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Dégustation fastueuse des vins de l’appellation californienne Chateau Montelena

A l’occasion, du 50e anniversaire du Jugement de Paris, l’Ambassade des Etats-Unis a invité journalistes et testeurs vins pour un bel évènement. Monsieur Mario Mesquita, Chef de Mission Adjoint de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, a reçu près du Champ de Mars pour une belle découverte des vins rouges et blancs du Chateau Montelena.

Pour ceux qui l’ignorent, la dégustation de 1976 est le nom donné à un concours de vin qu’organisèrent le  à l’hôtel InterContinental de Paris le marchand de vin britannique Steven Spurrier et l’Américaine Patricia Gallagher, raconté par le journaliste George Taber dans un livre du même nom. Prenant comme prétexte la célébration du bicentenaire de l’Indépendance américaine, la dégustation se fit à l’aveugle, rassemblant des vins français et californiens, des blancs à base de Chardonnay et des vins rouges à base de Cabernet Sauvignon. Cet anniversaire a été l’occasion d’accueillir le Président de Chateau Montelena, Matthew Crafton. Le Château Montelena est une propriété viticole renommée de la Napa Valley, notamment grâce au fait qu’elle ait remporté la sélection des vins blancs du fameux Jugement de Paris. Le Chardonnay du Château Montelena était en compétition à l’aveugle avec neuf autres vins français et californiens. Les onze juges ont attribué les meilleures notes au Chardonnay du Château Montelena et à la Chalone Winery, un autre producteur viticole californien. Une version fictive de la victoire du Chateau Montelena est représenté dans le film Bottle Shock sorti en 2008.

Les vins proposés ont été les suivants, tous représentatifs de la qualité de l’appellation Chateau Montelena:

  • 2022 Estate Cabernet Sauvignon:
  • 2023 Napa Valley Chardonnay
  • 2023 Napa Valley Cabernet Sauvignon
  • 2023 Zinfandel
  • 2024 Napa Valley Sauvignon Blanc
  • 2024 Potter Valley Riesling

Un évènement fastueux qui a permis de découvrir la qualité des vins du Château Montelena.

 

 

Le chien bonbon (Bayard jeunesse)

Le chien bonbon (Bayard jeunesse)

Le chien bonbon est un petit album, de la collection « Môme » des éditions Bayard, destiné aux jeunes lecteurs. Il raconte l’histoire de Crépon, un petit chien trop mignon, qui sent le bonbon ! D’ailleurs dans cet album, tout sent le bonbon : le rose et le fluo dominent ! On adore Crépon, mais lui, par contre, il n’est pas aimé des chats et des chiens car il sent trop le bonbon ! Et un jour, il fait une super rencontre à la fête foraine… Le chien bonbon nous fait craquer ! On est fan des illustrations d’Eponine Cottey !

Acheter dans une librairie indépendante Infos de l’éditeur :
Date de parution : Mai 2026 Auteur : Camille Floue Illustrateur : Eponine Cottey Editeur : Bayard Jeunesse Prix : 11,90 €

Mon père, il est super ! (Glénat jeunesse)

Mon Père, il est super ! (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album, en cette veille de la fête des Pères : Mon père, il est super ! L’auteure, Maureen Dor, traite le sujet avec beaucoup d’humour ! Le scénario, comme les illustrations de Fabien öckto Lambert, donnent le ton ! Mon père, il est super, même si il ne ressemble à rien à son réveil, qu’il sent très mauvais de la bouche, qu’il fait du sport devant sa télé, qu’il cuisine comme … Bref, vous l’aurez compris, le père de Tom est loin d’être parfait, mais il est toujours empli d’amour ! Mon Père, il est super est un chouette album à offrir à vos bambins à l’occasion de la fête des Pères, ou même à leur papa !

Acheter dans une librairie indépendante Infos de l’éditeur :
Date de parution : Mai 2026 Auteur : Maureen Dor Illustrateur : Fabien öckto Lambert Editeur : Glénat Jeunesse Prix : 13,50 €

[BD] À faire peur – l’Apiculteur, de Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse)

À faire peur – L'Apiculteur, Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse) [BD] À faire peur – l’Apiculteur, de Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse)

La petite ville imaginaire de Trouillensac n’en finit plus d’accueillir des touristes mal préparés. Après le camping et le train, Soleil Jeunesse expédie cette fois ses jeunes lecteurs chez un vieil apiculteur. Le 11 juin 2026, À faire peur signe son troisième album, L’Apiculteur. Scénario par Lylian et Ingrid Chabbert, dessin de Paul Drouin – déjà au pinceau du premier tome et compagnon de route du scénariste sur Collège Apocalypse –, couleurs de Cyril Vincent.

Le tome précédent suivait Kori et Timéo. Cap, cette fois, sur Élise, onze ans, plutôt réservée. Un dimanche, elle accompagne ses parents jusqu’à la maison d’un vieil apiculteur ruiné. Papa et maman veulent racheter la propriété. L’homme refuse. Le père s’agace, menace, lâche une phrase de trop. Sur le chemin du retour, une nuée d’abeilles fond sur la voiture familiale. Pour Élise, le cauchemar commence. Pour sauver les siens, elle va devoir descendre au cœur d’une ruche peuplée d’insectes monstrueux – guidée par la voix de son amie imaginaire, qui tient bon quand son courage flanche.

Lylian et Chabbert restent fidèles à leur recette : point de vue d’enfant, démarrage banal qui dérape sans prévenir, et une héroïne forcée d’apprendre à se faire confiance. La morale ne pèse jamais trop lourd. C’est ce qui fait la force de la série depuis Terreur au camping. Les auteurs savent qu’un huit-douze ans n’a pas envie qu’on lui explique la peur ; il veut la vivre, à hauteur de personnage. Et la collection, en quelques tomes, a trouvé son équilibre : assez d’effroi pour mériter son titre, jamais trop pour décourager.

Côté image, Paul Drouin poursuit le travail entamé sur Collège Apocalypse (Soleil) et Les Géants (Glénat). Trait souple, cadrages nerveux, goût pour le grotesque. Les abeilles, ici, lui offrent un terrain de jeu idéal : œil composé énorme, mandibules trop grandes, vol erratique. Cyril Vincent peint la ruche dans une gamme de jaunes presque toxiques et de verts acides qui contraste avec les bleus froids de Trouillensac vue de dehors. Une vraie descente progressive, du quotidien jusqu’à l’étrange.

Cinquante-six pages, un récit complet : c’est sans doute la meilleure idée de la collection. Pas d’arc à rallonge, pas de cliffhanger frustrant. On ouvre, on flippe, on referme. Les enfants concernés vont s’identifier à Élise sans difficulté ; les parents qui liront par-dessus leur épaule reconnaîtront, eux, une histoire d’adultes pris dans leur propre avidité et finissant par mettre leur famille en danger. Les vrais monstres ne portent pas toujours des antennes.

Trois tomes, trois entrées dans Trouillensac, trois angles différents : L’Apiculteur se lit très bien tout seul. Lecteurs en demande de frissons mesurés, parents qui cherchent un cadeau pour un préado curieux des récits horrifiques, abonnés de Lylian déjà conquis par La Tresse ou Collège Apocalypse : la cible est large, la promesse tenue.

À lire !!

Extrait

📖 Résumé de l’éditeur

À faire peur – L'Apiculteur

Dans les guides touristiques, Trouillensac est une petite ville paisible. Dans la réalité, c’est un vrai cauchemar, avec d’innombrables phénomènes terrifiants. Elise, 11 ans, va devoir explorer une ruche remplie d’abeilles monstrueuses pour tenter de sauver sa famille.

Elise, 11 ans, est une fille timide et réservée. Un dimanche, elle accompagne ses parents qui veulent s’emparer de la propriété d’un vieil apiculteur. Même s’il est ruiné, l’homme refuse. Le père menace et assure qu’il gagnera à la fin. Sur le chemin du retour, la famille est attaquée par une nuée d’abeilles. Pour Elise, le cauchemar ne fait que commencer. Courageuse, conseillée par son amie imaginaire, elle devra plonger au cœur d’une ruche chaotique et monstrueuse pour sauver ses parents.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre À faire peur – L’Apiculteur
Série À faire peur (tome 3)
Scénario Lylian, Ingrid Chabbert
Dessin Paul Drouin
Couleurs Cyril Vincent
Éditeur Soleil – Jeunesse
Format Album cartonné, 228 × 300 mm, 56 pages
Date de sortie 11 juin 2026
EAN 9782302107120
Prix 11,50 €

[BD] Le Roi David, d’Élie Chouraqui & Marco Bianchini (Glénat)

Couverture Le Roi David Chouraqui Bianchini Glénat [BD] Le Roi David, d’Élie Chouraqui & Marco Bianchini (Glénat)

Glénat ouvre un chantier ambitieux : Les Grands Mythes de la Bible, nouvelle collection qui entreprend de mettre en images les figures fondatrices de l’Ancien Testament. Le Roi David en est le premier opus, à paraître le 10 juin. Le scénario est signé Élie Chouraqui, cinéaste et metteur en scène de la comédie musicale Les Dix Commandements. Au dessin, l’Italien Marco Bianchini, croisé récemment sur La Marne ou La Blanche Nef, pose les images d’un récit que tout le monde croit connaître – et que la BD se charge de redéployer en quarante-huit pages cartonnées.

Sur le modèle de La Sagesse des Mythes, qui défriche depuis une dizaine d’années les récits gréco-romains, nordiques ou égyptiens en bande dessinée, Glénat applique ici la même grammaire à l’héritage biblique : un mythe, un volume, un duo auteur-dessinateur, un appareil documentaire en fin d’ouvrage pour donner les clés historiques et théologiques. Aux côtés du Roi David, on trouve Moïse du même Chouraqui (dessin de Giulia Pellegrini), puis les deux tomes de L’Exode. Une collection à suivre, donc, dans laquelle Le Roi David joue le rôle de premier jalon.

L’histoire est connue. Berger choisi par Dieu, le jeune David affronte le géant philistin Goliath avec une fronde et la foi pour seules armes. Il triomphe, gagne le cœur du peuple… et la défiance jalouse de Saül. S’ensuit un long parcours d’exil, de batailles et de remords avant l’avènement sur le trône d’Israël et la transmission du sceptre à son fils Salomon. Chouraqui parcourt ce destin sur le format ramassé d’un one-shot, en gardant l’éloquence et le sens du grand récit qu’on lui connaît au cinéma comme au théâtre.

Sa voix de réalisateur se reconnaît dans la mise en scène : compositions amples, dialogues nourris, scènes de bataille travaillées comme des séquences. On se souvient que son parcours – Mon premier amour, Ô Jérusalem, Qu’est-ce qui fait courir David ? – flirtait déjà avec les territoires de l’épopée et du film à grand spectacle. La bande dessinée n’est pas pour lui un terrain inconnu : il avait piloté Le Héros du Louvre chez Glénat avec Letizia Depedri, déjà adossé à un sujet patrimonial. Le passage au mythe biblique prolonge logiquement cette trajectoire.

