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La confession manquée d’Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Arthur Dreyfus © Hélène Bamberger P.O.L

Arthur Dreyfus, « Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui » aux Editions P.O.L

Mon Dieu quelle époque ! Il y a quelques mois apparaissait sur les tables des libraires un volumineux Journal dont le titre vaguement inspiré d’un roman de Mauriac semblait contenir toute l’ambition de son auteur : non seulement évoquer sans détour le quotidien de sa vie sexuelle mais révéler à travers elle l’état d’esprit d’une génération, d’une époque, voire d’un siècle. Arthur Dreyfus a-t-il réussi son pari ? D’un point de vue strictement littéraire, force est de constater que non. Après avoir parcouru d’un œil bienveillant les quelque deux mille trois cent quatre pages de cet interminable pensum, nous inclinons à penser que l’auteur peine à rivaliser avec son illustre prédécesseur tant son style de mirliton pêche par une accablante platitude, tant aussi sa manière élémentaire de raconter ne dépasse guère les prouesses d’un lycéen de seconde.

Or le style, disait l’autre, c’est l’homme. Quel genre d’homme est donc Arthur Dreyfus ? Disons que c’est un gay d’aujourd’hui, comme il vous est loisible d’en croiser chaque jour dans notre vaste métropole, un gay bourgeois et intelligent, nanti de diplômes et de privilèges, que rien ne distingue de son alter ego hétérosexuel, le bobo parisien dans la force de l’âge, plus soucieux du périmètre de son appartement et de son avancement social que des lendemains qui chantent. Rien ? Pas tout à fait cependant. C’est que notre garçon d’aujourd’hui, malgré son profil de gendre idéal, est habité par une tyrannique compulsion sexuelle qui vient bouleverser son quotidien et le soustraire bien malgré lui au destin de ses semblables.

Tel est bien le sujet du livre. Habité par le démon du sexe, Dreyfus voit son existence assez banale- existence dont nous ne savons pas grand-chose : que pense-t-il ? à quoi rêve-t-il ? a-t-il des opinions politiques ou religieuses ? – élevée au rang d’un road-movie pornographique qui l’emporte frénétiquement sur les sentiers de la baise où l’application Grindr fait office d’escale régulière. Bien malgré lui, disions-nous. Et c’est bien là que le bât blesse, que ce Journal sexuel s’avère si décevant, morne, conventionnel, et si peu gay au sens étymologique. C’est que notre auteur n’a rien d’un héros ou d’un martyr, d’un poète ou d’un voyou, il n’est qu’un homme ordinaire que la particularité de son économie psychique, l’épanchement de sa libido, précipitent à son insu dans les bas-fonds du sexe, sans qu’il ne parvienne jamais à extraire de ses incursions souterraines la moindre lumière, la moindre connaissance, sans que ne l’effleure jamais le moindre frisson charnel ou amoureux. Ordinaire, la sexualité de l’auteur l’est également au plus haut degré.

Derrière le voile de fumée d’une apparente transgression, Dreyfus apparait comme un fonctionnaire du stupre hanté par le fantasme de la normalité, s’attachant souvent aux formes les plus conventionnelles de la masculinité. Conformément à l’idéologie dominante des réseaux sociaux, jamais un partenaire n’est présenté autrement que par son âge, sa couleur de peau et ses attributs sexuels : « Son corps est musculeux, il a vingt ans, les cheveux extrêmement blonds, joli sexe, trou parfaitement lisse. » Au demeurant, à peine dégrisé de ses frasques libidinales, l’auteur ne manque pas de nous rappeler que s’il ne baise pas comme les autres il tient à penser comme tout le monde : « Je ne suis pas favorable à la pédophilie, je la réprouve… », etc. Quelle grisaille ! Quel vide ! Oui, répétons-le, à quelques exceptions près, sans doute vers la fin du livre où sourd de cette épaisse mélasse un début de clarté, jamais l’auteur ne s’interroge sur lui-même, ni sur l’autre, jamais il n’interrompt un instant sa frénésie sexuelle pour tenter de l’intégrer à un ensemble plus vaste, à une compréhension plus ample de son existence, en dépit d’ailleurs de sa fréquentation assidue du cabinet de l’analyste qu’il semble traiter avec la même versatilité que ses partenaires sexuels : « dans les jours qui suivent, conscient d’être véritablement malade, je me résous à trouver un autre analyste. » Oui, Arthur Dreyfus baise comme il vit, vit comme il baise, et baise comme il écrit : mal, vite et sans éclat.

Que conclure en définitive de cette confession ? Dans L’Homme sans gravité (2002), le psychanalyste Charles Melman avait prophétisé un bouleversement radical de la condition humaine consécutif à l’expansion de l’économie libérale, un effacement de l’ancien sujet hanté par le désir et la faute devant un individu errant, délesté de tout ce qui le rattachait autrefois à l’Histoire, la Loi et l’Utopie. Telle est, à nos yeux, la signification du Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui. Dans ces pages monotones, on retrouve l’individu sans destin, sans règles et sans attaches de nos sociétés actuelles ; l’individu qui ne pense rien, n’éprouve rien, ne regrette rien et ne s’oppose à rien ; que seule la tyrannie du besoin, confondu avec le désir, mène par le bout de son nez. En ce sens, Arthur Dreyfus a bien réussi son pari : son livre est générationnel. Mais s’agit-il encore d’un livre ? Ni œuvre, ni journal, ni document, cette compilation a plutôt valeur de symptôme. Symptôme d’une époque où la Société du spectacle incline à prendre des vessies pour des lanternes, imposant comme œuvre littéraire ce qui n’en possède que le nom. Nous apprenons que la vessie d’Arthur Dreyfus figure en bonne place sur la liste du Prix Médicis. Gageons que le jour de sa proclamation, elle explosera avec fracas à la face du jury.

Editions P.O.L
Date de parution : Mars 2021
Auteur : Arthur Dreyfus
Prix :
37 €

Fin de siècle, un film simple et beau sur les enjeux de notre époque, de Lucio Castro, en salles le 23 septembre 2020

Les premières minutes de Fin de siècle donnent le ton. Un silence assourdissant accompagne les déambulations d’un homme dans la ville qu’il arpente, il semble s’y ennuyer jusqu’au premier eye-contact avec un autre homme. Le film brosse un portrait de notre époque, entre les attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse, les enjeux du couple au fur et à mesure que le temps avance et que la tentation d’aventures fugaces devient de plus en plus vivace. Fin de siècle montre aussi la force d’une famille toute dévouée à un petit enfant. Lucio Castro vise large avec de longues discussions faisant entrer dans l’esprit de personnages en quête d’eux-mêmes. C’est pudique et authentique, direct et émouvant avec une chronologie bouleversée par d’incessants allers retours temporels.

Le sentiment à l’épreuve du temps

Ocho (Juan Barberini) est un homme argentin parti en vacances à Barcelone pour faire le point dans un AirBnB. Il a pris la décision difficile mais nécessaire de faire une pause avec son compagnon après 20 ans de relation. Le fil de sa vie défile tout au long du film, entre résurgences de sa vie de couple passée devenue sans passion et la rencontre avec un homme déambulant dans la rue en bas de son appartement. Ce bel hidalgo se nomme Javi (Ramon Pujol) et les deux hommes se rapprochent très vite dans une passion toute animale, et ils discutent encore et encore pour permettre au spectateur d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. Car Ocho et Javi ne sont peut-être pas inconnus l’un pour l’autre. La connexion amoureuse et physique entre les deux hommes ouvre un univers large et étendu sur une longue durée, comme pour montrer l’évolution de chacun sur une si longue période, avec des priorités mouvantes et l’érosion des certitudes de la jeunesse à l’épreuve du temps. Le scénario non linéaire fait des bons en avant et des retours en arrière comme pour montrer qu’une relation a besoin de temps pour se construire, mais aussi de solitude pour se décoller de l’autre et mieux se retrouver. En englobant autant la sexualité que la famille et l’introspection, le réalisateur propose une réflexion qui interpelle par sa profondeur sur la société actuelle, loin de tout raccourci ou facilité.

Le film Fin de siècle a été présenté au Festival Chéries Chéris 2019 avec un certain succès que la sortie en salles le 23 septembre 2020 pourrait bien confirmer.

