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Un Petit Chaperon Rouge très réussi au Lucernaire

Le Lucernaire invoque le classique absolu du conte pour enfants avec une adaptation qui joue avec les codes pour mieux s’en détacher. Une petite fille s’ennuie alors qu’elle reste alitée par la faute d’une méchante varicelle, son grand-père et elle vont rejouer le conte de Perrault et des Frères Grimm pour passer le temps et s’amuser du classique avec quelques variations des plus truculentes.

Un plaisir pour toute la famille

Quoi de mieux que de passer le dimanche matin au Lucernaire devant une pièce de théâtre qui ravit les petits comme les grands? Le célèbre conte est un beau prétexte pour une avalanche d’astuces scéniques et scénaristiques qui dépoussièrent son déroulé habituel. Le loup est roublard, la jeune fille est maligne, l’humour est omniprésent et les rires fusent. La mise en scène de Sarah Gabrielle privilégie la mise en abime à l’exact respect du texte, les effets visuels et les costumes tirés d’une malle suffisent à faire retomber en enfance avec quelques références cinématographiques pour compléter le dispositif. Alice Macé et Yan Richard (en alternance avec Joaquim Séchaud) offrent une belle complicité pour amuser (ou effrayer, selon la sensibilité des plus jeunes) une audience ravie de cette débauche de talent scénique.

La pièce se joue jusqu’au 30 aout au Lucernaire, c’est déjà le moment d’aller partager avec vos tout petits un beau moment de théâtre tendre et comique comme on les aime.

Synopsis: QUI A PEUR DU GRAND MÉCHANT LOUP ?  Éby est une petite fille qui a la varicelle. Papy Georges, son grand-père ronchon, vient la garder. Mais l’après-midi est longue et ennuyeuse. Que faire ? Lire une histoire ? Mais non, la jouer, c’est plus drôle ! Éby et son grand-père vont se retrouver au coeur même du Petit Chaperon Rouge. Mais Éby ne va pas se satisfaire de la fin, où elle est mangée sans autre forme de procès…

Faire de ce conte une pièce de théâtre, c’est revenir à notre enfance, c’est retrouver nos peurs essentielles et la voix qui raconte et qui rassure. C’est goûter de nouveau aux délices rêvées de la galette et du petit pot de beurre.

Détails: Du 13 mai au 30 août 2026, Théâtre Noir

Mercredi et samedi 15h| Dimanche 11H

Robin hood, Hacking, braquage et rébellion (Casterman)

Robin hood, Hacking, braquage et rébellion (Casterman)

La série Robin Hood, publiée par Casterman, est une réécriture moderne et dynamique de la célèbre légende de Robin des Bois. Écrite par Robert Muchamore, elle s’adresse principalement aux lecteurs de 11 à 15 ans.

Le premier tome, Hacking, braquage et rébellion, raconte une histoire qui se déroule dans un futur proche. Robin, un garçon de douze ans, voit sa vie basculer lorsque son père est emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis. Pourchassé par le puissant criminel Guy Gisborne, Robin doit fuir et se réfugier dans la forêt de Sherwood. Grâce à ses talents de hacker et à son adresse au tir à l’arc, il rejoint un groupe de jeunes rebelles et décide de lutter contre l’injustice qui règne dans la région de Nottingham. Cette version de Robin Hood modernise la légende tout en conservant son message essentiel : défendre les plus faibles contre les puissants. L’auteur mêle habilement action, suspense, humour et technologies actuelles, ce qui rend l’histoire particulièrement attractive pour les adolescents. Robin hood est une série idéale pour les jeunes lecteurs qui aiment les aventures rythmées et les héros ingénieux. Robin est un personnage attachant, moderne et courageux, qui utilise autant son intelligence que son habileté pour combattre ses adversaires. Les nombreux rebondissements donnent envie de poursuivre la lecture des tomes suivants. Acheter dans une librairie indépendante Infos de l’éditeur :
Date de parution : Avril 2026 Auteur : Robert Muchamore Editeur : Casterman Prix : 12,90 €

Pretty Yende en Violetta ou l’éclat d’une voix au firmament

Pretty Yende en Violetta ou l'éclat d'une voix au firmament
© Ann Ray / Opéra national de Paris

Pretty Yende en Violetta ou l’éclat d’une voix au firmament

Il y a quelque chose de profondément cruel dans la vision de « La Traviata » imaginée par Simon Stone.

Non pas parce qu’elle modernise l’ouvrage de Verdi, exercice devenu presque banal dans le paysage lyrique contemporain, mais parce qu’elle révèle avec une précision chirurgicale la violence d’un monde où l’exposition permanente de soi n’a jamais autant nourri l’isolement des êtres.

Les couleurs de l’âme

En transposant l’action dans l’univers des réseaux sociaux et de l’hypervisibilité, le metteur en scène australien ne cherche jamais le simple effet d’actualisation. Il déplace le regard.

Violetta n’est plus la courtisane du Paris du Second Empire, elle devient une figure publique dont l’existence entière semble soumise au regard des autres, aux commentaires, aux images, à cette machine collective qui fabrique autant la célébrité que la chute.

Le destin imaginé par Verdi trouve alors une résonance saisissante dans notre époque où la réputation se construit et se détruit en quelques clics.

Cette lecture, d’une redoutable intelligence dramaturgique, rappelle que les mécanismes de l’exclusion sociale n’ont pas disparu : ils ont simplement changé de visage.

La scénographie se calque à ce mouvement avec une fluidité remarquable. Les espaces glissent les uns dans les autres comme les séquences d’un fil numérique ininterrompu.

L’intimité se trouve constamment contaminée par le spectacle du monde. Les moments de bonheur entre Violetta et Alfredo apparaissent ainsi comme des parenthèses fragiles, condamnées dès leur naissance par la pression sociale qui les entoure.

Simon Stone réussit à faire émerger derrière le tumulte contemporain la vérité intemporelle de l’œuvre : l’impossibilité pour une femme de conquérir librement son bonheur lorsque la société décide de lui rappeler sa place.

Musicalement, la soirée trouve en Marta Gardolińska une alliée précieuse. À la tête de l’orchestre de l’Opéra de Paris, la cheffe polonaise privilégie la clarté du discours et la respiration du drame.

Les élans verdiens conservent leur puissance émotionnelle sans jamais sombrer dans l’emphase. Les couleurs orchestrales accompagnent les mouvements de l’âme avec une remarquable souplesse, donnant à l’ouvrage cette tension continue qui conduit inexorablement vers la catastrophe finale.

Pretty Yende, exceptionnelle de virtuosité, compose une Violetta bouleversante de fragilité et de détermination mêlées. La soprano sud-africaine évite tout pathos démonstratif pour dessiner un personnage profondément humain, traversé par des contradictions qui rendent sa chute d’autant plus poignante.

Son chant d’une pureté inouïe, conjugue éclat, élégance et émotion contenue. Face à elle, Thomas Atkins campe un Alfredo sincère, parfois impulsif, dont la jeunesse accentue encore la dimension tragique de la relation.

Quant à Ludovic Tézier, il impose un Giorgio Germont d’une rare noblesse. Loin d’en faire un simple représentant de l’ordre moral, il lui confère une complexité qui éclaire autrement le célèbre duo avec Violetta, sommet dramatique de la soirée.

Ce qui frappe finalement dans cette production, c’est sa capacité à faire entendre autrement une œuvre que l’on croyait connaître par cœur. Derrière les écrans, les vidéos et les codes de notre temps, Simon Stone retrouve l’essence même de La Traviata : l’histoire d’une femme condamnée parce qu’elle ose croire à l’amour.

Plus d’un siècle et demi après sa création, le chef-d’œuvre de Verdi continue ainsi de nous parler de nos hypocrisies collectives, de nos jugements hâtifs et de notre difficulté à accepter la liberté des autres. Rarement cette vérité aura paru aussi contemporaine.

Dates : du 4 juin au 13 juillet 2026 – Lieu : Opéra national de Paris (Paris)
 Mise en scène : Simon Stone

Poulpe (éditions Sarbacane)

Poulpe (éditions Sarbacane)

Avec Poulpe, la talentueuse autrice Géraldine Collet et l’illustratrice Olivia Cosneau nous invitent à plonger dans les profondeurs marines à la rencontre d’un animal aussi mystérieux que captivant. Paru aux Éditions Sarbacane, cet album cartonné s’adresse aux tout-petits dès 12 mois.

Au fil des pages, les jeunes lecteurs découvrent le quotidien d’un petit poulpe : ses talents de camouflage, sa souplesse extraordinaire, ses tentacules agiles et sa manière étonnante de se protéger. Chaque double page réserve une surprise grâce à un ingénieux jeu de rabats qui stimule la curiosité et encourage l’interaction. Les illustrations colorées et pleines de douceur captent immédiatement le regard des enfants. Les formes simples, les contrastes bien pensés et les scènes vivantes font de cet album un véritable objet d’éveil sensoriel. À la fois documentaire et ludique, Poulpe permet aux plus jeunes de découvrir le monde marin tout en développant leur sens de l’observation. Une lecture idéale pour partager un moment de complicité, s’émerveiller devant la nature et éveiller les premières curiosités scientifiques. On est fan !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2026

Auteur : Géraldine Collet

Illustrateur : Olivia Cosneau

Editeur : Sarbacane

Prix : 12,90 €

[BD] Moïse – Tome 1, d’Élie Chouraqui & Giulia Pellegrini (Glénat)

[BD] Moïse – Tome 1, d’Élie Chouraqui & Giulia Pellegrini (Glénat)

Après Le Roi David, la collection « Les Grands Mythes de la Bible » de Glénat poursuit son ambitieux travail d’adaptation des grandes figures de l’Ancien Testament. Prévue en cinq albums, la série signée par le cinéaste Élie Chouraqui au scénario donne désormais la parole au plus célèbre des prophètes : Moïse. Le 10 juin 2026 paraît ce premier tome, mis en images par l’Italienne Giulia Pellegrini, qui rejoint la maison grenobloise après sa remarquée trilogie La Hispano-suisse.

