[BD] Les Reines de Sang – Irène de Byzance, l’Iconophile, Tome 2, de Corbeyran & Ippóliti (Delcourt)
La collection « Les Reines de Sang » des éditions Delcourt s’est imposée comme une référence en matière de BD historique, donnant vie à des figures féminines exceptionnelles trop souvent reléguées dans l’ombre des grandes fresques historiques. Après Marie Stuart, Catherine de Médicis ou encore Aliénor d’Aquitaine, c’est la fascinante Irène de Byzance qui bénéficie d’un diptyque signé Éric Corbeyran, scénariste prolifique aux 450 albums, et de l’Argentin Gabriel Ippóliti, dont le style expressif s’est forgé entre illustration de presse et bande dessinée.
Ce second tome conclut le portrait de la première femme à avoir régné seule sur l’Empire byzantin, au VIIIe siècle. Irène navigue dans un monde d’intrigues où chaque alliance peut se retourner contre elle. Charlemagne rejette l’union projetée entre leurs enfants, le jeune Constantin se laisse influencer par son ambitieuse épouse Marie d’Arménie, et les fidèles conseillers peinent à maintenir la cohésion autour d’une impératrice que sa propre famille menace désormais de supplanter. Corbeyran tisse ainsi des fils narratifs multiples, rendant palpable la précarité permanente du pouvoir de cette femme hors du commun.
Ippóliti apporte à cet univers une dimension picturale remarquable. Ses illustrations convoquent l’or des mosaïques byzantines, la pourpre impériale et la gravité des palais de Constantinople avec une maîtrise qui tient autant de la peinture d’histoire que de la BD. Les visages, minutieusement travaillés, restituent la psychologie complexe de ces personnages déchirés entre loyauté, ambition et survie.
Ce tome 2 s’impose comme une conclusion digne d’un personnage qui méritait cette mise en lumière. Pour les amateurs de BD historique et les passionnés d’histoire médiévale, c’est un album à lire.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance
Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance, première femme à régner seule sur l’Empire byzantin. De régente à impératrice, elle restaure le culte des icônes et gouverne sans relâche pour maintenir son pouvoir. L’histoire palpitante d’une Reine de sang, déterminée à défier les conventions et à se battre pour ses convictions dans un empire dominé par les hommes. Irène fait face à un revers diplomatique : Charlemagne rejette l’union prévue entre leurs enfants et conteste les décisions du concile de Nicée. Ignorant les conseils de Staurakios, l’impératrice désigne Marie d’Arménie comme épouse pour son fils Constantin. Mais la jeune femme, aussi charmante qu’ambitieuse, souffle à son mari l’idée de supplanter sa mère… Et si le plus grand danger venait de l’intérieur ?
Date de parution : 21 mai 2026 Auteurs : Éric Corbeyran (scénario) & Gabriel Ippóliti (dessin & couleurs) Éditeur : Delcourt Collection / Série : Les Reines de Sang – Histoire & Histoires Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Daisy et Pobi – Le plus beau des gâteaux, de Nathalie Dargent & Hyun Kim (Éditions Milan)
Les Éditions Milan lancent une nouvelle collection d’albums avec Daisy et Pobi, deux amies inséparables au graphisme inspiré de l’univers graphique coréen. Nathalie Dargent, auteure parisienne aux nombreux titres publiés chez Milan (notamment la série Les Inséparables), signe le texte de cette nouvelle aventure, illustrée par Hyun Kim, artiste dont le travail explore la nostalgie de l’enfance à travers un style kawaï empreint de fraîcheur et de spontanéité.
Dans cet album, Daisy prépare une fête avec son amie Pobi et décide d’aller chercher le plus beau gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Sur le chemin du retour, la gourmandise de leurs amis — Félix, Pluche, Basil — menace de faire disparaître le précieux gâteau avant même la fête. Qu’à cela ne tienne : Daisy et Pobi décident de cuisiner elles-mêmes leur propre pâtisserie. Un récit simple et lumineux sur la générosité, le partage et la joie de faire ensemble.
L’univers graphique de Hyun Kim est l’atout majeur de cet album. Ses illustrations débordantes de couleurs vives créent une atmosphère irrésistiblement joyeuse. Le graphisme kawaï, directement inspiré de l’univers coréen, apporte une touche de modernité et d’originalité qui distingue cette collection dans le paysage de l’édition jeunesse. Les personnages — Daisy la souris et Pobi le blaireau — sont immédiatement attachants, dotés de personnalités bien distinctes que l’on retrouvera au fil des prochains albums annoncés.
Un premier album de qualité pour cette nouvelle collection, idéal à partir de 3 ans pour découvrir des valeurs d’amitié et de partage dans un univers plein de douceur et de fantaisie.
Résumé éditeur :
Bienvenue dans le monde enchanté de Daisy et Pobi !
Daisy prépare une fête avec son amie Pobi, et qui dit fête, dit gâteau. Elle prend son vélo pour acheter un gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Elle choisit le plus gros et le plus beau gâteau, emballé dans une jolie boîte. Sur le chemin du retour, elle croise plusieurs amis : Félix, Pluche, Basil… et ils veulent tous goûter le magnifique gâteau. Si bien que, le soir venu, il n’en reste plus… Daisy et Pobi décident alors de cuisiner elles-mêmes un gâteau. Elles réunissent tous leurs amis, et même les fourmis, qui ont mangé la dernière part, sont là. Au milieu des confettis, la fête est très réussie !
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Nathalie Dargent (texte) & Hyun Kim (illustrations) Éditeur : Éditions Milan Collection / Série : Daisy et Pobi – Album jeunesse – Dès 3 ans Format / Pages : 32 pages
[BD] Les Âges d’Or de Donald – Tome 2, Collectif Disney (Glénat)
Depuis sa création en 1934, Donald Duck est devenu l’un des personnages les plus aimés de l’univers Disney. Sous son béret et son costume de marin, ce canard colérique, vantard et malchanceux cache en réalité un cœur d’or : souffre-douleur de l’Oncle Picsou et de Gontran, il reste un père de substitution attentionné pour Riri, Fifi et Loulou, et un amoureux éperdu de la belle Daisy. Glénat poursuit avec ce second tome sa belle initiative de rassembler les récits incontournables du canard le plus célèbre de Disney sous les pinceaux des plus grands artistes de la maison.
Cette collection « Âges d’or » s’inscrit dans une tradition éprouvée des grandes anthologies de BD, qui permettent de redécouvrir des œuvres parfois introuvables ou oubliées dans une fabrication soignée. Le tome 2 couvre la période 1940-2001, convoquant des talents aussi variés que Carl Barks — le légendaire « Good Duck Artist » auteur de Donald et le trésor du pirate (1942) — et des dessinateurs européens comme Daan Jippes, Freddy Milton ou Lars Jensen & Flemming Andersen. Six récits complets qui illustrent l’extraordinaire longévité créative du personnage.
La diversité des styles graphiques rassemblés dans ce volume est l’un de ses atouts majeurs. Des lignes claires et dynamiques de l’école américaine aux influences européennes plus texturées, chaque planche témoigne d’une époque et d’une sensibilité artistique distincte. C’est aussi l’occasion de mesurer combien Donald a traversé les décennies sans vieillir, s’adaptant à des contextes narratifs très différents tout en conservant son caractère inimitable.
Un bel objet éditorial, accessible et généreux, idéal pour initier les plus jeunes à l’histoire du 9e art via un personnage qu’ils connaissent, et pour permettre aux adultes de savourer ou redécouvrir des classiques du canard hystérique.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Des histoires d’anthologie signées par les plus grands artistes Disney
Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transi de la belle Daisy. Présentée dans une fabrication soignée de 200 pages, la collection des « Âges d’or de Donald » rassemble les récits incontournables du canard hystérique sous les pinceaux des plus grands artistes Disney : Carl Barks (Donald et le trésor du pirate – 1942 ; Sprint galactical – 1948 ; Perdus dans les Andes – 1949 ; Le Casque d’or – 1952), mais aussi de Daan Jippes & Freddy Milton (Rançon ou récompense ; 1980) et de Lars Jensen & Flemming Andersen (Gare au Gobbleur ! ; 2001). Avec 6 récits couvrant la période des années 1940 à 2001, ce deuxième volume réunit les folles aventures du canard le plus emblématique de l’univers Disney !
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Collectif Disney Éditeur : Glénat Collection / Série : Les Âges d’Or de Donald – Couleurs Format / Pages : 208 pages – 20 x 27,3 cm
[BD] Goldfish, de Brian Michael Bendis (Delcourt Contrebande)
Brian Michael Bendis est l’un des noms les plus importants du comics américain contemporain. Avant de révolutionner l’univers Marvel avec ses runs légendaires sur Daredevil, Ultimate Spider-Man ou Alias, il a d’abord imposé son style dans le domaine du roman graphique noir et urbain. Goldfish, troisième volet de sa trilogie indépendante après Torso et Jinx, est considéré par beaucoup comme son œuvre la plus sombre et la plus personnelle.
David Gold — surnommé « Goldfish » — revient dans sa ville natale après des années d’absence. Un seul but : retrouver son fils. Mais la ville l’a changé et son ancien monde le rattrape : son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds, son meilleur ami est devenu inspecteur de police. Entre passé impossible à fuir et avenir qu’il veut construire, Goldfish est un homme en équilibre précaire, coincé dans le dilemme de tout bon protagoniste noir : peut-on vraiment changer ?