Synopsis: Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant… Après une nuit torride, ce qui semblait être une rencontre éphémère entre deux inconnus devient une relation épique s’étendant sur plusieurs décennies…

La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château (Casterman)

La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château (Casterman)

Publik’art vous avait déjà fait découvrir La princesse qui pue qui pète. Cette super collection qui fait trop rire les enfants !
Ce dernier album de La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château, nous emmène dans une sacrée aventure. Déjà avec Castille, on ne s’ennuie jamais, mais cette fois-ci, il va falloir rechercher le voleur qui a kidnappé le chat de la reine Guillemette. Castille va tout faire pour aider ses parents à retrouver le chat et décide de mener l’enquête, aidée par sa cousine Cunégonde…
On aime les illustrations pleines d’humour de Thierry Manès, et le scénario de Marie Tibi qui raconte une vraie histoire, pleine de suspense et de … prouts bien sûr !
La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château va passionner nos jeunes lecteurs et les faire rire ! A coup sûr ! Il vient juste de sortir !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Marie Tibi
Illustrateur : Thierry Manès
Editeur : Casterman
Prix : 12,90 €

Thomas Gaucher dévoile un premier album jazz lumineux, Rusty Ladder, sortie le 13 mars 2026

Thomas Gaucher est en train de faire son trou sur la scène jazz hexagonal. Guitariste ultra doué et imaginatif, il évolue dans une galaxie musicale à la densité impressionnante à la croisée du jazz, du folk et du blues, ce que prouve aisément son premier album Rusty Ladder. La guitare est au centre du jeu et apporte une densité musicale folle, à découvrir à partir du 13 mars sur un album qu’on ne cesse pas d’écouter.

Un trio jazz qui frappe fort

Thomas Gaucher n’est pas tout seul, il évolue avec Gabriel Sauzay à la contrebasse et Loup Godfroy à la batterie pour un résultat qui emballe littéralement. Originaire de Saumur, Thomas Gaucher utilise sa guitare pour des compositions jazz fascinantes. Formé au Conservatoire Jacques Thibault à Bordeaux, il devient parisien en 2019 lorsqu’il intègre le CNSM pour un diplôme obtenu en 2021. Ses inspirations sont forcément jazzy mais pas que, son spectre musical compte Gil Evans et Joe Henderson, mais aussi Belà Bartok, Jim Hall et Bill Frisell. Pas de limites pour le guitariste qui joue dans de nombreuses formatons pour multiplier les tonalités comme avec Olympic 9net, Kinorama, Strde Monkeys et Tuca. Son premier album est en mode trio et Rusty Ladder impressionne par la déjà très grande maturité musicale du bonhomme. Ses influences sont très personnelles, tirées de ses souvenirs d’enfance et ancrées dans le quotidien. Le ton est aux confidences et les morceaux ressemblent souvent à des improvisations, de quoi se laisser parfois à la rêverie comme sur Britten up avec des textures sonores qui rappellent les riches heures du grand Django avec des parties de guitare ciselées au cordeau et un Rusty Ladder élégiaque. Le trio a invité le pianiste Pierre de Bethmann sur 3 titres pour densifier un peu plus cet album revigorant, enregistré au Studio des Bruères par Tony Paeleman et mixé par Martin Garnault.

Le disque sort sur le label We See Music pour un grand moment de musique à découvrir le 13 mars, avant peut être un concert qui ravira les fans de musique jazz!

Line-up :

Thomas Gaucher : guitare
Gabriel Sauzay : contrebasse
Loup Godfroy : batterie

Nino Dino – Le gros chagrin (Milan)

Nino Dino – Le gros chagrin (Milan)

Vous connaissez tous la série des éditions Milan : Nino Dino. Cette fois-ci, Nino est triste. Cet album, Nino Dino – Le gros chagrin, est centré sur les émotions, sur le chagrin.
C’est l’histoire du petit Nino qui est inconsolable parce que ses amis ne veulent pas jouer avec lui. Même ses parents ont du mal à le consoler. Mais pourquoi est-il si triste ? Comment faire pour qu’il retrouve sa joie de vivre ?
Les illustrations sont très colorées et charmantes, quant au scénario, il raconte une vraie histoire à lire aux jeunes enfants !
Nino Dino – Le gros chagrin est un très chouette album, à la couverture cartonnée, très joliment illustré, qui va plaire aux jeunes lecteurs !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Camille Kohler, alias Mim
Illustrateur : Thierry Bedouet
Editeur : Milan
Prix : 10,50 €

Le couple, cette maison hantée au Théâtre du Rond-Point

Le couple, cette maison hantée au théâtre du Rond-Point
Scènes d’intérieur – Mise en scène Mélanie Leray (© Isabelle Jouvante)

Le couple, cette maison hantée au Théâtre du Rond-Point

Avec « Scènes d’intérieur », de Mélanie Leray et Édouard Delelis, l’ombre portée de Henrik Ibsen plane sans jamais s’imposer frontalement.

La pièce se dit « librement inspirée » d’ « Une maison de poupée » — et c’est dans ce mot, librement, que réside tout l’enjeu : non pas refaire Ibsen, mais sonder ce qu’il reste aujourd’hui de cette maison trop bien rangée pour ne pas être déjà fissurée.

D’emblée, le dispositif scénique donne le ton : un intérieur presque clinique, lignes nettes, meubles choisis comme dans un catalogue de décoration branchée. Tout respire la normalité donc la dissimulation.

Car chez Ibsen comme chez Leray et Delelis, le foyer n’est jamais un refuge : c’est un théâtre. On y joue les rôles assignés, on y répète les gestes attendus, on y polit les mots jusqu’à ce qu’ils cessent de dire quoi que ce soit.

La pièce s’attache moins à raconter l’histoire de Nora qu’à en observer les rémanences. Que reste-t-il de cette héroïne qui claque la porte au XIXᵉ siècle ?

Une silhouette, un geste devenu presque mythologique — mais aussi un doute : ce départ a-t-il réellement fissuré la maison, ou n’a-t-il fait que déplacer les cloisons.

La vie conjugale comme théâtre d’ombres

La mise en scène elle-même devient alors le moteur dramaturgique du spectacle.

Melanie Leray construit un dispositif captivant qui alterne le jeu au plateau avec un filmage/montage en direct et l’apparition d’un film consacré à l’adolescence traumatique de Chloé, l’héroïne contemporaine du récit.

Ces fragments filmés, comme la mémoire tremblée d’un âge et d’une violence familiale éprouvée, viennent scruter et percuter le présent.

À mesure que le spectacle progresse, ces images du passé s’infiltrent dans la scène comme un contrechamp intime : elles rappellent ce que fut ce trauma et sa menace insidieuse.

Ce dialogue entre cinéma et théâtre ne relève pas d’un simple effet esthétique. Il insuffle à l’ensemble un rythme et une urgence qui agissent comme un palimpseste émotionnel, où l’adulte que nous voyons sur scène semble constamment hanté par la jeune fille qu’elle fut.

C’est d’ailleurs là que la distribution trouve toute sa force. Marie Denarnaud prête à Chloé une densité impressionnante, faite de passion et de micro-fêlures.

Son jeu, tout en nuances, donne l’impression d’un personnage qui se surveille lui-même, comme si chaque phrase devait passer par un filtre invisible avant d’être prononcée.

Autour d’elle, les partenaires composent un chœur d’une grande précision : regards suspendus, silences lourds, gestes anodins soudain chargés d’une gravité sourde.

Rien n’est appuyé, tout semble se jouer à la surface du réel — et c’est cette dimension organique qui frappe fort et fait affleurer le trouble.

Dans ce paysage conjugal subtilement fissuré, Arthur Igual s’impose avec une présence magistrale dans le rôle d’Henri. L’acteur compose un mari d’une justesse troublante, jamais caricatural, oscillant entre sincérité affective et aveuglement tranquille.

Chez lui, la domination n’est jamais tonitruante ; elle s’exprime dans une forme de douceur paternaliste, presque rassurante — et c’est précisément ce qui la rend plus inquiétante.

Igual joue admirablement cette ambivalence : un homme qui croit aimer tout en enfermant, qui parle de protection là où se dessine en réalité une emprise diffuse, un trouble.

La mise en scène prolonge d’ailleurs cette idée avec une trouvaille visuelle particulièrement éloquente : la présence d’un pantin figurant l’enfant du couple.

Manipulé, déplacé, parfois laissé là comme un objet silencieux, ce corps inerte agit comme une métaphore limpide de l’enfance prise dans les fils invisibles du théâtre familial et de sa répétition.

Écho discret à la « maison de poupée » d’Ibsen, ce pantin rappelle que, dans ces intérieurs trop bien ordonnés, chacun finit par devenir la figurine de quelqu’un d’autre.

Mélanie Leray et Édouard Delelis travaillent ainsi une zone grise. Leur spectacle n’est ni une adaptation ni une relecture militante ; il ressemble à une autopsie du couple contemporain et sa quête constante de performance.

