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« Une heure à t’attendre » ou une rencontre qui défie les codes

« Une heure à t’attendre » ou une rencontre qui défie les codes
Thierry FREMONT, Nicolas VAUDE dans Une heure à t’attendre © Patrick Carpentier

« Une heure à t’attendre » ou une rencontre qui défie les codes

À première vue, « Une heure à t’attendre » raconte l’histoire banale d’un mari et d’un amant qui attendent une femme. Mais cette simplicité est pour le moins trompeuse. Car sous la plume de Sylvain Meyniac, le dispositif se transforme rapidement en une tragi-comédie aussi ambiguë que subtile. Pour un huis clos à la fois sensible et inattendu.

Deux hommes donc attendent volontairement la même femme qui, bien que n’apparaissant jamais est partout : dans leurs piques, dans leurs souvenirs, dans leur façon de se jauger et de s’envisager.

L’attente devient alors une épreuve de vérité, une plongée dans l’ambiguïté des rapports humains où le mari et l’amant en se découvrant – l’un à travers l’autre – deviennent complices dans leur reconnaissance réciproque, et au cœur même d’un dilemme amoureux.

Sylvain Meyniac orchestre un duel de haute précision. Où chaque réplique est un coup sur l’échiquier, chaque silence, une anticipation. L’amant est là, mais sa présence devient paradoxalement un atout : elle nourrit la patience du mari, lui permet de mesurer son amour et de l’observer sans jugement.

Une mécanique parfaite 

Le dramaturge aime les temporalités décalées, les chronologies déplacées comme autant de miroirs déformants. Ici, l’attente agit comme un sablier inversé : ce qui s’y écoule n’est pas le temps perdu, mais les possibles envisagés, les destinées suspendues.

La pièce se met à tisser des contradictions : comédie qui rit de petites maladresses humaines mais qui frôle aussi le vertige métaphysique de destins ignorés et susceptibles de se recouper et de se challenger.

Le spectateur assiste à un jeu d’équilibriste, un miroir d’ombres, où le suspense ne réside pas dans l’action mais dans la psychologie des personnages et la révélation sous-jacente de leur vérité la plus extrême.

Le texte d’une mécanique bien huilée, déjoue les situations attendues. Il brille par ses moments de drôlerie et de cynisme, où le langage devient une lecture de l’intime, des rivalités. Un instrument à la fois de séduction et de pouvoir. Les échanges sont rugueux, passionnés, mais toujours intelligents et profonds.

La femme absente n’est pas un simple prétexte : elle est la mesure de tout ce qui se joue. Elle fait émerger les qualités, les faiblesses et la sensibilité de chacun. L’absence devient présence absolue : elle transforme le huis clos en laboratoire émotionnel et psychologique. Les deux hommes, en parlant d’elle et entre eux, explorent autant leur propre humanité, leur frustration, que l’amour lui-même.

Un duo de haut vol

Et dans cette traversée, les deux comédiens sont d’une complicité époustouflante. Nicolas Vaude, d’une présence faite d’ironie tendre, de gestes suspendus et d’expressions tout en demi-teinte, campe un personnage volontiers intérieur, dont la réserve masque une profondeur fragile, une fêlure qui se découvre au fil de l’introspection.

Une interprétation marquée par une intelligence du décalage où chaque pause, chaque mot semble pensé, retenu, puis livré avec une parcimonie qui fait surgir l’émotion à contretemps.

Face à lui Thierry Frémont, plus frontal mais non moins vulnérable, frappe fort par son jeu d’une sobriété habitée, éclairée de brusques reprises d’intensité. Il fait vibrer une sorte de calme inquiet, révélant sous une apparente simplicité la complexité d’un homme aux prises avec ses contradictions et ses doutes.

La confrontation ne tourne jamais au duel stérile : elle devient caisse de résonance, chaque acteur faisant briller le personnage de l’autre par leur différence, et l’un comme l’autre incarne sans faux-semblant la vulnérabilité masculine, l’ambivalence, et le sentiment amoureux. Là où les rôles assignés trouvent aussi à s’inverser et à créer le trouble.

 Date : reprise depuis le 21 janvier 2026 – Lieu : Théâtre de Paris (Paris)
Mise en scène : Delphine de Malherbe

[Manga] Dragon Ball – Full Color – Les Saiyans – Tome 01, d’Akira Toriyama (Glénat Manga)


[MANGA] Dragon Ball – Full Color – Les Saiyans – Tome 01, d’Akira Toriyama (Glénat Manga / Glénat)

Dragon Ball – Full Color – Les Saiyans – Tome 01 inaugure une nouvelle édition entièrement colorisée de l’un des arcs les plus iconiques de la saga de Dragon Ball, signée par Akira Toriyama. Publié chez Glénat Manga le 21 janvier 2026, ce volume présente l’arc Saiyans dans un format grand et lumineux qui ravira autant les fans de longue date que les nouveaux lecteurs. 

Dans ce premier tome de l’édition Full Color, la paix retrouvée après les aventures précédentes est rapidement bouleversée par l’arrivée d’un étranger venu de l’espace : Raditz, frère de Son Goku. Cette révélation va replonger le héros et ses amis dans un conflit où se mêlent origines extraterrestres, combats épiques et enjeux dramatiques — un tournant majeur qui pose les bases de l’affrontement contre les légendaires Saiyans. 

L’édition Full Color offre une lecture plus immersive grâce à une mise en couleur soignée des planches originales, rehaussant les émotions des scènes d’action et accentuant les contrastes visuels entre les protagonistes. Ce choix éditorial redonne une nouvelle vie à ces épisodes classiques, tout en respectant l’œuvre originale d’Akira Toriyama, maître du shonen.

Graphiquement, l’univers de Dragon Ball conserve son énergie caractéristique : des dessins dynamiques, des expressions faciales marquées et des combats qui restent fluides et lisibles, même en couleur. L’arc Saiyans est ainsi idéal pour apprécier à la fois l’histoire et l’impact visuel d’une édition modernisée. 



Résumé éditeur :

Décès mythique et combats épiques en approche. Goku s’est marié et le temps a passé. Alors qu’il retourne à Kamé house pour présenter son fils, Son Gohan, une nouvelle menace débarque sur Terre. Une menace qui révélera à tous l’origine des capacités extraordinaires de Son Goku…

Date de parution : 21 janvier 2026
Auteur : Akira Toriyama (scénario & dessin)
Éditeur : Glénat Manga / Glénat
Collection / Série : Manga – Shonen / Dragon Ball
Format / Pages : Broché – env. 248 pages
Prix indicatif : 14,95 €

Vivement ce soir (Casterman)

Vivement ce soir (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent un très bel album, entièrement cartonné, pour les tout-petits : Vivement ce soir.
C’est à la fois un album sur l’hiver et aussi sur le temps qui passe.
C’est l’histoire d’un petit garçon qui est ravi car ses amis vont venir ce soir. Mais il va falloir patienter toute la journée ! C’est l’hiver, il fait froid, il y a de la neige. En attendant ses amis, il va faire un bonhomme de neige… mais que c’est long d’attendre ce soir…
Vivement ce soir est un joli album, avec des illustrations très douces, aux coins arrondis, parfaitement adapté aux tout-petits.

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2026
Auteur : Lili la Baleine
Illustrateur : Lili la Baleine
Editeur : Casterman
Prix : 11,90 €

[MANGA] The Regalia of the Underdog – Tome 01, de Shinachiku (Glénat Manga / Glénat)


[MANGA] The Regalia of the Underdog – Tome 01, de Shinachiku (Glénat Manga / Glénat)

The Regalia of the Underdog – Tome 01 introduit une nouvelle série shonen pleine d’humour et d’aventure, où un protagoniste peu conventionnel va devoir apprendre à grandir et à se dépasser. Publié le 4 février 2026 chez Glénat Manga, ce premier volume signé Shinachiku joue avec les codes du genre tout en proposant une critique subtile de la vanité, du mérite et de l’acceptation de soi. 

Dans ce premier tome, on suit Tarte Aupoir Croqmonsieur, un jeune noble né avec richesse, pouvoir et talents, persuadé qu’il est destiné à devenir l’élu du royaume via l’épreuve dite du Tessère — un test décisif qui désigne le futur roi. Mais lorsque Figo, le fils d’un forgeron qu’il méprise, le défie en duel lors de la cérémonie de fin d’études, la vie de Tarte prend un tournant inattendu. Face à ce “roturier”, il découvre que ses privilèges ne suffisent pas à garantir la victoire — ni la sagesse. 

La narration alterne humour, confrontations énergiques et moments introspectifs, faisant de The Regalia of the Underdog une lecture à la fois divertissante et stimulante. Shinachiku réussit à brosser le portrait d’un héros « anti-héros » — arrogant au départ, mais en pleine évolution — tout en offrant des séquences d’action claires et rythmées. 

Graphiquement, le manga adopte un trait dynamique et expressif typique des shonen, avec des scènes d’affrontement illustrées de manière fluide et des character designs qui servent bien les enjeux narratifs. Ce premier tome pose efficacement les bases d’une série qui promet de tester les limites de son protagoniste avant de faire vibrer celles de ses lecteurs. 



