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Une belle plongée dans l’univers Simpson avec l’ouvage Les Simpson ou le paradoxe du donut intemporel aux éditions Playlist Society

Les Simpson n’arrêtent pas de marquer les différentes générations de téléspectateurs depuis 1989. Les plus anciens ont connu les premières saisons, d’autres ont pris le train en marche, d’autres encore sont montés dans le train avec le film de 2007. Romain Nigita offre un tour d’horizon complet et impressionnant dans cet ouvrage sorti aux éditions Playlist Society. Je me suis demandé si il n’a pas revu tous les épisodes plusieurs fois pour amasser autant d’anecdotes et de détails aussi précis qu’évocateurs. Tous les personnages, toutes les époques, toutes les influences extérieures et de nombreuses intrigues sont passées en revue avec gourmandise et sagacité dans un ouvrage petit et ramassé mais surtout d’une densité folle pour qui a grandi en même temps que Marge et Homer. La lecture offre de belles analyses et surtout de beaux flashbacks sur ses propres souvenirs personnels de visionnages marqués au fer rouge dans l’esprit. Le livre permet de comprendre pourquoi la série a connu une si longue existence, prévue à aujourd’hui jusqu’en 2029, au moins. A suivre…

Synopsis: Apparue sur le petit écran en 1989, Les Simpson va bientôt franchir le seuil des 40 saisons. Un record dans l’histoire des séries télé, qui s’accompagne d’une résonance culturelle inédite. Les personnages ont beau ne pas vieillir, Les Simpson ne cesse de décrypter l’évolution de la société américaine, sans que les anciens épisodes perdent en pertinence au fil des rediffusions. Une approche qui crée un paradoxe surprenant : la série ne change jamais, tout en étant en constante mutation.

Les Simpson ou le paradoxe du donut intemporel s’appuie sur les explications exclusives du showrunner Al Jean pour explorer toutes les facettes d’une œuvre qui ne laisse aucun sujet de côté, de la politique à l’économie, de l’environnement à la santé, de la religion à la société de consommation.

Préface signée par Véronique Augereau et Philippe Peythieu, les voix françaises de Marge et Homer Simpson.

Romain Nigita est journaliste et critique de séries télé pour différents médias (France Inter, Le JDD, Mad Movies, et aujourd’hui Télé Star). Il est également le co-auteur avec Alain Carrazé de Séries’ Anatomy : le 8e art décrypté (éditions Fantask, 2017).

Editeur: Playlist Society

Auteur: Romain Nigita

Nombre de pages / Prix: 176 pages / 17 euros

« La Fin du courage » ou l’art de rester debout quand tout vacille

"La Fin du courage" ou l’art de rester debout quand tout vacille
Isabelle ADJANI et Laure CALAMY © Simon Gosselin

« La Fin du courage » ou l’art de rester debout quand tout vacille

Il faut du courage, justement, pour intituler un spectacle « La Fin du courage » et confier ce vertige à deux actrices dont la simple présence impose le silence. Isabelle Adjani et Laure Calamy n’ont pas besoin de convaincre : elles arrivent déjà chargées d’histoire, de corps, de contradictions. Le spectacle le sait, et joue avec cette attente.

Le spectacle n’est ni une leçon ni un manifeste. Sur scène, les deux actrices donnent corps à une parole fragile, traversée par le doute et la lucidité. Entre fatigue du monde et désir de rester debout, le spectacle interroge ce que signifie encore le courage lorsqu’il ne promet plus ni victoire ni consolation.

Ce n’est pas une pièce au sens strict, ni un simple débat philosophique mis en espace : c’est une rencontre intime avec nos propres hésitations.

Cynthia Fleury n’a pas voulu livrer une leçon de courage, elle nous tend un miroir — un miroir où on voit nos renoncements, nos « je le ferais bien » inachevés, et ces larges zones grises entre l’engagement et l’abandon.

Isabelle Adjani et Laure Calamy, réunies donc dans ce duo inaugural, incarnent cette pensée comme on respire une vérité qui dérange. Adjani, avec une intensité presque vulnérable, ne joue pas la philosophe : elle la vit.

Calamy, elle, est l’énergie vivante du doute qui persiste et qui ne lâche rien. Là où Adjani sculpte le sens, Calamy l’interroge, le déplace, le retourne comme une pierre trouvée sur le chemin.

Leur dialogue n’est pas un échange académique : c’est une danse de pensées, d’ironie, de sincérité crue et de rires qui déverrouillent la peur d’être philosophiquement soi-même ridicule.

Il n’est pas non plus un objet théâtral qui cherche à séduire : c’est une traversée. Une parole qui s’avance à découvert, sans décor protecteur, sans filet. Et sur scène deux manières d’affronter ce mot usé jusqu’à la corde : le courage.

Eloge fragile du courage ordinaire 

Isabelle Adjani entre comme on entre dans un souvenir. Quelque chose en elle semble déjà avoir vécu trop longtemps, trop intensément. Elle ne surjoue rien : elle laisse advenir.

Sa voix, parfois presque absente, parfois brûlante, donne l’impression qu’elle parle depuis un endroit intérieur où les certitudes ont cessé d’être utiles. Elle n’incarne pas une figure d’autorité ; elle incarne le doute noble, celui qui sait ce qu’il a coûté.

Face à elle, Laure Calamy ne se place pas dans l’opposition mais dans la friction. Elle est l’élan, la nervosité, la pensée qui ne se satisfait pas du vertige et continue de chercher une prise.

Son corps parle autant que ses mots : elle avance, recule, relance, comme si penser était un acte physique, presque sportif. Elle remet du mouvement là où tout pourrait s’effondrer dans la gravité.

Ce qui se joue entre elles n’est pas un dialogue classique. C’est une conversation intérieure rendue visible, une oscillation permanente entre fatigue et sursaut, lucidité et désir d’y croire encore.

On n’assiste pas à une démonstration, mais à une mise à nu. Le texte ne cherche pas à convaincre ; il expose. Il accepte les failles, les silences, les zones d’ombre où le courage ne ressemble plus à une vertu héroïque mais à une obstination fragile.

La mise en scène de Jacques Vincey, volontairement épurée, agit comme un révélateur. Rien ne détourne l’attention : pas d’effets, pas de soulignement inutile. Juste la parole, le temps, et cette sensation troublante que le théâtre est devenu un lieu où l’on pense à voix haute.

Il y a dans « La Fin du courage » quelque chose de profondément mélancolique, mais jamais désespéré. Une conscience aiguë de l’épuisement collectif, de la tentation du renoncement, et en même temps cette idée tenace que le courage n’est peut-être pas mort — qu’il a simplement changé de visage.

Qu’il réside désormais dans le fait de ne pas détourner le regard, de rester présent quand tout incite à se retirer. On sort du spectacle un peu plus questionné, un peu plus attentif. « La Fin du courage » ne dit pas comment être courageux. Elle pose une question plus vertigineuse encore : qu’est-ce que cela coûte de ne plus l’être ?

 Dates : du 17 janvier au 8 mars 2026 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris)
Mise en scène : Jacques Vincey

[BD] Noir Horizon – Tome 03 : la fin de l’exode (Glénat)


[BD] Noir Horizon – Tome 03 : la fin de l’exode

Dans ce troisième et dernier volet de la trilogie Noir Horizon, le duo Philippe Pelaez (scénario) et Benjamin Blasco-Martinez (dessin & couleurs) conclut son épopée de science-fiction post-apocalyptique avec puissance et intensité. Après avoir libéré les opprimés de la cité de Kádingirra, nos protagonistes — Esther, Judith, Tobie et Ben — quittent ce monde en flammes à bord du gigantesque vaisseau Shemot, espérant offrir à leur peuple une vie meilleure ailleurs.

Mais ce nouvel horizon n’est pas un refuge édénique : sur la mystérieuse planète Kepler, un brouillard étrange transforme les êtres en monstres, menaçant de dissoudre toute cohésion sociale et de raviver d’anciennes peurs. Ensemble, les colons doivent faire face aux dangers de ce nouvel environnement tout en restant unis contre les forces qui les poursuivent — notamment le Gouverneur Achab et ses derniers fidèles.

Ce dernier tome amplifie les thèmes qui ont traversé la série : lutte pour la liberté, tyrannie, survie face à l’inconnu, et ambiguïtés morales. L’histoire mêle astucieusement références bibliques, sciences spéculatives et questions existentielles, transformant cette conclusion en une réflexion sur la nature humaine et les choix qui déterminent le destin des sociétés.

Graphiquement, Blasco-Martinez livre une prestation remarquable : ses planches combinent décors martiens, atmosphères ténébreuses et scènes de tension viscérale à un niveau cinématographique, renforçant l’immersion dans cet univers hostile et fascinant. A lire.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

L’Apocalypse est pour aujourd’hui. Les quatre renégats Esther, Judith, Tobie et Ben ont réussi à libérer les opprimés de Kádingirra et fuient les cendres de la cité à bord du vaisseau Shemot. Mais derrière l’horizon noir de **Kepler**, un brouillard mystérieux transforme les individus en monstres. Pour bâtir une nouvelle civilisation, il faudra coopérer, affronter la brume… et résister à la poursuite du Gouverneur Achab et de ses fidèles. La trilogie SF se conclut ici dans un ultime combat pour l’humanité. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Date de parution : 14 janvier 2026
Auteurs : Philippe Pelaez (scénario), Benjamin Blasco-Martinez (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : Science-fiction / Fantastique
Format / Pages : Grand format – 56 pages
Prix indicatif : 15,50 €

« Six personnages en quête d’auteur », le drame surréel de Pirandello

Six personnages en quête d’auteur, le drame surréel de Pirandello
Photo : © Christophe Raynaud de Lage

Six personnages en quête d’auteur, le drame surréel de Pirandello

Dans « Six personnages en quête d’auteur », une troupe de théâtre, pour le moins désabusée, répète, quand elle est interrompue par des personnages qui s’insurgent contre la fausse vérité des acteurs et actrices jouant leur histoire.

L’incident n’est pas sans semer le trouble chez le metteur en scène lunaire et haut perché (Serge Bagdassarian) et des acteurs en crise qui se confrontent à leur jeu et à leur limite, dans une pièce de Pirandello.