Les dialogues, souvent fragmentaires, glissent d’une banalité domestique à une tension presque sourde. On parle de tout et de rien — et c’est précisément ce rien qui révèle l’essentiel : la fatigue des rôles, l’usure du désir, l’angoisse de l’équilibre conjugal.

On est saisi par la manière dont la mise en scène installe une forme de malaise diffus. Les déplacements sont calibrés, presque chorégraphiques ; les silences, eux, prennent une place considérable.

On sent les personnages enfermés dans une partition sociale qu’ils continuent de jouer tout en sachant qu’elle est devenue fausse.

Comme si la maison de poupée n’était plus seulement une métaphore patriarcale mais un dispositif beaucoup plus vaste : celui d’une vie qu’on habite sans vraiment la choisir.

Là où le spectacle est aussi pertinent, c’est dans cette tension entre héritage et présent. Ibsen plane comme un fantôme familier, mais jamais sacralisé.

Et que signifie aujourd’hui « partir » ? S’enfuir mais à quel quel prix quand un patriarcat d’un autre âge refuse d’abdiquer.

« Scènes d’intérieur » ne cherche pas à rejouer le coup de tonnerre ibsénien. Il en examine l’écho, plus d’un siècle plus tard — un écho assourdi, domestiqué, presque absorbé par la normalité du monde moderne et pourtant tout aussi ravageur.

Et c’est là le vertige du spectacle : la porte de Nora a beau avoir claqué depuis longtemps, la maison, elle, n’a pourtant jamais cessé de fomenter ses démons.

 Dates : du 10 au 21 mars 2026  – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris)
Mise en scène : Mélanie Leray

Dégustation du très pétillant Champagne Palmer rosé Solera (prix TTC la bouteille: 51 euros)

Première dégustation de champagne de la maison Palmer avec le Rosé Solera et c’est une belle découverte. La maison Palmer & Co propose un rosé très fruité et très légèrement épicé. Issu d’un assemblage, le champagne est enrichi d’une Solera de Pinot Noir, une réserve perpétuelle de plusieurs décennies, reflet du savoir-faire d’exception de la Maison. Ce champagne rosé de caractère se déguste idéalement avec une =tarte aux fraises ou une soupe de fruits rouges. Il fonctionne également avec des plats salés d’inspiration méditerranéennes comme des filets de rouget, une paëlla de poissons ou des côtes d’agneau rosé aux herbes. Pour en rajouter encore une couche, le champagne est reconnu auprès des plus grandes publications avec une note de 95 points chez DECANTER, 92 points chez LA RVF, 15/20 chez BETTANE & DESSEAUVE et 16,5/20 chez LE POINT, la preuve que le champagne mérité d’être dégusté et découvert.

Publireportage:

Palmer & Co, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes cultivant la passion de la vigne, du terroir et du vin, et partageant une certaine idée de l’excellence. Une histoire porteuse de sens, à vocation internationale, un savoir-faire précisément orchestré et transmis depuis 1947.

À la recherche de la saveur plutôt que de la couleur, Rosé Solera offre une gamme de saveurs et d’arômes plus vaste que ce que l’on pourrait imaginer. Le Rosé Solera recèle en son cœur l’héritage exceptionnel de la Maison Palmer & Co : une réserve perpétuelle de vin rouge élaborée au Riceys depuis plusieurs décennies. Chaque cuvée est la rencontre unique entre l’assemblage signature de La Réserve et cette réserve perpétuelle. Si l’amateur y retrouve l’identité distinctive de Palmer & Co, il découvre avec ce vin un nouvel univers, profond et épicé. Le nez est intense, et offre au palais des arômes fringants de fraise des bois, de groseille, de cassis sur un fond délicatement épicé où vanille et cannelle s’entremêlent.

Ces grands-parents qui t’aiment infiniment (Casterman)

Ces grands-parents qui t’aiment infiniment (Casterman)

Publik’Art est fan de cette collection des éditions Casterman. Après Ce papa qui t’aime infiniment, La maîtresse que j’aime infiniment, voilà le dernier album jeunesse, des mêmes autrice et illustratrice : Ces grands-parents qui t’aiment infiniment.

Il y a de nombreux grands-parents dans le monde… Et parmi eux, il y a « ses » grands-parents, avec qui, le jeune lecteur fait plein de choses… qu’il ne fait pas avec ses parents ! Les grands-parents, non seulement il l’aime infiniment mais ils sont aussi très aimés par leurs petits-enfants ! Une très belle déclaration d’amour !
Ces grands-parents qui t’aiment infiniment donne une place toute particulière aux grands-parents, ce qui est bien rare en littérature jeunesse !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Capucine Lewalle
Illustrateur : Maud Legrand
Editeur : Casterman
Prix : 12,90 €

Sortie du pensum La rom-com à tout prix aux éditions Playlist Society le 12 mars 2026

Tout le monde a sa rom’com’ préférée, souvent anglo-saxonne mais pas seulement. Des réalisateurs et réalisatrices de notre beau pays ont décidé depuis quelques années de dépoussiérer le genre pour en faire une peinture de notre époque, sociale et personnelle. Les 3 auteurs les ont rencontré pour des entretiens riches et pertinents, pour montrer que si l’amour est toujours là, il se décrit aussi avec une grosse couche de quotidien doux amer pour exister avec toujours plus de force. Les 128 pages sont d’une folle pertinence pour enchainer les rencontres et magnifier les sentiments.

Synopsis: Les comédies romantiques ont longtemps été l’apanage du cinéma anglo-saxon. Mais voilà, qu’en France, une vague de jeunes cinéastes s’empare de la rom-com. Ils rangent les princes charmants au placard, s’intéressent à la routine plutôt qu’aux coups de foudre et questionnent les schémas classiques du couple. Ils font souffler un vent de fraîcheur sur les dialogues, bouleversent les situations, continuent à faire advenir des rencontres improbables. Précédé d’un essai introductif, La Rom-com à tout prix propose une série d’entretiens avec des cinéastes qui croient encore en l’amour, et qui nous donnent les clés pour le porter à l’écran, encore, et pour toujours.

Avec
Victor Rodenbach (Le Beau Rôle)
Mourad Winter (L’amour c’est surcoté)
Amélie Bonnin (Partir un jour)
Alice Douard (Des preuves d’amour)
Alice Vial (L’Âme idéale)
Martin Jauvat (Baise-en-ville)
Sophie Beaulieu (La Poupée)

Sandra Onana est critique de cinéma et cheffe adjointe du service culture de Libération. Lucas Aubry est rédacteur en chef adjoint de Sofilm et auteur de Takeshi Kitano : Hors catégorie (2022) et Natalie Wood : Un jeu d’enfant (2024), tous deux publiés aux éditions Capricci. Quentin Mével est directeur artistique de l’ACRIF, auteur de plusieurs livres d’entretiens avec des cinéastes (Laurent Cantet, Patricia Mazuy, Sophie Fillières…) et coauteur de Mathieu Amalric, l’Art et la Matière (2017).

Editeur: Playlist Society

Nombre de pages / Prix: 128 pages / 12 euros

« Clair-obscur » — quand l’ombre éclaire le présent à la Bourse de Commerce

« Clair-obscur » — quand l’ombre éclaire le présent à la Bourse de Commerce
Victor Man, Titiriteros, 2023, Pinault Collection © Victor Man © Adagp, Paris, 2026. Photo : def image

« Clair-obscur » — quand l’ombre éclaire le présent à la Bourse de Commerce

À la Bourse de Commerce, l’exposition « Clair-obscur » s’apparente à une étonnante traversée crépusculaire, où une centaines d’oeuvres d’artistes de la Collection Pinault s’y dévoilent.

Pour une traversée d’une matière première presque métaphysique, organique : la lumière. Ou plutôt cette part d’ombre qui la rend visible aux confins perceptibles de l’inconscient.

Sous le commissariat d’Emma Lavigne, la Collection Pinault rassemble une vingtaine d’artistes modernes et contemporains pour éprouver cette illustre technique picturale – née au XVIᵉ siècle et portée à incandescence par le Caravage – comme une méthode pour lire le présent.

Mais ici, pas de leçon d’histoire de l’art. Plutôt une dramaturgie du visible.

Voir dans le noir

Dès la rotonde, le spectateur est happé par Camata (2024) de Pierre Huyghe, film rituel tourné dans le désert d’Atacama : un théâtre cosmique où l’image semble s’enivrer d’elle-même, pilotée par des algorithmes et des capteurs.

L’espace circulaire devient un amphithéâtre archaïque où l’on contemple non pas une œuvre mais une sorte de cérémonie technologique. L’art contemporain, ici, ne représente plus le monde : il l’observe en train de muter.

