Pompoko — quand les tanukis défient l’urbanisation
Avec Pompoko – Anime Comics, le Studio Ghibli livre l’une de ses fables écologiques les plus audacieuses, portée par la mise en scène sensible et engagée d’Isao Takahata. Dans les collines proches de Tokyo, une communauté de tanukis voit son territoire lentement avalé par l’expansion urbaine. Routes, immeubles et chantiers menacent leur mode de vie ancestral, les forçant à sortir de leur paisible insouciance.
Pour résister, les tanukis tentent de réapprendre l’art ancien de la métamorphose, une capacité magique qui leur permet de tromper les humains et de semer la confusion dans leurs projets destructeurs. Entre stratégies burlesques, illusions spectaculaires et échecs amers, la résistance s’organise tant bien que mal, oscillant sans cesse entre la comédie et la tragédie.
Adapté directement à partir du film d’animation, cet anime comics de 640 pages retranscrit fidèlement la richesse visuelle de l’œuvre originale. Le montage dynamique, la lisibilité des scènes et la qualité de l’édition permettent de revivre l’histoire avec la même intensité émotionnelle. L’humour des tanukis côtoie une mélancolie poignante, celle d’un monde naturel condamné à reculer.
Derrière son apparente légèreté, Pompoko délivre un message écologique puissant, toujours d’actualité. Le manga interroge notre rapport au progrès, à la nature et à la mémoire des lieux. Une lecture à la fois jubilatoire, touchante et profondément engagée.
Extrait :
Résumé éditeur :
Alors que l’urbanisation sauvage menace le cadre de vie de communautés tanukis, ces dernières tentent de repousser les humains en les effrayant. Malheureusement, leurs talents de métamorphose ont été perdus et seuls quelques grands maîtres disparus connaissent encore cette capacité. L’heure est venue de les retrouver à travers le Japon !
Date de parution : 03 décembre 2025 Auteur : Isao Takahata (film original) Éditeur : Glénat Collection / Série : Studio Ghibli – Anime Comics Format / Pages : Broché – 640 pages
Je ne connaissais pas du tout Atef, alors autant dire que l’écoute de l’album Les mots qui unissent est un vrai choc. Sorti le 7 novembre, je le découvre un peu en retard et la voix du bonhomme m’a littéralement transporté. D’une sensibilité et d’une justesse rare, le chanteur transmet un maximum d’émotions avec son instrument vocal. Accompagné d’invités prestigieux, il déroule le fil de son talent sans qu’aucun morceau ne soit en dessous des autres, c’est rare.
Une vraie belle découverte musicale
Le message porté par l’album Les mots qui unissent est simple et universel. Atef met en avant la diversité culturelle et l’unité musicale, chaque morceau est un étendard pour porter un message de bienveillance. Les mélodies sont belles, la voix est fascinante, c’est un beau moment d’évasion musicale et même philosophique. Dans un paysage musical contemporain où les morceaux perfides ou même simplement méchants ne manquent pas, cet album d’Atef est une belle lucarne ouverte sur la tolérance, de quoi mettre de côté l’opposition et les contrariétés. Avant la sortie de l’album, plusieurs titres avaient été révélés, Marseille pour une belle célébration de la cité phocéenne, Moi j’y crois pour souligner l’importance de la persévérance et de l’optimisme, Je le sens je le vois je le sais comme une ode à la confiance en nos intuitions et en nos émotions profondes. L’auditeur est comme transi à l’écoute des paroles dispensées par cette voix hors du commun. Des invités prestigieux participent, Daniel Lavoie (évidemment) et Daniel Deschenes sur le très beau Ils s’aiment, et des amis sur Je le sens je le vois je le sais pour un beau moment d’émotion adapté en français de O que tinha de ser. Le premier extrait de l’album était Naïf, tout un programme sur la force revendiquée de ne pas verser dans le cynisme ou le mépris, un mot que l’artiste revendique pour battre en brèche la dureté et la froideur de notre monde. Entendre un chanteur qu’il n’est nul besoin d’endurcir nos cœurs pour rester soi-même, ça fait plaisir. L’album a bénéficié de la participation de Louis Bertignac et de Levon Minassian, maître du doudouk arménien.
L’artiste auteur compositeur revendique garder une naïveté de l’enfance, il voit en elle une force et non une faiblesse. L’album est beau, il faut le découvrir, la chanson française est matinée d’influences du monde pour un résultat à découvrir en live lors d’un prochain concert, espérons le!
Tout le monde connaît la bande dessinée Ariol ! 21 tomes, déjà ! Et toujours le même succès ! On retrouve Ariol au milieu de sa famille, ou de ses camarades de classe… Le jeune lecteur va pouvoir se régaler avec 12 nouvelles histoires d’Ariol, toutes plus drôles les unes que les autres avec : Quand j’étais petit ânon. Et c’est parti pour les folles aventures d’Ariol que le lecteur adore car il peut facilement s’identifier à Ariol, avec des illustrations trop sympa…
Savez-vous qu’Ariol représente plus de 2,6 millions d’exemplaires vendus , Ariol c’est aussi un héros qui se décline en chansons, déjà 3 CD, en dessin animé, en webtoon, en spectacle et même en jeu de société !
Alors, vite, commandez Ariol, Quand j’étais petit ânon, Tome 21, au Père Noël ! Ca fera un heureux ou une heureuse, à coup sûr !
Sacha Guitry a remonté le temps en 1954 en tentant de recréer l’histoire du Château de Versailles. Symbole de l’histoire française, ce monument est visité par des touristes venus du monde entier pour admirer sa magnificence. Guitry a écrit et réalisé le film, et poussé le vice jusqu’à passé devant la caméra, il en fait parfois trop, il se met en scène lui-même en scène en Louis XIV vieillissant et atrabilaire. Les plans du film sont souvent des scènes posées pas très dynamiques et ressemblent parfois à des vieilles photos de famille jaunies par le temps. Peu de fantaisie si ce n’est avec un Bourvil guilleret interprétant un guide de musée souriant et comiques à la toute fin du film. Tous les acteurs et actrices sont très sérieux et regardent fixement l’objectif, tout cela fait sourire et donne au film un côté catalogue très daté. Certains anachronismes sont osés comme le chanteur de grands-mères Tino Rossi chantant sur le Grand Canal à la fête de la Petite Venise ou Edith Piaf juchée sur les grilles du palais envahi par le peuple de Paris. Le choix des comédiens est souvent très bon, parfois plus étrange, les longues tirades sont légion, les longueurs parfois ennuyeuses, mais à la fin le spectacle est au rendez-vous. Rois, maîtresses et artistes se succèdent et ont contribué à la singularité d’un lieu de prestige, souvent artificiel, mais qui garde aujourd’hui d’une vraie aura historique. 50 ans plus tard, Sofia Coppola a revisité Versailles dans son Marie-Antoinette pour une nouvelle variation plus moderne et moins datée. Restant les cabotinages et les élégances guindées des temps anciens.
Suppléments: Si Versailles m’était conté… : l’Histoire selon Sacha Guitry, par Noël Herpe, historien du cinéma. (39’15’’) Anecdotes et souvenirs par Albert Willemetz, président de l’Association des Amis de Sacha Guitry (24’22’’) À vous aussi Versailles sera conté : archive INA – 1ère diffusion le 29 décembre 1953 (32’04’’) Et Versailles vous est conté – archive INA – 1ère diffusion le 12 octobre 1953 (32’04’’)
La restauration du film (3’36’’)
Synopsis: L’histoire du château de Versailles, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.
Les Editions Marmottons nous proposent toujours des histoires « pour que le Monde tourne plus rond « ! Une édition pas comme les autres… Un édition à découvrir absolument ! Publik’Art vous a déjà partagé les très chouettes albums : Brumisapeur et Soline, L’enfant des saisons. Aujourd’hui, Publik’Art est heureux de vous faire découvrir une nouvelle petite pépite : Etincelle. C’est l’histoire d’un petit ourson pas comme les autres.
