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[Jeunesse] Un Caillou magique, de Béatrice Courtot & Éloïse Oger (Gautier-Languereau)

Un Caillou magique - couverture

Il suffit parfois d’un caillou ramassé au détour d’un chemin, lisse, scintillant, étrangement lourd dans la paume, pour qu’une journée d’enfance bascule du côté du merveilleux. C’est ce moment-là, infiniment fragile et précieux, que Un Caillou magique choisit de mettre en images et en mots. Signé par Béatrice Courtot au texte et illustré avec une grande tendresse par Éloïse Oger, l’album s’adresse aux lecteurs dès 3 ans.

Au cœur du récit, il y a Alba, une petite fille qui collectionne les cailloux. Pas n’importe lesquels : les plus brillants, les plus ronds, les plus secrets, ceux qui semblent garder en eux un éclat venu d’ailleurs. Chaque trouvaille est l’occasion d’un voyage minuscule, d’une rêverie qui prend racine dans le creux de sa main. Un Caillou magique raconte cette manière toute particulière qu’ont les enfants de transformer l’ordinaire en trésor, de prêter à un galet la mémoire d’un volcan, à un quartz la lumière d’une étoile, à un fragment de granit une histoire entière de rivières et de saisons.

Le texte de Béatrice Courtot épouse la cadence d’une comptine murmurée. La phrase est courte, ciselée, attentive à ce que l’enfant entende et goûte chaque mot. Aux pinceaux, Éloïse Oger déploie un univers visuel d’une chaleur immédiate. Sa technique mêle textures peintes à l’acrylique et finitions numériques, dans une palette qui sent bon la mousse, la terre et les après-midis d’été. Les cailloux d’Alba forment, page après page, une mosaïque vivante : chacun semble peint comme un petit personnage, avec ses veines, ses scintillements, sa personnalité propre. Le regard de l’enfant devient alors le nôtre, invité à scruter le sol, à se pencher, à ralentir.

Sur 32 pages au format généreux 215 × 250 mm, Un Caillou magique avance comme une promenade buissonnière. C’est un album qui appelle la lecture à voix haute, partagée sur le canapé ou sur l’herbe, où les images prennent leur temps et où les enfants reconnaissent leurs propres collections de trésors – plumes, coquillages, feuilles, brindilles. À l’heure où l’on s’inquiète, à raison, du rapport des plus petits à la nature, ce livre offre un antidote tendre. Il rappelle simplement que la beauté du monde tient parfois dans un caillou de rien du tout, à condition de prendre le temps de le regarder. On retrouve ici la sensibilité qui fait depuis longtemps la signature de la maison Gautier-Languereau. Pour prolonger la promenade, on pourra aussi (re)découvrir Un Grand Voyage, de Michael Rosen et Daniel Egnéus, autre belle parution maison qui partage ce goût pour les voyages intimes et l’imaginaire ouvert.

Résumé éditeur

La nature peut réserver bien des surprises ! Alba collectionne les cailloux et y découvre des trésors chargés d’histoires et de rêves… Une histoire poétique sur les merveilles qui nous entourent.

Date de parution : 29 avril 2026
Texte : Béatrice Courtot
Illustrations : Éloïse Oger
Éditeur : Gautier-Languereau
Format : 215 × 250 mm
Prix : 12,99 € TTC
EAN : 9782017737014
Public : dès 3 ans
Pages : 32 pages

[BD] Ce qu’il reste de toi et moi, de Lylian & Sophie Ruffieux (Soleil)

Couverture - Ce qu’il reste de toi et moi - Lylian / Sophie Ruffieux - Soleil [BD] Ce qu’il reste de toi et moi, de Lylian & Sophie Ruffieux (Soleil)

Avec Ce qu’il reste de toi et moi, Lylian (au scénario) et Sophie Ruffieux (au dessin comme à la couleur) signent un récit complet paru chez Soleil le 7 mai 2026. En 124 pages d’un format album généreux, le duo ausculte la lente érosion d’un couple ordinaire et donne à voir, sans pathos ni leçon de morale, ce qu’il subsiste d’une histoire d’amour quand les certitudes se sont dissoutes.

Armelle et Entso vivent ensemble depuis quinze ans. Un travail, des enfants, une petite maison en banlieue parisienne, des matins identiques aux précédents : le décor est posé d’emblée, et il est presque trop familier. Lui rentre tard, elle compose entre les cartables, les courses et les courriels. La passion fondatrice n’a pas disparu d’un coup ; elle s’est diluée dans la routine, recouverte par les listes du dimanche soir et les heures passées côte à côte à faire défiler un écran. Tout va bien, en somme — sauf que rien ne va plus vraiment.

Le déclencheur, lorsqu’il survient, n’a rien de spectaculaire. Au cours d’un moment intime, une conversation s’engage : un mot maladroit en appelle un autre, les reproches affleurent, la digue cède. Lylian sait à quel point une dispute conjugale tient de l’archéologie : on ne hurle pas pour ce qui se passe ici et maintenant, on hurle pour les années qu’on s’est tues. La crise éclate, donc, et avec elle l’évidence : Armelle et Entso ne se reconnaissent plus dans le couple qu’ils sont devenus. La séparation s’impose, fragile issue d’un naufrage que personne n’avait osé nommer.

Le pari de Ce qu’il reste de toi et moi n’est pas tant de raconter cette rupture que d’observer ce qu’il en demeure. Éloignés mais ensemble, comme l’écrit l’éditeur, les deux personnages vont apprendre à se réinventer, séparément puis l’un face à l’autre. Le scénariste évite les écueils du roman graphique de divorce : ni catharsis vengeresse, ni réconciliation factice, ni grand discours sur l’amour moderne. Il préfère la justesse des silences, les non-dits qui font tenir une famille debout, les fenêtres entrouvertes sur un peut-être. C’est là que la BD trouve sa résonance la plus universelle, en restant obstinément singulière.