L’accroche annonce la couleur : « À l’ombre des pyramides, redécouvrez l’histoire du plus célèbre des prophètes ! » Nous voici donc plongés dans l’Égypte du Pharaon Séthi, souverain de la XIXe dynastie. Les Hébreux y subissent la servitude depuis des décennies, écrasés par la grandeur d’un empire à son apogée. Lorsqu’une prophétie annonce qu’un enfant né du peuple esclave renversera la maison d’Égypte, le souverain ordonne l’impensable : que soient jetés au Nil tous les nouveau-nés mâles hébreux. Un nourrisson y échappe pourtant, sauvé des eaux par la propre fille du pharaon. Élevé comme un prince aux côtés du futur Ramsès, ce Moïse grandit en ignorant tout de ses origines.

L’approche scénaristique de Chouraqui mérite le détour, même si elle ne réinvente pas le genre. Le réalisateur des Dix Commandements — la comédie musicale à succès — et de Ô Jérusalem connaît son sujet sur le bout des doigts, et évite plutôt bien le piège de la fresque biblique illustrée. Pas de voix off solennelle ni de péplum compassé : la mise en scène privilégie le doute, le tiraillement intime, la lente germination d’une vocation. Moïse et Ramsès, « frères de cœur, rivaux de sang » selon la formule éditoriale, partagent l’amour, l’apprentissage et les secrets d’un royaume prospère ; et l’on devine déjà la déchirure à venir. Le procédé reste balisé — on connaît la chanson, et le récit ne cherche pas vraiment à nous surprendre — mais il fonctionne. À noter, le dispositif éditorial original : Chouraqui confronte sa vision à celle d’érudits, théologiens et universitaires, dans des pages finales conçues comme un appareil critique. C’est sans doute ce qui distingue le plus l’album de ses concurrents.

Côté dessin, Giulia Pellegrini impose un trait à la fois souple et précis, hérité de sa formation aux Beaux-Arts de Carrare et de son long compagnonnage avec la BD italienne, notamment chez Topolino. Originaire de San Remo, l’artiste affectionne les compositions amples : ses planches respirent, alternant gros plans intimistes et tableaux panoramiques sur l’architecture égyptienne. Pyramides, colonnes hiéroglyphiques, marchés bruissants du delta, palmeraies au crépuscule : elle restitue le grain d’une époque sans sombrer dans le pittoresque. Sa palette terreuse, dominée par les ocres et les bleus du Nil, fait beaucoup pour l’atmosphère. On pourra juste regretter un certain académisme : c’est joliment fait, très lisible, mais le dessin prend rarement de vrais risques.

Ce premier opus s’inscrit naturellement dans la lignée du tome consacré au Roi David que nous avons récemment chroniqué, autre projet porté par Chouraqui au sein de la même collection. La filiation éditoriale est limpide : redonner chair, par la bande dessinée, à des récits que les lecteurs croient connaître mais qu’ils n’ont souvent qu’effleurés. De ce côté-là, le contrat est rempli. Moïse – tome 1 est un album solide, bien troussé et agréable à parcourir, qui pose proprement les fondations de sa saga. Faut-il pour autant crier au chef-d’œuvre ? Pas vraiment. On reste dans une adaptation soignée mais sage, qui déroule une histoire archi-connue sans la bousculer ni lui imprimer une vision franchement personnelle. Les amateurs du genre et les curieux de la tradition biblique y trouveront leur compte ; les autres pourront passer leur chemin sans rien rater d’essentiel. Une lecture recommandable, donc, plus qu’incontournable.

📖 Résumé de l’éditeur

Au cœur de l’Égypte antique, sous le règne du puissant Pharaon Séthi, souverain de la XIXe dynastie, les Hébreux vivent dans la servitude. Une prophétie ébranle le trône : un enfant du peuple esclave renversera la maison d’Égypte. Effrayé, le pharaon ordonne que soient jetés au Nil tous les nouveau-nés mâles hébreux. L’un d’eux est pourtant sauvé des eaux par la fille du pharaon et élevé comme un prince aux côtés de Ramsès. Frères de cœur, rivaux de sang. Mais quand Moïse découvre ses véritables origines et commet un acte irréparable, son destin bascule : banni, il entame une errance dans le désert, armé d’un simple bâton, affrontant les éléments et ses démons intérieurs… La prophétie est en marche.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Moïse – Tome 1
Scénario Élie Chouraqui
Dessin Giulia Pellegrini
Éditeur Glénat – collection Les Grands Mythes de la Bible
Format Série, couleurs, 24 × 32 cm, 56 pages
Date de sortie 10 juin 2026
EAN 9782344054635
Prix 15,50 €

[BD] Blood and Thunder – Tome 1, de Robert Kirkman, Benito Cereno & E.J. Su (Delcourt)

Couverture Blood and Thunder T1 Kirkman Cereno Su Delcourt [BD] Blood and Thunder – Tome 1, de Robert Kirkman, Benito Cereno & E.J. Su (Delcourt)

Sortie le 28 mai 2026 chez Delcourt dans la collection Contrebande, Blood and Thunder débarque en France un an après sa publication chez Image Comics / Skybound. Imaginée par Robert Kirkman, écrite par Benito Cereno et dessinée par E.J. Su, la série propose un space opera décomplexé, à mi-chemin entre le polar SF et l’aventure pulp. On y suit Akeldama « Blood » Bledsoe, chasseuse de primes redoutable, accompagnée de Thunder, son flingue parlant aussi pacifiste qu’agaçant.

Le décor : un futur lointain où la Terre a fini par intégrer plusieurs espèces extraterrestres à sa société. Cette cohabitation n’a pas fait disparaître le crime, loin s’en faut — elle l’a juste rendu plus exotique. Sur la métropole-astéroïde de Metro 1, les chasseurs de primes règlent désormais ce que la police ne sait plus traiter. Blood opère en solo, jusqu’au jour où un criminel galactique de premier plan s’évade de prison. La traque qui s’engage va la mener bien plus loin qu’une simple poursuite, vers des secrets enfouis qui concernent autant son passé que son avenir.

Difficile de parler de cette série sans évoquer son parrain. Kirkman, créateur de The Walking Dead et d’Invincible, cofondateur de Skybound, a gardé l’idée de Blood and Thunder sous le coude pendant des années avant de la confier à deux complices. Le scénariste Benito Cereno, déjà repéré sur Invincible Presents: Atom Eve et plusieurs séries Skybound, prend la plume avec un sens du tempo évident : ses dialogues entre Blood et Thunder sont à la fois nerveux et amusants, et le récit garde toujours un pied dans l’action sans pour autant sacrifier la mise en place de son univers. L’idée du flingue parlant — accessoire pacifiste qui refuse d’être manié comme une arme — tire la série vers un humour grinçant que les amateurs de Cowboy Bebop ou de Trigun reconnaîtront sans peine.

Au dessin, E.J. Su délivre un travail impeccable. L’illustrateur taïwanais, repéré pour ses runs Transformers et G.I. Joe chez IDW, retrouve un terrain qu’il maîtrise depuis longtemps : décors industriels surchargés, machines élaborées, créatures aliens à foison. Chaque planche fourmille de détails sans jamais nuire à la lisibilité du découpage. Les couleurs de MSassyK, complice habituelle de la maison Skybound (Gotham Academy, Void Rivals), apportent une palette acidulée qui colle à l’esprit pulp du projet. L’ensemble donne une bande dessinée immédiatement séduisante, qui mise sur la générosité de ses arrière-plans plus que sur l’épure.

Le résultat fait office de porte d’entrée idéale dans l’écurie Skybound nouvelle génération. Loin des poids lourds Walking Dead et Invincible, Blood and Thunder assume son ADN d’aventure pure, sans cynisme et sans posture. La collection Contrebande de Delcourt, qui accueille déjà la plupart des comics Skybound traduits en français — du récent Wolf-Man aux séries Energon Universe —, offre un écrin solide à ce premier tome, qui rassemble les six premiers numéros américains.

À ceux qui cherchent un space opera tonique, drôle et bien troussé, ce Blood and Thunder fait office de candidat sérieux. Un peu de bagarre, beaucoup de bavardage, des mondes étranges et une héroïne charismatique : on a vu pire programme pour entamer l’été. À découvrir.

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Blood and Thunder T1 Robert Kirkman Benito Cereno E.J. Su Delcourt

Dans un lointain futur, la planète Terre a accueilli des aliens venus se mêler à la population humaine. Mais au cœur de cette société, le crime n’a pas disparu, loin de là. On fait donc appel à des chasseurs de primes. Blood, flanquée de Thunder, plonge dans une affaire qui va dévoiler des « secrets importants de son passé, de son présent et de son futur ».

Sur une idée de Robert Kirkman, Benito Cereno et E.J. Su animent cette série de SF cyberpunk — 100% action — qui met en scène Akeldama « Blood » Bledsoe, chasseuse de primes accompagnée de son gros flingue qui parle, baptisé Thunder.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Blood and Thunder – Tome 1
Scénario Robert Kirkman & Benito Cereno
Dessin E.J. Su
Couleurs MSassyK
Éditeur Delcourt – collection Contrebande
Format Album cartonné, 192 × 285 mm, 160 pages
Date de sortie 28 mai 2026
EAN 9782413093824
Prix 17,95 €

[BD] Into the Light, Once Again – Tome 1, de Tica Tica & Yuya (Kbooks)

Couverture Into the Light Once Again Tome 1 Tica Tica Yuya Kbooks [BD] Into the Light, Once Again – Tome 1, de Tica Tica & Yuya (Kbooks)

Kbooks signe l’arrivée en librairies françaises d’un titre attendu par les lectrices de webtoons romantiques. Into the Light, Once Again sort en version reliée chez l’éditeur du Groupe Delcourt dans sa collection Romance, après avoir séduit plus de vingt-cinq millions de lecteurs sur les plateformes coréennes Daum et Kakao. La sud-coréenne Tica Tica signe le scénario, adapté de son propre webnovel, tandis que sa compatriote Yuya prend en charge le dessin de cette première saison transposée en manhwa.

L’histoire suit Alyssa, quatrième princesse d’Edenbell. Accusée à 14 ans d’avoir tenté d’assassiner sa sœur cadette, la jeune fille est condamnée à mort par les siens, sans qu’aucun proche ne se lève pour la défendre. Sa vie s’achève à peine commencée — mais ne s’éteint pas tout à fait. Au moment du dernier souffle, l’âme d’Alyssa migre vers le berceau d’un nouveau-né de la famille impériale d’Elmir, ennemi héréditaire d’Edenbell. Le récit relève donc plus de la transmigration que du voyage entre mondes propre à l’isekai japonais : aucune sortie hors du continent, mais une renaissance dans le sang d’une cour rivale, mémoire intacte et soif de vérité décuplée.