Marco Bianchini, lui, fait l’essentiel de sa carrière sur les terres de la BD historique. Formé sur des titres Bonelli dans les années 80, il a aligné chez Glénat plusieurs ouvrages remarqués : la série 999, À l’aube de rien du tout avec Denis-Pierre Filippi, plusieurs tomes de Vinifera avec Éric Corbeyran, puis Falkland et La Marne avec Jean-Yves Delitte. Son trait précis, sa documentation soignée et son sens de la mise en page épique servent à merveille les paysages arides, les costumes hébraïques et les chocs guerriers que réclame le récit davidien. Une postface confronte la vision de Chouraqui à celle de théologiens et d’universitaires, prolongement bienvenu pour qui veut creuser le contexte.

À l’arrivée, Le Roi David vise un public large : amateurs de fresques historiques, lecteurs en quête de récits patrimoniaux, et plus simplement curieux d’une figure dont la postérité culturelle dépasse largement la sphère religieuse. On pourra le lire dans la continuité d’autres BD bibliques publiées chez Glénat, comme Les Explorateurs de la Bible chroniqués dans nos colonnes. Le portrait s’annonce dense, le format premium (24 × 32 cm), et la pédagogie revendiquée par l’éditeur. À découvrir le 10 juin, et à suivre dans les mois qui viennent au fil des autres figures de la collection.

Extrait :

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Le Roi David Chouraqui Bianchini Glénat « Sois juste, car c’est dans la justice qu’est le grand secret du bien être des hommes. »

Dans un royaume en proie aux guerres et aux complots, le jeune berger David est choisi par Dieu pour devenir roi d’Israël. Encore enfant, il affronte le terrible Goliath, géant philistin qui terrorise les armées de Saül. Armé de sa foi et d’une simple fronde, David triomphe là où tous ont échoué… Mais ce n’est que le début d’un destin hors du commun. Du héros adulé au fugitif traqué, David devra survivre à la jalousie du roi Saül, aux trahisons, aux guerres fratricides et aux épreuves de l’amour. Son ascension est une leçon de courage, de sagesse et de justice, transmise à son fils Salomon, le futur roi d’Israël.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Le Roi David
Scénario Élie Chouraqui
Dessin Marco Bianchini
Éditeur Glénat – collection Les Grands Mythes de la Bible
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, 48 pages
Date de sortie 10 juin 2026
EAN 9782344054659
Prix 15,50 €

 

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie
Henri Rousseau La Noce, 1905 Huile sur toile H. 163 ; L. 114 cm avec cadre H. 185 ; L. 135 ; P. 14 cm (Collection Musée de l’Orangerie © photo : RMN-Grand Palais (Musée de l’Orangerie) / Hervé Lewandowski)

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie

Au Musée de l’Orangerie, l’exposition Henri Rousseau, « l’ambition de la peinture » ne raconte pas seulement l’histoire d’un peintre, elle raconte celle d’un malentendu persistant.

On continue d’entrer chez Henri Rousseau avec un sourire légèrement condescendant, comme si l’on allait rendre visite à un cousin singulier de l’histoire de l’art : attachant, maladroit, presque naïf. L’exposition s’applique précisément à faire tomber ce réflexe-là.

Le rêve contre les règles

Il y a quelque chose d’assez fascinant dans la manière dont Rousseau semble avoir peint contre son époque tout en finissant par l’annoncer.

Il ne possède ni la virtuosité académique des uns, ni les audaces théoriques des autres. Il avance ailleurs, dans une géographie qui lui appartient. Ses personnages ont parfois la raideur des rêves dont on se souvient mal.

Ses paysages ressemblent à des décors qui hésiteraient entre l’enfance et l’inquiétude. Rien n’est complètement juste, mais tout paraît étrangement exact.

L’intelligence de cette exposition est de ne pas enfermer Rousseau dans la case confortable du « Douanier naïf ». Elle rappelle une ambition trop souvent minimisée : celle d’un artiste qui voulait être reconnu parmi les grands peintres de son temps.

Et le mot ambition, ici, n’a rien d’anecdotique. Il traverse le parcours comme une ligne discrète mais tenace. Rousseau ne peignait pas comme quelqu’un qui s’excuse d’être là, il peignait comme quelqu’un persuadé d’avoir une place à conquérir.

Les rapprochements avec d’autres artistes éclairent certaines filiations, mais rien ne peut se substituer à sa singularité : cette impression d’être devant une peinture qui ne ressemble qu’à elle-même.

Et c’est là que réside le trouble durable de Rousseau. Devant ses toiles, on a souvent l’impression que quelque chose résiste aux mots.

Les jungles ne sont pas vraiment des jungles ; les portraits ne sont pas vraiment des portraits ; les scènes semblent toujours légèrement déplacées, comme si elles existaient une seconde avant la logique.

On ressort alors avec une sensation assez rare : celle de ne pas avoir revu un peintre connu, mais de l’avoir rencontré pour la première fois. Certains artistes impressionnent. D’autres séduisent.

Henri Rousseau, lui, continue d’intriguer. Et il existe peu de formes plus persistantes de réussite artistique.

Dates : du 25 mars au 20 juillet 2026 – Lieu : Musée de l’orangerie (Paris)

Et si Roland-Garros était aussi une scène ?

Et si Roland-Garros était aussi une scène ?
© Clement Mahoudeau / FFT

Et si Roland-Garros était aussi une scène ?

Certains lieux semblent condamnés à une seule identité. Roland-Garros appartient à cette catégorie : un territoire de performance, de précision et de tension où chaque geste est pensé pour gagner quelques centimètres ou quelques secondes.

Pourtant, le temps d’une cérémonie d’ouverture, le court Philippe-Chatrier a momentanément changé de nature.

Avec les créations imaginées pour les finales dames et messieurs, Benjamin Millepied, fondateur du L.A. Dance Project et ancien directeur de la danse à l’Opéra de Paris, ne vient pas simplement ajouter une parenthèse artistique à un événement sportif.

Le chorégraphe français a cherché à révéler ce qui existe déjà au cœur du tennis : une écriture du mouvement. Car avant même l’impact de la balle, il y a une anticipation, un rythme, une trajectoire, une mécanique du corps qui relève presque de la danse.

Le court et la scène

Pour la finale messieurs, cette rencontre entre sport et spectacle a pris une forme particulièrement singulière et éclatante.

En seulement six minutes, Millepied imagine une œuvre pensée autant pour les spectateurs présents dans le stade que pour des millions de téléspectateurs.

Une difficulté supplémentaire lorsque le plateau est un terrain de tennis : ici, il n’existe pas une seule scène mais plus mais plusieurs regards simultanés.

Les 24 danseurs évoluent dans un espace découpé par le filet, où chaque mouvement doit exister sous différents angles.

Une géométrie particulière que le chorégraphe accompagne d’une reprise de « Modern Love » de David Bowie par Zaho de Sagazan, enrichie d’une création musicale de Sylvain Millepied.

L’univers visuel convoque également une énergie plus inattendue avec des références aux années 1980 et l’utilisation de pompons, transformés ici en véritables prolongements du mouvement.

Un objet festif qui devient ici une matière chorégraphique et amplifie les gestes jusqu’à les rendre graphiques.

Cette présence lors des finales dames et messieurs dessine finalement une même idée : suspendre pendant quelques minutes la logique pure et dure de la compétition.

Et juste avant que la terre battue ne reprenne ses droits.


Cérémonie d’avant-match finale du simple dames 6 juin 2026

Intuitions, de Sam Raimi, s’illumine à nouveau grâce à la 4K, chez l’Atelier d’Images

Cate Blanchett illumine littéralement le film de Sam Raimi. Sa voie semble tracée vers les étoiles.

Fidèle à sa filmographie, le trépidant Sam Raimi s’offre régulièrement des apartés éloignés des shoots de CGI dont est friand le tout Hollywood. En 2000, il le fait avec un remarquable thriller aux confins du surnaturel, Intuitions. Cate Blanchett en médium tourmentée, une Géorgie moite et oppressante, Raimi s’installe entre deux tempêtes : Intuitions est de ces films qui distillent un malaise tenace et reviennent vous hanter au bon moment. Doté de presque tous les bons côtés de son auteur, spécialisé dans le film de genre, le long-métrage n’a pas fait autant de bruits qu’il le mériterait à sa sortie. Cette édition 4K confectionnée par l’Atelier d’Images nous offre la fluidité et le grain si typique de cette période pour nous replonger avec gourmandise dans ce scénario tortueux signé par Billy Bob ThorntonDans une petite ville de Géorgie écrasée de chaleur et de secrets, Annie Wilson (une Cate Blanchett déjà habitée, magnétique, magistrale) élève seule ses trois fils et survit en tirant les cartes pour les habitants du coin. Son « don » lui vaut autant de respect que de méfiance. Quand Jessica King (Katie Holmes), une jeune femme de bonne famille, disparaît,

les visions d’Annie la plongent au cœur d’une affaire trouble mêlant violence conjugale, secrets de famille et forces invisibles. Autour de Blanchett : un casting cinq étoiles avec Giovanni Ribisi, inquiétant à souhait et qui s’offre sans doute son meilleur rôle, Keanu Reeves en étonnante brute épaisse, Greg Kinnear ou encore Hilary Swank. Tous servent une atmosphère lourde, presque gothique sudiste.  

Raimi en mode intimiste et expressionniste.

Ce qui séduit dans Intuitions, c’est cette oscillation constante entre drame social rural, où on pense à Tennessee Williams ou à certains thrillers des années 70, et surnaturel maîtrisé. Les visions d’Annie ne sont pas prétexte à des effets faciles : elles surgissent comme des intrusions cauchemardesques, avec ce grain expressionniste et cette mise en scène qui sait rester sobre en surface tout en distillant un malaise permanent. Plans larges sur une nature étouffante, intérieurs étroits, lumière tamisée… on sent la sueur, la peur et la pourriture sous le vernis des convenances. On voit bien la filiation directe avec Evil Dead, tout en annonçant Jusqu’en enfer et le tout récent Send Help. Restaurée à partir de l’interpositif 35 mm, cette édition double disque (4K + Blu-ray) respecte le format 1.85:1 et livre une image propre, détaillée, avec un grain argentique préservé qui respire la pellicule. Les décors naturels de Géorgie gagnent en texture, les gros plans sur les visages (Blanchett en profite particulièrement) sont saisissants, et le HDR apporte profondeur et noirs riches sans trahir l’atmosphère brumeuse et sombre voulue par Raimi. Côté son, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 (VO et VF) mettent en valeur les ambiances (insectes, orages, craquements) et la partition inquiétante de Christopher Young. Un nouveau cauchemar éveillé mitonné par l’un de ses meilleurs artisans et que l’on peut redécouvrir dans des conditions optimales.
 