Bendis dessine lui-même ses histoires indépendantes, et son style graphique est immédiatement reconnaissable : un noir et blanc contrasté, un encrage expressif, des cadrages serrés qui servent brillamment le rythme haletant de ses récits. L’influence du film noir de Dashiell Hammett ou de Raymond Chandler est palpable, comme une ambiance de roman policier américain transposée en cases. La narration en voix off, les dialogues percutants et la construction dramatique témoignent du talent exceptionnel d’un auteur qui a forgé son art loin des grands studios.
Avec Goldfish, Delcourt Contrebande rend accessible au public francophone un classique du roman graphique américain indépendant, et l’occasion de comprendre d’où vient le Bendis qui a ensuite électrisé Marvel.
Résumé éditeur :
Après Torso et Jinx, le troisième volet des romans graphiques signés Brian Michael Bendis
Après des années d’absence, l’escroc David Gold — surnommé « Goldfish » — est de retour dans sa ville natale. Il est revenu pour une seule et unique raison : son fils. Cet énigmatique arnaqueur retrouve ses anciens repaires et découvre que son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds de la ville, tandis que son plus vieil ami (et ancien complice) est devenu inspecteur de police. Face à un destin aussi implacable, comment Goldfish pourra-t-il reconquérir le seul être qui compte encore pour lui ?
Date de parution : 13 mai 2026 Auteur : Brian Michael Bendis (scénario & dessin) Éditeur : Delcourt Collection / Série : Contrebande – Roman graphique Format / Pages : Cartonné – 280 pages
Le Petit Mouton de Ménilmontant, d’Aurélie Castex & Sharon Amanda Massey (Gautier-Languereau)
Aurélie Castex est une figure bien connue du monde de la littérature jeunesse française. Illustratrice et autrice de nombreux albums et bandes dessinées documentaires pour la jeunesse (Terre Ferme, Les Nouveaux Venus, À la poursuite du déjeuner d’Odile…), elle met en images avec Le Petit Mouton de Ménilmontant un texte délicat et poétique de Sharon Amanda Massey, dans un style aquarellé non sans charme.
Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. Cette rencontre inattendue dans les rues de Paris devient le point de départ d’une promenade poétique à travers les quartiers colorés de Ménilmontant, au fil de laquelle Léo découvre la fantaisie qui sommeille en lui. L’album déroule un message essentiel : oser être soi-même, accepter sa singularité et trouver sa propre façon de danser dans le monde.
Aurélie Castex illustre avec talent ce texte en insufflant une atmosphère chaleureuse et fantaisiste. Son trait aquarellé capture habilement la lumière et la vie des rues parisiennes, créant un univers où le réel et le merveilleux coexistent naturellement. Les illustrations fourmillent de détails amusants qui invitent à l’observation et stimulent l’imagination des plus jeunes.
Ce duo artistique signe un album touchant, idéal pour aborder avec les enfants la question de la confiance en soi et de l’affirmation de son identité. Une balade poétique dans les rues de Paris, à partager en famille.
Extrait de l’album :
Résumé éditeur :
Une balade poétique et fantaisiste dans les rues de Paris pour apprendre à oser être soi-même.
Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. C’est le début d’une promenade poétique pour découvrir toute la fantaisie qui se cache en lui. Un duo artistique plein de grâce et d’imaginaire.
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Sharon Amanda Massey (texte) & Aurélie Castex (illustrations) Éditeur : Gautier-Languereau Collection / Série : Album jeunesse – Dès 3 ans Format / Pages : 210 mm x 280 mm – 32 pages
[BD] La Tour – Tome 3, de Jan Kounen, Omar Ladgham & Salvo (Glénat / Comix-Buro)
La Tour est une série de science-fiction née d’une collaboration singulière entre Jan Kounen, réalisateur emblématique de Dobermann et Coco Chanel & Igor Stravinsky, et Omar Ladgham, scénariste et réalisateur aux multiples récompenses. Leur univers dystopique, mis en images par le dessinateur Salvo, forme depuis ses débuts un récit ambitieux et haletant sur l’avenir de l’humanité.
Nous sommes en 2072. Trente ans que la civilisation humaine survit à la verticale, depuis qu’une bactérie dévastatrice a décimé la quasi-totalité de la population mondiale. Dans ce troisième et dernier tome, les tensions atteignent leur paroxysme : Ingrid refuse d’intervenir après la disparition d’Aatami, tandis que Caem prépare une contre-révolution. Mais l’espoir surgit là où personne ne l’attendait : au cœur d’une forêt consciente, un jeune Intra immunisé contre la bactérie réapparaît, incarnant la promesse d’une nouvelle humanité. L’issue de ce face-à-face entre survie et effondrement se joue dans les dernières pages de cet opus conclusif.
Salvo déploie dans ce tome final un travail graphique toujours très apprécié. Ses planches allient des compositions architecturales vertigineuses — la Tour, cet édifice-monde qui a donné son nom à la série — à des moments d’une grande intimité émotionnelle. Le scénario de Ladgham et Kounen, dense et rythmé, offre un dénouement à la hauteur des enjeux posés depuis le début.
Ce tome 3 confirme que La Tour est une séries de SF inventive, au récit maîtrisé, qui offre un bon divertissement.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Quand l’espoir renaît au creux de la forêt
2072. Cela fait 30 ans que l’Humanité vit à la verticale. Depuis qu’une bactérie a décimé la quasi-totalité de la civilisation, les survivants s’entassent pour se protéger d’une contamination mortelle. Dans ce microcosme divisé, les tensions entre les Anciens et la jeune génération, les Intras, atteignent leur paroxysme. Ingrid, très secouée par la disparition d’Aatami, refuse d’intervenir pour rétablir l’ordre, dans le même temps Caem prépare une « contre-révolution ». Pourtant un espoir subsiste : Aatami ! Alors que tout le monde le croyait mort, le jeune Intra réapparaît au cœur d’une forêt consciente, protégé par Marie, une I.A. aux motivations très ambiguës. Immunisé contre la bactérie, il incarne la promesse d’une nouvelle Humanité. Mais cette révélation fracture les alliances… Entre trahisons, manipulations et affrontements, la Tour devient le théâtre d’un combat ultime : survivre ou s’effondrer.
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Jan Kounen & Omar Ladgham (scénario) / Salvo (dessin & couleurs) Éditeur : Glénat / Comix-Buro Collection / Série : La Tour – Science-fiction Format / Pages : Cartonné – 64 pages
Sakamon Castle : Bienvenue à l’auberge (Glénat jeunesse)
Les éditions Glénat jeunesseviennent de sortir une nouvelle série BD : Sakamon Castle. Le premier tome : Bienvenue à l’auberge va enchanter nos lecteurs dès l’âge de 7 ans ! Cette BD raconte les aventures complètement déjantées de Sakamon, un drôle de “monstre” qui est en réalité… un sac de navets ensorcelé ! Il dirige une auberge magique et un peu chaotique où passent toutes sortes de créatures farfelues. Dans cette auberge, rien ne se déroule normalement : Sakamon fait bêtise sur bêtise, Bloudiradi prépare des potions étranges, Maminosor cuisine des plats assez douteux, et les clients doivent survivre à ce service catastrophique ! Au fil des pages, on découvre un univers humoristique et absurde, peuplé de personnages attachants comme une sorcière dinosaure, un chien-nénuphar ou encore une grenouille stagiaire amoureuse du jardinier. Malgré son apparence “terrifiante”, Sakamon est surtout très mignon et maladroit. Sakamon Castle est une BD drôle, pleine de gags, de créatures imaginaires et d’ambiance fantasy décalée, pensée pour les jeunes lecteurs.
Trente-cinq ans déjà ! Né en 1991 sous le crayon tendre et facétieux de Philippe Matter, le petit louveteau au pelage brun et au regard malicieux n’a pas pris une ride. Pour célébrer cet anniversaire mémorable, Hachette Enfants ressort l’un des titres emblématiques de la série, L’anniversaire de Mini-Loup, dans une édition spéciale anniversaire parée d’une couverture super brillante aux mille couleurs. Un cadeau pour les enfants, mais aussi un clin d’œil ému aux parents et grands-parents qui ont grandi avec ce héros lors de leurs propres soirées lecture.
Dans L’anniversaire de Mini-Loup, c’est jour de fête… enfin, en théorie. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Mini-Loup, mais quelque chose cloche : ses parents semblent affairés, presque distants, et ses amis – Anicet, Doudou, Mini-Pic et toute la joyeuse bande – sont étrangement introuvables. Mini-Loup tourne en rond, l’air un peu boudeur, persuadé que tout le monde a oublié son grand jour. Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une superbe surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur par tous ceux qu’il aime ! Mais chuuut, c’est une surprise…
On retrouve avec bonheur la patte graphique de Philippe Matter, ses aquarelles douces et chaleureuses, ses personnages expressifs et ce sens du détail qui invite l’enfant à scruter chaque page : un ballon qui s’envole, un cadeau caché derrière une porte, un gâteau monumental couronné de bougies. Les double-pages fourmillent de petites scènes drôles que les jeunes lecteurs adorent décrypter. La nouvelle couverture, ultra colorée et brillante, met particulièrement en valeur le motif de confettis multicolores qui célèbre dignement le ton festif de l’album.