Tica Tica fait le choix d’une héroïne durcie. Trahie par les siens, Alyssa jure de ne plus jamais aimer personne. Le serment ouvre une romance fantasy à rebrousse-poil, où la promesse de bonheur que les codes du genre suggèrent se heurte à la méfiance d’une enfant qui a connu le couperet. Ce premier tome prend le temps d’installer la nouvelle vie : les premières années à Elmir, les visages neufs qui se penchent sur un berceau imprévu, la stupeur d’Alyssa de voir une famille qui sourit. La mécanique de vengeance et de découverte des secrets entourant l’exécution se met en place doucement, par strates, comme une enquête intérieure davantage qu’un thriller politique.

Le trait de Yuya respecte les codes du shojo-tâché-de-mélancolie qu’affectionne la collection Romance des Kbooks : visages allongés, regards lumineux, robes en cascade, palettes pastel pour les scènes de cour et tons plus froids quand reviennent les souvenirs d’Edenbell. La pagination — 304 pages tout en couleurs sur un format souple 152 × 212 mm — restitue le découpage vertical originellement pensé pour le défilement mobile. L’éditeur, qui propose aussi le titre en lecture numérique chez ses partenaires, soigne la maquette papier au point qu’on en oublie l’origine webtoon.

Le webnovel d’origine cartonne en Corée depuis 2021, avec une adaptation manhwa publiée en simultané sur Daum puis Kakao. L’éditeur japonais Kodansha en propose une version locale, et plusieurs partenaires américains, taïwanais et japonais ont déjà sorti leur propre traduction papier. Kbooks récupère le titre dans la foulée de plusieurs succès du même registre, parmi lesquels figure Tears on a Withered Flower, récemment chroniqué chez PublikArt. Toutes les sorties du catalogue sont à découvrir sur le site des éditions Kbooks.

Ce premier volume coche les cases attendues d’une romance fantasy coréenne — réincarnation, princesse trahie, empire ennemi, secrets familiaux — sans pour autant céder à la facilité du genre. Tica Tica écrit une héroïne qui refuse d’aimer et de se laisser aimer, et c’est précisément ce refus qui rend la suite désirable.

Résumé de l’éditeur

Couverture Into the Light Once Again Tome 1

Alyssa, 14 ans, accusée à tort d’avoir tenté d’assassiner sa propre sœur, est exécutée. Alors que sa vie prend fin, elle se réveille soudain au sein de la famille d’un empire rival !

Alyssa, la quatrième princesse d’Edenbell, est accusée à tort d’avoir tenté de tuer sa petite sœur. Condamnée froidement à mort par sa famille, elle se réincarne comme princesse de l’empire rival, Elmir. Écœurée par la trahison de ses proches, elle jure de ne plus jamais aimer. Mais l’empire d’Elmir est bien différent du sien… Parviendra-t-elle à retrouver foi en l’humanité et à découvrir les terribles secrets qui entourent son exécution ?

Fiche éditeur

Titre Into the Light, Once Again – Tome 1
Scénario Tica Tica
Dessin Yuya
Éditeur Kbooks – collection Romance
Format Album broché, 152 × 212 mm, 304 pages couleur
Date de sortie 4 juin 2026
EAN 9782382883747
Prix 14,95 €

[BD] Wyoming, 1863 – Tome 2 : L’Arbre au Pendu, de Jean-François Di Giorgio & Fabrizio Des Dorides (Soleil)

Couverture Wyoming 1863 T2 L'Arbre au Pendu Di Giorgio Des Dorides Soleil [BD] Wyoming, 1863 – Tome 2 : L’Arbre au Pendu, de Jean-François Di Giorgio & Fabrizio Des Dorides (Soleil)

Le 18 juin 2026 paraît Wyoming, 1863L’Arbre au Pendu, signé par le tandem Jean-François Di Giorgio au scénario et Fabrizio Des Dorides au dessin, avec Garluk aux couleurs. Le premier album, Cinq jours pour mourir, était sorti à l’automne 2024 et avait posé les bases d’un western adulte, sec et soigneusement documenté. Cette suite confirme la formule, en élargissant le cadre et en serrant l’étau autour de son héroïne.

Le récit prend place à une période charnière de l’histoire américaine. 1863, c’est en pleine Guerre de Sécession, mais aussi le temps de la construction des grandes lignes de chemin de fer et de la disparition des derniers troupeaux de bisons. Sur ce fond mouvant, Di Giorgio campe Emma Bridges, frêle gâchette au regard sombre, qui sillonne les Grandes Plaines à la recherche de ses deux filles disparues. Quand elle finit par les retrouver, c’est parmi les seules survivantes du Creek Ranch. Autour d’elle se referme un drôle de trio : un curieux jeune homme étrangement adroit aux armes, une bande de pillards à la réputation déjà solide, et l’ombre du fameux arbre du titre. Le pitch a tout du polar western, mais avec une héroïne – chose encore rare dans le genre – qui tient son arc dramatique de bout en bout.

Au scénario, Jean-François Di Giorgio poursuit une carrière prolifique chez Soleil. On lui doit la célèbre saga Samurai et son spin-off Samurai Légendes, mais aussi Lance Crow Dog avec Cristina Mormile, et la série Mygald. Né en 1961 et installé à Tenerife, le scénariste connaît parfaitement les codes du genre, et construit ici son récit comme un compte à rebours, avec ses temps morts et ses montées de violence. L’Arbre au Pendu s’inscrit dans cette filiation : un personnage pris dans une mécanique qui le dépasse et qui ne peut s’en sortir qu’en allant au bout. Le clin d’œil aux chasses à l’homme du western classique, à la Train sifflera trois fois, n’est jamais loin.

Au crayon, Fabrizio Des Dorides confirme l’impression laissée par le premier album. Né à Rome en 1987, diplômé de l’IED Rome (illustration et animation numérique), il a roulé sa bosse chez les éditeurs américains et italiens – Dynamite, Cosmo, Sergio Bonelli Editore – avant ce passage franc à la BD franco-belge. Son trait précis et nerveux convient bien aux visages burinés par le soleil, aux silhouettes en contre-jour et aux étendues poussiéreuses du Far West. Le rendu évoque à la fois la lignée des westerns spaghettis et les codes plus contemporains du neuvième art, quelque part entre Gus et Undertaker. Garluk aux couleurs ajoute une patine qui colle parfaitement aux ambiances crépusculaires de l’album. À ranger aux côtés d’Arizona Joe et des autres westerns BD parus ces derniers mois chez les éditeurs francophones. Sortie programmée le 18 juin 2026 chez Soleil, au format album cartonné, 52 pages, 15,95 €. À lire !

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Wyoming 1863 T2 L'Arbre au Pendu Di Giorgio Des Dorides Soleil

Emma Bridges, une femme au passé dramatique et en quête de vengeance. Un western intense, violent et mouvementé ayant pour cadre les étendues sauvages du Wyoming !

Les Grandes Plaines, au temps de la construction des grandes lignes de chemin de fer et de la disparition des derniers bisons. Emma Bridges, une fine gâchette, parcourt le pays à la recherche de ses deux filles disparues. Elle se retrouve bloquée dans un ranch Creek, entre un curieux jeune homme qui sait viser juste et une bande de pillards dont la réputation n’est plus à faire.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Wyoming, 1863 – Tome 2 : L’Arbre au Pendu
Scénario Jean-François Di Giorgio
Dessin Fabrizio Des Dorides
Couleurs Garluk
Éditeur Soleil – collection Aventure
Format Album cartonné, 233 × 323 mm, 52 pages
Date de sortie 18 juin 2026
EAN 9782302103672
Prix 15,95 €

Clara cherche le sommeil (Sarbacane)

Clara cherche le sommeil (Sarbacane)

Les éditions Sarbacane nous propose un très joli album centré sur le sommeil : Clara cherche le sommeil. Tout au long des belles illustrations d’Ana Terral, et du scénario très original de Luca Tozzi, Clara va partir à la recherche de son sommeil. Elle le cherche partout… Grâce à ça, elle fait de multiples rencontres à qui elle demande s’ils n’ont pas vu son sommeil… Elle finit par être envahie du sommeil de chacun… Clara cherche le sommeil est un album original et un album qui donne envie de dormir ! Parfait pour le rituel du soir !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2026

Auteur : Luca Tozzi

Illustrateur : Ana Terral

Editeur : Sarbacane

Prix : 15,50 €

[BD] Sillage – Tome 25 : Alliances, de Philippe Buchet (Delcourt)

[BD] Sillage – Tome 25 : Alliances, de Philippe Buchet (Delcourt)

Couverture de Sillage tome 25 - Alliances de Philippe Buchet (Delcourt)Il est des séries qui semblent ne jamais devoir s’arrêter, parce qu’elles ont inventé un monde assez vaste pour les contenir toutes. Née en 1998 sous la double signature de Jean-David Morvan et Philippe Buchet, Sillage fête bientôt ses trente ans et atteint, avec ce Tome 25 : Alliances (Delcourt, collection Neopolis), un chiffre qui force le respect dans la science-fiction franco-belge. Toujours fidèle à Nävis, l’unique humaine d’un convoi spatial de plusieurs millions de vaisseaux, la série continue d’explorer les zones grises où se rencontrent diplomatie, conquête et désobéissance.

Ce nouvel opus marque surtout l’aboutissement d’une transition entamée ces dernières années : Philippe Buchet y assure désormais seul le scénario, le dessin et les couleurs. Le dessinateur historique de la saga en devient l’unique auteur, comme s’il reprenait à son compte l’esprit de fronde de son héroïne. Le résultat est d’une grande cohérence.