Intuitions, en édition 4K Ultra HD, est disponible chez L’Atelier d’Images. Les bonus incluent un making-of intéressant, des entretiens et d’anciens suppléments qui replongent dans le contexte de ce film tourné à la croisée des chemins pour son réalisateur.

Synopsis : Dans une petite ville américaine, Annie Wilson a le don de prédire l’avenir dans les cartes. Lorsque Jessica King, une fille de la haute bourgeoisie disparaît, la police se retrouve sans aucune piste. Jusqu’à ce qu’Annie déclare avoir eu une vision de qui s’est passé…

[BD] Zheng Shi – Tome 2 : Madame Tsching, de Jean-Yves Delitte (Glénat)

[BD] Zheng Shi – Tome 2 : Madame Tsching, de Jean-Yves Delitte (Glénat)

Couverture de Zheng Shi Tome 2 : Madame Tsching de Jean-Yves Delitte (Glénat) Il y a, dans la légende noire des grands pirates, une injustice persistante : celle d’avoir confisqué la mer aux femmes. Barbe-Noire, La Buse, Surcouf, Morgan… le panthéon reste désespérément masculin, comme si la voile et le canon avaient été refusés à l’autre moitié de l’humanité. Avec Zheng Shi, et plus encore dans ce Tome 2 : Madame Tsching, Jean-Yves Delitte répare un oubli de taille — celui d’une Chinoise qui, au tournant du XIXe siècle, commanda à elle seule la plus formidable flotte pirate jamais réunie sous un même pavillon noir.

Le diptyque entamé en 2025 avec La Rivière des perles trouve ici sa pleine ampleur. Là où l’Occident regarde les Caraïbes comme l’épicentre absolu de la piraterie, Delitte rappelle qu’à l’autre bout du monde, en mer de Chine méridionale, un fléau plus vaste encore prospère. L’Empire du Milieu, dont les voyageurs européens décrivent la grandeur, est en réalité miné de l’intérieur : l’autorité impériale n’est qu’apparence, des régions entières vivent sous la coupe des pirates — ou en sont les complices. Et c’est dans cet entre-deux, entre la jonque marchande et la flotte impériale impuissante, que va se hisser une femme « aussi belle que cruelle ».

Cette femme, le grand public la connaît mieux sous le nom de Zheng Yi Sao, parfois francisé en Madame Ching — ou ici Madame Tsching. Ancienne prostituée de Canton mariée au chef pirate Zheng Yi, elle reprend les rênes de la confédération à la mort de son époux en 1807 et règne, dit-on, sur près de 80 000 hommes et plusieurs centaines de navires. Son génie : transformer une coalition de pillards en véritable contre-pouvoir, doté de son code, de ses tribunaux, de sa fiscalité parallèle. Une organisation qui mit en échec les marines impériale, portugaise et britannique réunies, avant que Zheng Shi ne négocie sa propre reddition en 1810, dans des termes que peu d’hommes auraient osé exiger. Une trajectoire dont la stupéfiante modernité — direction d’entreprise criminelle, leadership féminin, sortie par la diplomatie — fait un sujet en or pour la bande dessinée historique.

Et Delitte est l’homme de la situation. Peintre officiel de la Marine belge, membre titulaire de l’Académie des Arts et Sciences de la Mer, il a fait des grands embruns son terrain d’élection depuis trente ans. On lui doit la fresque Black Crow, les biographies dessinées du Belem et de l’Hermione, la tétralogie U-Boot, sans oublier la prestigieuse collection « Les Grandes Batailles Navales » dont il assure la direction artistique chez Glénat. Sa La Buse revisitait déjà avec brio le mythe d’Olivier Levasseur ; son Black Beard brossait un portrait dense de la légende d’Edward Teach ; et Opium War, dans la collection des Grandes Batailles Navales, l’avait déjà mené sur les eaux de la mer de Chine. Avec Zheng Shi, il complète sa galerie de portraits pirates par une figure orientale jusqu’ici négligée. La cohérence d’une œuvre est rare ; chez Delitte, elle est devenue méthode.

Graphiquement, l’album joue à plein la carte du grand spectacle maritime. Les jonques de guerre à voiles de bambou tranchent avec le gréement européen, les batailles navales dans les passes étroites de la mer de Chine retrouvent la souffle des grandes scènes de bataille de Black Crow, et la palette — orages plombés, dorures impériales, rouge sang du laque — alterne entre opéra chinois et roman d’aventure. Au centre, le portrait de Zheng Shi elle-même : Delitte refuse la caricature exotique pour donner à voir une stratège, une cheffe d’entreprise du crime. La narration, dense mais lisible, tient en 48 pages au format 24×32 cm un récit qui aurait pu en réclamer le double : c’est l’art du dessinateur d’histoire que de savoir condenser sans appauvrir.

Reste, refermé l’album, l’impression d’avoir croisé une vraie figure tragique, dont le destin n’avait rien à envier à ceux des grands flibustiers atlantiques. Zheng Shi – Tome 2 : Madame Tsching clôt magistralement un diptyque qui, sans doute, comptera parmi les belles surprises pirates de cette année 2026. À mettre entre toutes les mains, et particulièrement celles qui croyaient que la course était une affaire d’hommes.

A lire !!

Extrait :

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture de Zheng Shi Tome 2 : Madame Tsching de Jean-Yves Delitte (Glénat) Redécouvrez l’histoire de la plus redoutable des pirates !

Dans l’histoire des civilisations, la piraterie est un mal qui n’a jamais eu de frontières. Alors qu’avec la fin du XVIIIe siècle, elle semble en apparence éradiquée dans les eaux chaudes des Caraïbes qui ont forgé sa légende, elle demeure toujours plus puissante en Extrême-Orient. Même l’empire du Milieu, dont d’innombrables explorateurs narrent les beautés et la grandeur, est aux prises avec ce mal. Parce que l’autorité impériale n’est qu’apparence, des régions entières de la Chine subissent le joug de la piraterie quand elles n’en sont pas complices. On raconte ainsi qu’une femme, aussi belle que cruelle, régnerait sans concession sur les eaux méridionales de la mer de Chine. Des milliers d’hommes serviraient sa cause et des centaines de navires lui permettraient d’accomplir ses exactions. Mythe ou réalité ?

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Zheng Shi – Tome 2 : Madame Tsching
Scénario & dessin Jean-Yves Delitte
Éditeur Glénat
Collection 24×32
Genre BD historique, biopic, aventure maritime
Format couleurs, 24 × 32 cm, 48 pages
Date de parution 3 juin 2026
EAN 9782344073025
Prix 15,00 €

[BD] Skara, Chasseuse de Monstres – Tome 2 : La Citadelle de Jomsborg, de Jérôme Le Gris & Letizia Depedri (Glénat)

[BD] Skara, Chasseuse de Monstres – Tome 2 : La Citadelle de Jomsborg, de Jérôme Le Gris & Letizia Depedri (Glénat)

Couverture de Skara, Chasseuse de Monstres - Tome 2 : La Citadelle de Jomsborg de Jérôme Le Gris & Letizia Depedri (Glénat) On ne referme pas si facilement les portes que l’on a ouvertes par mégarde — surtout quand elles donnent sur les Neuf Royaumes. Avec Skara, Chasseuse de Monstres, Jérôme Le Gris et Letizia Depedri continuent de dérouler chez Glénat leur saga viking en six tomes, dont les trois premières livraisons jalonnent toute l’année 2026. Quatre mois après l’ouverture épique du tome 1, Les Portes d’Odin, ce deuxième opus, sous-titré La Citadelle de Jomsborg, place son héroïne adolescente devant un dilemme guerrier : pour réparer sa faute, elle devra défier en duel à mort le chef des Jomsvikings. « Un serment est un serment ! »

Reprenons : l’incendie d’un temple d’Odin, en pleine fureur d’orpheline, a fait sauter les verrous entre Midgard et les mondes inférieurs. Depuis, des créatures maléfiques rôdent sur la terre des hommes, et c’est à Skara — l’élue du Loup, fillette devenue chasseuse — qu’il revient d’en faire le ménage. À ses côtés, Boyan, jeune prêtre russe et seul rescapé d’Ushaak Major, lui tient lieu de boussole spirituelle. Mais leur quête est trop vaste pour deux paires d’épaules : il leur faut une armée. Cette armée, ce sont les Jomsvikings, redoutables mercenaires païens retranchés dans une citadelle imprenable, sur les rives baltes. Pour obtenir leur serment, Skara doit affronter seule leur chef, au cœur de l’arène.

Le scénario assume pleinement son ancrage dans la mythologie nordique, mais s’autorise un détour par l’Histoire. Les Jomsvikings, on l’oublie souvent, ont réellement existé — fraternité guerrière scandinave attestée au XIe siècle, mêlant code d’honneur, ascèse martiale et brigandage organisé. Jérôme Le Gris s’en empare avec gourmandise, faisant cohabiter Valhalla et géopolitique baltique, runes et stratégie militaire. La force du récit tient à cette tension : Skara est à la fois une figure mythique (l’élue qui doit racheter son hubris) et une adolescente bien vivante, qui doute, fanfaronne et s’épuise. On retrouve ici le rythme soutenu qui faisait déjà la qualité du tome 1 : alternance d’action pure, de scènes oniriques et de moments du quotidien — la fatigue d’un campement, un repas partagé, une vanne entre deux compagnons. Le serment, leitmotiv moral et graphique, donne sa colonne vertébrale au volume : il faut parfois accomplir, dans le sang, ce que l’on a promis dans la colère.

À la manœuvre côté scénario, Jérôme Le Gris confirme encore son statut d’auteur fantasy chevronné dont on reparlera (avec notamment sa tétralogie Pendragon autour du mythe arthurien). Skara prolonge logiquement ses obsessions : mondes mythiques, héroïsme contrarié, rapport au sacré. Côté dessin, Letizia Depedri offre à la série une griffe italienne expressive et nerveuse. Son trait, anguleux mais charnel, donne à Skara une présence physique immédiate, et sa palette — saturée, presque incandescente lors des scènes de combat — accroche l’œil dès la couverture. La citadelle de Jomsborg, avec ses palissades de bois noir cerclant la Baltique, devient sous son pinceau un théâtre à la fois claustrophobe et grandiose.