Le dessin de Sophie Ruffieux, qui retrouve ici Lylian après leur précédente collaboration, accompagne ce mouvement avec une douceur attentive. Trait souple, gestuelle des corps, cadrages serrés sur les visages : la dessinatrice capte ces minérales variations qu’un dialogue ne saurait dire — un regard fuyant, une main qui hésite, l’épaule qui se détourne. Ses couleurs, qu’elle assure intégralement, jouent en demi-teintes : verts sourds des intérieurs nocturnes, rouges feutrés des petites colères, bleus pâles des matinées de séparation. L’ensemble tient autant du carnet de croquis sensible que de la chronique sociale, sans que jamais l’émotion ne déborde le cadre — une élégance graphique qui rend la lecture étonnamment apaisée.

Sans grand fracas, Ce qu’il reste de toi et moi propose un regard tendre et sans jugement sur ce que vivent, à un moment ou un autre, beaucoup de couples qu’on dit gentils. Lylian et Sophie Ruffieux n’écrivent pas une thèse sur l’amour ; ils tendent un miroir, à hauteur de canapé, et ce miroir-là est plus utile que cent essais conjugalistes. Un récit complet à recommander à toutes celles et ceux qui aiment quand la BD parle vrai. A lire !!

Couverture - Ce qu’il reste de toi et moi Résumé éditeur :

Armelle et Entso, l’histoire d’un couple qui a tout et rien pour être heureux.

Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d’un moment intime, une conversation s’engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie. De leur rencontre passionnée à la lassitude d’un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine… leur couple s’effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu’il reste d’eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle.

Date de parution : 7 mai 2026
Scénario : Lylian
Dessin & couleurs : Sophie Ruffieux
Éditeur : Soleil
Collection : Quasar / Hors Collection
Format / Pages : 20,6 × 28,5 cm – 124 pages
Prix indicatif : 20,50 €
EAN : 9782302094963

[Jeunesse] La Brigade des gourmands détectives – Tome 01, de Maëlle Desard & Antonin Faure (Milan)

La Brigade des gourmands détectives Tome 1 - couverture

Une boulangerie de quartier, des vols mystérieux qui se multiplient et un trio de détectives juniors prêts à tout pour résoudre l’affaire : voilà le menu très alléchant de La Brigade des gourmands détectives Tome 1 – Trahison au pralisson, signé Maëlle Desard au texte et Antonin Faure aux illustrations, paru le 29 avril 2026 chez Milan dans la collection romans 9-12 ans. Première incursion en littérature jeunesse pour Maëlle Desard – autrice reconnue à la plume truculente, notamment pour la série Les Tribulations d’Esther Parmentier ou L’École de minuit chez Rageot –, ce premier opus ouvre une trilogie de cosy mystery jeunesse à l’humour décapant et à la gourmandise communicative.

Tout commence quand Corentin Dubattier, fils de la boulangère du coin, refuse soudain d’adresser la parole à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte que Louis lui aurait piqué son carnet – qui est, en réalité, un journal intime que Corentin n’assume pas tout à fait –, la brouille est consommée, et c’est dur à digérer pour Louis. Décidé à comprendre, le voilà qui débarque chez son ex-copain. À la place, c’est Charlie, la grande sœur un peu bizarre de Corentin, qui l’accueille : elle lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut donc plus rien sculpter. Or, dans le même temps, les vols de gâteaux se multiplient à la boulangerie Dubattier. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Avec Charlie et Basil, le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout, il fonde alors la Brigade des gourmands détectives, sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier.

Maëlle Desard transpose ici sa plume pour les 9 ans et plus, avec ce qu’il faut d’humour, d’amitiés improbables et de chats à trois pattes pour faire mouche. Le cosy mystery, ce sous-genre du polar feutré où l’on mène l’enquête à hauteur de tartes et de tasses de thé plutôt que de scènes de crime, trouve dans cette boulangerie de quartier un terrain de jeu idéal. Le mystère reste à hauteur d’enfant – on parle ici de mottes de beurre disparues et de gâteaux volatilisés – mais il s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, et les indices s’accumulent au rythme des fournées. La Brigade des gourmands détectives joue ainsi sur deux tableaux : le plaisir d’une enquête bien ficelée, avec ses fausses pistes et ses retournements, et le plaisir tout simple de partager les gourmandises et les secrets d’une famille de boulangers attachants.

Sous la gourmandise et l’humour, le roman aborde aussi des thèmes qui parlent directement à ses jeunes lecteurs : l’amitié qui se brouille puis se retrouve, l’amour fraternel un peu rugueux mais bien réel, la difficulté d’assumer ce qui nous touche – Corentin et son journal intime –, ou ces parents qui ne s’entendent plus sans pour autant divorcer. Rien n’est appuyé : tout se glisse entre deux indices et une part de tarte, ce qui fait précisément la force de ce roman doux qui fait passer par mille émotions sans jamais sermonner. Aux illustrations, Antonin Faure – ancien graphiste de Gallimard Jeunesse, aujourd’hui illustrateur indépendant installé à La Rochelle – apporte un trait à la fois rond et malicieux, parfaitement accordé au ton de l’autrice. Ses planches rythment la lecture et offrent aux lecteurs intermédiaires de respirer entre deux chapitres, sans jamais infantiliser le propos.

