmenter encore plus la cohorte de ses fans. Et comme le Silencio est un lien assez intimiste au cœur des étages inférieurs de Paris, l’adéquation entre chansons et lieu parait parfaite. Le chanteur n’hésite pas à prendre le micro pour dispenser quelques explications éclairantes, de quoi créer une proximité salvatrice avec chacun et chacune. Les chansons entre Jacques Brel, Radiohead et Yves Simon fonctionnent très bien et font mouche. On a envie de rentrer dans cet univers tantôt post apocalyptique, tantôt rêveur, mais toujours authentique. La scène est très proche du public, de quoi multiplier les eye-contacts avec le chanteur et garder un excellent souvenir de musique et de mystère.

En savoir plus (from www.hugojardin.com):

Découvrant la musique par le Punk à seize ans, Hugo Jardin forme les groupes Malaparts à Paris, puis The Young Devotchkas à New York, avec lesquels il tourne pendant trois ans (notamment en premières parties de Métal Urbain) et enregistre deux EP.

De retour en France, il s’exerce à la versification, publie un premier recueil de poèmes, et entame une formation de mime à l’École Internationale de Mime Corporel Dramatique, de danse butō auprès du maître Masaki Iwana et de chant auprès du professeur Frédéric Faye. Ces enseignements marquent profondément son approche artistique.

Parallèlement, Hugo compose, écrit, et réalise de nombreuses performances où se mêlent textes déclamés, rock et expression corporelle, avant de se tourner vers la pop. Engagé dans cette nouvelle direction, il enchaîne alors une quarantaine de dates en explorant les lieux les plus divers : Centre Pompidou, squats parisiens, Stade du Bout du Monde, les Trois Baudets, etc.

Pendant la crise sanitaire, Hugo publie une série de vidéos sur les réseaux sociaux qui comptabilisent plus d’un million de vues (dont plusieurs adaptations en français de Nirvana), compose de nouveaux titres et crée son label avec ses amis Tatiana F-Salomon, Natacha Quester-Séméon, Sacha Quester-Séméon et Étienne Parizot.

Ensemble, ils produisent six singles et un clip (soutenu par le CNC) en 2024-2025. Ces premières sorties reçoivent un excellent accueil critique (150 articles dont Paris Match, Le Point, Têtu Mag) et sont accompagnées de plusieurs concerts affichant complet (Silencio, Trois Baudets, Pop Up du Label, Festival 36h Église Saint-Eustache, etc.).

[Manga] Pompoko débarque en anime comics chez Glénat 🐾 !


Pompoko — quand les tanukis défient l’urbanisation

Avec Pompoko – Anime Comics, le Studio Ghibli livre l’une de ses fables écologiques les plus audacieuses, portée par la mise en scène sensible et engagée d’Isao Takahata. Dans les collines proches de Tokyo, une communauté de tanukis voit son territoire lentement avalé par l’expansion urbaine. Routes, immeubles et chantiers menacent leur mode de vie ancestral, les forçant à sortir de leur paisible insouciance.

Pour résister, les tanukis tentent de réapprendre l’art ancien de la métamorphose, une capacité magique qui leur permet de tromper les humains et de semer la confusion dans leurs projets destructeurs. Entre stratégies burlesques, illusions spectaculaires et échecs amers, la résistance s’organise tant bien que mal, oscillant sans cesse entre la comédie et la tragédie.

Adapté directement à partir du film d’animation, cet anime comics de 640 pages retranscrit fidèlement la richesse visuelle de l’œuvre originale. Le montage dynamique, la lisibilité des scènes et la qualité de l’édition permettent de revivre l’histoire avec la même intensité émotionnelle. L’humour des tanukis côtoie une mélancolie poignante, celle d’un monde naturel condamné à reculer.

Derrière son apparente légèreté, Pompoko délivre un message écologique puissant, toujours d’actualité. Le manga interroge notre rapport au progrès, à la nature et à la mémoire des lieux. Une lecture à la fois jubilatoire, touchante et profondément engagée.

Extrait :



Résumé éditeur :

Alors que l’urbanisation sauvage menace le cadre de vie de communautés tanukis, ces dernières tentent de repousser les humains en les effrayant. Malheureusement, leurs talents de métamorphose ont été perdus et seuls quelques grands maîtres disparus connaissent encore cette capacité. L’heure est venue de les retrouver à travers le Japon !
Date de parution : 03 décembre 2025
Auteur : Isao Takahata (film original)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : Studio Ghibli – Anime Comics
Format / Pages : Broché – 640 pages
Prix indicatif : 15,50 €

Atef dévoile son second album très fort en émotion avec Les mots qui unissent, sortie le 7 novembre chez Song for you Production

Je ne connaissais pas du tout Atef, alors autant dire que l’écoute de l’album Les mots qui unissent est un vrai choc. Sorti le 7 novembre, je le découvre un peu en retard et la voix du bonhomme m’a littéralement transporté. D’une sensibilité et d’une justesse rare, le chanteur transmet un maximum d’émotions avec son instrument vocal. Accompagné d’invités prestigieux, il déroule le fil de son talent sans qu’aucun morceau ne soit en dessous des autres, c’est rare.