C’est bizarre, mais Etincelle n’aime pas le miel, il n’aime pas non plus grimper aux arbres… Et en plus, il ne sait pas grogner. Alors, Etincelle pose beaucoup de questions à son Papours. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi… En grandissant il se met à chercher son talent… Chercher, encore et encore… Cet album est très joliment illustré par Coralie Saudo, et c’est Auriane de Pierpont qui en a écrit l’histoire. Chaque jeune lecteur pourra facilement s’identifier à Etincelle. Et à la fin de l’album, il trouvera des pistes pour aller plus loin dans sa quête d’identité. Il pourra même écouter la chanson d’Etincelle et son histoire, en audio sur les plateformes d’écoute ! Etincelle est une très jolie idée cadeau à commander au Père Noël !
Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française
Il arrive que le théâtre ressuscite des œuvres qu’on croyait promises à l’oubli. Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger réalise précisément cela : redonner souffle à une comédie que Goldoni retira de l’affiche après deux malheureuses représentations. Un naufrage originel, devenu aujourd’hui matière à renaissance.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la douceur ferme avec laquelle le metteur en scène aborde cette pièce sans héros, sans grands coups d’éclat, où il se passe tout et rien à la fois. On pense à Tchekhov : la comédie naît ici de la vie même, de ces frictions quotidiennes entre un maître avare — Rigadon, incarné par un Denis Podalydès (parfait) aussi cruel que glaçant — et ses élèves intrépides, impatients d’émancipation.
« L’école de danse » devient microcosme : tout un monde social s’y reflète. Car Goldoni observe avec une acuité presque chirurgicale les forces qui traversent toute société artistique : le désir d’émancipation, d’abord, porté par ces jeunes élèves obstinés, qui rêvent moins de gloire que de liberté — liberté de créer, de choisir leur destin, de ne plus dépendre d’un maître tyrannique ou d’un protecteur capricieux.
Une école de la vie
La pièce met aussi à nu les rapports hommes-femmes : un monde où les femmes dansent, espèrent et négocient, tandis que les hommes — maîtres, impresarii, notaires, courtisans — structurent encore les règles du jeu. Mais Goldoni déjoue les places assignées : Giuseppina, Rosina ou Rosalba, loin d’être des ingénues, manient l’ironie, la stratégie et la clairvoyance sociale avec une intelligence mordante.
À travers elles, la pièce révèle comment chacun — homme comme femme — apprend à composer avec les mécanismes du jeu social : alliances opportunistes, petits mensonges, faveurs échangées, ambitions recuites.
Chacun cherche à survivre dans ce microcosme incertain, et c’est précisément là que la modernité de Goldoni surgit : dans sa manière de montrer que l’ascension sociale n’est jamais seulement affaire de talent, mais de finesse, de ruse, parfois de compromis. Au fond, cette école de danse est une école de la vie : un lieu où l’on apprend autant à s’élever qu’à se défendre, où l’art se confond avec la lutte pour exister.
Le geste fort de la mise en scène réside dans le glissement temporel vers le XIXᵉ siècle, sous l’ombre portée de Degas. Les tutus courts, les corps fragiles, les regards pesants : le sublime et la misère cohabitent, comme dans les pastels du peintre.
Le décor d’Éric Ruf — escalier avec son ascension et son échappatoire, parquets patinés — installe une élégance poussiéreuse et une vérité un peu brutale : celle d’un art qui exige, use, modèle les corps, élève aussi.
Mais pas question de ballet fictionnel. Hervieu-Léger, formateur à l’École de danse de l’Opéra, cherche la vérité du studio : échauffements, corrections, transpiration. Grâce au travail de Muriel Zusperreguy, les comédiens approchent la gestuelle réelle de la danse. En scène, le pianiste Philippe Cavagnat accompagne les exercices, glissant de Chopin à un standard de jazz : un réalisme presque documentaire.
Et pourtant, la pièce reste comédie. Vive, parfois cruelle, mais jamais pessimiste. Goldoni, observateur sociologue avant l’heure, interroge déjà les rapports de domination, les illusions de carrière, la quête de respectabilité des jeunes artistes. Ces thèmes trouvent aujourd’hui un écho troublant : on entend derrière les répliques les débats contemporains sur l’emprise, la précarité, les inégalités de sexe. Le rire se teinte d’une lucidité nouvelle.
La troupe excelle : Florence Viala en sœur frustrée en quête d’indépendance, Loïc Corbery en comte amoureux, Pauline Clément en stratège affûtée. Chacun habite ce studio de danse comme un lieu de survie autant que de rêve.
Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger signe une mise en scène discrètement politique : un théâtre qui montre comment l’art se fabrique, comment les corps s’y perdent et s’y retrouvent. Une pièce rarement montée, devenue ici le terrain d’une véritable déclaration d’intention. Un pari réussi.
Dates : du 14 novembre 2025 au 3 janvier 2026 – Lieu : Comédie-Française (Paris) Mise en scène : Clément Hervieu-Léger
L’Atelier des lumières propose une expérience prodigieuse avec l’exposition Planète préhistorique – Dinosaures réalisée en collaboration avec Apple TV + et Lightroom. Les visiteurs peuvent remonter le temps de pas moins de 66 millions d’années pour découvrir la faune et la flore de la planète terre dans une époque où l’humain n’était pas encore né. Le voyage est fascinant et le spectacle est grandiose. La création visuelle et sonore est spectaculaire et provient de la série documentaire à succès Planète Préhistorique d’Apple TV+. La voix de Gérard Lanvin raconte une histoire de vie et de survie au cœur de la nature sauvage. L’expérience plonge les visiteurs dans les paysages grandioses de la Terre préhistorique avec une faune incroyable de réalisme, toutes les bébètes sont à l’échelle, toutes les parois de l’Atelier des lumières servent d’écran pour une histoire fabuleuse, les petits restent bouchée bée devant ce spectacle immersif hors du commun, rien à voir avec les reportages à la télé! L’acteur Gérard Lanvin prête sa voix dans des tons très graves pour narrer une petite histoire de la terre dans un voyage temporel unique, il est un guide objectif et fait côtoyer Tyrannosaurus Rex, Tricératops, créatures des mers et des airs, avec également des mosasaures et plein de créatures aux noms imprononçables. Imaginée en collaboration avec Lightroom et Apple TV+, cette exposition est un grand moment d’émerveillement immersif et éducatif, à 360 degrés qui plonge le public au cœur du monde préhistorique grâce aux images de la série Planète Préhistorique, narrée par Gérard Lanvin. Il est possible de reserver son ticket pour décembre 2025 ou janvier 2026 dès maintenant.
Aurélien Bosc (CEO Culturespaces), Romain Pintore (paléontologue) et Mike Gunton (producteur exécutif de la série) étaient présents pour le vernissage, un bon moyen d’en savoir plus et de creuser les coulisses de cette expérience unique.
Souvenez-vous, en 2021 la chanteuse Romy Ryan James dévoilait son titre It’s over et le coup de foudre était immédiat. Une version acoustique est prévue pour bientôt, annoncée par un communiqué de presse et la très belle photo d’Alain Bibal. Sans avoir écouté cette version, je suis persuadé qu’elle sera au moins aussi envoutante que la version initiale. Après plusieurs concerts et des échanges toujours très conviviaux, cette version sera à découvrir bientôt, nous vous tiendrons informés!
Publireportage:
« It’s Over » parle de ce qu’on a connu et qui n’est plus. De qui on a été et qu’on n’est plus.
Cette chanson nous rappelle aussi que l’on peut tourner la page d’une relation, d’une époque ou même d’une version de nous-même dans la vérité et la confiance. Bien que ce soit rarement facile car les fins nous font toujours peur.
Avant de lancer officiellement la suite de mon travail musical, je suis très fière de cette version acoustique de mon 1er single qu’on a retravaillée avec mon cher et tendre Badié (Sasha Bogdanoff, Ayo, Matthieu Chedid,…) 5 ans après sa sortie le 10 décembre 2020 (en plein confinement) !
Il a enregistré la guitare acoustique et ré enregistrée ma voix, il me semble que mon interprétation est plus profonde… et nous avons gardé les sublimes cordes arrangées par Gregoire Letouvet en les remixant en partie.
Je pense que cette version pourra accompagner votre hiver (et les prochains) avec plus finesse que la 1ere version, mais après tout, c’est vous qui direz laquelle vous préférez 😉 avant le 1er album qui est en cours de création et dont le premier single devrait voir le jour au printemps 2026…!
