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[Manga] Astro Royale – Tome 01 & 02 : yakuzas, météorites & pouvoirs surnaturels (Glénat)


[Manga] Astro Royale – Tome 01 & 02 : yakuzas, météorites & pouvoirs surnaturels (Glénat)

Dans les deux premiers volumes de Astro Royale, le mangaka Ken Wakui (célèbre pour Tokyo Revengers) transporte le lecteur dans un shônen contemporain mêlant gangs, dramatique familial et super-pouvoirs. L’histoire démarre avec la mort de Kongo Yotsurugi, chef d’un clan yakuza à Asakusa. Cette disparition déclenche une lutte de succession entre ses enfants adoptifs et son fils biologique, Hibaru, plongé dans un conflit qui va au-delà des rivalités classiques.

Alors que les héritiers s’affrontent, une pluie de météorites s’abat sur le Japon, bouleversant le monde et éveillant en certains individus des pouvoirs mystérieux appelés « Astros ». Ces pouvoirs ne sont pas seulement des armes : ils reflètent la personnalité profonde de leurs porteurs et deviennent un enjeu central de pouvoir dans un monde désormais fragmenté. Hibaru, malgré sa gentillesse naturelle, devra apprendre à maîtriser son propre Astro tout en protégeant ceux qu’il aime et en consolidant sa place dans un clan fracturé.

Le shônen se distingue par son mélange efficace de combats spectaculaires, de drames intimes et de rebondissements narratifs. Wakui ajuste son dessin pour l’adapter au ton de cette série : le trait est vif, les personnages expressifs et les scènes d’action dynamiques, soutenant un récit qui capture à la fois l’émotion et la tension. Les deux premiers tomes posent ainsi les bases d’une saga ambitieuse, où loyauté, rivalités fraternelles et quête d’identité se mêlent dans un univers où le surnaturel surgit au cœur du quotidien.



Résumé éditeur :

**Volume 01** – Kongo Yotsurugi, chef du clan Yotsurugi, un groupe de yakuzas d’Asakusa, est décédé. Hibaru, son unique enfant biologique, se retrouve dans un conflit pour la succession du clan avec ses frères et sœurs adoptifs. C’est alors qu’à la suite d’une pluie de météorites, les gens voient s’éveiller en eux un mystérieux pouvoir appelé “astro”…

**Volume 02** – En revenant à Asakusa, Hibaru et ses compagnons se lancent à l’assaut du repaire des Ghost Thieves, un duo de cambrioleurs utilisant des astro, afin de les empêcher de nuire. Mais, alors que les jeunes yakuzas semblent vaincus par les redoutables pouvoirs de leurs adversaires, ils tombent sur Kinpa Yobana, une amie d’enfance…

Date de parution : 22 octobre 2025 (Tome 01), 07 janvier 2026 (Tome 02)
Auteur : Ken Wakui
Éditeur : Glénat Manga
Collection / Série : Shōnen / Fantastique
Format / Pages : 200 pages (T1) / ~208 pages (T2)
Prix indicatif : 7,20 € / volume

[BD] Tunnels – virée infernale sur route sans issue (Glénat)

[BD] Tunnels – virée infernale sur route sans issue (Glénat)

Dans Tunnels, Michaël Sanlaville signe un thriller graphique spectaculaire où une virée familiale se transforme en cauchemar dans une réalité alternative. Ce one-shot pose un huis clos sur roues aussi intense qu’une scène de film d’action : décor banal de vacances, mais atmosphère rapidement fragmentée par une mécanique infernale et de poursuites menaçantes, à haute vitesse, qui n’en finissent plus.

Au départ, tout est simple : une famille — parents et trois filles — s’élance pour des vacances tant attendues. Jeux, plaisanteries et paysages qui défilent donnent le ton léger des premiers kilomètres. Mais dès les premiers tunnels traversés, quelque chose tourne au grotesque puis au menaçant. Le GPS se perd, les paysages deviennent étranges, et des bolides noirs surgissent à toute allure, comme surgis de nulle part, semant peur et confusion. 

La violence de ces rencontres ne ressemble à rien de connu : des conducteurs casqués hurlant des paroles insensées, des véhicules lancés à pleine vitesse, et l’impression d’une route sans issue métamorphosent progressivement la BD en un huis clos dévorant. Sanlaville orchestre cette mécanique narrative avec une grande maîtrise du rythme, créant des scènes où tension et mouvement sont palpables à chaque case.

Graphiquement, l’auteur excelle dans les scènes de poursuite et de vitesse, insufflant une énergie brutale aux cadrages et aux séquences d’action. Tunnels est un mélange réussi de frisson digne des grands films d’action et de drame familial qui monte en pression à mesure que le lecteur tourne les pages.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Les vacances ! Enfin ! Baignades, promenades et rigolades, nous voilà ! Mais avant ça, il reste à surmonter la route et ses kilomètres de bitume. À bord du break Volvo, la famille tue le temps et les parents occupent leurs trois filles comme ils le peuvent. On plaisante, on joue, les paysages défilent et se transforment. Mila et Samantha, les deux plus jeunes, s’endorment rapidement. Jolène, l’aînée, pourrait prendre le volant afin de pratiquer sa conduite accompagnée, mais elle préfère une option plus tranquille : sa console portable. Les tunnels s’enchaînent et l’équipage roule désormais le long d’un lac vert turquoise entouré de falaises abruptes. Une ambiance étrange règne sur cette route. Le GPS a perdu son signal, l’heure du déjeuner approche et, cerise sur le gâteau, Samantha se réveille avec une envie pressante. Subitement, un bolide noir les dépasse à une vitesse phénoménale dans un vacarme assourdissant. La famille est sous le choc, d’autant qu’un deuxième les surprend à nouveau et stoppe à leur hauteur. Une silhouette noire et casquée s’extrait du véhicule en hurlant des paroles insensées. Les trois sœurs sont effrayées par ce chauffard délirant semblant tout droit sorti des enfers. Ils n’en sauront pas davantage, car l’homme, distrait par la famille, se fait faucher par un 3e monstre de métal identique aux deux autres. Après quelques kilomètres parcourus prudemment, les passagers du break Volvo doivent se rendre à l’évidence : ils sont perdus et pris au piège au beau milieu d’une poursuite infernale…
Après Lastman, San-Antonio et Banana Sioule, Michaël Sanlaville revient avec un thriller psychologique sous haute tension. Sa narration limpide et nerveuse nous plonge cette fois dans un huis clos mécanique façon Mad Max qui, passé la puissance visuelle, vire au drame familial façon Spielberg. Excusez du peu et attachez votre ceinture !
Date de parution : 07 janvier 2026
Auteur : Michaël Sanlaville
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD – Thriller / Action & Aventure
Format / Pages : Cartonné – 168 pages
Prix indicatif : 24,00 €

« Chers Parents » ou la vraie fausse harmonie familiale ! sur France 4

Rudy Milstein, Elise Diamant, Emmanuel Patron (à droite sur le canapé), Bernard Alane, Frédérique Tirmont dans « Chers parents » au Théâtre de Paris (Christophe Lebedinsky)

« Chers Parents » ou la vraie fausse harmonie familiale ! sur France 4

Emmanuel et Armelle Patron (frère et sœur dans la vie ça ne s’invente pas) signent une comédie enlevée au ton aussi vif que drôle ayant pour cadre la cellule familiale et sa vraie fausse harmonie.

La pièce fait l’objet d’une diffusion sur France 4 le 4 janvier 2026 à 21h00. 

Jeanne et Vincent convoquent en urgence leurs trois enfants, Pierre, Jules et Louise. Ces derniers, inquiets par leur message, se rendent toutes affaires cessantes à la maison familiale.

Alors que les parents ne sont pas là, chacun des rejetons se lâche pour débriefer et réagir à la catastrophe attendue qui devrait leur être annoncée.

Aussi, quand le couple de retraités fini par débarquer et leur annonce le plus naturellement du monde, qu’ils ont juste décidé de partir s’installer au Cambodge pour y construire un orphelinat, le trio reste sur sa fin !

Passé l’effet de surprise, la fratrie veut comprendre pourquoi est né un tel projet ? et surtout comment vont-ils pouvoir le financer ?!

Nous n’en diront pas plus, le tout étant propice à une cascade de situations et de joutes verbales bien senties, qui vont faire voler en éclat les tabous familiaux et renvoyer les protagonistes dans les cordes ou plus exactement à leurs travers, rancœurs et frustrations dont ce nouveau projet de vie aura été le révélateur.

La mise en scène parfaitement maîtrisée et rythmée d’Armelle Patron & Anne Dupagne fait la part belle aux comédiens qui s’en donnent à cœur joie et accompagne avec fluidité et efficacité, cette embardée à l’énergie galvanisante.

Frédérique Tirmont et Bernard Alane excellent en parents modèles à l’écoute de leur progéniture tout en étant complètement solidaire de leur couple et de leur indépendance, tandis qu’Elise Diamant (Louise), Rudy Milstein (Jules) et Emmanuel Patron (Pierre) incarnent avec un plaisir communicatif, les enfants aux personnalités fortes et/ou singulières, prêts à en découdre pour le meilleur comme pour le pire !

Date : 4 janvier 2026 sur France 4 à 21h00
Mise en scène : Armelle Patron et Anne Dupagne

[BD] Isabelle d’Angoulême, tome 01 – L’éducation d’une reine (Glénat)


[BD] Isabelle d’Angoulême, tome 01 – L’éducation d’une reine (Glénat)

Dans ce premier tome de Isabelle d’Angoulême, la scénariste Sophie Fougère et le dessinateur Claudio Montalbano nous plongent au cœur du XIIIe siècle, dans une fresque historique captivante où se dessine l’ascension d’une femme hors du commun. Alors qu’elle n’a que dix ans, Isabelle voit son destin bouleversé : promise à un Seigneur local, elle est enlevée pour devenir reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre, un roi tourmenté et imprévisible.

Entre Aquitaine et Angleterre, la cour est un terrain de jeux dangereux où conspirations, trahisons et ambitions se côtoient. Face à l’adversité, Isabelle refuse le rôle passif qu’on lui assigne. Petite fille propulsée au sommet d’un royaume prêt à sombrer dans le chaos, elle doit vite apprendre que pour survivre il ne suffit pas d’être reine : il faut être redoutable.

Ce premier volume dresse le portrait d’une souveraine singulière, dotée d’une intelligence acérée et d’une volonté farouche de marquer l’Histoire. Aux côtés de personnages historiques et imaginés, elle se façonne peu à peu en stratège habile, confrontée à la complexité du pouvoir, à la loyauté et à la vengeance, dans un monde d’hommes où sa place reste à conquérir. 