Résumé éditeur :

Le prince des nuls Richesse. Pouvoir. Talents. Tarte est né avec tout. Son objectif : le Test de Sélection du Roi, le Tessère, qui décide qui au monde sera l’unique élu. Mais le jour de la fin de leur scolarité, Figo, le fils d’un forgeron, le provoque en duel ! Il ne s’agit pourtant que d’un “roturier” aux yeux de Tarte. Pour le garçon pourri par la vie, voici venue l’heure du retour de bâton.

Date de parution : 4 février 2026
Auteur : Shinachiku (scénario & dessin)
Éditeur : Glénat Manga / Glénat
Collection / Série : Manga – Shonen / Aventure
Format / Pages : Broché – env. 208 pages
Prix indicatif : 7,90 €

[MANGA] Idol Escape – Tomes 1 & 2, de Kira Ito (Glénat Manga / Glénat)


[MANGA] Idol Escape – Tomes 1 & 2, de Kira Ito (Glénat Manga / Glénat)

Idol Escape – Tomes 1 & 2 propose un récit poignant et intense porté par une écriture sensible et une galerie de personnages complexes. Publiée simultanément chez Glénat Manga le 21 janvier 2026, cette mini-série signée Kira Ito explore avec finesse les défis de l’adolescence, le regard social pesant et la quête d’identité dans un Japon contemporain à la fois exigeant et cruel. 

Le jeune Ainosuke, rejeté par sa famille et la société, mène une vie sans but jusqu’au soir où il croise Karen Asahina, une idol populaire traquée par un homme dangereux. En lui tendant la main pour l’aider à s’échapper, Ainosuke scelle le destin des deux jeunes — une fuite qui les entraînera loin des conventions et des jugements, mais aussi au cœur de leurs blessures, leurs espoirs et leurs peurs. 

La narration mise avant tout sur la psychologie des protagonistes et leurs interactions souvent délicates. Plus qu’un simple récit de fuite, l’œuvre aborde des thèmes forts — pressions sociales, quête d’acceptation, souffrances individuelles et solidarité — avec une sincérité rare dans les récits courts.

Graphiquement, Kira Ito impose un trait réaliste et expressif qui met en lumière tant les moments d’émotion que les instants de tension. Les scènes de fuite, d’évasion ou de confrontation, bien que parfois intimistes, dégagent une forte puissance narrative qui capte l’attention du lecteur jusqu’à la dernière page.

Extrait du manga :



Résumé éditeur :

Fuir pour mieux se retrouver. Rejeté par la société et ceux qu’il aime, Ainosuke est un jeune homme qui vit mal sa différence, menant une vie sans but ni motivation. Un soir, il se retrouve face à une adolescente le suppliant de l’aider à échapper à un homme qui la poursuit. La jeune fille n’est autre que Karen Asahina, une idol très populaire qu’Ainosuke admire. Dans un élan d’altruisme, il accepte de lui tendre la main mais ne se doute pas que ce geste changera leur vie et scellera leur destin…

Parution : 21 janvier 2026
Auteur : Kira Ito (scénario & dessin)
Éditeur : Glénat Manga / Glénat
Collection / Série : Manga – Seinen / Suspense
Format / Pages : Broché – env. 210 pages par volume
Prix indicatif : 7,90 € chacun

[BD] Aneth, apprentie sorcière – Tome 04 : Jus de fraise et cachotteries, d’Élodie Shanta (Glénat Jeunesse / Glénat)


[BD] Aneth, apprentie sorcière – Tome 04 : Jus de fraise et cachotteries, d’Élodie Shanta (Glénat Jeunesse / Glénat)

Aneth, apprentie sorcière – Tome 04 : Jus de fraise et cachotteries poursuit avec malice les aventures de la jeune apprentie sorcière Aneth dans une BD jeunesse pleine d’humour, d’amitié et de mystère. Publié chez Glénat Jeunesse, ce quatrième tome met en scène une journée hors du commun à l’école des bizarres, où secrets et disparitions rythment une enquête pleine de rebondissements.

Dans ce volume, la journée des parents à l’« École des bizarres » tourne au chaos lorsque deux professeurs disparaissent soudainement. Aneth et ses amis décident de mener l’enquête, découvrant rapidement que leur piste les conduit au journal intime du directeur… et à ses plus sombres secrets. Entre humour, situations loufoques et une pincée de magie, cette aventure renoue avec l’esprit vif et attachant de la série.

Le ton de *us de fraise et cachotteries reste accessible et divertissant, parfait pour un public jeune dès 7 ans. Les situations cocasses et les dialogues pétillants ancrent cette série comme une valeur sûre de la BD jeunesse. 

Visuellement, Élodie Shanta déploie un dessin expressif et coloré qui capte l’énergie de ses personnages et l’ambiance singulière de l’école des bizarres, mêlant charme enfantin et mystère malin.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Les secrets n’ont aucune chance face à Aneth et ses amis ! C’est une journée spéciale à l’Ecole des bizarres. Non seulement les professeurs rencontrent les parents des élèves, mais deux d’entre eux ont disparu… Aneth et ses amis suivent leur piste, qui les mènera droit au journal intime du directeur et à ses plus sombres secrets…

Date de parution : 21 janvier 2026
Auteure : Élodie Shanta
Éditeur : Glénat Jeunesse / Glénat
Collection / Série : BD – Jeunesse / La Collec’
Format / Pages : Broché – 80 pages
Prix indicatif : 11,00 €

« Dans le couloir » : rester là, parler, pour ne pas tomber, pas encore

« Dans le couloir » : rester là, parler, pour ne pas tomber, pas encore
Photo Bernard Richebé

« Dans le couloir » : rester là, parler, pour ne pas tomber, pas encore

« Dans le couloir » est une pièce qui commence là où, d’habitude, le théâtre hésite à s’attarder : dans l’attente. Pas l’attente spectaculaire, non — l’autre. Celle qui dure trop longtemps. Celle qui grince. Celle où l’on parle pour éviter d’écouter ce qui s’y passe derrière les murs.

Jean-Claude Grumberg ne raconte pas une histoire, il installe une situation, puis il la regarde s’user sous nos yeux. Et c’est précisément cette usure qui fait œuvre.

Un couloir, c’est un espace fonctionnel, pensé pour être traversé, pas habité. Un espace que Grumberg transforme en territoire dramatique, en zone de friction psychologique. On y reste, on s’y cogne, on y tourne en rond.

Entre-deux existentiel

Ce choix scénographique est tout sauf anodin : le couloir devient la métaphore d’un âge de la vie où l’on n’avance plus vraiment, mais où l’on n’a pas encore disparu non plus. Un entre-deux existentiel, inconfortable, mais terriblement familier.

Face à ce vide structuré, Christine Murillo et Jean-Pierre Darroussin déploient une mécanique de jeu d’une précision redoutable. Murillo travaille l’excès, mais un excès intelligemment fissuré.

Son personnage parle beaucoup, pense trop, rit trop fort — comme si l’énergie pouvait conjurer l’effondrement. Chaque inflexion semble dire : si je m’arrête, je tombe.

Darroussin, à l’inverse, se positionne dans la compression. Il joue serré. Très serré. Peu de gestes, peu d’effets, mais une densité presque minérale. Là où Murillo remplit l’espace, lui le contient.

Il incarne une forme de résistance passive, un homme qui n’a pas renoncé, mais qui a cessé de lutter frontalement. Ensemble, ils forment un système dramatique parfaitement déséquilibré — et donc profondément vivant.

Le texte de Grumberg opère par glissements successifs. On croit assister à une comédie de mœurs, puis à une chronique conjugale, avant de comprendre que quelque chose de plus large est en jeu : la mémoire, la filiation, l’absence.

Le fils muet, présence fantôme évoquée sans cesse, agit comme un point aveugle autour duquel tout gravite. Il ne parle pas, et c’est précisément pour cela que tout le monde parle à sa place. Grumberg sait que le silence est toujours plus bavard que les discours.

Analytiquement, la pièce est passionnante par son refus du climax. Rien n’explose. Rien ne se résout.

Le conflit ne se règle pas, il s’installe. Le temps théâtral épouse le temps mental : circulaire, répétitif, légèrement absurde.

On est plus proche de Beckett que du boulevard, mais avec cette différence majeure : chez Grumberg, l’absurde n’est jamais abstrait. Il est domestique. Concret.

On parle de choses apparemment anodines, on digresse, on plaisante parfois — car Grumberg n’oublie jamais l’humour, cet humour un peu bancal qui arrive toujours quand on ne l’attend plus.

Et puis, sans prévenir, quelque chose affleure. Une absence. Une peur. Une mémoire collective qui s’invite sans frapper. Rien n’est frontal, tout est oblique. Le texte fait confiance au spectateur.

Ce qui frappe, c’est le rythme. Ou plutôt l’absence de rythme évident. « Dans le couloir » refuse les montées dramatiques classiques. Ça piétine, ça tourne en rond, ça recommence.

Comme la pensée humaine, finalement. Comme ces conversations qu’on a quand on ne veut surtout pas dire ce qui compte vraiment. Et c’est là que la pièce devient troublante : on se reconnaît dans cette attente inutile, dans cette parole qui comble le vide sans jamais le remplir.

La mise en scène de Charles Tordjman accompagne ce parti pris sans chercher à le surligner. Elle laisse le texte respirer, parfois jusqu’à l’inconfort.

Et c’est là que la pièce devient décalée, presque subversive : elle oblige le spectateur à accepter la stagnation, l’absence de progression nette. Autrement dit, elle lui fait vivre ce que vivent les personnages. Un geste radical, sous des airs très sages.