Sur 208 pages au format poche, La Brigade des gourmands détectives se dévore comme une tarte au praliné un dimanche après-midi : on en redemande, et heureusement, deux autres tomes sont prévus pour prolonger le plaisir. Voilà un roman qui réconcilie celles et ceux qui aiment les enquêtes avec celles et ceux qui aiment les goûters, et qui donne furieusement envie aux 9-12 ans (comme à leurs parents) de pousser la porte de leur boulangerie de quartier – juste au cas où il faudrait y mener l’enquête. Pour prolonger les belles lectures jeunesse de ce printemps chez Milan, on (re)découvrira aussi avec plaisir Lumilane, de Manon Fargetton & Maud Begon, autre roman de la maison qui fait la part belle à l’imaginaire.

Résumé éditeur

Quand les vols de gâteaux se multiplient dans la boulangerie Dubattier et que le mystère s’épaissit comme une bonne pâte à gâteau, il n’y a qu’un groupe à appeler : la Brigade des gourmands détectives ! Du jour au lendemain, Corentin Dubattier ne veut plus parler à Louis, son meilleur pote depuis toujours. Sous prétexte qu’il lui aurait piqué son carnet, journal intime en vérité, mais Corentin n’assume pas… et ça, c’est dur à digérer pour Louis. Alors il se rend chez son ex-copain pour demander des explications. À la place, Charlie, sa grande sœur un peu bizarre, lui annonce qu’on lui vole allégrement des mottes de beurre depuis quelque temps et qu’elle ne peut plus rien sculpter. En bon détective junior, Louis se dit que toutes ces disparitions ne sont pas dues au hasard. Commencent alors une enquête et une aventure hautes en couleur pour Louis, Charlie et Basil (le fils du bibliothécaire qui sait tout sur tout), sous le signe de la célèbre tarte au praliné de Madame Dubattier. Un mystère à la boulangerie ? Vous pouvez appeler la Brigade des gourmands détectives !

Date de parution : 29 avril 2026
Texte : Maëlle Desard
Illustrations : Antonin Faure
Éditeur : Milan
Format : 208 pages
Prix : 12,79 € TTC
EAN : 9782408059477
Public : 9-12 ans

[BD] La Sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour & Emilio van der Zuiden (Bamboo)

La sorcière qui a changé le monde, couverture [BD] La Sorcière qui a changé le monde, de Jean-Yves Le Naour & Emilio van der Zuiden (Bamboo)

Avec La Sorcière qui a changé le monde, l’historien Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Emilio van der Zuiden ouvrent Le Grand Cirque du pouvoir, nouvelle collection de biographies politiques publiée chez Grand Angle / Bamboo. Premier portrait de cette galerie : Margaret Thatcher, fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, propulsée à Downing Street en 1979 et bientôt rebaptisée la « Dame de fer » par toute une époque qu’elle s’apprête à secouer en profondeur.

Le pitch tient en quelques lignes mais ouvre dix années bouillonnantes : punks placés sur les murs de Londres, syndicats matés, guerre des Malouines, privatisations à la chaîne, divorce d’avec Bruxelles et lune de miel idéologique avec Reagan. La Sorcière qui a changé le monde ne s’arrête pas à la chronique politique : Le Naour s’attache aux ressorts intimes d’une ascension fulgurante – la grocer’s daughter de Grantham, la chimiste de formation, la députée pugnace, la stratège de communication. La Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires, prévient l’éditeur. La BD montre comment cette manière, sans concession, a durablement reconfiguré la société britannique.

L’angle est celui du biopic politique documenté, fidèle à la méthode de Jean-Yves Le Naour, historien d’abord, scénariste ensuite. Spécialiste reconnu du XXe siècle (Première Guerre mondiale, Compagnons de la Libération, Charles de Gaulle), il choisit ici de quitter brièvement les tranchées pour s’attaquer à un autre tournant majeur du siècle : la révolution néolibérale des années 1980. La promesse n’est pas celle d’une hagiographie ni d’un pamphlet, mais d’une analyse en images des mécanismes du pouvoir thatchérien. Comment une femme parvient-elle à s’imposer au sommet d’un parti masculin et conservateur ? Comment transforme-t-elle l’état d’esprit d’un pays au point que ses successeurs travaillistes en hériteront sans tout démonter ? Le scénario assume cette ambivalence et restitue, au plus près des archives, ce que la révolution Thatcher continue d’irriguer aujourd’hui, jusque dans les politiques économiques européennes.

Côté dessin, Emilio van der Zuiden – révélé chez Paquet puis remarqué chez Grand Angle aux côtés de Stephen Desberg sur Aimer pour deux – livre un trait rond, expressif et théâtral, parfait pour un récit où la communication politique et la mise en scène des corps comptent autant que les chiffres du chômage. La couverture pose le ton, les planches le confirment. Ouvrant une collection ambitieuse promise à d’autres figures du XXe siècle politique, La Sorcière qui a changé le monde est un one-shot dense, au format album cartonné de soixante-douze pages. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique exigeante, aux passionnés de politique britannique, et à tous ceux qui veulent comprendre comment, en quelques années, une « Dame de fer » a réécrit les règles du grand cirque du pouvoir.

La sorcière qui a changé le monde, couverture Résumé éditeur :

Margaret Thatcher, la femme la plus controversée du XXe siècle.