Au-delà de l’aspect collector, c’est bien l’histoire qui touche : le mélange tendre et universel de la peur d’être oublié et de la joie de la surprise. Philippe Matter, créateur d’une série forte de plus de deux cents titres traduits dans une vingtaine de langues, a toujours su parler aux tout-petits avec une finesse rare. Dès 3 ans, les enfants comprennent les émotions de Mini-Loup, partagent sa déception passagère puis son émerveillement final. C’est exactement le genre d’album qu’on relit avec eux, encore et encore, au moment du coucher.
Cette édition Spécial 35 ans ! est une bien jolie occasion de (re)découvrir Mini-Loup, en famille. Que ce soit pour offrir le jour d’un anniversaire – le clin d’œil est tout trouvé – ou pour entrer dans la collection par sa porte la plus festive, ce nouvel opus a tout pour devenir un incontournable de la chambre des petits. À glisser sous le sapin, dans un sac d’école ou au fond d’un panier de naissance, en se rappelant que les meilleures histoires, comme les bons amis, savent traverser les années sans rien perdre de leur magie. Pour prolonger les ballades en jeunesse, on peut filer relire notre chronique de Hue Cocotte ! (Glénat Jeunesse), un autre album à déguster en famille. Plus d’infos sur la série côté éditeur : Mini-Loup chez Hachette Enfants.
A lire !!
Résumé éditeur : Une édition spéciale avec une couverture super brillante aux mille couleurs pour célébrer l’anniversaire de Mini-Loup ! Pour son anniversaire, ses parents sont tous occupés et ses amis sont introuvables… Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une belle surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur ! Mais chuuut c’est une surprise !
Date de sortie : 8 avril 2026 Auteur : Philippe Matter Éditeur :Hachette Enfants Format : 19 × 26 cm
Prix : 6,95 € TTC EAN : 9782017347668 Public : dès 3 ans Pages : 32
Il suffit parfois d’un caillou ramassé au détour d’un chemin, lisse, scintillant, étrangement lourd dans la paume, pour qu’une journée d’enfance bascule du côté du merveilleux. C’est ce moment-là, infiniment fragile et précieux, que Un Caillou magique choisit de mettre en images et en mots. Signé par Béatrice Courtot au texte et illustré avec une grande tendresse par Éloïse Oger, l’album s’adresse aux lecteurs dès 3 ans.
Au cœur du récit, il y a Alba, une petite fille qui collectionne les cailloux. Pas n’importe lesquels : les plus brillants, les plus ronds, les plus secrets, ceux qui semblent garder en eux un éclat venu d’ailleurs. Chaque trouvaille est l’occasion d’un voyage minuscule, d’une rêverie qui prend racine dans le creux de sa main. Un Caillou magique raconte cette manière toute particulière qu’ont les enfants de transformer l’ordinaire en trésor, de prêter à un galet la mémoire d’un volcan, à un quartz la lumière d’une étoile, à un fragment de granit une histoire entière de rivières et de saisons.
Le texte de Béatrice Courtot épouse la cadence d’une comptine murmurée. La phrase est courte, ciselée, attentive à ce que l’enfant entende et goûte chaque mot. Aux pinceaux, Éloïse Oger déploie un univers visuel d’une chaleur immédiate. Sa technique mêle textures peintes à l’acrylique et finitions numériques, dans une palette qui sent bon la mousse, la terre et les après-midis d’été. Les cailloux d’Alba forment, page après page, une mosaïque vivante : chacun semble peint comme un petit personnage, avec ses veines, ses scintillements, sa personnalité propre. Le regard de l’enfant devient alors le nôtre, invité à scruter le sol, à se pencher, à ralentir.
Sur 32 pages au format généreux 215 × 250 mm, Un Caillou magique avance comme une promenade buissonnière. C’est un album qui appelle la lecture à voix haute, partagée sur le canapé ou sur l’herbe, où les images prennent leur temps et où les enfants reconnaissent leurs propres collections de trésors – plumes, coquillages, feuilles, brindilles. À l’heure où l’on s’inquiète, à raison, du rapport des plus petits à la nature, ce livre offre un antidote tendre. Il rappelle simplement que la beauté du monde tient parfois dans un caillou de rien du tout, à condition de prendre le temps de le regarder. On retrouve ici la sensibilité qui fait depuis longtemps la signature de la maison Gautier-Languereau. Pour prolonger la promenade, on pourra aussi (re)découvrir Un Grand Voyage, de Michael Rosen et Daniel Egnéus, autre belle parution maison qui partage ce goût pour les voyages intimes et l’imaginaire ouvert.
Résumé éditeur
La nature peut réserver bien des surprises ! Alba collectionne les cailloux et y découvre des trésors chargés d’histoires et de rêves… Une histoire poétique sur les merveilles qui nous entourent.
Date de parution : 29 avril 2026 Texte : Béatrice Courtot Illustrations : Éloïse Oger Éditeur : Gautier-Languereau Format : 215 × 250 mm
Prix : 12,99 € TTC EAN : 9782017737014 Public : dès 3 ans Pages : 32 pages
[BD] Ce qu’il reste de toi et moi, de Lylian & Sophie Ruffieux (Soleil)
Avec Ce qu’il reste de toi et moi, Lylian (au scénario) et Sophie Ruffieux (au dessin comme à la couleur) signent un récit complet paru chez Soleil le 7 mai 2026. En 124 pages d’un format album généreux, le duo ausculte la lente érosion d’un couple ordinaire et donne à voir, sans pathos ni leçon de morale, ce qu’il subsiste d’une histoire d’amour quand les certitudes se sont dissoutes.
Armelle et Entso vivent ensemble depuis quinze ans. Un travail, des enfants, une petite maison en banlieue parisienne, des matins identiques aux précédents : le décor est posé d’emblée, et il est presque trop familier. Lui rentre tard, elle compose entre les cartables, les courses et les courriels. La passion fondatrice n’a pas disparu d’un coup ; elle s’est diluée dans la routine, recouverte par les listes du dimanche soir et les heures passées côte à côte à faire défiler un écran. Tout va bien, en somme — sauf que rien ne va plus vraiment.
Le déclencheur, lorsqu’il survient, n’a rien de spectaculaire. Au cours d’un moment intime, une conversation s’engage : un mot maladroit en appelle un autre, les reproches affleurent, la digue cède. Lylian sait à quel point une dispute conjugale tient de l’archéologie : on ne hurle pas pour ce qui se passe ici et maintenant, on hurle pour les années qu’on s’est tues. La crise éclate, donc, et avec elle l’évidence : Armelle et Entso ne se reconnaissent plus dans le couple qu’ils sont devenus. La séparation s’impose, fragile issue d’un naufrage que personne n’avait osé nommer.
Le pari de Ce qu’il reste de toi et moi n’est pas tant de raconter cette rupture que d’observer ce qu’il en demeure. Éloignés mais ensemble, comme l’écrit l’éditeur, les deux personnages vont apprendre à se réinventer, séparément puis l’un face à l’autre. Le scénariste évite les écueils du roman graphique de divorce : ni catharsis vengeresse, ni réconciliation factice, ni grand discours sur l’amour moderne. Il préfère la justesse des silences, les non-dits qui font tenir une famille debout, les fenêtres entrouvertes sur un peut-être. C’est là que la BD trouve sa résonance la plus universelle, en restant obstinément singulière.
Le dessin de Sophie Ruffieux, qui retrouve ici Lylian après leur précédente collaboration, accompagne ce mouvement avec une douceur attentive. Trait souple, gestuelle des corps, cadrages serrés sur les visages : la dessinatrice capte ces minérales variations qu’un dialogue ne saurait dire — un regard fuyant, une main qui hésite, l’épaule qui se détourne. Ses couleurs, qu’elle assure intégralement, jouent en demi-teintes : verts sourds des intérieurs nocturnes, rouges feutrés des petites colères, bleus pâles des matinées de séparation. L’ensemble tient autant du carnet de croquis sensible que de la chronique sociale, sans que jamais l’émotion ne déborde le cadre — une élégance graphique qui rend la lecture étonnamment apaisée.
Sans grand fracas, Ce qu’il reste de toi et moi propose un regard tendre et sans jugement sur ce que vivent, à un moment ou un autre, beaucoup de couples qu’on dit gentils. Lylian et Sophie Ruffieux n’écrivent pas une thèse sur l’amour ; ils tendent un miroir, à hauteur de canapé, et ce miroir-là est plus utile que cent essais conjugalistes. Un récit complet à recommander à toutes celles et ceux qui aiment quand la BD parle vrai. A lire !!
Résumé éditeur :
Armelle et Entso, l’histoire d’un couple qui a tout et rien pour être heureux.
Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d’un moment intime, une conversation s’engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie. De leur rencontre passionnée à la lassitude d’un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine… leur couple s’effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu’il reste d’eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle.