Le trait élégant de Montalbano soutient cette narration ambitieuse : décors médiévaux, attitudes des cours et duels politiques sont rendus avec finesse et sens du détail. Le tempo oscille entre intrigues de cour, scènes intimistes et enjeux de pouvoir à grande échelle, offrant une lecture riche et immersive.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

XIIIe siècle. Entre Aquitaine et Angleterre, le destin d’une femme libre, Isabelle d’Angoulême, qui refuse la place qu’on lui a assignée. À peine âgée de dix ans, cette jeune noble à la beauté troublante et à l’intelligence acérée voit son destin basculer le jour de son mariage. Promise à un seigneur local, elle est enlevée pour devenir reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre, roi tourmenté et imprévisible. Derrière les dorures de la cour se cachent intrigues, trahisons et ambitions dévorantes. Petite fille propulsée à la tête d’un royaume sur le point de sombrer dans le chaos, Isabelle prend ses marques auprès de ce souverain torturé et se forge dans la tourmente. Pour s’imposer, elle comprend qu’il ne suffit pas d’être reine, il faut être redoutable. Car la belle-fille d’Aliénor d’Aquitaine aspire à marquer l’Histoire. Enfant devenue reine, souveraine adulée puis rejetée, comtesse guerrière manœuvrant habilement pour se tailler un royaume parmi les puissants, ambitieuse vassale appelant à la révolte des seigneurs, elle finit sa vie repentie, expiant ses péchés. Entre passion et stratégie, loyauté et vengeance, Isabelle d’Angoulême incarne, plus que jamais, la puissance au féminin dans un monde d’hommes.

Portée par le scénario affûté de Sophie Fougère et le trait élégant de Claudio Montalbano, cette fresque historique nous plonge dans la vie épique d’une souveraine aussi fascinante que controversée. Entre complots, batailles et trahisons, le duo qui entre au catalogue Glénat nous offre un premier tome captivant et féministe dans lequel nous assistons à l’éclosion d’une femme stratège et libre.

Date de parution : 07 janvier 2026
Auteurs : Sophie Fougère (scénario), Claudio Montalbano (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD Histoire
Format / Pages : Cartonné – 64 pages
Prix indicatif : 16,00 €

Madame Butterfly : l’univers poétique en majesté de Bob Wilson, sur France 5

Madame Butterfly : l’univers poétique en majeste de Bob Wislon
Rodolphe Briand et Laurent Naouri – Madame Butterfly par Robert Wilson (© Svetlana Loboff / Opéra national de Paris)

Madame Butterfly : l’univers poétique en majesté de Bob Wilson, sur France 5

Madame Butterfly dans la mise en scène de Bob Wilson, disparu le 31 juillet 2025, demeure un pur choc émotionnel, tant son univers hypnotique fait naître un nouveau rapport au plateau, décomposant le temps et l’espace jusqu’à tendre à l’intemporalité.

Cette production a fait l’objet d’une captation diffusée sur France 5, le 2 janvier à 22H40.

Et qui mieux que Bob Wilson, irréductible japanophile, pour mettre en scène cette œuvre japonisante où s’esquisse sur fond de réalité fantasmé la figure délicate de l’héroïne séduite puis abandonnée, la plus émouvante que Puccini ait jamais créée.

Imprégnée donc de la culture et des rites japonais, Madame Butterfly raconte l’histoire d’un lieutenant américain (Pinkerton) qui courtise puis épouse par amusement une geisha, nommée Cio-Cio-San (Madame Papillon, en français).

Après une courte idylle, Pinkerton retourne en Amérique, promettant à Butterfly de vite revenir. Celle-ci, malgré l’opprobre dont la société et sa famille l’ont accablée après s’être convertie au christianisme par amour, s’obstine éperdument, dans une attente contemplative et mélancolique, à entretenir la flamme et à espérer revoir son mari.

De leur brève liaison est né un enfant. Trois ans ont passé et Butterfly refuse toujours les prétendants qu’on lui présente. Goro l’entremetteur l’avertit mais il ne peut aller jusqu’au bout : elle refuse de l’entendre et affirme qu’elle préférera mourir plutôt que redevenir geisha.

Mais lorsque, quelques années plus tard, Pinkerton revient à Nagasaki, elle revit à nouveau avant de sombrer dans le désespoir. Pinkerton s’est en effet marié et accompagné de sa nouvelle femme américaine, il est revenu pour lui demander de lui rendre son fils. Dans un ultime renoncement Madame Butterfly s’y soumettra avant de se suicider en se poignardant.

Un spectacle total

Avec Madame Butterfly, tragédie intimiste qui offrait à Puccini la matière à une composition luxuriante et impressionniste, traversée par une musique colorée et passionnée, Bob Wilson y calque sa partition formelle/abstraite (images – lumières – scénographie) et son épure extrême, portant à son paroxysme la dimension intérieure, sensorielle, dramatique et mélodique de l’œuvre.

D’une épure virtuose, la mise en scène immaculée s’empare avec un geste visuel absolu de cet amour impossible, où les chanteurs/comédiens à la gestuelle inspirée du théâtre nô impriment un jeu millimétré et hiératique.

Tandis que les contrastes et jeu de lumière cerclent les silhouettes et morcellent les corps aux prises avec la passion dévorante, sa trahison puis son offrande sacrificielle.

A l’abri en fond de scène d’un à-plat lumineux propre au vocabulaire wilsonien, se projettent successivement différents tons d’abord bleutés puis progressivement refroidis et métallisés au gré des changements de situation et d’affect des personnages.

Le tout dans une chorégraphie scénique aux lignes graphiques qui ouvre ou délimite la perspective et scrute de ces images glacées la dramaturgie.

L’orchestre, emmené d’une main experte par Speranza Scappucci, se charge des voix irradiantes à la transparence vibrante, où la soprano Eleonora Burratto dans le rôle titre fait sensation, sacralisant l’emprise du drame intemporel emprunte des illusions perdues.

Quand l’art protéiforme du maître texan rencontrait le feu puccinien pour un spectacle total.

Date : 2 janvier 2026 sur France 5 à 22h40
Metteur en scène : Bob Wilson

[BD] Mickey et le roi des pirates – enquête, mystère et humour victorien (Glénat)


[BD] Mickey et le roi des pirates – enquête, mystère et humour victorien (Glénat)

Plongée dans un Londres victorien aussi mystérieux qu’aventurier : dans Mickey et le roi des pirates, Mickey se retrouve au centre d’une affaire hors du commun lorsque le légendaire sou-fétiche de Picsou disparaît de son coffre-fort, entraînant chaos économique et trouble social. 

Aux côtés de son fidèle compagnon Pluto, Mickey refuse de rester passif face à cette crise sans précédent. Alors qu’une rumeur de complot grandit, notre héros mène une enquête haletante qui le pousse sur les traces de pirates surgis du passé. Sur son chemin, il croise de vieux amis comme Dingo et Donald, ce dernier fuyant l’ombre de l’héritage de son oncle, mais peut-être porteur d’un secret lié à toute l’affaire.

Cette aventure mêle mystère, humour et action, dans un univers qui évoque autant Dickens que Pirates des Caraïbes. Les docks embrumés de Londres, les clubs de milliardaires, les tavernes des Açores et les dangers du « bateau de feu » dessinent un cadre riche et varié qui embarque le lecteur dans une course contre la montre pleine de rebondissements. 

Le dessin de Dav donne vie à ces décors victoriens et ces scènes d’aventure avec un trait dynamique et expressif, fidèle à l’esprit Disney tout en explorant des thématiques plus sombres et intrigantes.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Londres, 1850. Quand le légendaire sou-fétiche de Picsou disparaît de son célèbre coffre, c’est toute la ville qui risque de s’enfoncer dans le chaos. Les usines ferment une à une et Picsou lui-même semble avoir perdu la tête et dilapide sa fortune ! Mickey, jeune reporter intrépide accompagné de son fidèle Pluto, ne peut rester sans réagir. Pour tenter de retrouver le sou-fétiche et rétablir l’ordre en ville, ils se lancent dans une enquête haletante entre rumeurs de complot et pirates surgis du passé. Mais ils ne seront pas les seuls à affronter tous les dangers : le hasard met sur leur route de nouveaux compagnons de fortune. D’abord Dingo, qui a une mission à accomplir de l’autre côté de l’océan. Puis Donald, qui veut fuir l’héritage de son oncle. Et il se pourrait bien que ces deux compagnons soient détenteurs d’un secret lié à toute cette affaire. Au cœur des docks embrumés, des clubs de milliardaires et des tavernes des Açores, Mickey et ses compagnons de fortune ne sont pas au bout de leurs surprises. Ils vont devoir affronter des ennemis invisibles et des secrets.
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Joris Chamblain (scénario), Dav (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat Disney
Collection / Série : Créations Originales / Mickey & Cie
Format / Pages : Cartonné – 80 pages
Prix indicatif : 19,00 €

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais
2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris, 2025

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais

Avec  « All About Love » Thomas ne cherche pas à élargir les marges du récit dominant. Elle en déplace l’axe. Les corps qu’elle représente ne sont ni pédagogiques ni explicatifs. Ils ne demandent pas à être compris ni excusés. Ils existent, pleinement, avec une assurance qui ne sollicite ni compassion ni validation.

Dans le contexte français, ce déplacement est particulièrement significatif. La tradition universaliste a longtemps confondu neutralité et invisibilisation. Ici, les figures noires ne sont pas montrées comme des exceptions, mais comme une évidence. Thomas ne dit pas « nous aussi » : elle dit « nous sommes là« . Et ce glissement sémantique change profondément la relation au regard.

Le spectateur, habitué à être le centre implicite de l’œuvre, se trouve déplacé. Les figures regardent, dominent parfois, mais surtout elles ne se livrent pas. Ce refus de la disponibilité est en soi un geste culturel fort. Il inverse une longue histoire de regards asymétriques.

L’amour libre comme force politique

Le titre « All About Love » pourrait sembler consensuel. Il ne l’est pas. Chez Mickalene Thomas, l’amour n’est ni décoratif ni naïf. Il est une stratégie politique. Aimer des corps historiquement marginalisés, les représenter avec luxe, soin et monumentalité, revient à contester frontalement les hiérarchies du goût et du pouvoir symbolique.

Dans une histoire de l’art occidentale où la grandeur a longtemps été associée à la blancheur, au masculin, à la retenue, Thomas répond par l’excès, la couleur, la texture, la sensualité. Les strass, les collages, les motifs vibrants ne sont pas des ornements gratuits : ils affirment que la beauté noire n’a pas à être sobre pour être légitime.

