Calendrier de l’Avent : 24 histoires pour attendre Noël (Milan)
Le temps de Noël est arrivé ! Nous allons enfin pouvoir nous consacrer à la préparation de cette fête ! Et vivre notre temps de l’Avent, avec nos enfants.
Les éditions Milan nous proposent un Calendrier de l’Avent exceptionnel, très grand format (30x40cm), sous forme de coffret double page. Bien sûr ce superbe calendrier tient debout et peut se mettre sur la cheminée en attendant Noêl ! Chaque jour, l’enfant ouvrira la fenêtre et découvrira un petit livre illustré, avec une histoire sur Noël. Une vraie petite histoire ! Il pourra ensuite garder ces petits livres comme des trésors ! Ce sera ainsi sa première bibliothèque ! Ce calendrier est très joli, merveilleusement illustré par Lucie Brunellière. Alors, n’hésitez pas cette année, optez pour cette oeuvre qui réjouira votre enfant chaque soir, avec une belle histoire en ouvrant une fenêtre de son Calendrier de l’Avent !
Abyr aspire l’auditeur dans un univers franco-oriental fascinant pour créer une chanson française douce et remplie d’émotions. La chanteuse et poétesse franco-libanaise arrivée à Paris à l’âge de 5 mois pour fuir la guerre qui faisait rage à l’époque au Liban. En réaction à ces souvenirs douloureux, elle a choisi de chanter l’amour, la résilience des femmes et l’espoir né de la vie en exil.
Un album pour l’avenir des enfants de son pays
La chanteuse et poétesse franco-libanaise use de sa voix caressante pour toucher l’auditeur au fond du cœur avec des textes qui évoquent l’exil, l’innocence brisée des enfants plongés dans la guerre, les bonheurs et combats de l’existence. Elle a trouve son inspiration chez les divas du proche orient comme la grande Fairuz et dans les grandes ainées de la chanson française comme Barbara. Le premier album d’ Abyr est en grande partie chanté en français, avec des touches orientales qui ensorcèlent les chansons et l’auditeur. L’album a été composé par Sebka et arrangé par Antoine Rault (Carmen Maria Vega, Lescop, Forever Pavot, Vox Low) pour une très belle découverte musicale. Son premier EP La Femme au Bouclier est paru en 2022, arrangé par Chadi Chouman et cet album en est le digne successeur. Née au Liban d’un père libanais et d’une mère palestinienne au milieu de la guerre civile, elle a empreint sa musique des traumatismes du déracinement, mais aussi de la force et de la résilience nécessaires pour continuer à avancer, avec l’apport incommensurable de la poésie et de la sensibilité. Abyr incorpore dans ses textes une intensité peu commune pour parler d’elle, de son histoire et de celle de ses parents.
Abyr s’inscrit dans l’héritage de la chanson française pour créer des élans poétiques pleins de charme. Abyr pourra être entendue sur scène le 15 novembre au Pic (Petit Ivry Cabaret) à Ivry et puis en tournée.
Après un premier volume dense et immersif, Simona Mogavino et Alessio Lapo referment avec ce second tome leur fresque sur Alexandre VI, figure à part dans la galerie des papes et incarnation des ambivalences de la Renaissance. Nous sommes en 1495. Le nouveau pape Borgia, récemment intronisé, tente d’assurer sa domination politique et spirituelle alors que Charles VIII marche sur Florence. Sa légitimité déjà contestée, sa réputation sulfureuse et les réseaux d’influence qui l’enserrent transforment Rome en théâtre permanent de manipulations, d’alliances opportunistes et de coups de force. Le Vatican est ici une arène, pas un sanctuaire.
Mogavino reste dans sa ligne : un scénario historiquement documenté, sec et frontal, où l’on sent la jubilation de disséquer l’époque, ses puissances et ses hypocrisies. Elle n’épargne rien des stratégies et des doubles jeux, et l’on comprend ici mieux que jamais pourquoi les Borgia continuent de fasciner. Lapo met en images cet entrelacs de passions politiques avec son trait reconnaissable, son sens du mouvement et des visages expressifs. Mais autant le dire – certains lecteurs pourront trouver ces planches un peu sages, manquant parfois de détails ou d’une vraie singularité graphique capable de faire basculer la série vers l’inoubliable.
Reste une BD historique ambitieuse, rigoureuse, jamais paresseuse dans son rapport à la vérité documentaire. On n’est clairement pas dans la reconstitution figée, mais dans la politique pure, la dramaturgie du pouvoir, et l’autopsie d’une époque qui invente déjà la modernité.
Alexandre VI demeure un excellent terrain de jeu pour qui aime l’Histoire quand elle mord.
Résumé de l’éditeur :
Rome, 1495. Récemment sacré Pape, Alexandre VI doit faire face aux troupes du roi Charles VIII qui marchent sur Florence. Homme d’État d’envergure à la réputation sulfureuse, il va choisir la voie de la diplomatie pour défendre l’Italie… À travers ce second tome, nous découvrons un fin stratège qui œuvra toute sa vie pour se maintenir au pouvoir, un homme orgueilleux qui proclama l’an 1500 année sainte et un père ambitieux qui n’eut de cesse de rechercher les alliances lucratives pour ses fils. Un pape dans l’Histoire est une grande collection pour redécouvrir l’Histoire du monde occidental. De l’Antiquité à aujourd’hui, en passant par le Moyen Âge et la période moderne, les grands papes ont toujours été des acteurs de premier plan de l’Histoire.
Date de parution : 5 novembre 2025 Auteur(s) : Bernard Lecomte (Conseiller historique) Simona Mogavino (Scénariste) Alessio Lapo (Dessinateur) Genre : histoire
Siácara est un groupe de salsa international créé à l’été 2022. Leur style est empreint d’une salsa tourbillonnante, colorée et pleine d’énergie. Le nom du groupe provient d’une expression utilisée dans les Caraïbes pour chasser les mauvais esprits, de quoi retranscrire la mission que s’est donnée le groupe: proposer une musique où chaque note ensorcèle et où la danse est un rituel de libération. Le groupe se concentre sur la réalité de la vie en Amérique latine et la diaspora issue de ce continent, le regard du groupe est porté sur la vie et l’espoir, les chansons sont remplies d’une énergie folle, les ondes positives sont totales. Le premier album Semillas Para El Futuro (Des Graines Pour Le Futur en français) plonge l’auditeur dans le bain de la salsa, avec des touches afro-latines et des intentions libératrices. Les chansons de l’album racontent des histoires, des instantanés de vie avec toujours l’aspiration à la danse pour célébrer la vie, de quoi nourrir les espoirs dans l’avenir et repousser les mauvais esprits. Les membres du groupe sont issus de divers pays, pour un melting pot fascinant d’inspirations. République Dominicaine, Cuba, Vénézuela, Equateur, Pérou, France, le style du groupe mélange à la salsa des touches de rumba cubaine, du mambo et du latin-jazz. L’album Semillas Para El Futuro est disponible sur toutes les plateformes et demande à être écouté pour découvrir les membres du groupe avec la chanteuse dominicaine Corina Santana, les musiciens français Antoine Madet (saxophone ténor) et Rémi Roux-Probel (trompette), le pianiste équatorien Daniel Mancero (auteur-compositeur du groupe), le joueur de congas vénézuélien Javier Currucho Galdo, le bassiste cubain Luis Manresa et batteur et joueur de timbales péruvien Alain Chimpen Olarte. Une alchimie qui fonctionne!
