[Manga] Hero Organization – Tomes 1 et 2, de Kei Saikawa & Akira Takahashi (Glénat Manga)
Quand Hero Organization débarque le 3 juin 2026 chez Glénat Manga, c’est avec un lancement en grandes pompes : deux tomes simultanés, un coffret collector en option, et la promesse d’une saga SF de longue haleine. Kei Saikawa au scénario et Akira Takahashi au dessin signent ici leur toute première publication française, après une parution japonaise dans le service numérique Shonen Jump+ depuis septembre 2024. On tient là l’une des annonces mecha les plus excitantes de cette année éditoriale, et un récit qui, derrière son apparence de récit héroïque classique, cache un vrai vertige narratif.
Le décor d’Hero Organization s’inscrit dans la grande tradition du space opera. Confrontée à un effondrement écologique et social, l’humanité s’est lancée dans une vaste campagne de colonisation spatiale au cours de la deuxième moitié du XXIe siècle. Un siècle plus tard, ses colonies sont menacées par les « star beasts », créatures monstrueuses surgies du néant interstellaire. Pour les repousser, les Terriens ont mis au point les AIGIS : d’immenses armures robotiques pilotées par des soldats devenus, aux yeux du peuple, de véritables héros. Le ton est donné dès les premières planches : on est en territoire mecha, avec ce mélange d’urgence existentielle et d’iconographie martiale qui rappelle immédiatement Neon Genesis Evangelion ou Eureka Seven.
Mais Kei Saikawa ne s’intéresse pas, du moins pas frontalement, aux pilotes. Son héros, c’est Ryu Tyler : un ouvrier modeste d’une usine d’assemblage d’AIGIS, sans gloire, sans fortune, qui vit pour son fils Leo. Le scénariste l’a confié en interview : il a imaginé Hero Organization en regardant la société contemporaine, ce sentiment diffus que dans nos pays développés les besoins essentiels — logement, nourriture, sécurité — sont satisfaits, et qu’il ne reste plus qu’à inventer le sens. Que reste-t-il à conquérir quand tout semble acquis ? Ryu Tyler incarne précisément cette interrogation : ce qu’il veut, lui, ce n’est pas devenir un héros, c’est continuer à vivre une vie ordinaire. Sauf que l’organisation, justement, n’a pas l’intention de le laisser faire.
C’est là que le manga déploie sa première grande surprise. Sans rien spoiler du tome 1, disons que le récit ne se contente pas de suivre les pas d’un héros malgré lui : il bifurque, change de focale, et révèle progressivement que son véritable protagoniste pourrait bien être ailleurs. Dès le tome 2, l’attention se déplace sur Leo, le fils de Ryu, et le registre narratif bascule franchement. Plus dur, plus politique, plus rancunier aussi : Saikawa convoque alors les ombres de Code Geass et joue sur les ressorts d’une vengeance soigneusement orchestrée, traversée de manipulations et de complots transgénérationnels. La promesse d’un divertissement mecha classique se mue, en l’espace de deux volumes, en quelque chose de nettement plus sombre, plus adulte, plus retors.
Cette ambition trouve un écho parfait dans le travail graphique d’Akira Takahashi. Pour les AIGIS, il a opté pour des silhouettes massives, presque organiques, en jouant sur les rondeurs et les volumes pour suggérer une puissance qui dépasse l’humain sans jamais le renier ; pour les star beasts, sa palette de formes monstrueuses livre quelques séquences d’action véritablement impressionnantes. Mais c’est sans doute dans le chara-design qu’il marque le plus de points : les visages de Ryu et de Leo, leurs regards, leur ressemblance familiale, fondent l’identité émotionnelle de la série. On retrouve dans son trait l’équilibre cher au mecha contemporain entre l’épique du combat et l’intime des liens père-fils, sujet de fond que Takahashi affectionne et qu’il aborde ici avec une réelle sensibilité.
Reste à voir comment la série, programmée sur le long cours, tiendra ses promesses. Mais ce double lancement est calibré pour séduire : un premier tome qui pose les bases avec efficacité, un second qui assume sa rupture de ton et ouvre la voie à un récit choral où s’entremêlent science-fiction militaire, drame familial et machinations politiques. Pour les amateurs de mecha qui ont envie de retrouver l’intensité émotionnelle des grandes sagas SF japonaises, et pour les lecteurs qui aiment voir un shonen s’autoriser des zones d’ombre, c’est clairement l’une des rentrées manga à surveiller.
Hero Organization n’est sans doute pas encore le chef-d’œuvre annoncé : il faudra plusieurs tomes pour mesurer la solidité de l’arc général et la profondeur réelle des thèmes esquissés. Mais l’ambition est là, l’écriture est tendue, le dessin convainc, et les deux premiers volumes installent un univers suffisamment dense pour donner envie d’y revenir. On signe donc avec plaisir pour la suite — et on garde un œil attentif sur ce duo Saikawa / Takahashi, qui s’offre une entrée remarquée sur la scène française du manga.
A lire !!
Résumé éditeur
Dans l’espace, personne ne vous entend vous venger. Au tournant du XXIIe siècle, l’humanité essaime entre les étoiles… mais ses colonies sont bientôt assaillies par les « star beasts », créatures titanesques venues d’on ne sait où. Pour les combattre, les Terriens ont construit les AIGIS, gigantesques armures robotiques dont les pilotes sont les héros de toute une époque. Ryu Tyler, lui, n’est qu’un simple ouvrier d’une usine qui en fabrique les pièces. Il vit modestement avec son fils Leo, et n’a aucune envie de devenir un héros. Pourtant… Ceci est l’histoire d’un homme ordinaire qui devient un héros. Et celle, peut-être, de l’enfant qu’il laisse derrière lui.
Vive la vie sans coucheest un album destiné aux tout jeunes lecteurs : il est petit, de format carré, aux bouts arrondis. Il est destiné aux enfants qui sont prêts à être propres ! Eh, oui, la vie sans couche, c’est quand même beaucoup plus agréable ! L’autrice, Marie Perarnau, spécialiste de la petite enfance, se met vraiment à la place de l’enfant en imaginant toutes sortes de situations ! Les illustrations de Marie Bretin sont pleines de couleurs et joliment naïves ! Vive la vie sans couche ne donne pas de secret pour arriver à être propre mais donne tous les avantages à ne plus avoir de couche !
Dans le salon bourgeois imaginé par Lars Norén, l’amour n’est jamais un refuge. C’est un piège à ciel ouvert, un champ de ruines recouvert de cristal et de velours.
Avec « C’est si simple l’amour », mis en scène par Charles Berling, le théâtre devient une chambre de décompression émotionnelle où les mots tombent comme des bouteilles lancées contre les murs.
Lars Norén dissèque le couple avec une précision chirurgicale, mais Berling y ajoute quelque chose de plus trouble encore : une élégance crépusculaire et ironique, une fatigue du monde qui transforme cette soirée entre amis en lente cérémonie de l’effondrement.
Tout commence pourtant dans une euphorie presque mondaine. Une première triomphale à Stockholm, quelques verres, des congratulations, des regards qui s’attardent un peu trop longtemps.
Un huis clos sentimental d’une redoutable cruauté
Alma et Robert, couple à la scène comme à la ville, reçoivent Hedda et Jonas dans leur appartement. Très vite, les phrases se fissurent.
Derrière les banalités de circonstance remontent les humiliations anciennes, les frustrations artistiques, les rancœurs conjugales, le vertige de la stérilité affective et sociale.
Norén écrit comme on ouvre des plaies. Il n’y a chez lui aucune psychologie rassurante, seulement des êtres acculés à leur propre vérité.
La grande réussite de Charles Berling est de ne jamais transformer cette matière brûlante en simple théâtre de la cruauté. Sa mise en scène avance comme une nuit blanche : feutrée, presque ouatée au départ, puis progressivement contaminée par une violence froide.
Le décor devient un aquarium mental où chacun suffoque sous le regard des autres. La lumière semble toujours au bord de l’extinction, comme si le spectacle tout entier se déroulait après la fin du monde sentimental.
Berling acteur impressionne autant que Berling metteur en scène. Son Robert possède quelque chose d’un fauve fatigué, d’un homme qui continue à séduire tout en s’écroulant intérieurement.
Face à lui, Bérengère Warluzel donne à Alma une densité bouleversante : derrière l’actrice triomphante affleure une femme déjà rongée par le manque et la colère rentrée.
Caroline Proust, magnifique, apporte au personnage d’Hedda une fragilité électrique, une folie surréaliste, trop longtemps humiliée, qui finit par devenir le cœur battant du spectacle.
Quant à Alain Fromager, il compose un Jonas glaçant de retenue, comme un homme ayant depuis longtemps renoncé à sauver qui que ce soit.
Mais ce qui étonnant surtout, c’est la façon dont le rire surgit au milieu du désastre. Un rire nerveux, cruel, irrépressible, salvateur.
Norén connaît trop bien les mécanismes humains pour sombrer dans le pur désespoir. Plus les personnages se détruisent, plus leurs contradictions deviennent grotesques, et plus le public rit de cette apocalypse intime qui ressemble furieusement à nos propres vies.
Cette ironie féroce empêche constamment le spectacle de se figer dans la noirceur démonstrative.
Avec « C’est si simple l’amour », Charles Berling signe un théâtre de haute tension, d’une maîtrise remarquable, où chaque silence paraît contenir une catastrophe imminente.
Rarement le naufrage du couple bourgeois aura été montré avec une telle précision minérale. Chez Norén, l’amour n’est pas simple. Il est un combat d’usure, une guerre élégante, un dernier verre partagé au bord du vide.