Une résonance générationnelle

Ce choix est aussi un refus clair d’une injonction fréquente adressée aux artistes issus des minorités : témoigner avant tout de la douleur. Ici, la souffrance n’est pas niée, mais elle n’est pas centrale. Ce qui domine, c’est la plénitude, la joie, la souveraineté tranquille. Culturellement, c’est une rupture nette avec la logique de la représentation par le trauma.

Mickalene Thomas dialogue constamment avec l’histoire de l’art occidental. Les références à Ingres, Manet ou à la peinture classique sont explicites. Mais il ne s’agit ni de pastiche ni de provocation gratuite. Elle conserve les codes — poses, compositions, formats — tout en en changeant le sujet. Et ce simple déplacement suffit à fissurer le canon.

Lorsque des femmes noires occupent la place historiquement réservée à l’idéal féminin blanc, ce n’est pas un jeu formel. C’est une relecture politique de l’universel. Thomas ne détruit pas l’histoire de l’art ; elle en révèle le caractère situé, partiel, construit.

L’impact culturel est profond. Il ne s’agit plus d’ajouter des récits alternatifs, mais de montrer que ce qui a longtemps été présenté comme universel ne l’a jamais été pleinement. Cette prise de conscience agit silencieusement sur la manière dont on regarde les œuvres, passées comme présentes.

L’écho de « All About Love » tient aussi à sa résonance avec les sensibilités contemporaines. L’exposition s’adresse à une génération qui ne sépare plus l’intime du politique, l’esthétique de l’identité. La représentation n’est plus perçue comme un supplément symbolique, mais comme une condition de reconnaissance

L’artiste ne théorise pas ces enjeux. Elle les incarne visuellement. Ses œuvres ne demandent pas à être comprises, mais ressenties. Cette immédiateté explique en grande partie leur puissance culturelle. Elles créent un espace de reconnaissance, parfois même de réparation symbolique, pour des publics longtemps absents des grands récits artistiques.

L’un des effets les plus durables de « All About Love » est sa capacité à normaliser ce qui a longtemps été marginalisé. Les corps noirs, les amours queer, les esthétiques flamboyantes ne sont pas présentés comme des exceptions. Ils deviennent la norme, ici et maintenant.

Cette normalisation est profondément politique. Elle ne passe pas par le discours, mais par l’évidence. Elle dit : ceci existe, ceci mérite l’espace, la lumière, la monumentalité. Dans un paysage culturel encore traversé par la peur de la fragmentation, ce geste est radical.

 Dates : du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026 – Lieu : Grand Palais (Paris)

[BD] Les Âges d’or de Donald – Tome 01 : l’héritage du canard au béret (Glénat)


[BD] Les Âges d’or de Donald – Tome 01 : l’héritage du canard au béret (Glénat)

Le premier volume de Les Âges d’or de Donald propose une anthologie élégante et complète autour de l’un des personnages les plus emblématiques de l’univers Disney : Donald Duck. Publié dans un format généreux et prestigieux, l’album constitue une porte d’entrée idéale pour découvrir ou redécouvrir ce canard colérique, malchanceux… mais irrésistiblement attachant. 

L’ouvrage rassemble des histoires emblématiques signées par les plus grands auteurs Disney, retraçant les grandes étapes de la vie de Donald — de ses aventures en solo jusqu’à ses escapades avec ses neveux Riri, Fifi et Loulou, ou encore ses interactions avec Picsou et Dingo. Chaque récit, qu’il soit ancien ou plus récent, reflète l’esprit burlesque, l’humour fou et l’énergie débordante de ce personnage au tempérament unique. 

Les planches réunies dans ce volume dévoilent toute la richesse graphique de l’univers Disney : décors foisonnants, gags visuels, personnages expressifs et dynamisme des scènes d’action. Les lecteurs de longue date apprécieront les clins d’œil et références aux grandes époques de Donald, tandis que ceux qui le découvrent pourront s’immerger dans un humour intemporel et universel.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transit de la belle Daisy. Présentée dans une fabrication soignée de 200 pages, la collection des Âges d’or de Donald rassemble les récits incontournables du canard hystérique sous les pinceaux des plus grands artistes Disney parmi lesquels : Fleming Andersen, Carl Barks, Giorgio Cavazzano, Lars Jensen, Daan Jippes, Freddy Milton, Tony Strobl…
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Collectif Disney (Barks, Gottfredson, Scarpa, Cavazzano, etc.)
Éditeur : Glénat Disney
Collection / Série : Les Âges d’or / Anthologie Disney
Format / Pages : Cartonné – ~200 pages
Prix indicatif : 19,00 €

Une ode altermondialiste prenante avec Climax au Lucernaire jusqu’au 8 mars 2026

Le Lucernaire laisse la place à 3 comédiens et 1 comédienne qui interpellent l’audience sur l’impasse climatique, non
sans humour ni inventivité. Les rires fusent dans le public devant l’implication totale de la petite troupe menée par un Ludovic Pitorin à la mise en scène et présent sur scène. Le pitch évoque les Monty Pythons qui s’intéressent aux rapports du Giec, c’est tout à fait ça. Les scénettes se succèdent pour évoquer l’impuissance et l’inactivité des puissants qui devraient pourtant prend le problème à bras le corps
mais ne font rien, ou si peu, surtout intéressés par leur petit personne au lieu de penser à la collectivité. La pièce imagine la 34e COP comme une énième tartufferie, l’histoire du monde depuis des milliards d’années pour insister sur la toute petite partie du déroulé où l’espèce humaine n’a eu besoin que de 200 ans pour tout ruiner. La pièce se suit comme une folle sarabande d’humour mais il faut garder à l’esprit l’importance du propos, le temps est compté pour arrêter les frais et sauvegarder les générations futures. Le moment d’humour est certes bidonnant mais ne fait pas oublier la satyre des puissants qui ne remplissent pas leur tâche. Le comique le dispute à l’absurde dans une pièce qui rappelle que l’humour est nécessaire pour ne pas tomber dans le désespoir.


La pièce sera jouée jusqu’au 8 mars 2026, le temps nécessaire pour aller admirer les prouesses de comédiens complètement barrés,

Synopsis: L’HUMOUR, LE PLUS LÉGER DES TRANSPORTS DÉCARBONÉS

Les artistes de la Compagnie Zygomatic mettent leurs talents au service de problématiques très actuelles : dérèglement climatique, épuisement des ressources, disparition de la biodiversité. Le résultat : un état du monde qui chatouille les limites de notre civilisation et nous entraîne au sommet des diagrammes. Interprété avec un humour scientifiquement absurde, le spectacle aborde les sujets brûlants en défiant les lois de la gravité. Dérèglements scéniques, chorégraphies du second degré, acrobatie et chansons, le rire est utilisé comme une arme de réflexion massive. Un mariage entre comique absurde, humour grinçant, une soupape de décompression tentant de se frayer un chemin vers des lendemains qui chantent.

Si les Monty Python avaient lu le rapport du Giec…

Détails:

Mise en scène et de Ludovic Pitorin

Mercredi > samedi 21h | Dimanche 18h

Du 10 décembre au 8 mars 2026, Théâtre Rouge

[BD] Le Serment – médecine, monstres & vérité (Glénat)


[BD] Le Serment – médecine, monstres & vérité (Glénat)

Dans Le Serment, Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle (scénario) & Mikaël Bourgouin (dessin & couleurs) livrent un thriller fantastique qui mêle médecine de terrain et horreur surnaturelle. L’album installe dès les premières pages une atmosphère tendue et inquiétante où la médecine elle-même devient champ de bataille, dans un huis clos oppressant et précis.

Alexandre, médecin radié de l’Ordre, ne soigne plus que pour la pègre — braqueurs blessés, règlements de comptes toxiques, overdoses… Dans ce milieu brutal, il a compris qu’il détenait un pouvoir : celui de garder en vie ceux qui l’emploient. Mais lorsqu’un mystérieux patient nommé Zacharie se présente avec une marque de morsure inquiétante au cou et prédit sa transformation en créature mortelle avec la nuit tombée, la vie d’Alexandre bascule.

Ce récit navigue entre thriller médical, fantastique et enquête paranoïaque : les premières analyses révèlent des mutations étranges, et ce qui semblait une simple nuit à gérer devient une course contre le temps pour comprendre si l’humanité est en jeu. Manipulations génétiques, trahisons et mystères historiques se succèdent dans un récit captivant et obsédant.

Le style graphique nerveux et sombre de Bourgouin renforce cette atmosphère inquiétante : jeux d’ombres, cadrages serrés, visages expressifs et décors réalistes créent une tension permanente qui maintient le lecteur en alerte.

Le Serment une BD one shot qui palpite, étouffe et fascine à la fois.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Et si soigner, c’était dominer ? Médecin radié de l’Ordre, Alexandre ne travaille plus que pour la pègre : braqueurs blessés, mules en overdose, règlements de comptes ratés… Ses patients sont violents, mais ils paient bien. Il a mis au point des protocoles pour être disponible, tout en restant anonyme et en sécurité. Surtout, il a compris qu’il avait du pouvoir sur eux. Pour le milieu, désormais, il est le « Docteur ». Mais un soir, alors qu’il soigne un jeune braqueur sous l’œil menaçant de son grand frère, un homme s’infiltre trop facilement dans son repaire. L’intrus, Zacharie, se présente comme… un chasseur de vampires. Et tout en exhibant une marque de morsure au cou, il prévient : « Tant qu’il y a du soleil, ça ira. Mais dès qu’il fera nuit, je me transformerai, et je vous tuerai. Vous avez une journée pour empêcher ça. ». Passée la consternation, de premiers examens révèlent effectivement des mutations troublantes dans le corps de Zacharie. Confronté à quelque chose qu’il ne pouvait imaginer, Alexandre va peu à peu découvrir que, plus que sa survie, c’est l’avenir de la médecine — et peut-être de l’espèce humaine — qui est en jeu. 
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Mathieu Gabella, Mathieu Mariolle (scénario) ; Mikaël Bourgouin (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD Thriller / Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 136 pages
Prix indicatif : 24,00 €

Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2025

Vers un monde sans espoir.

Au milieu de ce qui restera sans doute dans l’histoire comme l’année de la perte de tous les repères moraux et culturels, le cinéma a continué à parfaitement illustrer et traduire nos craintes au quotidien, et de manière qualitative comme le démontrera nos 10 films plébiscités en 2025. En effet, cela se traduit par la percée sans précédent qu’effectue ici le film de genre. Et encore, on pourrait y ajouter nos fructifiants Substitution, le nouveau cauchemar éveillé des frères Philippou, qui s’installent définitivement dans notre panorama des fratés à suivre, mais également Les Maudites (El Llanto) qui avait fait forte impression au Festival Cinemed. Dans un genre plus classique, Un parfait inconnu, Train Dreams, La voix de Hind Raja, L’attachement, Bird, Better Man ou encore L’étranger, sont également autant de petites merveilles qui auraient largement mérité leur place dans ce classement.