« It’s Over » acoustic version marque la fin d’une époque pour moi et le début d’une nouvelle qui s’annonce très lumineuse !
Dans ce troisième volet de la série Cyborgs, la dystopie prend un tournant plus sombre et viscéral. L’action se déroule en 2145, dans la cité d’Europa, gangrenée par la misère, la technologie réservée aux élites, et la corruption. Dans ce contexte hostile, un tueur transforme ses victimes en œuvres macabres, exposant la chute d’un monde ravagé — une enquête sordide qui sert de miroir brutal à la société déliquescente.
La protagoniste, Ramda, flic rebelle déterminée et déboussolée par le chaos environnant, s’enfonce dans les ruelles toxiques d’Europa. Chaque indice semble prometteur mais se révèle un piège, chaque sourire cache un masque. À mesure qu’elle s’approche de la vérité, l’enquête vacille, et la menace s’élève jusqu’à remettre en cause non seulement la justice, mais l’équilibre même du pouvoir.
Le scénario de Jean-Luc Istin mêle science-fiction, polar et anticipation sociale. Il interroge la place de l’humanité dans un univers où la technologie est privilège, et la survie un luxe. Le récit frappe fort sur les thèmes de l’exclusion, de la déshumanisation, de la violence institutionnelle — des enjeux contemporains transposés dans un futur brutal.
Graphiquement, Oleg Okunev et le coloriste J. Nanjan offrent une atmosphère oppressante, presque palpable : néons délabrés, ruelles crasseuses, bâtiments suintants, silhouettes déformées — un travail plastique qui amplifie l’angoisse, la tension, l’urgence. Chaque planche devient un décor anxiogène où le danger rôde, et le lecteur est happé dans un univers sans concession.
Ce tome 3 agit comme un point de bascule : l’enquête tient à un fil, l’équilibre entre justice et survie se fissure, et l’humanité des personnages vacille dans un monde où l’espoir semble un luxe oublié. C’est une œuvre qui bouscule, questionne, dérange — et reste longtemps en mémoire après la dernière page.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Europa, 2145. Un tueur transforme ses victimes en œuvres d’art macabres. Ramda, flic rebelle, s’enfonce dans les ruelles toxiques d’une cité à la dérive. Derrière chaque indice, un piège. Derrière chaque sourire, un masque. Plus elle approche de la vérité, plus l’enquête vacille. Car dans l’ombre, une vérité menace d’ébranler les fondations mêmes du pouvoir.
Date de parution : 13 novembre 2025 Auteurs : Jean-Luc Istin (scénario), Oleg Okunev (dessin), J. Nanjan (couleurs) Éditeur : Soleil Collection / Série : Cyborgs – Science-fiction / Anticipation Format / Pages : Relié – 64 pages
Dans les pas de Pasolini, une troupe intrépide à l’odéon
Il fallait oser s’attaquer à « Pétrole », le roman-magma inachevé, la dernière colère de Pasolini. Sylvain Creuzevault, lui, n’ose pas : il exhume. Il déterre le livre comme un cadavre encombrant, le déplie sur le plateau et montre tout ce que la société préfère refouler : la saleté du pouvoir, la lubricité des dominants, la violence diffuse qui irrigue nos démocraties dégénérées.
L’ambition est totale. Le dispositif aussi. Le geste brûlant.
Creuzevault ne cherche jamais la facilité — il s’intéresse à l’impact. Le spectacle explose en blocs disjoints, en scènes abrasives, en interludes vidéo qui s’apparentent plus à des électrochocs qu’à des respirations. C’est assumé : « Pétrole » est une matière éclatée pour une mise en scène organique.
Par moments, cela frôle le survoltage. Parfois, on décroche. Mais toujours, on reste alerté : ce théâtre n’a pas l’intention de vous prendre par la main. Ce refus du confort est politique.
Creuzevault n’adapte pas une œuvre sur le pouvoir : il fabrique un dispositif de pouvoir. Il assigne, il impose, il écrase. On sent l’intention : faire ressentir au spectateur ce que Pasolini dénonçait — l’opacité, la manipulation, l’intimidation systémique.
Une pensée en ébullition
Là où la mise en scène cogne le plus juste, c’est dans le travail sur les corps : des corps sans glamour, des corps qui parlent, des corps sexuellement exposés, sans folklore, sans voyeurisme, mais sans faux-semblant non plus. Ici, quand le désir surgit, il blesse. Quand la violence se montre, elle montre aussi ses racines.
Pasolini aurait reconnu l’effort : ne pas détourner le regard, jamais. L’ensemble du plateau fonctionne comme une arène politique où l’intime devient immédiatement structurel. Rien n’est gratuit. Rien n’est rassurant. Sous le vacarme, il y a une pensée en ébullition. Elle n’est pas déroulée, elle n’est pas expliquée, elle est réinjectée par impulsions.
La traversée convoque les années de plomb, la stratégie de la tension, l’industrie pétrolière, les duplications identitaires du personnage principal — non pour reconstituer, mais pour fracturer. Sa question, au fond, est limpide : quand le pouvoir se désagrège, que reste-t-il ? Des corps et des mythologies.
On pourrait reprocher au spectacle de ne pas donner de clés. Mais pourquoi faudrait-il donner des clés ? Le théâtre n’est pas une salle de classe. Le théâtre est un choc. Ici, il est frontal, abyssal.
Les acteurs, tous remarquables, ne jouent pas « Pétrole » ; ils l’encaissent, ils le propagent, ils le servent comme on un électro choc. On sent la troupe soudée dans une forme de fanatisme artistique — au sens noble : celui qui accepte de traverser le risque. Ils se jettent dans la fragmentation du texte comme dans une mêlée, en assumant la laideur, la nudité morale, l’exposition presque clinique de leurs corps.
Aucun ne cherche à briller individuellement : ils brillent parce qu’ils s’annulent, parce qu’ils font bloc, parce qu’ils portent ensemble une partition qui pourrait tuer un interprète isolé. Leur endurance est stupéfiante, leur précision redoutable, leur abandon total. On sort persuadé d’avoir vu non pas un ensemble, mais une seule bête à huit têtes, un organisme collectif dont chaque membre accepte de brûler pour que l’incendie prenne.
Oui, « Pétrole » est dense. Oui, certains tunnels dramaturgiques auraient mérité un montage encore plus cruel. Mais retirer l’excès à « Pétrole », ce serait l’évider, l’amputer de sa vérité. Le roman est un monstre inachevé. Cette mise en scène en préserve la monstruosité. Quand Creuzevault renonce à simplifier, ce n’est pas par paresse : c’est par fidélité radicale.
« Pétrole » est un spectacle qui refuse la flatterie. Pasolinien forcément. Il dérange, il déborde, il percute, mais il le fait pour une raison : rappeler que Pasolini écrivait avec la conviction que le réel était devenu obscène, et que seule une obscénité plus lucide pouvait le dévoiler. Creuzevault a compris cela. Et il l’applique sans ménagement. Un spectacle nécessaire et intellectuellement vivant — donc politiquement indispensable.
Dates : du 25 novembre au 21 décembre 2025 – Lieu : Théâtre de l’Odéon (Paris) Adaptation et Mise en scène : Sylvain Creuzevault
Dans Les Merveilles de Léonie, la petite Léonie vit un moment spécial : c’est l’anniversaire de sa « mamita » qu’elle adore. Elle veut trouver le cadeau parfait — mais comment choisir quand on a « mille idées » ? Tic-tac, tic-tac, l’angoisse de rater le geste, le désir de faire plaisir, et surtout la sincérité d’un enfant qui voudrait offrir le cœur de son enfance.
Léonie parcourt son univers, scrute les moindres recoins, imagine cent objets, cent attentions, cent surprises. À travers ses idées, le récit célèbre l’amour entre générations, la spontanéité, la créativité enfantine. C’est une histoire simple, douce, sensible — un hommage tendre à l’enfance vue par un regard qui cherche à rendre heureux.