Dans une lutte acharnée, acteurs et personnages vont dès lors chercher à imposer leur propre conception entre fiction et réalité, où une famille dysfonctionnelle se remémore ses traumas pour remonter jusqu’à l’essence du drame et son exorcisme.

La mise en abîme – du théâtre dans le théâtre – est l’un des thèmes de prédilection de Pirandello. ll travaille en permanence la question de la permutation des places, des fonctions, du double identitaire.

Dans « Six personnages en quête d’auteur, » le metteur en scène se rêve en auteur tandis que les personnages se revendiquent les acteurs de leur propre drame et quant aux acteurs, ils deviennent des spectateurs. Le tout orchestré devant un public qui n’en est pas un car il s’agit d’une répétition !

Le vertige pirandellien ici et maintenant

Et cette confusion des rôles à la fois troublante, dérangeante et fascinante, Marina Hands l’a imaginée au plus près du réel.

A l’abri d’une mise en scène fiévreuse et endiablée, elle orchestre des emportements, des ruptures, des hors champs qui activent l’imaginaire des loges ou des coulisses, convoquent le dedans ou le dehors, brouillant la frontière entre le réel et la fiction qui se révèle aussi illusoire qu’interchangeable.

La richesse de cette opposition propre à l’œuvre du dramaturge initie avec force le ressort dramatique du dédoublement.

Où le passage d’une vérité à l’autre dans un jeu de miroir incessant se charge et se transforme tout en ouvrant une réflexion abyssale sur la création théâtrale dans ses tenants et ses aboutissants les plus intimes.

Le monde du théâtre devient comme le lieu de la fabrication de tous les possibles : de l’inceste à peine déguisé à la mort violente d’une innocente.

Marina Hands resserre la distribution à 8 comédiens au lieu des 22 sur une nouvelle traduction de Fabrice Melquiot qui inscrit ce drame social pleinement dans l’aujourd’hui avec aussi ses enjeux sociétaux, où la lisière entre le vrai et le faux n’a jamais été aussi confuse, et dont les comédiens du Français s’emparent avec ferveur et intensité.

La troupe à l’unisson, emmenée par Serge Bagdassarian, Thierry Hancisse et Adeline d’Hermy, nous entraîne dans cette spirale qui relève du méta-théâtral où après la répétition et sa dimension multiple et exutoire, la réalité du drame se révèle enfin.

Dates: du 20 janvier au 1er mars 2026 – Lieu : Comédie-Française – Vieux-Colombier (Paris)
Mise en scène : Marina Hands

Au Sud, l’Agonie – polar et tragédie dans l’Amérique ségrégationniste (Glénat)


[BD] Au Sud, l’Agonie – polar et tragédie dans l’Amérique ségrégationniste (Glénat)

Dans Au Sud, l’Agonie – second tome de la série Trois Touches de Noir – Philippe Pelaez (scénario) et Hugues Labiano (dessin & couleurs) livrent une fresque puissante qui croise enquête criminelle et tragédie sociale dans l’Amérique profonde de 1926. Sous le soleil écrasant de la Bible Belt, en Géorgie, l’ombre de la défaite du Sud après la Guerre de Sécession et les séquelles de l’esclavage pèsent encore sur les populations, entre misère, ressentiment et haine raciale.

Alors qu’un lynchage de plus éclate, l’agent Jonathan David, dépêché par le Bureau of Investigation (ancêtre du FBI), arrive à Savannah pour enquêter sur la mort suspecte d’un ouvrier noir nommé Malcolm. Accompagné de Zacharie Daniel, jeune métis fier et déterminé à faire tomber l’injustice, il découvre rapidement un territoire rongé par la peur, la violence et la ségrégation, où la religion devient instrument de pouvoir pour le pasteur Leer, figure autoritaire de la ville.

La tension monte encore lorsque Travis Hart, un fugitif légendaire, s’évade du pénitencier pour revenir à Savannah avec l’intention de régler ses comptes. Les motivations de chacun se mêlent aux pulsions de domination, et l’enquête se transforme en lutte existentielle où racisme, peur et devoir moral forment un paysage social étouffant. 

Graphiquement, Labiano capte la moiteur, les regards fuyants et l’oppression constante de ce Sud agonisant. Ses planches aux contrastes toujours marqués habitent l’intensité des regards et des moments suspendus, renforçant la force émotionnelle du récit.

Au Sud, l’Agonie dépasse le cadre du polar historique pour offrir un regard lucide sur une Amérique marquée par ses fractures et ses contradictions.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Enquête criminelle au cœur de la Bible Belt en Géorgie, 1926. Au Sud de l’Amérique, sous un soleil étouffant, les États fondamentalistes vivent encore dans l’ombre de la défaite du Sud et de l’abolition de l’esclavage. Là où la couleur de peau est une tare, le pasteur Leer impose sa loi, séparant Blancs et Noirs. Quand un lynchage fait couler le sang, l’agent Jonathan David est envoyé pour enquêter, aidé de Zacharie, un jeune métis qui refuse de plier. Mais la misère, la peur et les ressentiments rongent toute la région, et bientôt le fugitif Travis Hart revient pour régler ses comptes. Dans ce Sud agonisant, une seule question demeure : peut-on renaître après tant de douleurs ? :contentReference[oaicite:5]{index=5}
Date de parution : 14 janvier 2026
Auteurs : Philippe Pelaez (scénario), Hugues Labiano (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : Trois Touches de Noir / Polar historique
Format / Pages : Relié – 64 pages
Prix indicatif : 16,00 €

[BD] Les Fables du Roi des Aulnes – légendes, fables et duels intemporels (Bayard)

[BD] Les Fables du Roi des Aulnes – légendes, fables et duels intemporels

Dans Les Fables du Roi des Aulnes, le dessinateur et scénariste Juni Ba signe un roman graphique ambitieux qui revisite les contes classiques en profondeur. Au cœur de la forêt mythique de Mynislyvix, deux figures emblématiques se font face depuis la nuit des temps : Goupil, le renard rusé et manipulateur qui a déjoué la mort, et le Roi des Aulnes, immortel et solitaire. Leur rivalité façonne une série de récits tissés comme autant de fables qui explorent des thèmes universels comme l’identité, l’amitié et la légende.

Au fil de cet album unique, ces deux personnages s’affrontent dans des histoires riches en nuances, où les rôles de héros et d’antagonistes se brouillent. Loin des clichés habituels, ce roman graphique questionne la nature profonde des légendes : et si le héros n’était pas si héroïque, et si l’adversaire portait en lui une humanité insoupçonnée ?

Graphiquement, Juni Ba multiplie comme toujours les innovations visuelles : découpages dynamiques, contrastes forts et détails minutieux créent une lecture immersive, presque cinématographique. Cette approche audacieuse bouscule les conventions narratives et invite à une relecture des grands mythes d’une manière nouvelle et percutante. 

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Au cœur de la fabuleuse forêt de Mynislyvix, deux figures se font face : Goupil, rusé manipulateur qui a déjoué la mort, et le Roi des Aulnes, immortel et solitaire. Leur rivalité anime la forêt depuis la nuit des temps, donnant naissance à une série de contes qui forment la grande Histoire. Reste à savoir comment finira la leur ! Et si les deux ennemis n’étaient finalement pas aussi différents qu’ils ne le pensent ? Un roman graphique qui dégoupille les classiques et repense les mythes avec humour, émotion et audace. 
Date de parution : 07 janvier 2026
Auteur : Juni Ba (scénario, dessin & couleurs)
Coloriste : Aditya Bidikar
Traducteur : Laurent Laget
Éditeur : Bayard Jeunesse
Collection / Genre : Roman graphique / Fables et mythes
Format / Pages : Cartonné – 184 pages
Prix indicatif : 18,90 €

Maman parle aux pommes (Editions Sabarcane)

Maman parle aux pommes (Editions Sabarcane)

Agnès de Lestrade écrit depuis très longtemps des livres pour la jeunesse. Son dernier album nous a interpellés : Maman parle aux pommes.
Dans ce très joli album, l’auteure aborde la santé mentale, avec humour et tendresse.
C’est l’histoire d’un garçon qui n’a pas une maman tout à fait comme les autres. Apparemment, elle est pareille. Mais la sienne, elle parle aux pommes, mais aussi aux cerises, aux salades, aux radis… A l’école, les autres disent que sa mère est « foldingue »… Il est vrai que sa mère va voir un docteur, un spécialiste pour les gens qui parlent aux pommes…Son papa a dit que c’était très important pour elle…
Mais au final, si sa mère est bizarre, elle est aussi très forte pour raconter des histoires incroyables ! Le plus dur c’est quand, subitement, elle disparait !
Publik’Art a été touché par le ton de l’auteure qui aborde un sujet grave, avec beaucoup de douceur et de vérité. On a aimé aussi les illustrations chatoyantes, naïves et gaies de Zosia Dzierzawska, illustratrice polonaise.
Maman parle aux pommes est un très bel album, qui aborde un sujet grave, la santé mentale, avec beaucoup d’humanité. cet album vient de sortir, il est à offrir à nos jeunes lecteurs, sans plus attendre !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 7 janvier 2026
Auteur : Agnès de Lestrade
Illustrateur : Zosia Dzierzawska
Editeur : Sarbacane
Prix : 15,50 €

« Duras-Platini » : cette rencontre là

« Duras-Platini » : cette rencontre là
Duras – Platini – Mise en scène Barbara Chanut (© Romy Alizée)

« Duras-Platini » : cette rencontre là

Avec « Duras-PIatini », on ne cherche pas à comprendre pourquoi Marguerite Duras rencontre Michel Platini. On accepte qu’ils se soient déjà rencontrés, quelque part entre une phrase surréaliste et une surface de réparation.

Et ce postulat posé, elle devient affaire de rythme, de souffle, de présence. Barbara Chanut à la mise en scène, ne fabrique pas une confrontation, encore moins un dialogue illustratif.

Elle installe une tension douce, presque absurde : celle de deux mythologies françaises que tout oppose et que le théâtre force à cohabiter.

Duras, c’est la voix. Platini, le geste. L’une écrit contre le silence, l’autre jouait contre l’espace. Le spectacle se tient précisément là : dans cet interstice où la parole voudrait courir, et où le corps refuse de se taire.