Le tome 2 s’impose ainsi comme une charnière : la promesse du premier album se confirme, l’univers s’étoffe (Jomsvikings, géopolitique scandinave, mythologie élargie), et l’héroïne grandit sans rien perdre de sa fragilité d’ado. Avec son rythme rapide, ses planches généreuses et son ancrage culturel solide, Skara, Chasseuse de Monstres s’installe comme l’une des bonnes pioches fantasy 2026 chez Glénat. Vivement le tome 3, attendu en octobre.

A lire !!

Extrait :

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture de Skara, Chasseuse de Monstres - Tome 2 : La Citadelle de Jomsborg « Un serment est un serment ! »

Skara a ouvert par mégarde les portes entre les Neuf Royaumes et libéré sur Midgard des créatures maléfiques venues des mondes inférieurs ! Elle doit désormais réparer sa faute en chassant ces monstres, accompagnée de Boyan, un jeune prêtre russe et seul survivant d’Ushaak Major. Pour obtenir l’aide nécessaire, elle doit rejoindre la citadelle de Jomsborg, imprenable, et obtenir l’aide des Jomsvikings, les guerriers les plus dangereux de tout Midgard. Mais pour cela, Skara doit défier leur chef dans un duel à mort.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Skara, Chasseuse de Monstres – Tome 2 : La Citadelle de Jomsborg
Scénario Jérôme Le Gris
Dessin Letizia Depedri
Éditeur Glénat
Genre fantasy, mythologie nordique, jeunesse
Format couleurs, 21,5 x 29,3 cm, 56 pages
Date de parution 3 juin 2026
EAN 9782344074060
Prix 12,00 €

« Prendre soin » : au bord de l’épuisement ordinaire

Prendre soin : au bord de l’épuisement ordinaire
Photo Jean-Louis Fernandez

« Prendre soin » : au bord de l’épuisement ordinaire

Avec « Prendre soin », Alexander Zeldin ne met pas en scène la précarité. Il la laisse s’installer. Lentement. Comme une humidité qui gagnerait les murs sans qu’on s’en aperçoive immédiatement.

Ici, pas de démonstration sociale à coups de slogans ni de mécanique dramaturgique cherchant à fabriquer artificiellement l’indignation.

Une boucherie industrielle, des agents d’entretien de nuit, des pauses toutes les quatre heures, des corps usés qui se croisent avant de disparaître à nouveau dans l’anonymat du travail contemporain : le dispositif paraît presque documentaire dans son dépouillement.

Mais Zeldin ne saisit pas une condition, il observe une lente émergence de l’humain. Prendre soin est l’adaptation française de Beyond Caring, premier volet de sa trilogie sur les inégalités.

Le plateau devient moins un lieu qu’un état. Un espace suspendu entre l’épuisement et l’attente. Tout semble organisé autour de la répétition : nettoyer, frotter, souffler, recommencer.

Le travail comme territoire de solitude

La précarité n’apparaît pas ici comme une catastrophe spectaculaire, elle prend une forme plus discrète et plus cruelle : celle d’un temps confisqué. Et puis quelque chose dévie.

Un regard dure un peu plus longtemps qu’il ne devrait. Une phrase échappe à sa fonction utilitaire. Une présence cesse d’être purement fonctionnelle pour devenir un visage.

Chez Zeldin, l’amitié n’arrive pas comme une consolation, elle surgit presque comme un accident de parcours. Une anomalie dans une organisation du monde construite précisément pour empêcher les liens.

La grande force du spectacle est justement là : refuser la figure héroïque. Personne ici ne se transforme en symbole.

Les personnages n’incarnent pas une thèse. Ils existent dans leurs maladresses, leurs silences, leurs embarras, leurs élans avortés. Ils ne cherchent pas à être aimés ; ils cherchent simplement à tenir.

L’interprétation constitue l’un des points d’ancrage les plus sensibles du spectacle. Alexander Zeldin dirige ses acteurs loin de toute tentation démonstrative : rien n’est sursignifié, rien ne cherche à arracher artificiellement l’émotion.

Les corps semblent habités par une fatigue réelle, par une usure qui se loge dans les gestes les plus ordinaires : une manière de s’asseoir, une hésitation avant de prendre la parole, un regard qui se détourne.

Cette justesse produit un trouble particulier : on a parfois le sentiment de ne plus observer des personnages mais des présences. Les interprètes ne construisent pas des figures sociales, ils laissent apparaître des êtres traversés par leurs fragilités, leurs silences et leurs résistances discrètes.

C’est précisément dans cette retenue que surgit l’émotion : elle n’explose jamais, elle affleure.

Et c’est là que « Prendre soin » trouve sa force la plus profonde : dans cette capacité à faire émerger une humanité presque fragile à partir d’existences que le monde du travail contemporain rend habituellement invisibles.

On pense parfois à Ken Loach dans cette manière de regarder les existences ordinaires sans les réduire à leur condition sociale. Mais là où le cinéma peut s’approcher des visages, Zeldin utilise autre chose : la durée. Il fait confiance au temps, à ses creux, à ses lenteurs, à son inconfort même.

Le spectacle semble murmurer quelque chose d’assez simple et pourtant profondément politique : ce ne sont pas seulement les corps que certaines organisations du travail épuisent.

C’est aussi la possibilité même d’être ensemble.

Et lorsqu’on quitte la salle, ce ne sont pas les scènes les plus spectaculaires qui demeurent. Ce sont ces petits gestes presque invisibles : un café partagé, une parole lancée à voix basse, une présence qui, soudain, rompt l’isolement

Comme si prendre soin commençait précisément là : dans cette obstination fragile à continuer de regarder l’autre.

Dates : du 4 au 12 juin 2026 – Lieu : Théâtre de la Villes – Les Abbesses (Paris)
Texte et Mise en scène : Alexander Zeldin

Gianni Versace Rétrospective : la mode comme un territoire fusionnel

Gianni Versace Rétrospective : la mode comme territoire fusionnel
© DreamRealizer

Gianni Versace Rétrospective : la mode comme un territoire fusionnel

Au Musée Maillol, la rétrospective consacrée à Gianni Versace ne se contente pas de déployer une succession de silhouettes iconiques, elle organise la rencontre avec une esthétique qui n’a jamais cherché la mesure mais l’intensité.

Car Versace n’habillait pas seulement des corps. Il construisait un territoire.

Une exposition qui ne raconte donc pas seulement le parcours d’un créateur mais qui restitue aussi une atmosphère, une énergie presque physique, une manière d’habiter le monde.

Le parcours déploie une matière abondante : silhouettes, accessoires, archives, images, dessins, objets, fragments d’un univers qui semble toujours refuser la limite.

Plus qu’une accumulation, c’est une cartographie créative qui se dessine progressivement sous les yeux du visiteur.

Variations sur une puissance visuelle

À travers plus de 400 pièces, il ne s’agit pas seulement d’observer l’évolution d’un langage esthétique mais d’entrer dans une mécanique du désir où chaque élément paraît chercher une intensification supplémentaire.

Car chez Versace, l’excès n’est jamais un accident. Il constitue une méthode.

Pendant longtemps, une lecture rapide a réduit son travail à une esthétique du spectaculaire : dorures, motifs baroques, sensualité exacerbée, théâtralité permanente.

Pourtant, regarder attentivement ces créations conduit ailleurs. Sous la profusion apparaît une étonnante discipline visuelle. Rien ne semble abandonné au hasard. L’ornement ne vient pas couvrir une faiblesse, il construit une vision.

Chaque silhouette agit comme une surface de collision entre plusieurs imaginaires : l’Antiquité gréco-romaine, les références religieuses, la culture populaire, l’énergie punk, l’héritage méditerranéen.

Des temporalités différentes se superposent sans jamais réellement chercher l’harmonie paisible. Elles produisent au contraire une forme de friction permanente.

Une autre dimension traverse discrètement l’exposition : celle du dialogue constant entretenu par Versace avec l’art.

Son travail ne procédait pas d’un simple emprunt esthétique ni d’une citation décorative destinée à enrichir une silhouette. Il absorbait des langages visuels pour les déplacer vers un autre territoire.

L’énergie sérigraphique de Warhol, la frontalité presque publicitaire de certaines images pop, les rythmes chromatiques de la peinture moderne ou encore des univers plus lyriques et oniriques trouvaient dans ses collections une nouvelle circulation.

La toile cessait d’être une surface fixe, elle devenait mouvement, matière, corps en déplacement. Cette porosité entre art et mode se prolongeait également dans son rapport aux figures culturelles de son époque.

Gianni Versace ne regardait pas les artistes, les musiciens ou les célébrités comme de simples ambassadeurs appelés à porter ses créations. Il fréquentait ce milieu, en partageait les espaces, les nuits, les conversations, les imaginaires.

Avec Madonna, Elton John ou Prince notamment, il participe à une transformation plus profonde : la mode cesse d’accompagner la culture populaire pour entrer directement à l’intérieur de sa fabrication.

Ses vêtements ne servent plus seulement à habiller une présence, ils participent à construire une image publique, une mythologie contemporaine.

L’exposition révèle alors quelque chose qui dépasse la mode elle-même : une époque où l’image revendiquait sa puissance sans chercher à la dissimuler.

Ses créations ne demandaient pas l’attention : elles l’occupaient immédiatement. Elles surgissaient

C’est sans doute ce qui rend cette rétrospective singulière aujourd’hui.

L’exposition agit alors comme une étrange machine temporelle. Elle convoque les années 1980 et 1990 non comme un territoire nostalgique mais comme un moment où l’image n’avait pas encore honte d’elle-même. Une époque où la mode n’aspirait pas à disparaître dans le minimalisme ou à feindre la modestie.

Elle voulait occuper l’espace.

On en ressort avec cette impression que Versace n’était pas seulement un couturier. Il était un univers et une intensité.

Date : A partir du 5 juin 2026  – Lieu : Musée Maillol (Paris)

Nina et les abeilles (Glénat Jeunesse)

Nina et les abeilles (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous proposent un très joli album : Nina et les abeilles.

Nina entend une abeille bourdonner et décide de la suivre… Mais l’abeille vole vite, entourée d’insectes et d’oiseaux… Et soudain, Nina se trouve devant un mur. Elle ouvre la porte et découvre un jardin absolument sublime. Les illustrations de Nicola Killen sont brillantes de beauté ! Nina a alors une idée fabuleuse…

Nina et les abeilles est un très joli album qui met en valeur la beauté de la nature qui nous entoure. Des découpes et des dorures apportent encore plus de magie ! On est fan !