Visuellement, l’album brille par la douceur de ses illustrations signées Violaine Costa. Couleurs chaudes, traits tendres, atmosphère enveloppante : tout dans le dessin invite à la complicité. On sent la joie, l’impatience, l’espoir, la tendresse — le charme d’un cadeau imaginé avec le cœur. Idéal pour partager un moment tendre avec un enfant.
Extrait de l’album :
Résumé éditeur :
Aujourd’hui, Léonie fête l’anniversaire de sa mamita chérie. Pour le cadeau, elle a mille idées !
Tic-tac, tic-tac, quelle merveille va-t-elle inventer ?
Date de parution : 24 septembre 2025 Auteurs : Roxane Marie Galliez (texte), Violaine Costa (illustrations) Éditeur : Gautier-Languereau Collection : Les Histoires / Album jeunesse Format / Pages : Relié – 32 pages
Avec ce troisième volume de l’édition Prestige de Berserk, la dark fantasy de Kentaro Miura atteint l’un de ses points de non-retour. On y suit la fin de l’arc de l’Âge d’or, où l’amitié, l’ambition et la loyauté basculent dans la trahison, le cauchemar et la survie brute. Guts, Griffith, Casca : trois destins emmêlés dans une spirale qui ne laissera aucun lecteur indemne.
Ce tome réunit plusieurs volumes de l’édition standard en un pavé massif, qui condense combats titanesques, batailles militaires, jeux de pouvoir et vertige métaphysique. C’est ici que se joue l’instant décisif de la série : ce moment où l’univers de Berserk se fracture pour devenir définitivement l’un des monuments de la dark fantasy moderne.
La fabrication Prestige donne toute sa puissance au dessin de Miura : grand format, mise en valeur des noirs profonds, lisibilité accrue des scènes de foule comme des gros plans, pages couleur intégrées. La densité des planches, le travail sur les corps, les armures, les créatures et les paysages, tout concourt à une expérience de lecture à la fois spectaculaire et oppressante. Un volume pensé autant pour la lecture que pour la collection.
Résumé de l’éditeur :
Guts, le guerrier noir, sillonne un monde en guerre, une épée gigantesque sur le dos et une marque maudite gravée dans sa chair, qui attire à lui des forces démoniaques. Autour de lui, la Troupe du Faucon se hisse au sommet de la gloire militaire sous la conduite de Griffith, chef charismatique prêt à tout pour atteindre son rêve. Mais derrière les victoires et les honneurs gronde un destin sacrificiel.
Cette édition Prestige, grand format relié, rassemble plusieurs volumes de la série d’origine dans une fabrication luxueuse, avec traduction revue et pages couleur, pour (re)découvrir le chef-d’œuvre absolu de la dark fantasy.
Date de parution : 13 novembre 2025 Auteur : Kentaro Miura Éditeur : Glénat Manga Collection : Berserk Prestige Format / Pages : Relié grand format – 464 pages
Prix indicatif : 24,90 € Public : Seinen – Public averti (18+)
Thriller aztèque & ombres d’un empire – La tension monte
Avec ce quatrième tome du magistral cycle Le Serpent et la Lance, Hub continue d’élever son récit au rang des grandes fresques d’aventure historique. Le décor : l’empire aztèque à son apogée, crépusculaire mais somptueux. Le climat : lourd, hanté, traversé par les murmures divins et l’odeur du sang sacrifié. Le lecteur retrouve l’enquête entamée précédemment — une série de meurtres rituels, de jeunes filles retrouvées momifiées, rites funéraires, pouvoir qui chancelle, et au centre de tout cela, deux hommes liés par la fatalité.
Serpent, austère, méthodique, mutilé mais redoutablement intelligent, avance comme une lame dans la nuit. Œil-Lance, lui, est l’instinct, le fauve blessé, le survivant en quête de vérité autant que de rédemption. Deux trajectoires parallèles, parfois alliées, parfois contraires, mais toutes deux inexorablement attirées vers le cœur du mystère. Les voir évoluer dans ce tome est l’un des plaisirs majeurs de l’ouvrage : leur humanité tragique, leurs doutes, la façon dont l’empire les façonne autant qu’il les dévore.
Le royaume est vaste, la piste mince, le temps presque écoulé. Et cette phrase devient l’étau narratif du tome : « Cinq-Fleurs, la fille du futur souverain, est aux mains de l’impitoyable tueur ». Une menace politique, dynastique, presque sacrée. Si elle meurt, c’est un monde qui peut s’effondrer.
Graphiquement, Hub offre sans doute l’une de ses plus belles partitions. Les planches respirent la chaleur de la pierre, les pigments, l’encens et la poussière des routes. Chaque décor est un tableau : temples gigantesques, marchés grouillants, jungles ruisselantes, intérieurs cérémoniels où la lumière vacille sur des fresques rouges sang. Le découpage nerveux et le sens du cadre renforcent ce que ce tome réussit brillamment : faire ressentir le danger. Une lecture qui s’impose, qui serre la gorge et happpe l’œil du lecteur du premier au dernier souffle.
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
L’enquête qui secoue la cité de Tenochtitlan sur les meurtres des jeunes filles dont les corps ont été momifiés se poursuit pour Serpent et Œil-Lance. Ils parcourent le royaume pour suivre une maigre piste, mais le temps presse : Cinq-fleurs, la fille du futur souverain, est aux mains de l’impitoyable tueur.
Date de parution : 19 novembre 2025 Auteur(s) : Hub (scénario & dessin), Li (couleurs), Story-board : Emmanuel Michalak Éditeur : Delcourt Collection : Terres de Légendes Format / Pages : Cartonné – 112 pages
Poétique amusée d’une galerie conceptuelle : Philippe Quesne en terrain conquis
Il y a chez Philippe Quesne cette folie rare, paradoxale : celle de transformer la satire en matière à rêver. « Le Paradoxe de John », nouvelle création du Vivarium Studio, s’avance ainsi comme un drôle d’objet, à mi-chemin entre la performance d’art contemporain, la poésie sonore et la comédie douce-amère.
Un spectacle qui — paradoxe oblige — se plaît à tourner en dérision l’art contemporain tel qu’on le sacralise aujourd’hui, tout en érigeant cette moquerie en geste artistique pleinement assumé.
On entre dans la salle comme dans une galerie improbable, celle que le protagoniste — un Marc Susini d’une justesse sidérante — tente d’aménager à partir de l’ancien appartement de L’Effet de Serge.
Ce décor qui revient, vieux voyageur de plateau ayant traversé trente pays, fait ici figure de ready-made géant : une relique devenue sculpture, un espace reconverti comme on retape une théorie.
Quesne s’amuse de cette archéologie de lui-même, de cette filiation presque trop parfaite avec sa pièce de 2007, mais l’intègre comme un personnage supplémentaire, une strate visible de son rapport au geste artistique.
Cartographie d’un monde légèrement décalé
La galerie qui se construit sous nos yeux ressemble immédiatement à une exposition conceptuelle qui aurait lu trop de catalogues : installations bancales, objets promus au rang de mystères métaphysiques, micro-performances dont l’ambition semble osciller entre la blague érudite et le manifeste dada.
Quesne détourne les codes de l’art contemporain avec une affection évidente — jamais méchante, toujours taquine — comme si l’on se trouvait dans une parodie montée par ceux qui connaissent trop bien ce qu’ils pastichent pour en rire franchement.
La présence des textes de Laura Vazquez — fragments taillés dans une langue vibrante, parfois éclatée — fait glisser le spectacle vers une poésie de laboratoire, un surréalisme à faible tension qui infuse l’ensemble. On devine la silhouette de Paul Nougé qui rôde, les objets qui prennent une puissance bizarre, l’humour sec, l’austérité joyeuse.
On sent aussi que Quesne aime, profondément, ces filiations : ses références ne sont jamais des décorations, mais des organismes vivants qui travaillent l’espace.
Dans cette jungle ironique, les interprètes — Isabelle Angotti incarne à merveille une sorte de témoin-observatrice, à la fois embarquée et légèrement décalée, qui capte la folie douce du dispositif tout en y inscrivant une humanité ténue.
Sa présence crée des points d’ancrage sensibles dans ce théâtre du paradoxe, comme si elle offrait, par moments, la possibilité d’un réel au milieu des dérives.