Cette entrée en matière donne le ton. L’exposition se déploie comme une lente acclimatation de l’œil à l’obscurité.

Chez Bill Viola, les corps surgissent de la nuit comme dans une peinture baroque passée au ralenti : la flamme, l’eau, la chute – autant d’éléments qui confèrent à l’image une gravité presque liturgique.

À l’autre extrémité du spectre, les peintures de Victor Man semblent sorties d’une cave mentale : silhouettes indistinctes, pigments assombris, comme si la toile avait absorbé toute la lumière du monde pour n’en restituer qu’un murmure.

Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont l’exposition substitue au spectaculaire une invitation à l’intériorité et y célèbre la pénombre sensorielle.

Les œuvres de Giacometti, Dubuffet ou Richier y deviennent des présences spectrales : l’humain réduit à un fil, à une croûte, à une excroissance fragile dans la nuit du monde.

Les vitrines confiées à Laura Lamiel prolongent ce climat d’intériorité : objets trouvés, surfaces métalliques, tubes fluorescents — une archéologie intime et d’une grande poésie, où la lumière agit moins comme révélation que comme une sensation.

On y lit les traces d’un inconscient contemporain : catalogué, fragmenté, irradié.

Et c’est là que l’exposition trouve sa véritable justesse. Car le clair-obscur n’y apparaît pas seulement comme un procédé esthétique mais comme une métaphore politique de notre époque : un temps saturé d’images où la lumière – médiatique, technologique, spectaculaire – produit paradoxalement toujours plus d’ombre.

Au fond, « Clair-obscur » parle moins de peinture que de contemporanéité. L’exposition reprend presque mot pour mot l’intuition de Giorgio Agamben : « être contemporain, c’est regarder non la lumière de son temps mais son obscurité ». Un regard qui éclaire le monde mais qui n’est visible qu’à la condition d’accepter sa part d’obscurité.

 Dates : jusqu’au 24 août 2026 – Lieu : Bourse de Commerce Pinault Collection (Paris)

Une BD entre rock et souvenirs avec Rock’n’Roll, Salauds de baby-boomers par Baru, éditions Futuropolis, sortie le 11 mars 2026

Les éditions Futuropolis laissent Baru s’exprimer en toute liberté avec Rock’n’Roll –  Salauds de baby-boomers. Il exprime dans 7 récits indépendants son amour de la musique électrique et se remémore l’énergie de sa jeunesse, un temps de tous les possibles où il suffit de prendre sa bécane pour aller écouter Jimi Hendrix en concert. il est bon d’avoir 20 ans dans les années 70 pour exprimer sa vitalité et tracer sa route. Le livre enchaine les noms de groupes et des chansons mythiques reviennent instantanément en mémoire sans pouvoir s’empêcher d’en égrener les paroles. Stones, Beatles, Who, c’est du classique mais que ça fait du bien. Les 144 pages se lisent et se relisent pour se confronter à un parcours teinté de musique, enivrant et acéré. Il est parfois difficile de croire tout ce que les protagonistes devenus âgés se remémorent. Les bastons mods/rockers à Brighton, un ancien guitariste d’un groupe Cult des années 80, les histoires de bistrots et de juke box, et les motos qui sont omniprésentes, comme un appel au grand large et à la musique. La BD se lit avec le sourire aux lèvres, le lecteur voudrait avoir vécu toutes ces histoires d’ancien combattant. Vivement le Tome 2 à paraitre en 2027!

Synopsis: « Le rock’n’roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie » Baru
La preuve par la bande dessinée. Sept récits indépendants, qui se répondent pourtant, comme autant de guitares électriques jouées par les plus grands.

Hop, bande-annonce :
Le 17 octobre 1966, les vieux du Comité des fêtes de Villerupt (le bled de Baru ado) n’ont pas pu faire venir Johnny Hallyday, alors ils se sont rabattus sur un jeune type, inconnu au bataillon. Comment c’est, son nom, déjà ? Ah oui, Jimi Hendrix… Hey Joe !
Ton Up Boy, c’est quoi, ça ? Un rocker qui faisait le « ton », c’est-à-dire qui arrivait à pousser sa moto au-delà des 100 miles à l’heure, soit 160 km/h, dans la circulation merdique de Londres, entre Chelsea Bridge et l’Ace Cafe, la Mecque des rockers…
Le Daily Mirror de l’époque appelait ça le « Suicide Club »…
Rater les Rolling Stones en concert une fois, quand on est fan, passe encore, mais trois mais quatre ? Comment est-ce possible ? C’est possible. Quel con !
À Beyrouth, à la fin des années 8o, en pleine guerre du Liban, les Rolling Stones, encore eux, ont sauvé les poules du vieux Mustapha. Satisfaction !
Et aussi : Fever, For your love, Skaï… Rock, rock, rock !

Après le succès de Bella ciao, voici le grand retour de Baru, Grand Prix d’Angoulême 2010, pour ces deux tomes sur le rock’n’roll, mêlant histoires vécues et fictions (tome 1), témoignages et autobiographie (tome 2 en 2027).Réduire

Editeur: Futuropolis

Auteur: Baru

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 22 euros

[Jeunesse] Salami, docteur Teckel ! – Tome 4 : Salami à Paris, de Vanessa Rubio-Barreau & Marie Touly (Gallimard Jeunesse)

[Jeunesse] Salami, docteur Teckel ! – Tome 4 : Salami à Paris, de Vanessa Rubio-Barreau & Marie Touly (Gallimard Jeunesse)

Salami, docteur Teckel ! – Tome 4 : Salami à Paris poursuit avec humour et tendresse les aventures du célèbre teckel vétérinaire. Après avoir réussi avec brio ses premières missions dans ses précédents exploits, Salami se voit embarqué malgré lui dans un voyage trépidant au cœur de la capitale. Ce nouvel épisode équilibre ingénieusement exploration urbaine, humour canin et rencontres inattendues, offrant aux jeunes lecteurs une aventure pleine de charme et de surprises.

Dans ce quatrième opus, Barbara emmène Salami à Paris pour vivre une étape importante de sa vie de teckel : la Saussage Walk, le grand rassemblement annuel des teckels. Salami découvre ainsi les rues animées de la ville, prend le RER, admire certains des monuments les plus emblématiques — dont un grand triangle en métal qui touche le ciel — et fait la connaissance de nombreux teckels venus de toute la France. Mais loin d’être qu’une simple excursion touristique, cette aventure parisienne met aussi à l’épreuve son sens du devoir : où qu’il aille, malgré le beau paysage et les distractions, il y a toujours un animal à aider.

Ce tome conserve tous les ingrédients qui font le succès de la série : un héros attachant, des situations cocasses et accessibles aux lecteurs à partir de 7 ans, et une écriture qui valorise la curiosité, l’entraide et la bienveillance. Salami navigue entre amusement et responsabilité, montrant qu’on peut s’amuser tout en prenant soin des autres — qu’il s’agisse d’autres chiens, d’animaux de toutes sortes, ou même de compagnons humains qu’il rencontre en chemin.

L’univers visuel imaginé par Marie Touly continue de donner vie à cette série avec un trait expressif et chaleureux, mettant en avant à la fois la diversité des personnages animaliers et l’énergie vibrante d’une ville comme Paris. Chaque page invite à sourire, à s’identifier et à rêver d’aventures, tout en gardant un cap bienveillant et adapté aux jeunes lecteurs.

Résumé éditeur :

Barbara emmène Salami à Paris pour la traditionnelle Sausage Walk, le grand rassemblement des teckels. Quelle aventure que cette journée ! Salami prend le RER, découvre certains monuments parisiens, dont un grand triangle pointu en métal qui touche le ciel. Il fait aussi connaissance avec des teckels de toute sorte, puis tombe nez à nez avec… MORTADELLE ! Elle est trop belle. Docteur teckel en aurait-il oublié son métier ? Pas sûr. Où que l’on aille, il y a toujours un animal à aider !