Plus qu’une biographie, La Sorcière qui a changé le monde est la chronique d’une révolution libérale qui continue encore aujourd’hui de nous influencer. Fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, Margaret Thatcher accède au pouvoir en 1979 et engage une rupture radicale. Privatisations, affrontements avec les syndicats, guerre des Malouines, détestation de l’Europe, lune de miel avec Reagan : experte en communication, la Dame de fer fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires. Détestée autant qu’admirée, Thatcher va bouleverser les codes du pouvoir et transformer durablement la société britannique, pour le meilleur et pour le pire.

Extrait de la BD :

La sorcière qui a changé le monde, extrait

Date de parution : 29 avril 2026
Scénario : Jean-Yves Le Naour
Dessin : Emilio van der Zuiden
Éditeur : Bamboo (Grand Angle)
Collection : Le Grand Cirque du pouvoir (tome 1)
Format / Pages : 72 pages
Prix indicatif : 16,90 €
EAN : 9791041113996

[ALBUM JEUNESSE] Le meilleur des grands frères, la tendresse et les tempêtes de la fratrie (Milan)

Le meilleur des grands frères de Ben Mantle [ALBUM JEUNESSE] Le meilleur des grands frères, la tendresse et les tempêtes de la fratrie (Milan)

Avec Le meilleur des grands frères, Ben Mantle signe un album jeunesse qui vise particulièrement juste. Sous ses dehors doux et colorés, le livre raconte une vérité très simple, mais essentielle : entre frères et sœurs, l’amour ne supprime ni les colères, ni les malentendus, ni ce besoin soudain de s’éloigner pour mieux se retrouver. Publié chez Milan, l’album s’adresse aux jeunes lecteurs dès 4 ans et compte 40 pages en format cartonné.

Le sujet est universel. Nano admire son grand frère Félix, veut tout partager avec lui et ne comprend pas tout de suite que l’autre puisse parfois réclamer un peu d’espace. Ben Mantle capte avec finesse cette mécanique affective de l’enfance : l’élan fusionnel, la frustration, la colère, puis ce retour progressif vers le lien. L’album ne moralise pas. Il montre. Et c’est précisément ce qui le rend juste, accessible et vraiment touchant.

Graphiquement, l’ouvrage s’inscrit dans un registre très lisible et chaleureux, avec des images expressives qui mettent immédiatement les émotions à hauteur d’enfant. Le trait de Ben Mantle, bien connu dans l’illustration jeunesse, accompagne ici un récit du quotidien transformé par l’imaginaire, entre cabanes, aventures partagées et petits drames domestiques. Le résultat est à la fois tendre, vivant et parlant pour toute la famille.

Un album qui fait mouche, on adore !

Résumé éditeur

Nano est rempli d’amour pour son grand frère Félix, qu’il trouve formidable. Ils partagent ensemble tant de choses. Mais quand Félix a besoin d’un peu d’air, Nano ne comprend pas et se fâche. Peu importe, il va jouer seul et construira sa cabane SEUL. Malheureusement, Nano n’est pas aidé par la météo, et son campement tourne au fiasco. Sa colère se retourne contre son grand frère, et Nano finit par se désoler, bouder… Mais quand Félix vient le chercher pour l’inviter à découvrir une nouvelle cabane, la relation et l’imagination des deux frères repartent de plus belle !

Date de parution 8 avril 2026
Auteur / illustrateur Ben Mantle
Éditeur Milan
Format Album cartonné
Pagination 40 pages
Prix 12,90 €

[BD] Assiégés – Orléans, de France Richemond, Laurent Vissière & Filippo Cenni (Delcourt)

Assiégés - Orléans, couverture [BD] Assiégés – Orléans, de France Richemond, Laurent Vissière & Filippo Cenni (Delcourt)

Avec Assiégés, Delcourt inaugure une nouvelle collection « Histoire & Histoires » ambitieuse : raconter la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres, vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Le coup d’envoi est donné par un épisode emblématique de la guerre de Cent Ans : le siège d’Orléans de 1428-1429, dont on connaît surtout l’issue victorieuse grâce à Jeanne d’Arc, mais qui aura en fait duré six longs mois. Avant la légende, il y a eu la faim, la peur, l’épuisement et l’inventivité d’une cité encerclée — c’est cette part d’ombre que la bande dessinée vient éclairer.

Assiégés prend le parti de la fiction historique exigeante. Au cœur du récit, le truculent capitaine La Hire, compagnon d’armes bien connu de Jeanne d’Arc, partage l’affiche avec maître Jehan, artisan-artilleur dont les canons s’avèrent vite incapables de répondre aux bombardes anglaises. Avec son apprenti Colas et sous le regard de Marguerite, son impossible amour, Jehan met au point une arme nouvelle, plus légère et plus précise : la coulevrine portative, ancêtre direct de l’arquebuse puis du fusil moderne. Cette intrigue de cape et de poudre permet de rendre tangibles les bouleversements techniques que le siège a réellement précipités.

Le sérieux historique de l’ensemble doit beaucoup à ses scénaristes. France Richemond, plume installée chez Delcourt, est titulaire d’une maîtrise d’histoire médiévale, d’un DEA d’histoire moderne et de deux cycles d’histoire de l’art à l’École du Louvre. On lui doit notamment Le Trône d’argile et, plus récemment, La Couronne de Verre, où elle s’attaque déjà au règne de Charles VII. À ses côtés, Laurent Vissière apporte la précision du chercheur : ancien élève de l’ENS Ulm et de l’École des chartes, professeur d’histoire médiévale à l’université d’Angers, il a consacré son habilitation à la vie quotidienne des villes assiégées au XVe siècle. Le sujet n’a donc rien d’un emprunt de circonstance : c’est son terrain de recherche.