Ses partenaires Veronika Vasilyeva-Rije, Céleste Brunnquell et Marc Susini déploient à ses cotés une précision de jeu remarquable. Ils naviguent avec une clairvoyance presque musicale entre les emballements absurdes, les lenteurs savamment chorégraphiées et les surgissements poétiques.
Marc Susini campe cet amateur d’art à l’abri d’une délicatesse surréaliste : un corps légèrement en décalage, une voix qui semble sortie d’une autre époque, un humour discret mais profondément incarné. L’ensemble de la distribution forme un quatuor d’une cohérence admirable, capable de jouer l’excentricité sans jamais forcer la note.
Il y a aussi dans « Le Paradoxe de John » une part de folie douce, celle qui dérive de la liberté totale donnée aux objets : sculptures animées, éléments techniques qui se mettent à exister de manière autonome, atmosphère de club littéraire barré où la soirée peut dégénérer à chaque seconde en métaphore cosmique.
Tout cela se déroule sans tapage, sans jamais chercher à épater : comme si le spectacle revendiquait que rien n’est plus sérieux qu’un jeu bien mené.
Au fond, le paradoxe du titre pourrait se lire ainsi : Quesne crée un art qui se moque de l’art, un théâtre qui regarde ses propres mécanismes avec une lucidité amusée, une œuvre qui ne cesse de montrer qu’elle est fabriquée — pour mieux en dégager une poésie irrésistible.
On en sort en se demandant si l’ironie peut être une forme de tendresse. Chez Quesne, la réponse est oui, indubitablement.
Et c’est là que réside la grande réussite de ce spectacle : dans ce mélange de lucidité et d’enchantement, de pensée et de folie, de précision et de lâcher-prise. Une galerie d’art qui ne cesse de glisser entre les doigts, mais où chaque geste, chaque silence, chaque micro-performance semble viser juste. Pour une fantaisie au scalpel.
Dates : du 26 novembre au 6 décembre 2025 – Lieu : Théâtre de la Bastille (Paris) Conception et Mise en scène : Philippe Quesne
Ce premier volume de la collection Les Âges d’or de Picsou offre une plongée nostalgique dans l’univers légendaire de Picsou, à travers une sélection d’histoires cultes signées par les plus grands artistes Disney. Le lecteur y retrouve l’esprit d’origine : aventure, humour, trésor — et cette pointe de malice propre au canard le plus riche du monde.
L’album rassemble huit récits majeurs : quatre grands classiques de la période fondatrice, puis quatre aventures plus récentes. C’est un véritable hommage à la longévité de Picsou, à son panache intemporel — entre old-school et modernité, enfance et nostalgie. Que l’on soit lecteur de toujours ou nouveau fan, ce volume cadre comme un incontournable.
Graphiquement, l’ouvrage brille par sa qualité : les traits des dessinateurs, les décors, les ambiances, les riches couleurs et le sens du détail rendent hommage à l’âge d’or Disney. Chaque histoire se lit comme un petit trésor, l’équilibre parfait entre aventure, humour et sens de l’émerveillement.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Des histoires d’anthologie signées par les plus grands artistes Disney.
À partir de novembre 2025, les éditions Glénat vous proposent de redécouvrir les plus beaux récits des trois personnages emblématiques de l’univers Disney : Mickey, Donald et Picsou. En compagnie des plus grands artistes (Gottfredson, Barks, Murry, Scarpa, Cavazzano, etc.), chaque lecteur, quelle que soit sa génération, retrouvera l’âge d’or de son enfance à travers des récits allant des origines des personnages jusqu’à nos jours.
On ne présente plus le « canard le plus riche du monde » qui malgré son avarice légendaire et sa mauvaise humeur, a conquis le cœur des lecteurs depuis 1947, année de sa création par Carl Barks. Ce premier volume des Âges d’or de Picsou fait la part belle à son créateur avec quatre de ses plus belles histoires : Noël sur le Mont Ours (1947), Le secret du vieux château (1948), Pêche au yacht (1949) et Retour au Klondike (1974).
Ses dignes successeurs (Scarpa, Strobl, Branca et Cavazzano) viennent les compléter avec quatre récits couvrant la période des années soixante à 2000 : Le rapt de Brigitte (Scarpa, 1961), Aller et retour à Vahévien (Strobl, 1966), Le secret du perroquet (Branca, 1982) et Retour sur le Mont Ours (Cavazzano, 2007). D’une fabrication élégante et cartonnée, la collection des Âges d’or rassemble sur 200 pages les plus beaux récits des grands auteurs Disney.
Date de parution : 19 novembre 2025 Auteur(s) : Collectif Disney Éditeur : Glénat Genre : Bande dessinée / Aventure & Humour
Prix : 19,00 € Format : Broché / Collection « Les Âges d’or »
Après les dégustations des saisons 2024, 2023 et 2019, les Maitres Vignerons de Saint Tropez présentent leur nouvelle cuvée annuelle Grain de Glace 2025. Un rosé d’hiver qui fait plaisir, la 15e version de ce rosé emblématique pour un design à la hauteur des attentes avec cette année un beau et impressionnant Mammouth comme animal totem.
Un beau rosé d’hiver
Ce rosé est un assemblage des cépages Grenache, Cinsault, Syrah et Rolle. La dégustation permet de découvrir à l’œil une robe très claire aux reflets bleutés. Le nez est flatteur avec des nuances de fruits exotiques et des notes de pêche et de litchi. En bouche, le vin propose une belle explosion de saveurs avec de la rondeur et une fraîcheur extraordinaire. Le vin se déguste idéalement en apéritif ou en accompagnement d’un saumon gravlax, de sushis ou de fruits de mer. Le vin est à servir à 9°c. La bouteille de 75cl est bientôt disponible au tarif de 12,95 euros, la bouteille de 1,5L sera au tarif de 32,10 euros et la bouteille de 3L à 116,26 euros. Bonus 2025, la cuvée Grain de Glace 2025 est cette année le premier vin à proposer une expérience en réalité augmentée. Il suffit de scanner le QR code pour que les amateurs puissent voir surgir la figure totem de cette édition, un mammouth en 3D. Cette innovation transforme la dégustation en moment interactif et mémorable. Chacun peut se prendre en photo avec le mammouth en arrière-plan et partager son selfie sur Instagram ou TikTok et participer à un jeu concours avec des lots à gagner! Une autre très bonne raison de découvrir ce Grain de Glace 2025 idéal pour un moment convivial en plein cœur de l’hiver qui approche!
Publireportage: Depuis 15 ans, GRAIN DE GLACE est le premier rosé du nouveau millésime. Sorti tous les ans le 1er décembre, cette bouteille sérigraphiée est une édition limitée. au décor renouvelé tous les ans. Un incontournable dans votre cave et une expérience de dégustation inoubliable. Depuis plusieurs années les Maîtres Vignerons encouragent et accompagnent les vignerons dans leurs démarches en Bio et Haute Valeur Environnementale. Cette organisation permet une parfaite connaissance du terroir et des parcelles pour trouver la conduite et les solutions les plus adaptées pour accompagner chaque vignoble dans leur transition écologique. Chaque étape repose sur le savoir‑faire de nos viticulteurs et de nos œnologues : Tous conduisent leurs vignes, vinifient leurs raisins au sein de leurs propriétés et bénéficient de l’expertise de professionnels à chaque étape, de la conduite de la vigne à la vinification. Les Maîtres Vignerons disposent d’une unité de conditionnement performante et moderne et ne cessent d’investir dans leur outil afin de maintenir le niveau d’excellence de leurs vins.
Avec « Delay the Sadness », Sharon Eyal poursuit une exploration du corps en tension, mais elle y ajoute une dimension inattendue : une douceur lente, presque récalcitrante, qui fait basculer la pièce du côté d’une résilience en mouvement.
Sans jamais céder au spectaculaire, la chorégraphe propose un paysage de corps fragilisés, mais jamais disloqués, où la tristesse, le chagrin et le sursaut deviennent une matière chorégraphique à part entière.
La physicalité comme écriture première
On retrouve ici la grammaire propre à Eyal : mouvements syncopés, gestes minimes rendus lisibles par une extrême précision. La physicalité n’est plus l’ornement de la pièce, mais son moteur profond.