L’intrigue d’Alliances joue habilement du décalage cher à Sillage, celui qui consiste à confronter une civilisation hyper-technologique à des sociétés restées en marge. Des armes sophistiquées ont été repérées sur une planète qui vit encore à l’époque médiévale. Envoyé pour récupérer l’arsenal et libérer Juaiz détenu sur place, Rib Wund est capturé à son tour et conduit devant un roi qui ne semble rien ignorer de Sillage. Qui se cache derrière ce mystérieux souverain ? C’est tout l’enjeu de la mission confiée à Nävis, dépêchée sur place pour démêler l’écheveau et parachever ce que les autres ont échoué à accomplir.

Graphiquement, Buchet déploie une fois encore ce mélange de minutie et d’ampleur qui fait sa marque. La planète Ardhäseth, sa cité royale et ses gardes en armures donnent lieu à des vues panoramiques fouillées, contrastant avec la pureté du space opera des premières pages. Vingt-cinq tomes plus tard, Sillage n’a rien perdu de sa capacité à conjuguer aventure spectaculaire et questionnement sur l’altérité, le pouvoir et la place de l’individu dans un système qui le dépasse. Alliances confirme que la reprise en solo par Philippe Buchet, loin d’essouffler la saga, lui offre un nouveau souffle. Un volume à conseiller aux fidèles comme aux curieux, d’autant qu’il s’accompagne en fin d’album d’un dossier de huit pages, « Dans l’atelier de Philippe Buchet », qui éclaire les coulisses de cette belle longévité.

A lire !!

Extrait :

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture de Sillage tome 25 - Alliances de Philippe Buchet (Delcourt)Au fil de ses missions, Nävis a su fédérer de fidèles amis.

Des armes sophistiquées ont été repérées sur une planète qui vit encore à l’époque médiévale. Rib Wund, qui devait récupérer l’arsenal et libérer Juaiz détenu sur place, est capturé à son tour et conduit devant le roi qui ne semble rien ignorer de Sillage. Mais qui se cache réellement derrière ce mystérieux souverain ? Nävis est envoyée sur place pour tenter de parachever cette mission.

📛 FICHE ÉDITEUR

Titre Sillage – Tome 25 : Alliances
Scénario, dessin & couleurs Philippe Buchet
Éditeur Delcourt
Collection Neopolis
Genre Science-fiction, space opera, aventure
Format Grand format, couleurs, 46 pages
Date de parution 28 mai 2026
EAN 9782413088516
Prix 15,50 €

« Pessoa», le reflet plastique de Bob Wilson

« Pessoa», le reflet plastique de Bob Wilson
Photo Lucie Jansch

« Pessoa», le reflet plastique de Bob Wilson

De « Peter Pan » à « Hamlet-machine », de « Jungle Book » à « Pessoa », le metteur en scène Bob Wilson disparu le 31 juillet 2025, n’a eu de cesse, depuis un demi-siècle, de confronter son univers onirique à des oeuvres mythiques, des plus légères aux plus graves.

Son nouveau spectacle, sous-titré « Since I’ve been me », se confronte à la langue conceptuelle du Portugais Fernando Pessoa (1888-1935), l’homme aux 70 hétéronymes.

Sur la scène, sept comédiennes et comédiens grimés en avatars du poète interprètent un patchwork de textes choisis par l’écrivain-dramaturge Darryl Pinckney.

De la naissance à la mort précoce du poète, des rivages d’Afrique du Sud aux cafés lisboètes, ces drôles de fantômes en costumes de ville forment un chœur hypnotique, psalmodiant des extraits du « Livre de l’intranquillité », du « Gardeur de troupeaux » ou de « Faust ».

Passionné par les questions sur l’existence et la civilisation, Fernando Pessoa a voulu construire une œuvre qui changerait le cours de celle-ci. Une œuvre messianique qui embrasserait ainsi toutes les pensées, toutes les identités et toutes les sensations.

L’accomplissement de cette œuvre – écrite en portugais, anglais et français – constitue l’histoire de sa vie.

C’est cette démarche qui explique le processus créatif de l’auteur, cela qui l’amène, comme par nécessité, à produire des autres-lui, les hétéronymes, à travers lesquels il a construit des œuvres littéraires distinctes, tantôt classiques et en vers, tantôt avant-gardistes et en prose.

Son inventivité s’est ainsi exprimée en cultivant et en libérant les multiples moi présents dans sa tête. Il ne s’agissait pas de pseudonymes. Ils étaient tout à la fois lui et ne l’étaient pas. Pessoa les appelait des hétéronymes. Des alliés pour une grande aventure à la recherche de la voix libérée de la poésie.

Une traversée sureéelle 

De cette identité aux multiples facettes cinq figures en plus de celle du poète sont représentées sur le plateau : Alexander Search, le précurseur ; Alberto Caeiro, le maître païen ; Álvaro de Campos, le sensationniste ; Ricardo Reis, l’épicurien ; Bernardo Soares, l’intranquille.

Autant de masques différents qui constituent ou pas Fernando Pessoa, dont le nom en portugais désigne à la fois « une personne » dans le sens de quelqu’un et « masque » qu’il faudrait ici conjugués au pluriel pour en retenir la signification foisonnante.

Une variation démultipliée donc qui est très proche également de l’univers de Bob Wilson.

Où son esthétique minimaliste et troublante (abstraction du plateau décomposant des espaces géométriques délimités par une scénographie de lumières, des dégradés ou purs aplats, le tout encadré de panneaux noirs et de droits néons) fait naître un mystère, un nouveau rapport à la scène, déstructurant le temps et l’espace jusqu’à tendre à l’intemporalité.

Un jeu de miroirs aussi et sa distorsion abyssale ouverte à toutes les interprétations, qui comme le poète, sème malicieusement le trouble entre la réalité et la fiction.

Dans cette proposition, inutile de chercher à lire les sous-titres qui perdent le spectateur, et encore moins à chercher à comprendre les paroles des comédiens qui s’expriment en français, en italien, en anglais ou en portugais, car la porte d’entrée à la langue vertigineuse du poète, est ici avant tout sensorielle et non textuelle.

Ce qui peut se révéler frustrant en dépit des images magnétiques, narratives, suréelles et parfaites qui défilent sous nos yeux.

A l’abri de ces masques où le poète multipliait ses identités d’écrivain, Bob Wilson compose un univers mental et plastique à partir de son inspiration formaliste toujours aussi fascinante : éclairages monochromes, attitudes hiératiques, plans découpés façon cinéma muet, images immobiles, visage grimé en blanc, aux yeux et à la bouche marqués, gestuelle oscillant entre chorégraphie dadaïste et burlesque.

Les tableaux ultraplastiques à la perfection hypnotique – entre théâtre d’ombre, music hall et poésie pure, en passant par le nô et le cartoon – s’enchaînent et nous plonge dans une traversée aussi imprévisible que loufoque, malicieuse que surréaliste.

Dates : du 13 au 21 juin 2026 – Lieu : Théâtre de la Ville (Paris)
Mise en scène : Bob Wilson

 

L’adolescence prolongée. Un temps d’accomplissements

Dans son essai, Michel Claes propose une lecture aussi éclairante que nuancée d’un phénomène devenu central dans nos sociétés : l’allongement de l’adolescence. Loin des discours alarmistes ou simplificateurs, il invite à porter un regard plus attentif sur cette période de la vie, désormais plus longue, plus complexe et profondément révélatrice des transformations contemporaines.

L’adolescence ne se limite plus à quelques années de transition. Elle commence plus tôt, avec une puberté précoce, et s’étend bien au-delà de la majorité, dans un contexte où l’accès à l’autonomie se fait progressivement. Études prolongées, incertitudes professionnelles, dépendance économique temporaire : autant de facteurs qui redessinent les trajectoires individuelles. Mais Michel Claes ne se contente pas d’un constat sociologique. Il mobilise également les apports des neurosciences pour montrer que le cerveau humain continue de se développer jusqu’au milieu de la vingtaine, notamment dans les zones liées à la régulation émotionnelle et à la prise de décision.

Ce double éclairage, scientifique et social, permet de mieux comprendre certains comportements souvent mal interprétés. L’impulsivité, la recherche de sensations, l’intensité émotionnelle ne sont pas des anomalies, mais les signes d’un développement en cours. L’adolescence apparaît alors comme une période de grande plasticité, où les expériences vécues jouent un rôle déterminant dans la construction de l’individu.

L’ouvrage se distingue également par sa capacité à déconstruire les clichés persistants sur la jeunesse. Depuis des générations, les adolescents sont perçus comme désengagés, instables ou fragiles. Michel Claes rappelle que ces critiques sont anciennes et qu’elles traduisent souvent les inquiétudes des adultes face aux mutations du monde. En réalité, la jeunesse d’aujourd’hui est plurielle, traversée par des inégalités, mais aussi capable d’engagement et d’adaptation.

Accessible sans jamais être simpliste, L’adolescence prolongée. Un temps d’accomplissements s’impose comme un essai essentiel pour comprendre les enjeux de la jeunesse contemporaine. En réhabilitant cette période comme un temps d’apprentissage et de construction, Michel Claes invite à changer de regard : l’adolescence n’est pas un problème à résoudre, mais une étape fondamentale à accompagner.

Disponible aux éditions l’Harmattan : L’adolescence prolongée – Michel Claes

Les (pas si) bonnes manières (Glénat jeunesse)

Les (pas si) bonnes manières (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un album jeunesse à la fois rigolo et instructif : Les (pas si) bonnes manières. Tour du monde de ce qui se fait… ou pas. Et franchement, on est fan ! Ce qui est très original, c’est ce tour du monde. Si chez nous, il est très mal vu de faire un rot à table, dans d’autres pays, comme la Chine et le Maroc, cela veut juste dire que le repas était délicieux. A-t-on le droit de faire du bruit en mangeant ? Chez nous, pas vraiment ! Au Japon, plus tu fais de bruit en mangeant, plus c’est poli ! Idem en Chine ou au Sénégal ! Dans cet album, on découvre les différentes « cultures » du Monde entier, et du coup, on se rend compte que tout est possible ! Cela dépend du pays où l’on se trouve ! Les (pas si) bonnes manières est un album à lire en famille. Un chouette album avec des illustrations pleines d’humour qui nous fait voyager !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026

Auteur : Vincent Guigue

Illustrateur : Thérèse Bonté

Editeur : Glénat Jeunesse

Prix : 13,50 €

[BD] The Broken Ring – Tome 2 : This Marriage Will Fail Anyway, de Kim Chacha, Chokam & Cheong Gwa (Kbooks)

Couverture The Broken Ring Tome 2 Kim Chacha Chokam Cheong Gwa Kbooks [BD] The Broken Ring – Tome 2 : This Marriage Will Fail Anyway, de Kim Chacha, Chokam & Cheong Gwa (Kbooks)

Avec The Broken Ring, Kbooks a inauguré au printemps 2026 sa toute nouvelle collection Kily, dédiée à la romance et à la romantasy coréennes pour un lectorat adulte. Phénomène absolu en Corée du Sud avec plus de 112 millions de vues cumulées et déjà traduit aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en Chine et en Russie, le titre signe ici son arrivée en France après un tome 1 paru en février, classé « public averti ». Ce tome 2, qui paraît le 4 juin 2026, prolonge tout le sel de cette adaptation : un mariage arrangé qui tourne à l’envers, un mari infidèle qui se met à douter, et une fiancée dont le silence cache bien autre chose qu’une simple indifférence.