À la mise en images, Filippo Cenni — Siennois né en 1975, diplômé d’archéologie médiévale — met sa formation au service du dessin. On le sait depuis ses biographies de Ghino di Tacco et de Gattamelata da Narni, puis ses contributions à la collection « Ils ont fait l’Histoire » chez Glénat (Saint Louis, Luther) ou à Actium aux côtés de Jean-Yves Delitte : son trait, presque didactique, se nourrit du réel. Armures, harnachements, machines de siège, fortifications de la ville-pont d’Orléans, brusques jaillissements d’éclats sur les murailles — chaque vignette se lit comme une reconstitution. La couleur et les grandes cases d’ensemble, généreuses, donnent au récit son souffle épique sans jamais sacrifier la justesse documentaire.

Ce premier opus pose aussi les bases d’une collection à suivre : Delcourt annonce d’autres sièges (Nancy, Beauvais, Rouen…), confiés à des dessinateurs différents — la promesse d’un panorama de la guerre médiévale relu par les vivres, les bourgeois et les artisans plutôt que par les seuls capitaines. À mi-chemin entre la chronique illustrée et la fresque romanesque, Assiégés s’inscrit dans la lignée des grandes séries historiques de Delcourt, avec cette ambition supplémentaire : rendre au siège ce qu’il a de quotidien, d’humain, presque de domestique.

Au final, le format cartonné de 128 pages, le grand 23,1 × 32 cm et le soin apporté à la couleur justifient pleinement le statut d’album-événement. À recommander aux amateurs de bande dessinée historique, aux passionnés de la guerre de Cent Ans, mais aussi à tous ceux qu’intrigue cette bascule technologique du XVe siècle où l’on commence à se battre debout, l’arme à l’épaule. Une porte d’entrée idéale pour (re)découvrir la résistance d’Orléans avant que la geste de Jeanne d’Arc n’en réécrive la fin.

A lire !!

Assiégés - Orléans, couverture Résumé éditeur :

Avec Assiégés, revivez le récit romancé de la guerre au Moyen Âge à travers le quotidien des sièges les plus célèbres vus par les yeux de ceux et celles qui les ont vécus de l’intérieur. Les auteurs allient avec passion les sources de l’époque pour faire vivre des récits aussi vrais que captivants.

Du siège d’Orléans, on connaît surtout la fin victorieuse avec Jeanne d’Arc. Mais ce siège a en fait duré six mois. Romancé mais historiquement exact, ce livre raconte la vie quotidienne des assiégés. Il a pour héros le truculent capitaine La Hire, maître Jehan, artilleur inventif, son apprenti Colas et Marguerite, son impossible amour. Une reconstitution du siège d’Orléans comme vous ne l’avez jamais vue.

Extrait de la BD :

Assiégés - Orléans, extrait

Date de parution : 30 avril 2026 Scénario : France Richemond & Laurent Vissière Dessin : Filippo Cenni Éditeur : Delcourt Collection : Histoire & Histoires Format / Pages : 23,1 × 32 cm – 128 pages Prix indicatif : 29,95 € EAN : 9782413022800

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel
© Anne Van Aerschot

Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte sous le ciel battant de Brel

Dans la pénombre nue du plateau, quelque chose d’emblée résiste au musée. Il aurait été si facile de transformer Jacques Brel en relique nationale, en bloc de nostalgie francophone livré aux trémolos convenus.

Or, avec ce spectacle « BREL », Anne Teresa De Keersmaeker et Solal Mariotte accomplissent exactement l’inverse. Ils désossent le monument pour retrouver le battement intérieur de la langue, sa nervure physique, son urgence presque animale. Ici, Brel n’est jamais illustré. Il circule dans les corps comme une fièvre rythmique.

Le plus étonnant dans cette proposition tient précisément à cette pudeur. Aucun folklore du grand Jacques, aucune théâtralité appuyée.

La chorégraphie travaille au contraire dans les interstices des chansons, dans leurs syncopes, leurs emballements, leurs effondrements soudains.

Chaque geste semble né d’une écoute organique du texte. Quand la voix de Jacques Brel s’emporte, les corps ne surjouent jamais la passion, ils en révèlent la mécanique secrète, cette façon qu’avait Brel de transformer une phrase en un vertige physique.

De Keersmaeker insuffle avec son écriture géométrique et circulaire une pulsation profondément humaine et Solal Mariotte apporte une densité terrienne, rugueuse, et électrique.

Quand Brel traverse les corps

Et c’est dans cette justesse du mouvement chorégraphique que tout se révèle. Le spectacle comprend que chez Brel le lyrisme n’est jamais décoratif. Il est traversé de fatigue, de colère sociale, de désir honteux, de solitude carnavalesque.

La danse épouse alors cette matière instable avec une intelligence rare. Un déplacement infime suffit parfois à faire surgir la mélancolie d’un vers. Un déséquilibre du bassin, une course interrompue, un regard qui se dérobe, et soudain tout Brel réapparaît : non pas la statue, mais l’homme qui brûle en direct dans sa propre langue.

La scénographie, volontairement dépouillée, laisse toute la place au souffle. Ce vide devient un espace d’écho où les chansons semblent revenir de très loin, comme des fantômes populaires traversant plusieurs générations de corps.

Et puis il y a Solal Mariotte, incandescent sans jamais chercher l’effet. Dans la chanson « Mathilde », il atteint une forme de vérité physique sidérante. Là où tant d’interprètes jouent l’hystérie de la chanson, lui en fait entendre l’épuisement intérieur, la catastrophe intime déjà en marche dans une fluidité et une légèreté impressionnantes.