Les danseurs évoluent sous une tension nerveuse constante, qui se manifeste dans des contractions infimes du dos, dans la crispation d’un pied en demi-pointe, dans la brève suspension d’un bras avant qu’il ne se relâche.
Une écriture chorégraphique qui conjugue tension extrême et exactitude formelle. Les corps s’allongent, se tendent, se plient — demi-pointes, dos cambrés, genoux cédant — pour traduire dans le plus petit frémissement un état d’âme, un vide intérieur.
Où ces micro-événements corporels, totalement assumés, constituent le cœur de l’œuvre : la tristesse ne se déclare pas, elle se manifeste dans les corps, dans les tendons, dans l’énergie retenue. On assiste moins à une narration qu’à une étude anatomique de l’émotion.
Malgré le thème — le deuil, la perte, l’absence —, la pièce refuse le sombre uniforme. Il y circule une sorte d’optimisme discret, une volonté qui ne cherche pas à triompher mais à se maintenir. Le groupe joue ici un rôle déterminant : les danseurs, d’abord isolés dans leurs tensions respectives, finissent par trouver des terrains communs, des points d’appui, des respirations synchrones
Ce passage de l’individu au groupe est l’un des moments les plus marquants de la pièce : il suggère, sans la moindre emphase, que le corps peut se relever non par héroïsme, mais par contamination réparatrice.
La scénographie et la lumière s’effacent volontairement, pour laisser place à la matière vivante du mouvement. La musique originale de Josef Laimon, composée de textures électroniques et de réminiscences organiques, agit comme un tuteur émotionnel : elle soutient, structure, mais n’impose jamais de lecture affective. Cette économie de moyens renforce l’impact du geste, qui devient le lieu exclusif de la dramaturgie.
« Delay the Sadness » ne cherche ni la catharsis ni la consolation dramatique. Ce que propose Eyal est plus subtil : un temps suspendu où l’on observe, presque en direct, comment un corps traverse l’émotion pour retrouver une forme de verticalité. Le spectacle ne prétend pas guérir ; il désigne seulement — et c’est déjà beaucoup — la possibilité d’un après.
Dans un paysage chorégraphique parfois marqué par l’excès ou l’affect emphatique, Eyal impose une autre voie : une intensité tenue, rigoureuse, qui fait de la fragilité non pas un motif, mais un territoire d’invention.
Dates : du 27 novembre au 6 décembre 2025 – Lieu : La Villette (Paris) Chorégraphie : Sharon Eyal
Dans ce quatrième opus de la série « La Couronne de France», le duo Jean‑Pierre Pécau (scénario) & Francesco Mucciacito (dessin) livre un récit vibrant qui traverse les règnes de Louis XIII (1601-1643) et de son fils Louis XIV, dit le Roi-Soleil.
Louis XIII, malgré son surnom « le Juste », est montré comme un souverain en lutte permanente : il affermit l’autorité royale, s’allie avec Cardinal de Richelieu, et se confronte aux protestants dans un royaume secoué par les tensions religieuses et politiques.
Puis se profile Louis XIV, dont l’accession inaugure un âge d’or pour la monarchie française : centralisation du pouvoir, éclat de la cour, construction du mythe royal. « Son règne marque l’apogée de la monarchie française et de la monarchie absolue. » Graphiquement, l’album mêle scènes de cour fastueuses, stratégies de palais, batailles et complots, traduisant avec soin les ressorts d’une époque charnière. L’ambition de l’ouvrage : faire vivre « l’épopée de la royauté en France et de son pacte avec le pays »
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
F
L’épopée de la royauté en France et de son pacte avec le pays. Cette histoire sera racontée à travers les trois âges des lys de France : Les rois de fer, Les rois de sang et Les rois d’or.
Louis XIII dit le juste (1601-1643), même s’il ne l’était pas, aidé de Richelieu, renforce l’autorité royale et combat les protestants. Il meurt en1643, laissant le trône à Louis XIV. Ce dernier, dit le grand, ou Roi-Soleil, centralise le pouvoir. Son règne marque l’apogée de la monarchie française et de la monarchie absolue.
Date de parution : le 19 novembre 2025 Auteurs : Jean-Pierre Pécau (scénario), Francesco Mucciacito (dessinateur) Luca Saponti (coloriste) Genre : histoire
Ce que révèlent vos prénoms, Anne Tuffigo (Albin Michel)
Anne Tuffigo nous propose une analyse très intéressante dans son dernier livre : Ce que révèlent vos prénoms, Comprendre son prénom pour découvrir sa mission de vie. L’auteure, Anne Tuffigo, est médium, écrivaine et conférencière. Elle a des dons depuis le plus jeune âge, pour communiquer avec les défunts. Mais dans son dernier livre, elle ne nous parle pas de son don mais fait une analyse approfondie sur le sens des prénoms. C’est un livre agréable à lire où l’on apprend beaucoup sur l’origine des prénoms, souvent des origines chrétiennes et que l’on ne connait pas forcément ! Il est surprenant de voir que souvent un prénom est associé à une mission de vie. Un prénom n’est jamais choisi au hasard et porte déjà une signification, souvent très ancienne. Telle personne portant ce prénom avait donné tel sens à sa vie… Un prénom parle du passé mais aussi de l’avenir de celui qui va porter ce prénom. L’auteure aborde en détail plusieurs origines de prénoms, reliés à une mission de vie. C’est notre histoire judéo-chrétienne… Ce que révèlent vos prénoms se lit comme un voyage tourné vers le passé mais aussi le futur ! Une histoire qui ne peut que nous apporter une analyse explicative transgénérationnelle importante pour tous ! Il n’y a pas de prénom parfait, comme il n’y a pas de prénom imparfait. Chaque prénom a sa singularité attachée à une certaine mission de vie !
Tout le monde se souvient de ces longues soirées d’hiver passées en famille devant la télé. Au programme? Romy Schneider dans la rôle de la d’abord jeune Sissy devenue impératrice d’Autriche-Hongrie. Décors kitch mais resplendissants, acteurs et actrices jeunes et beaux, romantisme surannée mais éternel, le coffret contient les 4 films pour un bon moment de cinéma familial. Les différentes générations découvrent et redécouvrent des films fleur bleue comme on les aime, dignes des fééries Disney. Prévu le 1er décembre, ce coffret ravira les fans hardcore pour un beau moment de nostalgie. Les 4 volets voient l’ascension de la jeune fille devenue une égérie nationale, capable de rassembler autour d’elle ses sujets d’Autriche et de Hongrie. Un classique qui ne prend pas de rides.
Synopsis:
Sissi : La jeune Sissi accompagne à la cour impèriale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impèrial…
Sissi face à son destin : L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachement à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…
Sissi impératrice : Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.
Sissi, les jeunes années d’une reine : Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des «Sissi». Sous le regard protecteur de sa mère, Magda Schneider, Romy est éclatante de beauté et de talent.
Les éditions Bayard jeunesse nous proposent un album-jeu : L’étrange voyage d’Eugénie. Il est magnifique, de qualité supérieure, entièrement cartonné, avec des illustrations qui incitent au voyage ! En fait, c’est le jeune lecteur lui-même qui va choisir sa propre histoire. Il a à sa disposition 16 cartes paysages, cartonnées, qu’il va glisser dans chaque fenêtre du compartiment du train dans lequel voyage Eugénie. Et grâce à ses cartes aux illustrations très différentes, le lecteur va découvrir des domaines totalement différents : soit il sera au pays des licornes, soit proche de la Lune, soit au fond de la mer… Et ce sera à lui d’inventer son histoire en analysant les nombreux détails de chaque carte, qui font souvent référence à des univers connus de contes classiques… Comme c’est joli, créatif et original ! L’étrange voyage d’Eugénie est un album jeunesse qui sort de l’ordinaire ! Une totale réussite de Sybille Delacroix ! A commander au Père Noël !