Dates : du 21 mai au 1 juillet 2026 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris) Mise en scène : Charles Berling
La Grande Collection de Denis Blanchot : une plongée dans l’obsession de tout conserver
Avec La Grande Collection, Denis Blanchot signe un roman singulier qui interroge notre rapport à la mémoire et au besoin de maîtrise. À travers le parcours du Grand Collectionneur, l’auteur imagine un homme qui décide de consigner chaque élément de sa vie, jusqu’à transformer son existence en un vaste système organisé.
Tout commence par une volonté simple : ne rien oublier. Le personnage note, classe, archive ses souvenirs, ses pensées, ses émotions. Peu à peu, cette pratique prend une place centrale dans son quotidien. Ce qui était un outil devient un principe, puis une véritable manière d’exister. La vie n’est plus seulement vécue, elle est structurée, découpée, intégrée dans une logique de collection.
Au fil des pages, le roman montre comment cette quête de cohérence s’intensifie. La collection s’étend, se complexifie, et finit par absorber toute l’attention du personnage. Le monde extérieur s’efface progressivement, laissant place à un univers intérieur entièrement organisé. Denis Blanchot décrit cette évolution avec une grande retenue, sans jamais forcer le trait, ce qui rend la transformation d’autant plus marquante.
L’écriture accompagne cette progression avec précision. Le style est maîtrisé, posé, sans effets inutiles, ce qui permet au lecteur de suivre facilement le raisonnement du personnage. Le récit avance de manière fluide, en laissant émerger les enjeux au fil du texte, plutôt qu’en les imposant.
À travers cette histoire, La Grande Collection entre en résonance avec des préoccupations très actuelles. Dans une époque où tout peut être sauvegardé, enregistré et organisé, le désir de conserver chaque trace devient familier. Le roman pose alors une question essentielle : jusqu’où peut-on aller dans cette logique sans perdre le contact avec le réel ?
Avec ce livre, Denis Blanchot propose une réflexion accessible mais profonde sur la mémoire, le contrôle et le sens que l’on donne à sa propre existence. Un roman à la fois simple dans son idée et riche dans ses implications, qui invite le lecteur à prendre du recul sur son propre rapport au temps et à l’organisation du vécu.
Il y a des albums qu’on ouvre comme on pousse la porte d’une maison familière, et dont on ressort lesté d’un calme un peu salé, un peu venteux. Là où danse le vent est de ceux-là. Premier roman graphique signé en solo par Enora Boutle, jeune artiste nantaise venue de l’animation et du concept art, l’album entre au catalogue Glénat le 13 mai 2026.
Le pitch tient en quelques marées. Yaëlle, adolescente cabossée par la séparation de ses parents, est expédiée chez son grand-père, dans une maison perdue des Landes bretonnes. Elle y arrive en colère, incomprise, vrillée par cette parenthèse imposée. Mais le vieil homme silencieux ne cherche ni à la consoler ni à la raisonner. Il l’écoute, vit à son rythme, à celui des marées, et lui transmet, presque sans paroles, ce que Là où danse le vent nomme joliment « un héritage invisible » : la valeur d’un silence qui apaise, ce que racontent les vagues, la manière dont le vent peut, parfois, emporter le pire. Des années plus tard, quand l’aïeul vacille à son tour, Yaëlle revient — et c’est à elle, désormais, d’accompagner.
Ces 144 pages cartonnées au grand format installent un récit en deux temps, un séjour de jeunesse et un retour adulte, qui laisse aux personnages la place de respirer et au lecteur celle d’attendre. Le trait est fin et délicat, la palette pastel, dominée par des bleus tendres et des sables, sert un découpage aéré qui réserve volontiers à la page entière les moments de bascule émotionnelle.
L’autre belle idée du livre, c’est son grand-père. Loin du sage en pull marin qui débite des sentences sur la vie, c’est un homme taiseux dont la pédagogie passe par les gestes : préparer un café, montrer comment fixer un volet, regarder l’horizon sans rien commenter. Cette retenue infuse les dialogues, courts, parfois interrompus par le bruit du large, et donne à Là où danse le vent sa singularité dans une rentrée graphique pourtant friande de récits intimistes — ne serait-ce que dans la même collection Glénat, à côté de romans graphiques contemporains qui partagent cette veine sensible. L’éditeur, qui présente Boutle comme « jeune artiste qui entre au catalogue avec un album sensible, poétique et lumineux », ne se trompe pas vraiment : le mot juste serait peut-être « lumineux malgré tout ».
Reste un livre de lien et de transmission, à mettre entre les mains des grands ados comme des lecteurs adultes qui aiment les récits qui ne crient pas. On pourra peut-être regretter que l’arc temporel, en se dépliant sur plusieurs années, condense parfois ce qu’on aurait aimé voir respirer plus longuement ; on retiendra surtout la justesse d’un parti pris, et une voix graphique qui s’affirme dès l’entrée.
Parce qu’elle est passée par l’animation — on lui doit notamment la production de la série Tobie Lolness diffusée sur France Télévisions en 2023, et la mise en couleurs du tome 2 de L’Enfant des Lucioles d’Arnaud Boutle — Enora Boutle hérite d’une vraie aisance dans la mise en mouvement, qu’elle réinvestit ici sans surcharger. Le mouvement, dans Là où danse le vent, est d’abord celui des marées et des affects ; le reste, elle le confie au vent. Pour un premier album, c’est plus qu’une promesse : c’est un geste.
A lire !!
Résumé éditeur
La vie est belle malgré tout…
Tandis que les parents de Yaëlle se déchirent, l’adolescente est envoyée chez son grand-père. Le temps de cette séparation, elle va devoir vivre au rythme des marées, loin des siens. Incomprise et en colère, la jeune fille qui a depuis sa plus tendre enfance tissé un lien fort avec cet homme silencieux et attentif, trouvera à ses côtés un refuge et une écoute. Au fil de leurs échanges, il va lui transmettre un héritage invisible : celui des silences qui apaisent, des vagues qui racontent et du vent qui emporte les douleurs.
Dans la maison des Landes bretonnes, bercée par les embruns et les souvenirs, ils vont partager un temps suspendu qui va donner de l’élan à la jeune fille et la transformer durablement. Quand, des années plus tard, son grand-père faiblit, Yaëlle ressent le besoin de revenir en Bretagne, auprès de ce vieil homme qui lui a tant apporté. Peut-être qu’elle pourra, à son tour, être une source d’apaisement pour lui…
Extrait
Fiche éditeur
Titre : Là où danse le vent Scénario, dessin et couleurs : Enora Boutle Genre : Roman graphique, récit intimiste, tranche de vie Éditeur :Glénat Collection : Hors Collection Date de parution : 13 mai 2026 Format : Cartonné, 30 × 22 cm, 144 pages EAN : 9782344063989 Prix :20,00 € (papier) / 14,99 € (numérique)
[JEUNESSE] C’est qui le roi ?, de Christophe Loupy & Gaspard Héry (Gautier-Languereau)
C’est qui le roi ? ne ressemble pas tout à fait aux fables animalières que l’on a l’habitude de lire aux plus petits. Là où le genre installe volontiers une hiérarchie immuable — le lion règne, les autres s’inclinent — Christophe Loupy choisit la dispute, le burlesque pour rebattre les cartes de la savane et raconter, à hauteur d’enfant, ce qui fait (ou défait) un roi au fil de la chaîne alimentaire !
Tout commence par une querelle. Dans une savane peuplée d’animaux qui se croient tous plus forts, plus malins ou plus grands que les autres, la couronne devient l’enjeu d’une compétition désordonnée. Chacun s’avance, chacun se proclame. L’ordre du récit avance par accumulation, avec un sens du rythme qui fait toute la saveur de l’album : la phrase rebondit, la situation s’emballe… jusqu’à ce qu’un éléphant maladroit débarque et remette tout en cause d’un pas de travers.
Tout tient à cette mécanique : Christophe Loupy construit une fable qui se lit à voix haute comme une comptine, avec ses relances, ses chutes et ses surprises. La langue est efficace, le ton drôle sans jamais surjouer la complicité. À côté, Gaspard Héry signe un premier album dont le style graphique frappe immédiatement par sa modernité. Trait expressif, sens du cadrage, animaux étirés ou disproportionnés au service du gag : la mise en image n’illustre pas le texte, elle le prolonge et lui donne un rythme visuel qui fonctionne dès trois ans.
Christophe Loupy retrouve ici le savoir-faire qui fait sa marque dans l’album jeunesse, et Gaspard Héry apporte un souffle nouveau, un regard graphique qui mérite résolument d’être suivi. L’ensemble compose un album court, vif, parfaitement calibré pour la lecture partagée du soir comme pour les premières lectures autonomes. Un premier album plutôt drôle et bien troussé.
A lire !!
Résumé éditeur :
Une fable drôle et rythmée où les animaux de la savane se disputent la couronne… jusqu’à l’arrivée d’un éléphant maladroit ! Dans une savane où chacun veut être le plus fort, les situations s’enchaînent avec humour et surprise. Attention, nouveau talent à découvrir avec ce premier album jeunesse du jeune illustrateur Gaspard Héry, au style graphique expressif et moderne.
Deux enfants pauvres au banquet des fauves au théâtre de l’Oeuvre
Il y a dans « Les 2 frères & les lions » quelque chose d’un conte de Dickens propulsé dans la brutalité carnassière du capitalisme contemporain.
Une fable anglaise sous amphétamines, où deux enfants pauvres devenus magnats avancent dans le monde comme des prédateurs en survêtement fluorescent, avec la même innocence féroce que des gamins jouant à écraser des fourmis.