Avec La Grande Nuit de Petit Sapin, Bernard Villiot et Orélie Gouel offrent un conte d’hiver tendre et intelligent, qui parle d’envie, d’illusion… et de vraie magie de Noël.
Un Noël différent de celui qu’il imaginait
Petit Sapin voit tous les autres sapins partir vers les maisons. Lui reste seul, persuadé d’avoir raté la grande nuit. Il est triste, déçu, persuadé de manquer quelque chose.
Mais ses amis animaux connaissent un autre chemin. Ils l’emmènent, ensemble, jusqu’à la ville. Là où tout scintille, là où les vitrines brillent, là où les chants résonnent. Petit Sapin découvre la magie de Noël… mais aussi l’envers du décor : après les fêtes, les sapins sont rejetés sur le trottoir. Et il comprend alors que sa place, enraciné dans la forêt, entouré de ceux qui l’aiment, est peut-être la plus belle.
Un album qui parle aux enfants
Ce livre montre qu’on peut envier la vie des autres… sans savoir ce qu’elle devient ensuite. Un message subtil, puissant, qui invite à aimer ce qu’on a, et à trouver la magie là où l’on est. Les images d’Orélie Gouel sont d’une douceur lumineuse, avec cette poésie d’hiver qui apaise.
Résumé de l’éditeur :
Quand un sapin est tout riquiqui, aucun humain ne le choisit pour fêter Noël. Cette année, c’est décidé, Petit Sapin veut découvrir où sont partis ses grands frères de la forêt.
Date de parution : 15 octobre 2025 Auteur(s) : Bernard Villiot, Oréli GOUEL Genre : album jeunesse
Brubaker et Phillips reviennent dans l’univers de Criminalavec Les Acharnésun volume hors-série qui frappe encore par sa noirceur et sa profondeur. Trois destins y convergent : Jacob, scénariste de BD qu’Hollywood tente de broyer tout en l’aspirant ; Angie, enfant de l’Undertow, hantée par la douleur, dont la colère est devenue colonne vertébrale ; et Tracy Lawless, figure fantôme, vétéran et revenant, qui fait une nouvelle apparition dans cette ville qui l’a fait et défait.
Tout se joue autour d’un noyau commun : l’obsession. Ces personnages ne vivent pas, ils persistent. Ils ne respirent pas, ils tiennent. Ils ne sont pas guidés par la morale, mais par l’injonction de finir ce qu’ils ont commencé, quel qu’en soit le prix. Et la ville autour est un miroir, abîmé, agressif, lumineux et toxique à la fois.
Brubaker a toujours su disséquer le crime, pas comme un décor mais comme une matière première, un milieu, presque une sociologie. Ici, il va encore plus loin : il montre comment l’industrie de l’image, du glamour et de la fiction peut être un espace criminel aussi réel et aussi violent que la rue. Phillips, avec son fils Jacob aux couleurs, offre toujours le même grain charnu, dense, qui colle littéralement aux doigts. C’est du polar poisseux, adulte, nervuré.
Les Acharnés n’est pas un simple « nouveau tome ». C’est une proposition entière. Un retour au cœur d’un monde où l’on ne vit que par ce qui nous détruit. Un grand Brubaker. Un grand Criminal. Un grand morceau de noir.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Dans ce jeu de destins croisés auquel les auteurs nous ont habitués, on retrouve Jacob, l’auteur de BD aigri, mais aussi Tracy Lawless, de retour en ville après une période en tant que membre des forces spéciales. A Hollywood, Jacob travaille sur l’adaptation en série télé d’une de ses BD. Rapidement, il se retrouve piégé entre une tante vieillissante et les vautours qui entourent cette industrie. Angie, qui a grandi à l’Undertow, cherche à se venger. Tracy Lawless est de retour en ville après avoir quitté les forces spéciales. Un récit coup de poing autour de l’ambition, de la cupidité et des liens du sang.
Date de parution : le 05 novembre 2025 Auteurs : Ed Brubaker (scénario), Sean Phillips (dessin), Jacob Phillips (couleurs) Genre : Polar
Diana, Confidences d’une princesse rebelle (Steinkis)
Les éditions Steinkis nous proposent un roman graphique sur : Diana, Confidences d’une princesse rebelle. Au printemps 1997, quelques mois avant sa mort, la princesse Diana a donné une interview, à Kensington Palace, avec la journaliste du Monde, Annick Cojean. Sophie Couturier, pour l’écriture, et Sandrine Revel, pour les illustrations, donnent vie à cet interview incroyable de Diana. Sur le ton de la confidence, Diana va se révéler avec beaucoup de sincérité et de liberté. La journaliste va mettre en avant le côté humanitaire de Diana. Son besoin de donner aux autres : « Quiconque en détresse m’appellera, j’accourrai, où qu’il soit. » A l’époque, en 1997, la journaliste Annick Cojean écrit, pour Le Monde, douze articles sur de grandes personnalités, pour la série : Retour sur Images. Et comme par magie, la princesse Diana accepte de rencontrer cette journaliste française. Elle intitulera son article qui paraitra le 27 août 1997, soit 4 jours avant sa mort, « La princesse au grand coeur« . On ne peut qu’être touché par ce roman graphique dont on appréciera particulièrement les illustrations, très élégantes. On découvre la princesse telle qu’elle était, une femme au grand coeur ! Diana, Confidences d’une princesse rebelle est un très beau roman graphique, très touchant !