La mise en scène ne tranche jamais. Elle observe. Elle laisse les corps dire ce que les mots ne savent plus formuler, et les mots échouer à dire ce que le corps, parfois, réussit sans le savoir.

Il y a quelque chose d’inattendu dans ce spectacle. Pas de reconstitution biographique, pas de nostalgie lourde, pas de révérence appuyée. La metteuse en scène travaille à hauteur d’homme, pas à hauteur de statue.

Une rencontre en terrain neutre

Les figures s’allègent, les icônes respirent, les légendes s’ignorent un peu. Duras n’est pas une écrivaine sacrée, Platini n’est pas un héros du stade. Ils deviennent matières, textures, fragments.

La scénographie, volontairement dépouillée, agit comme un terrain neutre et un espace de projection mentale. On y entend le bruit du temps qui passe, celui des phrases qui reviennent, celui des gestes qui se répètent jusqu’à devenir mémoire séculaire.

Le spectacle avance par touches, par glissements, par reprises. Comme un match sans score, ou un texte sans point final.

L’interprétation constitue l’un des points d’équilibre les plus justes de « Duras–Platini ». Les deux acteurs évitent soigneusement toute tentation d’imitation. Il ne s’agit jamais de ressemblance, encore moins de caricature, mais d’incarnation déplacée, habitée. Ils ne rejouent pas des figures connues : ils en explorent les traces.

Cyrielle Rayet travaille la parole comme une matière vivante, instable, traversée de silences. Sa voix semble chercher la phrase autant qu’elle la prononce, laissant apparaître les hésitations, les creux, les résistances du langage. Elle ne sacralise pas le texte : elle l’éprouve, le laisse respirer, lui donne une densité presque physique.

Face à elle, Neil-Adam Mohammedi construit son jeu à partir du corps. Une présence mesurée, précise, marquée par la mémoire du geste sportif. Même immobile, son corps raconte une discipline passée, une habitude du regard et de l’évaluation. La parole est juste, ancrée, comme si chaque mot devait d’abord traverser l’expérience.

Entre eux, aucune confrontation spectaculaire. La fluidité des échanges organise une coexistence attentive, faite d’écoute et de retenue. Leur jeu dans la durée, sans effet ni démonstration, donne au spectacle sa profondeur humaine. C’est dans cette sobriété partagée que « Duras–Platini » trouve sa justesse.

Et puis il y a ce qu’ils nous laissent : non pas une conclusion, mais un écho. La solitude du champion, l’obsession de l’écrivain, le renversement des rôles, l’ignorance assumée qui devient curiosité — tout cela persiste, comme une reprise après les arrêts de jeu où l’on refait le match dans sa tête.

« Duras-Platini » ne donne pas de réponses faciles. Il propose des pistes, des zones de friction, des raccourcis improbables entre deux mondes qu’on croyait séparés.

En un mot ? Une rencontre scénique audacieuse, qui nous rappelle que la scène est d’abord un espace où les mondes se heurtent pour mieux se révéler.

 Dates : du 7 au 18 janvier 2026 – Lieu : Théâtre de la Reine Blanche (Paris)
Mise en scène : Barbara Chanut

Le Misanthrope enlevé et aiguisé de Georges Lavaudant

Le Misanthrope enlevé et aiguisé de Georges Lavaudant
Eri Elmonsnino et Mélodie Richard dans « Le Misanthroipe » © Marie Clauzade

Le Misanthrope enlevé et aiguisé de Georges Lavaudant

Georges Lavaudant s’empare pour la première fois et avec brio, de la langue de Molière. Et l’inscrit dans un espace-temps intemporel, au plus près de ce discours sur la raison et la passion, qui n’en finit pas de consumer les âmes.

La vanité, le jeu des influences, les faux-semblants, tout comme la perfidie des courtisans sont au cœur de cette pièce. Les passions humaines qui s’y déchaînent ne cessent de nous offrir un miroir grossissant de notre propre et petite condition.

Alceste, le misanthrope, est le plus loyal et le plus droit des hommes. Cet incompris, qui veut changer la face du monde, se retrouve pris au piège d’un système plus fort que lui, car il a le mauvais goût de rejeter les futilités et les mondanités.

Alceste souffre donc de l’hypocrisie du monde dans laquelle il vit. Il est pourtant amoureux de Célimène, une mondaine habitée par cet art de paraître qui voit défiler dans son salon des petits marquis courtisans, avides et calculateurs, dont il n’a que mépris.

La conversation et l’appartenance sociale avec ces signes de reconnaissance sont les éléments fondateurs de ce microcosme. Entre soi, on se croise, on échange et on tente de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres : Célimène est-elle sincère dans son amour ?

Une comédie humaine 

Avec ses enjeux, son interaction entre les protagonistes, ses contradictions à travers la posture morale d’Alceste qui se confronte à l’appel paradoxal de son désir, la parole est au centre du dispositif.

Mais aussi de la lecture subtile et précise de Georges Lavaudant qui se concentre sur le texte fondateur et une direction d’acteurs de haute volée.

Cette comédie humaine prend pour cadre un salon classieux en clair-obscur, théâtre d’ombre et de lumière jouant un dernier acte, où des glaces dépolies reflètent les âmes tourmentées des protagonistes. Elle fait la part belle aux joutes verbales et aux médisances, entre comédie grinçante et tragédie intime.

C’est en costumes d’apparat de Jean-Pierre Vergier qu’évolue ce petit monde clos qui renvoie à une classe dominante et élitiste, sûre de son entre-soi et de son pouvoir.

Un espace confiné mais où les murs peuvent être repoussés dans cette relecture, donnant l’illusion d’une certaine liberté, tout en maintenant une pression constante sur les personnages et leurs turpitudes.

La mise en scène rythmée et parfaitement maîtrisée de Lavaudant scrute au plus près ce bal des hypocrites et des flatteurs où le jeu des ambitions se dispute à celui des compromissions et révèle les ressorts secrets d’une confrérie, dissimulée sous le vernis de la politesse.

Les discussions, dont la circulation et le jeu des acteurs offrent une fluidité et une légèreté parfaites, mettent à l’épreuve la sincérité d’Alceste qui se débat comme un beau diable. Car toujours capable d’emportements face aux sentiments qu’il éprouve pour Célimène, il demeure cet homme arc-bouté dans sa critique du monde et son refus viscéral d’une société du paraître, de la dissimulation et dans laquelle la médisance s’avère un art à part entière.

Dans cette fuite en avant, les comédiens sont au diapason pour faire entendre la posture désinvolte et contrariée d’Alceste, seul contre tous, incarnée héroïquement par un Éric Elmosnino, époustouflant.

 Dates : du 14 au 25 janvier 2026 – Lieu : Athénée Théâtre Louis-Jouvet (Paris)
Mise en scène : Georges Lavaudant

Magdalena Abakanowicz : Là où la mémoire des corps se raconte

Magdalena Abakanowicz : Là où la mémoire des corps se raconte
Magdalena Abakanowicz, La Foule V, 1995-1997, présenté dans l’exposition « Magdalena Abakanowicz. La trame de l’existence » au musée Bourdelle, Paris, 2025. Photo : © musée Bourdelle-Paris Musées / NicolasBorel

Magdalena Abakanowicz : Là où la mémoire des corps se raconte

Il y a quelque chose de presque paradoxal à installer Magdalena Abakanowicz au musée Bourdelle. Paradoxal, mais juste. Les corps héroïques, tendus vers l’idéal, se retrouvent à cohabiter avec des formes qui ont renoncé à l’illusion de la perfection.

Ici, rien ne se dresse pour triompher : tout semble avoir survécu.

Les œuvres d’Abakanowicz ne représentent pas des corps, elles en conservent la mémoire. Des corps sans visages, des enveloppes vidées de toute psychologie, des masses textiles qui tiennent debout par habitude plus que par volonté. On ne sait jamais si l’on regarde une foule, une ruine ou une mue.

Et c’est précisément là que l’exposition réussit : elle nous prive de toute narration confortable.

La survivance des corps 

Face aux bronzes de Bourdelle, qui affirment encore la croyance dans la grandeur humaine, Abakanowicz énonce autre chose — une histoire faite de répétition, d’anonymat, de fatigue collective.

Ses figures n’ont pas de regards parce qu’elles n’ont plus besoin de convaincre. Elles sont passées de l’autre côté de la représentation, dans un état presque post-humain, mais profondément sensible.

Le matériau joue un rôle clé : fibres rugueuses, surfaces blessées, textures qui accrochent la lumière sans jamais la flatter. On a envie de toucher, puis on se retient, comme si ces œuvres exigeaient une distance éthique.

Elles ne sont pas fragiles, mais elles sont vulnérables — nuance essentielle.

Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont l’artiste transforme la répétition en expérience existentielle. La multitude n’est pas décorative ; elle est oppressante, presque obssédante. Chaque forme ressemble à la précédente, mais aucune n’est interchangeable.

On pense à l’histoire, aux foules disciplinées, aux corps comptés plutôt que regardés. Et pourtant, il n’y a rien de démonstratif. L’œuvre ne dénonce pas, elle constate.

Au musée Bourdelle, cette exposition agit comme un contre-chant grave. Elle rappelle que le corps, avant d’être symbole ou idéal, est une matière traversée par le temps, la violence, la survie. Abakanowicz ne cherche pas à nous émouvoir, elle nous laisse face à ce qui reste quand l’héroïsme s’est tu.

Et c’est là que réside la force de cette rencontre : entre la sculpture qui voulait élever l’homme, et celle qui accepte de le regarder tel qu’il est.