Chez Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, le théâtre n’est jamais une conférence idéologique : c’est une cavalcade. Et cette cavalcade-là emporte tout sur son passage.
Inspirée de l’histoire réelle des frères Barclay, la pièce raconte l’ascension vertigineuse de deux jumeaux écossais partis de rien jusqu’à bâtir un empire financier retranché sur l’île de Sercq, enclave féodale et paradis fiscal aux allures de décor gothique.
La fraternité comme une machine de guerre
Mais ce qui intrigue ici n’est pas tant l’argent que le mythe de la fraternité absolue. Les deux hommes ne pensent plus seuls : ils deviennent une créature bicéphale, un organisme financier mutant, un Minotaure moderne nourri au libéralisme triomphant.
La mise en scène signée Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre calque cette mécanique infernale avec une intelligence de rythme remarquable.
Le spectacle avance comme une locomotive emballée : narration frontale, ruptures de ton, séquences jouées, vidéos, chansons, éclats grotesques. Tout semble pouvoir basculer à chaque instant du rire vers la tragédie politique. On pense parfois à une version punk de la chronique économique, quelque part entre le cabaret britannique et la farce brechtienne.
La scénographie reste légère mais extraordinairement mobile, laissant les acteurs fabriquer les espaces à vue, comme si le capitalisme lui-même était une fiction en train de s’inventer devant nous.
Et puis il y a cette adresse directe au public, ce goût du récit partagé qui fait toute la singularité du théâtre de Tillette de Clermont-Tonnerre. Il raconte comme d’autres boxent. Avec une gourmandise féroce. Le texte fuse, rapide, drôle, érudit sans jamais s’alourdir.
Derrière l’humour très anglais perce pourtant quelque chose de plus inquiétant : l’histoire de deux exclus qui, à force de vouloir dominer le monde, finissent par ne plus appartenir à l’humanité commune.
L’interprétation est l’un des grande réussite du spectacle. Lisa Pajon impressionne par sa souplesse de jeu, sa capacité à traverser les registres sans jamais perdre le fil émotionnel.
Face à elle, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre possède cette présence rare des conteurs capables d’embarquer une salle entière avec une simple inflexion de voix. Ensemble, ils forment un duo d’une précision jubilatoire, passant du burlesque à l’effroi avec une virtuosité presque musicale. Leur complicité donne au spectacle son énergie électrique et sa profondeur humaine.
Ce qui aurait pu n’être qu’une satire sur les excès de la finance devient alors une étrange épopée moderne sur la solitude, la revanche sociale et la monstruosité du pouvoir.
Le spectacle ne juge jamais totalement ses personnages. Il les regarde courir vers leur propre légende avec fascination et vertige. Et c’est précisément cette ambiguïté qui rend la pièce intrigante : sous le rire, elle laisse affleurer le désastre moral d’une époque qui confond réussite et prédation.
« Le Tartuffe » crépusculaire d’Ivo van Hove avec la Comédie-Française
Dans la pénombre clinique imaginée par le metteur en scène Ivo van Hove, « Le Tartuffe ou l’Hypocrite » de Molière cesse d’être une simple machine comique pour devenir un champ de ruines morales.
Avec cette version primitive de la pièce, reconstituée par Georges Forestier et portée par les acteurs de la Comédie-Française, le spectacle prend des allures de cérémonie d’effondrement.
Plus qu’une satire des faux dévots, « Le Tartuffe ou l’hypocrite » devient ici l’autopsie d’une société malade de son besoin de croire.
Dès les premières minutes, Ivo van Hove impose son univers de verre, d’acier et de silence, où les corps semblent enfermés dans une architecture mentale autant que domestique.
Un Tartuffe de glace et de cendres
Les lumières blafardes sculptent des êtres déjà fantomatiques. Tout paraît glacial, contenu, presque anesthésié. Pourtant sous cette surface policée couve un incendie.
Car chez le metteur en scène flamand, le théâtre naît toujours du moment où la maîtrise se fissure et où les instincts remontent à la surface comme un poison longtemps contenu.
Cette version resserrée du Tartuffe, amputée des ornements galants et du dénouement réparateur voulu autrefois pour satisfaire le pouvoir royal, retrouve une violence primitive. Le rire lui-même devient inquiétant.
Le texte semble avancer à découvert, débarrassé des protections classiques. La famille d’Orgon n’est plus seulement un foyer bourgeois aveuglé par un imposteur : elle apparaît comme une communauté épuisée, fracturée, déjà prête à accueillir son propre bourreau.
Le génie de la lecture d’Ivo van Hove réside précisément dans ce déplacement. Tartuffe n’est pas l’unique monstre de l’histoire. Il est le révélateur chimique des frustrations enfouies, des désirs interdits, des manques affectifs et des impasses idéologiques de chacun.
Son arrivée agit comme une contamination. La maison entière semble alors entrer dans un état de suffocation morale.
Et c’est là que le spectacle devient fascinant : dans cette manière de faire émerger le désir au cœur même de la manipulation. Entre Tartuffe et Elmire circule une tension trouble, presque crépusculaire, qui dépasse largement le simple jeu de séduction ou de domination.
Ivo van Hove ose montrer une femme vacillante elle aussi devant l’attraction du danger. Le rapport entre les deux personnages prend alors une dimension charnelle et existentielle d’une brûlure rare.
Sur scène, la troupe de la Comédie-Française atteint des sommets de précision et d’intensité.
Christophe Montenez compose un Tartuffe magnétique, inquiétant sans jamais forcer l’obscurité, avec quelque chose d’à la fois animal et spectral. Son hypocrisie semble moins relever du calcul que d’une forme de vampirisme spirituel.
Face à lui, Marina Hands déploie une Elmire d’une souveraine complexité, traversée de désir, de lucidité et d’effroi. Chaque regard devient un combat intérieur.
Mais la plus bouleversante métamorphose est celle d’Orgon. Thierry Hancisse en fait un homme en état de faillite intime, un patriarche désarmé qui cherche désespérément une structure à laquelle abandonner sa volonté. Son aveuglement devient moins ridicule que tragique.
À ses côtés, StépahaneVarupenne apporte à Cléante une autorité lumineuse et presque politique, figure fragile de raison dans un monde qui a déjà basculé.
Quant à Sylvia Bergé, elle donne à Dorine une énergie nerveuse et incisive, là où d’autres en feraient seulement un personnage comique.
Julien Frison impose quant à lui un fils d’Orgon fiévreux et à vif, dont la colère contenue et l’élan désespéré traduisent avec une intensité presque physique l’effondrement d’une jeunesse sacrifiée sur l’autel des aveuglements paternels.
La musique d’AlexandreDesplat accompagne ce mouvement de fracture avec ses surgissements dissonants et ses nappes d’angoisse sourde.
Chez Ivo van Hove, tout devient pulsation : les silences, les déplacements, les regards fixes, jusqu’aux respirations mêmes des acteurs. Le spectacle avance comme un mécanisme de destruction lente.
De cette traversée obscure, il reste finalement l’impression troublante d’avoir vu non une relecture contemporaine de Tartuffe, mais son dévoilement le plus intime.
Comme si Ivo van Hove avait retiré au chef-d’œuvre classique son masque de comédie pour laisser apparaître ce qu’il contenait depuis toujours : la peur du vide, la fascination de l’emprise et l’immense solitude des êtres en quête de salut.
Au Reno Sweeney, les oubliées deviennent des icônes
Dans le cabaret spectral imaginé par Pierre Maillet, les fantômes ne reviennent pas hanter les vivants : ils chantent, se maquillent, délirent et transforment leur propre ruine en cérémonie pop.
Deux anciennes mondaines new-yorkaises, Edith Bouvier Beale et sa fille « Little Edie », tante et cousine germaine de Jackie Kennedy, vivent recluses dans leur manoir délabré de Grey Gardens.
Entre souvenirs aristocratiques, chansons, disputes et rêveries fantasmées, elles transforment leur chute sociale en cabaret halluciné.
Adaptant « L’Art de la chute » de Sara Stridsberg, Pierre Maillet fait de cette histoire vraie, un théâtre des marges où le glamour, la folie et la solitude deviennent les derniers éclats d’un monde disparu.
Dès les premières minutes, Pierre Maillet impose un théâtre du débordement intime. La scène devient une chambre en ruine, un club underground, un mausolée sentimental où se mélangent les souvenirs de Grey Gardens, les restes d’un rêve kennedien et les pulsations électriques d’un cabaret new-yorkais qui aurait survécu à toutes les faillites.
Le Reno Sweeney apparaît comme un purgatoire pour créatures trop libres, trop folles, trop féminines pour le monde normatif. Ici, tout est performance de survie.
La chute comme un art du panache
Ce qui bouleverse surtout, c’est la manière dont le spectacle transforme la déchéance en geste esthétique. Chez Maillet, la marginalité n’est jamais un sujet sociologique : elle devient un art du panache. Les Beale ne tombent pas, elles habitent leur chute.
Elles inventent dans la misère un royaume halluciné où les chansons remplacent les meubles disparus et où les costumes deviennent les derniers remparts contre l’effondrement.
La mise en scène épouse cette logique de dérive permanente avec une grâce poisseuse et nocturne. Les changements de rôle, le transformisme, les glissements de genre, les surgissements musicaux fabriquent une sorte de carnaval désespéré où l’identité n’est plus qu’un masque tremblant sous la lumière.
L’écriture de Sara Stridsberg trouve ici un écrin idéal. Sa langue, traversée de violence, d’humour noir et d’éclats poétiques, avance comme une lame recouverte de paillettes.
Derrière les excentricités des deux femmes surgit peu à peu quelque chose de beaucoup plus cruel : la solitude immense des êtres devenus inutiles au monde.