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Cachemire est un groupe de Rock français. Fondé en 2012 à Nantes, le groupe s’est installé dans le paysage musical hexagonal avec un son résolument rock, avec une voix puissante et des guitares qui saturent l’oreille avec leurs sonorités stridentes pour accompagner un chant exprimé en français entre hard rock, metal et punk. Ca dépote grave.
Un disque pour les sourds?
Cachemire était composé historiquement d’un combo exclusivement masculin, ce qui n’est plus le cas depuis l’arrimage début 2025 d’une cinquième membre en la personne de la guitariste blonde Alice Animal. Issue d’un Power Trio, elle a rencontré le combo lors d’un festival dans le nord intitulé Le Grand Tintouin. Pas un souvenir musical inoubliable, mais l’occasion de rencontrer Fred Bastard et de se mettre d’accord. La nouvelle présence féminine à la guitare apporte un surplus d’énergie sauvage, et ça s’entend sur l’album. Le quintette a publié leur 4e album Suffit juste d’une seconde comme une nouvelle étape dans leur parcours fort en décibels. Le Rock est total, sans concessions avec 13 titres fidèles au format rock, 3 minutes et quelques, c’est précis, net, la guitare défouraille et le chanteur s’égosille avec talent. La production a été enregistrée à Bruxelles pour accoucher d’un album parfait pour la scène, et le public nombreux du groupe. Rien de révolutionnaire mais de la vraie efficacité, preuve que le temps n’a pas d’emprise sur le groupe, toujours aussi déterminé à défendre son beefsteak avec ardeur et talent. Pied au plancher et Suis moi Baby sortis en amont ont annoncé la couleur, le reste de l’album est du même acabit, ça culbute allégrement la boite en acier avec la voix de Fred Bastard bien en avant. Les textes sont écrits à la première personne pour une vraie immersion de l’auditeur, comme dans le titre Adam où un enfant se sent coincé dans le mauvais corps. A l’ancienne rend hommage à l’historique rock francophone, c’est décidemment une thématique immanquable sur ce très bon Suffit juste d’une seconde.
Pas de chichi ou de mascarade, Cachemire s’inscrit dans la droite lignée des ainés Led Zeppelin avec une référence plus qu’explicite à un de leurs titres les plus connus, tout est dit.
Avec Madame la Nuit, Fabrice Colin et Laura El imaginent un conte nocturne à la fois malicieux et poétique. Ici, la Nuit n’est pas un décor : c’est un personnage à part entière. Capricieuse, excentrique, joyeuse… qui décide tout à coup de ne plus aller se coucher.
Une nuit qui s’installe… et qui ne part plus
Madame la Nuit adore faire la fête, sortir, danser, virevolter. Alors un jour, elle ne rentre plus. Plus du tout. La Grande Ville bascule dans une nuit permanente. Les enfants vont à l’école dans l’obscurité, les jeux se font sous les étoiles, les lampadaires deviennent soleil. C’est drôle au début, c’est magique… puis tout le monde commence à fatiguer. Et une question s’impose : comment convaincre Madame la Nuit d’aller enfin dormir ?
Un univers visuel intense et hypnotique
Laura El joue avec les contrastes, les lumières, les halos, les couleurs qui vibrent dans le noir. On ressent l’épaisseur veloutée de la nuit, son mouvement, sa folie douce. Et page après page, la ville devient un théâtre nocturne fascinant.
Un album qui réinvente la nuit Madame la Nuit est une histoire sur le rythme, le repos, la mesure, mais aussi sur la beauté de la nuit quand elle est rare et précieuse. Une fable ludique et philosophique à la fois, qui émerveille les enfants et fait sourire les parents.
Résumé de l’éditeur :
Madame la Nuit aime faire la fête! Sortir, danser sans s’arrêter… Alors pourquoi aller se reposer? Un jour, elle décide de ne pas rentrer. Du tout.
Depuis, dans la Grande Ville, il fait toujours nuit. Sortir le chien, jouer à la marelle, courir à l’école… tout se passe dans le miroitement des étoiles et des réverbères. C’est amusant… et puis, ça l’est un peu moins. Comment convaincre Madame la Nuit d’aller se coucher?
Un conte nocturne poétique et enchanteur, éclatant de couleurs, pour s’émerveiller des petits mystères de la nuit.
Date de parution : 15 octobre 2025 Auteur(s) : Fabrice Colin, Laura El Genre : album jeunesse
Avec Le Bois aux écureuils, Philippe Jalbert propose un album-cherche & trouve qui a la finesse d’être à la fois un jeu, une histoire et une immersion sensible dans la forêt. Tout commence par une scène toute simple : Papa Écureuil a une grande nouvelle à annoncer à ses neuf petits. Une nouvelle importante, qu’il veut partager avec eux. Mais très vite, il se rend compte qu’il est seul. Les petits ont disparu. Où sont-ils passés ? Sont-ils encore dans le grand chêne ? Cachés dans les fourrés ? En train de jouer entre les feuilles mortes ? L’album devient alors une enquête douce et amusante, à hauteur d’enfant. Page après page, Papa Écureuil avance dans la forêt, et l’enfant-lecteur l’accompagne, observe, cherche, déduit, fouille l’image avec ses yeux. La balade n’est jamais linéaire : elle se transforme en promenade automnale pleine de détails, de pistes, d’animaux, de recoins, de micro-scènes qui enrichissent l’attention et la capacité d’observation des plus jeunes.
Les illustrations, riches et texturées, donnent à la forêt une vraie densité : on sent presque l’humidité de la mousse, le craquement des fougères, la douceur veloutée des feuilles. On passe du large panoramique au minuscule détail visuel, ce qui crée un vrai plaisir de lecture.
Le Bois aux écureuils est un livre qui mobilise l’œil, mais aussi l’émotion. Il parle du lien, du rassemblement, de la famille, et de la joie de partager une nouvelle ensemble. Un album chaleureux, sensoriel, et profondément réconfortant.
Résumé de l’éditeur :
Dans le grand chêne, Papa Écureuil cherche partout ses neuf petits. Il a une grande nouvelle à leur annoncer, mais impossible de les retrouver ! Dans les hautes herbes, dans les troncs des arbres ou occupés à grignoter des baies, où sont-ils donc tous passés ?
Une malicieuse histoire Cherche et Trouve, avec plus de 60 personnages à retrouver.
Date de parution : 22 octobre 2025 Auteur(s) : Philippe Jalbert Genre : album jeunesse
« Requiem(s) » à la vie, à la mort, selon Angelin Preljocaj
Dans Requiem(s), Angelin Preljocaj se penche sur le deuil et convoque dix-neuf danseurs qui donnent corps à une méditation sur la vie et la mort. Puissant.