 

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026

Auteur et illustrateur : Nicola Killen

Editeur : Glénat jeunesse

Prix : 12,90 €

Soeurs de Choeur, Tome 4, Clarinette (Casterman)

Soeurs de Choeur, Tome 4, Clarinette (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent un tome 4 des Soeurs de choeur : Clarinette. Cette fois-ci, Clarinette se sent bien seule. Personne ne s’occupe d’elle, que ce soit dans sa nombreuse famille recomposée, ou au Collège. C’est même pire au Collège. On se moque d’elle. Elle est super déprimée mais heureusement, elle ne va pas baisser les bras ! Mais comme toujours, elle a des ressources incroyables, grâce à sa passion de la musique ! Elle va leur proposer une aventure unique à vivre tous ensemble ! Publik’Art est fan de cette série qui véhicule des belles valeurs, à la fois d’amitié, de complicité, de création et de musique !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 3 juin 2026 Auteur : Anne Loyer Editeur : Casterman Prix : 9,95 €

Huit corps pour une seule nuit intérieure

Huit corps pour une seule nuit intérieure
© Todd MacDonald

Huit corps pour une seule nuit intérieure

Il y a chez Hofesh Shechter une manière d’ouvrir le corps comme on entrouvre une nuit. « In the Brain », développé à partir de « Cave », en prolonge et en déplace la matière initiale, comme si cette première cavité chorégraphique avait trouvé ici une expansion plus vaste, plus fiévreuse, plus exposée.

On y retrouve cette plongée dans une intériorité obscure, mais dilatée à l’échelle du groupe, amplifiée par la jeunesse des interprètes qui en décuple l’impact.

La pièce naît dans une obscurité presque liquide. Quelque chose d’abyssal, d’avant le monde, affleure. Les corps ondulent, souples, encore indéterminés, comme des algues prises dans un courant profond.

La musique, grave et incantatoire, semble monter des entrailles de la scène. On n’entre pas dans In the Brain, on y est aspiré, happé par une origine indistincte où le geste précède la forme, où le groupe précède l’individu.

Puis la pulsation s’installe, irréversible. Elle gagne du terrain, accélère, contamine. Ce qui n’était qu’un frémissement devient une nécessité vitale.

Les huit interprètes avancent comme un seul organisme, enlacés, démultipliés, pris dans une montée qui ne connaît plus de pause.

La sensation est celle d’un perpetuum mobile, d’une énergie qui refuse de s’éteindre, portée par cette confiance presque démesurée de la jeunesse qui ignore encore ses limites.

Et pourtant, tout n’est pas uniforme. La force de la pièce tient dans ses fractures. Les corps se rassemblent en blocs d’une précision saisissante, puis se délitent en lignes, en grappes, en échappées solitaires.

Une pulsation obstinée

Chacun surgit, s’impose, puis retourne au flux commun. Il y a là une écriture du collectif qui n’écrase jamais l’individu mais le met en tension, comme si appartenir au groupe était un choix sans cesse rejoué.

Une communauté en mouvement, jamais figée, toujours au bord de se dissoudre.

La gestuelle, elle, porte des traces du monde. Elle semble traversée de réminiscences tribales multiples, comme si différentes mémoires corporelles affleuraient simultanément.

Les bras deviennent prière, inquiétude, appel. Les torsions racontent autant l’élan que la résistance. On croit percevoir des échos lointains, des danses qui ne s’énoncent pas mais qui persistent dans la chair.

Tout se mélange, tout se contamine, dans une forme de syncrétisme organique où le corps devient archive vivante

La musique, composée par Shechter lui-même, agit comme une force centrifuge. Elle martèle, enfle, parfois s’assombrit jusqu’à frôler la déflagration.

Par moments, elle gronde comme une menace sourde, presque tellurique. Ailleurs, elle emporte tout dans une ivresse proche du clubbing, une rave intérieure où les danseurs semblent poussés jusqu’à leur point de rupture.

Le théâtre devient alors un espace de combustion, un lieu où l’on danse pour ne pas céder.

Mais au cœur de cette intensité, des respirations subsistent. De brèves suspensions, presque contemplatives, où le temps semble se dilater. Comme si, dans cette course effrénée, une autre image de la jeunesse apparaissait en creux.

Plus fragile, plus silencieuse. Un cercle autour d’un feu invisible, un moment de partage qui échappe à la frénésie

Ce qui bouleverse, c’est cette oscillation constante entre euphorie et vertige. « In the Brain » peut se lire comme une plongée dans un inconscient collectif, un espace où les identités se frottent, se heurtent, se fondent sans jamais disparaître.

Les danseurs, virtuoses, affirment leurs singularités mais refusent l’exclusion. Ils inventent une manière d’être ensemble sans renoncer à eux-mêmes. Et dans cette tension, quelque chose résiste.

Alors la pièce avance, encore, toujours. Jusqu’au bout de la nuit. Jusqu’à l’épuisement peut-être, mais jamais jusqu’à l’arrêt. Comme si danser était ici une manière de rester vivant. Une nécessité impérieuse. Une pulsation obstinée qui, dans le noir, continue de battre, encore.

 Dates : 6 et 7 juin 2026 – Lieu : Scène nationale Bourg-en-Bresse (Paris)
Chorégraphe et musique : Hofesh Shechter

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

"I Will Survive" : rire nerveux et malaise garanti
Photo Fabrice Robin

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec « I will survive » couronné du Molière du théâtre public, Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible.

Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil, une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

« I will survive » ne déroge donc pas à la règle : c’est un spectacle qui cogne, qui frotte, qui râpe, et qui cherche moins à convaincre qu’à provoquer une déflagration morale. On reconnaît là le geste très Meurisse : transformer le plateau en laboratoire d’observation sociale où les comédiens improvisent avec une gourmandise de charognards.

Le spectacle s’articule autour de deux trajectoires : celle, tragique, de Cécile Gallot, jugée pour avoir abattu un mari devenu tortionnaire intime ; et celle, pathétique, de Didier Moreau, humoriste lessivé par une blague lamentable et un flot de critiques disproportionné.

Deux existences que rien n’unit, sinon une justice déboussolée, jetée en pâture à ses propres contradictions. Cette collision finale n’est pas un gadget dramaturgique : c’est l’illustration précise de la manière dont la machine sociale broie, confond, mélange ce qui ne devrait jamais se comparer.

Un théâtre laboratoire

La mise en scène, elle, fonctionne comme un guet-apens. Meurisse ouvre sur une parodie au vitriol du service public audiovisuel, où animateurs et chroniqueurs semblent coincés dans un brouillard de bienveillance mécanique.

Puis viennent les policiers : excédés, alcoolisés, presque analphabètes, dessinés avec une férocité qui serait gratuite si elle ne puisait pas dans une observation très précise des dysfonctionnements du quotidien.

Ici, le procureur ressemble à un Dark Vador de bureau, terrifiant parce qu’il est ridicule et ridicule parce qu’il détient un pouvoir réel. Tout le théâtre de Meurisse repose sur cette mécanique paradoxale : faire rire pour mieux révéler l’effroi.

Les comédiens, fidèles à leur esthétique, improvisent avec une précision de funambules. Ils circulent dans le chaos comme dans un terrain d’expériences : ils testent, dérapent, osent trop, volontairement, parce que trop est parfois la seule manière d’atteindre juste.

Et on rit parce que c’est absurde ; on cesse de rire lorsque cela dit quelque chose d’amer sur la morale contemporaine, sur la manière dont on juge, dont on absout, dont on conspue

Des esprits chagrins reprocheront encore au collectif sa lourdeur, ses caricatures, sa volonté martelée de prendre tout le monde de front : flics, médias, politiques, détenus, citoyens ordinaires. Mais c’est mal comprendre la démarche : cette outrance n’est pas un choix décoratif, c’est un acte politique.

Elle redonne du relief à un paysage moral aplati par la répétition médiatique et le vacarme des indignations instantanées. Chez Meurisse, l’excès sert à remettre du contour, à forcer le regard, à rappeler que le grotesque est parfois la seule forme vraiment fidèle de la réalité.

Parce qu’au fond, « I will survive » ne cherche pas à provoquer pour provoquer. Il cherche à observer, puis à traduire ces observations dans un langage théâtral capable de rivaliser avec la brutalité du monde. La violence est là, dans les faits.

Le spectacle ne fait que la mettre en lumière en plus fort, en plus laid, en plus drôle parfois, mais surtout en plus vrai. Et c’est peut-être pour cela qu’on en sort un peu sonné : ce n’est pas l’outrance qui bouscule, mais la part de réel qu’elle révèle.

 Dates : du 29 mai au 27 juin 2026 – Lieu : Théâtre des Bouffes du Nord (Paris)
Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Fashion Sphère : une plongée graphique dans les coulisses du luxe

Avec Fashion Sphère, le roman graphique publié chez Beta Publisher, le lecteur est invité à franchir les portes d’une grande maison de couture et à découvrir ce qui se joue réellement derrière les vitrines du luxe. Loin des clichés glamour, l’ouvrage propose une immersion directe dans un univers structuré, exigeant et profondément stratégique.

Au fil des pages, l’histoire se déploie dans un environnement où chaque service – création, communication, marketing – participe à une mécanique globale parfaitement orchestrée. Cette organisation, présentée dès les premières séquences, met en évidence une réalité souvent méconnue : la mode est aussi une industrie, avec ses hiérarchies, ses enjeux économiques et ses décisions calculées.

Le récit s’appuie sur une succession de scènes courtes et rythmées qui donnent à voir le quotidien des acteurs de cette maison fictive. Réunions tendues, prises de parole médiatiques, négociations en coulisses : tout contribue à construire une narration vivante et crédible. Le lecteur devient témoin d’un système où l’image est soigneusement maîtrisée, parfois au détriment de la réalité.

L’un des points forts de Fashion Sphère réside dans sa capacité à interroger les contradictions du secteur. Derrière les discours institutionnels et les engagements affichés, le livre laisse apparaître des zones de friction, notamment autour de la communication et des pratiques internes. Cette tension permanente donne toute sa force au récit, qui oscille entre fascination et désillusion.

Sur le plan graphique, le style sobre et précis accompagne parfaitement cette immersion. Les illustrations captent les attitudes, les codes et les mises en scène propres à l’univers de la mode, tout en conservant une distance critique. Le choix d’une esthétique épurée renforce la lisibilité du propos et met en valeur les interactions entre les personnages.

Accessible tout en étant riche dans ses thématiques, Fashion Sphère s’impose comme un roman graphique contemporain qui dépasse le simple cadre narratif. Il propose une lecture fine et documentée d’un milieu aussi séduisant qu’exigeant, offrant au lecteur une vision à la fois réaliste et nuancée des coulisses du luxe.

Disponible aux éditions Beta Publisher : www.betapublisher.com

[BD] Tatari – Tome 7, de Watari (Glénat Manga)

[BD] Tatari – Tome 7, de Watari (Glénat Manga)

Couverture de Tatari Tome 7 de Watari (Glénat Manga)

Il y a, dans la longue mémoire des yokais, quelque chose qui ressemble à une lente patience : on attend le bon moment, on observe l’humain s’épuiser, et l’on resurgit quand la situation paraît verrouillée. Avec Tatari – Tome 7, Watari pousse sa partition entre chat des rues et démon vengeur dans une zone plus sombre, plus tendue, plus douloureuse aussi — et confirme que sa série compte aujourd’hui parmi les shōnen nouvelle vague les plus singuliers du catalogue Glénat.