« Tosca » selon Pierre Audi : quand des voix d’apparat transfigurent la croix du drame
Dès l’ouverture, l’Opéra Bastille s’emplit d’un souffle tendu : les premières notes de Puccini montent comme un glas, annonçant un drame où les destins sacrés et profanes vont s’entrelacer. Sous la baguette d’Oksana Lyniv, l’orchestre vibre avec une précision d’orfèvre qui ménage la grandiloquence de la partition, sans jamais en sacrifier le mystère.
La chef d’orchestre fait respirer Puccini, joue sur les tensions, sur l’intimité, sur l’éclat. Et le contraste est saisissant entre la puissance des masses orchestrales et la fragilité des personnages humains, perdus dans l’ombre de la croix.
Car oui, la croix : immense, impérieuse, omniprésente. C’est le motif visuel dominant de la mise en scène de Pierre Audi — non pas comme simple décor, mais comme figure métaphorique du poids de l’Église, du dogme, de l’autorité morale et politique.
Cette croix écrase les êtres, les modèle, les broie. Pierre Audi ne joue pas la provocation gratuite : il nous rappelle que dans « Tosca », la violence est d’abord spirituelle, la trahison est sacrée, et le pouvoir corrompu se vêt de sacré pour mieux asservir.
Des figures en quête d’absolu
« Tosca », incarnée ici par Saioa Hernández (ou tour à tour Elena Stikhina selon les représentations), est tout à la fois fervente d’amour et trempée dans la peur — sa foi la protège et la condamne. Hernández construit une « Tosca » nerveuse, tendue, qui semble toujours sur le point de basculer. Son timbre médium se charge souvent d’un lyrisme névrosé : on sent que son cœur lutte, qu’elle croit, qu’elle est prête à tout.
Grace à elle, Mario Cavaradossi, campé par Roberto Alagna selon la distribution, est un idéaliste mûr. Ce n’est pas l’amant juvénile, mais un homme dont les convictions sont déjà mûres, qui porte le poids de ses choix avec retenue. Son « E lucevan le stelle » devient un poème de crépuscule : il chante avec une poésie grave, presque résignée, comme un homme qui sait que l’amour n’échappera pas aux ombres du destin.
Scarpia, incarné par Alexey Markov (ou Ludovic Tézier), est le démon élégant de cet opéra. Loin du tyran caricatural, il est une figure ambiguë, séduisante et menaçante à la fois. Audi, par sa mise en scène, lui confère une noblesse inquiétante : son pouvoir n’est pas seulement physique, il est spirituel. Markov, avec droiture, donne à Scarpia cette noblesse sinistre, ce mélange de menace et de séduction qui rend son assassinat presque dérangeant, tant on perçoit sa dimension tragique.
Vocalement, la distribution est au diapason où les rôles titres bénéficient d’une homogénéité vocale parfaite : Tosca (Saioa Hernández), d’abord, impose une ligne ferme, lumineuse, dont la projection ample ne sacrifie jamais la couleur émotionnelle. Son timbre, à la fois charnel et nervuré d’ombres, sait passer du velours amoureux à la morsure du désespoir, avec un contrôle admirable des demi-teintes dans les prières comme dans les implorations.
Cavaradossi (Roberto Alagna), lui, possède cette puissance ardente, solaire, impressionnante, qui fait vibrer immédiatement le lyrisme puccinien : les aigus sont francs mais jamais criés, soutenus par un legato riche qui donne à chaque phrase une identité presque picturale — un trait de couleur posé avec soin.
Quant à Scarpia (Alexey Markov), la noblesse de l’émission et la précision du phrasé confèrent au personnage une autorité vocale aussi troublante que séduisante. La voix n’est pas que l’arme d’un tyran : elle devient un espace de pouvoir, un velours sombre où chaque nuance révèle une intention dramatique.
Ensemble, ces trois voix composent une architecture sonore cohérente, tendue, qui porte l’opéra comme un triptyque d’émotions puissantes et complémentaires.
Les décors de Christof Hetzer, minimalistes mais chargés de symboles, jouent un rôle essentiel. Les espaces sont vastes — mais froids, presque antiques —, comme des sanctuaires sans chaleur. Sous les lumières de Jean Kalman, un ballet d’ombres : clair-obscur, ombres portées, reflets sur la croix, tout se joue dans les silences visuels autant que dans les notes.
Pierre Audi ne cède pas à la démonstration : il compose des tableaux simples, lisibles, mais profondément signifiants. Sa dramaturgie, soutenue par Klaus Bertisch, ne force jamais e trait ; elle laisse respirer les gestes, les regards, les silences. Ce refus de l’artifice théâtral grossier renforce l’idée que ce qu’il y a d’effrayant dans « Tosca » n’est pas la surenchère, mais l’inéluctable.
Sous Lyniv, le chœur et l’orchestre de l’Opéra de Paris sont d’une densité vibrante : chaque entrée chorale, chaque crescendo, suggère l’écrasement du collectif sur l’individu. Cela dit, la puissance sonore ne noie jamais la voix : les chanteurs émergent avec clarté, portés, mais aussi mis au défi.
Le trio final — Tosca, Cavaradossi, Scarpia — cristallise la tragédie en un moment de purification terrible. La musique de Puccini, si lyrique et romantique, se fait implacable : elle embrasse l’illusion et la mort, la foi et la trahison.
Et la mise en scène d’Audi sublime ce vertige : dans le dernier acte, la croix plane encore, menaçante, tandis que Tosca fait le choix ultime. Son suicide n’est pas seulement un sacrifice, c’est un acte de défi, un cri. Mais Audi le représente comme une vision, presque une ascension : elle s’élève, mais on ne sait pas si elle va vers la lumière ou vers l’abîme.
Cette « Tosca » signée Pierre Audi, disparu en mai dernier dont les représentations sont dédiées à sa mémoire, est une œuvre de haute inspiration : raffinée, pensée, gravée dans l’ombre d’une croix monumentale qui en dit long sur la collusion entre le sacré et le politique.
Ce n’est pas une version démoniaque ou révolutionnaire, mais une vision subtile, presque méditative — et c’est précisément dans cette retenue que réside sa force : Audi ne nous livre pas une fresque en quête de spectaculaire, mais un regard, un sermon dramatique, une vision juste et émouvante.
Dates : du 23 novembre au 27 décembre 2025 – Lieu : Opéra Bastille (Paris) Mise en scène : Pierre Audi
Le Munstrum Théâtre fait vaciller la nuit avec son « Makbeth » décapant
Avec « Makbeth », le Munstrum Théâtre ne se contente pas d’entrer dans Shakespeare : il l’ouvre, il l’écorche, il en fait un organisme vivant — palpitant, instable, traversé de secousses venues de notre présent.
Louis Arene et Lionel Lingelser signent un spectacle qui ressemble moins à une tragédie qu’à une vision : un monde à moitié calciné où le pouvoir est une maladie, la prophétie un parasite, et les héros des corps en mutation permanente.
La première image donne le ton : rien ici n’est stable, rien n’est installé. Le plateau — lande rêche, trou noir — semble respirer d’une respiration malade. Les lumières de Jérémie Papin et Victor Arancio sculptent des silhouettes comme des fragments de sculpture expressionniste.
Le son, conçu par Jean Thévenin et Ludovic Enderlen, pulse comme un organisme qui refuse de mourir. On comprend vite que l’équipe ne veut pas illustrer Shakespeare mais le réinventer dans un monde qui n’a plus de dieux, plus de mythes, seulement des restes de croyances qui s’accrochent aux parois du cerveau.
Où la tragédie semble se dérouler dans le crâne de Makbeth. Tout y tremble : la lumière incisive, la pulsation sonore et les silhouettes comme découpées au scalpel.
Un Shakespeare qui rit jaune et saigne noir
Et dans ce paysage, les masques — signature du Munstrum, façonnés par Arene & Lingelser — deviennent une véritable dramaturgie. Ils ne cachent pas : ils exposent. Ils révèlent les tensions, les difformités intérieures, toute la part monstrueuse que le texte charrie.
Ces visages sculptés, portés par une troupe extraordinairement engagée, donnent à la pièce une densité plastique qui la place d’emblée hors du réalisme.
Louis Arene incarne un Makbeth poreux, traversé, presque sans enveloppe. Pas un tyran flamboyant : un homme qui n’arrive pas à faire taire ce qu’il entend déjà en lui.