Tandis que des maîtres tels que Haydn, Fauré et Ligeti ont immortalisé à jamais cette forme musicale, Preljocaj se la réapproprie ardemment à travers une bande son revisitée qui va des requiems et chants liturgiques en passant par le hard-rock, le folklore islandais et jusqu’au métal…
Une mosaïque d’échos d’outre-tombe comme autant de variations qui saisissent sans relâche la complexité des émotions humaines face à la perte, naviguant entre peine et allégresse, douleur et mémoire salvatrice.
Procession des corps
En une succession de tableaux sophistiqués, parfois épurés, symboliques et ou mythologiques, les danseurs forment un ballet tribal aux prises entre tristesse dévastatrice et force vitale captive d’une remémoration des souvenirs, brouillant les frontières entre la mort et la vie.
Tout le vocabulaire virtuose de la danse de Preljocaj, empreint de motifs déstructurés, de lente fluidité en accélération interrompue, s’imprègne de la dimension cérémoniale et mémorielle de la traversée.
Car malgré le deuil, les lames de fond de la vie remontent à la surface, habitent littéralement la danse, traversent les corps, les transcendent pour insuffler un espoir. Une lueur dans la nuit. Et une manière pour Angelin Preljocaj de nous dire que la mort fait partie de la vie.
L’accident de piano est du pur Quentin Dupieux barré et cynique, porté par une actrice principale qui joue un vrai rôle de composition. Pour ceux qui ont apprécié Le Daim et Yannick, cet accident de piano devrait leur plaire avec sa critique acerbe des réseaux sociaux et sa violence décomplexée. Cette histoire d’influenceuse incapable de ressentir la douleur physique a tout de la comédie noire, devenue riche mais insensible devant la portée de ses posts internet. L’humour est décalé, c’est un vrai film de Dupieux, et il interroge sur les valeurs d’une nouvelle génération en roue libre.
Une comédie noire décomplexée
L’héroïne du film se prénomme Magaloche, elle revêt les traits d’une Adèle Exarchopoulos loin de sa sexytude habituelle, elle est au contraire toujours mal fagotée et arbore un seyant appareil dentaire. Ce rôle de composition montre son talent d’actrice, elle démontre qu’elle peut changer de cape selon les films avec une perruque coupée au couteau de cuisine, elle incarne un vrai antihéros anxiogène et antipathique. Son personnage enchaine les mises en scène visant à lui faire mal, ce qu’elle fait sans se poser de questions car elle ne peut pas ressentir la douleur. La récompense en est une renommée impressionnante sur le net et des revenus confortables. Mais ce qui devait arriver arriva, une mise en scène dérape et cause d’irrémédiables dommages collatéraux. Obligée d’assumer pour une fois ses actes, elle se retrouve victime d’un odieux chantage et doit réagir pour survivre, quoiqu’en soient les conséquences. Les films récents de Dupieux sont riches en casting choral, c’est encore une fois le cas. Jérôme Commandeur en assistant sournois et velléitaire, Sandrine Kiberlain en personnage trouble, Karim Leklou en fan transi et décérébré, chacun concourt au côté what the fuck du film pour une radioscopie acerbe de notre société fascinée par des vidéos de 10 secondes diffusées sur le net.
L’Accident de piano est une comédie qui fait rire jaune devant les outrances de son héroïne, à découvrir en DVD, BRD et VOD le 4 novembre.
Synopsis: Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d’une de ses vidéos, Magalie s’isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… La vie de Magalie bascule.
Avec Ensemble on peut tout faire, Chris Saunders nous offre un album lumineux, qui parle avec simplicité d’un thème essentiel : la force du collectif. Ici, chaque page nous rappelle que l’union décuple les talents, que l’entraide ouvre des portes, et qu’ensemble, vraiment, on peut déplacer des montagnes.
Un récit optimiste et porteur d’espoir
Dans cette histoire, chacun a son idée, son geste ou sa petite compétence. Pris isolément, cela semble minuscule. Mais mis bout à bout, tout prend une autre dimension. L’album montre que les grands projets ne sont jamais le fruit d’un seul, mais la somme d’énergies, de regards et d’engagements multiples. Une belle métaphore pour montrer aux enfants que le “je” peut se transformer en “nous” pour créer quelque chose d’immense.
Un univers visuel lumineux et chaleureux
Les illustrations jouent avec les couleurs, l’énergie et la joie du partage. Chaque page irradie une poésie douce, en laissant à l’enfant le plaisir d’observer comment les gestes s’additionnent de façon presque magique. C’est beau, c’est tendre, et cela donne envie de continuer à tourner les pages pour voir naître ce que chacun apporte.
Un album plein de sens pour toutes les générations
Ensemble on peut tout faire rappelle subtilement que grandir, c’est découvrir que l’on n’est jamais seul. L’album aborde avec finesse la solidarité, la coopération et la puissance du collectif. Un message universel, parfaitement adapté aux petits lecteurs… et utile aussi pour les adultes qui les accompagnent.
Avec Ensemble on peut tout faire, Chris Saunders propose un album doux, inspirant, et profondément humaniste. Un livre à offrir pour montrer à chaque enfant – et à chaque parent – que le monde se construit mieux à plusieurs.
Résumé de l’éditeur :
Léon le pâtissier régale tous les gourmands de la Forêt. Un jour, il reçoit une commande spéciale, à livrer très loin. Il n’y a pas une minute à perdre !
Date de parution : 17 septembre 2025 Auteur(s) : Chris Saunders Genre : album jeunesse
Deux Amériques sous la même lumière : Edward Weston & Tyler Mitchell à la MEP
À la Maison Européenne de la Photographie (MEP), deux expositions se répondent sans s’opposer : l’Amérique moderniste d’Edward Weston et celle, onirique et politique, de Tyler Mitchell. Deux regards donc, deux générations, une même foi dans la lumière.
Le réel comme prière
Au 1er étage, le visiteur entre dans un espace de calme et de rigueur. Weston, pionnier de la photographie moderniste américaine, y est présenté dans toute la clarté de sa quête formelle. À travers plus d’une centaine de tirages d’époque, on découvre un regard qui a cherché la perfection du simple. Un poivron, une coquille, un nu — tout devient architecture.
Weston photographie comme on médite : dans le silence, dans la discipline, avec l’humilité d’un artisan. L’exposition, tirée de la prestigieuse collection du Wilson Centre for Photography, rappelle combien il a façonné le XXᵉ siècle photographique : il a fait de la lumière une matière, et de la matière, une vérité. « Je vois des formes et des textures, non des choses », écrivait-il. Weston ne documente pas : il transfigure.