Date de parution : 19 mars 2026
Auteure : Vanessa Rubio-Barreau (texte)
Illustrations : Marie Touly
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Collection / Série : Série Cadet – Roman jeunesse
Format / Pages : Broché – env. 64 pages
Prix indicatif : 7,49 €

Le voleur à la main verte (Casterman)

Le voleur à la main verte (Casterman)

Vous êtes fan de l’inspecteur Stanley, alors, découvrez sa toute dernière enquête : Le voleur à la main verte.
Cette belle BD va plaire à nos jeunes lecteurs. Sa couverture cartonnée est magnifique ! Et les illustrations, de Erica Harrison, sont super ! Idéales pour le tout jeune lecteur, comme le scénario de Hannah Tunnicliffe.
Cette nouvelle série, pleine d’humour, des éditions Casterman fait fureur ! Chaque tome peut se lire séparément. Il sort un tome par an ! En 2025, l’inspecteur Stanley mène l’enquête au Musée, avec Mystère au musée, Une enquête de l’inspecteur Stanley.
Pour Le voleur à la main verte, l’inspecteur doit découvrir qui a volé la fleur la plus précieuse du jardin botanique… Rien n’est évident ! Et le lecteur découvrira tout sur les plantes carnivores ! Un chouette documentaire qui se trouve à la suite de la BD.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Hannah Tunnicliffe
Illustrateur : Erica Harrison
Editeur : Casterman
Prix : 13,95 €

Julie Deliquet s’empare de la Colline

Julie Deliquet s’empare de la Colline
Photo Pascal Victor

Julie Deliquet s’empare de la Colline

Depuis sa création, « La Colline » s’est voulue le bastion des écritures contemporaines — un théâtre qui regarde le présent droit dans les yeux plutôt que de le contempler dans le rétroviseur.

Confier l’instituion à Julie Deliquet revient à pousser cette logique un cran plus loin. Car son théâtre n’a jamais été celui du commentaire mais celui de l’immersion : une manière de faire surgir la politique à même les corps, dans la friction des voix, dans la vibration très concrète du collectif.

On connaît son travail avec le collectif « In Vitro », ses spectacles où l’intime et le social s’emmêlent comme dans une conversation qui dérape. Chez elle, les plateaux ressemblent souvent à des assemblées improvisées : on y parle beaucoup, on s’y contredit, on s’y cherche.

Autrement dit, on y vit. C’est précisément ce qui manque parfois aux institutions théâtrales, trop occupées à patrimonialiser le théâtre au lieu de le risquer. A ce titre, quelle satisfaction fut la nomination de Julien Gosselin à la direction du Théâtre national de l’Odéon, qui n’a de cesse d’expérimenter de nouvelles écritures théâtrales.

Une metteuse en scène du collectif à la tête du Théâtre national de la Colline

Julie Deliquet appartient à cette génération qui a remis la troupe au centre du jeu. Pas comme nostalgie du théâtre public des années 1970, mais comme laboratoire vivant.

Son esthétique repose sur une illusion paradoxale : tout semble improvisé, presque accidentel, alors que chaque silence est minutieusement construit. Le spectateur a l’impression d’entrer dans une scène déjà en cours — comme si le théâtre se poursuivait hors de lui.

Dans un paysage culturel souvent dominé par les signatures solitaires et les dispositifs spectaculaires, cette économie du collectif fait figure de geste presque politique. Le plateau devient un espace de discussion, parfois de confrontation, où la fiction agit comme un révélateur social.

Sa nomination n’est pas seulement artistique. Elle signale aussi un déplacement symbolique. Le théâtre public français, longtemps structuré par des figures de metteurs en scène-auteurs quasi souveraines, semble chercher aujourd’hui d’autres formes de gouvernance esthétique : plus horizontales, plus poreuses, plus proches des dynamiques de troupe.

« La Colline » pourrait ainsi devenir un lieu de circulation plutôt qu’un simple temple de la création contemporaine. Un endroit où les écritures scéniques dialoguent avec la littérature, le cinéma, la sociologie — tout ce qui permet au théâtre de rester branché sur le courant du réel.

Reste évidemment la question qui accompagne toute nomination : que devient un théâtre de recherche lorsqu’il entre dans la grande machinerie institutionnelle ?

L’histoire est pleine d’artistes que la direction d’un lieu a peu à peu transformés en administrateurs académiques.

Mais il y a chez Julie Deliquet une obstination presque artisanale qui laisse espérer l’inverse : que l’institution soit contaminée par le plateau plutôt que l’inverse.

Si tel est le cas, le Théâtre national de la Colline pourrait être ce lieu où le présent vient se débattre — et parfois se contredire — sous les projecteurs.

Et au fond, c’est peut-être cela la vraie mission d’un théâtre national : accueillir le désordre du monde avant qu’il ne se transforme et ne soit instrumentalisé.

 

[Album jeunesse] Les chiens Pirates – Et la course au trésor !, de Clémentine Mélois & Rudy Spiessert (L’école des loisirs)

[Album jeunesse] Les chiens Pirates – Et la course au trésor !, de Clémentine Mélois & Rudy Spiessert (L’école des loisirs)

Les chiens Pirates – Et la course au trésor ! embarque les jeunes lecteurs dans une aventure maritime pleine d’humour, de péripéties et de rencontres inattendues. Dans cet album joyeux et rythmé, Clémentine Mélois et Rudy Spiessert font naviguer leurs héros à quatre pattes à travers une quête trépidante où chaque page invite à larguer les amarres. En traversant tempêtes, escales surprenantes et détours cocasses, l’équipage canin prouve que courage, camaraderie et bonne humeur sont les meilleurs trésors qu’on puisse trouver en mer.

L’histoire met en scène une passagère clandestine au fort tempérament qui entraîne nos intrépides chiens pirates dans une véritable course au trésor. En chemin, ils croisent des personnages hauts en couleur comme le célèbre commandant Couchetard, Pénélope Courge ou encore Salvador Dada, chacun apportant sa touche d’humour et de fantaisie. Cette galerie de figures loufoques rythme l’aventure, renforçant la dimension ludique d’un récit parfaitement adapté aux jeunes lecteurs à partir de 6 ans.

Graphiquement, Rudy Spiessert offre un dessin coloré et expressif qui amplifie le côté dynamique et enjoué de la narration. Les scènes de navigation, les expressions des personnages et les détails maritimes contribuent à l’immersion dans cet univers pirate plein de clins d’œil visuels. L’ensemble crée une atmosphère joyeuse et captivante, idéale pour stimuler l’imagination des enfants et leur donner envie de tourner les pages les unes après les autres.


Résumé éditeur :

Une passagère clandestine au fort tempérament emmène les chiens pirates dans une course au trésor. En chemin, ils croiseront le célèbre commandant Couchetard, Pénélope Courge et Salvador Dada. Mais le destin est changeant et les vents capricieux : sortiront-ils vainqueurs de cette nouvelle épreuve ? Pour le savoir, larguez les amarres, carguez les voiles, en route pour l’aventure !
Date de parution : 11 mars 2026
Auteurs : Clémentine Mélois (texte) & Rudy Spiessert (illustrations)
Éditeur : L’école des loisirs
Collection / Série : Album – Les chiens Pirates
Format / Pages : Cartonné – env. 72 pages
Prix indicatif : 15,00 €

Les jeux des petits amis (Glénat jeunesse)

Les jeux des petits amis (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album destiné aux tout-petits : Les jeux des petits amis.
Cet album, entièrement cartonné, aux coins arrondis, peut être lu dès l’âge de 6 mois. Il s’adresse vraiment aux bébés ! Les illustrations sont très originales, et uniquement en noir et bleu. Le bébé va découvrir la première histoire sur les animaux marins, la baleine, la pieuvre, la tortue…
La seconde histoire sera centré sur le panda, puis la troisième sur le lapin qui danse, et la dernière histoire sera celle de l’éléphanteau qui cherche un ami pour jouer.
Quatre adorables histoires à lire et à mimer !
Les jeux des petits amis est une belle idée de cadeau de naissance !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Madame Lily Murray
Illustrateur : Jane Foster
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 10,90 €

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

"L’Art d’avoir toujours raison" : quand la novlangue prend le pouvoir
Photo ©-Fabienne-Rappeneau

« L’Art d’avoir toujours raison » : quand la novlangue prend le pouvoir

Le spectacle commence comme une conférence et se termine sur une méthode imparable.

Dans « L’Art d’avoir toujours raison », Sébastien Valignat et Logan de Carvalho ont la bonne idée de transformer le théâtre en salle de formation pour candidats en campagne.

Sur scène, David Guez et Maïa Le Fourn incarnent deux consultants d’un improbable média training dédié à la victoire électorale.

Leur mission : transmettre au public la méthode la plus simple, la plus rapide et la plus efficace pour remporter une élection. La promesse est limpide : il ne s’agit pas d’avoir raison. Il s’agit de gagner.

À partir de là, la démonstration déroule avec un sérieux imperturbable, une série de techniques qui feraient pâlir n’importe quel conseiller en communication : reformuler les problèmes jusqu’à les vider de leur substance, fabriquer des oppositions simplistes, déplacer les questions embarrassantes, emballer le tout dans un storytelling suffisamment séduisant pour que personne ne s’interroge trop longtemps sur le fond.