10 – Zion (Nelson Foix – France).

Le vénéneux et charismatique Ti Dog vous offre une visite guidée du Raizet en Guadeloupe.

La Guadeloupe telle qu’on avait jamais osé la filmer, c’est le programme concocté par Nelson Foix avec son surprenant polar urbain, Zion. Tirant son nom du paradis imaginé par la culture Ratafari, Zion traduit cette idée majoritairement fausse que l’on se fait des Antilles Françaises et de leur trilogie de rêve : plage, rhum et piment. Mettant en filigrane le passé colonial et la cherté de la vie domienne, Nelson Foix réussit à nous plonger dans un quotidien gangréné par la drogue et la violence, avec une maestria qui rappelle les réussites du genre comme La cité de Dieu ou La haine. Un film coup de poing qui ne brade jamais l’esthétique au profit d’un message qui se veut nécessaire sur la réalité d’une jeunesse guadeloupéenne sacrifiée.

9 – Sinners (Ryan Coogler – USA).

Kinky Blinders, ou double Michael Jordan, pour vous servir.

C’était l’une des promesses les plus hypante de 2025 : le surdoué Ryan Coogler qui convoque une double dose de Michael B. Jordan pour une orgie de gospel et de vampires. Pari largement remporté après une première heure quasi parfaite qui plante ce fameux décor rempli de blues, de Stetson, de sunset et de champs de coton. Tout y est ultra maitrisé visuellement, esthétiquement et aussi musicalement jusqu’à ce fameux sommet de clip qui aura envouté les cinéphiles du monde entier. Mais là où on pensait Coogler en totale maitrise, le fameux assaut vampirique attendu, hélas, on déchante vite et la fête se met alors à ronronner, puis à tourner en rond. Pas suffisamment cependant pour nous faire oublier toutes les promesses de l’aube Sudiste, et en faire un top 2025.

8 – Dangerous animals (Sean Byrne – Australie).

Sharking Holiday Visa à Surfers Paradise.

Plus personne n’osait l’espérer, et c’est pourtant sur l’une des côtes les peuplées par le Grand Requin Blanc, la Gold Coast australienne, qu’a eu lieu le miracle : trouver un digne héritier aux Dents de la mer de tonton Steven. Sous genre plutôt populaire du film d’horreur, le film de requin n’a souvent brillé que dans le rayon du navet, plutôt que de retrouver le suspens et la fièvre qui étaient apparus au large d’Amity. L’autre prouesse réussie par Sean Byrne est d’arriver à créer un alter égo inattendu au monstre marin au sein de son récit. Peut-être même plus dangereux pour la pelletée de jeunes occidentaux qui débarquent tous chaque année en Australie avec leur WHV en poche pour surfer au paradis. Jay Courtney nous régale de perversité en prédateur jonglant avec les prédateurs.

7 – The ugly stepsister (Emilie Blichfeldt – Danemark).

Jeu de pied, jeu de très vilains.

Le cinéma a toujours été un lieu idéal pour donner la parole à ceux qui n’en avaient pas. La fameuse question du point de vue. C’est l’idée de génie de l’année 2025 venue du Danemark et d’Emilie Blichfeldt pour son tout premier film (!) : revivre Cendrillon du point de vue de ses hideuses demi-sœurs. Lea Myren y incarne la pauvre simplette Elvira, victime de toute la pression sociale mise sur ses épaules par une mère jusqu’au-boutiste pour garantir son rang. Cela passera par une transformation ahurissante de la pauvre fille, préfigurant notre ère de la chirurgie esthétique, avec les outils de l’époque et d’hallucinantes séquences de body horror porn. Un sacré choc à la maitrise folle !

6 – Black dog (Guan Hu – Chine).

Attrape moi si tu peux 2025.

Le western de 2025 en a tous les codes mais se déroule au XXIe siècle dans une ville industrielle abandonnée du nord ouest de la Chine. Dans des paysages d’une rare beauté minérale, Guan Hu nous narre l’histoire d’une amitié hors norme entre 2 personnages taiseux, effilés, renfrognés et caractériels. Teinté d’un humour noir pince sans rire, on y suit cette relation absurde dans une Chine qui se veut être le reflet parfait de notre ère post-industrielle qui sacrifie tout ou presque sur l’autel de la réussite et de l’uniformité. Eddie Peng est un de nos grands acteurs de cette année grâce à cette délicieuse fable poussiéreuse dog friendly.

5 – Queer (Luca Guadagnino – Italie).

Call me by your yaré.

Le couple de l’année 2025 est Queer. Toujours plus loin dans l’exigence, que ce soit au niveau de la narration, de l’expérimentation visuelle, voire de sa fructueuse collaboration musicale avec Reznor/Ross, l’italien Luca Guadagnino puise dans les écrits de William S. Burroughs une sève à la sémantique inépuisable et jouissive. Porté par la fièvre de Daniel Craig, qui a parfaitement digéré 007, merci pour lui, et le magnétisme très Lolita de Drew Starkey, Queer est le genre de pépite pour lequel on aime aller poser ses fesses au cinéma. Un récit tentaculaire, foutraque et amoureusement épris de vie. Le tout dans une Amérique latine fantasmée. What else ?

4 – 28 ans plus tard (Danny Boyle – Angleterre).

Arrête ou ma mère va tirer 2025.

Le pari était osé : ressusciter une jolie franchise sur les zombies à une époque où ceux-ci tendent à disparaitre de tous les écrans, par lassitude. Un pari + que réussi par la paire originelle Danny Boyle à la réal, Alex Garland au script, qui pour se faciliter la tâche (ou inversement) ont situé leur action 28 ans plus tard. Exit les mort-vivants, ou presque. Leur aura est partout, la menace place, mais le danger s’est déplacé, et est littéralement partout en dehors de la petite communauté dont on suivra le récit. Le Brexit sert de filigrane à ce récit d’aventures fantastiques à la bande son complètement dingue signée Young Fathers. De nouveaux partis pris, des destinées fracassées et de la folie singulière hantent constamment ce 3e épisode de la saga 28 à l’univers visuel impactant. Un improbable Mad Max au pays des zombies.

3 – Sirât (Oliver Laxe – Espagne).

Cauchemar Party au sahara.

Jusqu’à où nous mènera Oliver Laxe, est la question qui nous taraude désespérément au 3/4 de Sirât, tant le réalisateur espagnol semble vouloir nous conduire aux portes de l’enfer et du malaise. Et pourtant, tout avait plutôt si bien commencé pour nous spectateur, confortablement installé dans notre siège pour bouger au rythme du BPM envoutant de la démentielle rave party marocaine de Kangding Ray. Très vite, la réalité ressurgit derrière les basses, et on se retrouve mêlé à la détresse et l’espoir de Sergi Lopez à la recherche de sa fille fugueuse. S’en suit un road trip complètement fou sous fond d’apocalypse mondial, où le mot nihilisme ne semble pas suffire pour décrire cette expérience radicale vécue. Une folie furieuse.

2 – Une bataille après l’autre (Paul Thomas Anderson – USA).

Melody-Tempo-Harmony 4 Charity.

PTA, comme on ne l’a jamais vu, nous pond le meilleur film de l’année pour le public mainstream. Phrase complètement impossible tant le réalisateur américain a su imposer une patte justement insaisissable et pouvant fortement clivé selon les thématiques abordées. Une bataille après l’autre est d’une générosité hors du commun. Avec des gigantesques partitions pour DiCaprio, Del Toro, Chase Infinity, Teyana Taylor et Sean Penn. Avec un sujet riche et corsé comme on aime sous forme de doigt d’honneur à la politique déshumanisante au possible de l’administration Trump. Le tout servi par des images brillantes, une bande son envoutante et un humour noir en fil rouge pour impacter durablement nos débriefings cinéphiles. Un chef d’œuvre comme Hollywood n’arrive plus à pondre depuis quelques temps.

1 – Evanouis (Zach Cregger – USA).

Gladys ça glisse, au pays des cauchemars.

Nous avions découvert Zach Cregger avec le terrifiant et asphyxiant Barbares. Pour être honnête avec vous, nous ne nous attendions pas à ce qu’il passe la seconde d’une manière aussi absolue. Evanouis est évidemment un film d’horreur de par sa thématique, son traitement visuel et sa recherche poussée du sursaut. Mais, il va surtout devenir un film générationnel tant son réalisateur a pris soin de mitonner un univers impactant, et surtout des images à la persistance rétinienne forte. Et que dire du personnage de Tata Gladys, sorte de croisement démentiel entre le Joker, Pazuzu et tata Suzanne. Une vraie arme de séduction massive pour le Mal. Délirant.

Une belle plongée dans l’œuvre de Steinbeck avec Les raisins de la colère au Lucernaire jusqu’au 8 février 2026

Le Lucernaire propose une adaptation de l’ouvrage de John Steinbeck écrit en 1939 et qui a déjà fait l’objet de nombreuses
adaptations cinématographiques, dont celle bien connue de 1940 avec Henry Fonda. La pièce actuellement proposée au Lucernaire se concentre sur l’errance de la famille Joad lors de la Grande Dépression aux Etats-Unis, conséquence de la crise économique de 1929 qui a poussé des américains sur les routes pour rejoindre l’ouest américain et ses fantasmes de réussite. 1 narrateur et 3 musiciens agrémentent le moment de théâtre de performances musicales envoutantes et remplies de mélancolie.

Une pièce remplie d’humanité

La famille Joad expulsée de chez elle compte le fils Tom, les parents et les grands-parents. Riches seulement de quelques cents, ils comptent sur la générosité de leurs semblables, mais peu sont enclins à lâcher quelque chose pour ces nécessiteux qui ressemblent à tant d’autres. Leur histoire est racontée par Xavier Simonin, également à la baguette de l’adaptation et de la mise en scène, il semble sortir les
mots directement de sa bouche avec un naturel et une conviction qui touchent le cœur du public. Il lui a fallut du temps et de la persévérance pour convaincre les ayant droits d’adapter ce chef d’œuvre éternel de la littérature américaine prenant pour objet les laissés pour compte du rêve américain. La pièce raconte l’histoire de ceux qui ne se mêlent pas des histoires des autres, qui se serrent les coudes et encaissent les coups de boutoir du destin. Les mots sortent dans un flot ininterrompu seulement mis en pause lorsque les musiciens interviennent avec 2 guitares, un violoncelle et une voix des plus mélancoliques. La pièce interpelle sur la fragilité de l’existence et la force nécessaire pour tracer la route malgré les obstacles. Le moment de théâtre est intense et prenant, c’est une histoire humaine simple qui
confine à l’universel.