Le rêve comme résistance
À l’étage au dessus, Tyler Mitchell déroule un contrepoint lumineux. Premier photographe noir à avoir signé une couverture de Vogue (celle de Beyoncé, en 2018), il réinvente ici la douceur comme un acte de liberté. Ses portraits, baignés de lumière dorée, montrent des corps noirs dans des espaces de calme et d’abandon.
Pas de lutte ici, pas de colère : Mitchell s’inscrit dans l’après. De ce qui vient quand la représentation cesse d’être une revendication, et devient simplement une évidence.
Dans cette utopie visuelle, les gestes sont tendres, les regards ouverts. La couleur, vibrante mais profonde, semble intemporelle. Mitchell ne cherche pas à capturer : il construit des lieux d’apaisement, des fragments d’un monde réconcilié.
Ce que la MEP réussit avec élégance, c’est de ne jamais forcer la comparaison. Weston et Mitchell se regardent de loin — et pourtant, tout les relie. Tous deux croient à la puissance de la lumière.
Chez Weston, elle ordonne le monde ; chez Mitchell, elle le libère. Le premier taille dans la réalité pour en extraire la forme pure ; le second l’enveloppe de couleurs pour y semer l’espoir. Un même geste, deux temporalités : la rigueur d’hier pour l’un, la possibilité d’une île aujourd’hui pour l’autre.
Dates : du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026 – Lieu : MEP (Paris)
Beaucoup se souviennent des soirées du mardi soir sur la 5 à la télé avec le duo Terence Hill et Bud Spencer. Trinita, Deux super flics, Pair et impair, toute une époque avec beaucoup de fun et de baffes. El Magnifico voit Terence Hill évoluer tout seul, dans la lignée d’un autre cowboy solitaire, Lucky Luke évidemment. Le far West de la fin du XIXe siècle est recrée avec un héros vivant des aventures rocambolesques avec son cheval et son 6 coups. Mais attention, Terence Hill n’est pas forcément ici l’incarnation du pistolero habile à affronter ses adversaires en duel, il est censé être plus instruit et plus éduqué, il doit apprendre à se défendre et à manier le revolver et ce même s’il n’en a d’abord pas très envie. Détail croustillant, le film, supposé se dérouler dans l’Ouest américain, a été tourné en réalité dans l’ex-Yougoslavie, en face de l’Italie. Pour l’anecdote, l’acteur Harry Carey Jr. était apparu dans le film On continue l’appeler Trinita, il jouait le père de Trinita et Bambino du même réalisateur Enzo Barboni. Quant à Salvatore Borgese, il a joué avec le duo Terence Hill-Bud Spencer dans Pair et impair et Salut l’ami, adieu le trésor. Et si Bud Spencer n’apparait pas dans le film, c’est parce qu’il jouait en même temps dans un autre western, Amigo, mon colt a deux mots à te dire. En conséquence, Gregory Walcott fait ici office de remplaçant comme malabar de service, avec en prime la voix de Claude Bertrand dans la version française. Lors de sa sortie en salles, le film n’a hélas pas rencontré le succès escompté, en France comme Italie. Reste un film à l’ancienne pour une belle dose de nostalgie.
Synopsis: Tom Moore est un étudiant assidu d’une grande école britannique. Lorsque son père, Joe, un célèbre cow-boy de l’Ouest américain, décède, Tom retourne dans sa ville natale où il rencontre les amis de son père : Bull, Holy Joe et Monkey, des hommes rustres sans aucune notion de politesse. Déçu d’imaginer son père côtoyer de telles personnes, Tom entreprend de les remettre sur le droit chemin. Mais les hommes du Far Ouest ne se laissent pas faire et décident à la place d’apprendre au jeune anglais à devenir un véritable cowboy.
Le saxophoniste et compositeur Julien Dubois se base sur la thématique de l’altérité pour son nouvel album après Le JarDin. Le musicien Julien Dubois s’imagine une fois de plus en jardinier des sons, il coupe les haies, trace des lignes et arrange ses accords comme des bosquets ou des arrangements floraux, il cultive son jardin pour créer un espace harmonieux. Le JarDin a été créé en 2016 après une résidence au conservatoire de Bordeaux. Après plus d’une trentaine de concerts et de participations à des tremplins nationaux, Julien Dubois a développé une musique basée autant sur l’écriture que sur l’improvisation où les sonorités du saxophone se mélangent à celles du piano et du violon dans des sonorités étonnantes Cette deuxième production voit intervenir Alba Obert au violon, Maïlys Maronne au piano, Jean-Luc Lehr à la basse et Maxime Zampieri à la batterie avec Maria Grand invitée au saxophone ténor. Mis en avant, le saxophone est accompagné de sonorités électroniques qui surprennent et enivrent. Le Soi et l’Autre est le deuxième album du JarDin et Julien Dubois rappelle la nécessité de considérer le non-soi et réfléchit sur les liens qui nous unissent. Cet album permet d’interroger sur le monde actuel et aborde les thèmes positifs de l’empathie, de l’écoute et de l’inclusion. Le second répertoire du JarDin a été créé lors d’une résidence au théâtre des Quatre Saisons à Gradignan. Julien Dubois élabore une écriture pour petit ensemble, enrichissant les palettes timbrales de l’orchestre par l’intégration du piano acoustique et du violon. Julien Dubois invite la saxophoniste suisse-américaine Maria Grand. Active sur la scène newyorkaise depuis plus de dix ans, son univers enrichit l’intention poétique de l’album. La poésie n’est pas loin dans ce deuxième album qui sera défendu le 1er novembre au café de la danse en compagnie de Clément Simon et son Baby Vortex.
Comment ratatiner le monstre sous le lit (Glénat Jeunesse)
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent une nouvelle aventure dans la série : Comment ratatiner : Comment ratatiner le monstre sous le lit. Publik’Art est fan ! Les astuces données par l’auteur sur le « comment ratatiner les monstres » sont justes géniales ! Et les illustrations à leur hauteur ! C’est le grand retour de Roland Garrigue ! Créée en 2007, la série, Comment ratatiner c’est plus de 150 000 exemplaires vendus, 24 livres traduits en 12 langues, 52 épisodes de dessin animé ! Bref, votre enfant va adorer : Comment ratatiner le monstre sous le lit… et vous aussi !