La pièce parle de la domination patriarcale, de l’effacement des femmes vieillissantes, de la cruauté sociale envers les corps improductifs, mais elle le fait sans didactisme.
Tout passe par le vertige des images, par les fractures affectives, par cette sensation permanente que le rire peut se transformer en catastrophe dans la seconde suivante.
Frédérique Loliée est absolument sidérante. Son Edith Beale fille possède quelque chose d’un oiseau blessé qui continuerait malgré tout à danser au milieu des gravats.
Elle compose un personnage insaisissable, tour à tour diva déglinguée, enfant abandonnée, prédatrice affective et clown tragique. Son corps entier semble parler avant même les mots.
Chaque chanson, chaque silence, chaque mouvement de tête devient le symptôme d’une vie entière passée à vouloir rester visible malgré l’abandon. Elle ne joue pas la folie : elle en révèle la dimension profondément théâtrale, presque politique.
Face à elle, Pierre Maillet construit une Edith mère d’une cruauté languide et d’une drôlerie vénéneuse. Son interprétation brouille constamment les frontières entre tendresse maternelle, vampirisme émotionnel et cabotinage sublime.
Il y a chez lui un goût du travestissement qui n’a rien du numéro gratuit : il touche à quelque chose de plus ancien, de plus mélancolique, comme si le théâtre lui-même devenait le dernier refuge des identités rejetées.
Son cabaret n’est jamais un lieu de divertissement mais une machine à faire remonter les spectres.
Autour d’eux, les musiciens-interprètes fabriquent une pulsation continue, entre concert underground et cérémonie de fin du monde. La musique irrigue le spectacle comme une mémoire détraquée de l’âge d’or américain.
Les chansons apparaissent alors comme des bouées dérisoires contre le naufrage, des éclats de glamour dans un univers déjà en train de pourrir.
Un miroir sur des êtres déclassés qui refusent malgré tout de disparaître. Ce cabaret des ruines touche parce qu’il regarde ses monstres avec amour et célèbre leur liberté.
Et parce qu’au milieu des faux cils, des perruques et des mélodies fanées, il fait entendre aussi une vérité selon laquelle certaines vies ne trouvent leur grandeur qu’au bord de l’effondrement.
Dates : du 19 au 31 mai 2026 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris) Adaptation et Mise en scène : Pierre Maillet et les Gens Déraisonnables
[BD] Le Zoo des Animaux Disparus – Tome 7, de Cazenove & Bloz (Bamboo Édition)
Depuis son premier tome paru en 2021, Le Zoo des Animaux Disparus s’est imposé comme l’une des séries phares du catalogue jeunesse de Bamboo Édition, avec plus de 100 000 exemplaires vendus. Christophe Cazenove, prolifique scénariste des Sisters et des Petits Mythos, et Bloz, dessinateur reconnu pour son style vivant et coloré, ont créé un univers aussi original qu’instructif : un parc animalier pas comme les autres, dédié aux espèces éteintes ou en voie d’extinction.
Ce septième tome s’inscrit dans la continuité d’une série qui mêle habilement humour et sensibilisation écologique. La vie du parc continue, rythmée par les naissances délicates, les premiers pas incertains de nouveau-nés et le dévouement des soigneurs. Chaque épisode de vie animale devient l’occasion d’aborder avec légèreté des enjeux qui n’ont rien d’anodin : la fragilité des espèces, le travail de conservation et l’espoir que représente chaque naissance pour la biodiversité mondiale.
Cazenove maîtrise l’art du gag en une page, structurant ses récits avec une efficacité redoutable. Les situations cocasses s’enchaînent sans jamais perdre de vue l’aspect pédagogique qui fait la singularité de la série. Bloz, quant à lui, donne vie à cette galerie d’animaux avec un trait expressif et chaleureux, rendant immédiatement sympathiques des espèces aussi variées que la girafe, le koala ou le dodo. Le duo fonctionne parfaitement, chacun apportant sa touche à un équilibre entre divertissement et information.
Avec ce tome 7, la série confirme son statut de valeur sûre pour les lecteurs à partir de 7 ans, mais aussi pour leurs parents, sensibles au message de protection des espèces qui irrigue chaque planche.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Le nouveau tome du zoo le plus célèbre de la BD !
Dans ce parc hors du commun, dédié aux animaux éteints et menacés, la vie trouve toujours un chemin. Entre éclosions délicates, premiers pas hésitants et équipes de soigneurs entièrement mobilisées, chaque naissance devient un événement. Mais redonner une chance à ces espèces fragiles est un défi de tous les instants. Avec ce septième tome, Le Zoo des Animaux Disparus célèbre ces victoires aussi précieuses que spectaculaires. Car derrière chaque nouveau-né se cache bien plus qu’un miracle : un espoir concret pour la biodiversité. Observer, comprendre, protéger… autant de missions essentielles qui font de ce parc un symbole vibrant de résilience et d’engagement pour le vivant.
Date de parution : 27 mai 2026 Auteurs : Cazenove (scénario) & Bloz (dessin) Éditeur : Bamboo Édition Collection / Série : Le Zoo des Animaux Disparus – Humour / Aventure jeunesse Format / Pages : Cartonné – 48 pages
[BD] Le Comte de Monte-Cristo – Édition prestige, d’Alexandre Dumas adapté par Patrick Mallet & Bruno Loth (Delcourt Jeunesse)
Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas est l’un des romans les plus vendus de l’histoire de la littérature mondiale. Depuis sa parution en feuilleton de 1844 à 1846, l’histoire d’Edmond Dantès — jeune marin injustement emprisonné qui, devenu richissime, orchestre une vengeance magistrale contre ses ennemis — a traversé les siècles et les frontières. Sa transposition en bande dessinée par Patrick Mallet au scénario et Bruno Loth au dessin, publiée initialement aux éditions Soleil en 2023, avait déjà séduit un large public. Cette nouvelle édition prestige chez Delcourt Jeunesse offre une version enrichie et rehaussée d’une fabrication soignée, dans un format généreux dos toilé et dorure en couverture.
Patrick Mallet, scénariste habitué aux adaptations littéraires (Vathek, Smarra, Achab…), condense avec intelligence les différentes intrigues du roman de Dumas sans en trahir l’esprit. La montée en puissance d’Edmond, sa métamorphose en Comte de Monte-Cristo, ses manœuvres implacables contre Fernand Mondego, Danglars et Villefort sont restituées avec une efficacité narrative remarquable. La densité du roman originel est préservée dans une forme accessible à un public jeune et adulte.
Bruno Loth apporte à l’ensemble une ambiance visuelle remarquable : son trait fluide et expressif convoque la Marseille du XIXe siècle, les geôles du château d’If, les salons parisiens et les îles méditerranéennes avec authenticité. Les cadrages dynamiques et la palette de couleurs soigneusement choisie servent habilement l’adaptation.
Cette édition prestige représente un beau cadeau intergénérationnel et une excellente porte d’entrée vers l’œuvre de Dumas pour les lecteurs plus jeunes. Elle réaffirme aussi la valeur patrimoniale du titre comme l’avait fait récemment le film éponyme avec Pierre Niney auprès des nouvelles générations.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Une édition prestige en bande dessinée d’un grand classique de la littérature
Tout juste promu capitaine, Edmond Dantès rentre à Marseille pour y épouser la belle Mercédès. Mais trois amis jaloux fomentent un plan qui le conduit en prison à perpétuité. Il parvient à s’évader, détenteur du secret de son voisin de cellule, l’abbé Faria, qui lui a confié l’emplacement d’un trésor. Richissime et libre, il prend l’identité du Comte de Monte-Cristo et organise sa vengeance…
Date de parution : 21 mai 2026 Auteurs : Patrick Mallet (scénario) & Bruno Loth (dessin) D’après l’œuvre de : Alexandre Dumas Éditeur : Delcourt Jeunesse Format / Pages : Album cartonné – 112 pages (226 x 298 mm)
Les Âges d’Or de Picsou – Tome 2 s’inscrit dans une collection ambitieuse signée Glénat qui célèbre, au cœur du patrimoine Disney, l’un des personnages les plus emblématiques du neuvième art : Balthazar Picsou. Créé par Carl Barks en 1947, le canard le plus riche du monde — pingre, caustique, irrémédiablement attaché à son coffre-fort débordant de pièces d’or — a depuis longtemps dépassé les frontières strictes du comics pour s’installer dans le langage courant et l’imaginaire collectif. Ce deuxième volume prolonge l’aventure éditoriale entamée avec le tome 1 paru en novembre 2025, et réunit des récits incontournables sous les pinceaux des plus grands maîtres Disney, dans une fabrication soignée de 208 pages couleurs au format généreux.
La proposition de cette anthologie réside dans son panorama : retrouver, dans un seul volume, des histoires emblématiques signées par les figures tutélaires de l’univers Picsou. Les Âges d’Or de Picsou T2 met à l’honneur Carl Barks lui-même — avec des classiques absolus tels que La Terreur des Rapetou (1951) ou Picsou contre Gripsou (1956) — mais aussi Romano Scarpa, Don Rosa, Flemming Andersen, Marco Rota, Tony Strobl, Daniel Branca, Giorgio Cavazzano ou encore Lars Jensen. Chacun y apporte sa patte, son sens du rythme, sa lecture du personnage, et ce mélange irrésistible d’aventure, d’humour caustique et de fantaisie qui a forgé la légende du milliardaire le plus avare de la bande dessinée mondiale.