« Dans le couloir » n’est donc ni une pièce sur la vieillesse, ni une pièce sur la famille, ni même une pièce sur l’attente. C’est une pièce sur ce moment précis où l’on comprend que certaines questions resteront sans réponse — et qu’il va bien falloir continuer quand même.

Grumberg ne propose pas de solution, Murillo et Darroussin ne cherchent pas à séduire. Ils observent. Ils tiennent. Ils durent

Et à la fin, on sort avec cette sensation trouble où on assisté à un état. Un état de l’être. Un état du monde. Un état du théâtre, aussi — modeste, intelligent, et suffisamment confiant pour ne pas avoir besoin de hausser le ton.

 Dates : depuis le 24 janvier 2026 – Lieu : Théâtre Hébertot (Paris)
Mise en scène : Charles Tordjman

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

"I Will Survive" : rire nerveux et malaise garanti
Photo Fabrice Robin

« I will survive » : rire nerveux et malaise garanti

Avec « I will survive », Les Chiens de Navarre rappellent une vérité simple : quand la réalité devient trop absurde pour être racontée, il ne reste plus qu’à l’exagérer pour qu’elle redevienne audible.

Jean-Christophe Meurisse l’a bien compris : l’outrance n’est pas une facilité, mais un outil — une loupe déformante pour mieux scruter les recoins les plus gênants de la société française. Et c’est justement parce qu’il observe si finement qu’il grossit si fort.

« I will survive » ne déroge donc pas à la règle : c’est un spectacle qui cogne, qui frotte, qui râpe, et qui cherche moins à convaincre qu’à provoquer une déflagration morale. On reconnaît là le geste très Meurisse : transformer le plateau en laboratoire d’observation sociale où les comédiens improvisent avec une gourmandise de charognards.

Le spectacle s’articule autour de deux trajectoires : celle, tragique, de Cécile Gallot, jugée pour avoir abattu un mari devenu tortionnaire intime ; et celle, pathétique, de Didier Moreau, humoriste lessivé par une blague lamentable et un flot de critiques disproportionné.

Deux existences que rien n’unit, sinon une justice déboussolée, jetée en pâture à ses propres contradictions. Cette collision finale n’est pas un gadget dramaturgique : c’est l’illustration précise de la manière dont la machine sociale broie, confond, mélange ce qui ne devrait jamais se comparer.

Un théâtre laboratoire

La mise en scène, elle, fonctionne comme un guet-apens. Meurisse ouvre sur une parodie au vitriol du service public audiovisuel, où animateurs et chroniqueurs semblent coincés dans un brouillard de bienveillance mécanique.

Puis viennent les policiers : excédés, alcoolisés, presque analphabètes, dessinés avec une férocité qui serait gratuite si elle ne puisait pas dans une observation très précise des dysfonctionnements du quotidien.

Ici, le procureur ressemble à un Dark Vador de bureau, terrifiant parce qu’il est ridicule — et ridicule parce qu’il détient un pouvoir réel. Tout le théâtre de Meurisse repose sur cette mécanique paradoxale : faire rire pour mieux révéler l’effroi.

Les comédiens, fidèles à leur esthétique, improvisent avec une précision de funambules. Ils circulent dans le chaos comme dans un terrain d’expériences : ils testent, dérapent, osent trop, volontairement, parce que trop est parfois la seule manière d’atteindre juste.

Et on rit parce que c’est absurde ; on cesse de rire lorsque cela dit quelque chose d’amer sur la morale contemporaine, sur la manière dont on juge, dont on absout, dont on conspue

Des esprits chagrins reprocheront encore au collectif sa lourdeur, ses caricatures, sa volonté martelée de prendre tout le monde de front — flics, médias, politiques, détenus, citoyens ordinaires. Mais c’est mal comprendre la démarche : cette outrance n’est pas un choix décoratif, c’est un acte politique.

Elle redonne du relief à un paysage moral aplati par la répétition médiatique et le vacarme des indignations instantanées. Chez Meurisse, l’excès sert à remettre du contour, à forcer le regard, à rappeler que le grotesque est parfois la seule forme vraiment fidèle de la réalité.

Parce qu’au fond, « I will survive » ne cherche pas à provoquer pour provoquer. Il cherche à observer, puis à traduire ces observations dans un langage théâtral capable de rivaliser avec la brutalité du monde. La violence est là, dans les faits.

Le spectacle ne fait que la mettre en lumière — en plus fort, en plus laid, en plus drôle parfois, mais surtout en plus vrai. Et c’est peut-être pour cela qu’on en sort un peu sonné : ce n’est pas l’outrance qui bouscule, mais la part de réel qu’elle révèle.

 Dates : les 30 et 31 janvier 2026 – Lieu : Les Bords de Scènes (Juvisy-sur-Orge)
Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Tournée :
– Du 4 au 13 décembre 2025 à La Villette, Paris
– Du 8 au 14 janvier 2026 à la MAC Créteil
– Les 22 et 23 janvier 2026 à L’Onde, Vélizy-Villacoublay
– Les 30 et 31 janvier 2026 aux Bords de Scènes, Juvisy
– Du 4 au 6 février 2026 à la MC2, Grenoble
– Du 26 au 28 février 2026 au Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles
– Les 13 et 14 mars 2026 au Palais des Beaux Arts, Charleroi
– Les 18 et 19 mars 2026 à Mars, Mons
– Du 27 au 1er avril 2026 au Théâtre Liberté, Toulon
– Les 10 et 11 avril 2026 au Théâtre des Salins, Martigues
– Les 22 et 23 avril 2026 au Château Rouge, Annemasse
– Les 6 et 7 mai 2026 à l’Espace des Arts, Chalon-sur-Saône
– Les 20 et 21 mai 2026 au Manège, Maubeuge
– Du 29 mai au 27 juin 2026 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

Ma maman à moi (Glénat Jeunesse)

Ma maman à moi (Glénat Jeunesse)

Dans la collection Mini, voilà Ma maman à moi. Un très joli album, mini, entièrement cartonné, de tout petit format, parfaitement adapté aux tout-petits, des Editions Glénat Jeunesse.
C’est l’histoire d’un petit koala qui raconte tout ce qu’il fait avec sa maman. Et à chaque page, il y a une découpe de coeur ! Les illustrations de Donata Montanari sont ravissantes, et le scénario raconte le quotidien et le ressenti du petit koala. Il est à croquer !
Ma maman à moi est une très belle idée de cadeau de naissance, à tout petit prix ! Il fera plaisir, à coup sûr !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2026
Auteur : Donata Montanari
Illustrateur : Donata Montanari
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 4,90 €

« Contre » : John Cassavetes et Gena Rowlands, un couple en toute indépendance

« Contre » au Vieux-Colombier, John Cassavetes et Gena Rowlands, un couple en toute indépendance
©Christophe Raynaud de Lage

« Contre » : John Cassavetes et Gena Rowlands, un couple en toute indépendance

Couple emblématique du cinéma américain indépendant, John Cassavetes et Gena Rowlands, disparue en août dernier, sont mis en scène au Vieux-Colombier avec les acteurs et actrices, producteurs et critiques qui les entouraient.

« Contre » raconte la fabrication d’une œuvre sous l’angle du film « Une femme sous influence », en rupture avec l’industrie hollywoodienne, par un groupe d’artistes qui s’acharne à rester libre et créatif envers et contre tout.

Le spectacle focalise à l’envi la détermination du cinéaste américain à placer les acteurs et les spectateurs au cœur du présent, du dedans et du dehors, et à abolir les frontières entre la fiction et le réel, où l’intime et le processus créatif s’entremêlent, dans une quête éperdue de recherche de sens à ce qu’on fait et à ce qu’on est.

L’art et la vie 

Jamais hagiographique, la pièce pointe aussi l’ambivalence du cinéaste, aussi visionnaire, affranchi, qu’isolé, alors qu’il évolue en bande, rétif à toutes compromissions mais capable de toutes les circonvolutions, désarmantes et épuisantes.

Avec ce couple hors norme la figure de Gena Rowlands, au style de jeu flamboyant, aussi novateur que précurseur, capable d’imposer des personnages féminins d’une densité rare, à la frontière entre la normalité et la folie, se révèle une actrice star plus complice que muse.

Où s’entrechoquent entre l’ici et l’ailleurs la vie et le cinéma, l’art et la création, l’art et sa réception avec le rôle de la critique et sa dialectique, représentée ici par la redoutable critique Pauline Kael dont le ton péremptoire et définitif offre un contrepoint sans management à l’effervescence impulsive et créatrice du cinéaste.

Le spectacle multiplie les points de vue, incluant des figures comme Peter Falk et Pauline Kael, vénéneuse critique, pour ouvrir une réflexion plus large sur le rapport entre l’art et les rapports d’ego qui en découlent.

La mise en scène rythmée et intelligente de Constance Meyer et Sébastien Pouderoux emprunte à Cassavetes son goût de la rupture et des faux raccords en imaginant une esthétique du fragment, où se multiplient les niveaux de lecture et de représentation.

Constamment sur le fil, porteuse d’une fantaisie lunaire et terriblement attachante, Marina Hands impressionne dans le rôle de Gena Rowlands d’une grâce inouïe. Sébastien Pouderoux, incroyablement juste, campe un John Cassavetes aussi cérébral qu’obsédé par son art et son affranchissement. Quant à Pauline Kael, la critique pleine de fiel, elle offre à Dominique Blanc une interprétation au diapason.