« La Jalousie » : le vertige bourgeois selon Michel Fau
Il y a chez Michel Fau un goût rare, presque aristocratique, pour la cruauté polie. Avec « La Jalousie » de Sacha Guitry, qu’il met en scène et interprète à la Michodière, il ne ressuscite pas le boulevard — il le transfigure. Là où d’autres n’auraient vu qu’un vaudeville poudré, Fau découvre une tragédie miniature, sertie dans un écrin d’or et de satin, où chaque sourire cache un gouffre.
Sur scène, tout est beau, trop beau : les dorures, les étoffes, la diction au cordeau. Un décor de rêve où le doute s’invite comme un parfum entêtant. Fau, impeccable d’ironie glacée, taille dans le texte comme un chirurgien du soupçon : chaque réplique devient une arme blanche. Gwendoline Hamon, en épouse faussement tranquille, oppose une grâce nerveuse à son mari soupçonneur ; ensemble, ils dansent un pas de deux d’une cruauté tendre.
Car sous cette esthétique bourgeoise, on sent sourdre le malaise. Fau compose une atmosphère d’une précision troublante — comme si chaque coussin, chaque lueur, chaque ombre participait du mensonge. La beauté, ici, devient arme du crime. L’œil se perd dans les reflets, et le doute s’y installe comme un hôte invisible.
Michel Fau, magicien de l’ambiguïté
« La jalousie » n’est plus une crise conjugale : c’est un vertige bourgeois d’ambiguïté. Fau tire de Guitry tout ce qu’il a de plus actuel — la vanité, la peur, la comédie du couple.
Dans le rôle d’Albert Blondel, le mari rongé par le soupçon, Fau est magistral de retenue décalée. Il avance comme un chat dans une porcelaine d’émotions. Sa diction, tout en dentelle acérée, cisèle chaque mot comme une note de clavecin. On sent chez lui le plaisir du texte — mais aussi la peur de s’y brûler.
Ce mari jaloux n’est pas une caricature : c’est un homme qui tombe amoureux de son propre doute. Le comédien le joue avec une précision presque musicale : un trémolo dans la voix, un battement dans le regard, un rire qui s’étouffe trop vite. On rit, bien sûr — mais d’un rire inquiet, celui qu’on repousse quand la vérité nous frôle.
Face à lui, Gwendoline Hamon compose une Marthe d’une intelligence séductrice. Sa douceur n’est jamais soumission ; sa grâce, jamais passive. On croit voir la femme « innocente » de Guitry, puis soudain, une inflexion du regard, un léger sourire, et le spectateur doute à son tour. Hamon ne joue pas la victime du soupçon : elle en devient le miroir, la réplique subtile.
Elle incarne, avec une ironie feutrée, cette éternelle question du théâtre et du cœur : que vaut une vérité qu’on ne croit plus ? Alexis Moncorgé, impeccable de charme indolent, prête au rôle du confident un parfum de légèreté fausse : on devine que son rire n’est qu’un masque. Et Geneviève Casile (impériale), en observatrice avisée, donne à la pièce sa profondeur morale : la sagesse du témoin réconciliateur.
Fau a ce talent du détournement : il garde la forme du boulevard — les portes, les apartés, la galanterie — mais en inverse la gravité. Chaque tirade de Guitry, sous sa brillance, devient un échantillon de la folie ordinaire.
Le doute n’est pas ici une crise domestique : c’est une expérience de laboratoire. Le mari observe, interprète, déduit — comme un savant fou devant son microscope. Et la mise en scène, d’une fluidité rigoureuse, épouse ce mouvement : tout est chorégraphié, au millimètre, comme une danse des nerfs.
Esthétiquement, le spectacle frôle la perfection. Les costumes de David Belugou évoquent une élégance outrancière ; les lumières de Joël Fabing sculptent les visages comme des bustes d’albâtre. Chez Fau, l’œil est toujours aussi savant que l’oreille. On songe à un théâtre total, où chaque détail — un pli de robe, un éclat de voix — devient signifiant. Cette obsession du beau n’a rien d’ornemental : elle révèle le poison sous le vernis. Le sublime, chez Fau, n’est jamais gratuit ; il est amoral.
Fau ne modernise pas Guitry ; il le révèle. Il entend dans ses phrases, souvent jugées frivoles, une musique grave : celle de l’orgueil, de la peur et de la solitude. Et en ce sens, Fau et Guitry font la paire : même goût du masque, même fascination pour la vérité travestie, même dédain pour la vulgarité du pathos.
À la fin, quand tout vacille, on réalise que la jalousie n’est pas seulement un thème : c’est une satire sociale. Fau en fait un art du tremblement. Le spectateur sort de la salle un peu grisé, comme après un parfum trop fort. Il a ri, oui — mais son rire laisse un sillage amer. Car « La Jalousie » version Michel Fau, c’est du cristal fendu : brillant, dangereux et irrésistible.
Dates : Depuis le 16 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de la Michodière (Paris) Mise en scène : Michel Fau
L’album Make a Change du groupe rock Blue Deal suit Can’t kill me twice paru il y a un an, en mai 2024, déjà gorgé de chansons rock authentiques et sans âge. Ce nouvel album intitulé Make a change est paru le 10 Octobre 2025 sur le label Dixiefrog, il est résolument et comme toujours très blues rock pour un groupe allemand qui continue à convaincre.
Du blues rock qui dépote
Les 4 musiciens Joe Fisher (Chant, Claviers, Cigar Box), Tom Vela (Guitare, Chœurs), Jürgen Schneckenburger (Batterie) et Willi Macht (Basse, Choeurs) sont au diapason, avec une section rythmique bien en place, le talent implacable du guitariste Tom Vela et 11 morceaux qui prouvent le talent incandescent de la formation. Ce 3e album couronne Blue Deal comme un membre immanquable du cercle blues rock européen avec une production impeccable et une interprétation carrée, de quoi mettre en valeur les compositions à écouter encore et encore. Toujours marqué par les glorieux ainés métallurgistes comme Deep Purple, ZZ Top et Bad Company, le groupe trouve sa voie (sa voix?) ce qu’une prochaine tournée pourrait bien confirmer auprès d’un public de plus en plus nombreux. L’histoire du groupe remonte aux années 90, époque où le leader Joe Fischer officiait au sein de la formation Cadillac Blues Band, avec une certaine renommée sur le continent et aux USA. Les albums Holy Ground (2022) et Can’t Kill Me Twice (2024) démontraient déjà le savoir faire de Blue Deal, l’album Make A Change enfonce le clou avec vigueur. L’album a été enregistré au début de l’année 2025, et s’ouvre sur 3 morceaux qui clouent l’auditeur au siège, avec le puissant Bad Boogie Woman, le touchant Easy To Hurt et le fascinant Another Reason, ce que la suite confirme sans peine, il y a du bruit et de la fureur dans un album à écouter.