Une vraie belle découverte musicale

Le message porté par l’album Les mots qui unissent est simple et universel. Atef met en avant la diversité culturelle et l’unité musicale, chaque morceau est un étendard pour porter un message de bienveillance. Les mélodies sont belles, la voix est fascinante, c’est un beau moment d’évasion musicale et même philosophique. Dans un paysage musical contemporain où les morceaux perfides ou même simplement méchants ne manquent pas, cet album d’Atef est une belle lucarne ouverte sur la tolérance, de quoi mettre de côté l’opposition et les contrariétés. Avant la sortie de l’album, plusieurs titres avaient été révélés, Marseille pour une belle célébration de la cité phocéenne, Moi j’y crois pour souligner l’importance de la persévérance et de l’optimisme, Je le sens je le vois je le sais comme une ode à la confiance en nos intuitions et en nos émotions profondes. L’auditeur est comme transi à l’écoute des paroles dispensées par cette voix hors du commun. Des invités prestigieux participent, Daniel Lavoie (évidemment) et Daniel Deschenes sur le très beau Ils s’aiment, et des amis sur Je le sens je le vois je le sais pour un beau moment d’émotion adapté en français de O que tinha de ser. Le premier extrait de l’album était Naïf, tout un programme sur la force revendiquée de ne pas verser dans le cynisme ou le mépris, un mot que l’artiste revendique pour battre en brèche la dureté et la froideur de notre monde. Entendre un chanteur qu’il n’est nul besoin d’endurcir nos cœurs pour rester soi-même, ça fait plaisir. L’album a bénéficié de la participation de Louis Bertignac et de Levon Minassian, maître du doudouk arménien.

L’artiste auteur compositeur revendique garder une naïveté de l’enfance, il voit en elle une force et non une faiblesse. L’album est beau, il faut le découvrir, la chanson française est matinée d’influences du monde pour un résultat à découvrir en live lors d’un prochain concert, espérons le!

Ariol, Quand j’étais petit ânon (Bayard jeunesse)

Ariol, Quand j’étais petit ânon (Bayard jeunesse)

Tout le monde connaît la bande dessinée Ariol ! 21 tomes, déjà ! Et toujours le même succès ! On retrouve Ariol au milieu de sa famille, ou de ses camarades de classe…
Le jeune lecteur va pouvoir se régaler avec 12 nouvelles histoires d’Ariol, toutes plus drôles les unes que les autres avec : Quand j’étais petit ânon.
Et c’est parti pour les folles aventures d’Ariol que le lecteur adore car il peut facilement s’identifier à Ariol, avec des illustrations trop sympa… 

Savez-vous qu’Ariol représente plus de 2,6 millions d’exemplaires vendus ,
Ariol c’est aussi un héros qui se décline en chansons, déjà 3 CD, en dessin animé, en webtoon, en spectacle et même en jeu de société !

Alors, vite, commandez Ariol, Quand j’étais petit ânon, Tome 21, au Père Noël ! Ca fera un heureux ou une heureuse, à coup sûr !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 5 novembre 2025
Auteur : Emmanuel Guibert
Illustrateur : Marc Boutavant
Editeur : Bayard jeunesse
Prix : 10,90 €

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

"I Will Survive" : rire nerveux et malaise garanti
Photo Fabrice Robin

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec « I will survive », Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible.

Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil — une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

« I will survive » ne déroge donc pas à la règle : c’est un spectacle qui cogne, qui frotte, qui râpe, et qui cherche moins à convaincre qu’à provoquer une déflagration morale. On reconnaît là le geste très Meurisse : transformer le plateau en laboratoire d’observation sociale où les comédiens improvisent avec une gourmandise de charognards.

Le spectacle s’articule autour de deux trajectoires : celle, tragique, de Cécile Gallot, jugée pour avoir abattu un mari devenu tortionnaire intime ; et celle, pathétique, de Didier Moreau, humoriste lessivé par une blague lamentable et un flot de critiques disproportionné.

Deux existences que rien n’unit, sinon une justice déboussolée, jetée en pâture à ses propres contradictions. Cette collision finale n’est pas un gadget dramaturgique : c’est l’illustration précise de la manière dont la machine sociale broie, confond, mélange ce qui ne devrait jamais se comparer.

Un théâtre laboratoire

La mise en scène, elle, fonctionne comme un guet-apens. Meurisse ouvre sur une parodie au vitriol du service public audiovisuel, où animateurs et chroniqueurs semblent coincés dans un brouillard de bienveillance mécanique.

Puis viennent les policiers : excédés, alcoolisés, presque analphabètes, dessinés avec une férocité qui serait gratuite si elle ne puisait pas dans une observation très précise des dysfonctionnements du quotidien.