 Dates : du 20 novembre 2025 au 12 avril 2026 – Lieu : Musée Bourdelle Magdalena Aabakanowicz : la trame de l’existence (Paris)

L’histoire d’Alice au pays des merveilles, un plaisir familial à découvrir au Théâtre Le Ranelagh

Le Théâtre Le Ranelagh invoque les souvenirs des adultes et l’imaginaire des plus jeunes pour un moment de théâtre rempli de magie. Le roman de Lewis Carroll publié en 1865 a gardé aujourd’hui toute sa puissance évocatrice. La troupe Les artisans du rêve en livrent une version quelque peu actualisée mais hautement fidèle à l’esprit originel. La jeune Alice est espiègle et insoumise, elle s’échappe dans le monde des rêves pour vivre des aventures à la taille de son imagination majuscule, et elle se rend enfin compte d’amour que lui porte les siens, qui, en la rabrouant constamment, montrent finalement leur attachement pour elle, les adultes comprendront tout ce que cela revêt comme vécu. La jeune Alice rencontre la galerie de personnages échevelés imaginés par l’auteur. Le lapin toujours en retard, le chat facétieux, la reine tranchante, le rythme est soutenu, quelques tours de chant donnent envie de taper dans ses mains, les enfants sont enchantés, les parents se souviennent soit de leur lecture de l’ouvrage soit de la projection du célèbre film Disney, soit des 2. La pièce est parfaite pour une sortie familiale, par exemple pour l’anniversaire de leur enfant, c’est un moment de joie avec les yeux écarquillés. La mise en scène inventive de Mélanie Samie participe au succès de la pièce qui réunit une audience nombreuse tous les samedis à 11h au Théâtre Le Ranelagh.

Synopsis: Alice, vous la connaissez ? Une petite fille espiègle, un peu rebelle mais attachante voulant grandir, sur le point de vivre une aventure merveilleuse ! Elle tombe nez à nez avec un lapin blanc râleur, toujours en retard mais si attachant. Une histoire à dormir debout, faite de rencontres plus farfelues les unes que les autres. Un périple imaginaire pour toute la famille ! Des costumes colorés, des masques expressifs, de la vidéo pour nous faire voyager… un rêve éveillé au pays de la Reine de Cœur, de la sage chenille et du Chapelier Toqué !

Détails:

Jusqu’au 24 janvier 2026, le samedi à 11h

Genre : Théâtre jeune public à partir de 5 ans

Durée : 1h05

« Le jardin », une tentative d’y croire encore

"Le Jardin", une tentative d’y croire encore
© Thomas Dubot

« Le jardin », une tentative d’y croire encore

Il faut se méfier des jardins au théâtre. Ils promettent souvent la paix et livrent en fait un terrain incertain. « Le jardin », création du collectif belge Greta Koetz écrite et mise en scène par Thomas Dubot, ne déroge pas à la règle — et c’est tant mieux.

Ici, rien ne pousse droit, rien ne se stabilise longtemps. Le sol est meuble, les certitudes glissent, et les personnages avancent comme on traverse un terrain familier devenu soudain étrange.

On y retrouve des amis d’enfance, un espace partagé, un lieu menacé. Jusque-là, tout semble presque banal. Puis très vite, quelque chose déraille.

Une parole se met à flotter. Une figure bascule dans le sacré. Le réel se fissure sans prévenir, laissant entrer une forme de mystique bricolée, de burlesque inquiet, de mélancolie mal contenue. On rit souvent, mais jamais sans arrière-pensée.

Thomas Dubot écrit comme on assemble une cabane avec ce qui traîne : des souvenirs, des références hétéroclites, des élans naïfs et des fulgurances plus sombres. Le texte ne cherche pas la démonstration. Il avance par associations, par accidents presque.

Certaines scènes semblent venir d’un autre temps, d’un théâtre qui n’aurait pas encore décidé d’être contemporain — ou qui refuserait de l’être tout à fait. Ce léger décalage, loin d’affaiblir la pièce, lui donne une texture singulière, comme une œuvre qui n’aurait pas peur d’être inactuelle pour rester sincère.

Le collectif Greta Koetz fonctionne à l’image du jardin qu’il met en jeu : un espace de cohabitation plutôt que d’harmonie. Les individualités s’y affirment, parfois au détriment de la lisibilité, parfois au profit d’une vitalité brute.

Certaines idées restent à l’état d’esquisses. Mais cette inégalité fait aussi partie du geste. Le collectif ne prétend pas au bloc homogène. Il expose ses frottements, ses ratés, ses moments de grâce imprévisible.

Un sol fragile

La mise en scène accompagne ce mouvement sans l’alourdir. Peu d’effets, peu de spectaculaire. Les objets, les chants, les déplacements deviennent des points d’appui émotionnels plus que des signes à décrypter.

Et puis, parfois arrive une musique ou une chanson. Pas comme un numéro, mais comme un pas de côté de plus. Le théâtre cesse alors de raconter et se suspend.

« Le jardin » parle de transmission, de perte, de ce qui nous relie quand les structures vacillent. Il évoque la fin d’un monde sans jamais la théoriser. Ce n’est pas un spectacle à message, ni un manifeste générationnel bien ficelé.

C’est plutôt une tentative fragile, parfois bancale, de tenir ensemble — de faire collectif quand le sol se dérobe.

Ce qui frappe aussi, c’est la justesse du jeu — non pas une justesse démonstrative ou virtuose, mais une précision discrète, presque pudique.

Les interprètes du collectif Greta Koetz ne cherchent jamais à « faire personnage », ils habitent des présences. Chacun arrive avec sa propre énergie, son rythme intérieur, sa manière singulière de se tenir au monde, et c’est dans cet écart assumé que le spectacle trouve son équilibre.

Rien n’est surjoué, rien n’est plaqué. Même lorsque le texte flirte avec l’absurde ou le sacré, les corps restent ancrés, concrets, traversés par une humanité immédiate.

Il y a dans cette interprétation une écoute constante — des partenaires, du silence, du plateau — qui empêche toute scène de basculer dans l’effet. Les acteurs avancent à vue, comme s’ils découvraient la situation en même temps que nous, laissant affleurer le doute, la maladresse, parfois même une forme de fragilité.

Cette fragilité n’est jamais exploitée : elle est tenue, maîtrisée, et c’est précisément ce contrôle souple qui rend le jeu si juste et au bon endroit. Le collectif ne gomme pas les individualités, il les accorde. Et dans cette polyphonie sobre, sans hiérarchie apparente, le théâtre vibre pleinement.

Avec cet art de ne pas savoir exactement où l’on va, mais d’y aller ensemble malgré tout.

 Dates : du 6 au 16 janvier 2026 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris)
Ecrit et mise en scène : Thomas Dubot

Qui l’a vu, album jeunesse (Editions Sarbacane)

Qui l’a vu, album jeunesse (Editions Sarbacane)

Les éditions Sarbacane nous propose un très joli album pour tout-petit : Qui l’a vu ?
Alex a perdu son ours en peluche. Mais où est-il donc ? Il va le chercher partout, dans toute la maison… Son papa va l’aider, puis son grand-père, même sa grande soeur et sa maman participent à la recherche…
Les illustrations de Marie Mignot sont très colorées et pleines de détails qui vont ravir les jeunes lecteurs. Quant au texte de Luca Tortolini, il peut être lu comme une comptine !
Qui l’a vu est un très chouette album jeunesse, à offrir dès le plus jeune âge ! Il sort aujourd’hui !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 7 janvier 2026
Auteur : Luca Tortolini
Illustrateur : Marie Mignot
Editeur : Sarbacane
Prix : 14,90 €

[Manga] Astro Royale – Tome 01 & 02 : yakuzas, météorites & pouvoirs surnaturels (Glénat)


[Manga] Astro Royale – Tome 01 & 02 : yakuzas, météorites & pouvoirs surnaturels (Glénat)

Dans les deux premiers volumes de Astro Royale, le mangaka Ken Wakui (célèbre pour Tokyo Revengers) transporte le lecteur dans un shônen contemporain mêlant gangs, dramatique familial et super-pouvoirs. L’histoire démarre avec la mort de Kongo Yotsurugi, chef d’un clan yakuza à Asakusa. Cette disparition déclenche une lutte de succession entre ses enfants adoptifs et son fils biologique, Hibaru, plongé dans un conflit qui va au-delà des rivalités classiques.

Alors que les héritiers s’affrontent, une pluie de météorites s’abat sur le Japon, bouleversant le monde et éveillant en certains individus des pouvoirs mystérieux appelés « Astros ». Ces pouvoirs ne sont pas seulement des armes : ils reflètent la personnalité profonde de leurs porteurs et deviennent un enjeu central de pouvoir dans un monde désormais fragmenté. Hibaru, malgré sa gentillesse naturelle, devra apprendre à maîtriser son propre Astro tout en protégeant ceux qu’il aime et en consolidant sa place dans un clan fracturé.

Le shônen se distingue par son mélange efficace de combats spectaculaires, de drames intimes et de rebondissements narratifs. Wakui ajuste son dessin pour l’adapter au ton de cette série : le trait est vif, les personnages expressifs et les scènes d’action dynamiques, soutenant un récit qui capture à la fois l’émotion et la tension. Les deux premiers tomes posent ainsi les bases d’une saga ambitieuse, où loyauté, rivalités fraternelles et quête d’identité se mêlent dans un univers où le surnaturel surgit au cœur du quotidien.



Résumé éditeur :

**Volume 01** – Kongo Yotsurugi, chef du clan Yotsurugi, un groupe de yakuzas d’Asakusa, est décédé. Hibaru, son unique enfant biologique, se retrouve dans un conflit pour la succession du clan avec ses frères et sœurs adoptifs. C’est alors qu’à la suite d’une pluie de météorites, les gens voient s’éveiller en eux un mystérieux pouvoir appelé “astro”…

**Volume 02** – En revenant à Asakusa, Hibaru et ses compagnons se lancent à l’assaut du repaire des Ghost Thieves, un duo de cambrioleurs utilisant des astro, afin de les empêcher de nuire. Mais, alors que les jeunes yakuzas semblent vaincus par les redoutables pouvoirs de leurs adversaires, ils tombent sur Kinpa Yobana, une amie d’enfance…

Date de parution : 22 octobre 2025 (Tome 01), 07 janvier 2026 (Tome 02)
Auteur : Ken Wakui
Éditeur : Glénat Manga
Collection / Série : Shōnen / Fantastique
Format / Pages : 200 pages (T1) / ~208 pages (T2)
Prix indicatif : 7,20 € / volume

[BD] Tunnels – virée infernale sur route sans issue (Glénat)

[BD] Tunnels – virée infernale sur route sans issue (Glénat)

Dans Tunnels, Michaël Sanlaville signe un thriller graphique spectaculaire où une virée familiale se transforme en cauchemar dans une réalité alternative. Ce one-shot pose un huis clos sur roues aussi intense qu’une scène de film d’action : décor banal de vacances, mais atmosphère rapidement fragmentée par une mécanique infernale et de poursuites menaçantes, à haute vitesse, qui n’en finissent plus.