Rappel du tome précédent : Tatari a été poignardé par Yuki, sa petite sœur de cœur, contrôlée par un yokai. Avant de s’effondrer, il la confie à Futaba, dernier témoin lucide d’une situation qui s’effondre. La paire, jusqu’ici miraculeusement préservée, est désormais séparée par le sang. C’est sur cette césure presque insoutenable que s’ouvre ce septième volume, sans ménagement, comme un coup porté en pleine page.

Mais Watari ne s’enferre pas dans le drame intime : il rebat les cartes. Setsuna, la mère des neiges, fait un retour aussi inattendu que glaçant, et son apparition redistribue toutes les lignes de force. Pendant qu’Olijigard et Reden affrontent un secret qui les dépasse — celui d’un âge dont ils n’avaient pas mesuré l’ampleur —, la stratégie de Sha Lu place le camp de Tatari en position purement défensive. Le tome avance par retournements successifs, sans jamais relâcher la pression, et l’on referme la dernière planche avec une question simple : Tatari survivra-t-il à ce coup de couteau ?

Côté dessin, Watari maîtrise le grand format pleine page comme il maîtrise les petits gags muets : ses scènes d’action déploient une lisibilité tactile et la mise en scène de Setsuna — entre apparition mystique et menace gelée — restera l’une des plus belles séquences de la série à ce jour. Le découpage joue de la rétention : on attend, on attend, et l’image explose.

Si vous découvrez la série, rappelons l’argument : jadis, dans l’ancienne capitale de Kyoto, vivait Tatari, un grand yokai chat métamorphe qui terrorisait la population. Mille ans plus tard, c’est en simple chat de gouttière qu’il survit non loin de chez Takeru et sa petite sœur Yuki, dans un appartement minable mais heureux. Jusqu’au jour où Takeru est froidement éliminé. Tatari décide alors de prendre la place du garçon pour démasquer ses assassins. Sept tomes plus tard, ce mensonge tendre s’est mué en quête vengeresse à l’échelle d’un clan.

Publié dans la collection Shōnen de Glénat Manga au rythme soutenu d’un volume tous les deux mois depuis le début de l’année — un calendrier rare, qui dit la confiance de l’éditeur dans la série —, Tatari trouve avec ce septième opus son point d’équilibre le plus précieux : après un Tome 6 qui avait posé l’embuscade, Watari livre ici la déflagration, et tient ouvertes toutes les voies du suivant.

A lire !!

Résumé éditeur

Tatari Tome 7 Le chat yokai vengeur !

Tatari a été poignardé par sa petite sœur Yuki, contrôlée par un yokai. Avant de s’effondrer, il la confie à Futaba… Alors que la situation semble désespérée, Setsuna, la mère des neiges, effectue un retour inattendu. Pendant qu’Olijigard et Reden font face à l’âge stupéfiant que leur révèle un « secret » qu’ils vont apprendre, la stratégie de Sha Lu place tout le monde en position défensive. Tatari survivra-t-il au coup de couteau qu’il a reçu ?!

Fiche éditeur

Tatari – Tome 7

Scénario & dessin : Watari

Éditeur : Glénat Manga (collection Shōnen)

Genre : shōnen, action, fantastique

Format : Souple, 11,5 x 18 cm, 208 pages

Date de parution : 3 juin 2026

EAN : 9782344072905

Prix : 7,20 €

Dégustation du Cocagne gris 2025 Cave du Vendomois (pris de la vente à la cave: 7 euros)

Le Cocagne gris 2025 Cave Du Vendômois est disponible au prix de vente à la cave de 7 euros. A l’œil, la robe est rose lumineuse, avec des reflets dorés. Le nez est complexe, floral, épicé, fruité framboise-groseille, minéral. La bouche est fondue, ronde, vive, fraîche et fruitée fraise et ananas, longue sur la réglisse. Le vin accompagne parfaitement un plat de salade avocat-pamplemousse-crevettes, des saint-jacques, du sauté de porc au curry ou de l’espadon grillé. Un vin gris parfait pour la saison estivale qui approche, toujours avec modération.

Publireportage:

Un noyau dynamique de 3 vignerons possède de 80% de la surface totale de la Cave. Ces derniers ont moins de 50 ans et sont motivés par la politique de qualité. L’ensemble du vignoble est régulièrement visité et contrôlé par un technicien de la cave, appuyé par la Chambre d’Agriculture. Ainsi, chaque vigneron est conseillé et ses parcelles sont classées et notées. Ces surfaces répondent au cahier des charges du Groupe Alliance Loire, basé sur le référentiel Terras Vitis. Parcelles classées en premières côtes, situation de coteaux exposés au soleil levant, en bordure du Loir, permettant une bonne précocité. Les parcelles sont protégées du Nord et bénéficie grâce au Loir à un microclimat propice. Le terroir est majoritairement composé de sols argileux (12 à 14% d’argile) riches en silex (notamment des petits silex roses) avec des affleurements calcaires par endroits. Une combinaison qui permet une bonne alimentation en eau et des conditions idéales de drainage. Un terroir original qui donne aux vins des Coteaux du Vendômois leur typicité.

Le vignoble des Coteaux du Vendômois est installé sur son territoire depuis le 5ème siècle, l’AOP Coteaux du Vendômois s’étend sur 125 hectares, répartis sur 28 communes dans le pays des boucles du Loir, entre Vendôme et Montoire. Les vignerons (9 produisant des vins en AOC dont la cave coopérative créée en 1929, qui en regroupe 3), pratiquent la polyculture pour la plupart, néanmoins, très attachés à la culture de la vigne et y apportent toutes leurs compétences, et produisent en année pleine 5 000 hectolitres d’A.O.P. Coteaux du Vendômois.

Dégustation du Gris Bodin 2025 du domaine Colin Coteaux du Vendomois BIO (Prix public départ cave 11 euros)

Le Domaine Colin propose son Gris Bodin 2025 issu des célèbres Coteaux du Vendômois en mode BIO. Digne représentant du cépage Pineau D’Aunis, les vignes ont été plantées en 1920 par le grand-père Georges Colin. Le vin s’exprime sur des fruits très mûrs et accompagne parfaitement des plats exotiques, des poissons, des crevettes, des langoustines, une sole au citron, du poisson grillé, une terrine d’aubergines ou du beaufort. A l’œil, la robe est rose saumoné, brillante. Le nez est minéral et frais, fruité petits fruits rouges. La bouche est fruitée, fondue, fraîche, gourmande, avec une note mentholée, finement épicé, fraîche et longue. Un super vin gris pour la saison estivale, toujours avec modération.

Publireportage: Le vignoble des Coteaux du Vendômois est installé sur son territoire depuis le 5ème siècle, l’AOP Coteaux du Vendômois s’étend sur 125 hectares, répartis sur 28 communes dans le pays des boucles du Loir, entre Vendôme et Montoire. Les vignerons (9 produisant des vins en AOC dont la cave coopérative créée en 1929, qui en regroupe 3), pratiquent la polyculture pour la plupart, néanmoins, très attachés à la culture de la vigne et y apportent toutes leurs compétences, et produisent en année pleine 5 000 hectolitres d’A.O.P. Coteaux du Vendômois.

L’origine de la ferme agricole remonte à 1735 mais c’est Emilien Colin en 1900 qui développe la vente direct de vin et contribue à l’essor du domaine avec 6 hectares de vignes et 2 attelées de chevaux. Le Domaine aujourd’hui compte 28 hectares de vignes dont 12 hectares en Pineau D’Aunis, 10 hectares en Chenin, 2,5 hectares de Pinot Noir, 1 hectare de Cabernet Franc 1 hectare de Gamay et 1,5 hectares de Chardonnay. La vigne est toujours plantée à très forte densité ; 7500 pieds hectares pour favoriser la concurrence et la concentration. Le mouvement « Vignerons indépendants de France » a permis au Domaine Colin de mettre en avant sa volonté d’authenticité de vin. La signature par le logo rassure le consommateur et garanti que c’est bien le vigneron qui fait ses vignes, son vin, et qu’assure la commercialisation en perpétuant la tradition dans une viticulture moderne. Ce mouvement de passionnés, responsables de bout en bout de la production de leurs vins, signent leur travail et revendiquent les plaisirs qu’il procurent. Patrice Colin est l’un de ces vignerons qui défend avec force ce métier et l’authenticité AOC Coteaux du Vendômois. Ce viticulteur passionné, méticuleux, attaché profondément à faire connaître à travers ses vins la capacité du Vendômois à produire les vins de terroir, naturels, équilibrés et d’une rare pureté, très bien adaptés à la gastronomie.

[BD] Fans des Sylvanian Families – Tome 1, de Kuko Okano (Soleil Manga)

Fans des Sylvanian Families – Tome 1, de Kuko Okano (Soleil Manga) [BD] Fans des Sylvanian Families – Tome 1, de Kuko Okano (Soleil Manga)

Lancées en 1985 par Epoch, les figurines Sylvanian Families ont conquis le monde entier avec leurs petits animaux anthropomorphes et leurs maisons de poupée à l’esthétique nostalgique. Quarante ans plus tard, la licence japonaise s’invite enfin dans le neuvième art : Fans des Sylvanian Families débarque en France chez Soleil Manga, dans une traduction de Sophie Piauger. Publié au Japon par Kodansha entre 2023 et début 2026 sous le titre Gal ga Sylvanian Family Dekiai shitara #Galvanian, ce slice of life en sept tomes signé Kuko Okano se présente comme « une œuvre de fan, pour les fans ». Une déclaration d’amour qui dépasse pourtant largement le cercle des collectionneurs.

Au lycée, tout semble séparer Mimoza Tsurui et Nanako Kameyama. La première est une Gal flamboyante : maquillage marqué, mèches blondes, attitude hautaine qui en impose à toute la classe. La seconde est une élève modèle, douée en arts créatifs, réservée, presque effacée. Deux mondes, deux silhouettes que rien ne devrait jamais réunir… jusqu’à ce qu’elles se découvrent une passion commune et hautement inavouable pour les figurines Sylvanian Families. De cette révélation mutuelle naît une amitié improbable mais immédiate, où chacune apporte à l’autre ce qui lui manque : Nanako confectionne de délicates tenues sur mesure pour les dioramas que Mimoza met en scène avec un sens du décor digne d’une vraie directrice artistique.