Ici, le procureur ressemble à un Dark Vador de bureau, terrifiant parce qu’il est ridicule — et ridicule parce qu’il détient un pouvoir réel. Tout le théâtre de Meurisse repose sur cette mécanique paradoxale : faire rire pour mieux révéler l’effroi.

Les comédiens, fidèles à leur esthétique, improvisent avec une précision de funambules. Ils circulent dans le chaos comme dans un terrain d’expériences : ils testent, dérapent, osent trop, volontairement, parce que trop est parfois la seule manière d’atteindre juste.

Et on rit parce que c’est absurde ; on cesse de rire lorsque cela dit quelque chose d’amer sur la morale contemporaine, sur la manière dont on juge, dont on absout, dont on conspue

Des esprits chagrins reprocheront encore au collectif sa lourdeur, ses caricatures, sa volonté martelée de prendre tout le monde de front — flics, médias, politiques, détenus, citoyens ordinaires. Mais c’est mal comprendre la démarche : cette outrance n’est pas un choix décoratif, c’est un acte politique.

Elle redonne du relief à un paysage moral aplati par la répétition médiatique et le vacarme des indignations instantanées. Chez Meurisse, l’excès sert à remettre du contour, à forcer le regard, à rappeler que le grotesque est parfois la seule forme vraiment fidèle de la réalité.

Parce qu’au fond, « I will survive » ne cherche pas à provoquer pour provoquer. Il cherche à observer, puis à traduire ces observations dans un langage théâtral capable de rivaliser avec la brutalité du monde. La violence est là, dans les faits.

Le spectacle ne fait que la mettre en lumière — en plus fort, en plus laid, en plus drôle parfois, mais surtout en plus vrai. Et c’est peut-être pour cela qu’on en sort un peu sonné : ce n’est pas l’outrance qui bouscule, mais la part de réel qu’elle révèle.

 Dates : du 4 au 13 décembre 2025 – Lieu : La Villette (Paris)
Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Tournée :
– Du 4 au 13 décembre 2025 à La Villette, Paris
– Du 8 au 14 janvier 2026 à la MAC Créteil
– Les 22 et 23 janvier 2026 à L’Onde, Vélizy-Villacoublay
– Les 30 et 31 janvier 2026 aux Bords de Scènes, Juvisy
– Du 4 au 6 février 2026 à la MC2, Grenoble
– Du 26 au 28 février 2026 au Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles
– Les 13 et 14 mars 2026 au Palais des Beaux Arts, Charleroi
– Les 18 et 19 mars 2026 à Mars, Mons
– Du 27 au 1er avril 2026 au Théâtre Liberté, Toulon
– Les 10 et 11 avril 2026 au Théâtre des Salins, Martigues
– Les 22 et 23 avril 2026 au Château Rouge, Annemasse
– Les 6 et 7 mai 2026 à l’Espace des Arts, Chalon-sur-Saône
– Les 20 et 21 mai 2026 au Manège, Maubeuge
– Du 29 mai au 27 juin 2026 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

Sortie en coffret UHD + 2 Blu-Ray en 4K d’un grand film du cinéma français avec Si Versailles m’était conté le 5 décembre

Sacha Guitry a remonté le temps en 1954 en tentant de recréer l’histoire du Château de Versailles. Symbole de l’histoire française, ce monument est visité par des touristes venus du monde entier pour admirer sa magnificence. Guitry a écrit et réalisé le film, et poussé le vice jusqu’à passé devant la caméra, il en fait parfois trop, il se met en scène lui-même en scène en Louis XIV vieillissant et atrabilaire. Les plans du film sont souvent des scènes posées pas très dynamiques et ressemblent parfois à des vieilles photos de famille jaunies par le temps. Peu de fantaisie si ce n’est avec un Bourvil guilleret interprétant un guide de musée souriant et comiques à la toute fin du film. Tous les acteurs et actrices sont très sérieux et regardent fixement l’objectif, tout cela fait sourire et donne au film un côté catalogue très daté. Certains anachronismes sont osés comme le chanteur de grands-mères Tino Rossi chantant sur le Grand Canal à la fête de la Petite Venise ou Edith Piaf juchée sur les grilles du palais envahi par le peuple de Paris. Le choix des comédiens est souvent très bon, parfois plus étrange, les longues tirades sont légion, les longueurs parfois ennuyeuses, mais à la fin le spectacle est au rendez-vous. Rois, maîtresses et artistes se succèdent et ont contribué à la singularité d’un lieu de prestige, souvent artificiel, mais qui garde aujourd’hui d’une vraie aura historique. 50 ans plus tard, Sofia Coppola a revisité Versailles dans son Marie-Antoinette pour une nouvelle variation plus moderne et moins datée. Restant les cabotinages et les élégances guindées des temps anciens.