Dates : du 29 janvier au 8 mars 2026 – Lieu : Comédie-Française au théâtre du Petit Saint-Martin (Paris)
Mise en scène : Constance Meyer et Sébastien Pouderoux

Sous les grands arbres (Glénat Jeunesse)

Sous les grands arbres (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album-tissu, joliment illustré, pour les tout-petits : Sous les grands arbres.
Il s’agit d’un livre en velours, en tissu brodé, avec un miroir en première page ! Le tout-petit aimera les trois couleurs de ce livre, qu’il perçoit avant 7 mois : rouge, blanc et noir.
Il découvrira les animaux qui vivent dans les forêts du Nord, dans la neige : le renard polaire, le renne, le yak, l’hermine, la chouette hulule, le husky, le lynx. A chaque page, il découvrira aussi des pages qui font du bruit sous ses petites mains. Un livre qui sollicitera tous ses sens !
Sous les grands arbres est une très belle idée cadeau de naissance ! Il fera plaisir, à coup sûr !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Janvier 2026
Auteur : Francesca Ferri
Illustrateur : Francesca Ferri
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,90 €

« Un Bal masqué » à Bastille et Anna Netrebko pour traverser la nuit

"Un Bal masqué" à Bastille et Anna Netrebko pour traverser la nuit
© Emilie Brouchon OnP

« Un Bal masqué » à Bastille et Anna Netrebko pour traverser la nuit

À l’Opéra Bastille, « Un Bal masqué » s’impose comme une lecture volontairement épurée du drame verdien, où la mise en scène de Gilbert Deflo laisse la primauté à la musique et aux voix.

Portée par une direction attentive aux équilibres et une distribution dominée par l’Amelia d’Anna Netrebko, la production explore les tensions entre pouvoir, désir et fatalité sans surcharge illustrative, faisant du chant le véritable moteur dramaturgique de la soirée.

Quand le rideau se lève à l’Opéra Bastille, « Un Bal masqué » ne se contente pas de poser une scène : il jette une ombre, un trouble.

La production signée Gilbert Deflo donne à ce drame verdien une silhouette élégante et austère, où les formes semblent surgir d’un rêve américain transposé dans une époque où l’ombre du pouvoir et la lumière de la passion se croisent comme deux flux contraires.

Ici le bal n’est pas seulement un festival de masques : il est la métaphore éclatante d’un monde où les identités se dissimulent pour mieux révéler l’âme.

Sous les masques, la brûlure des voix

Dans cet espace volontairement épuré, la voix devient le véritable décor. Et au centre de ce paysage sonore se tient Anna Netrebko, Amelia ardente et fragile, figure de chair et de vertige.

Sa voix n’est pas seulement somptueuse — elle est habitée. Elle possède ce grain sombre, presque terrestre, qui semble naître du silence avant de s’élever avec une intensité troublante

Chaque phrase est sculptée avec un sens du mot verdien qui donne l’impression qu’Amelia pense en musique.

Dans ses grands élans comme dans ses murmures, Netrebko ne cherche jamais l’effet : elle creuse, elle explore, elle expose la faille. Son chant devient un aveu prolongé, une confession que l’on écoute presque avec pudeur.

Face à elle, Riccardo trouve en Matthew Polenzani un interprète d’une noblesse lumineuse. Sa ligne vocale, claire et souple, dessine un personnage partagé entre l’insouciance du pouvoir et la gravité de l’amour interdit.

Il y a chez lui une élégance naturelle, une façon de laisser respirer la phrase, qui rend son Riccardo profondément humain.

Dans les duos avec Amelia, les voix se frôlent, se mêlent sans jamais se confondre, comme deux destins qui savent déjà qu’ils ne pourront se rejoindre.

Le drame s’assombrit avec Renato, incarné par Étienne Dupuis, dont la voix ample et tendue donne au personnage une densité presque minérale.

Son chant semble chargé de colère contenue, de loyauté blessée, et lorsqu’il bascule dans la tragédie, ce n’est pas dans l’excès mais dans une douleur droite, implacable.

Sa grande scène est un moment de théâtre pur, où la musique devient le lieu même de la trahison et de l’effondrement.

Autour de ce trio central, les rôles secondaires ne sont jamais relégués à l’arrière-plan. Ulrica (Elizabeth DeShong), profonde et mystérieuse, fait planer sur l’ensemble de l’œuvre une ombre prophétique, tandis qu’Oscar (Sara Blanch), tout en vivacité et en éclat, apporte une lumière presque insolente, rappelant que Verdi aime confronter l’innocence apparente à la fatalité la plus sombre.

Chaque voix trouve sa place dans cet équilibre fragile, comme les couleurs d’un tableau dont aucune ne domine totalement les autres.

La direction musicale de Speranza Scappucci accompagne cette respiration collective avec une attention presque tactile. L’orchestre ne couvre jamais les chanteurs  : il les porte, les enlace, parfois les provoque.

Les silences ont autant de poids que les élans, et l’on sent que chaque transition a été pensée comme un passage d’âme plutôt que comme un simple enchaînement musical.

« Un Bal masqué » est ainsi une œuvre de contradictions : l’éclat d’un bal et l’ombre d’un meurtre, l’extase d’un amour interdit et la chute inexorable d’un héros.

La production parisienne, tout en retenue et en éclat contrôlé, fait de cette partition un miroir où se réfléchissent les passions humaines dans toute leur ambivalence.

Grâce à des voix profondément investies — et à une Anna Netrebko au sommet de son art introspectif — la tragédie verdienne devient ici une méditation sur le désir, la loyauté et l’inévitable perte.

À Bastille, le bal s’achève, les masques tombent, mais l’émotion, elle, demeure longtemps après le drame.

Dates : du 27 janvier au 26 février 2026 et en direct le 8 février 2026 à 14h30 au cinéma Pathé Live – Lieu : Opéra Bastille (Paris)
Mise en scène : Gilbert Deflo

Sambre – L’Œuvre au rouge – Livre 01, de Bernard Yslaire & Balac (Glénat)

[BD] Sambre – L’Œuvre au rouge – Livre 01, de Bernard Yslaire & Balac (Glénat)

Sambre – L’Œuvre au rouge – Livre 01 propose une réédition magistrale et enrichie de la saga culte de Sambre, figure emblématique de la bande dessinée franco-belge. Publié chez Glénat à l’occasion du 40ᵉ anniversaire de la série, ce premier volume recompose les quatre premiers tomes en une fresque tragique et romantique, remise en couleur et augmentée de textes inédits explorant “Le Temps des Sambre”.

Dès les années 1847-1848, sous le pinceau de Yslaire avec la complicité scénaristique de Balac, l’histoire s’ouvre sur la passion dévorante et funeste entre Julie, mystérieuse vagabonde aux yeux rouges, et Bernard Sambre, aristocrate tourmenté par l’amour et la fatalité. Cette union interdit puis ses échos à travers les générations (notamment avec Judith et Bernard Marie) tissent une trame où romantisme noir, drame familial et turbulence sociale du XIXᵉ siècle se conjuguent avec puissance.

La narration de ce volume, tout en profondeur et en intensité, explore les ressorts psychologiques de personnages pris dans les remous d’un siècle agité. Entre pulsions amoureuses destructrices, haines familiales et destins contrariés, l’univers de Sambre se déploie comme une tragédie intime et historique, offrant au lecteur une immersion complète dans un monde où passion rime avec chaos.

Graphiquement, l’œuvre brille par son style expressif et émotionnel, mêlant rouge et noir avec une force évocatrice hors normes : chaque planche respire l’atmosphère du XIXᵉ siècle et témoigne de l’impact durable de cette saga dans l’histoire de la bande dessinée. Ce premier livre de l’édition « L’Œuvre au rouge » affirme ainsi l’influence durable de Yslaire sur la narration graphique moderne. 

Une oeuvre culte !

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Depuis sa parution en 1986, Sambre occupe une place à part dans l’univers de la bande dessinée. Album après album, cette saga s’est imposée comme une création majeure du 9e art. À l’occasion du 40e anniversaire de sa création et de la parution de l’ultime volet de la série (en deux parties), Bernard Yslaire nous invite à découvrir une autre vision de son œuvre culte à travers trois somptueuses éditions spéciales : L’Œuvre au rouge – Livre I, composée des tomes 1 à 4 ; L’Œuvre au rouge – Livre II, qui regroupe les tomes 5 à 8 ; et L’Œuvre au rouge – Livre III qui nous dévoilera la conclusion tant attendue de cette grande épopée romanesque, à la puissance évocatrice inégalable. Ce premier volume, entièrement remis en couleur, nous propose une relecture des quatre premiers tomes, enrichie de textes inédits sur Le Temps des Sambre, une exploration du XIXe siècle à travers le prisme de la saga.

Fresque tragique traversant plusieurs générations, Sambre naît de la passion originelle, dévorante et funeste, entre Julie et Bernard qui contamine ensuite leurs descendants, Judith et Bernard Marie, au cœur d’un XIXe siècle tourmenté. Mais c’est aussi l’œuvre d’une vie : celle de Bernard Yslaire, dont le talent a profondément marqué l’école belge de la bande dessinée. En quarante ans, l’artiste a façonné un univers hors du temps et érigé en véritable monument du romantisme noir.