Nous avions chroniqué le premier tome dans nos colonnes ; ce deuxième volet prolonge l’enquête sentimentale entamée par la jeune Inès Valaztena. Fille de duc, elle a choisi à six ans son futur époux en se fiant à un seul critère : la beauté. Carcel Egcalène, brillant héritier d’une grande maison, lui paraît parfait pour servir un projet de mariage qu’elle souhaite secrètement voué à l’échec. Mais le temps passe, la vie d’adultère du fiancé devient publique, et le détachement glacial d’Inès, loin de l’arranger, le déstabilise. Le séducteur s’aperçoit qu’on ne lui demande rien, et c’est précisément ce qui lui devient insupportable.

Le scénario tient ses promesses. Chokam reprend le webnovel d’origine de Kim Chacha avec un sens aigu du non-dit et du basculement intérieur. Là où le tome 1 posait le décor d’un mariage arrangé et les rapports de force entre maisons nobles, le second resserre la focale sur l’évolution psychologique de Carcel. Ce n’est plus la femme qu’il faut séduire qui le fascine, mais celle qui ne veut pas l’être. Le récit avance par micro-décalages, regards évités, gestes mal interprétés. La mécanique fonctionne d’autant mieux que le décor – une cour aristocratique aux mœurs feutrées – laisse beaucoup de place à l’implicite et aux sous-entendus.

Le dessin de Cheong Gwa joue à plein dans cet équilibre. Les chairs sont fines, les visages très expressifs, les drapés travaillés avec un soin presque pictural. Les jeux de lumière et l’usage très souple de la couleur rappellent les meilleurs webtoons coréens du genre, sans renoncer pour autant à une mise en page de manhwa traditionnel : double-pages rares, planches aérées, regards plein cadre. Les passages plus charnels assument leur dimension adulte sans tomber dans la complaisance, ce qui justifie pleinement le label « public averti » porté par la collection.

Cette nouvelle collection Kily prend ainsi un départ ambitieux. Calibrée pour répondre à l’essor des romances coréennes traduites en France – contemporaines, historiques, romantasy ou dark romance –, elle mise sur des titres déjà éprouvés à l’international. The Broken Ring en est l’exemple type : adapté d’un webnovel à succès massif, porté par un duo scénariste-dessinatrice complémentaire et soutenu par un lectorat déjà constitué. Pour celles et ceux qui ont aimé Under the Oak Tree ou Untouchable Lady, la transition se fait sans accroc, avec ici une tension psychologique un peu plus serrée et un secret de fond qui promet de nourrir les tomes à venir. A lire !!

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture The Broken Ring Tome 2 Kim Chacha Chokam Cheong Gwa Kbooks Puisque les hommes nobles sont tous les mêmes, Inès pensait qu’il valait mieux choisir le plus beau. L’échec de ce mariage était précisément ce qu’elle espérait ! Premier titre d’une nouvelle collection de romance d’un nouveau genre…

Inès, fille de duc, souhaite que Carcel, un jeune héritier, devienne son fiancé. Puisque les nobles sont tous les mêmes, autant en choisir un beau ! Il n’est pas du genre fidèle et aimerait bien esquiver ce mariage… mais lorsqu’il apprend qu’Inès se fiche bien de son amour ou de sa fidélité, le jeune homme désire alors prouver à sa future femme qu’il peut être un époux digne d’elle !

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre The Broken Ring – Tome 2 : This Marriage Will Fail Anyway
Autrice originale (webnovel) Kim Chacha
Scénario Chokam
Dessin Cheong Gwa
Éditeur Kbooks – collection Kily (Romance / Romantasy)
Format Album broché, 149 × 210 mm, 272 pages
Date de sortie 4 juin 2026
EAN 9782382883860
Prix 16,95 €

 

[BD] Pendragon – Tome 3 : Le Roi-griffe, de Jérôme Le Gris & Benoît Dellac / Paolo Martinello (Glénat)

[BD] Pendragon – Tome 3 : Le Roi-griffe, de Jérôme Le Gris & Benoît Dellac / Paolo Martinello (Glénat)

Le trône qu’on arrache au sommet d’une montagne sacrée, on le garde rarement longtemps. C’est la leçon que Pendragon inflige, sans douceur, à son jeune Haut-Roi. Rendez-vous pour le troisième tome de cette tétralogie écrite par Jérôme Le Gris, story-boardée par Benoît Dellac et dessinée par Paolo Martinello, désormais épaulé à la couleur par Martina Pignedoli.

Petit rappel pour ceux qui prennent le train en marche. Le premier opus, L’Épée perdue (2023), plantait le décor : une Alba réinventée, à mi-chemin entre la Bretagne pluvieuse et le clan picte, où le mythe arthurien troque la tapisserie médiévale contre le bourbier celtique des origines. Le deuxième, Le Conseil des Rois (2024), ouvrait le bal des allégeances. Le Roi-griffe, lui, attaque le moment qu’on espérait tous : celui où il faut, enfin, régner.

Sur les flancs glacés du Croc de Lug, sept rois des Basses-Terres gravissent la montagne pour s’emparer de Calibùr, l’épée qui confère la légitimité divine au Haut-Roi d’Alba. Couronné au Cercle des Pierres d’Érenn, Arthur impose son autorité : les rois s’inclinent, les peuples l’acclament. La scène est superbe, hiératique, presque rassurante. Et c’est bien là le piège, parce qu’elle ne tient pas. Derrière l’unité de façade, l’amour s’effrite, les rancunes s’aiguisent, et des centaines de guerriers pictes se massent sous la bannière du Roi-Griffe, prêts à fondre sur Alba. Depuis trois tomes, Le Gris creuse une idée toute simple : Arthur n’a jamais voulu de ce trône. Le couronnement, déjà, sonnait comme une sentence. Ici, il enfonce le clou. Calibùr n’est plus une promesse de légende mais un poids ; le Cercle des Pierres se mue en poste de garde ; et la politique — cette chose dont les chansons de geste préfèrent ne pas parler — débarque avec ses compromis et ses coups bas. Régner c’est avancer sur un fil tendu au-dessus du vide.

C’est l’irruption du Roi-Griffe qui donne au récit sa colonne vertébrale. Ce chef picte rassembleur, presque chamanique, met enfin un visage sur la menace que les deux premiers tomes laissaient deviner. Sa bannière rallie justement les guerriers qu’Arthur croyait avoir ramenés à lui par sa victoire au Croc de Lug. Raté. La légitimité divine, même adoubée par l’épée sacrée, ne pèse pas lourd face à des hommes en colère. Le Gris prend un malin plaisir à confronter la légende dorée et la réalité politique, et c’est là, à mon sens, que sa relecture devient vraiment passionnante.

Côté dessin, Paolo Martinello signe les planches définitives à partir du découpage très cinématographique de Benoît Dellac. Dellac cadre comme un réalisateur, Martinello remplit l’image d’un trait généreux, presque flamboyant, qui adore les paysages immenses, les visages tannés par la pluie et les armures qui sentent la forêt mouillée. La palette de Martina Pignedoli — couleur secondaire pour la première fois sur la série — tire l’ensemble vers des verts profonds, des cuivres sourds et des nuits bleutées qui épousent parfaitement le ton du récit. Jamais l’ambiance celtique, sauvage et embrumée, n’avait aussi bien pris.

Mon seul bémol tiendrait peut-être à la densité de l’album : entre les jeux d’alliances, les nouveaux visages et la mécanique du complot, on tourne parfois les pages un peu vite, et certaines figures secondaires mériteraient qu’on s’y attarde davantage. Rien de rédhibitoire, mais on sent un album qui pose des jalons plus qu’il ne conclut.

Le Gris, on le sait maintenant, est l’un des scénaristes les plus prolifiques de l’écurie fantasy de Glénat — on l’a récemment croisé sur Skara, chasseuse de monstres — et il continue de bâtir ses récits autour de héros à contrecœur, de mythes écornés et de mondes qu’on a envie d’habiter. Pendragon en est sans doute la version la plus ambitieuse. Le premier cycle est annoncé en quatre albums : Le Roi-griffe referme la phase ascendante et met en place le conflit du tome final. On le repose avec une seule idée en tête : lire la suite. Pour une série de fantasy, difficile de faire meilleur signe.

Extrait : 

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Pendragon T3 Le Roi-Griffe

Le roi qui ne voulait pas régner. Sur les flancs glacés du Croc de Lug, sept rois des Basses-Terres gravissent la montagne pour s’emparer de Calibùr, l’épée mythique qui confère la légitimité divine au Haut-Roi d’Alba. Finalement couronné au Cercle des Pierres d’Érenn, Arthur impose son autorité : les rois s’inclinent et les peuples l’acclament ! Mais derrière l’unité apparente, l’amour s’effrite, les rancunes s’aiguisent et des centaines de guerriers pictes se rassemblent sous la bannière du Roi-Griffe, prêt à déferler sur Alba. Arthur découvre que régner équivaut à marcher sur un fil tendu au-dessus du chaos.