Les fans de blues rock ne pourront pas passer à côté de ce nouvel album de Blue Deal, à découvrir aussi vite que possible.
Devenir plus intelligent, c’est possible ! (Les éditions du Cerf)
François-Marie Portes est Docteur en philosophie. Il enseigne également la logique et l’éthique à l’université. Avec son livre, Devenir plus intelligent, c’est possible, l’auteur nous démontre comment on peut performer encore davantage, comment on peut facilement devenir plus intelligent. En expliquant le fonctionnement de notre intelligence, ses divers rouages, l’auteur donne les clés pour améliorer encore notre intelligence et donc notre adaptation . Les clés principales sont : savoir définir toutes choses, être toujours capable de répérer et dire la vérité, apprendre à argumenter. Cela peut paraître évident mais en fait, il s’agit d’un vrai processus de pensée. Tout est fait pour gagner davantage de liberté. Devenir plusintelligent, c’est possible, nous propose une démarche pour nous révéler davantage à nous-mêmes ! Avec toutes nos capacités !
Le théâtre de Poche Montparnasse laisse la place à Stanislas Roquette pour un seul en scène habité où il déclame un texte issu des Confessions de Saint Augustin, écrit entre 397 et 401, où il raconte sa quête de Dieu. Ce texte est relatif à la création et au temps. Le comédien discourt avec comme base le texte de Saint Augustin pour une réflexion comme une exploration sur le temps et ses 3 inévitables déclinaisons, le passé, le présent et le futur. Le spectacle débute sur un point de départ audacieux, qu’en est-il de Dieu avant la création du monde, avant qu’il ne créée le ciel, la terre et le verbe? La pièce ressemble à un cours de catéchisme porté par un comédien qui multiplie les longs monologues impeccablement énoncés, avec des sauts, des gesticulations et des tours de chant. La simplicité de la mise en scène de Denis Guénoun ne s’embarrasse pas d’artefacts inutiles, seul le comédien demeure le centre de l’attention, et le texte qu’il déclame avec un art consommé de la rhétorique. Les réflexions se succèdent devant un public fasciné. Se demander ce que faisait Dieu avant le temps n’a pas de sens pour Saint Augustin, c’est comme être prisonnier de l’instabilité du temps et s’avérer incapable de penser l’éternité, car le temps passe mais pas l’éternité. Gaston Bachelart l’a bien résumé dans cette fameuse citation: Le paradoxe initial que met en avant Saint Augustin est le fait de se demander comment le temps peut-il être alors que le passé n’est plus et que le devenir n’est pas encore. Le sujet est vaste, et encore, le fameux penseur n’avait pas entendu parler de la relativité d’Einstein, ce qui aurait encore plus complexifier ce moment de théâtre savant et fort instructif.
Synopsis: Dans le Livre XI des Confessions – un classique de la pensée philosophique – saint Augustin pose une question à la fois simple et vertigineuse : Qu’est-ce que le temps ? Puis il ajoute : « Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l’expliquer, je ne sais plus. » Par son incarnation virevoltante, alliant humour et profondeur, Stanislas Roquette met en corps la pensée du philosophe, avec la vivacité d’un grand horloger. Une heure de temps suspendu !
L’auteur-compositeur franco-américain Jonathan Sellem et son groupe Child of Ayin dévoilaient le 30 septembre le premier album Top of the Sinaï avec 13 titres marqués par le folk, le gospel et le rock abrasif pour un voyage musical entre western, country et voyage mystique.
Un album marqué par le grand ouest américain
Top of the Sinaï est un album que l’on attendait pas, tout empreint des grands espaces américains, tout au long de la mythiques route 66. L’artiste s’abreuve à la source avec des références évidentes à The Byrds, Bob Dylan ou Neil Young. Child of Ayin est personnifié par l’artiste Jonathan Sellem pour un trip musical entre shamanisme et quête intérieure. Pour souligner ces intentions d’authenticité, il faut savoir que l’album a été enregistré au Blackbird Studio de Nashville, mais aussi au Kerwax Vintage Studio situé en Bretagne. Tout est fait pour appuyer sur la touche country portée par un cowboy mystique. En parallèle de cet album parait également un mini-documentaire intitulé Entre les mondes pour faire plonger le spectateur / auditeur dans l’univers singulier de l’artiste et révéler les coulisses de la création. Chaque morceau de l’album est inspiré par la médiumnité et la numérologie, et associe les morceaux à un chiffre de 1 à 12, de quoi apporter une vraie énergie pour ouvrir les chakras et méditer. La formation se compose de Jonathan Sellem au chant et à la guitare, Fred Devane à la basse et aux chœurs, Vincent Keyser aux claviers et aux chœurs, Joris Foucault à la guitare et aux chœurs, et Ludovic Diaz à la batterie et aux chœurs. Le concept de l’album est ambitieux avec 2 parties distinctes, d’abord la première intitulée Top of the Sinaï – Part 1 avec l’image de cowboy et cette quête du monde extérieur, puis la seconde partie portée par la figure de l’indien/chamane et la quête du monde intérieur.
Child of Ayin est une belle découverte, un peu barrée et un peu country, avec des influences gospel, folk et rock dans un album qui fascine.
« Minimal » à la Bourse de Commerce ou le vertige de l’épure radicale
Présenter le minimalisme dans la démesure de la Bourse de Commerce, c’est comme chuchoter dans une cathédrale : un pari risqué et pourtant étrangement fécond. Car sous la coupole circulaire de Tadao Ando, l’exposition « Minimal », conçue par Jessica Morgan, parvient à transformer ce paradoxe en expérience sensorielle. Elle ne cherche pas à illustrer un mouvement, mais à en éprouver la sensation.
Dès les premières salles, on comprend que l’exposition ne joue pas la carte du spectaculaire. Pas d’effets, pas de drame, pas de pathos — seulement la rigueur de formes pures, la lumière sur la matière, le silence comme cadre. Le parcours, structuré en sept chapitres (Lumière, Surface, Grille, Mono-ha, Équilibre, Matérialisme, Monochrome), propose une relecture intelligente du minimalisme.
Aux côtés des figures historiques — Donald Judd, Carl Andre, Dan Flavin, Robert Ryman —, Jessica Morgan invite des voix périphériques, longtemps ignorées du récit officiel : les Japonais du Mono-ha, les Brésiliens Lygia Clark et Cildo Meireles, les Italiens de l’arte povera, ou encore les Américaines Meg Webster, Mary Corse et Anne Truitt.