Suppléments:
Si Versailles m’était conté… : l’Histoire selon Sacha Guitry, par Noël Herpe, historien du cinéma. (39’15’’)
Anecdotes et souvenirs par Albert Willemetz, président de l’Association des Amis de Sacha Guitry (24’22’’)
À vous aussi Versailles sera conté : archive INA – 1ère diffusion le 29 décembre 1953 (32’04’’)
Et Versailles vous est conté – archive INA – 1ère diffusion le 12 octobre 1953 (32’04’’)

La restauration du film (3’36’’)

Synopsis: L’histoire du château de Versailles, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.

Etincelle, album jeunesse (Editions Marmottons)

Etincelle, album jeunesse (Editions Marmottons)

Les Editions Marmottons nous proposent toujours des histoires « pour que le Monde tourne plus rond « ! Une édition pas comme les autres… Un édition à découvrir absolument ! Publik’Art vous a déjà partagé les très chouettes albums : Brumisapeur et Soline, L’enfant des saisons.
Aujourd’hui, Publik’Art est heureux de vous faire découvrir une nouvelle petite pépite : Etincelle. C’est l’histoire d’un petit ourson pas comme les autres.

C’est bizarre, mais Etincelle n’aime pas le miel, il n’aime pas non plus grimper aux arbres… Et en plus, il ne sait pas grogner. Alors, Etincelle pose beaucoup de questions à son Papours. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi…
En grandissant il se met à chercher son talent… Chercher, encore et encore…
Cet album est très joliment illustré par Coralie Saudo, et c’est Auriane de Pierpont qui en a écrit l’histoire. Chaque jeune lecteur pourra facilement s’identifier à Etincelle. Et à la fin de l’album, il trouvera des pistes pour aller plus loin dans sa quête d’identité. Il pourra même écouter la chanson d’Etincelle et son histoire, en audio sur les plateformes d’écoute !
Etincelle est une très jolie idée cadeau à commander au Père Noël !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2025
Auteur : Auriane de Pierpont
Illustrateur : Coralie Saudo
Editeur : Editions Marmottons
Prix : 17 €

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française
Photos © Agathe Poupeney / Coll. Comédie Française

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française

Il arrive que le théâtre ressuscite des œuvres qu’on croyait promises à l’oubli. Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger réalise précisément cela : redonner souffle à une comédie que Goldoni retira de l’affiche après deux malheureuses représentations. Un naufrage originel, devenu aujourd’hui matière à renaissance.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la douceur ferme avec laquelle le metteur en scène aborde cette pièce sans héros, sans grands coups d’éclat, où il se passe tout et rien à la fois. On pense à Tchekhov : la comédie naît ici de la vie même, de ces frictions quotidiennes entre un maître avare — Rigadon, incarné par un Denis Podalydès (parfait) aussi cruel que glaçant — et ses élèves intrépides, impatients d’émancipation.

« L’école de danse » devient microcosme : tout un monde social s’y reflète. Car Goldoni observe avec une acuité presque chirurgicale les forces qui traversent toute société artistique : le désir d’émancipation, d’abord, porté par ces jeunes élèves obstinés, qui rêvent moins de gloire que de liberté — liberté de créer, de choisir leur destin, de ne plus dépendre d’un maître tyrannique ou d’un protecteur capricieux.

Une école de la vie

La pièce met aussi à nu les rapports hommes-femmes : un monde où les femmes dansent, espèrent et négocient, tandis que les hommes — maîtres, impresarii, notaires, courtisans — structurent encore les règles du jeu. Mais Goldoni déjoue les places assignées : Giuseppina, Rosina ou Rosalba, loin d’être des ingénues, manient l’ironie, la stratégie et la clairvoyance sociale avec une intelligence mordante.

À travers elles, la pièce révèle comment chacun — homme comme femme — apprend à composer avec les mécanismes du jeu social : alliances opportunistes, petits mensonges, faveurs échangées, ambitions recuites.

Chacun cherche à survivre dans ce microcosme incertain, et c’est précisément là que la modernité de Goldoni surgit : dans sa manière de montrer que l’ascension sociale n’est jamais seulement affaire de talent, mais de finesse, de ruse, parfois de compromis. Au fond, cette école de danse est une école de la vie : un lieu où l’on apprend autant à s’élever qu’à se défendre, où l’art se confond avec la lutte pour exister.

Le geste fort de la mise en scène réside dans le glissement temporel vers le XIXᵉ siècle, sous l’ombre portée de Degas. Les tutus courts, les corps fragiles, les regards pesants : le sublime et la misère cohabitent, comme dans les pastels du peintre.

Le décor d’Éric Ruf — escalier avec son ascension et son échappatoire, parquets patinés — installe une élégance poussiéreuse et une vérité un peu brutale : celle d’un art qui exige, use, modèle les corps, élève aussi.

Mais pas question de ballet fictionnel. Hervieu-Léger, formateur à l’École de danse de l’Opéra, cherche la vérité du studio : échauffements, corrections, transpiration. Grâce au travail de Muriel Zusperreguy, les comédiens approchent la gestuelle réelle de la danse. En scène, le pianiste Philippe Cavagnat accompagne les exercices, glissant de Chopin à un standard de jazz : un réalisme presque documentaire. 