Les spectateurs du Lucernaire ne s’y sont pas trompés en offrant une spectaculaire ovation finale aux comédiens, la pièce est à découvrir
jusqu’au 8 février.

Synopsis: LE ROMAN MYTHIQUE DE STEINBECK

Depuis le film de John Ford en 1940 avec Henry Fonda, scénarisé de son vivant par John Steinbeck lui-même, jamais les ayants droits de ce dernier n’ont autorisé la moindre adaptation complète de ce roman au cinéma ou au théâtre !

Trois ans d’efforts tenaces et de discussions ont permis de vaincre toutes les appréhensions et de franchir des obstacles incroyables pour parvenir à présenter une adaptation de ce chef-d’œuvre sur une scène française. Avec le concours de musiciens-chanteurs exceptionnels, Jean-Jacques Milteau et Xavier Simonin ont imaginé un conte musical pour porter à la scène ce monument incontournable de la littérature et de l’histoire des États-Unis.

Le grand roman américain pour la première fois sur scène !

Détails:

Mercredi > samedi 18H30| Dimanche 15H

Du 19 novembre au 8 février 2026, Théâtre Noir

Machines, Nanas et utopies : le trio qui voulait changer la vie (derniers jours)

Machines, Nanas et utopies : le trio qui voulait changer la vie
Niki de Saint Phalle, Photo repeinte de « Hon », 1979. Niki Charitable Art Foundation, Santee, Californie (© 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris)

Machines, Nanas et utopies : le trio qui voulait changer la vie (derniers jours)

Rarement une exposition aura su recréer avec autant de justesse l’intensité organique d’une complicité artistique. En réunissant Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Pontus Hulten, le Grand Palais propose une lecture dynamique et cohérente d’une époque où la frontière entre l’œuvre, la vie et le jeu s’effaçait méthodiquement.

Le fil conducteur ? Une alchimie entre trois figures majeures de l’avant-garde européenne des années 1960-70. Le couple Niki de Saint Phalle / Jean Tinguely, fusion créative et affective, est ici restitué dans un triangle élargi grâce à Pontus Hulten — commissaire, théoricien et médiateur majeur de l’art contemporain européen, souvent resté dans l’ombre de ses collaborateurs plus médiatisés.

Des œuvres en tension permanente

L’exposition commence par poser les jalons de cette collaboration féconde, à travers les « Machines » de Tinguely : œuvres absurdes et grinçantes, oscillant entre la sculpture cinétique et le commentaire politique.

Le visiteur est confronté d’emblée à un art du mouvement stérile, auto-destructif, qui moque la logique productiviste. Ces objets mécaniques sont des métaphores grinçantes de l’ère industrielle — jubilatoires, certes, mais fondamentalement critiques.

Puis vient le choc Niki. L’espace change de densité. Aux bruits secs des moteurs succèdent les éclats de couleur, les formes exubérantes des Nanas : figures féminines totémiques, puissantes, hyperboliques.

Niki de Saint Phalle impose un vocabulaire visuel où la féminité n’est pas une posture, mais une conquête. Plus encore, ses performances fondatrices — notamment les Tirs, où elle vise des sachets de peinture dissimulés dans des assemblages de plâtre — viennent redéfinir le geste pictural comme acte politique.

Entre les deux artistes, le dialogue est constant : elle canalise la rage, il l’orchestre ; elle peint avec violence, il construit avec dérision. Leurs œuvres communes — dont des fragments de la Fontaine Stravinsky ou de La Hon – une cathédrale (1966) — illustrent cette symbiose.

Le troisième homme, Pontus Hulten, occupe ici une place plus conceptuelle mais décisive. Sans lui, ces œuvres seraient restées peut-être des projets marginaux. Il a permis leur circulation, leur exposition, leur mise en récit.

On lui doit la création du Moderna Museet à Stockholm, la co-création du Centre Pompidou, et plus largement une politique de l’art vivant, transdisciplinaire et expérimentale. L’exposition rend hommage à ce rôle avec finesse, à travers archives, maquettes, correspondances et dispositifs scénographiques audacieux.

La scénographie du Grand Palais parvient à recréer un environnement immersif sans tomber dans le spectaculaire gratuit. Les machines de Tinguely tournent réellement. Les vidéos de performances ne sont pas figées comme des reliques, mais intégrées dans le parcours avec fluidité. Le commissariat assume le désordre inhérent à cette œuvre collective, sans céder au chaos.

 Dates : du 26 juin 2025 au 04 janvier 2026 – Lieu : Grand Palais (Paris)

Expérience de la vie d’usine, Simone Weil (Editions de La Lanterne)

Expérience de la vie d’usine, Simone Weil (Editions de La Lanterne)

Les éditions de la Lanterne publient un livre incroyable : celui de Simone Weil, Expérience de la vie d’usine.
Cette réédition est très complète : le lecteur découvrira les écrits de Simone Weil sur son expérience de la vie ouvrière, ses nombreuses lettres qui témoignent également de son ressenti.
Simone Weil est agrégée de philosophie. Elle est née en 1909. Très vite, elle se sent très concernée par les conditions de la vie ouvrière.
Alors qu’elle est agrégée, elle va se faire embaucher dans différentes usines pour faire le travail d’une simple ouvrière. Nous sommes en 1934, en pleine crise économique. Ce qu’elle fait est tout à fait hors normes à l’époque ! D’ailleurs, elle a beaucoup de mal à se faire embaucher, et encore plus de mal à garder son poste d’ouvrière. Les conditions sont tellement catastrophiques, que, physiquement, Simone Weil s’épuise. Elle n’a aucune résistance physique et une santé fragile. Elle meurt d’ailleurs très jeune, à 34 ans.
Elle est entrée à l’usine avec des hautes réflexions philosophiques sur le travail, et en étant au plus près des ouvriers, elle a compris ce que les ouvriers enduraient, leurs souffrances, leurs humiliations, leurs maltraitances… Bien loin de la théorie qu’elle connaissait !
Elle écrit, dès que son corps le lui permet pour ne pas oublier ce qu’elle ressent, en réalisant ce travail sans sens, épuisant, augmentant sans cesse la cadence, sans respect de l’homme… A l’usine, elle n’est plus une femme, mais une personne qui doit aller le plus vite possible, une personne qui ne peut plus penser, une personne qui perd tout sens de ce qu’elle fait…
Cetet expérience ouvrière la marquera à jamais. Même si en 1936, la grève a permis des améliorations des conditions de travail, et enfin, les congés payés !
Simone Weil a eu une vie incroyable. Pour son courage, son engagement, ses analyses, il est important de lire : Expérience de la vie d’usine. C’est comme un hommage que nous lui rendons. Nous qui nous plaignons sans arrêt, ce témoignage nous démontre que nos conditions de vie aujourd’hui sont très enviables !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2025
Auteur : Simone Weil
Editeur : Editions de la Lanterne
Prix : 12,50 €

Cyrano(s) au Lucernaire jusqu’au 15 février 2026, une actualisation vivifiante de la sublime pièce d’Edmond Rostand

Le Lucernaire lasse la place à la compagnie Les Moutons Noirs pour adapter avec talent non pas un Cyrano mais des Cyranos. L’intrigue de la pièce se déroule au gré des changements de rôles, 4 comédiens et 1 comédienne revêtissent tour à tour et même parfois en même temps le fameux nez postiche du célèbre bretteur querelleur et amateur de bons mots. La pièce se change en tourbillon incandescent où chacun débute les 6 actes avec une anecdote personnelle qui fait éco à la maestria de la pièce. Le public nombreux a été ébloui par cette réussite scénique qui a touché juste, le texte est respecté à la lettre loin de tout classicisme mais avec une belle modernité.

Une belle pièce moderne pour un beau texte classique

Cyrano de Bergerac est un monument du théâtre français. Représentée pour la première fois en 1897, elle a valu à son auteur Edmond Rostand une célébrité immédiate et une postérité assurée. Pièce la plus jouée en France, elle passe de théâtres en théâtres années après années, et l’interprète du célèbre Hercule Savinien de Cyrano, dit de Bergerac est souvent une star qui, en se confrontant à ce personnage majuscule, démontre tout son talent d’acteur. Jean-Paul Belmondo, Gérard Depardieu, Philippe Torreton, et maintenant les 5 interprètes de la troupe des Moutons Noirs, l’ascendance est prestigieuse et les 5 comédiens ne se sont pas défilés, multipliant les nuances au gré des changements de nez. La mise en scène sommaire leur permet de prendre toute la mesure du rôle sans artifices inutiles. Intonations, gestuelles, regards, chaque moment est magnifié et personnalisé sans jamais aucune fausse note ou fourchement de langue. Le respect du texte est total, le destin du héros est funeste et magnifique, la mort est un aboutissement logique pour cet ogre de la langue à l’appétit de mots prodigieux. 2h de pièce, il faut bien ça pour captiver le public et l’embarquer dans cette folle aventure. Tout est fait pour tenter d’homogénéiser les 5 Cyranos, tenue sobre, chapeau à plume, mais c’est justement dans les différences subtiles ou non que tient tout l’intérêt du procédé. Et quand plusieurs Cyranos en viennent à se côtoyer sur scène, avec les mots qui passent de l’un à l’autre des interprètes, on touche au sublime. Tout est fait pour faire vivre les mots avec une liberté totale, de quoi moderniser une pièce pour un surplus de vérité.

Cyrano(s) est un grand moment de théâtre à découvrir au Lucernaire jusqu’au 15 février 2026, un immanquable qui montre que même les classiques du théâtre français peuvent encore surprendre aujourd’hui!

Synopsis: NOUS SOMMES TOUS CYRANO !

Nous sommes tous Cyrano ! Cyrano aime Roxane mais il se trouve trop laid. Christian aime Roxane mais il se trouve trop bête. Roxane aime Christian mais elle aime aussi, sans le savoir, l’esprit de Cyrano. Et si tous, nous portions un nez devenu monstrueux à force de ne voir que lui. Cyrano nous touche parce qu’il est profondément humain. Nous partageons ses rêves, ses aspirations, sa soif de liberté, mais aussi ses imperfections, ses complexes. Animés par l’amour de ce texte, Les Moutons Noirs rendent hommage au chef d’oeuvre d’Edmond Rostand tout en y ajoutant leur patte et leur folie.

Se réunir autour de cette pièce, c’est porter ensemble nos différences avec panache. 