Date de parution : 28 janvier 2026
Auteurs : Bernard Yslaire & Balac (scénario & dessin)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD – Action & aventure / Hors collection
Format / Pages : Cartonné – environ 256 pages
Prix indicatif : 50,00 €

PUBG – 100 – Tome 01, de Hyeong Eun et Yunyeol Choi (Kbooks / Delcourt)

[BD] PUBG – 100 – Tome 01, de Hyeong Eun & Yunyeol Choi (Kbooks / Delcourt)

PUBG – 100 – Tome 01 adapte avec énergie l’univers du célèbre jeu vidéo PlayerUnknown’s Battlegrounds en webtoon plein d’action et de survie. Publié chez Kbooks (Delcourt), ce premier volume plonge le lecteur dans un monde où chaque combat est une question de vie ou de mort, et où l’instinct prime sur tout.

L’histoire met en scène Si Ho Yeong, agent des renseignements qui se fait volontairement condamner à mort pour infiltrer un jeu de survie clandestin nommé “Battleground”. Avec 99 autres condamnés, il devra survivre dans des conditions extrêmes pour retourner dans la société et accomplir sa mission de sauvetage d’un député disparu. Au cœur d’un chaos permanent où la confiance est rare et la violence omniprésente, chaque alliance peut devenir une trahison.

Le récit reprend fidèlement les codes d’un battle royale : tension constante, stratégies d’élimination, affrontements intenses et rebondissements dans chaque refuge, chaque recoin d’arène. Ce premier tome pose efficacement les bases d’un scénario riche en suspense, où le lecteur ne sait jamais qui survivra jusqu’au bout.

Graphiquement, le style visuel est travaillé pour rendre l’atmosphère oppressante du jeu : décors urbains détruits, expressions marquées des protagonistes et scènes de combat saisissantes donnent à ce manga une énergie cinétique proche de l’expérience vidéoludique. Chaque planche évoque l’urgence et l’instinct de survie qui caractérisent l’œuvre originale. 



Résumé éditeur :

Première adaptation en webtoon du célèbre jeu PlayerUnknown’s Battlegrounds. Un homme des renseignements participe, avec 99 condamnés à mort, au PUBG pour retrouver un député disparu ! Si Ho Yeong, agent de la sécurité intérieure, a braqué une banque en plein milieu de Busan et massacré sans pitié des innocents, c’est justement pour être condamné à la sentence la plus lourde afin d’infiltrer un jeu illégal de survie, le « Battleground ». Une fois dans le jeu, il devra effectuer une mission de sauvetage… mais en sera-t-il capable ?
 
Date de parution : 22 janvier 2026
Auteurs : Hyeong Eun & Yunyeol Choi (scénario & dessin)
Éditeur : Kbooks / Delcourt
Collection / Série : Manga / Webtoon adaptatif
Format / Pages : Broché – 240 pages
Prix indicatif : 14,95 €

Les Semi-Déus – Tome 03, de Jean-Gaël Deschard et Juliette Fournier (Vents d’Ouest / Glénat)


[BD] Les Semi-Déus – Tome 03 : Au nom d’Amra

Avec Les Semi-Déus – Tome 03 : Au nom d’Amra, la série de fantasy imaginée par Jean-Gaël Deschard et Juliette Fournier franchit un nouveau cap narratif. Publié chez Vents d’Ouest (Glénat), ce troisième volume intensifie les tensions en plaçant ses personnages au cœur d’un conflit où fanatisme religieux, pouvoir politique et destin individuel s’entrechoquent.

Alors qu’Asmodée et Oni reviennent d’une mission périlleuse, le royaume de Sayran sombre dans le chaos. Un culte dévoué à la déesse Amra impose sa loi et exige la libération de Namielle, Semi-Déus guérisseuse devenue symbole de foi et d’espoir pour les fidèles. Face à l’échec des négociations, la reine Bérénice n’a d’autre choix que de libérer des Semi-Déus redoutables, quitte à précipiter le royaume vers une guerre ouverte.

La force de ce tome réside dans sa capacité à aborder des thèmes adultes — endoctrinement, manipulation des croyances, responsabilité du pouvoir — sans jamais sacrifier le rythme de l’action. Les alliances se font et se défont, les certitudes vacillent, et chaque personnage se retrouve confronté à des choix aux conséquences irréversibles. La série assume ici une tonalité plus sombre et plus politique.

Graphiquement, le duo d’auteurs confirme une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Le dessin, expressif et lisible, soutenu par une mise en couleur efficace, donne corps aux affrontements comme aux moments plus introspectifs. Les Semi-Déus, figures à la fois mythiques et tragiques, gagnent encore en épaisseur, renforçant l’attachement du lecteur à cet univers cohérent et ambitieux.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Alors qu’Asmodée et Oni reviennent tout juste de leur périlleuse mission à Ferroc, le royaume de Sayran est en proie au chaos : un culte fanatique, celui d’Amra, a pris le contrôle de la ville, imposant sa foi par la force et la peur, et demandant expressément la libération de Sainte Namielle, leur Semi-déus guérisseuse. Mais les négociations tournent court, et pour écraser Amra, la Reine Bérénice n’hésite pas à libérer les plus dangereux des Semi-Déus enfermés depuis des années dans le Cloître Doré. Pendant ce temps, Asmodée et Orphée tentent un plan pour essayer de raisonner les Amraïtes. Mais Antios, l’archonte d’Amra, impose bientôt un jugement divin : les pouvoirs des Semi-Déus doivent être purifiés ou éradiqués. La tension monte, les alliances se brisent et les trahisons se multiplient. Une guerre sainte est sur le point d’éclater, opposant fanatiques, résistants et Semi-Déus. Ces derniers, longtemps utilisés comme armes, doivent choisir : se soumettre, fuir… ou se battre.
Dans ce nouveau tome, les masques tombent, les secrets éclatent, et la frontière entre foi et folie devient floue. Un album captivant, entre intrigues politiques, manipulations et suspense, qui nous offre son florilège de personnages et une héroïne attachante dans un univers empreint de mystère.
Date de parution : 21 janvier 2026
Auteurs : Jean-Gaël Deschard & Juliette Fournier
Éditeur : Vents d’Ouest – Glénat
Collection / Série : BD – Fantasy
Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Prix indicatif : 12,00 € (papier)

[BD] Le Nom de la Rose – Tome 02, hommage de Manara à une oeuvre culte (Glénat)


[BD] Le Nom de la Rose – Tome 02 : vérité, hérésie et labyrinthes de l’esprit

Avec ce deuxième tome de Le Nom de la Rose, Milo Manara poursuit l’adaptation ambitieuse du roman culte d’Umberto Eco, en approfondissant les enjeux intellectuels, religieux et politiques qui traversent l’abbaye bénédictine. Là où le premier volume installait le mystère, ce tome 2 en révèle toute la complexité, entre enquête rationnelle et obscurantisme médiéval.

Alors que les morts se multiplient, Guillaume de Baskerville et son jeune disciple Adso de Melk s’enfoncent dans un dédale de signes, de symboles et de contradictions. Les débats théologiques s’intensifient autour de la pauvreté du Christ, tandis que l’ombre de l’Inquisition plane sur l’abbaye. Chaque découverte rapproche les enquêteurs de la vérité… mais les expose aussi à des forces qui préfèrent le silence à la connaissance.

Ce tome donne une place centrale à la bibliothèque labyrinthique, véritable cœur battant du récit. Manara y déploie une mise en scène impressionnante, où les couloirs, les escaliers et les manuscrits interdits deviennent autant de pièges visuels et narratifs. Le dessin, élégant et précis, restitue la rigueur du monde monastique tout en laissant affleurer la tension, la peur et le désir.

Plus introspectif, plus sombre, ce second volume met en lumière le combat fondamental entre raison et dogme, savoir et pouvoir. L’adaptation reste fidèle à l’esprit d’Umberto Eco. Une lecture immersive, qui confirme la réussite de cette transposition graphique d’un monument de la littérature.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Quand le maître italien du neuvième art revisite le chef-d’oeuvre d’Umberto Eco. Et si le savoir était plus dangereux que le péché ? En l’an 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie, plusieurs moines sont retrouvés morts. Pour mettre un terme à ces inquiétantes disparitions avant l’arrivée d’une importante délégation de l’Église, le frère Guillaume de Baskerville tente de lever le voile sur ce mystère qui attise toutes les superstitions. Assisté par son jeune secrétaire Adso de Melk, Guillaume poursuit l’enquête dans les couloirs glacés de l’abbaye. Mais derrière les murs de la bibliothèque labyrinthique, les secrets s’épaississent. Et les morts s’accumulent… Pendant qu’Adso succombe à une passion que même la foi ne peut contenir, Guillaume fait des découvertes troublantes : des empoisonnements, un miroir qui n’est pas qu’un miroir, un livre interdit et des symboles cabalistiques. Alors que l’Inquisition approche et que les flammes du bûcher menacent, la vérité semble se cacher dans les ombres. Entre hérésie, désir et savoir interdit, les deux hommes vont devoir percer à jour les secrets de la congrégation et les ténèbres de l’âme humaine… Événement ! Milo Manara clôt son l’adaptation en deux tomes du chef d’oeuvre d’Umberto Eco, vendu à plusieurs millions d’exemplaires et traduit en 43 langues. Après Jean-Jacques Annaud au cinéma (1986), et avant une comédie musicale et un opéra, c’est la bande dessinée qui propose, via l’un de ses artistes les plus prestigieux, une relecture du célébrissime polar philosophique médiéval. À la demande des héritiers Eco, Manara a eu carte blanche pour donner sa vision de l’oeuvre, et le succès a été au rendez-vous : plus de 100 000 ex. vendus en France pour le tome 1. En voici la conclusion, enrichie d’une préface de Jean-Jacques Annaud lui-même.
Date de parution : 21 janvier 2026
Auteurs : Umberto Eco (d’après), Milo Manara (scénario & dessin)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : Le Nom de la Rose
Format / Pages : Cartonné – 76 pages
Prix indicatif : 18 euros

« Marie Stuart » de Chloé Dabert : la violence politique au scalpel

"Marie Stuart" de Chloé Dabert : la violence politique au scalpel
Photo Marie Liebig

« Marie Stuart » de Chloé Dabert : la violence politique au scalpel

En s’attaquant à « Marie Stuart » de Schiller, Chloé Dabert livre une lecture radicalement contemporaine de la tragédie politique.