Au départ, tout est simple : une famille — parents et trois filles — s’élance pour des vacances tant attendues. Jeux, plaisanteries et paysages qui défilent donnent le ton léger des premiers kilomètres. Mais dès les premiers tunnels traversés, quelque chose tourne au grotesque puis au menaçant. Le GPS se perd, les paysages deviennent étranges, et des bolides noirs surgissent à toute allure, comme surgis de nulle part, semant peur et confusion. 

La violence de ces rencontres ne ressemble à rien de connu : des conducteurs casqués hurlant des paroles insensées, des véhicules lancés à pleine vitesse, et l’impression d’une route sans issue métamorphosent progressivement la BD en un huis clos dévorant. Sanlaville orchestre cette mécanique narrative avec une grande maîtrise du rythme, créant des scènes où tension et mouvement sont palpables à chaque case.

Graphiquement, l’auteur excelle dans les scènes de poursuite et de vitesse, insufflant une énergie brutale aux cadrages et aux séquences d’action. Tunnels est un mélange réussi de frisson digne des grands films d’action et de drame familial qui monte en pression à mesure que le lecteur tourne les pages.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Les vacances ! Enfin ! Baignades, promenades et rigolades, nous voilà ! Mais avant ça, il reste à surmonter la route et ses kilomètres de bitume. À bord du break Volvo, la famille tue le temps et les parents occupent leurs trois filles comme ils le peuvent. On plaisante, on joue, les paysages défilent et se transforment. Mila et Samantha, les deux plus jeunes, s’endorment rapidement. Jolène, l’aînée, pourrait prendre le volant afin de pratiquer sa conduite accompagnée, mais elle préfère une option plus tranquille : sa console portable. Les tunnels s’enchaînent et l’équipage roule désormais le long d’un lac vert turquoise entouré de falaises abruptes. Une ambiance étrange règne sur cette route. Le GPS a perdu son signal, l’heure du déjeuner approche et, cerise sur le gâteau, Samantha se réveille avec une envie pressante. Subitement, un bolide noir les dépasse à une vitesse phénoménale dans un vacarme assourdissant. La famille est sous le choc, d’autant qu’un deuxième les surprend à nouveau et stoppe à leur hauteur. Une silhouette noire et casquée s’extrait du véhicule en hurlant des paroles insensées. Les trois sœurs sont effrayées par ce chauffard délirant semblant tout droit sorti des enfers. Ils n’en sauront pas davantage, car l’homme, distrait par la famille, se fait faucher par un 3e monstre de métal identique aux deux autres. Après quelques kilomètres parcourus prudemment, les passagers du break Volvo doivent se rendre à l’évidence : ils sont perdus et pris au piège au beau milieu d’une poursuite infernale…
Après Lastman, San-Antonio et Banana Sioule, Michaël Sanlaville revient avec un thriller psychologique sous haute tension. Sa narration limpide et nerveuse nous plonge cette fois dans un huis clos mécanique façon Mad Max qui, passé la puissance visuelle, vire au drame familial façon Spielberg. Excusez du peu et attachez votre ceinture !
Date de parution : 07 janvier 2026
Auteur : Michaël Sanlaville
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD – Thriller / Action & Aventure
Format / Pages : Cartonné – 168 pages
Prix indicatif : 24,00 €

« Chers Parents » ou la vraie fausse harmonie familiale ! sur France 4

Rudy Milstein, Elise Diamant, Emmanuel Patron (à droite sur le canapé), Bernard Alane, Frédérique Tirmont dans « Chers parents » au Théâtre de Paris (Christophe Lebedinsky)

« Chers Parents » ou la vraie fausse harmonie familiale ! sur France 4

Emmanuel et Armelle Patron (frère et sœur dans la vie ça ne s’invente pas) signent une comédie enlevée au ton aussi vif que drôle ayant pour cadre la cellule familiale et sa vraie fausse harmonie.

La pièce fait l’objet d’une diffusion sur France 4 le 4 janvier 2026 à 21h00. 

Jeanne et Vincent convoquent en urgence leurs trois enfants, Pierre, Jules et Louise. Ces derniers, inquiets par leur message, se rendent toutes affaires cessantes à la maison familiale.

Alors que les parents ne sont pas là, chacun des rejetons se lâche pour débriefer et réagir à la catastrophe attendue qui devrait leur être annoncée.

Aussi, quand le couple de retraités fini par débarquer et leur annonce le plus naturellement du monde, qu’ils ont juste décidé de partir s’installer au Cambodge pour y construire un orphelinat, le trio reste sur sa fin !

Passé l’effet de surprise, la fratrie veut comprendre pourquoi est né un tel projet ? et surtout comment vont-ils pouvoir le financer ?!

Nous n’en diront pas plus, le tout étant propice à une cascade de situations et de joutes verbales bien senties, qui vont faire voler en éclat les tabous familiaux et renvoyer les protagonistes dans les cordes ou plus exactement à leurs travers, rancœurs et frustrations dont ce nouveau projet de vie aura été le révélateur.

La mise en scène parfaitement maîtrisée et rythmée d’Armelle Patron & Anne Dupagne fait la part belle aux comédiens qui s’en donnent à cœur joie et accompagne avec fluidité et efficacité, cette embardée à l’énergie galvanisante.

Frédérique Tirmont et Bernard Alane excellent en parents modèles à l’écoute de leur progéniture tout en étant complètement solidaire de leur couple et de leur indépendance, tandis qu’Elise Diamant (Louise), Rudy Milstein (Jules) et Emmanuel Patron (Pierre) incarnent avec un plaisir communicatif, les enfants aux personnalités fortes et/ou singulières, prêts à en découdre pour le meilleur comme pour le pire !

Date : 4 janvier 2026 sur France 4 à 21h00
Mise en scène : Armelle Patron et Anne Dupagne

[BD] Isabelle d’Angoulême, tome 01 – L’éducation d’une reine (Glénat)


[BD] Isabelle d’Angoulême, tome 01 – L’éducation d’une reine (Glénat)

Dans ce premier tome de Isabelle d’Angoulême, la scénariste Sophie Fougère et le dessinateur Claudio Montalbano nous plongent au cœur du XIIIe siècle, dans une fresque historique captivante où se dessine l’ascension d’une femme hors du commun. Alors qu’elle n’a que dix ans, Isabelle voit son destin bouleversé : promise à un Seigneur local, elle est enlevée pour devenir reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre, un roi tourmenté et imprévisible.

Entre Aquitaine et Angleterre, la cour est un terrain de jeux dangereux où conspirations, trahisons et ambitions se côtoient. Face à l’adversité, Isabelle refuse le rôle passif qu’on lui assigne. Petite fille propulsée au sommet d’un royaume prêt à sombrer dans le chaos, elle doit vite apprendre que pour survivre il ne suffit pas d’être reine : il faut être redoutable.

Ce premier volume dresse le portrait d’une souveraine singulière, dotée d’une intelligence acérée et d’une volonté farouche de marquer l’Histoire. Aux côtés de personnages historiques et imaginés, elle se façonne peu à peu en stratège habile, confrontée à la complexité du pouvoir, à la loyauté et à la vengeance, dans un monde d’hommes où sa place reste à conquérir. 

Le trait élégant de Montalbano soutient cette narration ambitieuse : décors médiévaux, attitudes des cours et duels politiques sont rendus avec finesse et sens du détail. Le tempo oscille entre intrigues de cour, scènes intimistes et enjeux de pouvoir à grande échelle, offrant une lecture riche et immersive.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

XIIIe siècle. Entre Aquitaine et Angleterre, le destin d’une femme libre, Isabelle d’Angoulême, qui refuse la place qu’on lui a assignée. À peine âgée de dix ans, cette jeune noble à la beauté troublante et à l’intelligence acérée voit son destin basculer le jour de son mariage. Promise à un seigneur local, elle est enlevée pour devenir reine d’Angleterre en épousant Jean sans Terre, roi tourmenté et imprévisible. Derrière les dorures de la cour se cachent intrigues, trahisons et ambitions dévorantes. Petite fille propulsée à la tête d’un royaume sur le point de sombrer dans le chaos, Isabelle prend ses marques auprès de ce souverain torturé et se forge dans la tourmente. Pour s’imposer, elle comprend qu’il ne suffit pas d’être reine, il faut être redoutable. Car la belle-fille d’Aliénor d’Aquitaine aspire à marquer l’Histoire. Enfant devenue reine, souveraine adulée puis rejetée, comtesse guerrière manœuvrant habilement pour se tailler un royaume parmi les puissants, ambitieuse vassale appelant à la révolte des seigneurs, elle finit sa vie repentie, expiant ses péchés. Entre passion et stratégie, loyauté et vengeance, Isabelle d’Angoulême incarne, plus que jamais, la puissance au féminin dans un monde d’hommes.

Portée par le scénario affûté de Sophie Fougère et le trait élégant de Claudio Montalbano, cette fresque historique nous plonge dans la vie épique d’une souveraine aussi fascinante que controversée. Entre complots, batailles et trahisons, le duo qui entre au catalogue Glénat nous offre un premier tome captivant et féministe dans lequel nous assistons à l’éclosion d’une femme stratège et libre.

Date de parution : 07 janvier 2026
Auteurs : Sophie Fougère (scénario), Claudio Montalbano (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD Histoire
Format / Pages : Cartonné – 64 pages
Prix indicatif : 16,00 €

Madame Butterfly : l’univers poétique en majesté de Bob Wilson, sur France 5

Madame Butterfly : l’univers poétique en majeste de Bob Wislon
Rodolphe Briand et Laurent Naouri – Madame Butterfly par Robert Wilson (© Svetlana Loboff / Opéra national de Paris)

Madame Butterfly : l’univers poétique en majesté de Bob Wilson, sur France 5

Madame Butterfly dans la mise en scène de Bob Wilson, disparu le 31 juillet 2025, demeure un pur choc émotionnel, tant son univers hypnotique fait naître un nouveau rapport au plateau, décomposant le temps et l’espace jusqu’à tendre à l’intemporalité.