On rit. Beaucoup. Mais d’un rire jaune tant l’enfumage est énorme !

Car derrière la parodie pointe un constat moins comique : le discours politique contemporain ressemble de plus en plus à cette démonstration.

Une mécanique bien huilée où la complexité du réel est systématiquement rabotée pour entrer dans le format court du slogan, du débat télévisé ou du clip de campagne.

Le spectacle emprunte son point de départ à la Dialectique éristique de Arthur Schopenhauer, ce petit manuel de stratégie argumentative qui enseigne comment triompher d’un adversaire indépendamment de la vérité.

Mais là où le philosophe observait les disputes humaines avec un certain pessimisme, le spectacle montre comment ces techniques sont devenues une véritable grammaire du discours public.

Car le problème n’est plus seulement le sophisme. C’est la normalisation du sophisme.

La novlangue : petit traité d’absurdie et de désincarnation de la parole politique

On ne ment plus frontalement : on reformule. On ne nie plus la réalité : on la reconditionne. Les mots sont polis, les angles arrondis, les conflits soigneusement dilués dans une langue technocratique qui semble avoir été inventée pour éviter tout contact avec le réel.

David Guez et Maïa Le Fourn excellent dans cette démonstration. Leur duo fonctionne comme une petite machine à produire du discours. Ils expliquent, illustrent, démontrent — toujours avec le sourire tranquille de ceux qui savent que la méthode marche.

Et plus ils avancent dans leur raisonnement, plus la conférence ressemble à un miroir à peine déformant de notre paysage médiatique avec un maître à penser en la matière : Emmanuel Macron.

La mise en scène joue habilement de ce glissement. Ce qui commence comme une parodie académique se transforme progressivement en autopsie du débat démocratique.

À force de décortiquer les mécanismes de la persuasion, le spectacle met à nu une vérité peu réjouissante : la politique contemporaine ne cherche plus tant à convaincre qu’à occuper l’espace discursif. Parler beaucoup. Répondre peu. Simplifier toujours.

Ce qui frappe aussi, c’est la facilité avec laquelle ces procédés fonctionnent. Le spectacle les expose comme des tours de magie rudimentaires, et pourtant ils continuent d’organiser une bonne partie de la parole publique.

C’est là que « L’Art d’avoir toujours raison » devient véritablement mordant. Il ne prétend pas dévoiler un complot. Il montre quelque chose de plus banal — et donc de plus inquiétant : une démocratie qui s’habitue doucement à ce que le langage serve moins à penser qu’à neutraliser la pensée. Le théâtre, ici, ne corrige rien.

Il se contente de montrer la mécanique. Et une fois qu’on l’a vue fonctionner, il devient difficile d’écouter certains discours politiques sans avoir l’impression d’écouter une parole aussi vide que désincarnée .

 Date : jusqu’au 30 mai 2026 – Lieu : Théâtre Tristan Bernard (Paris)
Mise en scène : Sébastien Valignat

Le poids du sac, de Philippe Maschinot (La Sirène aux yeux Verts)

Le poids du sac, de Philippe Maschinot (La Sirène aux yeux Verts)

Philippe Maschinot nous propose un récit poignant avec son dernier livre : Le poids du sac. On peut penser que c’est un récit autobiographique…
En tout cas, c’est une écriture qui va parler à chacun d’entre nous. Qui n’a jamais pensé avoir un sac trop lourd sur ses épaules ?
Le « sac » est une métaphore du poids que chacun porte sur son dos au quotidien.
Et qui y a-t-il dans ce sac ? L’auteur nous incite à réfléchir sur nos liens familiaux, conjugaux, nos expériences, nos regrets, nos engagements, et aussi nos moments heureux.
Comment se construire au présent avec toutes ces charges ?
La plume de Philippe Maschinot est tellement juste, sans dramatiser, mais plutôt dans la bienveillance et la compréhension. Une vraie dimension humaine !
Avec Le poids du sac, Philippe Maschinot nous invite à une certaine remise en question, tout en marchant, pour mieux nous appréhender et nous construire. Un livre très juste et qui peut aider chacun d’entre nous ! Il est publié dans une petite maison d’édition très respectueuse de ses auteurs : La Sirène aux yeux Verts.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Philippe Maschinot
Editeur : La Sirène aux yeux Verts
Prix : 20€

Les petites histoires du Père Castor (Flammarion Jeunesse)

Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors (Flammarion Jeunesse)

Les éditions Flammarion jeunesse nous proposent Les petites histoires du Père Castor dans un format souple et à petit prix.
Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors est un recueil, très joliment illustré, qui donne envie d’être dehors !

8 histoires sont proposés au jeune lecteur. Ce sont toutes des Histoires du Père Castor. La lecture prendra 2 mn ou tout au plus 10mn par histoire. Idéal pour le rituel du soir !
Voilà les aventures à lire :
La Danse de l’automne – Pourquoi les conifères sont-ils toujours verts ?
Eustache et Raoul – Les Quatre Géants – Le Bateau rouge d’Oscar – Histoire d’une toute petite taupe et d’un lièvre très pressé – Le Jardin de Clara – Trois petits lapins.
Et chaque histoire peut être lue séparément !
Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors est un très joli album, à avoir dans toute bibliothèque ! Il vient tout juste de sortir !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : collectif
Illustrateur : collectif
Editeur : Père Castor
Prix : 9,95 €

Nadia Labrie, Flûte Passion, Hommage à Claude Bolling, sortie le 6 mars chez Atma Classique

La joueuse de flute traversière Nadia Labrie dévoile son album Flûte Passion – Hommage à Claude Bolling disponible en coffret 3CDs et en digital chez Atma Classique pour un hommage entre classique et jazz à découvrir en concert à Paris, Salle Cortot, le 06 mars 2026. 

Un lâcher prise musical intense

Nadia Labrie rend hommage au célèbre pianiste de jazz Claude Bolling célèbre notamment pour ses musiques de film rentrées dans la postérité (Borsalino, Le mur de l’atlantique, Le magnifique). Flûte Passion, Suite for flute and Jazz Piano Trio & Picnic Suite se présente avec 3 CDs ultra denses qui permettent de se remémorer l’œuvre musicale d’un grand musicien. La flutiste canadienne Nadia Labrie fait partie du célèbre duo Similia avec sa sœur jumelle Annie et sa carrière est déjà riche de nombreux enregistrement. Avec Flûte Passion, elle fait le grand écart entre musique classique et jazz avec un projet discographique enivrant, les notes se bousculent dans une folle sarabande enfiévrée pour un moment de musique qui ravira les mélomanes. La flûte traversière n’est pas forcément très à la mode en 2026 et pourtant les 3 CD’s s’écoutent tout du long pour comprendre la passion de la flutiste pour son instrument. Elle s’intéresse ici à l’un des compositeurs et pianistes de jazz les plus emblématiques de France en étant accompagnée d’un ensemble de musiciens experts qui l’accompagnent dans cette belle aventure. Elle en profite pour présenter l’intégrale des œuvres pour flûte et trio jazz piano de Claude Bolling (1930-2020) avec notamment la Suite no 1, la Suite no 2 et la Picnic Suite pour flûte, guitare et trio jazz. La liberté est le maitre mot dans cette adaptation d’œuvres qui ont bien 50 ans au moins. Elle déploie son jeu expert pour marier jazz et classique à l’air d’un trio jazz au diapason de sa démarche. La Suite pour flûte et trio jazz date de 1973 et est devenue un classique du genre réinterprétée régulièrement.

Lauréate d’un Premier Prix des Conservatoires de musique du Québec et titulaire d’une maîtrise de l’Université de Montréal, Nadia Labrie a enregistré 10 albums, dont Nota del Sol (duo Similia), lauréat d’un Félix. Elle compte aujourd’hui plus de 10 millions de streams et elle est une soliste invitée d’orchestres prestigieux comme le montrent ses invitations dans 22 pays en solo, en duo ou avec orchestre. Son album est magique, il ne faut pas hésiter à le découvrir.