Dépouillée de tout romantisme, sa mise en scène observe avec une précision chirurgicale la manière dont le pouvoir moderne neutralise ses figures gênantes : non par la brutalité, mais par le process, le report et l’effacement de la responsabilité.

Une relecture glaçante, qui fait de la décapitation moins un acte qu’un protocole.

Il est des mises en scène qui racontent une époque tout en nous projetant dans une autre. Le « Marie Stuart » de Chloé Dabert appartient à cette catégorie rare : sous couvert de Schiller, il expose avec une netteté presque clinique les mécanismes contemporains du pouvoir, là où la violence ne s’exerce plus frontalement mais par glissements successifs, délais organisés et responsabilités diluées.

Le geste de Dabert est clair : désacraliser la tragédie. Exit la reine martyre, la passion spectaculaire, la jalousie romanesque. Le plateau, dépouillé et froid, s’apparente davantage à un espace de décision et de pouvoir qu’à un lieu de vie.

Gouverner, c’est différer 

Tout y est fonctionnel, surveillé, calibré. Le drame ne surgit pas : il s’installe. Il ne frappe pas : il administre. La mort de « Marie Stuart » n’est jamais un choc, mais l’aboutissement logique d’un processus déjà enclenché.

Dans ce dispositif, « Marie Stuart » n’est pas tant condamnée qu’inadaptée. Elle parle encore le langage de la vérité, de la frontalité, de la parole comme acte politique.

Face à elle, Élisabeth 1ère incarne un pouvoir déjà modernisé, fondé sur la maîtrise, la temporisation et l’évitement stratégique. Gouverner, ici, consiste moins à décider qu’à différer, moins à trancher qu’à laisser les choses advenir sous couvert de nécessité. La violence n’est plus personnelle : elle est organisée et structurelle.

Cette logique traverse aussi le jeu des acteurs, entièrement accordé à l’esthétique de la retenue imposée par la mise en scène. Les corps sont tenus, contrôlés, comme soumis à une discipline invisible.

Marie Stuart (Bénédicte Cerutti) conserve une intensité fragile, presque archaïque, nourrie par une foi persistante dans la parole et le face-à-face. Cette tension intérieure, jamais relâchée, rend son personnage profondément vulnérable — et radicalement incompatible avec le système qui l’entoure.

Élisabeth 1ère (Océane Mozas), au contraire, se construit dans l’économie et la distance. Le jeu privilégie la précision du geste, la gestion des silences, la neutralisation progressive de l’affect.

Rien ne semble impulsif : chaque mouvement est filtré par la fonction, absorbé par la rationalité du pouvoir. Autour d’elles, les personnages secondaires apparaissent moins comme des individus que comme des relais, des rouages humains d’une machine politique parfaitement huilée. Peu à peu, l’identité s’efface au profit du rôle.

La scène de la rencontre entre les deux reines — fiction historique devenue passage obligé du mythe théâtral — est volontairement désamorcée.

Dabert en refuse la dimension cathartique pour en faire un moment de disjonction : deux régimes de pensée, deux rapports irréconciliables au pouvoir et à la parole. Il n’y a ni victoire ni révélation, seulement la confirmation que le sort de Marie Stuart est déjà scellé par les règles mêmes du jeu politique.

Ce que montre ce « Marie Stuart », c’est moins une tragédie individuelle qu’un système. Un système où l’on tue sans affect, où l’on élimine sans se salir les mains, où la décapitation devient une formalité administrative.

Le sang a disparu du plateau, absorbé par la procédure. En refusant toute consolation émotionnelle, Chloé Dabert signe un spectacle exigeant, brillant, et d’une cohérence parfaite.

La tragédie n’est plus un choc : elle est une méthode. Et c’est précisément ce constat, plus encore que la chute de la reine, qui glace le sang durablement.

 Dates : du 14 au 29 janvier 2026 – Lieu : Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis
Mise en scène : Chloé Dabert

Un régal pour toute la famille avec La grande cuisine du petit Léon au Lucernaire

Le Lucernaire fait plaisir à toute la famille avec La grande cuisine du petit Léon, une pièce drôle et enlevée, menée par un jeune cuisinier qui doit remplacer le cuisinier en chef parti en vacances et préparer un festin aux convives du restaurant familial, et pas n’importe quels convives, 12 ogres affamés, rien que ça. L’auteur Marc Wolters, déjà à la barre d’Augustin pirate des indes et Augustin pirate du nouveau monde, revient avec un nouveau héros interprété par Victor Garreau (ou Tullio Cipriano), pétillant de malice et jamais avare de bonnes blagues. Au menu, tours de chant, acrobaties, bons mots et recettes pour émerveiller une salle remplie de la cave au plafond. Les enfants en redemandent, les parents sourient largement, c’est un festival de bonne humeur et de rigolade à découvrir au Lucernaire. Le seul en scène est augmenté de personnages magiques, avec Michaël le balais farceur et les dragons chalumeaux qui allument le four et font frissonner les tout petits. Le cuisinier va jusqu’à choisir un jeune assistant dans la salle pour lui prêter main forte, de quoi susciter l’appétit des plus jeunes. Encore une réussite pour Marc Wolters avec une pièce irrésistible de drôlerie.

Synopsis: UNE CUISINE MUSICALE AVEC DES LÉGUMES SUPER-HÉROS

UNE COMÉDIE QUI VA FAIRE ADORER LES LÉGUMES AUX ENFANTS
Dans ce restaurant 3 étoiles, Léon est le fils unique de 7 ans. Quand un matin, il se retrouve seul aux fourneaux, il prend ses responsabilités… et révolutionne la cuisine des ogres !
Avec son doudou cuisinier, son balai bagarreur et ses dragons-chalumeaux, Léon grandit en s’amusant. C’est décidé : les nouvelles stars du restaurant, ce seront ses légumes super-héros.
Mais cela plaira-t-il à son invité de marque ?

Un spectacle musical où l’on découvre des senteurs en direct (thym, sauge et estragon).

Par l’auteur du spectacle à succès « Augustin Pirate des Indes ».

Découvrez l’univers féérique, joyeux et musical du plus végétarien des petits marmitons.

Détails:

Mercredi – samedi 15h | Dimanche 11h

Du 14 janvier au 10 mai 2026, Théâtre Noir

[BD] The Junction, nouveau roman graphique de Norm Konyu (Glénat)


[BD] The Junction – mystère, mémoire et revenants

Avec The Junction, Norm Konyu, auteur canadien remarqué pour Downlands et L’Appel à Cthulhu, signe un roman graphique fascinant où mystère, traumatisme et surnaturel se mêlent avec une vraie originalité. Publié chez Glénat, cet album de 176 pages déploie une intrigue intrigante et émotionnelle autour de la disparition et du deuil.

L’histoire commence quand Lucas Jones, disparu depuis 12 ans, réapparaît soudainement sur le seuil de la maison de son oncle dans sa ville natale de Medford. Incroyable : il n’a pas vieilli d’un jour, continuant d’afficher l’apparence d’un garçon de 11 ans. Sa présence silencieuse et les rares objets qu’il porte — notamment des Polaroids et son journal intime — plongent l’inspecteur David King et la psychologue Jean Symonds dans une enquête aussi mystérieuse que troublante. 

La narration alterne habilement entre l’enquête présente et les fragments du journal de Lucas, une structure gigogne qui invite à douter de toutes les certitudes. L’ambiance, à mi-chemin entre Twin Peaks et les productions Spielberg des années 80, évolue vers l’étrange sans jamais se départir d’une force émotionnelle centrée sur la perte, la mémoire et la quête de sens.