Ce geste curatorial, simple mais décisif, transforme la leçon d’histoire en cartographie vivante : le minimalisme n’est plus un style figé dans le Manhattan des années 1960, mais une attitude universelle, une façon de regarder autrement.
Une pédagogie du regard
L’installation monumentale de Meg Webster sous la coupole d’Ando constitue le cœur battant de l’exposition. Cinq sculptures — un cône de sel, un dôme d’ocre, un arc de cire, une sphère de terre rouge et un amas de branches — forment une topographie fragile, presque rituelle. La simplicité y est souveraine : la matière parle, la forme écoute.
Face à ces géométries naturelles, la majesté du lieu se tait. La lumière, filtrée par la coupole, glisse sur les surfaces avec une lenteur méditative. L’œuvre de Webster, longtemps marginalisée dans le récit masculin du minimalisme, renoue avec une dimension organique, presque spirituelle. Elle prouve que la rigueur n’exclut pas la sensualité, que l’épure peut naître du contact et non de la distance.
En intégrant le Mono-ha japonais, Jessica Morgan signe un geste essentiel. Les œuvres de Lee Ufan, Nobuo Sekine et Kishio Suga rappellent que le minimalisme n’est pas seulement une affaire de forme, mais de relation. Les matériaux ne sont pas réduits, ils sont révélés. La pierre dialogue avec le bois, la gravité avec la lumière, le geste avec l’espace.
Ce minimalisme-là ne cherche pas la perfection mais la présence. Là où l’Occident a fait du vide un concept, le Japon en a fait une respiration. La commissaire tisse ainsi une conversation subtile entre continents, époques et sensibilités : du rationalisme américain au naturalisme japonais, du formalisme industriel à la spiritualité matérielle
Autre point fort : la réhabilitation d’une lignée de femmes artistes qui ont su réinventer le « moins » comme un « autrement ». Mary Corse, par ses surfaces de verre microbilles qui captent la lumière ; Anne Truitt, par ses colonnes pastel oscillant entre peinture et sculpture ; AgnesMartin, par ses grilles vibrantes d’humanité, insufflent à l’ensemble une douceur exigeante.
Le minimalisme, ici, n’est plus une posture autoritaire mais une éthique de la nuance. Ce qui se joue dans « Minimal », c’est la possibilité d’un minimalisme sensible — moins doctrinaire, plus incarné, plus ouvert.
Le béton d’Ando, d’une perfection clinique, accentue le contraste entre le dépouillement des œuvres et le poids du lieu. Mais cette variation visuelle, paradoxalement, produit une tension intéressante : celle du minimalisme devenu spectacle, du silence exposé.
Dans un monde saturé d’images, « Minimal » agit comme un antidote. Ce n’est pas une exposition qui cherche à séduire, mais à désencombrer. Elle invite à la lenteur, à la contemplation, à la modestie du regard.
On y apprend à voir autrement — à distinguer un blanc d’un autre blanc, un angle d’un souffle, une ombre d’une trace. Et c’est peut-être là, dans ce désapprentissage du spectaculaire, que réside la véritable puissance de l’exposition : redonner au silence une valeur active, presque politique.
“Minimal” ne parle pas d’absence, mais de présence. Il nous rappelle qu’en art comme dans la vie, le moins peut être une forme d’abondance car délestée de tout superflu.
Les grandes aventures de Nino Dino – Alfred a disparu (Milan)
Les éditions Milan nous proposent un grand album sur Les grandes aventures de Nino Dino – Alfred a disparu. C’est le 1er tome de cette nouvelle série. Les petits dinosaures partent à la recherche de l’arc en ciel. Il est tellement beau cet arc en ciel qu’ils voudraient le voir de plus près ! Ils traversent la forêt, s’éloignent de plus en plus de chez eux, et les paysages sont magnifiques. Les couleurs flamboyantes. Mais tout à coup, ils ne voient plus Alfred. Où est-il donc passé ? Le jeune lecteur va adorer suivre ces petits dinosaures et vivre avec eux une aventure extraordinaire ! Les grandes aventures de Nino Dinoest une série à suivre ! Tout y est très beau ! Il vient de sortir !
Le Théâtre de Poche Montparnasse propose une adaptation du texte de Léon Tolstoï au titre très ironique. Car ce Bonheur conjugal n’en a que le nom pour la jeune héroïne Macha interprétée par la très habitée Anne Richard. La pièce ressemble à une longue confession pour celle qui découvre les affres et tourments d’une vie maritale jamais vraiment satisfaisante, traversée parfois de périodes d’espoirs mais plus souvent remplie de doutes et de désenchantements. La pièce est traversée par les descriptions aussi précises que ciselées du grand Léon Tolstoï avec des incursions pianistiques de Nicolas Chevereau sous forme de sonates de Beethoven avec en premier lieu la célèbre Sonate au Clair de Lune très délicatement interprétée. La narratrice retranscrit les pensées et paroles de Macha tout comme celles des autres protagonistes, en premier lieu celles de Sergueï Mikhaïlitch presque âgé de 20 ans de plus qu’elle lorsqu’il convole avec elle quand elle n’a que 17 ans. Traduit en français sous le titre Mon mari et moi, Le Bonheur conjugal est un roman court paru en feuilleton en 1859 dans Le Messager russe, bien avant que l’auteur ne se mette à l’ouvrage pour les chefs d’œuvre Guerre et Paix en 1867 et Anna Karénine en 1878. Le moment de théâtre est pesant mais non point désagréable, et quand le héros apparait sans jamais dire un mot, il ressemble à une ombre pour une impression spectrale qui fait son petit effet. La pièce se joue tous les dimanches à 17h pour un succès indéniable auprès d’un public convaincu.
Synopsis: Qu’est-ce que le bonheur conjugal ? Une promesse, un paradoxe ? C’est ce dont la jeune Macha va faire l’expérience. Au long d’une émouvante confidence accompagnée par la sonate de Beethoven Quasi una fantasia, elle nous promène dans les méandres de son âme, passant de l’exaltation amoureuse aux désenchantements infligés par le quotidien partagé… jusqu’à l’implacable analyse de la maturité : l’amour et l’habitude ne font pas bon ménage !
Anne Richard distille avec délicatesse le récit de Tolstoï, dont le piano de Nicolas Chevereau et le regard de Jean-François Balmer se font les troublants échos…