Et pourtant, la pièce reste comédie. Vive, parfois cruelle, mais jamais pessimiste. Goldoni, observateur sociologue avant l’heure, interroge déjà les rapports de domination, les illusions de carrière, la quête de respectabilité des jeunes artistes. Ces thèmes trouvent aujourd’hui un écho troublant : on entend derrière les répliques les débats contemporains sur l’emprise, la précarité, les inégalités de sexe. Le rire se teinte d’une lucidité nouvelle.

La troupe excelle : Florence Viala en sœur frustrée en quête d’indépendance, Loïc Corbery en comte amoureux, Pauline Clément en stratège affûtée. Chacun habite ce studio de danse comme un lieu de survie autant que de rêve.

Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger signe une mise en scène discrètement politique : un théâtre qui montre comment l’art se fabrique, comment les corps s’y perdent et s’y retrouvent. Une pièce rarement montée, devenue ici le terrain d’une véritable déclaration d’intention. Un pari réussi.

 Dates : du 14 novembre 2025 au 3 janvier 2026 – Lieu : Comédie-Française (Paris)
Mise en scène : Clément Hervieu-Léger

Exposition Planète Préhistorique : Dinosaures – L’Expérience Immersive à l’Atelier des Lumières: une belle plongée dans le passé à partir du 10 décembre

L’Atelier des lumières propose une expérience prodigieuse avec l’exposition Planète préhistorique – Dinosaures réalisée en collaboration avec Apple TV + et Lightroom. Les visiteurs peuvent remonter le temps de pas moins de 66 millions d’années pour découvrir la faune et la flore de la planète terre dans une époque où l’humain n’était pas encore né. Le voyage est fascinant et le spectacle est grandiose. La création visuelle et sonore est spectaculaire et provient de la série documentaire à succès Planète Préhistorique d’Apple TV +. La voix de Gérard Lanvin raconte une histoire de vie et de survie au cœur de la nature sauvage. L’expérience plonge les visiteurs dans les paysages grandioses de la Terre préhistorique avec une faune incroyable de réalisme, toutes les bébètes sont à l’échelle, toutes les parois de l’Atelier des lumières servent d’écran pour une histoire fabuleuse, les petits restent bouchée bée devant ce spectacle immersif hors du commun, rien à voir avec les reportages à la télé! L’acteur Gérard Lanvin prête sa voix dans des tons très graves pour narrer une petite histoire de la terre dans un voyage temporel unique, il est un guide objectif et fait côtoyer Tyrannosaurus Rex, Tricératops, créatures des mers et des airs, avec également des mosasaures et plein de créatures aux noms imprononçables. Imaginée en collaboration avec Lightroom et Apple TV+, cette exposition est un grand moment d’émerveillement immersif et éducatif, à 360 degrés qui plonge le public au cœur du monde préhistorique grâce aux images de la série Planète Préhistorique, narrée par Gérard Lanvin. Il est possible de reserver son ticket pour décembre 2025 ou janvier 2026 dès maintenant.

Aurélien Bosc (CEO Culturespaces), Romain Pintore (paléontologue) et Mike Gunton (producteur exécutif de la série) étaient présents pour le vernissage, un bon moyen d’en savoir plus et de creuser les coulisses de cette expérience unique.

Romy Ryan James va bientôt dévoiler une version acoustique de son titre It’s over

Souvenez-vous, en 2021 la chanteuse Romy Ryan James dévoilait son titre It’s over et le coup de foudre était immédiat. Une version acoustique est prévue pour bientôt, annoncée par un communiqué de presse et la très belle photo d’Alain Bibal. Sans avoir écouté cette version, je suis persuadé qu’elle sera au moins aussi envoutante que la version initiale. Après plusieurs concerts et des échanges toujours très conviviaux, cette version sera à découvrir bientôt, nous vous tiendrons informés!

Publireportage:

« It’s Over » parle de ce qu’on a connu et qui n’est plus. De qui on a été et qu’on n’est plus. 

Cette chanson nous rappelle aussi que l’on peut tourner la page d’une relation, d’une époque ou même d’une version de nous-même dans la vérité et la confiance. Bien que ce soit rarement facile car les fins nous font toujours peur. 

Avant de lancer officiellement la suite de mon travail musical, je suis très fière de cette version acoustique de mon 1er single qu’on a retravaillée avec mon cher et tendre Badié (Sasha Bogdanoff, Ayo, Matthieu Chedid,…) 5 ans après sa sortie le 10 décembre 2020 (en plein confinement) ! 

Il a enregistré la guitare acoustique et ré enregistrée ma voix, il me semble que mon interprétation est plus profonde… et nous avons gardé les sublimes cordes arrangées par Gregoire Letouvet en les remixant en partie.