Jérôme Le Gris revisite librement le mythe arthurien en l’inscrivant dans le contexte historique qui aurait vu émerger cette figure légendaire. Le dessin généreux et flamboyant de Paolo Martinello nous propose un univers sauvage, empreint de mythologie celte, tout en s’appuyant sur le story-board hollywoodien de Benoît Dellac.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Pendragon – Tome 3 : Le Roi-griffe
Scénario Jérôme Le Gris
Dessin Paolo Martinello, Benoît Dellac (story-board)
Couleurs Paolo Martinello, Martina Pignedoli
Éditeur Glénat – collection 24×32
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, 56 pages
Date de sortie 10 juin 2026
EAN 9782344040164
Prix 15,50 €

 

[BD] Love is a Boxing Ring – Tomes 1 & 2, de Kaori Ozaki (Delcourt Tonkam)

Couverture Love is a Boxing Ring T1 Kaori Ozaki Delcourt Tonkam [BD] Love is a Boxing Ring – Tomes 1 & 2, de Kaori Ozaki (Delcourt Tonkam)

Kaori Ozaki revient. Cinq ans après le dernier volume de Golden Sheep, l’autrice de Our Summer Holiday et Mermaid Prince paraît chez Delcourt/Tonkam avec Love is a Boxing Ring, une duologie tendre publiée d’un seul tenant : les deux tomes paraissent simultanément en collection Seinen.

Le titre français adoucit l’original japonais, Inu to Sandbag – « le chien et le sac de frappe » –, prépublié entre 2022 et 2023 dans le magazine Gekkan! Spirits de Shogakukan. Une référence directe au punching-ball que l’héroïne s’apprête à frapper pour exorciser son passé, et au mâtin maladroit qui va s’attacher à elle malgré tout. Ozaki a toujours aimé les récits courts et concentrés : elle excelle dans le format en deux ou trois tomes, là où d’autres auraient étiré la matière sur dix volumes.

L’histoire démarre quand Nichiko, 34 ans, plie bagage à Tokyo pour regagner seule l’île de son enfance. Sur cette terre cernée par la mer et le silence, elle croise Chimaki, un jeune homme du cru qui tombe sous le charme immédiat de cette nouvelle venue à la beauté un peu trop polie pour être nette. Le pitch sonne familier — l’inconnue mystérieuse, le garçon du pays — mais Ozaki travaille ses figures à rebours des clichés. Différence d’âge, fragilités tues, maladresses partagées : la romance s’installe sans esbroufe et le ring de boxe du titre prend tout son sens à mesure que les deux protagonistes apprennent à encaisser leurs blessures.

La force d’Ozaki, c’est ce regard. Slice of life sans mièvrerie, romance sans guimauve. Ses traits épurés et ses cadrages aérés donnent une respiration particulière aux scènes intimes, et ses paysages — bord de mer, ciel saturé, lumière rasante sur des silhouettes minuscules — ont quelque chose de profondément contemplatif. Quiconque a lu Our Summer Holiday sait combien elle compose en quelques pages des atmosphères que d’autres ne trouvent qu’au bout d’un cycle entier. La même chose semble à l’œuvre ici, avec en plus une touche de comédie portée par la dynamique du couple inattendu.

Le format choisi pour cette sortie est judicieux. En proposant les deux tomes le même jour, Delcourt/Tonkam offre une lecture continue, plus proche du film que de la série au long cours. Aucun cliffhanger à subir, aucune attente entre deux volumes : on entre, on s’installe sur l’île, on en ressort un peu chamboulé. À 8,50 € pièce, le prix reste raisonnable pour une romance signée par une autrice de ce calibre, et l’ex-libris distribué à ceux qui prennent les deux opus fait office de petit bonus. La démarche rappelle celle de Smother Me, autre duologie récente que nous avons chroniquée, dans un registre nettement plus sombre.

Cette duologie tient ses promesses avec une économie de moyens remarquable : une héroïne abîmée mais debout, un partenaire crédible, une île qui devient personnage à part entière, et le geste sûr d’une autrice en pleine maîtrise. Une romance courte, douce et bien fichue, à savourer d’une traite, les deux tomes l’un après l’autre. À lire !!

 

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Love is a Boxing Ring T1 Kaori Ozaki Delcourt Tonkam

L’impatience et la maladresse peuvent parfois créer la plus pure des relations.

Nichiko, 34 ans, a quitté Tokyo pour rentrer seule dans son île natale. Chimaki, un jeune homme qui y a grandi, tombe immédiatement sous le charme de cette femme à la fois belle et mystérieuse. Sous le ciel bleu et entourée par la mer scintillante, c’est la naissance d’une histoire d’amour sincère…

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Love is a Boxing Ring – Tomes 1 & 2
Autrice Kaori Ozaki
Titre original Inu to Sandbag (犬とサンドバッグ)
Éditeur Delcourt/Tonkam – collection Seinen
Format Album broché, 132 × 184 mm — T1 : 192 pages, T2 : 208 pages
Date de sortie 4 juin 2026 (T1 et T2 simultanément)
EAN 9782413083825 (T1) — 9782413086659 (T2)
Prix 8,50 € par tome

[BD] La Grande Histoire de Picsou – Tome 03, de Don Rosa (Glénat)

Couverture La Grande Histoire de Picsou Tome 3 Don Rosa Glenat
[BD] La Grande Histoire de Picsou – Tome 03, de Don Rosa (Glénat)

Glénat poursuit sa réédition au grand format de l’œuvre de Don Rosa. Après les deux premiers volumes parus en décembre 2025 et février 2026, le troisième tome de La Grande Histoire de Picsou arrive en librairie le 10 juin 2026 dans la collection Les Grands Maîtres. Dix volumes au programme, format album 20 × 27,5 cm, 200 pages couleur : la maison grenobloise donne enfin à l’auteur du Kentucky l’écrin qu’il mérite chez nous.

Cette nouvelle édition fait suite à la Grande Épopée de Picsou, parue il y a une dizaine d’années en sept volumes. La logique éditoriale a changé : on passe de gros pavés exhaustifs à des albums plus respirants, où le dessin minutieux de Rosa retrouve l’espace dont il a besoin. Détail qui compte. Quand on connaît la densité d’arrière-plans, de clins d’œil et de citations chères à l’auteur, gagner quelques centimètres en hauteur n’est pas anodin.

Il faut se replacer dans le contexte. Don Hugo Rosa, né en 1951 à Louisville dans le Kentucky, n’a jamais caché sa dette envers Carl Barks — chroniqué dans nos colonnes via la récente parution des Âges d’Or de Picsou Tome 2. Toute sa carrière, des débuts chez Gladstone en 1987 jusqu’à son retrait en 2004, se lit comme un long hommage au maître d’Oregon. Mais Rosa n’est pas qu’un disciple. Il complète, prolonge, comble les blancs : il dessine l’arbre généalogique des Duck, exhume les amitiés et les rancœurs anciennes de Picsou, et surtout, il écrit La Jeunesse de Picsou — cette saga en douze chapitres qui lui vaudra un Will Eisner Award en 1995, l’une des plus hautes distinctions de la BD américaine.

Ses planches, on les reconnaît à l’œil. Cadres serrés, perspectives audacieuses, fonds saturés d’informations visuelles à la limite du gag caché. Et derrière, un vrai souci de cohérence historique. Quand Picsou traverse le Klondike au temps de la ruée vers l’or, ce n’est pas un décor de carton-pâte : c’est une époque travaillée, documentée, presque chronologique. Rosa raconte son personnage avec une rigueur d’historien que peu d’auteurs Disney ont eue avant lui.

Ce troisième tome poursuit cette traversée. On y retrouve l’univers familier — Donaldville, le coffre-fort, la rivalité avec Flairsou, les neveux —, mais aussi cette manière typique de Rosa de cogner sur les nerfs des Duck : drames de famille, blessures ravalées, défis impossibles. Le sarcasme caustique pique sans jamais déraper dans le cynisme. Picsou reste pingre, colérique, mais profondément humain. Et bourré de failles.

À qui s’adresse l’objet, au fond ? À plusieurs lectorats. Au collectionneur d’abord, qui voudra une édition propre et plus respectueuse du graphisme original. Au néophyte aussi, parce que chaque récit fonctionne en autonomie : pas besoin d’avoir tout lu pour entrer dedans. Et puis au parent qui cherche à transmettre quelque chose. Les histoires de Rosa parlent toujours à plusieurs niveaux — un gosse de huit ans rira aux gags visuels, son père ou sa mère savoureront les références au cinéma muet, à Jack London ou à la littérature d’aventure.

Glénat tient ici l’une de ses plus belles relectures patrimoniales du moment. À glisser dans la bibliothèque entre les Âges d’Or et la Jeunesse de Picsou. Plus d’infos sur la fiche éditeur Glénat. A lire !!


Couverture La Grande Histoire de Picsou Tome 3 Don Rosa Glenat
📖 Résumé éditeur :

L’œuvre de Don Rosa dans un nouveau format !

Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est rapidement imposé comme un des personnages les plus intéressants de l’univers Disney. Pingre et colérique, il est le héros de magnifiques aventures devenues aujourd’hui des classiques (cf. Les Âges d’or de Picsou). Pourtant c’est Don Rosa qui va marquer de son empreinte l’univers de Picsou. Ses récits sont un hommage constant au travail de Carl Barks dont il prolonge, complète et explique l’œuvre ; allant jusqu’à créer le fameux arbre généalogique de la famille Duck et surtout proposer l’histoire de la jeunesse de Balthazar Picsou. Avec des scénarios plus épiques et matures allant parfois jusqu’au drame, avec son style graphique complexe fourmillant de détails comiques et un ton sarcastique, Don Rosa a définitivement donné à Picsou son statut de personnage iconique. C’est cette œuvre majeure que nous vous proposons de (re)découvrir aujourd’hui avec cette magnifique collection en 10 volumes.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre La Grande Histoire de Picsou – Tome 03
Auteur Don Rosa (scénario & dessin)
Éditeur Glénat – Disney / Les Grands Maîtres
Format Couleurs, 20 × 27,5 cm, 200 pages
Date de sortie 10 juin 2026
EAN 9782344075128
Prix 19,00 €

Daisy & Pobi : La collection des trésors (Milan)

Daisy & Pobi : La collection des trésors (Milan)

Publik’Art vous avait déjà fait découvrir la nouvelle collection des éditions Milan avec l’univers de Daisy & Pobi, Le plus beau des gâteaux. Aujourd’hui, c’est une nouvelle aventure avec La collection des trésors. Daisy découvre un joli caillou… Alors Pobi veut, elle aussi, trouver un trésor… Et en chemin elles rencontrent leurs amis et tous ensemble, ils vont partir à la recherche de petits trésors qu’offrent la nature… Chaque album de Nathalie Dargent véhicule de belles valeurs positives ! Et les illustrations de Hyun Kim nous font rêver ! Daisy & Pobi : La collection des trésors est un album destiné aux tout-petits, à lire et relire !