Cette production a fait l’objet d’une captation diffusée sur France 5, le 2 janvier à 22H40.

Et qui mieux que Bob Wilson, irréductible japanophile, pour mettre en scène cette œuvre japonisante où s’esquisse sur fond de réalité fantasmé la figure délicate de l’héroïne séduite puis abandonnée, la plus émouvante que Puccini ait jamais créée.

Imprégnée donc de la culture et des rites japonais, Madame Butterfly raconte l’histoire d’un lieutenant américain (Pinkerton) qui courtise puis épouse par amusement une geisha, nommée Cio-Cio-San (Madame Papillon, en français).

Après une courte idylle, Pinkerton retourne en Amérique, promettant à Butterfly de vite revenir. Celle-ci, malgré l’opprobre dont la société et sa famille l’ont accablée après s’être convertie au christianisme par amour, s’obstine éperdument, dans une attente contemplative et mélancolique, à entretenir la flamme et à espérer revoir son mari.

De leur brève liaison est né un enfant. Trois ans ont passé et Butterfly refuse toujours les prétendants qu’on lui présente. Goro l’entremetteur l’avertit mais il ne peut aller jusqu’au bout : elle refuse de l’entendre et affirme qu’elle préférera mourir plutôt que redevenir geisha.

Mais lorsque, quelques années plus tard, Pinkerton revient à Nagasaki, elle revit à nouveau avant de sombrer dans le désespoir. Pinkerton s’est en effet marié et accompagné de sa nouvelle femme américaine, il est revenu pour lui demander de lui rendre son fils. Dans un ultime renoncement Madame Butterfly s’y soumettra avant de se suicider en se poignardant.

Un spectacle total

Avec Madame Butterfly, tragédie intimiste qui offrait à Puccini la matière à une composition luxuriante et impressionniste, traversée par une musique colorée et passionnée, Bob Wilson y calque sa partition formelle/abstraite (images – lumières – scénographie) et son épure extrême, portant à son paroxysme la dimension intérieure, sensorielle, dramatique et mélodique de l’œuvre.

D’une épure virtuose, la mise en scène immaculée s’empare avec un geste visuel absolu de cet amour impossible, où les chanteurs/comédiens à la gestuelle inspirée du théâtre nô impriment un jeu millimétré et hiératique.

Tandis que les contrastes et jeu de lumière cerclent les silhouettes et morcellent les corps aux prises avec la passion dévorante, sa trahison puis son offrande sacrificielle.

A l’abri en fond de scène d’un à-plat lumineux propre au vocabulaire wilsonien, se projettent successivement différents tons d’abord bleutés puis progressivement refroidis et métallisés au gré des changements de situation et d’affect des personnages.

Le tout dans une chorégraphie scénique aux lignes graphiques qui ouvre ou délimite la perspective et scrute de ces images glacées la dramaturgie.

L’orchestre, emmené d’une main experte par Speranza Scappucci, se charge des voix irradiantes à la transparence vibrante, où la soprano Eleonora Burratto dans le rôle titre fait sensation, sacralisant l’emprise du drame intemporel emprunte des illusions perdues.

Quand l’art protéiforme du maître texan rencontrait le feu puccinien pour un spectacle total.

Date : 2 janvier 2026 sur France 5 à 22h40
Metteur en scène : Bob Wilson

[BD] Mickey et le roi des pirates – enquête, mystère et humour victorien (Glénat)


[BD] Mickey et le roi des pirates – enquête, mystère et humour victorien (Glénat)

Plongée dans un Londres victorien aussi mystérieux qu’aventurier : dans Mickey et le roi des pirates, Mickey se retrouve au centre d’une affaire hors du commun lorsque le légendaire sou-fétiche de Picsou disparaît de son coffre-fort, entraînant chaos économique et trouble social. 

Aux côtés de son fidèle compagnon Pluto, Mickey refuse de rester passif face à cette crise sans précédent. Alors qu’une rumeur de complot grandit, notre héros mène une enquête haletante qui le pousse sur les traces de pirates surgis du passé. Sur son chemin, il croise de vieux amis comme Dingo et Donald, ce dernier fuyant l’ombre de l’héritage de son oncle, mais peut-être porteur d’un secret lié à toute l’affaire.

Cette aventure mêle mystère, humour et action, dans un univers qui évoque autant Dickens que Pirates des Caraïbes. Les docks embrumés de Londres, les clubs de milliardaires, les tavernes des Açores et les dangers du « bateau de feu » dessinent un cadre riche et varié qui embarque le lecteur dans une course contre la montre pleine de rebondissements. 

Le dessin de Dav donne vie à ces décors victoriens et ces scènes d’aventure avec un trait dynamique et expressif, fidèle à l’esprit Disney tout en explorant des thématiques plus sombres et intrigantes.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Londres, 1850. Quand le légendaire sou-fétiche de Picsou disparaît de son célèbre coffre, c’est toute la ville qui risque de s’enfoncer dans le chaos. Les usines ferment une à une et Picsou lui-même semble avoir perdu la tête et dilapide sa fortune ! Mickey, jeune reporter intrépide accompagné de son fidèle Pluto, ne peut rester sans réagir. Pour tenter de retrouver le sou-fétiche et rétablir l’ordre en ville, ils se lancent dans une enquête haletante entre rumeurs de complot et pirates surgis du passé. Mais ils ne seront pas les seuls à affronter tous les dangers : le hasard met sur leur route de nouveaux compagnons de fortune. D’abord Dingo, qui a une mission à accomplir de l’autre côté de l’océan. Puis Donald, qui veut fuir l’héritage de son oncle. Et il se pourrait bien que ces deux compagnons soient détenteurs d’un secret lié à toute cette affaire. Au cœur des docks embrumés, des clubs de milliardaires et des tavernes des Açores, Mickey et ses compagnons de fortune ne sont pas au bout de leurs surprises. Ils vont devoir affronter des ennemis invisibles et des secrets.
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Joris Chamblain (scénario), Dav (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat Disney
Collection / Série : Créations Originales / Mickey & Cie
Format / Pages : Cartonné – 80 pages
Prix indicatif : 19,00 €

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais
2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris, 2025

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais

Avec  « All About Love » Thomas ne cherche pas à élargir les marges du récit dominant. Elle en déplace l’axe. Les corps qu’elle représente ne sont ni pédagogiques ni explicatifs. Ils ne demandent pas à être compris ni excusés. Ils existent, pleinement, avec une assurance qui ne sollicite ni compassion ni validation.

Dans le contexte français, ce déplacement est particulièrement significatif. La tradition universaliste a longtemps confondu neutralité et invisibilisation. Ici, les figures noires ne sont pas montrées comme des exceptions, mais comme une évidence. Thomas ne dit pas « nous aussi » : elle dit « nous sommes là« . Et ce glissement sémantique change profondément la relation au regard.

Le spectateur, habitué à être le centre implicite de l’œuvre, se trouve déplacé. Les figures regardent, dominent parfois, mais surtout elles ne se livrent pas. Ce refus de la disponibilité est en soi un geste culturel fort. Il inverse une longue histoire de regards asymétriques.

L’amour libre comme force politique

Le titre « All About Love » pourrait sembler consensuel. Il ne l’est pas. Chez Mickalene Thomas, l’amour n’est ni décoratif ni naïf. Il est une stratégie politique. Aimer des corps historiquement marginalisés, les représenter avec luxe, soin et monumentalité, revient à contester frontalement les hiérarchies du goût et du pouvoir symbolique.

Dans une histoire de l’art occidentale où la grandeur a longtemps été associée à la blancheur, au masculin, à la retenue, Thomas répond par l’excès, la couleur, la texture, la sensualité. Les strass, les collages, les motifs vibrants ne sont pas des ornements gratuits : ils affirment que la beauté noire n’a pas à être sobre pour être légitime.

Une résonance générationnelle

Ce choix est aussi un refus clair d’une injonction fréquente adressée aux artistes issus des minorités : témoigner avant tout de la douleur. Ici, la souffrance n’est pas niée, mais elle n’est pas centrale. Ce qui domine, c’est la plénitude, la joie, la souveraineté tranquille. Culturellement, c’est une rupture nette avec la logique de la représentation par le trauma.

Mickalene Thomas dialogue constamment avec l’histoire de l’art occidental. Les références à Ingres, Manet ou à la peinture classique sont explicites. Mais il ne s’agit ni de pastiche ni de provocation gratuite. Elle conserve les codes — poses, compositions, formats — tout en en changeant le sujet. Et ce simple déplacement suffit à fissurer le canon.

Lorsque des femmes noires occupent la place historiquement réservée à l’idéal féminin blanc, ce n’est pas un jeu formel. C’est une relecture politique de l’universel. Thomas ne détruit pas l’histoire de l’art ; elle en révèle le caractère situé, partiel, construit.

L’impact culturel est profond. Il ne s’agit plus d’ajouter des récits alternatifs, mais de montrer que ce qui a longtemps été présenté comme universel ne l’a jamais été pleinement. Cette prise de conscience agit silencieusement sur la manière dont on regarde les œuvres, passées comme présentes.

L’écho de « All About Love » tient aussi à sa résonance avec les sensibilités contemporaines. L’exposition s’adresse à une génération qui ne sépare plus l’intime du politique, l’esthétique de l’identité. La représentation n’est plus perçue comme un supplément symbolique, mais comme une condition de reconnaissance

L’artiste ne théorise pas ces enjeux. Elle les incarne visuellement. Ses œuvres ne demandent pas à être comprises, mais ressenties. Cette immédiateté explique en grande partie leur puissance culturelle. Elles créent un espace de reconnaissance, parfois même de réparation symbolique, pour des publics longtemps absents des grands récits artistiques.

L’un des effets les plus durables de « All About Love » est sa capacité à normaliser ce qui a longtemps été marginalisé. Les corps noirs, les amours queer, les esthétiques flamboyantes ne sont pas présentés comme des exceptions. Ils deviennent la norme, ici et maintenant.

Cette normalisation est profondément politique. Elle ne passe pas par le discours, mais par l’évidence. Elle dit : ceci existe, ceci mérite l’espace, la lumière, la monumentalité. Dans un paysage culturel encore traversé par la peur de la fragmentation, ce geste est radical.