Je pense que cette version pourra accompagner votre hiver (et les prochains) avec plus finesse que la 1ere version, mais après tout, c’est vous qui direz laquelle vous préférez 😉 avant le 1er album qui est en cours de création et dont le premier single devrait voir le jour au printemps 2026…!

« It’s Over » acoustic version marque la fin d’une époque pour moi et le début d’une nouvelle qui s’annonce très lumineuse !

[BD] Cyborgs T03 – Tank : Crime, chair et circuits brûlés (Soleil)


Tank — plongée dans l’effroi d’Europa

Dans ce troisième volet de la série Cyborgs, la dystopie prend un tournant plus sombre et viscéral. L’action se déroule en 2145, dans la cité d’Europa, gangrenée par la misère, la technologie réservée aux élites, et la corruption. Dans ce contexte hostile, un tueur transforme ses victimes en œuvres macabres, exposant la chute d’un monde ravagé — une enquête sordide qui sert de miroir brutal à la société déliquescente.

La protagoniste, Ramda, flic rebelle déterminée et déboussolée par le chaos environnant, s’enfonce dans les ruelles toxiques d’Europa. Chaque indice semble prometteur mais se révèle un piège, chaque sourire cache un masque. À mesure qu’elle s’approche de la vérité, l’enquête vacille, et la menace s’élève jusqu’à remettre en cause non seulement la justice, mais l’équilibre même du pouvoir. 

Le scénario de Jean-Luc Istin mêle science-fiction, polar et anticipation sociale. Il interroge la place de l’humanité dans un univers où la technologie est privilège, et la survie un luxe. Le récit frappe fort sur les thèmes de l’exclusion, de la déshumanisation, de la violence institutionnelle — des enjeux contemporains transposés dans un futur brutal. 

Graphiquement, Oleg Okunev et le coloriste J. Nanjan offrent une atmosphère oppressante, presque palpable : néons délabrés, ruelles crasseuses, bâtiments suintants, silhouettes déformées — un travail plastique qui amplifie l’angoisse, la tension, l’urgence. Chaque planche devient un décor anxiogène où le danger rôde, et le lecteur est happé dans un univers sans concession. 

Ce tome 3 agit comme un point de bascule : l’enquête tient à un fil, l’équilibre entre justice et survie se fissure, et l’humanité des personnages vacille dans un monde où l’espoir semble un luxe oublié. C’est une œuvre qui bouscule, questionne, dérange — et reste longtemps en mémoire après la dernière page.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Europa, 2145. Un tueur transforme ses victimes en œuvres d’art macabres. Ramda, flic rebelle, s’enfonce dans les ruelles toxiques d’une cité à la dérive. Derrière chaque indice, un piège. Derrière chaque sourire, un masque. Plus elle approche de la vérité, plus l’enquête vacille. Car dans l’ombre, une vérité menace d’ébranler les fondations mêmes du pouvoir.
Date de parution : 13 novembre 2025
Auteurs : Jean-Luc Istin (scénario), Oleg Okunev (dessin), J. Nanjan (couleurs)
Éditeur : Soleil
Collection / Série : Cyborgs – Science-fiction / Anticipation
Format / Pages : Relié – 64 pages
Prix indicatif : 16,50 €

Dans les pas de Pasolini, une troupe intrépide à l’Odéon

Dans les pas de Pasolini, une troupe intrépide à l’Odéon
« Pétrole » – Pauline Bélier © Jean-Louis Fernandez

Dans les pas de Pasolini, une troupe intrépide à l’odéon

Il fallait oser s’attaquer à « Pétrole », le roman-magma inachevé, la dernière colère de Pasolini. Sylvain Creuzevault, lui, n’ose pas : il exhume. Il déterre le livre comme un cadavre encombrant, le déplie sur le plateau et montre tout ce que la société préfère refouler : la saleté du pouvoir, la lubricité des dominants, la violence diffuse qui irrigue nos démocraties dégénérées.

L’ambition est totale. Le dispositif aussi. Le geste brûlant.

Creuzevault ne cherche jamais la facilité — il s’intéresse à l’impact. Le spectacle explose en blocs disjoints, en scènes abrasives, en interludes vidéo qui s’apparentent plus à des électrochocs qu’à des respirations. C’est assumé : « Pétrole » est une matière éclatée pour une mise en scène organique.

Par moments, cela frôle le survoltage. Parfois, on décroche. Mais toujours, on reste alerté : ce théâtre n’a pas l’intention de vous prendre par la main. Ce refus du confort est politique.

Creuzevault n’adapte pas une œuvre sur le pouvoir : il fabrique un dispositif de pouvoir. Il assigne, il impose, il écrase. On sent l’intention : faire ressentir au spectateur ce que Pasolini dénonçait — l’opacité, la manipulation, l’intimidation systémique.

Une pensée en ébullition 

Là où la mise en scène cogne le plus juste, c’est dans le travail sur les corps : des corps sans glamour, des corps qui parlent, des corps sexuellement exposés, sans folklore, sans voyeurisme, mais sans faux-semblant non plus. Ici, quand le désir surgit, il blesse. Quand la violence se montre, elle montre aussi ses racines.