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Date de parution : Mai 2026 Auteur : Nathalie Dargent Illustrateur : Hyun Kim Editeur : Milan Prix : 12,90 €

Norén, ou la famille en ruine

Norén, ou la famille en ruine
© Vincent Berenger

Norén, ou la famille en ruine

Chez Lars Norén, les familles ne se déchirent pas : elles se consument lentement sous nos yeux.

Avec « Lost and Found », mis en scène par Charles Berling au Théâtre de l’Atelier, le dramaturge suédois poursuit son implacable autopsie du couple bourgeois et de ses prolongements familiaux.

Un dimanche ordinaire, un salon quelconque, quelques phrases échangées pour tromper l’ennui : il n’en faut pas davantage pour que les fissures deviennent gouffres et que l’intimité révèle son paysage de ruines.

Les Illusions perdues

D’abord, Erik et Marie. Deux êtres qui semblent avoir épuisé jusqu’au souvenir de leur désir. Entre eux, les mots circulent comme des projectiles feutrés. Rien n’explose vraiment, mais tout est déjà détruit.

Puis arrivent leurs enfants, Anna et Peter, jeunes adultes abîmés avant même d’avoir commencé à vivre.

Chez Norén, les enfants ne sont jamais des victimes innocentes, ils sont les symptômes vivants des échecs parentaux, les prolongements maladifs d’une cellule familiale devenue incapable de transmettre autre chose que ses propres névroses.

Charles Berling comprend parfaitement cette mécanique de l’usure. Sa mise en scène refuse les effets spectaculaires pour privilégier l’étouffement progressif.

Le salon familial devient une sorte de laboratoire émotionnel où chaque silence pèse autant qu’une déclaration de guerre. Le décor, d’un réalisme légèrement stylisé, agit comme une cage invisible dont aucun personnage ne semble pouvoir s’échapper.

Berling installe une tension permanente, laissant la violence sourdre derrière le quotidien le plus banal.

Ce qui frappe surtout, c’est la modernité intacte de l’écriture de Norén. Derrière cette chronique familiale se dessine le portrait d’une société qui a perdu ses repères sans parvenir à inventer autre chose.

Les personnages cherchent désespérément un sens à leur existence mais ne trouvent que des simulacres : provocations, addictions, postures ou ressentiments.

L’auteur suédois saisit avec une lucidité presque cruelle ce moment où l’on continue à vivre alors que les raisons de vivre se sont déjà éloignées.

La distribution porte admirablement cette partition exigeante. Charles Berling compose un Erik d’une lassitude désarmée, dont chaque réplique semble surgir d’un épuisement ancien.

Face à lui, Bérengère Warluzel fait entendre toutes les fractures de Marie sans jamais céder à la démonstration.

Louise Arcangioli et Pierrick Grillet incarnent quant à eux une jeunesse égarée, oscillant entre colère, désillusion et besoin désespéré d’exister.

Tous jouent au bord du précipice, avec cette précision quasi musicale que réclame l’écriture de Norén. On ressort de « Lost and Found » avec la sensation d’avoir observé une famille au microscope. Rien n’y est héroïque, rien n’y est spectaculaire, et pourtant tout y est profondément tragique.

Charles Berling ne cherche pas à adoucir la noirceur de Norén, il en révèle au contraire la part d’humanité et même d’humour, ce rire amer qui naît lorsque les êtres continuent à se débattre alors qu’ils ont déjà perdu ce qu’ils cherchaient.

Une œuvre d’une cruauté lucide, mais aussi d’une bouleversante vérité.

Dates : du 2 au 28 juin 2026 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris)
 Mise en scène : Charles Berling

Dégustation fastueuse des vins de l’appellation californienne Chateau Montelena

A l’occasion, du 50e anniversaire du Jugement de Paris, l’Ambassade des Etats-Unis a invité journalistes et testeurs vins pour un bel évènement. Monsieur Mario Mesquita, Chef de Mission Adjoint de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, a reçu près du Champ de Mars pour une belle découverte des vins rouges et blancs du Chateau Montelena.

Pour ceux qui l’ignorent, la dégustation de 1976 est le nom donné à un concours de vin qu’organisèrent le  à l’hôtel InterContinental de Paris le marchand de vin britannique Steven Spurrier et l’Américaine Patricia Gallagher, raconté par le journaliste George Taber dans un livre du même nom. Prenant comme prétexte la célébration du bicentenaire de l’Indépendance américaine, la dégustation se fit à l’aveugle, rassemblant des vins français et californiens, des blancs à base de Chardonnay et des vins rouges à base de Cabernet Sauvignon. Cet anniversaire a été l’occasion d’accueillir le Président de Chateau Montelena, Matthew Crafton. Le Château Montelena est une propriété viticole renommée de la Napa Valley, notamment grâce au fait qu’elle ait remporté la sélection des vins blancs du fameux Jugement de Paris. Le Chardonnay du Château Montelena était en compétition à l’aveugle avec neuf autres vins français et californiens. Les onze juges ont attribué les meilleures notes au Chardonnay du Château Montelena et à la Chalone Winery, un autre producteur viticole californien. Une version fictive de la victoire du Chateau Montelena est représenté dans le film Bottle Shock sorti en 2008.

Les vins proposés ont été les suivants, tous représentatifs de la qualité de l’appellation Chateau Montelena:

  • 2022 Estate Cabernet Sauvignon:
  • 2023 Napa Valley Chardonnay
  • 2023 Napa Valley Cabernet Sauvignon
  • 2023 Zinfandel
  • 2024 Napa Valley Sauvignon Blanc
  • 2024 Potter Valley Riesling

Un évènement fastueux qui a permis de découvrir la qualité des vins du Château Montelena.

 

 

Le chien bonbon (Bayard jeunesse)

Le chien bonbon (Bayard jeunesse)

Le chien bonbon est un petit album, de la collection « Môme » des éditions Bayard, destiné aux jeunes lecteurs. Il raconte l’histoire de Crépon, un petit chien trop mignon, qui sent le bonbon ! D’ailleurs dans cet album, tout sent le bonbon : le rose et le fluo dominent ! On adore Crépon, mais lui, par contre, il n’est pas aimé des chats et des chiens car il sent trop le bonbon ! Et un jour, il fait une super rencontre à la fête foraine… Le chien bonbon nous fait craquer ! On est fan des illustrations d’Eponine Cottey !

Acheter dans une librairie indépendante Infos de l’éditeur :
Date de parution : Mai 2026 Auteur : Camille Floue Illustrateur : Eponine Cottey Editeur : Bayard Jeunesse Prix : 11,90 €

Mon père, il est super ! (Glénat jeunesse)

Mon Père, il est super ! (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album, en cette veille de la fête des Pères : Mon père, il est super ! L’auteure, Maureen Dor, traite le sujet avec beaucoup d’humour ! Le scénario, comme les illustrations de Fabien öckto Lambert, donnent le ton ! Mon père, il est super, même si il ne ressemble à rien à son réveil, qu’il sent très mauvais de la bouche, qu’il fait du sport devant sa télé, qu’il cuisine comme … Bref, vous l’aurez compris, le père de Tom est loin d’être parfait, mais il est toujours empli d’amour ! Mon Père, il est super est un chouette album à offrir à vos bambins à l’occasion de la fête des Pères, ou même à leur papa !

Acheter dans une librairie indépendante Infos de l’éditeur :
Date de parution : Mai 2026 Auteur : Maureen Dor Illustrateur : Fabien öckto Lambert Editeur : Glénat Jeunesse Prix : 13,50 €

[BD] À faire peur – l’Apiculteur, de Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse)

À faire peur – L'Apiculteur, Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse) [BD] À faire peur – l’Apiculteur, de Lylian, Ingrid Chabbert & Paul Drouin (Soleil Jeunesse)

La petite ville imaginaire de Trouillensac n’en finit plus d’accueillir des touristes mal préparés. Après le camping et le train, Soleil Jeunesse expédie cette fois ses jeunes lecteurs chez un vieil apiculteur. Le 11 juin 2026, À faire peur signe son troisième album, L’Apiculteur. Scénario par Lylian et Ingrid Chabbert, dessin de Paul Drouin – déjà au pinceau du premier tome et compagnon de route du scénariste sur Collège Apocalypse –, couleurs de Cyril Vincent.

Le tome précédent suivait Kori et Timéo. Cap, cette fois, sur Élise, onze ans, plutôt réservée. Un dimanche, elle accompagne ses parents jusqu’à la maison d’un vieil apiculteur ruiné. Papa et maman veulent racheter la propriété. L’homme refuse. Le père s’agace, menace, lâche une phrase de trop. Sur le chemin du retour, une nuée d’abeilles fond sur la voiture familiale. Pour Élise, le cauchemar commence. Pour sauver les siens, elle va devoir descendre au cœur d’une ruche peuplée d’insectes monstrueux – guidée par la voix de son amie imaginaire, qui tient bon quand son courage flanche.

Lylian et Chabbert restent fidèles à leur recette : point de vue d’enfant, démarrage banal qui dérape sans prévenir, et une héroïne forcée d’apprendre à se faire confiance. La morale ne pèse jamais trop lourd. C’est ce qui fait la force de la série depuis Terreur au camping. Les auteurs savent qu’un huit-douze ans n’a pas envie qu’on lui explique la peur ; il veut la vivre, à hauteur de personnage. Et la collection, en quelques tomes, a trouvé son équilibre : assez d’effroi pour mériter son titre, jamais trop pour décourager.

Côté image, Paul Drouin poursuit le travail entamé sur Collège Apocalypse (Soleil) et Les Géants (Glénat). Trait souple, cadrages nerveux, goût pour le grotesque. Les abeilles, ici, lui offrent un terrain de jeu idéal : œil composé énorme, mandibules trop grandes, vol erratique. Cyril Vincent peint la ruche dans une gamme de jaunes presque toxiques et de verts acides qui contraste avec les bleus froids de Trouillensac vue de dehors. Une vraie descente progressive, du quotidien jusqu’à l’étrange.