Graphiquement, Konyu impose sa patte unique : personnages aux traits géométriques, palettes de couleur créant des atmosphères à la fois étranges et bouleversantes, et une composition qui respire l’animation. The Junction prouve que l’auteur continue de creuser son univers singulier, avec une écriture visuelle qui reste une signature forte.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère. Où était-il passé ? Où est son père, qui a disparu au même moment ? Et surtout, comment est-il possible que Lucas soit toujours le même jeune garçon de 11 ans ? Comme l’enfant reste muet, c’est à l’inspecteur David King et à la psychologue Jean Symonds de tenter de trouver des réponses à partir des rares affaires que Lucas a rapportées – quelques Polaroid, et surtout son journal intime, récit délirant dans lequel il évoque une ville appelée Kirby Junction où des maisons surgissent brusquement de nulle part et où des gens attendent un train qui n’arrive jamais…

Après Downlands, salué unanimement par la critique française et coup de cœur de nombreux libraires, Norm Konyu propose un nouveau roman graphique jumeau de son œuvre précédente. L’intrigue teintée de surnaturel s’y développe en effet aussi

 
Date de parution : 21 janvier 2026
Auteur : Norm Konyu (scénario, dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD – Roman graphique / Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 176 pages
Prix indicatif : 22,00 €

Ivo van Hove dissèque « Hamlet » jusqu’au vertige à l’Odéon

Ivo Van Hove dissèque Hamlet jusqu’au vertige
© Jan Versweyveld

Ivo van Hove dissèque « Hamlet » jusqu’au vertige à l’Odéon

Entre Shakespeare, Queen et Bob Dylan, Ivo van Hove compose un « Hamlet » sous tension, où la musique devient langage intérieur et où la tragédie se joue autant dans la tête que sur le plateau.

Ce « Hamlet » d’Ivo van Hove ne cherche pas à raconter une histoire : il s’attache à scruter un esprit mortifère. Et en radiographier les moindres méandres. À l’Odéon, le Danemark n’existe plus vraiment.

Ce qui compte, c’est l’intérieur. L’intérieur d’un homme trop lucide pour survivre tel quel. L’intérieur d’un esprit qui cogne contre ses propres murs.

Dès les premières minutes, le spectacle impose sa loi : nous ne serons pas spectateurs, mais habitants temporaires de la tête d’ « Hamlet ».

Le plateau est nu, presque clinique. Les images vidéo, la lumière tranchante, le son omniprésent ne décorent rien : ils traduisent des états mentaux. Ici, chaque élément scénique semble issu d’une pensée trop violente pour rester silencieuse.

Ivo van Hove resserre Shakespeare autour d’un seul noyau : la conscience. Tout converge vers elle. Le pouvoir, la famille, la trahison, la mort — tout devient matière à dérèglement intérieur. « Hamlet » ne raisonne plus : il déborde. Il pense trop, trop vite, trop fort. Et cette pensée en excès contamine tout le plateau.

Ivo van Hove a choisi de dissoudre la linéarité narrative au profit d’une continuité intérieure. L’enjeu n’est donc plus de suivre les péripéties politiques ou familiales, mais de sentir ce qui se passe à l’intérieur d’un esprit qui vacille entre lucidité et folie.

Anatomie d’un vertige 

La scène devient un espace presque organique : les mouvements semblent soumis à une logique plus intérieure qu’extérieure, comme si chaque geste répondait moins à la progression dramatique qu’au souffle ravageur d’ « Hamlet ».

Ce parti pris imprègne la représentation d’une tension constante, presque viscérale. On ne regarde pas « Hamlet » lutter : on en pénètre la psyché et son énergie démoniaque en rupture permanente.

La violence ne surgit pas seulement de la tragédie elle-même, elle irrigue corps et âme le personnage.

L’interprétation centrale est à l’image de cette vision : tendue, électrique, dangereuse, puissante. « Hamlet », vertigineux Christophe Montenez du Français, n’est jamais stable, jamais installé. Son corps est un champ de bataille. Il ne joue pas la folie, il la traverse.

Les autres personnages, tous impeccables de la Comédie-Française, gravitent autour de lui, parfois écrasés, parfois happés, comme aspirés par cette tempête mentale permanente. Ce déséquilibre est assumé. Le spectacle n’est pas choral : il est centrifuge.

La musique joue un rôle clé dans cette plongée. Elle ne souligne pas l’action : elle l’ouvre, la déplace, la percute. Moment hallucinant : Bohemian Rhapsody de Queen surgit lors de la fameuse scène du théâtre dans le théâtre. Choix aussi évident que redoutable — et pourtant parfaitement juste.

La chanson accompagne cette mise en abyme comme une explosion de conscience collective : fragmentation, théâtralité, vertige identitaire. « Is this the real life? Is this just fantasy ? » — tout « Hamlet » est là. Le rock devient langage mental. La scène devient un délire lucide, une révélation chantée, une tragédie qui s’assume comme spectacle tout en dénonçant le spectacle.

Autre passage saisissant avec les funérailles d’Ophélie et de Polonius. Toute la troupe se met alors à chanter et à danser « Death Is Not the End » de Bob Dylan. Scène suspendue, presque irréelle.

La mort n’est plus une catastrophe isolée, mais une expérience collective, partagée, traversée ensemble. Le chant n’apaise pas : il expose. Il dit l’impossibilité du deuil tranquille. Il dit que la mort, ici, ne clôt rien — elle contamine tout.

Ce « Hamlet » ne ménage aucun répit. À force de creuser l’intériorité, Ivo van Hove sacrifie volontairement certaines strates politiques et narratives de la pièce. Ce n’est pas un oubli : c’est un choix.

Le monde extérieur importe moins que le chaos intérieur. Tout est filtré par « Hamlet », déformé par lui, absorbé par sa douleur, sa folie meurtrière.

Quand les lumières se rallument, ce n’est pas la catharsis qui domine, mais une étrange rémanence. Comme si une voix continuait de parler à l’intérieur. Comme si l’écho grondait encore et à jamais.

 Dates : du 21 janvier au 14 mars 2026 et au cinéma Pathé Live le 7 juin 2026 à15H – Lieu : Théâtre de l’odéon (Paris)
Mise en scène : Ivo van Hove

Découvrir avec délice le célèbre auteur russe avec la pièce T.C.H.E.K.H.O.V au Théâtre Le Ranelagh

Le Théâtre Le Ranelagh a laissé la troupe Grand Tigre revisiter la vie de grands auteurs de théâtre célèbres comme Shakespeare, Molière et donc Tchekhov depuis Septembre 2025. 3 comédiennes expertes échangent tour à tour leurs rôles pour faire revivre l’existence somme toute assez sage du grand Anton Tchekhov. Marquée par une tuberculose récurrente, cette vie a été partagée entre médecine et écriture de pièces rentrées dans la postérité. Les 3 sœurs, Ivanov, Platonov, La Cerisaie, Oncle Vania, La Mouette, les pièces continuent d’être adaptées partout dans le monde pour une découverte (ou redécouverte) toujours renouvelée. Un pianiste accompagne l’1h25 de pièce pour des ambiances toujours différentes selon les contextes, de l’enfance à la disparition, les scènes sont jouées avec talent et un investissement jamais démenti. L’humour est une part essentielle de la pièce, avec des traductions du russe et des gimmicks qui ne cessent de revenir, pour créer une collusion bienvenue avec le public. Tous de chant, numéros de danse, la pièce multiplie les prestations surprenantes. Des personnages de sa vie interviennent, le père, les sœurs, les frères, les médecins (qui n’ont que de la Valériane comme unique traitement), des compagnes, autant de briques dans une existence, courte mais intense. L’œuvre transparait dans les scénettes, avec des personnages immanquablement tristes ou malades (ou les deux), reflets de l’âme russe avec sa sempiternelle mélancolie slave. La pièce se finit le samedi 24 janvier pour une dernière prestation à ne pas manquer.

Synopsis: Cela tombe bien parce que c’est justement son œuvre et lui-même que ce spectacle met en conversation ! Un musicien et trois comédiennes tour à tour, père, frères, sœur, éditeur, amours, épouse, grâce aux mots que Tchekhov a choisi pour les personnages de ses pièces, racontent ce jeune homme, l’étudiant, l’auteur, le médecin, l’aventurier, l’humaniste, l’homme de théâtre, l’homme malade… Trois voix pour dire un homme qui a si bien travaillé à les raconter.

Détails: Jusqu’au 24 janvier 2026

Du jeudi au samedi à 19h + dimanche  à 15h

Un cri dans la nuit, redécouvrons le plus grand fait divers qui déchira l’Australie, en édition Blu-Ray chez l’Atelier d’Images.

S’il ne doit y avoir qu’un film pour vous faire entrer dans la société australienne, ce ne serait pas un autre choix qu’Un cri dans la nuit, réalisé en 1988 par l’honnête artisan Fred Schepisi. Rarement une œuvre n’aura foisonné à ce point pour prendre le pouls de quasiment toute sa population sur la fameuse affaire de la mystérieuse disparition du nouveau né Azaria Chamberlain, au pied du majestueux et mystique Ayers Rock, depuis renommé Uluru. Tout le magnétisme de ce lieu complètement irréel sert de point de départ au film. Ce rocher immense à la circonférence de près de 10 kilomètres surgit au milieu du Centre Rouge australien, véritable symbole de la culture aborigène, premier peuple autochtone australien. Immortalisé sur la pochette de l’édition blu-ray par l’Atelier d’Images, mais encore plus encore par les nombreux plans d’une beauté à couper le souffle par le DP Ian Baker, il est peu dire que cette ouverture sublime et effrayante à la fois avec la disparition du bébé, crée un trouble profond chez nous spectateurs. Qui a enlevé la petite Azaria ? Un dingo peut-il être à l’origine d’un tel drame ? Ou l’affaire serait-elle plus trouble avec le sacrifice rituel d’un être innocent au nom d’une religion obscure et mal connue ?

Une affaire qui passe au scalpel les turpitudes australiennes.