Date de parution : 7 mai 2026 Scénario : Lylian Dessin & couleurs : Sophie Ruffieux Éditeur : Soleil Collection : Quasar / Hors Collection Format / Pages : 20,6 × 28,5 cm – 124 pages
Une boulangerie de quartier, des vols mystérieux qui se multiplient et un trio de détectives juniors prêts à tout pour résoudre l’affaire : voilà le menu très alléchant de La Brigade des gourmands détectives Tome 1 – Trahison au pralisson, signé Maëlle Desard au texte et Antonin Faure aux illustrations, paru le 29 avril 2026 chez Milan dans la collection romans 9-12 ans. Première incursion en littérature jeunesse pour Maëlle Desard – autrice reconnue à la plume truculente, notamment pour la série Les Tribulations d’Esther Parmentier ou L’École de minuit chez Rageot –, ce premier opus ouvre une trilogie de cosy mystery jeunesse à l’humour décapant et à la gourmandise communicative.
Tout commence quand Corentin Dubattier, fils de la boulangère du coin, refuse soudain d’adresser la parole à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte que Louis lui aurait piqué son carnet – qui est, en réalité, un journal intime que Corentin n’assume pas tout à fait –, la brouille est consommée, et c’est dur à digérer pour Louis. Décidé à comprendre, le voilà qui débarque chez son ex-copain. À la place, c’est Charlie, la grande sœur un peu bizarre de Corentin, qui l’accueille : elle lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut donc plus rien sculpter. Or, dans le même temps, les vols de gâteaux se multiplient à la boulangerie Dubattier. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Avec Charlie et Basil, le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout, il fonde alors la Brigade des gourmands détectives, sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier.
Maëlle Desard transpose ici sa plume pour les 9 ans et plus, avec ce qu’il faut d’humour, d’amitiés improbables et de chats à trois pattes pour faire mouche. Le cosy mystery, ce sous-genre du polar feutré où l’on mène l’enquête à hauteur de tartes et de tasses de thé plutôt que de scènes de crime, trouve dans cette boulangerie de quartier un terrain de jeu idéal. Le mystère reste à hauteur d’enfant – on parle ici de mottes de beurre disparues et de gâteaux volatilisés – mais il s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, et les indices s’accumulent au rythme des fournées. La Brigade des gourmands détectives joue ainsi sur deux tableaux : le plaisir d’une enquête bien ficelée, avec ses fausses pistes et ses retournements, et le plaisir tout simple de partager les gourmandises et les secrets d’une famille de boulangers attachants.
Sous la gourmandise et l’humour, le roman aborde aussi des thèmes qui parlent directement à ses jeunes lecteurs : l’amitié qui se brouille puis se retrouve, l’amour fraternel un peu rugueux mais bien réel, la difficulté d’assumer ce qui nous touche – Corentin et son journal intime –, ou ces parents qui ne s’entendent plus sans pour autant divorcer. Rien n’est appuyé : tout se glisse entre deux indices et une part de tarte, ce qui fait précisément la force de ce roman doux qui fait passer par mille émotions sans jamais sermonner. Aux illustrations, Antonin Faure – ancien graphiste de Gallimard Jeunesse, aujourd’hui illustrateur indépendant installé à La Rochelle – apporte un trait à la fois rond et malicieux, parfaitement accordé au ton de l’autrice. Ses planches rythment la lecture et offrent aux lecteurs intermédiaires de respirer entre deux chapitres, sans jamais infantiliser le propos.
Sur 208 pages au format poche, La Brigade des gourmands détectives se dévore comme une tarte au praliné un dimanche après-midi : on en redemande, et heureusement, deux autres tomes sont prévus pour prolonger le plaisir. Voilà un roman qui réconcilie celles et ceux qui aiment les enquêtes avec celles et ceux qui aiment les goûters, et qui donne furieusement envie aux 9-12 ans (comme à leurs parents) de pousser la porte de leur boulangerie de quartier – juste au cas où il faudrait y mener l’enquête. Pour prolonger les belles lectures jeunesse de ce printemps chez Milan, on (re)découvrira aussi avec plaisir Lumilane, de Manon Fargetton & Maud Begon, autre roman de la maison qui fait la part belle à l’imaginaire.
Résumé éditeur
Quand les vols de gâteaux se multiplient dans la boulangerie Dubattier et que le mystère s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, il n’y a qu’un groupe à appeler : la Brigade des gourmands détectives ! Du jour au lendemain, Corentin Dubattier ne veut plus parler à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte qu’il lui aurait piqué son carnet, journal intime en vérité, mais Corentin n’assume pas… et ça, c’est dur à digérer pour Louis. Alors il se rend chez son ex-copain pour demander des explications. À la place, Charlie, sa grande sœur un peu bizarre, lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut plus rien sculpter. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Commencent alors une enquête et une aventure hautes en couleur pour Louis, Charlie et Basil (le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout), sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier. Un mystère à la boulangerie ? Vous pouvez appeler la Brigade des gourmands détectives !
Date de parution : 29 avril 2026 Texte : Maëlle Desard Illustrations : Antonin Faure Éditeur : Milan Format : 208 pages
Prix : 12,79 € TTC EAN : 9782408059477 Public : 9-12 ans
[BD] La Sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour & Emilio van der Zuiden (Bamboo)
Avec La Sorcière qui a changé le monde, l’historien Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Emilio van der Zuiden ouvrent Le Grand Cirque du pouvoir, nouvelle collection de biographies politiques publiée chez Grand Angle / Bamboo. Premier portrait de cette galerie : Margaret Thatcher, fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, propulsée à Downing Street en 1979 et bientôt rebaptisée la « Dame de fer » par toute une époque qu’elle s’apprête à secouer en profondeur.
Le pitch tient en quelques lignes mais ouvre dix années bouillonnantes : punks placés sur les murs de Londres, syndicats matés, guerre des Malouines, privatisations à la chaîne, divorce d’avec Bruxelles et lune de miel idéologique avec Reagan. La Sorcière qui a changé le monde ne s’arrête pas à la chronique politique : Le Naour s’attache aux ressorts intimes d’une ascension fulgurante – la grocer’s daughter de Grantham, la chimiste de formation, la députée pugnace, la stratège de communication. La Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires, prévient l’éditeur. La BD montre comment cette manière, sans concession, a durablement reconfiguré la société britannique.
L’angle est celui du biopic politique documenté, fidèle à la méthode de Jean-Yves Le Naour, historien d’abord, scénariste ensuite. Spécialiste reconnu du XXe siècle (Première Guerre mondiale, Compagnons de la Libération, Charles de Gaulle), il choisit ici de quitter brièvement les tranchées pour s’attaquer à un autre tournant majeur du siècle : la révolution néolibérale des années 1980. La promesse n’est pas celle d’une hagiographie ni d’un pamphlet, mais d’une analyse en images des mécanismes du pouvoir thatchérien. Comment une femme parvient-elle à s’imposer au sommet d’un parti masculin et conservateur ? Comment transforme-t-elle l’état d’esprit d’un pays au point que ses successeurs travaillistes en hériteront sans tout démonter ? Le scénario assume cette ambivalence et restitue, au plus près des archives, ce que la révolution Thatcher continue d’irriguer aujourd’hui, jusque dans les politiques économiques européennes.
Côté dessin, Emilio van der Zuiden – révélé chez Paquet puis remarqué chez Grand Angle aux côtés de Stephen Desberg sur Aimer pour deux – livre un trait rond, expressif et théâtral, parfait pour un récit où la communication politique et la mise en scène des corps comptent autant que les chiffres du chômage. La couverture pose le ton, les planches le confirment. Ouvrant une collection ambitieuse promise à d’autres figures du XXe siècle politique, La Sorcière qui a changé le monde est un one-shot dense, au format album cartonné de soixante-douze pages. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique exigeante, aux passionnés de politique britannique, et à tous ceux qui veulent comprendre comment, en quelques années, une « Dame de fer » a réécrit les règles du grand cirque du pouvoir.
Résumé éditeur :
Margaret Thatcher, la femme la plus controversée du XXe siècle.
Plus qu’une biographie, La Sorcière qui a changé le monde est la chronique d’une révolution libérale qui continue encore aujourd’hui de nous influencer. Fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, Margaret Thatcher accède au pouvoir en 1979 et engage une rupture radicale. Privatisations, affrontements avec les syndicats, guerre des Malouines, détestation de l’Europe, lune de miel avec Reagan : experte en communication, la Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires. Détestée autant qu’admirée, Thatcher va bouleverser les codes du pouvoir et transformer durablement la société britannique, pour le meilleur et pour le pire.
Extrait de la BD :
Date de parution : 29 avril 2026 Scénario : Jean-Yves Le Naour Dessin : Emilio van der Zuiden Éditeur : Bamboo (Grand Angle) Collection : Le Grand Cirque du pouvoir (tome 1) Format / Pages : 72 pages
[ALBUM JEUNESSE] Le meilleur des grands frères, la tendresse et les tempêtes de la fratrie (Milan)
Avec Le meilleur des grands frères, Ben Mantle signe un album jeunesse qui vise particulièrement juste. Sous ses dehors doux et colorés, le livre raconte une vérité très simple, mais essentielle : entre frères et sœurs, l’amour ne supprime ni les colères, ni les malentendus, ni ce besoin soudain de s’éloigner pour mieux se retrouver. Publié chez Milan, l’album s’adresse aux jeunes lecteurs dès 4 ans et compte 40 pages en format cartonné.