Au fil des pages, on retrouve Picsou aux prises avec sa galerie d’adversaires légendaires — les Rapetou, Gripsou, Flairsou, Miss Tick — souvent secondé (parfois agacé) par Donald et ses trois neveux Riri, Fifi et Loulou. Les récits proposés couvrent une période allant des années 1950 à 2002, offrant ainsi un véritable tour d’horizon esthétique et narratif : de la pureté graphique du trait de Barks aux compositions plus modernes de Scarpa, en passant par la précision quasi historique de Don Rosa. Le format 20 × 27,5 cm rend pleinement justice aux planches et la quadrichromie restitue avec éclat les ambiances variées des aventures, qu’elles se déroulent dans le coffre rempli de pièces d’or, au fin fond du Klondike ou dans des contrées exotiques.
À 19 € les 208 pages, l’éditeur signe ici un objet accessible qui s’adresse autant aux collectionneurs de longue date qu’aux parents désireux de transmettre à leurs enfants un patrimoine bande dessinée incontournable — sans oublier les néophytes curieux de découvrir l’œuvre d’un Carl Barks par sa porte d’entrée la plus naturelle. Après le très réussi La Grande Histoire de Picsou consacré exclusivement à Don Rosa, Glénat poursuit avec cette anthologie son travail de référence sur l’univers du canard et confirme, s’il en était besoin, que Picsou demeure l’un des plus formidables personnages que la bande dessinée ait inventés.
Résumé éditeur :
3 grandes collections pour 3 grands personnages !
Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est imposé comme un des personnages emblématiques de l’univers Disney. Pingre et colérique, son nom est même passé dans le langage courant ! Aux prises avec Flairsou, Gripsou, Miss Tick ou les Rapetou, souvent accompagné de Donald et de ses 3 neveux, Picsou est le héros de ce que beaucoup considèrent comme les plus belles histoires de l’univers Disney.
Présentée dans une fabrication soignée de 208 pages, la collection des Âges d’or de Picsou rassemble les récits incontournables du canard à l’avarice légendaire sous les pinceaux des plus grands artistes Disney parmi lesquels : Flemming Andersen, Daniel Branca, Carl Barks, Giorgio Cavazzano, Lars Jensen, Romano Scarpa…
Date de parution : 20 mai 2026
Prix : 19,00 €
Auteurs : Collectif Disney (Carl Barks, Romano Scarpa, Don Rosa, Marco Rota…)
EAN : 9782344070697
Éditeur : Glénat – Disney / Les Grands Maîtres
Pages : 208 pages, couleurs
Format : 20 × 27,5 cm
Collection / Série : Les Âges d’Or de Picsou – Tome 2
Tu vas adorer est un album plein d’humour, écrit et joliment illustré par Marta Orzel. C’est l’histoire d’une jeune femme qui va partir en voyage, et cette fois-ci, elle emmène son chien, Hercule. Hercule est un bouledogue français qui fait facilement « la tronche » ! Elle l’emmène sur un bateau, il n’a pas l’air vraiment content ! Ensuite, ils partent en randonnée et doivent escalader la montagne. Là encore, ce n’est pas vraiment le rêve d’Hercule ! Il s’épuise vite ! Mais c’est sûr, il va adorer ! Bref, la maîtresse d’Hercule adore, mais le chien… Tu vas adorerest un très joli album qui fait sourire ! Avec des illustrations très expressives !
[MANGA] Alice au-delà des étoiles – Tome 1, de Kiko Urino (Glénat)
Alice au-delà des étoiles ne ressemble à aucun autre manga de science-fiction. Là où le genre privilégie souvent l’action ou le spectacle, Kiko Urino choisit l’intime, l’obstination et la croissance humaine pour raconter l’histoire d’une jeune fille qui rêve de toucher les étoiles.
Alice est une collégienne intelligente mais perçue comme « semilingue » : ni vraiment japonaise ni vraiment étrangère, elle grandit entre deux langues et deux cultures, sans trouver pleinement sa place. Fille de parents japonais ayant grandi à l’étranger, elle se voit promettre par sa mère un destin hors du commun — devenir astronaute. Ce rêve, qu’elle s’approprie avec une détermination farouche, devient le fil conducteur d’un récit à la fois personnel et universel.
Ce premier tome pose les bases avec une efficacité remarquable. Kiko Urino ne cherche pas à impressionner par l’ambition visuelle ou les effets spectaculaires. Son trait, clair et expressif, accompagne une narration centrée sur le quotidien d’Alice : l’école, les amitiés qui se forment, les obstacles qui surgissent — et la façon dont cette jeune fille les affronte avec une énergie communicative. La dynamique entre Alice et son camarade de classe Syoko, sorte de rival-complice, est particulièrement bien trouvée : elle insuffle au récit une tension légère mais constante, qui maintient l’intérêt sans tomber dans le conflit artificiel.
Ce qui distingue Alice au-delà des étoiles, c’est son engagement thématique. Le manga aborde frontalement la question du bilinguisme, de l’identité culturelle et de la place que l’on s’accorde dans un monde qui aime les cases. Alice ne rentre dans aucune case, et c’est précisément ce qui la rend attachante. Son rêve d’astronaute n’est pas une échappatoire : c’est une affirmation. Devenir la première femme commandante de bord japonaise, c’est s’imposer dans un espace — celui des étoiles comme celui de la société — qui ne semblait pas lui être destiné.
Kiko Urino signe ici une œuvre qui porte un message fort sur la persévérance, l’appartenance et le dépassement de soi, sans jamais tomber dans la leçon de morale facile. Le récit avance avec fluidité, les personnages sont bien campés dès ce premier volume, et l’univers — ancré dans le Japon contemporain tout en gardant les yeux tournés vers le cosmos — offre un cadre original et stimulant.
Un premier tome qui convainc et qui donne résolument envie de suivre Alice dans son voyage vers les étoiles.
Résumé éditeur :
Sur le point d’entrer au collège, Alice est une jeune fille intelligente mais « semilingue » : née de parents japonais ayant grandi à l’étranger, elle ne maîtrise aucune des deux langues, que ce soit le japonais ou l’anglais. Commence pour la jeune Alice un parcours semé d’embûches. Mais sa mère lui a promis de l’aider à réaliser son rêve : devenir astronaute — et plus précisément, devenir la première astronaute japonaise commandante de vaisseau spatial, pour l’humanité.
[BD] La Légende des Stryges – Tome 2 : Les Eaux du Chaos, de Corbeyran, Bègue & Fabbro (Delcourt)
Après sept ans d’absence depuis la fin du Chant des Stryges, Éric Corbeyran avait relancé en 2025 sa saga fantastique avec un diptyque ambitieux intitulé La Légende des Stryges. Le premier tome avait posé les bases d’un récit ancré dans la Belle Époque, mêlant occultisme, secrets d’État et créatures surnaturelles issues d’un passé trouble. Ce second et dernier volume, Les Eaux du Chaos, vient conclure.
Sardin et Bernat se retrouvent en Bavière, accueillis par un aristocrate versé dans l’occultisme qui met à leur disposition sa prodigieuse bibliothèque pour percer le mystère du liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges. Pendant ce temps, les ambitions militaires de l’empire germanique rôdent autour de cette substance, pressentant son potentiel dévastateur. Corbeyran entremêle habilement les fils narratifs — quête scientifique, intrigues politiques, révélations occultes — pour offrir un dénouement tendu et satisfaisant, fidèle à l’esprit de l’univers des Stryges.
Nicolas Bègue, au dessin, confirme dans ce second tome la réussite de sa prise en main de la franchise. Son trait travaillé, aux ambiances nocturnes et brumeuses, s’inscrit dans la continuité du travail fondateur de Richard Guérineau, tout en apportant sa propre sensibilité visuelle. Les décors bavarois et les scènes d’action bénéficient d’un soin particulier, renforçant l’immersion dans cette Europe fin de siècle si caractéristique de la série. La colorisation de Fabbro parachève l’ensemble avec des teintes mélancoliques parfaitement adaptées.
Cette conclusion du diptyque satisfera les amateurs de la saga, qui retrouveront avec plaisir l’univers sombre et fascinant des Stryges. Un album qui honore l’héritage tout en ouvrant des perspectives pour de futures aventures.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Conclusion du diptyque de La Légende des Stryges
Dans cette conclusion du diptyque de La Légende des Stryges, Sardin cherche à dévoiler la nature du liquide noir dans lequel baignaient les Stryges. Mais cette substance attise des convoitises bien au-delà de la recherche scientifique, et devient un enjeu de pouvoir au sommet de l’État. En Bavière, Sardin et Bernat sont accueillis par Kaspar von Harbow, aristocrate versé dans l’occultisme, qui les aide à étudier le liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges. Grâce à l’immense bibliothèque de leur hôte, Sardin tente d’en percer les mystères. Pendant ce temps, Sandor G. Weltman propose à l’empereur Guillaume de Prusse de transformer cette substance redoutable en arme de guerre.
Date de parution : 21 mai 2026 Auteurs : Éric Corbeyran (scénario), Nicolas Bègue (dessin) & Fabbro (couleurs) Éditeur : Delcourt Collection / Série : Machination – Fantastique / Occultisme Format / Pages : Cartonné – 56 pages
[BD] Mes Cop’s – BD audio, de Christophe Cazenove & Philippe Fenech (Bamboo Édition)
Depuis 2013, Mes Cop’s s’est imposée comme l’une des séries humoristiques incontournables du catalogue Bamboo Édition. En seize tomes, Christophe Cazenove (scénariste des Sisters et des Petits Mythos) et Philippe Fenech ont su capturer avec un regard tendre et espiègle la vie d’une bande de lycéennes aux caractères bien trempés, menées par la pétillante Jessica. La série, vendue à près d’un million d’exemplaires, franchit aujourd’hui une nouvelle étape en se réinventant sous un format inédit : la BD audio.