Son corps semble traversé d’élans contradictoires, attiré vers l’avant puis brutalement retenu, comme si le désir lui-même devenait une force d’arrachement. Chaque rupture de rythme, chaque déséquilibre, chaque suspension répond au texte de Jacques Brel avec une précision presque douloureuse.

Mariotte ne danse pas « Mathilde », il paraît la recevoir de plein fouet. Il y a dans son interprétation une vulnérabilité nerveuse, une façon de laisser apparaître la fatigue, l’entêtement et la panique amoureuse qui donne soudain à la chanson une profondeur nouvelle.

Rarement un corps aura rendu avec une telle acuité ce mélange de panache et d’effondrement qui constitue le cœur même de Brel.

Anne Teresa De Keersmaeker magnétise par une présence d’une sobriété naturelle. Chez elle, rien ne cherche à séduire ou à imposer une virtuosité démonstrative.

Son interprétation repose au contraire sur une science du retrait, une manière de faire surgir l’émotion dans l’infime déplacement, dans la tension silencieuse d’un appui ou dans une simple traversée du plateau.

Face aux chansons de Jacques Brel, elle apporte une gravité presque minérale, enfantine, qui empêche constamment le spectacle de basculer dans l’emphase. Son corps semble écouter avant d’agir.

Cette qualité d’attention donne à la danse une profondeur méditative bouleversante. Là où Solal Mariotte travaille l’élan, l’accident et la brûlure, De Keersmaeker installe une temporalité plus intérieure, presque suspendue, comme si chaque geste portait la mémoire du temps.

Dans certaines séquences, elle paraît danser avec l’ombre même des chansons, laissant affleurer leur mélancolie nue sans jamais l’illustrer. C’est peut-être là que réside sa plus grande force d’interprète : parvenir à faire entendre le silence contenu dans la voix de Brel.

La pièce évite ainsi le piège du biopic chorégraphié pour atteindre quelque chose de plus abstrait et de plus bouleversant : une méditation sur ce que chanter veut dire physiquement.

Chez Brel, les mots halètent, trébuchent, s’acharnent. Rosas transforme cette énergie verbale en architecture mouvante.

Et puis il y a cette sensation rare d’assister à une œuvre qui écoute véritablement son matériau.

Tout semble avoir été secrètement composé depuis l’intérieur même des textes. Comme si la danse avait toujours existé dans ces chansons excessives, populaires et métaphysiques.

C’est là que le spectacle atteint sa grâce la plus profonde : dans cette manière de faire entendre Brel autrement, non plus seulement avec les sons, mais avec le souffle et la gravité des corps traversés.

 Dates : du 11 au 20 mai 2026  – Lieu : Théâtre de la Ville (Paris)
Concept, chorégraphie et danse : Anne Teresa De Keersmaeker, Solal Mariotte

Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages (Glénat jeunesse)

Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunessenous offre un album absolument délicieux :Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages.
L’auteure, Juliette Vallery, nous embarque dans une histoire fabuleuse : il suffit de croire en ses rêves pour qu’ils se réalisent ! Que c’est beau ! Que c’est vrai !
Er les illustrations de Chloé Malard sont aussi douces, gaies et envoûtantes que le texte !
Petite Ourse veut voler et grâce à l’ingéniosité de Potiron, elle va y arriver !
Potiron et Petite Ourse : L’attrape-nuages est un album à offrir à nos jeunes lecteurs, dès leur plus jeune âge ! A lire, relire et contempler ! Notre coup de coeur !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Juliette Vallery
Illustrateur : Chloé Malard
Editeur : Glénat jeunesse
Prix : 12,90 €

La source dévoile son premier album, sortie le 15 mai chez L’atelier du Pélican / Absilone

La source est un duo violoncelle voix composé de Mélodie Orru et Pierre Le Bourgeois, ils sortent leur premier album le 15 mai 2026 chez L’atelier du Pélican / Absilone, véritable parenthèse de sérénité hors du tumulte bruyant du monde, la voix et le violoncelle dialoguent dans une épure qui ralentit la marche du monde et privilégie la beauté comme une source de résistance, au cœur de la nature.

Une sérénité exacerbée

La Source sort un album éponyme qui privilégie l’émotion aux artifices avec un duo voix violoncelle qui fait plonger au cœur de l’âme de l’auditeur. la voix de la chanteuse Mélodie Orru porte les textes, accompagnée par le violoncelle de Pierre Le Bourgeois, les 2 complices se sont frotté aux univers d’Arthur H, Nosfell, Daniel Darc et Philippe Decouflé pour façonner des accompagnements sensibles et organiques. Le résultat est une musique d’une intense intimité, un vrai discours de paix et d’harmonie avec l’altérité. Le fil conducteur de l’album est l’élément essentiel au déploiement de la vie, l’eau, présente sous des formes multiples, elle représente le mouvement, les liens entre les êtres et les étapes de la vie. Le titre J’aime l’eau résume bien la démarche, le bruit de l’eau, une voix douce, les pulsations du violoncelle, un morceau pur et poétique. Les 2 artistes choisissent le silence pour s’exprimer et définir leur identité. Le violoncelle quitte sa structure classique pour devenir basse ou guitare, la voix emporte l’auditeur et célèbre l’eau comme source de vie. Les morceaux portent par leurs mélodies pures et dénuées d’ornements superfétatoires, le silence entre les notes sont de la musique également et font partie du moment d’harmonie.

Le duo a choisi de s’éloigner des salles de spectacle habituelles pour évoluer dans des lieux atypiques, des lavoirs, des moulins ou des musées, des lieux où la sérénité peut s’exprimer totalement pour une expérience sensorielle totale.

Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes (Père Castor)

Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes (Père Castor)

Vous cherchez un livre un peu interactif avec votre enfant ?
Si possible en rapport avec les contes très classiques, comme Cendrillon, Blanche-Neige, les Trois Petits cochons…
Alors, n’hésitez pas : Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes vient de sortir ! Le jeune lecteur va aider Marcel le renard a trouvé le héros d’un conte, et beaucoup d’autres indices !
Les illustrations sont colorées et charmantes !
Mon premier Cherche et trouve : Au pays des contes va être un très joli moment de lecture avec votre tout-petit !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Illustrateur : Nicolas Gouny
Editeur : Père Castor
Prix : 13,90 €

Le train de grands chemins (Môme)

Le train de grands chemins (Môme)

Les éditions Bayard jeunesse, dans la collection Môme, nous proposent un très joli album qui va nous faire voyager : Le train de grands chemins.
C’est l’histoire un peu folle d’une moutonne, Douce, qui part à l’aventure en empruntant le train vert. Elle ne sait pas trop où elle va, mais elle a envie de voyager… D’ailleurs, ce train va là où on le décide ! Elle va faire de jolies rencontres et découvrir des paysages féériques…
Les illustrations sont réalisées à l’aquarelle et sont juste sublimes !
Cette histoire est parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs et vont leur permettre de rêver et de rire et d’inventer leur propre voyage !
Le train de grands chemins est un très bel album à offrir au plus grand nombre ! Dès l’âge de 3 ans !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Auteur : Juliette Vallery
Illustrateur : Chloé Malard
Editeur : Bayard jeunesse
Prix : 13,90 €

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu
Vase « à têtes d’éléphants », Manufacture de Sèvres , Attribué à Jean-Louis Morin (peintre), Vers 1760, Porcelaine tendre, Waddesdon Manor (© DR)

« Sèvres, une passion Rothschild » : l’emblème d’un raffinement absolu

À travers les vitrines feutrées de l’exposition « Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris », la porcelaine cesse d’être un art décoratif pour devenir une cartographie d’une histoire en art majeur.

Chaque assiette, chaque vase, chaque service semble porter la trace d’une civilisation de l’œil où collectionner relevait moins de la possession que d’une forme de mise en scène du monde.

Ici, la manufacture de Sèvres dialogue avec l’obsession raffinée de la famille Rothschild, avec son goût du faste, du détail et de la survivance aristocratique. Le parcours compose alors une traversée presque romanesque du goût français, entre théâtre mondain et mélancolie patrimoniale.

L’exposition réussit surtout à éviter le piège de l’accumulation muséale. Elle ne transforme jamais ces pièces en simples trophées de vitrines. Au contraire, elle restitue leur pouvoir de fascination, leur sensualité matérielle, la manière dont la lumière glisse sur les émaux comme sur des pierres précieuses.

Les bleus profonds, les ors souverains, les motifs floraux d’une précision hallucinée racontent autant le triomphe technique de Sèvres qu’une certaine idée de l’Europe, celle qui croyait encore que la beauté pouvait organiser le réel.

Sèvres, la splendeur en art majeur

On se laisse porté par l’intelligence silencieuse de la scénographie. Elle avance par respirations, par échos, par rapprochements subtils entre les époques et les usages. La Villa Ephrussi apparaît alors comme plus qu’un décor ou un écrin mondain.

Elle devient un personnage fantomatique, une chambre de mémoire où l’objet d’art survit à ceux qui l’ont désiré. Derrière l’éclat des porcelaines affleure ainsi quelque chose de plus crépusculaire, presque proustien.

Une conscience du temps qui passe, de la fortune qui s’efface, des mondes qui se ferment doucement derrière leurs dorures.

Mais l’exposition touche aussi lorsqu’elle révèle la modernité paradoxale de ces collections. Car dans cette profusion de services précieux et de pièces d’apparat se lit déjà une forme de vertige contemporain. Celui d’une société fascinée par l’image d’elle-même, par la rareté, par la fabrication du prestige.

Les Rothschild collectionnaient Sèvres comme on construit aujourd’hui une identité visuelle. Avec le même mélange de puissance, de stratégie et de rêve. Il y a enfin dans cette exposition une leçon plus discrète, presque politique.

Elle rappelle que le luxe peut parfois être autre chose qu’un signe social. Une manière de résister à la brutalité du temps par la perfection du geste.

Face à ces porcelaines miraculeusement intactes, on comprend soudain que la fragilité n’est pas l’inverse de la puissance mais peut-être sa forme la plus troublante.

 Dates : du 17 avril au 26 juillet 2026 – Lieu : Galerie des Gobelins (Paris)

[BD] Caledonia – Tome 3 : Les Fomôrés, de Corbeyran & Emmanuel Despujol (Soleil)

Caledonia T3, Les Fomôrés, couverture [BD] Caledonia – Tome 3 : Les Fomôrés, de Corbeyran & Emmanuel Despujol (Soleil)

Avec Caledonia – Tome 3 : Les Fomôrés, Corbeyran et Emmanuel Despujol referment la trilogie ouverte au printemps 2024 chez Soleil. Trois tomes auront suffi pour faire de cette série un petit objet à part dans le catalogue Fantastique de la maison : un péplum brumeux, où la puissance romaine se heurte aussi bien aux tribus calédoniennes qu’à des créatures bien plus anciennes que l’Empire. Caledonia avait posé son cadre dans La IXème légion, déployé son tableau politique avec Le Mur d’Hadrien ; ce troisième volet est celui des révélations et de la confrontation finale.