Détails:

Mercredi > samedi 20H30| Dimanche 17H

Du 12 novembre au 15 février 2026, Théâtre Noir

Top 10 Théâtre 2025 : gestes majeurs, scènes en tension

Top 10 Théâtre 2025 : gestes majeurs, scènes en tension
« Le Passé » adapation et mise en scène Julien Gosselin -© Simon Gosselin

Top 10 Théâtre 2025 : gestes majeurs, scènes en tension

Un palmarès n’a de sens que s’il raconte autre chose que lui-même. Celui-ci dessine une année où le théâtre s’est montré à la hauteur de ses responsabilités : interroger le présent, affronter les héritages, éprouver la scène comme lieu de pensée autant que de sensations.

Dix spectacles, dix gestes donc, mais une même exigence : faire du plateau un espace de friction entre le monde et ceux qui le regardent.

En tête, Julien Gosselin s’impose avec « Le Passé » œuvre monumentale et implacable. Gosselin ne met pas en scène : il explore. Le texte devient matière à excavation, la scène un champ de force où mémoire, violence et politique s’entrechoquent.

Théâtre de la durée, de la saturation, du vertige — « Le Passé » confirme que le directeur de l’Odéon est aujourd’hui l’un des rares à assumer un théâtre total, où la forme n’est jamais décorative mais constitutive d’expérience et de réflexion.

Il double d’ailleurs sa présence avec « Musée Duras », autre sommet de l’année. Ici, le geste est plus spectral, presque muséal au sens archéologique : fragments, voix, images, silences, musique. Gosselin transforme Duras en paysage mental, et le théâtre en lieu de recueillement ardent, traversé par la littérature et l’intime.

À la deuxième place, « Makbeth le Munstrum Théâtre », porté par Louis Arene et Lionel Lingelser, rappelle que le théâtre est aussi un art du corps transfiguré. Masques, grotesque, animalité : leur travail convoque une esthétique monstrueuse qui agit comme révélateur de nos contradictions contemporaines.

Chez Munstrum Théâtre, le rire est une arme, la déformation un outil critique. Un théâtre profondément politique, sans discours, mais jamais innocent.

Avec « La Séparation », Alain Françon signe un retour magistral à l’essence même de la mise en scène : l’écoute. Françon travaille la langue comme une matière vivante, tendue, fragile.

Son théâtre refuse l’esbroufe et mise sur la précision, la direction d’acteurs, la clarté morale. « La Séparation » impressionne par sa sobriété souveraine : un geste classique au sens noble, d’une modernité silencieuse et redoutable.

Les Chiens de Navarre, fidèles à leur geste iconoclaste, frappent fort avec « I will survive ». Improvisation dirigée, collision des registres, violence ludique : leur théâtre demeure un espace de débordement incontrôlé, où le politique surgit du chaos. Ce n’est pas un théâtre de la démonstration, mais de l’exposition brute — parfois dérangeant, toujours nécessaire.

Avec « La Cage aux folles », Olivier Py réussit un pari délicat : transformer un monument populaire en tragédie chantée de l’exil et du désir. Py révèle la mélancolie et la charge politique enfouies sous le vernis du musical.

Fidèle à son goût pour la parole lyrique et les corps engagés, il fait de la scène un espace de résistance et de célébration.

Sylvain Creuzevault, avec « Pétrole », poursuit son travail d’autopsie des systèmes idéologiques. Théâtre dense, parfois rude, toujours traversé par une colère lucide. Creuzevault ne simplifie rien, ne rassure pas. Il construit des machines scéniques complexes qui obligent le spectateur à rester en alerte, à penser contre lui-même.

Joël Pommerat et « Marius », continue son travail patient de réécriture du patrimoine. Comme toujours chez lui, la clarté formelle cache une grande complexité morale.

Pommerat n’illustre pas Pagnol : il le creuse, le recompose, pour en faire une fable contemporaine sur la filiation, le désir d’ailleurs et l’impossibilité de partir sans se perdre.

Avec « Une Mouette », Elsa Grana offre un Tchekhov débarrassé de tout naturalisme figé. Son geste est d’une grande force : elle écoute aussi les silences, les micro-fractures, les désirs empêchés. Un théâtre de la recomposition et de la fébrilité, où la modernité naît de son affranchissement et de sa transgression des formes.

Enfin, « Portrait de famille », une histoire des Atrides de Jean-François Sivadier clôt ce palmarès comme une synthèse. Tragédie antique et théâtre d’aujourd’hui s’y mêlent dans une même pulsation. Son théâtre, d’une grande générosité, est aussi un théâtre du déséquilibre : les acteurs y sont toujours au bord de quelque chose — d’un rire, d’une chute, d’une révélation.

Sivadier y déploie son art du récit éclaté, de la joie tragique, du collectif. Les Atrides deviennent une famille contemporaine, traversée par les mêmes violences, les mêmes élans, les mêmes impossibilités d’aimer.

Ce top 10 2025 dessine ainsi un théâtre pluriel mais cohérent, où la scène reste un lieu de risque, de pensée et de poésie. Un théâtre qui n’abdique ni la radicalité des formes ni la nécessité du sens. Un théâtre, surtout, qui continue de croire que le plateau peut encore nous regarder en face.

TOP 10 Théâtre 2025 :

1 – Le Passé : adaptation et mise en scène Julien Gosselin

2 – Makbeth : mise en scène Louis Arène

3 – Musée Duras : mise en scène Julien Gosselin

4 – La Séparation : mise en scène Alain Françon

5 – I Will survive : Mise en scène Jean Christophe Meurisse

6 – La Cage au Folles : mise en scène Olivier Py

7 – Pétrole : mise en scène : adaptation et mise en scène Sylvain Creuzevault

8 – Une Mouette : mise en scène Elsa Granat

9 – Marius : mise en scène Joël Pommerat

10 – Portait de famille : Jean-François Sivadier

Un biopic fantasmé avec talent dans Walt La Folie Disney à découvrir au Lucernaire jusqu’au 18 janvier

Le Lucernaire imagine la création du chef d’œuvre Blanche Neige sorti des studios Disney le 21 décembre 1937 aux Etats-Unis avec son processus de création tortueux, ses litres de whisky avalés et ses innombrables nuits blanches. Le comédien Clément Vieu habite un Walt Disney avec talent, tempétueux, charmeur, un vrai serpent. La narration montre les atermoiements, les ambitions et le désespoir d’un homme qui cherche à vaincre ses démons intérieurs pour enfin se réaliser.

Un seul en scène passionnant

La pièce de théâtre débute lorsque Walt Disney décide de réaliser son premier film d’animation. Assis à son bureau, il est cerné par son frère Roy à l’œil vissé à la comptabilité, les banquiers qui rechignent à financer ce qu’ils considèrent comme un projet sans avenir, sa famille aimante qui lui demande plus d’attention et ses démons intérieurs qui ne cessent de le hanter. Le comédien rivalise de talent pour personnifier celui qui a tout bonnement révolutionner l’industrie du divertissement pour créer un empire qui perdure encore aujourd’hui avec un succès jamais démenti. Il virevolte, danse, parle au téléphone, va de gauche à droite et ressemble à une pile électrique. Il fait mine de tyranniser ses équipes nuit et jour pour aboutir à un résultat qu’il souhaite le plus grandiose possible. Il veut du rire, des larmes, de l’émotion pour faire venir le plus de spectateurs possibles, adultes et enfants confondus. La mise en scène de Victoire Berger-Perrin place Walt au centre de tout, avec ses traumatismes d’enfance et ses rêves de gloire. Les 1h10 de spectacle passent dans un souffle, la tension est permanente et si tout le monde sait à quel point le film a marqué l’histoire du cinéma, le Walt de la pièce est en pleins tourments et doit redoubler de talent et de persuasion pour embarquer tout le monde dans l’aventure pour une implication collective sans faille et l’aboutissement d’un rêve qui paraissait impossible pour tout le monde, sauf pour Walt. Et quand le comédien demande au public de choisir le nom des 7 nains, tout le monde se bouscule pour déclamer les noms biens connus des 7 personnages, enfants en tête, c’est charmant comme tout.

Walt se poursuit jusqu’au 18 janvier et fait partie des pièces phares de la saison, à découvrir absolument.

Synopsis: DISNEY DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Qui était Walter Elias Disney ? Certainement, l’homme le plus méconnu de la terre. Un nom controversé, adulé, incompris… Coincé entre la vie et l’imaginaire, Walt avait un rêve : marquer l’histoire et offrir ses lettres de noblesse au cartoon. Prêt à tout pour atteindre le sublime, il a frôlé le divin et a touché la folie. Son histoire, comme celle de tous les génies, intrigue et fascine le monde entier. Cette pièce déroule le processus de création de Blanche Neige, long, douloureux, semé d’obstacles, dans lequel il s’est engagé avec ses studios, un peu comme on emprunte une voie sans issue, avant de trouver la voie royale.

Quand la création devient une obsession dévorante.

Création inédite à découvrir pour la première fois au Lucernaire.

Détails:

Mercredi > samedi 19H| Dimanche 15H30

Du 5 novembre au 18 janvier 2026, Salle Paradis

« Killer Joe » : le mal n’entre pas, il est déjà là

« Killer Joe » : le mal n’entre pas, il est déjà là
Killer Joe – Mise en scène Patrice Costa (© Patrick Fouque)

« Killer Joe » : le mal n’entre pas, il est déjà là

« Killer Joe », chez Patrice Costa, ne cherche pas à plaire. Il serre la gorge. Il rit jaune. Il pue la sueur morale et la violence domestique. Et c’est précisément là que le spectacle fait mouche, sans management aucun.

La pièce de Tracy Letts est déjà une grenade dégoupillée : une Amérique en lambeaux, des liens familiaux rongés par l’appât du gain, un tueur à gages qui agit comme révélateur chimique des pourritures ordinaires.

Patrice Costa choisit de ne pas désamorcer l’engin. Au contraire, il l’approche du visage du spectateur, très près, si près parfois, jusqu’à ce que le rire se transforme en rictus.

La mise en scène est sèche, presque cruelle dans sa frontalité. Pas d’esbroufe. Pas de poésie décorative pour adoucir l’horreur. Tout est là, brut, comme un fait divers qu’on lirait à voix haute autour d’une table trop petite.

Une morale sans garde fou

Le plateau devient une cuisine mentale : lieu banal, théâtre des monstruosités les plus intimes. Costa comprend que « Killer Joe » n’est pas une pièce sur la violence, mais sur la normalité de la violence. Et il la montre sans cligner des yeux.

Le personnage de Joe Cooper, pivot toxique de l’ensemble, n’est pas joué comme un démon flamboyant, mais comme un homme calmement certain de son pouvoir.