Musiciens:
Nadia Labrie – flûte
Jonathan Turgeon – piano
Dominic Girard – contrebasse
Bernard Riche – batterie
Hugo Larenas – guitare

En concert à Paris – Salle Cortot, le 06 mars 2026

Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé (Arthaud)

Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé (Arthaud)

Michelle Fines est journaliste d’investigation.Elle a beaucoup travaillé sur le dossier de Bertrand Cantat. En juillet 2025, le procureur de Bordeaux annonce la réouverture d’une enquête le concernant, pour violences volontaires sur sa femme Kristina Rady qui s’est suicidée en 2010.
Elle s’est suicidée après avoir dénoncé les violences de son mari. C’est ce que l’on appelle « un suicide forcé ».
Dans son livre, Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé, l’auteure, Michelle Fines, analyse différentes situations dramatiques qui amènent la femme à se suicider. 250 femmes se suicident chaque année à cause de leur conjoint. Des histoires poignantes et vraies.
L’auteure qui a été elle-même victime de violences conjugales explique très bien comment la femme se retrouve piéger dans des situations insupportables. Elle est prisonnière, elle part, et finit par revenir…N’ose pas porter plainte… Croyant encore à l’amour qu’elle porte à son bourreau… Et le cercle infernal reprend… Ces hommes pervers narcissiques sont de tels manipulateurs que les femmes perdent leur personnalité et deviennent complètement dépendantes d’eux et de leur perversité, sous leur emprise.
Et la justice française est encore bien molle face à ces situations dramatiques !
Michelle Fines met l’accent sur des situations réelles, avec beaucoup de dignité, et un besoin vital de comprendre.
Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé est un livre qui permet de mieux comprendre comment on peut arriver à une telle situation… Une sorte d’hommage fait aux femmes qui se sont retrouvées dans cette situation.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2026
Auteur : Michelle Fines
Editeur : Arthaud
Prix : 21€

Une pièce comme un concert avec la pièce Sand Chopin au Théâtre de Poche Montparnasse

La comédienne Macha Méril ravive les textes autobiographiques de l’autrice George Sand sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse accompagnée par Erik Berchot, lauréat de prestigieux concours internationaux dont le concours Chopin à Varsovie, l’un des rares Français à l’avoir obtenu. La comédienne raconte l’histoire d’amour chaste et presque amicale entre le génial compositeur et celle qui prit un prénom d’homme pour se faire publier.

Une sublime pièce musicale

Après sa rupture tumultueuse avec Alfred de Musset, Aurore Dupin (le vrai nom de George Sand) pose sur le jeune compositeur un regard tendre et protecteur presque maternel et dans une lettre adressée à une amie elle écrit « Quant au petit (Chopin), il viendra s’il veut ». Il vint et leur relation durera presque 10 ans au total. La santé fragile du pianiste franco-polonais posa des problèmes récurrents, l’affligeant d’un tempérament mélancolique qui s’entend parfaitement dans la musique interprétée par Erik Berchot sur un magnifique quart de queue Yamaha noir posé sur la gauche de la scène. Les mots de George Sand sont prononcée avec conviction par la comédienne issue de la noblesse russe. Elle se fond littéralement dans le personnage et ses interventions alternent avec des œuvres éternelles de Chopin qui font littéralement fondre les fans du génial polonais. Mazurkas, préludes, Grande Valse brillante, Sonates et surtout un vibrant Scherzo n°2, c’est un vrai plaisir musical en plus qu’un grand moment de théâtre.

Les textes tirés d’Histoire de ma vie réunis par Bruno Villien font revivre un moment unique dans l’histoire de la littérature et de la musique, la rencontre entre 2 génies qui ont vécu une histoire qui ne cesse encore aujourd’hui de faire rêver.

Synopsis: Neuf ans durant George Sand et Frédéric Chopin ont vécu un amour sublimé par leurs talents. Écriture et musique faisaient bon ménage à Nohant. Macha Méril s’empare entre autres textes d’Histoire de ma vie, autobiographie visionnaire où Sand délivre son art d’être femme avec une profonde intelligence. Au piano s’exprime, sous les doigts d’Erik Berchot, la fougue sensible de Chopin. Un duo légendaire dont l’œuvre ressurgit ici pour notre inusable plaisir.

Détails: LES MARDIS, MERCREDIS ET JEUDIS À 21H

[Album jeunesse] Petit Tête en l’air, d’Agnès de Lestrade & Martina Motzo (Gautier-Languereau)

[Album jeunesse] Petit Tête en l’air, d’Agnès de Lestrade & Martina Motzo (Gautier-Languereau)

Petit Tête en l’air est un album jeunesse plein de fantaisie et de bonne humeur qui capture avec justesse les aventures d’un personnage distrait mais adorable. Conçu pour les tout-petits (à partir de 3 ans), il raconte avec humour les petites étourderies du héros éponyme, souvent dans la lune et toujours surprenant dans ses maladresses. À travers des situations à la fois cocasses et tendres, Agnès de Lestrade et Martina Motzo invitent les jeunes lecteurs à célébrer les différences et la bienveillance partagée.

Le personnage principal, Petit Tête en l’air, est un vrai champion de l’inattendu : oublier son pantalon, confondre le shampoing avec le dentifrice ou encore se tromper de maison… autant de petites aventures quotidiennes qui déclenchent le sourire chez le lecteur. Mais loin de se moquer de ses « absences », l’histoire montre comment ses amis et sa famille lui apportent affection et soutien, même lorsque ses pensées semblent flotter parmi les nuages.

Graphiquement, l’album déploie un style doux et coloré parfaitement adapté au public jeune. Les illustrations de Martina Motzo offrent des détails expressifs et des scènes animées qui accompagnent chaque situation d’une touche visuelle joyeuse. Le traitement visuel aide à rendre le récit accessible aux premiers lecteurs, tout en donnant aux adultes lecture une occasion de partager un moment complice avec les enfants.

L’ensemble du récit invite à rire de petites étourderies tout en valorisant la compréhension, la patience et la tendresse dans les relations familiales et amicales. Petit Tête en l’air se pose ainsi en album feel-good, qui parle de curiosité, de spontanéité et de ce regard unique sur le monde qui fait de chacun une personne à part entière.

Extrait de l’album :



Résumé éditeur :

Pour les étourderies, il n’y a pas plus fort que Petit-tête-en-l’air ! Est-ce possible d’oublier de mettre son pantalon, de confondre le shampoing avec le dentifrice et de se tromper de maison ? Ce champion mérite bien son surnom.
Mais heureusement, pour garder les pieds sur terre, il a sa famille et ses amis qui l’aiment à la folie !
Date de parution : 18 février 2026
Auteurs : Agnès de Lestrade (texte) & Martina Motzo (illustrations)
Éditeur : Gautier-Languereau
Collection / Série : Album jeunesse – 3-6 ans
Format / Pages : Cartonné – env. 32 pages
Prix indicatif : 12,99 €

100 Labyrinthes (Flammarion jeunesse)

100 Labyrinthes (Flammarion jeunesse)

Les éditions Flammarion jeunesse nous proposent un très chouette cahier d’activités : 100 Labyrinthes (Flammarion jeunesse).
Ne croyez pas que c’est facile ! Ce cahier s’adresse aux jeunes dès l’âge de 7 ans. Les premiers labyrinthes sont amusants et pas trop entortillés. Mais plus on avance dans le cahier, plus cela devient difficile !
Cette activité sous forme de jeu va permettre à votre enfant, de se concentrer, de rester patient, et de ne jamais baisser les bras !
Petit conseil : lui donner un crayon de papier de façon à ce qu’il puisse gommer ! Il va développer sa motricité fine, sa coordination oeil-main et sa perception spatiale. Ce cahier peut aussi être proposé à des séniors ! Très chouette activité cérébrale et ludique !
Il existe un autre cahier d’activités qui risque également d’amuser votre enfant : 100 points à relier !
100 Labyrinthes : de chouettes moments récréatifs avec votre enfant !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Toni Stemp
Illustrateur : Studio Dgph,
Editeur : Flammarion Jeunesse
Prix : 9,95 €

[BD] Jeanne des embruns – Tome 03 : La mer promise, de Jean-Christophe Deveney & Valentin Varrel (Glénat BD)

[BD] Jeanne des embruns – Tome 03 : La mer promise, de Jean-Christophe Deveney & Valentin Varrel (Glénat BD)

Jeanne des embruns – Tome 03 : La mer promise clôt en beauté une trilogie maritime imprégnée de poésie et de merveilleux. Jean-Christophe Deveney et Valentin Varrel prolongent ici l’aventure de Jeanne et de ses amis siréniens dans un récit jeunesse qui mêle quête identitaire, aventure et légendes océaniques. L’ambiance unique de la série est notamment faite de tendresse, de mystère et d’inspirations nordiques.

Après avoir évité les périls du Temps des Abysses et gagné la paix pour l’Empire Marin, Jeanne des Embruns se retrouve confrontée à une autre forme de quête : celle de ses origines. Orpheline de son père, elle retourne sur son îlot natal en quête de calme et de réponses. La découverte d’un carnet de voyage familial l’entraîne vers le grand nord, vers les glaces et les banquises du Fjordland, là où se trouve peut-être le secret de la Mer Promise. Aux côtés d’Abyss et d’Ecume, ses fidèles amis, Jeanne affronte une nature impitoyable et des légendes ancestrales pour tenter de percer le mystère de ses racines.