 Dates : du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026 – Lieu : Grand Palais (Paris)

[BD] Les Âges d’or de Donald – Tome 01 : l’héritage du canard au béret (Glénat)


[BD] Les Âges d’or de Donald – Tome 01 : l’héritage du canard au béret (Glénat)

Le premier volume de Les Âges d’or de Donald propose une anthologie élégante et complète autour de l’un des personnages les plus emblématiques de l’univers Disney : Donald Duck. Publié dans un format généreux et prestigieux, l’album constitue une porte d’entrée idéale pour découvrir ou redécouvrir ce canard colérique, malchanceux… mais irrésistiblement attachant. 

L’ouvrage rassemble des histoires emblématiques signées par les plus grands auteurs Disney, retraçant les grandes étapes de la vie de Donald — de ses aventures en solo jusqu’à ses escapades avec ses neveux Riri, Fifi et Loulou, ou encore ses interactions avec Picsou et Dingo. Chaque récit, qu’il soit ancien ou plus récent, reflète l’esprit burlesque, l’humour fou et l’énergie débordante de ce personnage au tempérament unique. 

Les planches réunies dans ce volume dévoilent toute la richesse graphique de l’univers Disney : décors foisonnants, gags visuels, personnages expressifs et dynamisme des scènes d’action. Les lecteurs de longue date apprécieront les clins d’œil et références aux grandes époques de Donald, tandis que ceux qui le découvrent pourront s’immerger dans un humour intemporel et universel.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transit de la belle Daisy. Présentée dans une fabrication soignée de 200 pages, la collection des Âges d’or de Donald rassemble les récits incontournables du canard hystérique sous les pinceaux des plus grands artistes Disney parmi lesquels : Fleming Andersen, Carl Barks, Giorgio Cavazzano, Lars Jensen, Daan Jippes, Freddy Milton, Tony Strobl…
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Collectif Disney (Barks, Gottfredson, Scarpa, Cavazzano, etc.)
Éditeur : Glénat Disney
Collection / Série : Les Âges d’or / Anthologie Disney
Format / Pages : Cartonné – ~200 pages
Prix indicatif : 19,00 €

Une ode altermondialiste prenante avec Climax au Lucernaire jusqu’au 8 mars 2026

Le Lucernaire laisse la place à 3 comédiens et 1 comédienne qui interpellent l’audience sur l’impasse climatique, non
sans humour ni inventivité. Les rires fusent dans le public devant l’implication totale de la petite troupe menée par un Ludovic Pitorin à la mise en scène et présent sur scène. Le pitch évoque les Monty Pythons qui s’intéressent aux rapports du Giec, c’est tout à fait ça. Les scénettes se succèdent pour évoquer l’impuissance et l’inactivité des puissants qui devraient pourtant prend le problème à bras le corps
mais ne font rien, ou si peu, surtout intéressés par leur petit personne au lieu de penser à la collectivité. La pièce imagine la 34e COP comme une énième tartufferie, l’histoire du monde depuis des milliards d’années pour insister sur la toute petite partie du déroulé où l’espèce humaine n’a eu besoin que de 200 ans pour tout ruiner. La pièce se suit comme une folle sarabande d’humour mais il faut garder à l’esprit l’importance du propos, le temps est compté pour arrêter les frais et sauvegarder les générations futures. Le moment d’humour est certes bidonnant mais ne fait pas oublier la satyre des puissants qui ne remplissent pas leur tâche. Le comique le dispute à l’absurde dans une pièce qui rappelle que l’humour est nécessaire pour ne pas tomber dans le désespoir.


La pièce sera jouée jusqu’au 8 mars 2026, le temps nécessaire pour aller admirer les prouesses de comédiens complètement barrés,

Synopsis: L’HUMOUR, LE PLUS LÉGER DES TRANSPORTS DÉCARBONÉS

Les artistes de la Compagnie Zygomatic mettent leurs talents au service de problématiques très actuelles : dérèglement climatique, épuisement des ressources, disparition de la biodiversité. Le résultat : un état du monde qui chatouille les limites de notre civilisation et nous entraîne au sommet des diagrammes. Interprété avec un humour scientifiquement absurde, le spectacle aborde les sujets brûlants en défiant les lois de la gravité. Dérèglements scéniques, chorégraphies du second degré, acrobatie et chansons, le rire est utilisé comme une arme de réflexion massive. Un mariage entre comique absurde, humour grinçant, une soupape de décompression tentant de se frayer un chemin vers des lendemains qui chantent.

Si les Monty Python avaient lu le rapport du Giec…

Détails:

Mise en scène et de Ludovic Pitorin

Mercredi > samedi 21h | Dimanche 18h

Du 10 décembre au 8 mars 2026, Théâtre Rouge

[BD] Le Serment – médecine, monstres & vérité (Glénat)


[BD] Le Serment – médecine, monstres & vérité (Glénat)

Dans Le Serment, Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle (scénario) & Mikaël Bourgouin (dessin & couleurs) livrent un thriller fantastique qui mêle médecine de terrain et horreur surnaturelle. L’album installe dès les premières pages une atmosphère tendue et inquiétante où la médecine elle-même devient champ de bataille, dans un huis clos oppressant et précis.

Alexandre, médecin radié de l’Ordre, ne soigne plus que pour la pègre — braqueurs blessés, règlements de comptes toxiques, overdoses… Dans ce milieu brutal, il a compris qu’il détenait un pouvoir : celui de garder en vie ceux qui l’emploient. Mais lorsqu’un mystérieux patient nommé Zacharie se présente avec une marque de morsure inquiétante au cou et prédit sa transformation en créature mortelle avec la nuit tombée, la vie d’Alexandre bascule.

Ce récit navigue entre thriller médical, fantastique et enquête paranoïaque : les premières analyses révèlent des mutations étranges, et ce qui semblait une simple nuit à gérer devient une course contre le temps pour comprendre si l’humanité est en jeu. Manipulations génétiques, trahisons et mystères historiques se succèdent dans un récit captivant et obsédant.

Le style graphique nerveux et sombre de Bourgouin renforce cette atmosphère inquiétante : jeux d’ombres, cadrages serrés, visages expressifs et décors réalistes créent une tension permanente qui maintient le lecteur en alerte.

Le Serment une BD one shot qui palpite, étouffe et fascine à la fois.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Et si soigner, c’était dominer ? Médecin radié de l’Ordre, Alexandre ne travaille plus que pour la pègre : braqueurs blessés, mules en overdose, règlements de comptes ratés… Ses patients sont violents, mais ils paient bien. Il a mis au point des protocoles pour être disponible, tout en restant anonyme et en sécurité. Surtout, il a compris qu’il avait du pouvoir sur eux. Pour le milieu, désormais, il est le « Docteur ». Mais un soir, alors qu’il soigne un jeune braqueur sous l’œil menaçant de son grand frère, un homme s’infiltre trop facilement dans son repaire. L’intrus, Zacharie, se présente comme… un chasseur de vampires. Et tout en exhibant une marque de morsure au cou, il prévient : « Tant qu’il y a du soleil, ça ira. Mais dès qu’il fera nuit, je me transformerai, et je vous tuerai. Vous avez une journée pour empêcher ça. ». Passée la consternation, de premiers examens révèlent effectivement des mutations troublantes dans le corps de Zacharie. Confronté à quelque chose qu’il ne pouvait imaginer, Alexandre va peu à peu découvrir que, plus que sa survie, c’est l’avenir de la médecine — et peut-être de l’espèce humaine — qui est en jeu. 
 
Date de parution : 02 janvier 2026
Auteurs : Mathieu Gabella, Mathieu Mariolle (scénario) ; Mikaël Bourgouin (dessin & couleurs)
Éditeur : Glénat
Collection / Série : BD Thriller / Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 136 pages
Prix indicatif : 24,00 €

Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2025

Vers un monde sans espoir.

Au milieu de ce qui restera sans doute dans l’histoire comme l’année de la perte de tous les repères moraux et culturels, le cinéma a continué à parfaitement illustrer et traduire nos craintes au quotidien, et de manière qualitative comme le démontrera nos 10 films plébiscités en 2025. En effet, cela se traduit par la percée sans précédent qu’effectue ici le film de genre. Et encore, on pourrait y ajouter nos fructifiants Substitution, le nouveau cauchemar éveillé des frères Philippou, qui s’installent définitivement dans notre panorama des fratés à suivre, mais également Les Maudites (El Llanto) qui avait fait forte impression au Festival Cinemed. Dans un genre plus classique, Un parfait inconnu, Train Dreams, La voix de Hind Raja, L’attachement, Bird, Better Man ou encore L’étranger, sont également autant de petites merveilles qui auraient largement mérité leur place dans ce classement.

10 – Zion (Nelson Foix – France).

Le vénéneux et charismatique Ti Dog vous offre une visite guidée du Raizet en Guadeloupe.

La Guadeloupe telle qu’on avait jamais osé la filmer, c’est le programme concocté par Nelson Foix avec son surprenant polar urbain, Zion. Tirant son nom du paradis imaginé par la culture Ratafari, Zion traduit cette idée majoritairement fausse que l’on se fait des Antilles Françaises et de leur trilogie de rêve : plage, rhum et piment. Mettant en filigrane le passé colonial et la cherté de la vie domienne, Nelson Foix réussit à nous plonger dans un quotidien gangréné par la drogue et la violence, avec une maestria qui rappelle les réussites du genre comme La cité de Dieu ou La haine. Un film coup de poing qui ne brade jamais l’esthétique au profit d’un message qui se veut nécessaire sur la réalité d’une jeunesse guadeloupéenne sacrifiée.

9 – Sinners (Ryan Coogler – USA).

Kinky Blinders, ou double Michael Jordan, pour vous servir.

C’était l’une des promesses les plus hypante de 2025 : le surdoué Ryan Coogler qui convoque une double dose de Michael B. Jordan pour une orgie de gospel et de vampires. Pari largement remporté après une première heure quasi parfaite qui plante ce fameux décor rempli de blues, de Stetson, de sunset et de champs de coton. Tout y est ultra maitrisé visuellement, esthétiquement et aussi musicalement jusqu’à ce fameux sommet de clip qui aura envouté les cinéphiles du monde entier. Mais là où on pensait Coogler en totale maitrise, le fameux assaut vampirique attendu, hélas, on déchante vite et la fête se met alors à ronronner, puis à tourner en rond. Pas suffisamment cependant pour nous faire oublier toutes les promesses de l’aube Sudiste, et en faire un top 2025.