Cet album inaugural dans ce format propose une expérience de lecture immersive et originale. En scannant le QR code intégré à l’album, les lecteurs accèdent à une application gratuite qui enrichit les planches de bruitages, de musiques et de dialogues interprétés par des comédiens professionnels. L’humour visuel si caractéristique de la série se double ainsi d’une dimension sonore qui plonge dans l’atmosphère des aventures de Jessica et ses amies. Une façon inédite de savourer la BD, bien que cela puisse perturber au début !
Le trait de Philippe Fenech, dynamique et expressif, se prête parfaitement à cette hybridation. Les expressions outrancières des personnages, les situations absurdes et les gags bien ficelés de Cazenove trouvent dans la voix des acteurs une nouvelle résonance. Le concept de « BD à lirécouter » est astucieux et répond à une tendance forte : celle de l’audio, qui touche désormais toutes les formes culturelles. Bamboo Édition réussit ici à moderniser son offre sans trahir l’esprit potache et bienveillant qui fait le charme de la série depuis ses débuts.
Ce premier tome BD audio est une belle porte d’entrée pour ceux qui découvrent Jessica et sa bande, comme pour les fans de longue date qui retrouveront leurs personnages favoris sous un angle nouveau. Une expérience fraîche et amusante, idéale à partir de 7 ans.
Résumé éditeur :
La BD qui se lit… et s’écoute !
Prêts à retrouver Jessica et ses Cop’s comme vous ne les avez jamais vécues ? Cet album propose une expérience immersive où la lecture prend une toute nouvelle dimension. Il suffit de scanner le QR code avec votre smartphone pour accéder à une application gratuite et plonger au cœur de l’histoire. Bruitages, musiques et dialogues interprétés par des comédiens donnent vie à chaque scène et renforcent l’humour déjà culte de la série. Une façon inédite de savourer la BD… et de déclencher quelques fous rires, même en pleine salle d’étude !
Date de parution : 27 mai 2026 Auteurs : Christophe Cazenove (scénario) & Philippe Fenech (dessin) Éditeur : Bamboo Édition Collection / Série : Mes Cop’s – BD audio / Humour jeunesse Format / Pages : Cartonné – 48 pages
[BD] L’Évasion de Colditz – Tome 1, de Salva Rubio & Alejandro Gonzalez (Glénat)
Avec L’Évasion de Colditz, premier tome d’une nouvelle série historique signée par le scénariste Salva Rubio et le dessinateur Alejandro Gonzalez, les éditions Glénat s’attaquent à l’un des mythes les plus tenaces de la Seconde Guerre mondiale : Colditz, cette forteresse saxonne dont le IIIe Reich avait fait, sur le papier, la prison la mieux gardée d’Europe. Sortie le 20 mai 2026 dans la collection 24×32, cette bande dessinée historique remet en lumière une page rocambolesque du conflit, longtemps cantonnée à la culture britannique du POW story et restée largement absente des récits francophones.
Le château de Colditz, transformé en Oflag IV-C, abritait dès 1940 ces officiers alliés que les Allemands qualifiaient pudiquement d’ « incorrigibles » : autrement dit, ceux qui s’étaient déjà évadés d’autres camps. La propagande nazie en avait fait un symbole. Douves, paroi à pic de plusieurs dizaines de mètres, garnison surarmée : Colditz était officiellement inviolable. Dans les faits, la place forte détient le record paradoxal du plus grand nombre d’évasions réussies de tout le système concentrationnaire militaire allemand. C’est ce contraste, entre image de marque et réalité, qu’L’Évasion de Colditz entreprend de raconter, en s’appuyant sur des tentatives toutes attestées par les archives.
Le récit suit Gérard Bonaventure, pilote français engagé dans la Royal Air Force et capturé dès 1939. Évadé en série, il est envoyé en dernier recours derrière les murs de Colditz, où l’attend le lieutenant Wagner — un geôlier méthodique qui promet à chaque nouveau venu la même partie d’échecs : tenter sa chance pendant que lui fera tout pour la déjouer. Le sous-titre du tome, « Zugzwang », emprunté au lexique des échecs et désignant la position où chaque coup affaiblit le suivant, donne le ton : on est ici dans le duel psychologique où chaque tentative devient un acte politique de résistance.
À Colditz se côtoient Britanniques, Polonais, Hollandais, Belges et Français. Salva Rubio — par ailleurs scénariste du remarqué Photographe de Mauthausen et docteur en histoire — exploite cette mosaïque pour camper une véritable galerie de personnages, dont le capitaine Fournier, qui prend rapidement Bonaventure sous son aile. L’esprit du livre lorgne autant du côté de La Grande Évasion de John Sturges que de la mécanique horlogère d’une série comme Prison Break : tunnels improbables, planques, déguisements, ingénierie clandestine bricolée avec les moyens du bord. Mais l’auteur, fidèle à son sérieux documentaire, ne sacrifie jamais l’exactitude à l’effet : chaque dispositif présenté ici s’inspire d’une évasion réellement tentée — et parfois réussie — par les officiers prisonniers du château.
Côté graphique, Alejandro Gonzalez impose un style ample et coloré, héritage assumé de sa formation aux beaux-arts de Salamanque puis de son passage par le comic indépendant américain (Image, DC). Son trait précis sert aussi bien les vues d’ensemble de la forteresse au crépuscule que les mises en scène claustrophobes des coursives et des souterrains. La palette, dominée par des rouges sang et des ocres minéraux, n’esquive jamais le motif chargé — le drapeau à croix gammée occupe d’ailleurs la moitié de la couverture — mais l’utilise comme une présence oppressante plutôt que comme décor de plateau. Le grand format 24 × 32 cartonné met particulièrement bien en valeur ce travail de planches généreuses, déjà très cinématographiques, traduit avec finesse par Satya Daniel.
Premier opus d’un récit prévu en deux volets, L’Évasion de Colditz – Tome 1 : Zugzwang pose des fondations solides : sérieux historique, mise en scène nerveuse, personnages bien campés, ton qui sait alterner la tension et l’humour de connivence entre prisonniers. On le recommandera sans hésitation aux amateurs de bande dessinée historique exigeante, et tout particulièrement à celles et ceux qui auront apprécié Le Choc des tyrans ou la série Guerres secrètes de Philippe Richelle. Une chronique d’évasion qui, en filigrane, parle aussi de résistance morale — autrement dit de cette guerre-là qu’on continuait à mener, même quand toutes les autres armes vous avaient été retirées.
A lire !
Résumé éditeur :
Comment s’évade-t-on de la prison la mieux gardée du IIIe Reich ?
Allemagne, 1939. Gérard Bonaventure, pilote français engagé dans la Royal Air Force, est capturé par les nazis. Connu pour s’être échappé de plusieurs camps de prisonniers, il est transféré cette fois vers un lieu dont personne ne s’évade : Colditz. Les nazis ont fait de ce château une prison inviolable ! Mais pour Bonaventure, la guerre ne s’arrête pas là. Il garde une mission en tête : voler de nouveau. Dans ce bastion perché sur un précipice, il va découvrir un monde à part : un lieu où l’honneur, la ruse et la volonté de s’évader deviennent les seules armes face à l’ennemi… Car dès son arrivée, le lieutenant Wagner lui lance un défi : tenter de s’échapper tandis que lui fera tout pour l’en empêcher. La joute mentale, entre stratégie, humour, tension et fraternité, ne fait que commencer. À Colditz, les nationalités se croisent. Quand Bonaventure rencontre le capitaine Fournier et le groupe des Français, l’ingéniosité de cette équipe va mettre à l’épreuve la réputation de Colditz. Ensemble, ils vont élaborer des plans à peine croyables, du plus simple au plus extravagant…
Date de parution : 20 mai 2026 Scénario : Salva Rubio Dessin : Alejandro Gonzalez Couleurs : Alejandro Gonzalez Traduction : Satya Daniel Éditeur : Glénat Collection : 24×32 Format / Pages : 24 × 32 cm – 104 pages, couleurs
[BD] Les Reines de Sang – Irène de Byzance, l’Iconophile, Tome 2, de Corbeyran & Ippóliti (Delcourt)
La collection « Les Reines de Sang » des éditions Delcourt s’est imposée comme une référence en matière de BD historique, donnant vie à des figures féminines exceptionnelles trop souvent reléguées dans l’ombre des grandes fresques historiques. Après Marie Stuart, Catherine de Médicis ou encore Aliénor d’Aquitaine, c’est la fascinante Irène de Byzance qui bénéficie d’un diptyque signé Éric Corbeyran, scénariste prolifique aux 450 albums, et de l’Argentin Gabriel Ippóliti, dont le style expressif s’est forgé entre illustration de presse et bande dessinée.
Ce second tome conclut le portrait de la première femme à avoir régné seule sur l’Empire byzantin, au VIIIe siècle. Irène navigue dans un monde d’intrigues où chaque alliance peut se retourner contre elle. Charlemagne rejette l’union projetée entre leurs enfants, le jeune Constantin se laisse influencer par son ambitieuse épouse Marie d’Arménie, et les fidèles conseillers peinent à maintenir la cohésion autour d’une impératrice que sa propre famille menace désormais de supplanter. Corbeyran tisse ainsi des fils narratifs multiples, rendant palpable la précarité permanente du pouvoir de cette femme hors du commun.
Ippóliti apporte à cet univers une dimension picturale remarquable. Ses illustrations convoquent l’or des mosaïques byzantines, la pourpre impériale et la gravité des palais de Constantinople avec une maîtrise qui tient autant de la peinture d’histoire que de la BD. Les visages, minutieusement travaillés, restituent la psychologie complexe de ces personnages déchirés entre loyauté, ambition et survie.