À ses côtés, Lionel Lingelser construit une Lady Makbeth magnétique, plus sorcière que reine, plus vivante que monstrueuse : une femme que la prophétie dévore de l’intérieur, jusqu’à la rupture. Le couple devient moteur tragique, duo d’aveugles persuadés de voir plus loin que les autres.
Leur rapport relève moins de l’ambition que de la contagion : ils se contaminent l’un l’autre, se renforcent, s’empoisonnent. Une union funeste qui a quelque chose du pacte secret, de la fusion mystique.
La force de ce Makbeth tient aussi dans son usage très conscient du geste tragico-burlesque. Le Munstrum sait que le rire et l’effroi sont de la même famille. On passe d’une scène de tension pure à un éclat grotesque, avec la précision de funambules.
Le Fou (Erwan Tarlet), figure à la lisière du clown et du prophète, agit comme une fissure dans le réel : dès qu’il apparaît, c’est le plateau lui-même qui semble vaciller.
Cette capacité à faire cohabiter l’absurde et l’horreur est l’un des traits les plus frappants de la mise en scène de Louis Arene : elle nous fait basculer d’un état à l’autre avec une rapidité qui dit quelque chose de très contemporain. Le pouvoir n’a jamais été si ridicule, et c’est précisément pour cela qu’il fait peur.
La traduction et l’adaptation de Lucas Samain choisit la ligne dure : redonner à Makbeth sa charge d’horreur, son vertige moral, son humour noir aussi — celui qui naît quand l’humanité glisse en hors-piste. Le spectacle interroge ce plaisir étrange que nous avons à suivre les tyrans jusqu’au bord du gouffre. Non pas pour les absoudre, mais pour comprendre ce qui, en eux, nous rapproche.
Et c’est à l’instar d’un rituel que le Munstrum théâtre transforme Shakespeare : une traversée des ténèbres pour mieux éprouver ce qui, encore, pourrait nous sauver. Pas un théâtre qui explique, mais un théâtre qui expose. Qui fait l’effet d’une brûlure lente. Qui oblige à regarder l’Histoire — la grande, la petite — là où elle fait mal.
L’univers entier de Makbeth repose sur cette équation : comment un monde sans croyance produit-il encore des prophéties ? Les sorcières ici ne sont pas des forces extérieures mais une contamination interne. Et cette lecture, au fond, replace la tragédie dans une dimension très intime : il n’y a pas de destin écrit, seulement des erreurs d’interprétation aux conséquences irréversibles.
Et dans cette approche on est happé par ce geste global pour un spectacle total, profondément sensoriel, où la catastrophe n’est jamais spectaculaire mais toujours organique. Le Munstrum pousse son esthétique encore plus loin que dans ses précédentes créations — mêlant masque, corps, musique, chant, installation plastique — jusqu’à obtenir un théâtre qui tient autant du rituel que du poème visuel.
Une cérémonie sombre mais pas désespérée. Ici, la catharsis n’est pas un effacement : c’est un éveil.
Alors oui : ce Makbeth est un spectacle décapant. Dense, inquiétant, fou, toujours habité. Il laisse une trace — un écho farouche qui persiste longtemps après la fin. Un Shakespeare qui ne console pas, mais qui réveille. Un théâtre qui nous renvoie à notre propre responsabilité, à nos propres dérives.
Et, au milieu du chaos, une certitude : on avait besoin de cet électro choc là !
Dates : du 20 novembre au 13 décembre 2025 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris) Mise en scène : Louis Arène
L’article sur le récent album Panic du quatuor rennais BOPS n’était que le prélude à une interview et un concert qui ont eu lieu le jeudi 20 novembre au Pop up à Paris. J’ai pu rencontrer les 3 frères Louis, Oscar, Germain et leur pote Tom pour un échange qui a permis d’éclairer leur parcours et leurs aspirations. Et comme le concert qui a suivi n’a fait que confirmer le coup de cœur pour le dernier albium du groupe, la soirée n’a pas été du tout perdue!
Musique et décontraction
Autour de quelques boissons maltées à bulles bien fraiches, la discussion avec les 4 rennais a commencé sur le thème des influences musicales, nombreuses et bien senties. BC Camplight, Talking Heads, Pink Floyd, ils sont intarissables et avouent des gouts pop qui font plaisir. Leur 3e opus Panic leur permet de fêter les 10 ans d’une carrière qui va crescendo, avec une direction plus orchestrale pour le dernier opus sous l’égide des Talking Heads, justement, moins garage rock mais pas moins réconfortant comme dit dans la chronique de l’album. Pas de chichis, le maitre mot est la simplicité et l’immédiateté dans ce moment de confession pas très intime. Les 4 compères reviennent d’une tournée en Espagne avant de se diriger vers l’Allemagne et l’Angleterre au printemps pour d’autres manifestations bruitistes de leur art. Pour cet album, ils ont cherché à composer et enregistrer des morceaux dans l’objectif avoué de les jouer live, avant tout, après 6 mois de préparation quand même. Pas de poudre aux yeux technique made in studio d’enregistrement, il faut pouvoir les reproduire sur scène pour le plus grand bonheur de fans de plus en plus nombreux. Le mode d’enregistrement est simple, ils enregistrent tous ensemble sans multiplier inutilement les pistes, ce que le producteur Samy Osta a favorisé pour plus d’efficacité et un résultat qui s’entend, ça fonctionne et ça pourrait faire le buzz. Mais comme les millions des royalties ne sont pas encore pour tout de suite, ils doivent mener une vie professionnelle à côté pour remplir le frigo. Louis est par exemple technicien lumière au cinéma et a officié récemment sur le tournage de La Petite Dernière de Hafsia Herzi. Germain est boulanger et fait du bon pain. Les thèmes de l’album sont connus, écologie (everybody is ecofriendly sur Sustainable life), critique des comportements de consommation par trop outranciers, critique du salariat anxiogène et esclavagiste, panique morale à l’œuvre dans les médias. Le groupe évoque le Live in Pompéii de Pink Floyd en 1972, Stop making sense de Talking Heads sorti en 1984. L’heure tourne rudement trop vite et il est déjà le temps d’abréger les échanges, direction les 3 concerts. Tête d’affiche, BOPS passe en dernier à 22h après Don Dias et Dewey. Le set de 50 minutes est juste parfait, l’absence de power chords trop criardes rend le son clair et audible, les chanteurs alternent, les instruments valsent morceau après morceau dans une chorégraphie rondement menée, on sent les automatismes des concerts enchainés. La foule se masse au plus près de la scène pour gesticuler frénétiquement sur les futurs classiques que sont Seaguls, I am a slope, Crack the dawn, On the sofa, A riot, Never sign a contract et You only you. Ils n’ont pas joué Barbass, hélas, mon morceau préféré, légère déception personnelle, mais ils m’avaient séché les larmes en amont lors de l’interview. Une autre fois peut être. En attendant, ils réfléchissent à la suite mais sans encore mutualiser les efforts, 3 albums en 10 ans, il faudra être encore un peu patient pour la suite!
Le set se finit sur un The end has no end des Strokes (et non des Pixies comme annoncé, certainement avec l’intention de piquer au vif les experts en musicologie). Ci-dessous un extrait live d’une performance à Caligari qui date déjà de 2 ans pour donner une idée de la qualité de la performance scénique.
Jennifer Castle nous propose une jolie romance qui devrait plaire à nos ados : Pour un baiser de toi. C’es son second roman. Kendall et Max sont amis. Le 27 décembre, ils sont témoins d’un accident. Une jeune fille se fait renverser sous leurs yeux. Ils se sentent horriblement coupables de n’avoir pas réagi, de n’avoir rien tenté pour éviter l’accident. Ils se réfugient dans un café, bouleversés par la scène qu’ils viennent de vivre. La serveuse leur lance alors un défi : ils devront réaliser sept bonnes actions, complètement désintéressées avant le 31 à minuit. Du coup, ils acceptent ce défi, pensant que cela diminuera leur culpabilité… Quelles rencontres vont-ils faire ? Et comment leur propre relation va-t-elle évoluer ? Pour un baiser de toi est un récit choral très positif ! Un roman comme on les aime, avec de vraies valeurs humaines !