Le sujet est universel. Nano admire son grand frère Félix, veut tout partager avec lui et ne comprend pas tout de suite que l’autre puisse parfois réclamer un peu d’espace. Ben Mantle capte avec finesse cette mécanique affective de l’enfance : l’élan fusionnel, la frustration, la colère, puis ce retour progressif vers le lien. L’album ne moralise pas. Il montre. Et c’est précisément ce qui le rend juste, accessible et vraiment touchant.
Graphiquement, l’ouvrage s’inscrit dans un registre très lisible et chaleureux, avec des images expressives qui mettent immédiatement les émotions à hauteur d’enfant. Le trait de Ben Mantle, bien connu dans l’illustration jeunesse, accompagne ici un récit du quotidien transformé par l’imaginaire, entre cabanes, aventures partagées et petits drames domestiques. Le résultat est à la fois tendre, vivant et parlant pour toute la famille.
Un album qui fait mouche, on adore !
Résumé éditeur
Nano est rempli d’amour pour son grand frère Félix, qu’il trouve formidable. Ils partagent ensemble tant de choses. Mais quand Félix a besoin d’un peu d’air, Nano ne comprend pas et se fâche. Peu importe, il va jouer seul et construira sa cabane SEUL. Malheureusement, Nano n’est pas aidé par la météo, et son campement tourne au fiasco. Sa colère se retourne contre son grand frère, et Nano finit par se désoler, bouder… Mais quand Félix vient le chercher pour l’inviter à découvrir une nouvelle cabane, la relation et l’imagination des deux frères repartent de plus belle !
[BD] Assiégés – Orléans, de France Richemond, Laurent Vissière & Filippo Cenni (Delcourt)
Avec Assiégés, Delcourt inaugure une nouvelle collection « Histoire & Histoires » ambitieuse : raconter la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres, vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Le coup d’envoi est donné par un épisode emblématique de la guerre de Cent Ans : le siège d’Orléans de 1428-1429, dont on connaît surtout l’issue victorieuse grâce à Jeanne d’Arc, mais qui aura en fait duré six longs mois. Avant la légende, il y a eu la faim, la peur, l’épuisement et l’inventivité d’une cité encerclée — c’est cette part d’ombre que la bande dessinée vient éclairer.
Assiégés prend le parti de la fiction historique exigeante. Au cœur du récit, le truculent capitaine La Hire, compagnon d’armes bien connu de Jeanne d’Arc, partage l’affiche avec maître Jehan, artisan-artilleur dont les canons s’avèrent vite incapables de répondre aux bombardes anglaises. Avec son apprenti Colas et sous le regard de Marguerite, son impossible amour, Jehan met au point une arme nouvelle, plus légère et plus précise : la coulevrine portative, ancêtre direct de l’arquebuse puis du fusil moderne. Cette intrigue de cape et de poudre permet de rendre tangibles les bouleversements techniques que le siège a réellement précipités.
Le sérieux historique de l’ensemble doit beaucoup à ses scénaristes. France Richemond, plume installée chez Delcourt, est titulaire d’une maîtrise d’histoire médiévale, d’un DEA d’histoire moderne et de deux cycles d’histoire de l’art à l’École du Louvre. On lui doit notamment Le Trône d’argile et, plus récemment, La Couronne de Verre, où elle s’attaque déjà au règne de Charles VII. À ses côtés, Laurent Vissière apporte la précision du chercheur : ancien élève de l’ENS Ulm et de l’École des chartes, professeur d’histoire médiévale à l’université d’Angers, il a consacré son habilitation à la vie quotidienne des villes assiégées au XVe siècle. Le sujet n’a donc rien d’un emprunt de circonstance : c’est son terrain de recherche.
À la mise en images, Filippo Cenni — Siennois né en 1975, diplômé d’archéologie médiévale — met sa formation au service du dessin. On le sait depuis ses biographies de Ghino di Tacco et de Gattamelata da Narni, puis ses contributions à la collection « Ils ont fait l’Histoire » chez Glénat (Saint Louis, Luther) ou à Actium aux côtés de Jean-Yves Delitte : son trait, presque didactique, se nourrit du réel. Armures, harnachements, machines de siège, fortifications de la ville-pont d’Orléans, brusques jaillissements d’éclats sur les murailles — chaque vignette se lit comme une reconstitution. La couleur et les grandes cases d’ensemble, généreuses, donnent au récit son souffle épique sans jamais sacrifier la justesse documentaire.
Ce premier opus pose aussi les bases d’une collection à suivre : Delcourt annonce d’autres sièges (Nancy, Beauvais, Rouen…), confiés à des dessinateurs différents — la promesse d’un panorama de la guerre médiévale relu par les vivres, les bourgeois et les artisans plutôt que par les seuls capitaines. À mi-chemin entre la chronique illustrée et la fresque romanesque, Assiégés s’inscrit dans la lignée des grandes séries historiques de Delcourt, avec cette ambition supplémentaire : rendre au siège ce qu’il a de quotidien, d’humain, presque de domestique.
Au final, le format cartonné de 128 pages, le grand 23,1 × 32 cm et le soin apporté à la couleur justifient pleinement le statut d’album-événement. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique, aux passionnés de la guerre de Cent Ans, mais aussi à tous ceux qu’intrigue cette bascule technologique du XVe siècle où l’on commence à se battre debout, l’arme à l’épaule. Une porte d’entrée idéale pour (re)découvrir la résistance d’Orléans avant que la geste de Jeanne d’Arc n’en réécrive la fin.
A lire !!
Résumé éditeur :
Avec Assiégés, revivez le récit romancé de la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Les auteurs allient avec passion les sources de l’époque pour faire vivre des récits aussi vrais que captivants.
Du siège d’Orléans, on connaît surtout la fin victorieuse avec Jeanne d’Arc. Mais ce siège a en fait duré six mois. Romancé mais historiquement exact, ce livre raconte la vie quotidienne des assiégés. Il a pour héros le truculent capitaine La Hire, maître Jehan, artilleur inventif, son apprenti Colas et Marguerite, son impossible amour. Une reconstitution du siège d’Orléans comme vous ne l’avez jamais vue.
Extrait de la BD :
Date de parution : 30 avril 2026 Scénario : France Richemond & Laurent Vissière Dessin : Filippo Cenni Éditeur : Delcourt Collection : Histoire & Histoires Format / Pages : 23,1 × 32 cm – 128 pages
Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel
Dans la pénombre nue du plateau, quelque chose d’emblée résiste au musée. Il aurait été si facile de transformer Jacques Brel en relique nationale, en bloc de nostalgie francophone livré aux trémolos convenus.
Or, avec ce spectacle « BREL », Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte accomplissent exactement l’inverse. Ils désossent le monument pour retrouver le battement intérieur de la langue, sa nervure physique, son urgence presque animale. Ici, Brel n’est jamais illustré. Il circule dans les corps comme une fièvre rythmique.
Le plus étonnant dans cette proposition tient précisément à cette pudeur. Aucun folklore du grand Jacques, aucune théâtralité appuyée.
La chorégraphie travaille au contraire dans les interstices des chansons, dans leurs syncopes, leurs emballements, leurs effondrements soudains.
Chaque geste semble né d’une écoute organique du texte. Quand la voix de Jacques Brel s’emporte, les corps ne surjouent jamais la passion, ils en révèlent la mécanique secrète, cette façon qu’avait Brel de transformer une phrase en un vertige physique.
De Keersmaeker insuffle avec son écriture géométrique et circulaire une pulsation profondément humaine et Solal Mariotte apporte une densité terrienne, rugueuse, et électrique.
Quand Brel traverse les corps
Et c’est dans cette justesse du mouvement chorégraphique que tout se révèle. Le spectacle comprend que chez Brel le lyrisme n’est jamais décoratif. Il est traversé de fatigue, de colère sociale, de désir honteux, de solitude carnavalesque.
La danse épouse alors cette matière instable avec une intelligence rare. Un déplacement infime suffit parfois à faire surgir la mélancolie d’un vers. Un déséquilibre du bassin, une course interrompue, un regard qui se dérobe, et soudain tout Brel réapparaît : non pas la statue, mais l’homme qui brûle en direct dans sa propre langue.
La scénographie, volontairement dépouillée, laisse toute la place au souffle. Ce vide devient un espace d’écho où les chansons semblent revenir de très loin, comme des fantômes populaires traversant plusieurs générations de corps.
Et puis il y a Solal Mariotte, incandescent sans jamais chercher l’effet. Dans la chanson « Mathilde », il atteint une forme de vérité physique sidérante. Là où tant d’interprètes jouent l’hystérie de la chanson, lui en fait entendre l’épuisement intérieur, la catastrophe intime déjà en marche dans une fluidité et une légèreté impressionnantes.
Son corps semble traversé d’élans contradictoires, attiré vers l’avant puis brutalement retenu, comme si le désir lui-même devenait une force d’arrachement. Chaque rupture de rythme, chaque déséquilibre, chaque suspension répond au texte de Jacques Brel avec une précision presque douloureuse.
Mariotte ne danse pas « Mathilde », il paraît la recevoir de plein fouet. Il y a dans son interprétation une vulnérabilité nerveuse, une façon de laisser apparaître la fatigue, l’entêtement et la panique amoureuse qui donne soudain à la chanson une profondeur nouvelle.