Pas de grands effets, pas de cabotinage : le mal ici parle doucement, sourit parfois, et c’est cela qui glace. Face à lui, la famille Smith se débat dans une misère qui n’est pas seulement économique, mais morale.

L’interprétation des acteurs est le nerf à vif du spectacle, et Patrice Costa a manifestement exigé d’eux une vérité sans filet. Aucun jeu de protection, aucun clin d’œil rassurant : les corps sont engagés, les voix souvent à découvert, parfois volontairement plates, comme si l’horreur devait surgir non du surjeu mais de l’évidence.

La famille Smith fonctionne comme un chœur disloqué, chacun enfermé dans sa petite lâcheté, son désir minable, son aveuglement obstiné, et c’est précisément cette absence de psychologie explicative qui rend leurs actes si dérangeants.

Quant à Joe Cooper (impeccable Benoît Solès), il est incarné avec une maîtrise glaçante : calme souverain, autorité presque abstraite, violence tenue en laisse jusqu’au moment où elle devient inévitable. Rien n’est appuyé, tout est sous tension

Les acteurs ne cherchent pas à séduire le public, ils l’embarquent de force dans un espace moral irrespirable. Et c’est dans cette rigueur, presque ascétique, que leur travail impressionne : ils ne jouent pas des monstres, ils jouent des gens — et c’est infiniment plus terrifiant.

Le rythme est maîtrisé, tendu comme un fil prêt à rompre. Les silences comptent autant que les éclats. Le rire du public — car on rit — arrive toujours avec une demi-seconde de retard, comme s’il fallait vérifier intérieurement si l’on avait le droit. C’est bon signe. Cela veut dire que le spectacle travaille. Qu’il dérange là où il faut.

On pourrait reprocher à cette mise en scène son absence de distance, son refus de l’élégance, son goût pour l’inconfort prolongé. Mais « Killer Joe » n’est pas une pièce aimable. Et Patrice Costa a l’intelligence de ne pas chercher à la rendre fréquentable. Il en assume la brutalité, la sécheresse, la noirceur presque obscène.

Et c’est là, dans cette lucidité sans fard, que réside la réussite la plus inquiétante — et la plus juste — de ce « Killer Joe ».

Date : depuis le 9 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de l’Oeuvre (Paris)
Mise en scène : Patrice Costa

« La Séparation » : l’art du théâtre et de la littérature (derniers jours)

"La Séparation" : l’art du théâtre et de la littérature
Léa Drucker et Catherine Hiegel, dans « La Séparation », de Claude Simon, mise en scène par Alain Françon, photo JEAN-LOUIS FERNANDEZ

« La Séparation » : l’art du théâtre et de la littérature (derniers jours)

Il y a des pièces qui tiennent dans une intrigue, et d’autres qui tiennent dans une fêlure existentielle. « La Séparation » appartient à la seconde catégorie : pas de confort narratif, pas de drame emballé, mais un effritement lent, une langue qui respire comme un animal blessé.

Claude Simon, prix Nobel de littérature, ne s’invite pas souvent au théâtre ; Alain Françon, lui, ose l’y porter. Et c’est un choc.

« La Séparation » est d’abord cette déflagration dans le temps. Ce vertige qu’on entrevoit sous la surface du quotidien. Claude Simon ne signe pas un spectacle de psychologie ordinaire ; il écrit un huis clos où les murs sont minces, mais les ombres poisseuses, où le silence et la parole trichent tout autant l’un que l’autre.

Ici, la séparation n’est pas simple rupture conjugale, elle est fragmentation : entre les vivants et les morts, entre le passé qui ne lâche pas la mémoire et le présent qui tente de se défaire de ses chaînes. De l’existence anéantie.

Alain Françon ne couche pas la pièce sur les planches comme un inventaire. Il la superpose, la creuse, la laisse résonner. On se souvient qu’il aime le texte comme matière, comme une toile de fond exigeante, qui ne se plie pas.

Il respecte les didascalies, mais les transforme en zones liminaires — ce décor de deux salles de bain mitoyennes, cette cloison fine qui sépare deux chambres mais laisse entendre, sentir, voir que les vies s’entremêlent, se reflètent, se désagrègent.

Le spectacle tresse le rire amer et la douleur feutrée. Françon met en lumière les ridicules, les jalousies ingrates, les désirs qui se taisent, autant que les mots qui claquent comme des portes qu’on referme.

Il installe une simultanéité troublante : les scènes dans les deux pièces contiguës se répondent, s’opposent, se réverbèrent. Le miroir n’est pas seulement un objet, il devient personnage, champ de bataille intérieur.

Une distribution incandescente 

La scénographie joue à merveille de tout cela, de la proximité, de la cloison trop mince. Ce voisinage forcé devient métaphore : couples qui se disloquent, désirs qui se croisent, rancunes qui transpirent. Françon installe une tension magnétique, où chaque mot semble pouvoir fissurer le mur.

Ainsi à l’abri de ces deux espaces jumeaux, séparés mais liés, miroirs, éclats, lumières qui glissent du jour vers des teintes nocturnes, le décor crée un climat de tension et d’une proximité inquiétante.

Dans cette mise en scène d’une maîtrise absolue, la langue de Simon, musicale, tremblante, irrégulière, métaphysique, riche des digressions, des retours, des images obsédantes, est ici magnifiée. Françon ne le domestique pas, il la laisse déployer ses résonances. On y entend l’amour qui se défait, la jalousie qui grince, la vieillesse qui s’incruste, la mort qui veille.

Et la force du spectacle est là : faire entendre ce texte sans l’affadir. Françon ne cherche pas à clarifier, il orchestre les obsessions de la langue. Le spectateur doit céder, accepter de ne pas tout saisir, se laisser travailler par la matière verbale. C’est exigeant mais d’une intensité unique.

Le jeu est un trésor de contrastes. Léa Drucker (Louise) porte une douceur inquiète, une lumière intérieure qu’on devine vacillante. Elle est à la fois désir, hésitation, culpabilité, ombre. Catherine Hiegel (Sabine) aux éclats brûlants, incarne la colère vieillissante avec une précision volcanique : chaque réplique claque comme si c’était la dernière. Elle est impressionnante de virtuosité.

Alain Libolt et Pierre-François Garel tissent avec elles une toile d’ambiguïtés, de failles et de fragilités. Catherine Ferran, en contrepoint grave, installe la note sourde de la mort qui rôde.

Ces personnages ne sont pas joués, ils sont vécus, subis, burinés par le temps. Là où Françon laisse respirer les silences tout autant que le poids des mots.

« La Séparation » est une œuvre rare : exigeante, ardente, mêlant le trivial à l’élévation. C’est un grand théâtre littéraire, un théâtre de la langue et de l’ébranlement.

Dates : du 24 septembre au 31 décembre 2025 – Lieu : Les Bouffes Parisiens (Paris)
Mise en scène : Alain Françon

[BD] La Grande Histoire de Picsou – Tome 01 : quand l’icône devient légende


[BD] La Grande Histoire de Picsou – Tome 01 : quand l’icône devient légende

Dans ce premier volume de La Grande Histoire de Picsou, Don Rosa offre une réédition prestigieuse de ses récits les plus marquants autour du célèbre canard le plus riche du monde. L’ensemble constitue une relecture patrimoniale de l’œuvre de Carl Barks, prolongée et enrichie par Rosa, qui explore de façon chronologique les aventures, la généalogie et les origines de Balthazar Picsou, personnage devenu emblématique de l’univers Disney.

Créé à partir de la fin des années 1980, le cycle de Don Rosa raconte notamment la jeunesse de Picsou, de son enfance à Glasgow à son ascension vers les mers, l’or et les trésors. Ce volume, dans un nouveau format soigné, compile ces récits avec une structure claire qui met en valeur l’intelligence narrative, l’humour fin et le ton parfois dramatique qui caractérisent l’auteur.

La force de cette édition repose aussi sur son style graphique riche en détails comiques et visuels. Rosa puise dans l’héritage de Barks tout en développant une profondeur narrative remarquable, accumulant anecdotes, cohérences internes et clins d’œil aux lecteurs de longue date comme aux nouveaux venus.

On peut souligner le plaisir de retrouver ces histoires dans un grand format réédité, fidèle à l’esprit original mais magnifié par une mise en page moderne, bien accueillie par les amateurs de BD Disney. 

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

L’œuvre de Don Rosa dans un nouveau format ! Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est rapidement imposé comme l’un des personnages les plus intéressants de l’univers Disney. Don Rosa prolonge, complète et explique l’œuvre d’origine, allant jusqu’à créer l’arbre généalogique de la famille Duck et proposer l’histoire de la jeunesse de Balthazar Picsou. Avec des scénarios épiques et parfois matures, un style graphique détaillé et un ton sarcastique, Rosa a définitivement donné à Picsou son statut de personnage iconique.
Date de parution : 03 décembre 2025
Auteur : Don Rosa
Éditeur : Glénat Disney
Collection / Série : La Grande Histoire de Picsou – Grands Maîtres
Prix indicatif : 19,00 €

« Notre-Dame de Paris » : L’Amour à mort sous haute tension à l’Opéra Bastille

« Notre-Dame de Paris » : L’Amour à mort sous haute tension par Roland Petit, sur France 4
Stéphane Bullion (Quasimodo) © Julien Benhamou – Onp

« Notre-Dame de Paris » : L’Amour à mort sous haute tension à l’opéra Bastille

Une conception théâtrale du ballet ainsi qu’un sens aigu de la dramaturgie du chef d’œuvre de Victor Hugo, font de cette version avant-gardiste de Notre-Dame de Paris, créée en 1965, par Roland Petit pour l’Opéra de Paris et 90 danseurs, un spectacle total.

Entre Maurice Jarre à la musique qui a composé une série de mouvements mélodiques et rythmiques à base de cuivres, de percussions, de guitares électriques, René Allio aux décors imposants mais stylisés dans le pur esprit hugolien et sa force noire, sans oublier Yves-Saint Laurent aux costumes éblouissants et lignes structurées, chacun s’ancre avec force et sobriété dans cette fresque chorégraphiée par Roland Petit, qui en imprime les tableaux essentiels.

L’attroupement bigarré, tout en mouvement du peuple de Paris avec leurs justaucorps colorés et l’histoire d’amour et de passion mortelle, se tisse, se compose, et s’affirme par la seule expression de la danse, entre créativité et intensité, où les 4 héros principaux se confrontent à leurs destins impossibles.

Il y a là l’éternelle amoureuse et ensorceleuse Esméralda, le tendre mais complexé Quasimodo, le sombre Frollo tiraillé entre ses désirs et sa conscience, entre la chair et l’esprit, enfin le bel officier Phoebus au costume de superman d’inspiration Mondrian dont s’est éprise Esméralda et qui la conduira à sa perte.