Pasolini aurait reconnu l’effort : ne pas détourner le regard, jamais. L’ensemble du plateau fonctionne comme une arène politique où l’intime devient immédiatement structurel. Rien n’est gratuit. Rien n’est rassurant. Sous le vacarme, il y a une pensée en ébullition. Elle n’est pas déroulée, elle n’est pas expliquée, elle est réinjectée par impulsions.

La traversée convoque les années de plomb, la stratégie de la tension, l’industrie pétrolière, les duplications identitaires du personnage principal — non pour reconstituer, mais pour fracturer. Sa question, au fond, est limpide : quand le pouvoir se désagrège, que reste-t-il ? Des corps et des mythologies.

On pourrait reprocher au spectacle de ne pas donner de clés. Mais pourquoi faudrait-il donner des clés ? Le théâtre n’est pas une salle de classe. Le théâtre est un choc. Ici, il est frontal, abyssal.

Les acteurs, tous remarquables, ne jouent pas « Pétrole » ; ils l’encaissent, ils le propagent, ils le servent comme on un électro choc. On sent la troupe soudée dans une forme de fanatisme artistique — au sens noble : celui qui accepte de traverser le risque. Ils se jettent dans la fragmentation du texte comme dans une mêlée, en assumant la laideur, la nudité morale, l’exposition presque clinique de leurs corps.

Aucun ne cherche à briller individuellement : ils brillent parce qu’ils s’annulent, parce qu’ils font bloc, parce qu’ils portent ensemble une partition qui pourrait tuer un interprète isolé. Leur endurance est stupéfiante, leur précision redoutable, leur abandon total. On sort persuadé d’avoir vu non pas un ensemble, mais une seule bête à huit têtes, un organisme collectif dont chaque membre accepte de brûler pour que l’incendie prenne.

Oui, « Pétrole » est dense. Oui, certains tunnels dramaturgiques auraient mérité un montage encore plus cruel. Mais retirer l’excès à « Pétrole », ce serait l’évider, l’amputer de sa vérité. Le roman est un monstre inachevé. Cette mise en scène en préserve la monstruosité. Quand Creuzevault renonce à simplifier, ce n’est pas par paresse : c’est par fidélité radicale.

« Pétrole » est un spectacle qui refuse la flatterie. Pasolinien forcément. Il dérange, il déborde, il percute, mais il le fait pour une raison : rappeler que Pasolini écrivait avec la conviction que le réel était devenu obscène, et que seule une obscénité plus lucide pouvait le dévoiler. Creuzevault a compris cela. Et il l’applique sans ménagement. Un spectacle nécessaire et intellectuellement vivant — donc politiquement indispensable.

 Dates : du 25 novembre au 21 décembre 2025 – Lieu : Théâtre de l’Odéon (Paris)
Adaptation et Mise en scène : Sylvain Creuzevault

[Livre jeunesse] Les Merveilles de Léonie (Éditions Gautier‑Languereau)

Quand mille idées dansent pour Mamita

Dans Les Merveilles de Léonie, la petite Léonie vit un moment spécial : c’est l’anniversaire de sa « mamita » qu’elle adore. Elle veut trouver le cadeau parfait — mais comment choisir quand on a « mille idées » ? Tic-tac, tic-tac, l’angoisse de rater le geste, le désir de faire plaisir, et surtout la sincérité d’un enfant qui voudrait offrir le cœur de son enfance.

Léonie parcourt son univers, scrute les moindres recoins, imagine cent objets, cent attentions, cent surprises. À travers ses idées, le récit célèbre l’amour entre générations, la spontanéité, la créativité enfantine. C’est une histoire simple, douce, sensible — un hommage tendre à l’enfance vue par un regard qui cherche à rendre heureux.

Visuellement, l’album brille par la douceur de ses illustrations signées Violaine Costa. Couleurs chaudes, traits tendres, atmosphère enveloppante : tout dans le dessin invite à la complicité. On sent la joie, l’impatience, l’espoir, la tendresse — le charme d’un cadeau imaginé avec le cœur. Idéal pour partager un moment tendre avec un enfant.

Extrait de l’album :

Résumé éditeur :

Aujourd’hui, Léonie fête l’anniversaire de sa mamita chérie. Pour le cadeau, elle a mille idées !

Tic-tac, tic-tac, quelle merveille va-t-elle inventer ?
Date de parution : 24 septembre 2025
Auteurs : Roxane Marie Galliez (texte), Violaine Costa (illustrations)
Éditeur : Gautier-Languereau
Collection : Les Histoires / Album jeunesse
Format / Pages : Relié – 32 pages
Prix indicatif : 12,99 €

[Manga] Berserk édition Prestige ‑ Tome 03 (Éditions Glénat)


L’éclipse de l’âge d’or

Avec ce troisième volume de l’édition Prestige de Berserk, la dark fantasy de Kentaro Miura atteint l’un de ses points de non-retour. On y suit la fin de l’arc de l’Âge d’or, où l’amitié, l’ambition et la loyauté basculent dans la trahison, le cauchemar et la survie brute. Guts, Griffith, Casca : trois destins emmêlés dans une spirale qui ne laissera aucun lecteur indemne.