Dans cet ultime épisode, l’univers des sirènes se déploie avec toute sa richesse visuelle et narrative. Le dessin de Valentin Varrel, inspiré de l’animation, donne vie à des décors marins majestueux, aux glaces scintillantes et aux créatures fantastiques qui peuplent la mer. Son trait fluide et ses couleurs harmonieuses renforcent l’atmosphère envoûtante de l’ensemble, faisant de La mer promise un voyage sensoriel aussi bien qu’une aventure humaine.

Ce troisième tome élargit l’univers de Jeanne des embruns, mêlant influences nordiques, mythes et légendes marines, et propose une réflexion douce et puissante sur l’appartenance, la mémoire et les liens qui nous façonnent. À travers ses paysages marins l’album confirme la singularité d’une série qui trouvera sa place auprès des lecteurs jeunes comme des amateurs de belles histoires.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

La Mer PromiseJeanne des Embruns et ses amis siréniens ont réussi à éviter le Temps des Abysses. Mais si l’Empire Marin a gagné la paix, la jeune femme y a perdu son père, le Marquis de Gabrini. Désormais orpheline, Jeanne a besoin de calme et de repos. Pour les trouver, elle retourne sur son îlot natal, dans le golfe de son enfance. Très vite, Jeanne décide d’en savoir davantage sur le passé et la rencontre de ses parents. Dans les archives familiales, elle découvre un carnet de voyage qui la met sur la piste du pays d’origine de sa mère: le Fjordland.Pour Jeanne des Embruns, il est temps de reprendre la mer vers le grand nord, d’affronter les glaces et les banquises et de plonger vers ses origines. Du cimetière des méduses au Palais de la Tsarine Ekaterina II, Jeanne pourra compter, encore une fois, sur le soutien d’Abyss et Ecume, ses amis siréniens. Ensemble, ils nageront vers le cœur de l’océan et tenteront de percer le secret de la Mer Promise. Partez à la découverte de créatures extraordinaires à travers le dernier volume d’une trilogie pleine de poésie, de mélancolie et de merveilleux. À la croisée des influences nordiques, des mythes et légendes, Jean-Christophe Deveney et Valentin Varrel développent l’univers des sirènes avec fantaisie grâce à un dessin harmonieux hérité de l’animation.
Date de parution : 04 mars 2026
Auteurs : Jean-Christophe Deveney (scénario) & Valentin Varrel (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat BD
Collection / Série : Hors collection – BD aventure / Jeunesse
Format / Pages : Cartonné – 144 pages
Prix indicatif : 20,00 €

[BD] Chagrin, de Rodolphe & Griffo (Glénat BD)

[BD] Chagrin, de Rodolphe & Griffo (Glénat BD)

Chagrin est une libre adaptation en bande dessinée d’un classique littéraire d’Honoré de Balzac (*La Peau de chagrin*). Dans ce roman graphique, Rodolphe et Griffo plongent le lecteur dans un Paris des années 1830 où la quête de bonheur, d’amour et de fortune se mêle à un fantastique cruel et implacable. Dès les premières pages, la narration capte par sa profondeur émotionnelle, oscillant entre ambition, désillusion et une forme de mysticisme romantique palpable.

Le récit suit Raphaël de Valentin, un jeune noble ruiné par une série de mauvaises décisions et de malchances, qui se retrouve enlisé dans le spleen parisien de son époque. Alors qu’il pense mettre fin à ses jours, il découvre une peau mystérieuse dans la boutique d’un antiquaire : une peau qui exauce tous les désirs de son propriétaire. Mais à chaque souhait accompli, cette peau magique rétrécit, et avec elle la vie de celui qui la possède. Cette malédiction, à la fois fascinante et tragique, offre une lecture du désir humain qui explore davantage les conséquences que les promesses.

L’adaptation nourrit un rapport singulier au fantastique : les personnages secondaires, issus du monde des arts et des lettres (comme les poètes Baudelaire ou Nerval), gravitent dans un Paris en proie aux ombres et aux fantômes, où la limite entre réalité et illusion se brouille. Sous le trait élégant, expressif et souvent tourmenté de Griffo, l’histoire se déroule dans une atmosphère gothique et romantique qui renforce l’émotion du récit et donne à chaque planche un souffle dramatique.

Visuellement, Griffo impose un style maîtrisé qui oscille entre précision narrative et esthétisme lyrique : décors du XIXᵉ siècle, regards chargés de mélancolie, jeux d’ombres et lumières soigneusement élaborés. Cette mise en images distingue Chagrin comme une lecture exigeante mais immersive, où le fantastique n’est jamais gratuit mais toujours directement lié à l’intériorité des personnages. A découvrir.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

« Si tu me possèdes, tu posséderas tout. Mais ta vie m’appartiendra. Dieu l’a voulu ainsi. » (Honoré de Balzac, *La Peau de Chagrin*)
Dans le Paris des années 1830, Raphaël de Valentin, un jeune noble ruiné par une série de mauvaises décisions, de mauvaises fréquentations et de malchances, erre en quête d’un peu d’amour, de bonheur et d’argent ! Au bord du suicide, il entre dans une boutique d’antiquités, espérant y trouver quelque chose susceptible de le distraire de ses pensées noires et son chagrin. Un vieil homme mystérieux lui montre un objet étrange : une peau. Cette peau, selon l’antiquaire, exauce tous les désirs de son propriétaire, mais à chaque souhait réalisé, elle rétrécit et la vie de son possesseur diminue proportionnellement. Rodolphe et Griffo revisitent le chef-d’œuvre de Balzac en lui insufflant une formidable modernité. Certes, on y remonte le singulier destin de ce pauvre Raphaël, mais on retrouve aussi le Paris oublié des romantiques, des rapins et des poètes : Balzac bien sûr mais encore Baudelaire, Nerval, ou le fameux Nadar qui les immortalisa de ses clichés. Le spleen cher à Baudelaire y déploie ses ombres et ses fantômes car *Chagrin* est d’abord un récit fantastique peuplé de diables et de succubes et bien entendu dominé par la malédiction, fatale au malheureux Raphaël, de cette peau magique qui donne à son propriétaire autant de pouvoirs qu’elle retire de vie. Le duo Rodolphe et Griffo redonne vie au réalisme fantastique du roman d’Honoré de Balzac paru en 1831 à travers cette libre adaptation en BD. Entre ambitions et désillusions, mysticisme et décadence, le héros s’anime sous le trait élégant, expressif et tourmenté de Griffo dans une ambiance gothique romantique où l’acuité du scénario laisse place à l’émotion.
Date de parution : 04 mars 2026
Auteurs : Rodolphe (scénario) & Griffo (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat BD
Collection / Série : Hors collection – Roman graphique
Format / Pages : Cartonné – 136 pages
Prix indicatif : 24,00 € (papier) / 16,99 € (numérique)

Les p’tits potes : Les bisous, c’est obligé ? (Casterman)

Les p’tits potes : Les bisous, c’est obligé ? (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent une nouvelle collection : Les p’tits potes. Cette collection, écrite par Anna Roy, s’adresse aux enfants dès l’âge de 5 ans. Elle est absolument géniale. Elle se présente comme une BD. C’est un petit album, à la couverture cartonnée. Et les illustrations de Mademoiselle Caroline sont très rigolotes !
Ce n’est pas une collection anodine. Chaque petit livre véhicule des valeurs fondamentales ! Chaque petit livre peut être amené à l’école, et faire l’objet d’une discussion, en classe, avec la maîtresse !
Les bisous, c’est obligé ? Cet album met l’accent sur le corps, la politesse, mais aussi le respect de chacun et la notion de consentement. On peut être poli, sans faire de bisou…
Un autre album vient également de sortir dans la même collection : Chut ! C’est le portable de mon frère ! Il aborde une problématique commune à tous les âges : le portable ! Sujet épineux et très bien abordé ! Les dangers du portable et ses effets négatifs sont abordés de façon très simple et à la portée des plus jeunes. C’est également un bon outil pour faire comprendre aux plus jeunes que le portable n’est pas sans danger !
Publik’Art est fan de cette nouvelle collection ! A suivre de très près !
Les p’tits potes : Les bisous, c’est obligé ? et Chut ! C’est le portable de mon frère ! sont deux albums à avoir dans toute bibliothèque ! Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Anna Roy
Illustrateur : Mademoiselle Caroline
Editeur : Casterman
Prix : 6,90 €

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