Hugo Marchand ou Antonio Conforti est un Quasimodo poignant et déchirant dont la tendresse si émouvante transparait dans chacun de ses gestes et de ses mouvements empêchés, tandis qu’Esmeralda (Amandine Albisson) virevolte avec une grâce et une légèreté féline.

Le Frollo de Pablo Lagasa a l’inquiétude mortifère du trouble qui l’habite et Florian Magnenet une candeur ravageuse.

Dates : du 6 au 31 décembre 2025 – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Chorégraphe : Roland Petit

Tu es mon plus beau cadeau (Ayo Editions)

Tu es mon plus beau cadeau (Ayo Editions)

Les éditions Ayo nous proposent un très bel album : Tu es mon plus beau cadeau. C’est l’histoire de Maé. Sa maman est tout le temps triste car elle est en plein divorce. Du coup, elle pleure beaucoup et ne décore pas du touT sa maison pour Noël.
Un jour, Maé a une super idée pour redonner le sourire à sa maman. Il va demander de l’aide aux voisins, à sa grand-mère et avec eux, ensemble, ils vont décorer toute la maison, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Et quand sa maman va découvrir ce qu’a fait Maé pour elle, elle va se rendre compte que son plus beau cadeau, c’est lui !
Tu es mon plus beau cadeau est un album à lire aux tout-petits, un album centré sur les vrais valeurs, qui ose aborder des thèmes délicats ! Le jeune lecteur pourra même écouter l’histoire en audio, racontée par l’autrice elle-même, Audrey De Matos ! Les illustrations de Monica Bauleo nous ont ravis, tant par leurs couleurs, que par leurs expressions ! Une belle idée de cadeau pour le Père Noël !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2025
Auteur : Audrey De Matos
Illustrateur : Monica Bauleo
Editeur : Ayo Editions
Prix : 16 €

Le pacte puissant des petites filles modernes de Joël Pommerat

Le pacte puissant des petites filles modernes de Joël Pommerat
© Agathe Pommerat

Le pacte puissant des petites filles modernes de Joël Pommerat

Avec « Les petites filles modernes (titre provisoire) », Joël Pommerat poursuit son exploration de l’enfance et de l’adolescence, mais en en déplaçant nettement le centre de gravité.

Là où ses précédentes incursions s’attachaient à démonter les récits fondateurs ou à en révéler les failles, cette nouvelle création assume pleinement le surgissement du fantastique comme réponse à l’insuffisance du réel.

La pièce s’articule autour de deux jeunes filles liées par une amitié exclusive, presque sacrée. Ce pacte, d’abord intime, devient progressivement une force de résistance face au monde adulte, perçu comme une instance de séparation, de normalisation, voire de dépossession.

Lorsque le réel échoue à contenir leur expérience, le surnaturel s’impose non comme une échappée imaginaire, mais comme une logique alternative, plus juste, plus fidèle à ce qui se joue dans les corps et les affects.

Pommerat ne raconte pas cette histoire de manière linéaire. Les événements se donnent à voir tout en étant racontés, créant un décalage constant entre l’action et sa mise en récit.

Ce dispositif installe une distance réflexive : le spectacle n’est jamais entièrement dans le présent, ni totalement dans la mémoire. Il se construit dans cet entre-deux, où le théâtre devient un espace de pensée autant que de sensation.

Un monde qui glisse

La scénographie, presque entièrement constituée par la lumière et la vidéo, contribue à cette instabilité. Les espaces sont fragmentaires, mouvants, parfois abstraits. Ils ne figurent pas des lieux réalistes mais des états perceptifs.

Le plateau se transforme en paysage mental, traversé par des peurs, des désirs, des projections. Le surnaturel n’est pas montré frontalement ; il affleure, trouble la perception, fissure les certitudes.

L’interprétation se distingue par une grande retenue. Les comédiennes ne cherchent jamais l’effet naturaliste ni l’identification immédiate.

Elles incarnent des figures en devenir, traversées par une intensité affective qui excède les cadres habituels de la représentation de l’enfance. L’amitié, loin d’être idéalisée, apparaît comme une force ambivalente, capable de protection autant que de destruction.

En filigrane, « Les petites filles modernes » interrogent notre rapport contemporain à l’enfance. Non plus comme un âge à préserver de toute violence, mais comme un espace déjà profondément troublé par les tensions du monde social.

La modernité du titre ne renvoie pas à une époque ou à des codes, mais à une exposition précoce aux logiques de normes, de contrôle et de séparation.

Sans jamais céder à la démonstration, Pommerat signe une œuvre dense, inquiète, qui fait du fantastique non un genre, mais une nécessité introspective et sensible. Un théâtre qui ne cherche pas à expliquer, mais à maintenir ouvertes les zones de trouble — là où, peut-être, quelque chose peut encore advenir.

Dates : du 18 décembre 2025 au 24 janvier 2026 – Lieu : Théâtre Nanterre des Amandiers 
Conception et Mise en scène : Joël Pommerat

Un nouveau vin de Bourgogne Blanc 2024 à découvrir chez Les Orfèvres du Vin

Les Orfèvres du Vin proposent leur nouveau Bourgogne Blanc Cuvée Prestige 2024. Composé du cépage Chardonnay, le vin a été élevé en fûts pendant 11 mois pour un résultat qui reflète l’exigence de la prestigieuse maison viticole. L’œnologue de la cave, Lucie Tanchon est à la manœuvre pour diriger le travail de précision avec l’aide de Jérôme Chevalier, Maryline Vandaele et François-Régis Barbier. Après 2 mois supplémentaires en cuve inox, la cuvée a pu enfin être mise en bouteille fin octobre 2025. Cette appellation est très représentative de la gamme Prestige et provient d’une parcelle de vignes de plus de 30 ans d’âge. Le résultat est un Bourgogne Blanc très équilibré à la robe brillante de couleur jaune soutenu et au nez gourmand avec des notes d’amandes grillées légèrement torréfiées. En bouche, l’attaque est fraiche et enrobante, avec des notes d’abricot séchées qui donnent un final légèrement boisé. Le vin se déguste idéalement avec un poulet à la crème, un pavé de rumsteck sauce poivre vert ou des fromages de région comme du bleu de Bresse, du morbier ou un chèvre sec. Proposé à 11,90€ la bouteille ou 66 euros le carton de 6 bouteilles, c’est un excellent choix de vin blanc, pour les fêtes ou plus.

Publireportage: Fondée en 1929, la cave regroupe l’équivalent d’un gros Domaine avec 60 adhérents. Les Orfèvres du Vin sont devenus au fil des années des artistes autant que des artisans. Car c’est réellement tout un art de développer une telle palette de 15 appellations de qualité constante, sur 120 hectares, cultivés et soignés dans la plus pure tradition vigneronne. Et il faut tout le talent et tout le savoir-faire d’artisans passionnés par leur métier et amoureux du Mâconnais pour élever années après années des vins blancs et rouges qui se distinguent régulièrement dans les concours régionaux et nationaux. Situés aux portes du Mâconnais, les Orfèvres du Vin sont depuis toujours attachés à donner leurs plus belles lettres de noblesse aux cépages phares de la région : l’Aligoté bien sûr, mais aussi l’inimitable Chardonnay ainsi que le Gamay et le Pinot noir. Pour vos destinations de loisirs et de week-end, le chai est situé idéalement dans un écrin de verdure au départ de la Voie verte Mâcon-Cluny, face à la Roche de Solutré. Le circuit du Val Lamartinien, ou encore le circuit des églises romanes, achèveront de vous dépayser dans un cadre touristique et culturel authentique et varié.

[BD] Knight Club T1 – Croisades, humour et épopée chevaleresque (Dupuis)


[BD] Knight Club – Tome 1 : chevaliers, humour et choc des cultures (Dupuis)

Avec Knight Club, Arthur de Pins livre une aventure médiévale décalée qui conjugue humour, action et regard contemporain sur l’Histoire. L’intrigue se déroule au XIIe siècle, en pleine époque des Croisades, un contexte explosif que l’auteur détourne avec intelligence pour en faire le terrain d’un récit aussi drôle que rythmé.

Au centre de l’histoire, Séraphine, une forgeronne talentueuse dont le village est menacé par les pillages de croisés francs. Refusant la fatalité, elle entreprend un voyage jusqu’à Jérusalem afin de recruter une troupe de chevaliers capables de défendre les siens. Le « casting » donne naissance à un groupe hétéroclite, aux caractères bien trempés, où incompréhensions culturelles, rivalités et dialogues anachroniques font mouche.

Le scénario joue habilement sur le décalage entre époque médiévale et préoccupations modernes. Sans jamais tomber dans la parodie gratuite, Arthur de Pins aborde la violence des conflits, l’absurdité de certaines croyances et la difficulté du vivre-ensemble, le tout porté par un humour constant qui fait la patte de l’auteur et une narration fluide.

Graphiquement, le style reconnaissable de l’auteur — lignes nettes, influences de l’animation, sens aigu du mouvement — apporte une grande lisibilité à l’ensemble. Les scènes d’action sont dynamiques, les expressions savoureuses, et l’univers visuel renforce l’accessibilité du récit. Un premier tome généreux, salué pour son ton original et son efficacité narrative.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Bienvenue au XIIe siècle, cette époque délicieuse où porter une armure en métal sous un soleil brûlant est à la mode ! Séraphine, forgeronne émérite, arpente les déserts brûlants de la Terre sainte à la recherche d’une escouade de guerriers assez téméraires – ou inconscients – pour protéger son village natal des croisés Francs qui menacent de revenir piller les habitants sous peu.

Après un casting rocambolesque à Jérusalem, l’armurière parvient à rassembler une équipe des plus redoutables… mais aux origines bien différentes ! La cohabitation promet d’être explosive et hilarante, entre les conflits culturels incessants et les discussions enflammées sur les tactiques guerrières, les recettes locales ou les styles vestimentaires. Mais derrière cette farce permanente, une certitude émerge : pour défendre leur village, ils devront d’abord réussir à ne pas s’entretuer. Et ça, c’est loin d’être gagné !

Pour la première fois, Arthur de Pins se lance dans un roman graphique, en deux volumes et sur un sujet adulte, tout en conservant son humour et sa mise en scène dynamique héritée du cinéma d’animation.

Date de parution : 05 décembre 2025
Auteur : Arthur de Pins
Éditeur : Dupuis
Collection / Série : Knight Club – Aventure / Humour
Format / Pages : Relié – 192 pages
Prix indicatif : 23,50 €

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