Ce premier tome de Fans des Sylvanian Families trouve toute sa douceur dans ce dispositif. À travers les saynètes que les deux lycéennes imaginent autour de la famille Husky, du Chat Magicien ou du Lapin Chocolat, Kuko Okano explore en filigrane les préjugés liés aux apparences, le poids du regard des autres et la manière dont une passion partagée peut devenir un pont entre deux solitudes. L’autrice, originaire de la préfecture d’Iwate et déjà connue au Japon pour Kimono-chan to Lolita-chan (Laza Comics) et Lolita-Meshi (Kadokawa Shoten), confirme ici son goût pour les communautés de niche et les amitiés féminines qui se nouent autour d’un même amour du beau et du minutieux.

Le trait, malicieux et tout en rondeurs, joue à plein la carte du « s » sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les figurines sont dessinées avec une tendresse évidente, presque documentaire, qui ravira les collectionneurs aguerris ; les visages des héroïnes, expressifs et changeants, donnent à chaque chapitre un rythme proche de la comédie scolaire. Soleil Manga assume d’ailleurs cette double cible : Fans des Sylvanian Families peut se lire comme un manga jeunesse à partir de 12 ans, mais s’adresse tout autant à un lectorat adulte que la licence accompagne depuis l’enfance.

Car l’autre belle idée du livre, c’est de rappeler qu’aucun âge ne protège vraiment du pouvoir des Sylvanian Families. Monsieur Mohara, professeur du lycée, dissimule jalousement son adoration pour ce petit monde de feutrine. Amoureux transi de Mademoiselle Hoda, l’infirmière de l’établissement, ce grand timide va peu à peu découvrir que les figurines peuvent devenir un formidable outil de communication entre adultes pudiques. Derrière le plus sérieux des employés sommeille une âme d’enfant : tel est, en creux, le vrai sujet d’Okano.

À mi-chemin entre la chronique lycéenne tendre façon Sahashi et les créatures fantastiques et l’hommage assumé à un univers iconique, Fans des Sylvanian Families mise sur la bienveillance, l’entraide et le plaisir partagé pour réunir des personnes que tout sépare. Un premier tome qui prouve qu’un jouet d’enfance peut encore, quarante ans après sa création, fonder de nouvelles familles de cœur. Bienvenue dans le cocon.

A lire !!

Résumé éditeur

Fans des Sylvanian Families – Tome 1 « Une œuvre de fan, pour les fans ! »

Après avoir conquis le cœur de millions de personnes, des plus jeunes aux adultes, les adorables personnages des Sylvanian Families prennent désormais vie en manga. Sous le trait malicieux de Kuko Okano, les familles Husky, Chat Magicien et Lapin Chocolat vivront de nouvelles aventures dessinées fidèles au mythique univers d’une licence au succès international, entre douceur, créativité et bienveillance.

Premier livre inspiré de l’univers Sylvanian Families, cette nouvelle série Soleil Manga explore avec délicatesse les préjugés et les liens qui peuvent naître grâce à une passion partagée. Les deux héroïnes, Mimoza et Nanako, nouent une amitié improbable mais indéfectible portée par leur amour des figurines qu’elles mettent en scène dans une multitude de scénarios. À travers les aventures de leurs personnages fétiches, les lycéennes découvrent les vertus de l’entraide. Les Sylvanian Families offriront à tous et toutes l’opportunité de se créer une nouvelle famille.

📚 Fiche éditeur

Titre Fans des Sylvanian Families – Tome 1
Autrice Kuko Okano
Scénario & dessin Kuko Okano
Traduction Sophie Piauger
Éditeur Soleil Manga
Collection Shôjo
Nombre de pages 144
Format 150 × 210 mm, broché
Date de parution 7 mai 2026
EAN 9782302108066
Prix 9,99 €

[BD] La Vie extraordinaire d’Arizona Joe – Tome 1, de Stéphane Piatzszek & Fabrice Meddour (Grand Angle)

[BD] La Vie extraordinaire d’Arizona Joe – Tome 1, de Stéphane Piatzszek & Fabrice Meddour (Grand Angle)

New York, 1876. Un wagon de marchandises roule vers l’Ouest. À bord : un gamin de treize ans qui fuit son père banquier, et un colosse vagabond qui sent la sueur et le grand air. C’est sur ce quai de nulle part que démarre La Vie extraordinaire d’Arizona Joe, premier tome d’un diptyque signé Stéphane Piatzszek au scénario et Fabrice Meddour au dessin, que Grand Angle a publié le 27 mai 2026 sous le sous-titre Baby Boxer Banker.

Le pitch tient en trois lignes : Newland Arrow vient de perdre sa mère. Son père, banquier glacial de Manhattan, ne sait plus quoi faire de ce fils qu’il ne regarde plus. Le gamin prend le train, le hasard fait le reste, et il se retrouve embarqué dans le sillage d’Arizona Joe – hobo charismatique, voleur à l’occasion, homme des rails avant tout. Entre l’enfant-doré et l’homme-des-rails, une amitié naît là où elle n’aurait pas dû, faite de combines, de bars miteux et de quelque chose de plus difficile à nommer.

Piatzszek choisit un décor rarement creusé en BD francophone : le Gilded Age, cette Amérique des années 1870 où les Rockefeller et les Vanderbilt construisent leurs empires pendant qu’une autre Amérique, celle des trimardeurs et des sans-le-sou, invente sa propre géographie clandestine. Les hobos codifient leurs signes, leur argot, leurs hiérarchies – une contre-société que le rail a rendue possible et que Manhattan ignore ostensiblement. Le scénariste, qu’on connaît pour Commodore Ackab (Casterman) ou son L’Île aux trésors (Glénat), sait manier ce genre de matière historique sans la transformer en cours magistral. L’enfant sert ici de passeur entre les deux mondes, et ça fonctionne.

Avec une teinte mélancolique, Arizona Joe n’est pas un héros de pulp qu’on admire de loin : c’est un homme abîmé, qui a encore quelque chose à transmettre avant que sa route se ferme. On pense à Paris, Texas revu par Mark Twain – l’éditeur lui-même parle de « lettre d’amour à la culture hobo américaine », ce qui n’est pas faux ! Au dessin, Fabrice Meddour n’est pas un inconnu chez Grand Angle – on l’avait vu sur San Francisco 1906 avec Damien Marie, où il imposait déjà ses cadrages larges et sa lumière basse. Sur Arizona Joe, il pousse l’americana plus loin : ferrailles rouillées des locomotives, saloons dans le contre-jour, ciels du Midwest qui écrasent les silhouettes. Les corps ont du poids, les décors ont de la boue. C’est le genre de dessin qui se mérite à la relecture.

Le tome se clôt sans cliffhanger racoleur – plutôt une amorce, le sentiment que les deux protagonistes n’ont pas encore fini de se percuter contre l’Histoire. Le second et dernier volume est annoncé pour août 2026. D’ici là, ce premier opus s’impose comme une BD solide : quelque part entre le western crépusculaire, le roman d’apprentissage et la fresque sociale. À lire.

A lire !!


Résumé éditeur

Quand la haute société croise la liberté des rails…

New York, 1876. Newland Arrow, 13 ans, vient de perdre sa mère. Fils d’un riche banquier de Wall Street, il s’enfuit, incapable d’affronter le regard froid et brisé de son père. Dans un train, il rencontre Arizona Joe, un vagabond colossal et charismatique. De cambriolages en bars miteux naît une amitié improbable entre l’enfant bien-né et l’homme de la route. Le point de départ d’une aventure qui les transformera à jamais. Suite et fin du diptyque en août 2026.

La Vie extraordinaire d’Arizona Joe – Tome 1 : Baby Boxer Banker

Scénario : Stéphane Piatzszek

Dessin & couleurs : Fabrice Meddour

Éditeur : Grand Angle (Bamboo Édition)

Pages : 72 – Format : 243 x 320 mm

Sortie : 27 mai 2026

ISBN : 978-2-8189-7951-8

Prix : 16,90 €

[BD] Les Sortilèges de Zora – Tome 6 : Les Deux Passages, de Judith Peignen & Ariane Delrieu (Vents d’Ouest)

Couverture Les Sortilèges de Zora Tome 6 Les Deux Passages [BD] Les Sortilèges de Zora – Tome 6 : Les Deux Passages, de Judith Peignen & Ariane Delrieu (Vents d’Ouest)

Cinq ans déjà depuis le premier tome, Une sorcière au collège : la série jeunesse Les Sortilèges de Zora aborde sa dernière ligne droite. Vents d’Ouest publie le 27 mai 2026 Les Deux Passages, sixième des sept volumes prévus, toujours écrit par Judith Peignen et dessiné (et mis en couleurs) par Ariane Delrieu.

Pour ceux qui découvriraient la série, rappelons les fondations : Zora, jeune sorcière de douze ans, vit avec sa grand-mère Babouchka sur le toit d’un immeuble parisien, dans une étrange maison invisible aux yeux des « nonsorciers ». Tiraillée entre l’héritage magique de son aïeule et son désir d’une vie de collégienne normale, elle navigue à vue entre potions, amitiés naissantes et menaces très réelles. Car au-dessus d’elle plane l’ombre d’Oldaric, chef immortel de l’Organisation, qui n’a jamais cessé de traquer les sorcières.

Dans Les Deux Passages, Zora a grandi. Son apprentissage avance, et son rêve — un monde où sorcières et non-sorciers vivraient enfin côte à côte — commence doucement à prendre forme. Et puis tout dérape : Minh, sa meilleure amie, surprend par hasard sa vraie nature. Plutôt que de tout faire exploser, le secret les rapproche. Les voilà parties ensemble enquêter sur l’origine des pouvoirs d’Oldaric, une piste qui les mène jusqu’à la plus vieille maison de Paris. Là dorment depuis des siècles les secrets d’un alchimiste de légende, et des énigmes capables de réveiller des forces qui les dépassent largement.

Le vrai bon choix de Judith Peignen, c’est d’avoir fait de l’amitié le moteur de la magie, et pas seulement un décor. Quand bien des séries jeunesse auraient misé sur la rivalité ou sur l’héroïne qui s’en sort seule, Les Sortilèges de Zora tient son idée jusqu’au bout : il y a des batailles qu’on ne peut gagner qu’à deux. Du coup le tandem Zora-Minh existe vraiment, avec ses hésitations, ses trouilles et ses petites lâchetés d’ados. On sent aussi que la scénariste, ancienne rédactrice en chef du magazine Les Filles Sorcières chez Fleurus Presse et passée par le CESAN, sait exactement à qui elle parle : le suspense et l’émotion sont dosés sans en faire trop, et ça touche.

Au dessin, Ariane Delrieu ne déçoit pas. Diplômée des Beaux-Arts de Caen, elle donne à la série un trait souple, des décors qui fourmillent de détails et des couleurs chaudes, que l’on soit dans une cour de collège, un grenier poussiéreux ou les souterrains d’une vieille maison parisienne hantée de sortilèges. Ses personnages, expressifs et un brin facétieux, finissent de faire tenir cet univers qui s’est imposé, tome après tome, comme l’une des belles réussites de la BD jeunesse fantastique du moment — un terrain que PublikArt suit de près.