Rarement un corps aura rendu avec une telle acuité ce mélange de panache et d’effondrement qui constitue le cœur même de Brel.
Anne Teresa De Keersmaeker magnétise par une présence d’une sobriété naturelle. Chez elle, rien ne cherche à séduire ou à imposer une virtuosité démonstrative.
Son interprétation repose au contraire sur une science du retrait, une manière de faire surgir l’émotion dans l’infime déplacement, dans la tension silencieuse d’un appui ou dans une simple traversée du plateau.
Face aux chansons de Jacques Brel, elle apporte une gravité presque minérale, enfantine, qui empêche constamment le spectacle de basculer dans l’emphase. Son corps semble écouter avant d’agir.
Cette qualité d’attention donne à la danse une profondeur méditative bouleversante. Là où Solal Mariotte travaille l’élan, l’accident et la brûlure, De Keersmaeker installe une temporalité plus intérieure, presque suspendue, comme si chaque geste portait la mémoire du temps.
Dans certaines séquences, elle paraît danser avec l’ombre même des chansons, laissant affleurer leur mélancolie nue sans jamais l’illustrer. C’est peut-être là que réside sa plus grande force d’interprète : parvenir à faire entendre le silence contenu dans la voix de Brel.
La pièce évite ainsi le piège du biopic chorégraphié pour atteindre quelque chose de plus abstrait et de plus bouleversant : une méditation sur ce que chanter veut dire physiquement.
Chez Brel, les mots halètent, trébuchent, s’acharnent. Rosas transforme cette énergie verbale en architecture mouvante.
Et puis il y a cette sensation rare d’assister à une œuvre qui écoute véritablement son matériau.
Tout semble avoir été secrètement composé depuis l’intérieur même des textes. Comme si la danse avait toujours existé dans ces chansons excessives, populaires et métaphysiques.
C’est là que le spectacle atteint sa grâce la plus profonde : dans cette manière de faire entendre Brel autrement, non plus seulement avec les sons, mais avec le souffle et la gravité des corps traversés.
Dates : du 11 au 20 mai 2026 – Lieu : Théâtre de la Ville (Paris) Concept, chorégraphie et danse : Anne Teresa De Keersmaeker, Solal Mariotte
Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages (Glénat jeunesse)
Les éditions Glénat jeunessenous offre un album absolument délicieux :Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages. L’auteure, Juliette Vallery, nous embarque dans une histoire fabuleuse : il suffit de croire en ses rêves pour qu’ils se réalisent ! Que c’est beau ! Que c’est vrai ! Er les illustrations de Chloé Malard sont aussi douces, gaies et envoûtantes que le texte ! Petite Ourse veut voler et grâce à l’ingéniosité de Potiron, elle va y arriver ! Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages est un album à offrir à nos jeunes lecteurs, dès leur plus jeune âge ! A lire, relire et contempler ! Notre coup de coeur !
La source est un duo violoncelle voix composé de Mélodie Orru et Pierre Le Bourgeois, ils sortent leur premier albumle 15 mai 2026chez L’atelier du Pélican / Absilone, véritable parenthèse de sérénité hors du tumulte bruyant du monde, la voix et le violoncelle dialoguent dans une épure qui ralentit la marche du monde et privilégie la beauté comme une source de résistance, au cœur de la nature.
Une sérénité exacerbée
La Source sort un album éponyme qui privilégie l’émotion aux artifices avec un duo voix violoncelle qui fait plonger au cœur de l’âme de l’auditeur. la voix de la chanteuse Mélodie Orru porte les textes, accompagnée par le violoncelle de Pierre Le Bourgeois, les 2 complices se sont frotté aux univers d’Arthur H, Nosfell, Daniel Darc et Philippe Decouflé pour façonner des accompagnements sensibles et organiques. Le résultat est une musique d’une intense intimité, un vrai discours de paix et d’harmonie avec l’altérité. Le fil conducteur de l’album est l’élément essentiel au déploiement de la vie, l’eau, présente sous des formes multiples, elle représente le mouvement, les liens entre les êtres et les étapes de la vie. Le titre J’aime l’eau résume bien la démarche, le bruit de l’eau, une voix douce, les pulsations du violoncelle, un morceau pur et poétique. Les 2 artistes choisissent le silence pour s’exprimer et définir leur identité. Le violoncelle quitte sa structure classique pour devenir basse ou guitare, la voix emporte l’auditeur et célèbre l’eau comme source de vie. Les morceaux portent par leurs mélodies pures et dénuées d’ornements superfétatoires, le silence entre les notes sont de la musique également et font partie du moment d’harmonie.
Le duo a choisi de s’éloigner des salles de spectacle habituelles pour évoluer dans des lieux atypiques, des lavoirs, des moulins ou des musées, des lieux où la sérénité peut s’exprimer totalement pour une expérience sensorielle totale.
Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes (Père Castor)
Vous cherchez un livre un peu interactif avec votre enfant ? Si possible en rapport avec les contes très classiques, comme Cendrillon, Blanche-Neige, les Trois Petits cochons… Alors, n’hésitez pas : Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes vient de sortir ! Le jeune lecteur va aider Marcel le renard a trouvé le héros d’un conte, et beaucoup d’autres indices ! Les illustrations sont colorées et charmantes ! Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes va être un très joli moment de lecture avec votre tout-petit !
Les éditions Bayard jeunesse, dans la collection Môme, nous proposent un très joli album qui va nous faire voyager : Le train de grands chemins. C’est l’histoire un peu folle d’une moutonne, Douce, qui part à l’aventure en empruntant le train vert. Elle ne sait pas trop où elle va, mais elle a envie de voyager… D’ailleurs, ce train va là où on le décide ! Elle va faire de jolies rencontres et découvrir des paysages féériques… Les illustrations sont réalisées à l’aquarelle et sont juste sublimes ! Cette histoire est parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs et vont leur permettre de rêver et de rire et d’inventer leur propre voyage ! Le train de grands chemins est un très bel album à offrir au plus grand nombre ! Dès l’âge de 3 ans !
« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu
À travers les vitrines feutrées de l’exposition « Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris », la porcelaine cesse d’être un art décoratif pour devenir une cartographie d’une histoire en art majeur.
Chaque assiette, chaque vase, chaque service semble porter la trace d’une civilisation de l’œil où collectionner relevait moins de la possession que d’une forme de mise en scène du monde.
Ici, la manufacture de Sèvres dialogue avec l’obsession raffinée de la famille Rothschild, avec son goût du faste, du détail et de la survivance aristocratique. Le parcours compose alors une traversée presque romanesque du goût français, entre théâtre mondain et mélancolie patrimoniale.
L’exposition réussit surtout à éviter le piège de l’accumulation muséale. Elle ne transforme jamais ces pièces en simples trophées de vitrines. Au contraire, elle restitue leur pouvoir de fascination, leur sensualité matérielle, la manière dont la lumière glisse sur les émaux comme sur des pierres précieuses.
Les bleus profonds, les ors souverains, les motifs floraux d’une précision hallucinée racontent autant le triomphe technique de Sèvres qu’une certaine idée de l’Europe, celle qui croyait encore que la beauté pouvait organiser le réel.
Sèvres, la splendeur en art majeur
On se laisse porté par l’intelligence silencieuse de la scénographie. Elle avance par respirations, par échos, par rapprochements subtils entre les époques et les usages. La Villa Ephrussi apparaît alors comme plus qu’un décor ou un écrin mondain.
Elle devient un personnage fantomatique, une chambre de mémoire où l’objet d’art survit à ceux qui l’ont désiré. Derrière l’éclat des porcelaines affleure ainsi quelque chose de plus crépusculaire, presque proustien.
Une conscience du temps qui passe, de la fortune qui s’efface, des mondes qui se ferment doucement derrière leurs dorures.
Mais l’exposition touche aussi lorsqu’elle révèle la modernité paradoxale de ces collections. Car dans cette profusion de services précieux et de pièces d’apparat se lit déjà une forme de vertige contemporain. Celui d’une société fascinée par l’image d’elle-même, par la rareté, par la fabrication du prestige.
Les Rothschild collectionnaient Sèvres comme on construit aujourd’hui une identité visuelle. Avec le même mélange de puissance, de stratégie et de rêve. Il y a enfin dans cette exposition une leçon plus discrète, presque politique.
Elle rappelle que le luxe peut parfois être autre chose qu’un signe social. Une manière de résister à la brutalité du temps par la perfection du geste.
Face à ces porcelaines miraculeusement intactes, on comprend soudain que la fragilité n’est pas l’inverse de la puissance mais peut-être sa forme la plus troublante.
[BD] Caledonia – Tome 3 : Les Fomôrés, de Corbeyran & Emmanuel Despujol (Soleil)
Avec Caledonia – Tome 3 : Les Fomôrés, Corbeyran et Emmanuel Despujol referment la trilogie ouverte au printemps 2024 chez Soleil. Trois tomes auront suffi pour faire de cette série un petit objet à part dans le catalogue Fantastique de la maison : un péplum brumeux, où la puissance romaine se heurte aussi bien aux tribus calédoniennes qu’à des créatures bien plus anciennes que l’Empire. Caledonia avait posé son cadre dans La IXème légion, déployé son tableau politique avec Le Mur d’Hadrien ; ce troisième volet est celui des révélations et de la confrontation finale.