Ce tome 2 s’impose comme une conclusion digne d’un personnage qui méritait cette mise en lumière. Pour les amateurs de BD historique et les passionnés d’histoire médiévale, c’est un album à lire.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance
Conclusion du diptyque sur la fascinante histoire d’Irène de Byzance, première femme à régner seule sur l’Empire byzantin. De régente à impératrice, elle restaure le culte des icônes et gouverne sans relâche pour maintenir son pouvoir. L’histoire palpitante d’une Reine de sang, déterminée à défier les conventions et à se battre pour ses convictions dans un empire dominé par les hommes. Irène fait face à un revers diplomatique : Charlemagne rejette l’union prévue entre leurs enfants et conteste les décisions du concile de Nicée. Ignorant les conseils de Staurakios, l’impératrice désigne Marie d’Arménie comme épouse pour son fils Constantin. Mais la jeune femme, aussi charmante qu’ambitieuse, souffle à son mari l’idée de supplanter sa mère… Et si le plus grand danger venait de l’intérieur ?
Date de parution : 21 mai 2026 Auteurs : Éric Corbeyran (scénario) & Gabriel Ippóliti (dessin & couleurs) Éditeur : Delcourt Collection / Série : Les Reines de Sang – Histoire & Histoires Format / Pages : Cartonné – 56 pages
Daisy et Pobi – Le plus beau des gâteaux, de Nathalie Dargent & Hyun Kim (Éditions Milan)
Les Éditions Milan lancent une nouvelle collection d’albums avec Daisy et Pobi, deux amies inséparables au graphisme inspiré de l’univers graphique coréen. Nathalie Dargent, auteure parisienne aux nombreux titres publiés chez Milan (notamment la série Les Inséparables), signe le texte de cette nouvelle aventure, illustrée par Hyun Kim, artiste dont le travail explore la nostalgie de l’enfance à travers un style kawaï empreint de fraîcheur et de spontanéité.
Dans cet album, Daisy prépare une fête avec son amie Pobi et décide d’aller chercher le plus beau gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Sur le chemin du retour, la gourmandise de leurs amis — Félix, Pluche, Basil — menace de faire disparaître le précieux gâteau avant même la fête. Qu’à cela ne tienne : Daisy et Pobi décident de cuisiner elles-mêmes leur propre pâtisserie. Un récit simple et lumineux sur la générosité, le partage et la joie de faire ensemble.
L’univers graphique de Hyun Kim est l’atout majeur de cet album. Ses illustrations débordantes de couleurs vives créent une atmosphère irrésistiblement joyeuse. Le graphisme kawaï, directement inspiré de l’univers coréen, apporte une touche de modernité et d’originalité qui distingue cette collection dans le paysage de l’édition jeunesse. Les personnages — Daisy la souris et Pobi le blaireau — sont immédiatement attachants, dotés de personnalités bien distinctes que l’on retrouvera au fil des prochains albums annoncés.
Un premier album de qualité pour cette nouvelle collection, idéal à partir de 3 ans pour découvrir des valeurs d’amitié et de partage dans un univers plein de douceur et de fantaisie.
Résumé éditeur :
Bienvenue dans le monde enchanté de Daisy et Pobi !
Daisy prépare une fête avec son amie Pobi, et qui dit fête, dit gâteau. Elle prend son vélo pour acheter un gâteau chez Iris, la pâtissière de la forêt. Elle choisit le plus gros et le plus beau gâteau, emballé dans une jolie boîte. Sur le chemin du retour, elle croise plusieurs amis : Félix, Pluche, Basil… et ils veulent tous goûter le magnifique gâteau. Si bien que, le soir venu, il n’en reste plus… Daisy et Pobi décident alors de cuisiner elles-mêmes un gâteau. Elles réunissent tous leurs amis, et même les fourmis, qui ont mangé la dernière part, sont là. Au milieu des confettis, la fête est très réussie !
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Nathalie Dargent (texte) & Hyun Kim (illustrations) Éditeur : Éditions Milan Collection / Série : Daisy et Pobi – Album jeunesse – Dès 3 ans Format / Pages : 32 pages
[BD] Les Âges d’Or de Donald – Tome 2, Collectif Disney (Glénat)
Depuis sa création en 1934, Donald Duck est devenu l’un des personnages les plus aimés de l’univers Disney. Sous son béret et son costume de marin, ce canard colérique, vantard et malchanceux cache en réalité un cœur d’or : souffre-douleur de l’Oncle Picsou et de Gontran, il reste un père de substitution attentionné pour Riri, Fifi et Loulou, et un amoureux éperdu de la belle Daisy. Glénat poursuit avec ce second tome sa belle initiative de rassembler les récits incontournables du canard le plus célèbre de Disney sous les pinceaux des plus grands artistes de la maison.
Cette collection « Âges d’or » s’inscrit dans une tradition éprouvée des grandes anthologies de BD, qui permettent de redécouvrir des œuvres parfois introuvables ou oubliées dans une fabrication soignée. Le tome 2 couvre la période 1940-2001, convoquant des talents aussi variés que Carl Barks — le légendaire « Good Duck Artist » auteur de Donald et le trésor du pirate (1942) — et des dessinateurs européens comme Daan Jippes, Freddy Milton ou Lars Jensen & Flemming Andersen. Six récits complets qui illustrent l’extraordinaire longévité créative du personnage.
La diversité des styles graphiques rassemblés dans ce volume est l’un de ses atouts majeurs. Des lignes claires et dynamiques de l’école américaine aux influences européennes plus texturées, chaque planche témoigne d’une époque et d’une sensibilité artistique distincte. C’est aussi l’occasion de mesurer combien Donald a traversé les décennies sans vieillir, s’adaptant à des contextes narratifs très différents tout en conservant son caractère inimitable.
Un bel objet éditorial, accessible et généreux, idéal pour initier les plus jeunes à l’histoire du 9e art via un personnage qu’ils connaissent, et pour permettre aux adultes de savourer ou redécouvrir des classiques du canard hystérique.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Des histoires d’anthologie signées par les plus grands artistes Disney
Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transi de la belle Daisy. Présentée dans une fabrication soignée de 200 pages, la collection des « Âges d’or de Donald » rassemble les récits incontournables du canard hystérique sous les pinceaux des plus grands artistes Disney : Carl Barks (Donald et le trésor du pirate – 1942 ; Sprint galactical – 1948 ; Perdus dans les Andes – 1949 ; Le Casque d’or – 1952), mais aussi de Daan Jippes & Freddy Milton (Rançon ou récompense ; 1980) et de Lars Jensen & Flemming Andersen (Gare au Gobbleur ! ; 2001). Avec 6 récits couvrant la période des années 1940 à 2001, ce deuxième volume réunit les folles aventures du canard le plus emblématique de l’univers Disney !
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Collectif Disney Éditeur : Glénat Collection / Série : Les Âges d’Or de Donald – Couleurs Format / Pages : 208 pages – 20 x 27,3 cm
[BD] Goldfish, de Brian Michael Bendis (Delcourt Contrebande)
Brian Michael Bendis est l’un des noms les plus importants du comics américain contemporain. Avant de révolutionner l’univers Marvel avec ses runs légendaires sur Daredevil, Ultimate Spider-Man ou Alias, il a d’abord imposé son style dans le domaine du roman graphique noir et urbain. Goldfish, troisième volet de sa trilogie indépendante après Torso et Jinx, est considéré par beaucoup comme son œuvre la plus sombre et la plus personnelle.
David Gold — surnommé « Goldfish » — revient dans sa ville natale après des années d’absence. Un seul but : retrouver son fils. Mais la ville l’a changé et son ancien monde le rattrape : son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds, son meilleur ami est devenu inspecteur de police. Entre passé impossible à fuir et avenir qu’il veut construire, Goldfish est un homme en équilibre précaire, coincé dans le dilemme de tout bon protagoniste noir : peut-on vraiment changer ?
Bendis dessine lui-même ses histoires indépendantes, et son style graphique est immédiatement reconnaissable : un noir et blanc contrasté, un encrage expressif, des cadrages serrés qui servent brillamment le rythme haletant de ses récits. L’influence du film noir de Dashiell Hammett ou de Raymond Chandler est palpable, comme une ambiance de roman policier américain transposée en cases. La narration en voix off, les dialogues percutants et la construction dramatique témoignent du talent exceptionnel d’un auteur qui a forgé son art loin des grands studios.
Avec Goldfish, Delcourt Contrebande rend accessible au public francophone un classique du roman graphique américain indépendant, et l’occasion de comprendre d’où vient le Bendis qui a ensuite électrisé Marvel.
Résumé éditeur :
Après Torso et Jinx, le troisième volet des romans graphiques signés Brian Michael Bendis
Après des années d’absence, l’escroc David Gold — surnommé « Goldfish » — est de retour dans sa ville natale. Il est revenu pour une seule et unique raison : son fils. Cet énigmatique arnaqueur retrouve ses anciens repaires et découvre que son ex-compagne règne désormais sur les bas-fonds de la ville, tandis que son plus vieil ami (et ancien complice) est devenu inspecteur de police. Face à un destin aussi implacable, comment Goldfish pourra-t-il reconquérir le seul être qui compte encore pour lui ?
Date de parution : 13 mai 2026 Auteur : Brian Michael Bendis (scénario & dessin) Éditeur : Delcourt Collection / Série : Contrebande – Roman graphique Format / Pages : Cartonné – 280 pages
Le Petit Mouton de Ménilmontant, d’Aurélie Castex & Sharon Amanda Massey (Gautier-Languereau)
Aurélie Castex est une figure bien connue du monde de la littérature jeunesse française. Illustratrice et autrice de nombreux albums et bandes dessinées documentaires pour la jeunesse (Terre Ferme, Les Nouveaux Venus, À la poursuite du déjeuner d’Odile…), elle met en images avec Le Petit Mouton de Ménilmontant un texte délicat et poétique de Sharon Amanda Massey, dans un style aquarellé non sans charme.
Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. Cette rencontre inattendue dans les rues de Paris devient le point de départ d’une promenade poétique à travers les quartiers colorés de Ménilmontant, au fil de laquelle Léo découvre la fantaisie qui sommeille en lui. L’album déroule un message essentiel : oser être soi-même, accepter sa singularité et trouver sa propre façon de danser dans le monde.
Aurélie Castex illustre avec talent ce texte en insufflant une atmosphère chaleureuse et fantaisiste. Son trait aquarellé capture habilement la lumière et la vie des rues parisiennes, créant un univers où le réel et le merveilleux coexistent naturellement. Les illustrations fourmillent de détails amusants qui invitent à l’observation et stimulent l’imagination des plus jeunes.
Ce duo artistique signe un album touchant, idéal pour aborder avec les enfants la question de la confiance en soi et de l’affirmation de son identité. Une balade poétique dans les rues de Paris, à partager en famille.
Extrait de l’album :
Résumé éditeur :
Une balade poétique et fantaisiste dans les rues de Paris pour apprendre à oser être soi-même.
Sur le chemin de l’école, Léo rencontre un petit mouton qui danse différemment et l’invite à s’exprimer librement. C’est le début d’une promenade poétique pour découvrir toute la fantaisie qui se cache en lui. Un duo artistique plein de grâce et d’imaginaire.
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Sharon Amanda Massey (texte) & Aurélie Castex (illustrations) Éditeur : Gautier-Languereau Collection / Série : Album jeunesse – Dès 3 ans Format / Pages : 210 mm x 280 mm – 32 pages
[BD] La Tour – Tome 3, de Jan Kounen, Omar Ladgham & Salvo (Glénat / Comix-Buro)
La Tour est une série de science-fiction née d’une collaboration singulière entre Jan Kounen, réalisateur emblématique de Dobermann et Coco Chanel & Igor Stravinsky, et Omar Ladgham, scénariste et réalisateur aux multiples récompenses. Leur univers dystopique, mis en images par le dessinateur Salvo, forme depuis ses débuts un récit ambitieux et haletant sur l’avenir de l’humanité.
Nous sommes en 2072. Trente ans que la civilisation humaine survit à la verticale, depuis qu’une bactérie dévastatrice a décimé la quasi-totalité de la population mondiale. Dans ce troisième et dernier tome, les tensions atteignent leur paroxysme : Ingrid refuse d’intervenir après la disparition d’Aatami, tandis que Caem prépare une contre-révolution. Mais l’espoir surgit là où personne ne l’attendait : au cœur d’une forêt consciente, un jeune Intra immunisé contre la bactérie réapparaît, incarnant la promesse d’une nouvelle humanité. L’issue de ce face-à-face entre survie et effondrement se joue dans les dernières pages de cet opus conclusif.
Salvo déploie dans ce tome final un travail graphique toujours très apprécié. Ses planches allient des compositions architecturales vertigineuses — la Tour, cet édifice-monde qui a donné son nom à la série — à des moments d’une grande intimité émotionnelle. Le scénario de Ladgham et Kounen, dense et rythmé, offre un dénouement à la hauteur des enjeux posés depuis le début.
Ce tome 3 confirme que La Tour est une séries de SF inventive, au récit maîtrisé, qui offre un bon divertissement.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Quand l’espoir renaît au creux de la forêt
2072. Cela fait 30 ans que l’Humanité vit à la verticale. Depuis qu’une bactérie a décimé la quasi-totalité de la civilisation, les survivants s’entassent pour se protéger d’une contamination mortelle. Dans ce microcosme divisé, les tensions entre les Anciens et la jeune génération, les Intras, atteignent leur paroxysme. Ingrid, très secouée par la disparition d’Aatami, refuse d’intervenir pour rétablir l’ordre, dans le même temps Caem prépare une « contre-révolution ». Pourtant un espoir subsiste : Aatami ! Alors que tout le monde le croyait mort, le jeune Intra réapparaît au cœur d’une forêt consciente, protégé par Marie, une I.A. aux motivations très ambiguës. Immunisé contre la bactérie, il incarne la promesse d’une nouvelle Humanité. Mais cette révélation fracture les alliances… Entre trahisons, manipulations et affrontements, la Tour devient le théâtre d’un combat ultime : survivre ou s’effondrer.
Date de parution : 13 mai 2026 Auteurs : Jan Kounen & Omar Ladgham (scénario) / Salvo (dessin & couleurs) Éditeur : Glénat / Comix-Buro Collection / Série : La Tour – Science-fiction Format / Pages : Cartonné – 64 pages
Sakamon Castle : Bienvenue à l’auberge (Glénat jeunesse)
Les éditions Glénat jeunesseviennent de sortir une nouvelle série BD : Sakamon Castle. Le premier tome : Bienvenue à l’auberge va enchanter nos lecteurs dès l’âge de 7 ans ! Cette BD raconte les aventures complètement déjantées de Sakamon, un drôle de “monstre” qui est en réalité… un sac de navets ensorcelé ! Il dirige une auberge magique et un peu chaotique où passent toutes sortes de créatures farfelues. Dans cette auberge, rien ne se déroule normalement : Sakamon fait bêtise sur bêtise, Bloudiradi prépare des potions étranges, Maminosor cuisine des plats assez douteux, et les clients doivent survivre à ce service catastrophique ! Au fil des pages, on découvre un univers humoristique et absurde, peuplé de personnages attachants comme une sorcière dinosaure, un chien-nénuphar ou encore une grenouille stagiaire amoureuse du jardinier. Malgré son apparence “terrifiante”, Sakamon est surtout très mignon et maladroit. Sakamon Castle est une BD drôle, pleine de gags, de créatures imaginaires et d’ambiance fantasy décalée, pensée pour les jeunes lecteurs.
Trente-cinq ans déjà ! Né en 1991 sous le crayon tendre et facétieux de Philippe Matter, le petit louveteau au pelage brun et au regard malicieux n’a pas pris une ride. Pour célébrer cet anniversaire mémorable, Hachette Enfants ressort l’un des titres emblématiques de la série, L’anniversaire de Mini-Loup, dans une édition spéciale anniversaire parée d’une couverture super brillante aux mille couleurs. Un cadeau pour les enfants, mais aussi un clin d’œil ému aux parents et grands-parents qui ont grandi avec ce héros lors de leurs propres soirées lecture.
Dans L’anniversaire de Mini-Loup, c’est jour de fête… enfin, en théorie. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Mini-Loup, mais quelque chose cloche : ses parents semblent affairés, presque distants, et ses amis – Anicet, Doudou, Mini-Pic et toute la joyeuse bande – sont étrangement introuvables. Mini-Loup tourne en rond, l’air un peu boudeur, persuadé que tout le monde a oublié son grand jour. Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une superbe surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur par tous ceux qu’il aime ! Mais chuuut, c’est une surprise…
On retrouve avec bonheur la patte graphique de Philippe Matter, ses aquarelles douces et chaleureuses, ses personnages expressifs et ce sens du détail qui invite l’enfant à scruter chaque page : un ballon qui s’envole, un cadeau caché derrière une porte, un gâteau monumental couronné de bougies. Les double-pages fourmillent de petites scènes drôles que les jeunes lecteurs adorent décrypter. La nouvelle couverture, ultra colorée et brillante, met particulièrement en valeur le motif de confettis multicolores qui célèbre dignement le ton festif de l’album.
Au-delà de l’aspect collector, c’est bien l’histoire qui touche : le mélange tendre et universel de la peur d’être oublié et de la joie de la surprise. Philippe Matter, créateur d’une série forte de plus de deux cents titres traduits dans une vingtaine de langues, a toujours su parler aux tout-petits avec une finesse rare. Dès 3 ans, les enfants comprennent les émotions de Mini-Loup, partagent sa déception passagère puis son émerveillement final. C’est exactement le genre d’album qu’on relit avec eux, encore et encore, au moment du coucher.
Cette édition Spécial 35 ans ! est une bien jolie occasion de (re)découvrir Mini-Loup, en famille. Que ce soit pour offrir le jour d’un anniversaire – le clin d’œil est tout trouvé – ou pour entrer dans la collection par sa porte la plus festive, ce nouvel opus a tout pour devenir un incontournable de la chambre des petits. À glisser sous le sapin, dans un sac d’école ou au fond d’un panier de naissance, en se rappelant que les meilleures histoires, comme les bons amis, savent traverser les années sans rien perdre de leur magie. Pour prolonger les ballades en jeunesse, on peut filer relire notre chronique de Hue Cocotte ! (Glénat Jeunesse), un autre album à déguster en famille. Plus d’infos sur la série côté éditeur : Mini-Loup chez Hachette Enfants.
A lire !!
Résumé éditeur : Une édition spéciale avec une couverture super brillante aux mille couleurs pour célébrer l’anniversaire de Mini-Loup ! Pour son anniversaire, ses parents sont tous occupés et ses amis sont introuvables… Heureusement, en rentrant chez lui le soir, il découvre une belle surprise : une fête d’anniversaire organisée en son honneur ! Mais chuuut c’est une surprise !
Date de sortie : 8 avril 2026 Auteur : Philippe Matter Éditeur :Hachette Enfants Format : 19 × 26 cm
Prix : 6,95 € TTC EAN : 9782017347668 Public : dès 3 ans Pages : 32