8 – Dangerous animals (Sean Byrne – Australie).

Sharking Holiday Visa à Surfers Paradise.

Plus personne n’osait l’espérer, et c’est pourtant sur l’une des côtes les peuplées par le Grand Requin Blanc, la Gold Coast australienne, qu’a eu lieu le miracle : trouver un digne héritier aux Dents de la mer de tonton Steven. Sous genre plutôt populaire du film d’horreur, le film de requin n’a souvent brillé que dans le rayon du navet, plutôt que de retrouver le suspens et la fièvre qui étaient apparus au large d’Amity. L’autre prouesse réussie par Sean Byrne est d’arriver à créer un alter égo inattendu au monstre marin au sein de son récit. Peut-être même plus dangereux pour la pelletée de jeunes occidentaux qui débarquent tous chaque année en Australie avec leur WHV en poche pour surfer au paradis. Jay Courtney nous régale de perversité en prédateur jonglant avec les prédateurs.

7 – The ugly stepsister (Emilie Blichfeldt – Danemark).

Jeu de pied, jeu de très vilains.

Le cinéma a toujours été un lieu idéal pour donner la parole à ceux qui n’en avaient pas. La fameuse question du point de vue. C’est l’idée de génie de l’année 2025 venue du Danemark et d’Emilie Blichfeldt pour son tout premier film (!) : revivre Cendrillon du point de vue de ses hideuses demi-sœurs. Lea Myren y incarne la pauvre simplette Elvira, victime de toute la pression sociale mise sur ses épaules par une mère jusqu’au-boutiste pour garantir son rang. Cela passera par une transformation ahurissante de la pauvre fille, préfigurant notre ère de la chirurgie esthétique, avec les outils de l’époque et d’hallucinantes séquences de body horror porn. Un sacré choc à la maitrise folle !

6 – Black dog (Guan Hu – Chine).

Attrape moi si tu peux 2025.

Le western de 2025 en a tous les codes mais se déroule au XXIe siècle dans une ville industrielle abandonnée du nord ouest de la Chine. Dans des paysages d’une rare beauté minérale, Guan Hu nous narre l’histoire d’une amitié hors norme entre 2 personnages taiseux, effilés, renfrognés et caractériels. Teinté d’un humour noir pince sans rire, on y suit cette relation absurde dans une Chine qui se veut être le reflet parfait de notre ère post-industrielle qui sacrifie tout ou presque sur l’autel de la réussite et de l’uniformité. Eddie Peng est un de nos grands acteurs de cette année grâce à cette délicieuse fable poussiéreuse dog friendly.

5 – Queer (Luca Guadagnino – Italie).

Call me by your yaré.

Le couple de l’année 2025 est Queer. Toujours plus loin dans l’exigence, que ce soit au niveau de la narration, de l’expérimentation visuelle, voire de sa fructueuse collaboration musicale avec Reznor/Ross, l’italien Luca Guadagnino puise dans les écrits de William S. Burroughs une sève à la sémantique inépuisable et jouissive. Porté par la fièvre de Daniel Craig, qui a parfaitement digéré 007, merci pour lui, et le magnétisme très Lolita de Drew Starkey, Queer est le genre de pépite pour lequel on aime aller poser ses fesses au cinéma. Un récit tentaculaire, foutraque et amoureusement épris de vie. Le tout dans une Amérique latine fantasmée. What else ?

4 – 28 ans plus tard (Danny Boyle – Angleterre).

Arrête ou ma mère va tirer 2025.

Le pari était osé : ressusciter une jolie franchise sur les zombies à une époque où ceux-ci tendent à disparaitre de tous les écrans, par lassitude. Un pari + que réussi par la paire originelle Danny Boyle à la réal, Alex Garland au script, qui pour se faciliter la tâche (ou inversement) ont situé leur action 28 ans plus tard. Exit les mort-vivants, ou presque. Leur aura est partout, la menace place, mais le danger s’est déplacé, et est littéralement partout en dehors de la petite communauté dont on suivra le récit. Le Brexit sert de filigrane à ce récit d’aventures fantastiques à la bande son complètement dingue signée Young Fathers. De nouveaux partis pris, des destinées fracassées et de la folie singulière hantent constamment ce 3e épisode de la saga 28 à l’univers visuel impactant. Un improbable Mad Max au pays des zombies.

3 – Sirât (Oliver Laxe – Espagne).

Cauchemar Party au sahara.

Jusqu’à où nous mènera Oliver Laxe, est la question qui nous taraude désespérément au 3/4 de Sirât, tant le réalisateur espagnol semble vouloir nous conduire aux portes de l’enfer et du malaise. Et pourtant, tout avait plutôt si bien commencé pour nous spectateur, confortablement installé dans notre siège pour bouger au rythme du BPM envoutant de la démentielle rave party marocaine de Kangding Ray. Très vite, la réalité ressurgit derrière les basses, et on se retrouve mêlé à la détresse et l’espoir de Sergi Lopez à la recherche de sa fille fugueuse. S’en suit un road trip complètement fou sous fond d’apocalypse mondial, où le mot nihilisme ne semble pas suffire pour décrire cette expérience radicale vécue. Une folie furieuse.

2 – Une bataille après l’autre (Paul Thomas Anderson – USA).

Melody-Tempo-Harmony 4 Charity.

PTA, comme on ne l’a jamais vu, nous pond le meilleur film de l’année pour le public mainstream. Phrase complètement impossible tant le réalisateur américain a su imposer une patte justement insaisissable et pouvant fortement clivé selon les thématiques abordées. Une bataille après l’autre est d’une générosité hors du commun. Avec des gigantesques partitions pour DiCaprio, Del Toro, Chase Infinity, Teyana Taylor et Sean Penn. Avec un sujet riche et corsé comme on aime sous forme de doigt d’honneur à la politique déshumanisante au possible de l’administration Trump. Le tout servi par des images brillantes, une bande son envoutante et un humour noir en fil rouge pour impacter durablement nos débriefings cinéphiles. Un chef d’œuvre comme Hollywood n’arrive plus à pondre depuis quelques temps.

1 – Evanouis (Zach Cregger – USA).

Gladys ça glisse, au pays des cauchemars.

Nous avions découvert Zach Cregger avec le terrifiant et asphyxiant Barbares. Pour être honnête avec vous, nous ne nous attendions pas à ce qu’il passe la seconde d’une manière aussi absolue. Evanouis est évidemment un film d’horreur de par sa thématique, son traitement visuel et sa recherche poussée du sursaut. Mais, il va surtout devenir un film générationnel tant son réalisateur a pris soin de mitonner un univers impactant, et surtout des images à la persistance rétinienne forte. Et que dire du personnage de Tata Gladys, sorte de croisement démentiel entre le Joker, Pazuzu et tata Suzanne. Une vraie arme de séduction massive pour le Mal. Délirant.

Une belle plongée dans l’œuvre de Steinbeck avec Les raisins de la colère au Lucernaire jusqu’au 8 février 2026

Le Lucernaire propose une adaptation de l’ouvrage de John Steinbeck écrit en 1939 et qui a déjà fait l’objet de nombreuses
adaptations cinématographiques, dont celle bien connue de 1940 avec Henry Fonda. La pièce actuellement proposée au Lucernaire se concentre sur l’errance de la famille Joad lors de la Grande Dépression aux Etats-Unis, conséquence de la crise économique de 1929 qui a poussé des américains sur les routes pour rejoindre l’ouest américain et ses fantasmes de réussite. 1 narrateur et 3 musiciens agrémentent le moment de théâtre de performances musicales envoutantes et remplies de mélancolie.

Une pièce remplie d’humanité

La famille Joad expulsée de chez elle compte le fils Tom, les parents et les grands-parents. Riches seulement de quelques cents, ils comptent sur la générosité de leurs semblables, mais peu sont enclins à lâcher quelque chose pour ces nécessiteux qui ressemblent à tant d’autres. Leur histoire est racontée par Xavier Simonin, également à la baguette de l’adaptation et de la mise en scène, il semble sortir les
mots directement de sa bouche avec un naturel et une conviction qui touchent le cœur du public. Il lui a fallut du temps et de la persévérance pour convaincre les ayant droits d’adapter ce chef d’œuvre éternel de la littérature américaine prenant pour objet les laissés pour compte du rêve américain. La pièce raconte l’histoire de ceux qui ne se mêlent pas des histoires des autres, qui se serrent les coudes et encaissent les coups de boutoir du destin. Les mots sortent dans un flot ininterrompu seulement mis en pause lorsque les musiciens interviennent avec 2 guitares, un violoncelle et une voix des plus mélancoliques. La pièce interpelle sur la fragilité de l’existence et la force nécessaire pour tracer la route malgré les obstacles. Le moment de théâtre est intense et prenant, c’est une histoire humaine simple qui
confine à l’universel.

Les spectateurs du Lucernaire ne s’y sont pas trompés en offrant une spectaculaire ovation finale aux comédiens, la pièce est à découvrir
jusqu’au 8 février.

Synopsis: LE ROMAN MYTHIQUE DE STEINBECK

Depuis le film de John Ford en 1940 avec Henry Fonda, scénarisé de son vivant par John Steinbeck lui-même, jamais les ayants droits de ce dernier n’ont autorisé la moindre adaptation complète de ce roman au cinéma ou au théâtre !

Trois ans d’efforts tenaces et de discussions ont permis de vaincre toutes les appréhensions et de franchir des obstacles incroyables pour parvenir à présenter une adaptation de ce chef-d’œuvre sur une scène française. Avec le concours de musiciens-chanteurs exceptionnels, Jean-Jacques Milteau et Xavier Simonin ont imaginé un conte musical pour porter à la scène ce monument incontournable de la littérature et de l’histoire des États-Unis.

Le grand roman américain pour la première fois sur scène !

Détails:

Mercredi > samedi 18H30| Dimanche 15H

Du 19 novembre au 8 février 2026, Théâtre Noir

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