Ce tome réunit plusieurs volumes de l’édition standard en un pavé massif, qui condense combats titanesques, batailles militaires, jeux de pouvoir et vertige métaphysique. C’est ici que se joue l’instant décisif de la série : ce moment où l’univers de Berserk se fracture pour devenir définitivement l’un des monuments de la dark fantasy moderne.

La fabrication Prestige donne toute sa puissance au dessin de Miura : grand format, mise en valeur des noirs profonds, lisibilité accrue des scènes de foule comme des gros plans, pages couleur intégrées. La densité des planches, le travail sur les corps, les armures, les créatures et les paysages, tout concourt à une expérience de lecture à la fois spectaculaire et oppressante. Un volume pensé autant pour la lecture que pour la collection.



Résumé de l’éditeur :

Guts, le guerrier noir, sillonne un monde en guerre, une épée gigantesque sur le dos et une marque maudite gravée dans sa chair, qui attire à lui des forces démoniaques. Autour de lui, la Troupe du Faucon se hisse au sommet de la gloire militaire sous la conduite de Griffith, chef charismatique prêt à tout pour atteindre son rêve. Mais derrière les victoires et les honneurs gronde un destin sacrificiel.
Cette édition Prestige, grand format relié, rassemble plusieurs volumes de la série d’origine dans une fabrication luxueuse, avec traduction revue et pages couleur, pour (re)découvrir le chef-d’œuvre absolu de la dark fantasy.
Date de parution : 13 novembre 2025
Auteur : Kentaro Miura
Éditeur : Glénat Manga
Collection : Berserk Prestige
Format / Pages : Relié grand format – 464 pages
Prix indicatif : 24,90 €
Public : Seinen – Public averti (18+)

[BD] Le Serpent et la Lance, tome 04 : Hub au sommet de son art (Delcourt)

Thriller aztèque & ombres d’un empire – La tension monte

Avec ce quatrième tome du magistral cycle Le Serpent et la Lance, Hub continue d’élever son récit au rang des grandes fresques d’aventure historique. Le décor : l’empire aztèque à son apogée, crépusculaire mais somptueux. Le climat : lourd, hanté, traversé par les murmures divins et l’odeur du sang sacrifié. Le lecteur retrouve l’enquête entamée précédemment — une série de meurtres rituels, de jeunes filles retrouvées momifiées, rites funéraires, pouvoir qui chancelle, et au centre de tout cela, deux hommes liés par la fatalité.

Serpent, austère, méthodique, mutilé mais redoutablement intelligent, avance comme une lame dans la nuit. Œil-Lance, lui, est l’instinct, le fauve blessé, le survivant en quête de vérité autant que de rédemption. Deux trajectoires parallèles, parfois alliées, parfois contraires, mais toutes deux inexorablement attirées vers le cœur du mystère. Les voir évoluer dans ce tome est l’un des plaisirs majeurs de l’ouvrage : leur humanité tragique, leurs doutes, la façon dont l’empire les façonne autant qu’il les dévore.

Le royaume est vaste, la piste mince, le temps presque écoulé. Et cette phrase devient l’étau narratif du tome : « Cinq-Fleurs, la fille du futur souverain, est aux mains de l’impitoyable tueur ». Une menace politique, dynastique, presque sacrée. Si elle meurt, c’est un monde qui peut s’effondrer.

Graphiquement, Hub offre sans doute l’une de ses plus belles partitions. Les planches respirent la chaleur de la pierre, les pigments, l’encens et la poussière des routes. Chaque décor est un tableau : temples gigantesques, marchés grouillants, jungles ruisselantes, intérieurs cérémoniels où la lumière vacille sur des fresques rouges sang. Le découpage nerveux et le sens du cadre renforcent ce que ce tome réussit brillamment : faire ressentir le danger. Une lecture qui s’impose, qui serre la gorge et happpe l’œil du lecteur du premier au dernier souffle.

Extrait de la BD :

Résumé éditeur :

L’enquête qui secoue la cité de Tenochtitlan sur les meurtres des jeunes filles dont les corps ont été momifiés se poursuit pour Serpent et Œil-Lance. Ils parcourent le royaume pour suivre une maigre piste, mais le temps presse : Cinq-fleurs, la fille du futur souverain, est aux mains de l’impitoyable tueur.
Date de parution : 19 novembre 2025
Auteur(s) : Hub (scénario & dessin), Li (couleurs), Story-board : Emmanuel Michalak
Éditeur : Delcourt
Collection : Terres de Légendes
Format / Pages : Cartonné – 112 pages
Prix indicatif : 20,50 €

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