Soyons clairs : ce tome 6 s’adresse d’abord aux lecteurs qui suivent la série. Il reprend les fils laissés ouverts au rocher de la sorcière (T5) et installe les pièces du final, qu’on devine pour le tome suivant. Petit rappel au passage : la saga existe aussi en romans chez Rageot, pour celles et ceux qui préfèrent passer par les mots avant les images.

Entre ses thèmes — la différence, la transmission, l’amitié, le courage au féminin — et son Paris réenchanté avec malice, Les Sortilèges de Zora – Tome 6 : Les Deux Passages coche tout ce qu’on espère d’une grande série jeunesse qui approche de sa fin : généreux, malin, et capable de préparer son dénouement sans jamais lâcher l’émotion. Maintenant, on attend le tome 7 avec impatience. Fiche éditeur Vents d’Ouest / Glénat.

A lire !!

Résumé éditeur

Les Sortilèges de Zora Tome 6 Les Deux Passages La force de l’amitié. La pétillante Zora vit avec sa grand-mère Babouchka et avance à grands pas dans son apprentissage de sorcière. Pourtant, dans le monde des nonsorciers, elle se retrouve simple collégienne. Elle rêve d’un monde où les deux communautés pourraient enfin vivre en paix. Mais l’Organisation et son chef immortel, Oldaric, poursuivent leur chasse aux sorcières. Le jour où Minh, sa meilleure amie, découvre accidentellement sa véritable nature, Zora trouve une nouvelle alliée. Ensemble, elles se lancent dans une enquête périlleuse pour comprendre l’origine des pouvoirs d’Oldaric. Leur quête les conduit au cœur de la plus ancienne maison de Paris, où sommeillent les secrets d’un alchimiste légendaire et des énigmes capables de réveiller des forces qui les dépassent. Prêtes à tout pour découvrir la vérité, elles comprennent bientôt qu’une évidence s’impose : certaines batailles ne peuvent se gagner qu’à deux… et l’amitié pourrait bien devenir leur plus grand pouvoir.

Extrait

Planche intérieure – Les Sortilèges de Zora Tome 6 Les Deux Passages (Vents d'Ouest)

📋 Fiche éditeur

Titre Les Sortilèges de Zora – Tome 6 : Les Deux Passages
Scénario Judith Peignen
Dessin et couleurs Ariane Delrieu
Éditeur Vents d’Ouest (groupe Glénat)
Collection Jeunesse
Nombre de pages 56
Format 21,5 × 29,3 cm, couleurs, cartonné
Date de parution 27 mai 2026
EAN 9782749310404
Prix 12,00 €

Dorotha Piotrowska & Sound Circle présentent Voices of Human Consciousness

Le nouvel album de Dorota Piotrowska s’intitule Voices of Human Consciousness. Enregistré en 3 jours en Pologne, très exactement à 432 Hz, l’album est un beau témoignage révélant la puissance des expériences musicales vécues par Dorota Piotrowska et son ensemble musical Sound Circle dans le domaine jazz. L’album reflète la maîtrise technique et de la richesse culturelle des musiciens, véritable collectif international composé de musiciens originaires des États-Unis, de Pologne, du Liban, de Cuba, de Norvège et de Turquie. L’espace sonore est unique avec une grande place laissée à l’improvisation musicale pour créer un langage universel. Cet album est une double production des labels Inner Circle Music et Teraz Teraz (maintenant maintenant en polonais). Le premier concert a eu lieu le 25 avril 2026 au festival Jazz nad Odrą de Wrocław, en Pologne. L’œuvre a été illustrée par Wojciech Siudmak. Voices of Human Consciousness présente des compositions improvisées de Dorota Piotrowska, Greg Osby, Hildegunn Øiseth (artiste et musicienne), Tarek Yamani, Kamil Pełka, ainsi que des œuvres d’Ameen Saleem, Sanem Kalfa, Machito Crespo, Leszek Możdżer, Marlena Grodzicka Myslak et Jakub Myslak. C’est un dialogue jazz mondial qui unit les voix de six cultures, des fjords norvégiens aux rythmes arabes, en passant par le lyrisme polonais et la tradition du jazz américain. L’album est semble à nul autre, véritablement unique, au croisement de plusieurs cultures et de plusieurs traditions, il faut l’écouter et le découvrir pour comprendre l’intérêt de cette démarche musicale internationale, transfrontalières et transculturelles.

https://www.youtube.com/watch?v=3fIUOrrxsu0

[JEUNESSE] Craaac, de Carl Hiaasen (Gallimard Jeunesse)

Craaac - Carl Hiaasen - Gallimard Jeunesse - couverture [JEUNESSE] Craaac, de Carl Hiaasen (Gallimard Jeunesse)

Il y a des écrivains qu’on suit comme on suit un bon capitaine : on monte à bord les yeux fermés. Carl Hiaasen est de cette trempe. Ancien journaliste d’investigation au Miami Herald, romancier prolifique chez les adultes, conteur d’aventures malicieuses chez les ados, le bonhomme a une marque de fabrique : la Floride, ses Keys somptueuses, ses iguanes envahissants, ses pirates en survêtement et ses dérives écologiques. Avec Craaac, publié le 21 mai 2026 chez Gallimard Jeunesse dans la collection « Grand Format Littérature – Roman Junior », il signe un nouveau thriller jeunesse trépidant, traduit avec son aisance habituelle par Marie Leymarie.

Flib n’a rien demandé à personne. En cette période de covid, le lycéen de Key West rêvait surtout de pêcher tranquille sur son petit bateau, fidèle à une lignée familiale de chercheurs de trésors récupérés sur les épaves échouées au large des Keys. Sauf qu’un beau jour, il tombe sur un hors-bord posé sur un banc de sable, et que les hommes à bord ne semblent pas spécialement contents de le voir. Ils lui demandent gentiment d’oublier ce qu’il a vu, et lui glissent même quelques billets pour s’en assurer. Mauvaise pioche : à partir de cet instant, Flib les croise partout – à la marina, au cimetière, jusque devant chez lui. Avec sa copine Willi, qui n’a froid aux yeux ni dans le mangrove ni face aux brutes, il va devoir trouver un moyen d’échapper à leurs filets, et de comprendre ce que ces drôles d’oiseaux trafiquent vraiment.

Ceux qui ont aimé Chouette – le roman qui a fait connaître Hiaasen aux jeunes lecteurs en France et qui lui a valu un Newbery Honor outre-Atlantique sous son titre original Hoot –, Comme un poison dans l’eau ou Panthère retrouveront ici tout ce qui fait la patte du Floridien : un héros adolescent ordinaire propulsé dans une histoire qui le dépasse, des seconds rôles savoureux, des méchants drôles malgré eux, et un sens du suspense qui ne s’embarrasse jamais d’effets de manche. La mécanique narrative est rodée, mais elle reste impeccablement efficace : on tourne les pages comme on file en hors-bord entre deux îlots, par à-coups et avec le vent dans la figure.

Là où Craaac se distingue, c’est dans la façon dont Hiaasen ramène, sans jamais peser, tout un panorama d’enjeux contemporains. Il y a la pandémie, dont le récit fait un décor inquiétant plutôt qu’un thème explicatif. Il y a la pression touristique sur les Keys, la cohabitation très imparfaite entre la nature sauvage et les bateaux de croisière, les iguanes qui prolifèrent comme une métaphore vivante d’un équilibre rompu. Il y a aussi la mémoire des violences racistes locales, évoquée à travers la lignée mêlée du héros et un cimetière qui n’oublie rien. Le tout sans cours magistral, sans appel à la vertu, juste glissé dans la trame, comme un romancier-journaliste sait le faire quand il a vu, vraiment vu, le terrain qu’il décrit.

La traduction de Marie Leymarie mérite un mot. La langue d’Hiaasen est rapide, idiomatique, sème en permanence des piques que les VF ratent souvent ; ici, le rythme est tenu, le vocabulaire des Keys (marina, banc de sable, mangrove, charters) reste précis sans devenir technique, et les dialogues – essentiels chez Hiaasen – sonnent juste. Les onze-treize ans visés par l’éditeur trouveront un texte fluide, drôle, dense sans être démonstratif. Les parents qui liraient par-dessus l’épaule de leur ado y retrouveront, eux, l’humour grinçant des polars adultes de l’auteur, juste mis au format jeunesse.

Avec ses 304 pages et son prix doux, Craaac a tout du compagnon de plage idéal pour l’été qui arrive – un vrai roman d’aventure et de suspense, environnemental sans être moralisateur, généreux sans jamais prendre son lecteur de haut. C’est exactement la lecture qu’on a envie de mettre dans le sac d’un·e ado un peu fatigué·e des dystopies adolescentes : du soleil, du sel, des iguanes, des méchants pas si malins, et l’envie soudaine de mettre un masque-tuba pour aller voir ce qui se cache, là, sous trois mètres d’eau.

A lire !!

Résumé éditeur

Craaac - Carl Hiaasen Les îles de Floride recèlent encore des pirates. Heureusement, Flib et sa copine Willi n’ont pas froid aux yeux ! Flib s’enorgueillit d’être issu d’une lignée de chercheurs de trésors issus d’épaves échouées au large des Keys. Le lycéen tombe sur un hors-bord échoué sur un banc de sable. Ironie du destin ? Lui qui rêve d’une vie tranquille en ces temps de covid, le voilà embarqué malgré lui dans de sombres trafics. À Key West, les voyous, comme les iguanes, sont partout — à la marina, au cimetière, jusque devant chez lui. Il va devoir trouver un moyen d’échapper à leurs filets…

Carl Hiaasen est né et a grandi en Floride. Longtemps journaliste d’investigation au Miami Herald, il a publié treize romans policiers pour adultes (tous situés en Floride) et plusieurs aventures malicieuses et engagées pour les ados, dont Chouette (Newbery Honor outre-Atlantique), Comme un poison dans l’eau et Panthère, déjà au catalogue Folio Junior. Il dénonce avec talent les dérives de la société et se bat pour la préservation de l’environnement. Plus d’infos sur la fiche éditeur Gallimard Jeunesse.

📚 Fiche éditeur

Titre Craaac
Auteur Carl Hiaasen
Traduction Marie Leymarie (de l’anglais États-Unis)
Éditeur Gallimard Jeunesse
Collection Grand Format Littérature — Roman Junior
Nombre de pages 304
Format 140 × 205 mm
Public Dès 11 ans
Date de parution 21 mai 2026
EAN 9782075227636
Prix 15,50 €

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