Cinquante-six pages, un récit complet : c’est sans doute la meilleure idée de la collection. Pas d’arc à rallonge, pas de cliffhanger frustrant. On ouvre, on flippe, on referme. Les enfants concernés vont s’identifier à Élise sans difficulté ; les parents qui liront par-dessus leur épaule reconnaîtront, eux, une histoire d’adultes pris dans leur propre avidité et finissant par mettre leur famille en danger. Les vrais monstres ne portent pas toujours des antennes.

Trois tomes, trois entrées dans Trouillensac, trois angles différents : L’Apiculteur se lit très bien tout seul. Lecteurs en demande de frissons mesurés, parents qui cherchent un cadeau pour un préado curieux des récits horrifiques, abonnés de Lylian déjà conquis par La Tresse ou Collège Apocalypse : la cible est large, la promesse tenue.

À lire !!

Extrait

📖 Résumé de l’éditeur

À faire peur – L'Apiculteur

Dans les guides touristiques, Trouillensac est une petite ville paisible. Dans la réalité, c’est un vrai cauchemar, avec d’innombrables phénomènes terrifiants. Elise, 11 ans, va devoir explorer une ruche remplie d’abeilles monstrueuses pour tenter de sauver sa famille.

Elise, 11 ans, est une fille timide et réservée. Un dimanche, elle accompagne ses parents qui veulent s’emparer de la propriété d’un vieil apiculteur. Même s’il est ruiné, l’homme refuse. Le père menace et assure qu’il gagnera à la fin. Sur le chemin du retour, la famille est attaquée par une nuée d’abeilles. Pour Elise, le cauchemar ne fait que commencer. Courageuse, conseillée par son amie imaginaire, elle devra plonger au cœur d’une ruche chaotique et monstrueuse pour sauver ses parents.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre À faire peur – L’Apiculteur
Série À faire peur (tome 3)
Scénario Lylian, Ingrid Chabbert
Dessin Paul Drouin
Couleurs Cyril Vincent
Éditeur Soleil – Jeunesse
Format Album cartonné, 228 × 300 mm, 56 pages
Date de sortie 11 juin 2026
EAN 9782302107120
Prix 11,50 €

[BD] Le Roi David, d’Élie Chouraqui & Marco Bianchini (Glénat)

Couverture Le Roi David Chouraqui Bianchini Glénat [BD] Le Roi David, d’Élie Chouraqui & Marco Bianchini (Glénat)

Glénat ouvre un chantier ambitieux : Les Grands Mythes de la Bible, nouvelle collection qui entreprend de mettre en images les figures fondatrices de l’Ancien Testament. Le Roi David en est le premier opus, à paraître le 10 juin. Le scénario est signé Élie Chouraqui, cinéaste et metteur en scène de la comédie musicale Les Dix Commandements. Au dessin, l’Italien Marco Bianchini, croisé récemment sur La Marne ou La Blanche Nef, pose les images d’un récit que tout le monde croit connaître – et que la BD se charge de redéployer en quarante-huit pages cartonnées.

Sur le modèle de La Sagesse des Mythes, qui défriche depuis une dizaine d’années les récits gréco-romains, nordiques ou égyptiens en bande dessinée, Glénat applique ici la même grammaire à l’héritage biblique : un mythe, un volume, un duo auteur-dessinateur, un appareil documentaire en fin d’ouvrage pour donner les clés historiques et théologiques. Aux côtés du Roi David, on trouve Moïse du même Chouraqui (dessin de Giulia Pellegrini), puis les deux tomes de L’Exode. Une collection à suivre, donc, dans laquelle Le Roi David joue le rôle de premier jalon.

L’histoire est connue. Berger choisi par Dieu, le jeune David affronte le géant philistin Goliath avec une fronde et la foi pour seules armes. Il triomphe, gagne le cœur du peuple… et la défiance jalouse de Saül. S’ensuit un long parcours d’exil, de batailles et de remords avant l’avènement sur le trône d’Israël et la transmission du sceptre à son fils Salomon. Chouraqui parcourt ce destin sur le format ramassé d’un one-shot, en gardant l’éloquence et le sens du grand récit qu’on lui connaît au cinéma comme au théâtre.

Sa voix de réalisateur se reconnaît dans la mise en scène : compositions amples, dialogues nourris, scènes de bataille travaillées comme des séquences. On se souvient que son parcours – Mon premier amour, Ô Jérusalem, Qu’est-ce qui fait courir David ? – flirtait déjà avec les territoires de l’épopée et du film à grand spectacle. La bande dessinée n’est pas pour lui un terrain inconnu : il avait piloté Le Héros du Louvre chez Glénat avec Letizia Depedri, déjà adossé à un sujet patrimonial. Le passage au mythe biblique prolonge logiquement cette trajectoire.

Marco Bianchini, lui, fait l’essentiel de sa carrière sur les terres de la BD historique. Formé sur des titres Bonelli dans les années 80, il a aligné chez Glénat plusieurs ouvrages remarqués : la série 999, À l’aube de rien du tout avec Denis-Pierre Filippi, plusieurs tomes de Vinifera avec Éric Corbeyran, puis Falkland et La Marne avec Jean-Yves Delitte. Son trait précis, sa documentation soignée et son sens de la mise en page épique servent à merveille les paysages arides, les costumes hébraïques et les chocs guerriers que réclame le récit davidien. Une postface confronte la vision de Chouraqui à celle de théologiens et d’universitaires, prolongement bienvenu pour qui veut creuser le contexte.

À l’arrivée, Le Roi David vise un public large : amateurs de fresques historiques, lecteurs en quête de récits patrimoniaux, et plus simplement curieux d’une figure dont la postérité culturelle dépasse largement la sphère religieuse. On pourra le lire dans la continuité d’autres BD bibliques publiées chez Glénat, comme Les Explorateurs de la Bible chroniqués dans nos colonnes. Le portrait s’annonce dense, le format premium (24 × 32 cm), et la pédagogie revendiquée par l’éditeur. À découvrir le 10 juin, et à suivre dans les mois qui viennent au fil des autres figures de la collection.

Extrait :

📖 Résumé de l’éditeur

Couverture Le Roi David Chouraqui Bianchini Glénat « Sois juste, car c’est dans la justice qu’est le grand secret du bien être des hommes. »

Dans un royaume en proie aux guerres et aux complots, le jeune berger David est choisi par Dieu pour devenir roi d’Israël. Encore enfant, il affronte le terrible Goliath, géant philistin qui terrorise les armées de Saül. Armé de sa foi et d’une simple fronde, David triomphe là où tous ont échoué… Mais ce n’est que le début d’un destin hors du commun. Du héros adulé au fugitif traqué, David devra survivre à la jalousie du roi Saül, aux trahisons, aux guerres fratricides et aux épreuves de l’amour. Son ascension est une leçon de courage, de sagesse et de justice, transmise à son fils Salomon, le futur roi d’Israël.

📚 FICHE ÉDITEUR

Titre Le Roi David
Scénario Élie Chouraqui
Dessin Marco Bianchini
Éditeur Glénat – collection Les Grands Mythes de la Bible
Format Album cartonné, 240 × 320 mm, 48 pages
Date de sortie 10 juin 2026
EAN 9782344054659
Prix 15,50 €

 

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie
Henri Rousseau La Noce, 1905 Huile sur toile H. 163 ; L. 114 cm avec cadre H. 185 ; L. 135 ; P. 14 cm (Collection Musée de l’Orangerie © photo : RMN-Grand Palais (Musée de l’Orangerie) / Hervé Lewandowski)

L’étrange exactitude d’Henri Rousseau au musée de l’Orangerie

Au Musée de l’Orangerie, l’exposition Henri Rousseau, « l’ambition de la peinture » ne raconte pas seulement l’histoire d’un peintre, elle raconte celle d’un malentendu persistant.

On continue d’entrer chez Henri Rousseau avec un sourire légèrement condescendant, comme si l’on allait rendre visite à un cousin singulier de l’histoire de l’art : attachant, maladroit, presque naïf. L’exposition s’applique précisément à faire tomber ce réflexe-là.

Le rêve contre les règles

Il y a quelque chose d’assez fascinant dans la manière dont Rousseau semble avoir peint contre son époque tout en finissant par l’annoncer.

Il ne possède ni la virtuosité académique des uns, ni les audaces théoriques des autres. Il avance ailleurs, dans une géographie qui lui appartient. Ses personnages ont parfois la raideur des rêves dont on se souvient mal.

Ses paysages ressemblent à des décors qui hésiteraient entre l’enfance et l’inquiétude. Rien n’est complètement juste, mais tout paraît étrangement exact.

L’intelligence de cette exposition est de ne pas enfermer Rousseau dans la case confortable du « Douanier naïf ». Elle rappelle une ambition trop souvent minimisée : celle d’un artiste qui voulait être reconnu parmi les grands peintres de son temps.

Et le mot ambition, ici, n’a rien d’anecdotique. Il traverse le parcours comme une ligne discrète mais tenace. Rousseau ne peignait pas comme quelqu’un qui s’excuse d’être là, il peignait comme quelqu’un persuadé d’avoir une place à conquérir.

Les rapprochements avec d’autres artistes éclairent certaines filiations, mais rien ne peut se substituer à sa singularité : cette impression d’être devant une peinture qui ne ressemble qu’à elle-même.

Et c’est là que réside le trouble durable de Rousseau. Devant ses toiles, on a souvent l’impression que quelque chose résiste aux mots.

Les jungles ne sont pas vraiment des jungles ; les portraits ne sont pas vraiment des portraits ; les scènes semblent toujours légèrement déplacées, comme si elles existaient une seconde avant la logique.

On ressort alors avec une sensation assez rare : celle de ne pas avoir revu un peintre connu, mais de l’avoir rencontré pour la première fois. Certains artistes impressionnent. D’autres séduisent.

Henri Rousseau, lui, continue d’intriguer. Et il existe peu de formes plus persistantes de réussite artistique.

Dates : du 25 mars au 20 juillet 2026 – Lieu : Musée de l’orangerie (Paris)

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