L’histoire reprend Lucius Karus là où on l’avait laissé : trahi par Rome, abhorré par les Caledonii, condamné à errer dans un territoire barbare devenu son seul refuge possible. Son dernier allié, Déodatus Faustus, s’est lancé dans la construction d’un mur que l’on présente officiellement comme une barrière contre les tribus hostiles à Rome. L’enjeu réel est tout autre : il s’agit d’empêcher la descente vers le sud des créatures qui ont décimé la IXe légion. Au cours d’une mission d’espionnage en Caledonii, Lucius retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Entre eux, la haine cède peu à peu la place à autre chose, et leur affrontement commun avec les Fomôrés finit par leur ouvrir les yeux sur la véritable nature des entités qui hantent cette « île des mangeurs d’hommes ».
C’est précisément ce que Caledonia réussit avec élégance : faire glisser le récit du péplum classique vers le conte fantastique, sans jamais lâcher la nervosité de l’aventure. Les Fomôrés, créatures piochées dans le fond mythologique celte et irlandais, donnent à l’ensemble un parfum de légende et une dimension presque sacrée. Corbeyran, scénariste prolifique habitué à naviguer entre les genres, manie ici les codes du péplum tardif avec une vraie connaissance de cause, mais ne se prive jamais d’aller fouiller du côté des forces irrationnelles qui inquiètent les Romains depuis Tacite et la fameuse expédition perdue de la IXe légion.
Côté image, Emmanuel Despujol confirme tout ce que les deux premiers tomes laissaient entendre. Son trait classique, lisible, presque pédagogique dans la conduite de la narration, se révèle redoutablement efficace dès qu’il s’agit de mettre en scène les grands ensembles : légionnaires en formation, marche dans la lande, embuscades dans les forêts brumeuses. Le travail de Juliette Despujol à la couleur n’est pas pour rien dans la réussite visuelle : palette froide et minérale du nord, irruptions ocres et sanglantes des batailles, lueurs surnaturelles autour des Fomôrés – on retrouve cette ambiance feutrée, presque liquide, qui fait toute la singularité de la série.
Reste la sensation, à refermer l’album, d’une trilogie qui aura tenu son cap. Plutôt que d’étirer indéfiniment son récit, Caledonia choisit la concision : trois tomes, une boucle bouclée, un terrain mythologique exploré à hauteur d’homme. Les amateurs d’Histoire romaine retrouveront ici quelques-unes de leurs obsessions favorites (le mythe de la IXe légion disparue, l’idée de la frontière comme blessure dans l’Empire), tandis que les lecteurs venus pour le surnaturel auront eu de quoi se nourrir. Pour qui aime la veine fantastique soignée du catalogue Soleil – on pense à Templier ou aux grandes fresques de Jean-Luc Istin –, ce dernier volet est une conclusion à ne pas manquer.
À recommander, donc, aussi bien aux passionnés de péplum qu’aux amateurs de fantastique celtique, et plus largement à tous ceux qui aiment ces récits où l’on devine, derrière la rigidité des cohortes romaines, le frisson des vieux dieux. Une trilogie qui referme proprement sa porte, et qui donne envie de revenir aussitôt arpenter les deux premiers tomes pour mesurer le chemin parcouru.
A lire !!
Résumé éditeur :
Traître pour les Romains et ennemi à abattre pour les Caledonii, Lucius Karus est renvoyé en territoire barbare où son dernier allié, Déodatus Faustus, construit un mur destiné officiellement à isoler les tribus hostiles à Rome. Mais le véritable but de cette enceinte est d’empêcher les déplacements vers le sud des redoutables créatures qui ont décimé la IXe légion.Au cours de sa mission d’espionnage en Caledonii, Lucius retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Leur relation évolue de la haine vers l’amour. Leur confrontation avec les Fomôrés leur ouvre les yeux sur la véritable nature des créatures surnaturelles qui hantent « l’île des mangeurs d’hommes ». Un secret bien gardé depuis plusieurs générations.
Date de parution : 7 mai 2026 Scénario : Corbeyran Dessin : Emmanuel Despujol Couleurs : Juliette Despujol Éditeur : Soleil Collection : Fantastique Format / Pages : 23,5 × 32,5 cm – 64 pages
Avec Goetz, ‘Fane et Didier Cassegrain signent chez Glénat, sous le label Comix Buro, un one-shot de science-fiction ample, sombre et résolument ambitieux. Sur 184 pages au grand format 24 × 32 cm, le duo orchestre une fable dystopique sur la colonisation, la culpabilité et la part la plus déraisonnable de l’humanité — programme classique sur le papier, mais que la couverture seule promet d’arpenter par les chemins les moins fréquentés du genre.
Le pitch tient en quelques phrases mais mord d’emblée : la Terre est exsangue, ses habitants se sont lancés dans la conquête d’une planète habitée par des peuplades autochtones encore à l’âge de fer ; trente ans plus tard, on découvre la promesse de « départ neuf » ravalée par les habitudes — asservissement, viols, pillages, les schémas familiers de toute colonie qui s’ignore. Face à cet avenir réécrit en miroir grossissant des erreurs d’hier, les natifs s’organisent, et c’est dans leurs rangs que surgit Goetz, chef de tribu plus mauvais, plus fou ou plus libre que les autres, au point de prétendre redéfinir lui-même les notions de Bien et de Mal.
L’intuition est forte. Là où la SF coloniale convoque souvent ses Avatar de service ou son humanisme paresseux, ‘Fane préfère bâtir une figure trouble : un héros qu’on ne sait jamais tout à fait soutenir, parce que sa rage paraît plus radicale que la cause qu’il défend. On retrouve, en filigrane, la grande tradition des dystopies lucides — d’Ursula K. Le Guin à la veine la plus rugueuse de la SF française des années 1980 — où le combat pour la liberté finit toujours par poser plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
Côté graphique, le casting fait saliver. Didier Cassegrain, dont on connaît la finesse acquise sur Carmen Mc Callum, Code Mc Callum ou plus récemment l’adaptation en BD des Nymphéas noirs de Michel Bussi, déploie ici une mise en couleurs directes qui sied parfaitement au matériau. Sa couverture — une silhouette guerrière cornue au regard insondable — annonce une iconographie épaisse, charbonneuse, traversée d’embrasements ; on devine la patte du peintre derrière celle du dessinateur, et la promesse tenue d’une narration où chaque planche est aussi un objet plastique. Le récit complet, format roman graphique épais, permet d’éviter l’écueil du tome 1 d’une saga interminable et d’embrasser d’un seul tenant l’épopée de ce chef rebelle.
Au sortir, Goetz a tout d’une proposition à la fois grand public et exigeante : une SF lisible, un dessin de haute volée, un anti-héros taillé pour la mémoire et un format qui assume son ambition. La promesse esthétique et l’audace narrative tiennent sur la durée des 184 planches pour nous offrir l’un des coups de coeur de ce printemps 2026 !
Résumé éditeur :
L’homme n’apprend rien de ses erreurs
Là où l’animal ne fait qu’obéir à son instinct, l’être humain s’est inventé des dieux pour justifier ses actes. En leur nom, ou à cause d’eux, il a défini les notions de Bien et de Mal, toujours persuadé d’agir ainsi de plein droit, se faisant le prédateur ultime. Dans un futur relativement proche, la civilisation terrienne, ayant inexorablement fini de puiser les ressources de la Terre, est partie fonder une colonie sur une petite planète habitée par des peuplades, humaines elles aussi, mais qui en sont encore à l’« âge de fer ». Ces néo-colons, très avancés technologiquement, convaincus d’avoir appris de leurs erreurs, et – comme toujours – persuadés d’être porteurs du Bien, comptaient bien y prendre un nouveau départ. Mais 30 ans ont passé, et le Terrien, « gourmand » par nature, et tout évolué qu’il puisse être, a pris l’ascendant sur ses hôtes : asservissement, viols, pillages des richesses et des terres… Les natifs, pourtant peu solidaires, se révoltent et entrent en guerre. Parmi les chefs de tribus fédérées contre l’emprise des Terriens, il en est un, plus mauvais, plus fou, ou plus libre qui tentera, au-delà de toute croyance, de redéfinir les notions du Bien et du Mal.
Extrait de la BD :
Date de parution : 6 mai 2026 Scénario : ‘Fane Dessin & Couleurs : Didier Cassegrain Éditeur : Glénat (Comix Buro) Format / Pages : 24 × 32 cm – 184 pages
[BD] Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Tome 3, d’Akira Toriyama (Glénat Manga)
Avec Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Glénat Manga poursuit la republication intégrale en couleurs originales du chef-d’œuvre d’Akira Toriyama, et ce troisième tome arrive précisément au moment où la saga bascule. Après un Tome 2 occupé par l’entraînement chez Maître Kaio et l’attente de l’invasion, ce volume nous plonge dans le cœur du combat contre les Saiyans, et plus précisément dans le duel le plus attendu du moment : Goku contre Vegeta.