S’appuyant sur le charisme non négligeable de ses deux acteurs principaux, une méconnaissable Meryl Streep et Sam Neill à la blondeur incandescente, pour camper les parents Chamberlain, Schepisi développe une empathie naturelle chez nous qui va vite être contrebalancé par la multitude de témoignages recueillis à la volée dans toute l’Australie. Le travail de reconstitution est fascinant tant nous voyons défiler des visages d’inconnus tout au long de l’enquête, le tout contrastant fortement avec l’isolement et les turpitudes des Chamberlain. Le jeu tout a fait bluffant de Meryl Streep nous fait passer par tous les sentiments jusqu’à un dénouement que l’on n’attendait plus. Un cri dans la nuit a aussi le mérite de citer à des moments clefs la culture aborigène, que ce soit pour guider les recherches autour d’Uluru, mais aussi le soutien sans faille de la cause maternelle même lorsque tout le monde semble avoir condamné Lindy Chamberlain entre 4 murs. Comme dans la réalité de la société australienne, cela reste peu, surtout face aux 2 heures intenses de cette fiction qui mériterait d’être redécouverte par tous. Une affaire criminelle qui rendit tout un pays … dingo.

Un cri dans la nuit, en édition blu-ray, est toujours disponible un peu partout. En complément, vous y trouverez un entretien très intéressant avec le réalisateur australien Fred Schepisi qui y décrypte tous les rouages d’une adaptation d’un fait divers attendu par tout un pays.

Synopsis : La famille Chamberlain campe dans l’arrière-pays australien. Au matin leur bébé de 9 mois a disparu, vraisemblablement victime d’un chien sauvage. Au fil de l’enquête, la mère de famille est acculée par les médias et l’opinion publique jusqu’à être accusée d’infanticide. Devant faire face à la rumeur et à l’hystérie collective, le monde entier a bientôt les yeux rivés sur la jeune femme qui clame pourtant son innocence…

Le mystère de la femme au tableau (Casterman)

Le mystère de la femme au tableau (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent une drôle d’histoire : Le mystère de la femme au tableau.
C’est l’histoire d’un peintre qui ne peint que le dimanche. Il peint des paysages, des chapelles, des rues, des fontaines. Un jour, à force d’acheter du matériel pour peindre, il se retrouve ruiné. Il décide alors de laisser ses toiles au pied de ce qu’il a peint. Il n’a jamais signé ses toiles car il est un peintre amateur. Mais un jour, il est arrêté par la police parce que …
Vous l’aurez compris, Publik’Art ne peut pas vous en révéler davantage !
Le mystère de la femme au tableau est un vrai mystère ! Bruno Heitz, auteur-illustrateur, nous a comblés avec ce chouette album, très joliment illustré ! La qualité de la couverture comme des pages de l’album est impressionnante ! Il sort aujourd’hui !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 21 janvier 2026
Auteur : Bruno Heitz
Illustrateur : Bruno Heitz
Editeur : Casterman
Prix : 12,95 €

[BD] Arkham Mysteries – Tome 02 : L’Ombre de Dagon, la marée monte sur Arkham ( éd. Soleil)


[BD] Arkham Mysteries – Tome 02 : L’Ombre de Dagon, la marée monte sur Arkham

Avec L’Ombre de Dagon, Richard D. Nolane et Manuel Garcia prolongent leur hommage à Lovecraft en resserrant encore la mécanique du récit : une enquête d’aventure à l’ancienne, dopée aux références et à l’angoisse diffuse. Le tome 2 reprend l’élan du premier volume tout en poussant plus loin l’idée la plus savoureuse de la série : faire de Lovecraft un personnage à part entière, témoin (presque) lucide d’un monde qui se fissure.

Nous retrouvons Seth Armitage, toujours hanté par son périple en Mongolie et par ce tatouage qui semble réagir à chaque manifestation surnaturelle majeure. Aux côtés de la journaliste Skylark Duquesne, il remonte la piste d’événements qui relient Arkham à Providence et aux zones grises de la Miskatonic. L’impression dominante : le trio court après les indices, arrive trop tard, et comprend trop tard — exactement ce qu’on attend d’un récit lovecraftien où la connaissance coûte cher.

L’album joue sur un itinéraire “Nouvelle-Angleterre” très évocateur : rumeurs, archives, cultes, ports et villes chargées de mauvais présages. Peu à peu, une figure se détache : Dagon, menace tapie dans l’Atlantique, dont l’ombre se répand comme une marée. La montée en puissance se fait par touches : visions, signes, phénomènes impossibles… et ce sentiment que quelque chose d’immense approche.

Graphiquement, Garcia privilégie l’efficacité et l’atmosphère : silhouettes noyées d’ombres, décors d’époque, cadrages serrés quand la tension grimpe, avec un parfum “Mignola” dans certaines masses noires. Résultat : une suite plus dense, plus “enquête”, qui fait monter l’inquiétude sans perdre le goût du grand récit d’aventure.



Résumé éditeur :

Dans la Nouvelle Angleterre imaginée par Lovecraft, dans la ville d’Arkham et l’université de Miskatonic. Un récit d’aventure avec ses villes (Salem, Innsmouth ou Dunwich), ses horreurs et ses créatures cachées. 1921. Engagé de manière suspecte par l’Université de Miskatonic après son étrange périple en Mongolie, Seth Armitage, aux côtés de Skylark Duquesne, la propriétaire de l’Arkham Sentinel, et d’un certain H. P. Lovecraft, se retrouve soudain confronté à des horreurs venues des abîmes du temps. Des horreurs qui se déchaînent au coeur d’Arkham et qui pointent vers Dagon, en embuscade dans l’Atlantique.
Date de parution : 22 janvier 2026
Auteurs : Richard D. Nolane (scénario), Manuel Garcia (dessin), Alex Guimaraes (couleurs)
Éditeur : Soleil
Collection / Série : Arkham Mysteries / Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Prix indicatif : 15,95 €

Nicolas Barry : une déclaration, sa déclaration

Nicolas Barry : une déclaration, sa déclaration
Photo Dounia

Nicolas Barry : une déclaration, sa déclaration

On pourrait croire que tout a déjà été dit sur l’amour — et puis on rencontre une pièce comme « La déclaration d’amour de Louis Hee à John Ah-Oui » et l’on comprend que ce n’est pas l’amour qui manque de mots, mais peut-être notre capacité à entendre leurs fractures.

Sur le plateau du Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet, dans l’intimité presque confessionnelle de la salle Christian-Bérard, Nicolas Barry installe une scène d’un dépouillement radical qui, paradoxalement, en dit plus que mille décors.

Louis Hee n’entre pas en scène comme un héros tragique. Il n’est pas non plus ce conquérant lyrique qui dompterait le langage pour mieux le livrer au public. Au contraire, il porte ce que l’on pourrait appeler une langue brisée — un langage qui vacille, qui respire à peine, qui se débat entre ce qu’il veut dire et ce qu’il ose prononcer.

C’est là, dans ces battements irréguliers, que le travail de Barry trouve sa force : non pas dans la maîtrise, mais dans l’exposition de cette impossibilité à formuler un sentiment aussi immense que l’amour.

Le plateau est presque vide : quelques objets — un bidon qui semble absorber les larmes, des bouteilles d’eau comme autant de respirations retenues —, et cette présence fragile qui se tient là, debout, entre l’aube et le crépuscule.

Dès les premiers pas, l’hésitation du personnage n’est pas une faiblesse : elle est la matière même de l’œuvre. L’hésitation est musique, cadence, rythme — elle est ce par quoi l’amour commence, avant même qu’il ne se donne un nom.

Quand la langue fléchit, l’amour se tend

Ce qui touche, ce n’est pas seulement la déclaration en elle-même, mais la façon dont elle nous est offerte. L’écriture vocale et corporelle de Louis Hee résonne davantage comme une quête que comme une proclamation.

Loin des grandes tirades classiques, ici l’amour ne s’érige pas en monument, il vacille, reprend souffle, vacille encore. Il y a dans ces mots un mélange de pudeur et d’urgence, comme si chaque phrase était un pont jeté au-dessus d’un gouffre intime.

Et pourtant, malgré cette langue qui se casse et se répare au fil du texte, une évidence s’impose : ce désarroi est plus vertueux que n’importe quelle assurance théâtrale. Barry ne veut pas nous raconter une histoire tragique d’amour perdu, ni même célébrer un avoir-aimé mythique.

Il campe un corps vivant, vibrant, qui nous parle d’un amour qui ne se réduit pas à sa réciprocité, mais qui se mesure à son intensité propre — à cette urgence de nommer l’autre, même quand le langage hésite

Ce qui s’écrit ici est lyrique sans être lisse, poétique sans être policé, et profondément humain sans jamais glisser dans le cliché. La performance défie les codes romantiques pour mieux y injecter une vérité contemporaine : aimer, c’est se confronter à l’impossibilité de dire juste, puis continuer malgré tout.

Et c’est dans cette inachèvement voulu que réside la puissance du spectacle. Une puissance douce et insistante, comme une onde qui ne cesse de revenir, encore et encore.

En sortant, on ne porte pas seulement le souvenir d’une déclaration — on porte celui d’une langue vivante, tremblante, qui nous a rappelé que l’amour véritable n’est pas une formule, mais une persistance dans ses remous intérieurs.

Et c’est là, dans cette incertitude, que La déclaration d’amour de Louis Hee à John Ah-Oui laisse sa trace la plus durable.

 Dates : du 17 au 24 janvier 2026 – Lieu : Athénée Théâtre Louis-Jouvet (Paris)
Texte et interprétation : Nicolas Barry

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