Le pitch de ce tome 3 tient en une question, et elle suffit à donner envie de tourner les pages : désormais seul face à Vegeta, Goku peut-il vraiment l’affronter sans craindre de blesser des victimes collatérales ? Car la puissance du prince des Saiyans dépasse de très loin tout ce que notre héros a connu jusqu’ici, et il n’est pas évident que le Kaioken et les techniques apprises auprès de Maître Kaio suffisent à rééquilibrer la balance. Toriyama étire la tension à son maximum, multiplie les retournements et offre quelques-unes des planches d’action les plus iconiques de toute la série, dont ce fameux décès mythique qui marque les fans depuis quarante ans.
L’intérêt majeur de cette édition Full Color, c’est évidemment la mise en couleurs : il ne s’agit pas d’une recoloration approximative, mais bien des couleurs originales validées par Bird Studio, qui rendent enfin justice aux décors arides du champ de bataille, aux armures saiyans et aux éclats d’énergie. Le format 14,5 × 21 cm, identique à la Perfect Edition, met particulièrement en valeur les cases d’action et les doubles pages spectaculaires. On redécouvre des planches que l’on croyait connaître par cœur avec un œil neuf, comme si l’on relisait l’œuvre pour la première fois — c’est là tout le pari de cette collection, et il est tenu.
Replacé dans la grande fresque Dragon Ball, ce volume marque historiquement la transition entre Dragon Ball et ce que les générations 90 ont découvert sous l’étiquette Dragon Ball Z. Goku s’est marié, le temps a passé, son fils Son Gohan entre dans le récit, et la saga prend une dimension cosmique qu’elle ne quittera plus. Toriyama installe ici les bases mythologiques qui feront tout le sel des arcs suivants : l’origine extraterrestre de Goku, le peuple guerrier saiyan, la promesse implicite des transformations à venir. C’est un moment-charnière, et le voir en couleurs lui donne une intensité supplémentaire.
Côté lecture, la pagination généreuse (248 pages, 17 chapitres) et le rythme effréné de Toriyama font de ce volume un page-turner absolu : on l’attaque pour vérifier deux planches et on le referme une heure plus tard. Le travail éditorial est soigné — papier, reliure souple, traduction —, et le prix de 14,95 € reste raisonnable pour un manga couleur de cette épaisseur. Cette collection s’adresse autant aux nostalgiques qui ont grandi avec le Club Dorothée qu’à un public neuf qui découvrirait Dragon Ball par la grande porte : la couleur rend l’œuvre immédiatement plus accessible, plus évidente, et gomme cette légère intimidation que peut susciter, pour un nouveau lecteur, un manga noir et blanc des années 80.
À recommander, donc, sans hésitation aux fans de la première heure qui veulent retrouver leurs souvenirs sublimés, mais aussi à toutes celles et ceux qui n’ont jamais osé sauter le pas : ce tome 3 est sans doute, avec le tome 1, l’un des meilleurs points d’entrée possibles dans Dragon Ball. Akira Toriyama, disparu en mars 2024, continue de prouver à titre posthume à quel point son sens du rythme, du chara-design et de la mise en scène reste inégalé. Et l’on a déjà hâte du tome 4.
A lire !!
Résumé éditeur :
Décès mythique et combats épiques en approche.
Goku s’est marié et le temps a passé. Alors qu’il retourne à Kamé House pour présenter son fils, Son Gohan, une nouvelle menace débarque sur Terre. Une menace qui révélera à tous l’origine des capacités extraordinaires de Son Goku. Désormais seul face à Vegeta, Goku peut-il l’affronter sans craindre de blesser des victimes collatérales ? Seulement, la puissance du prince des Saiyans dépasse de loin celle des adversaires que Goku a affrontés jusqu’ici, et il n’est pas certain que les techniques de Maître Kaio suffisent à rééquilibrer la balance… Poursuivez l’expérience de Dragon Ball Full Color avec ce nouvel arc consacré aux Saiyans, le peuple stellaire dont est originaire Son Goku, dans son édition couleur originale.
Extrait de la BD :
Date de parution : 6 mai 2026 Scénario : Akira Toriyama Dessin : Akira Toriyama Éditeur : Glénat Manga Collection : Shonen Format / Pages : 14,5 × 21 cm – 248 pages, couleurs
Fan de carotte est un album génial ! C’est l’histoire d’un lapin qui vivait très seul et qui, du coup, n’osait pas faire grand chose… Un jour, il déterra une carotte peu ordinaire ! Elle était tout son opposé et voulait tout découvrir ! Elle ne le lâcha plus ! Publik’Art est fan de cette carotte trop rigolote, et fan des illustrations de l’auteur, Mariajo Ilustrajo ! Fan de carottedévoile une très belle histoire d’amitié ! Un très chouette album, plein d’humour et de jeux de mots !
[BD] Mikki et la traversée des mondes – Tome 3 : La révolte des ombres, de Stéphane Betbeder & Paul Frichet (Glénat)
Avec Mikki et la traversée des mondes, Stéphane Betbeder et Paul Frichet poursuivent chez Glénat une série jeunesse en quatre tomes qui n’a cessé, depuis La Maladie des portes en 2023, de gagner en ampleur. Ce tome 3, intitulé La révolte des ombres, ouvre l’avant-dernier acte d’un récit aussi joueur qu’attentif aux fragilités intérieures de ses jeunes héros.
Petit rappel pour qui prendrait la série en route : cinq enfants, tous atteints de troubles du comportement, ont été sélectionnés pour participer à un programme thérapeutique révolutionnaire baptisé Protocole Mortelente. Mêlant réalité virtuelle et intelligence artificielle, le Protocole projette chaque enfant dans un univers de jeu sur mesure, dont l’unique règle est de sortir – ce qui suppose, à chaque fois, d’affronter ses propres peurs. Mikki, elle, vit avec une timidité telle qu’elle en a perdu jusqu’à sa voix, et finit par se confondre avec son ombre.
Dans La révolte des ombres, Mikki débarque cette fois dans une étrange cité dominée par deux montagnes, où la population est réduite en esclavage. La traque qui s’engage tourne court : la voici capturée. Pour la délivrer, ses amis du Protocole vont gonfler les rangs d’une bande de farfelus engagés dans une mission de sauvetage haletante. Tout l’enjeu de l’album tient dans cette double dynamique : reconquérir son ombre, c’est-à-dire se réapproprier sa propre voix, et libérer un peuple opprimé. Le scénario de Stéphane Betbeder ménage le suspense sans jamais oublier ses jeunes lecteurs, et le dessin tendre et vif de Paul Frichet, soutenu par ses propres couleurs, donne à cet univers une vraie identité visuelle.
Comme dans les tomes précédents, c’est en filigrane que se joue le pari le plus singulier de la série : aborder, sans jamais peser, la question de la santé mentale des plus jeunes. Timidité paralysante, vertige, angoisses, repli sur soi : à chaque enfant son monde intérieur, ses créatures et ses obstacles. Le Protocole Mortelente fonctionne ici comme une métaphore lumineuse de ces thérapies par le jeu et l’imaginaire, et propose au jeune lecteur un miroir bienveillant pour mettre des mots – ou des images – sur ce qui ne se dit pas toujours à la maison.
On pense forcément à Seuls pour la bande de gosses livrés à un univers déréglé, à Locke & Key pour la mécanique de portes ouvrant sur des mondes intérieurs : la série assume cette filiation tout en cultivant son propre ton, plus solaire et résolument tourné vers la jeunesse. Le format album cartonné couleurs et le rythme soutenu de cet avant-dernier tome en font une lecture idéale pour les lecteurs et lectrices à partir de neuf-dix ans, tout en réservant aux parents qui ouvriront le livre par-dessus l’épaule de leur enfant matière à conversation – sur les peurs, les ombres, et la manière dont on apprend à vivre avec.
À recommander aux jeunes lecteurs qui aiment les aventures fantastiques où l’on grandit en chemin, aux familles cherchant une série connectée à son temps, et à tous les amateurs de bande dessinée jeunesse qui n’ont pas peur des récits où l’imaginaire devient un outil de soin. Vivement le tome 4.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Pour vaincre ses peurs, elle doit affronter son ombre.
Cinq enfants – qui ont tous en commun de souffrir de troubles du comportement – ont été sélectionnés pour participer à un programme révolutionnaire : le Protocole Mortelente. Chacun se retrouve projeté dans un univers de défis qui le confronte à ses peurs les plus intimes. Mikki, dont la timidité est telle qu’elle en vit dans l’ombre, doit traquer ce qu’elle a perdu pour guérir. La voici cette fois plongée dans une étrange contrée dominée par deux montagnes, où les habitants sont réduits en esclavage – avant d’être à son tour capturée. Pour la délivrer, ses amis vont grossir les rangs d’un groupe de farfelus en mission sauvetage. Mikki parviendra-t-elle à reconquérir son ombre et libérer les habitants ? Dans cet avant-dernier tome, préparez-vous à suivre Mikki dans une traque haletante. Une série jeunesse totalement connectée à son temps, qui aborde en filigrane la question de la santé mentale des plus jeunes.
Date de parution : 6 mai 2026 Scénario : Stéphane Betbeder Dessin : Paul Frichet Couleurs : Paul Frichet Éditeur : Glénat Format / Pages : 21,5 × 29,3 cm – 48 pages, couleurs