L’histoire reprend Lucius Karus là où on l’avait laissé : trahi par Rome, abhorré par les Caledonii, condamné à errer dans un territoire barbare devenu son seul refuge possible. Son dernier allié, Déodatus Faustus, s’est lancé dans la construction d’un mur que l’on présente officiellement comme une barrière contre les tribus hostiles à Rome. L’enjeu réel est tout autre : il s’agit d’empêcher la descente vers le sud des créatures qui ont décimé la IXe légion. Au cours d’une mission d’espionnage en Caledonii, Lucius retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Entre eux, la haine cède peu à peu la place à autre chose, et leur affrontement commun avec les Fomôrés finit par leur ouvrir les yeux sur la véritable nature des entités qui hantent cette « île des mangeurs d’hommes ».

C’est précisément ce que Caledonia réussit avec élégance : faire glisser le récit du péplum classique vers le conte fantastique, sans jamais lâcher la nervosité de l’aventure. Les Fomôrés, créatures piochées dans le fond mythologique celte et irlandais, donnent à l’ensemble un parfum de légende et une dimension presque sacrée. Corbeyran, scénariste prolifique habitué à naviguer entre les genres, manie ici les codes du péplum tardif avec une vraie connaissance de cause, mais ne se prive jamais d’aller fouiller du côté des forces irrationnelles qui inquiètent les Romains depuis Tacite et la fameuse expédition perdue de la IXe légion.

Côté image, Emmanuel Despujol confirme tout ce que les deux premiers tomes laissaient entendre. Son trait classique, lisible, presque pédagogique dans la conduite de la narration, se révèle redoutablement efficace dès qu’il s’agit de mettre en scène les grands ensembles : légionnaires en formation, marche dans la lande, embuscades dans les forêts brumeuses. Le travail de Juliette Despujol à la couleur n’est pas pour rien dans la réussite visuelle : palette froide et minérale du nord, irruptions ocres et sanglantes des batailles, lueurs surnaturelles autour des Fomôrés – on retrouve cette ambiance feutrée, presque liquide, qui fait toute la singularité de la série.

Reste la sensation, à refermer l’album, d’une trilogie qui aura tenu son cap. Plutôt que d’étirer indéfiniment son récit, Caledonia choisit la concision : trois tomes, une boucle bouclée, un terrain mythologique exploré à hauteur d’homme. Les amateurs d’Histoire romaine retrouveront ici quelques-unes de leurs obsessions favorites (le mythe de la IXe légion disparue, l’idée de la frontière comme blessure dans l’Empire), tandis que les lecteurs venus pour le surnaturel auront eu de quoi se nourrir. Pour qui aime la veine fantastique soignée du catalogue Soleil – on pense à Templier ou aux grandes fresques de Jean-Luc Istin –, ce dernier volet est une conclusion à ne pas manquer.

À recommander, donc, aussi bien aux passionnés de péplum qu’aux amateurs de fantastique celtique, et plus largement à tous ceux qui aiment ces récits où l’on devine, derrière la rigidité des cohortes romaines, le frisson des vieux dieux. Une trilogie qui referme proprement sa porte, et qui donne envie de revenir aussitôt arpenter les deux premiers tomes pour mesurer le chemin parcouru.

A lire !!

Caledonia T3, Les Fomôrés, planche


Caledonia T3, Les Fomôrés, couverture Résumé éditeur :

Traître pour les Romains et ennemi à abattre pour les Caledonii, Lucius Karus est renvoyé en territoire barbare où son dernier allié, Déodatus Faustus, construit un mur destiné officiellement à isoler les tribus hostiles à Rome. Mais le véritable but de cette enceinte est d’empêcher les déplacements vers le sud des redoutables créatures qui ont décimé la IXe légion.Au cours de sa mission d’espionnage en Caledonii, Lucius retrouve Leta, son ancienne prisonnière. Leur relation évolue de la haine vers l’amour. Leur confrontation avec les Fomôrés leur ouvre les yeux sur la véritable nature des créatures surnaturelles qui hantent « l’île des mangeurs d’hommes ». Un secret bien gardé depuis plusieurs générations.
Date de parution : 7 mai 2026
Scénario : Corbeyran
Dessin : Emmanuel Despujol
Couleurs : Juliette Despujol
Éditeur : Soleil
Collection : Fantastique
Format / Pages : 23,5 × 32,5 cm – 64 pages
Prix indicatif : 15,95 €
EAN : 9782302106697

[BD] Goetz, de ‘Fane & Didier Cassegrain (Glénat)

Goetz, couverture[BD] Goetz, de ‘Fane & Didier Cassegrain (Glénat)

Avec Goetz, ‘Fane et Didier Cassegrain signent chez Glénat, sous le label Comix Buro, un one-shot de science-fiction ample, sombre et résolument ambitieux. Sur 184 pages au grand format 24 × 32 cm, le duo orchestre une fable dystopique sur la colonisation, la culpabilité et la part la plus déraisonnable de l’humanité — programme classique sur le papier, mais que la couverture seule promet d’arpenter par les chemins les moins fréquentés du genre.

Le pitch tient en quelques phrases mais mord d’emblée : la Terre est exsangue, ses habitants se sont lancés dans la conquête d’une planète habitée par des peuplades autochtones encore à l’âge de fer ; trente ans plus tard, on découvre la promesse de « départ neuf » ravalée par les habitudes — asservissement, viols, pillages, les schémas familiers de toute colonie qui s’ignore. Face à cet avenir réécrit en miroir grossissant des erreurs d’hier, les natifs s’organisent, et c’est dans leurs rangs que surgit Goetz, chef de tribu plus mauvais, plus fou ou plus libre que les autres, au point de prétendre redéfinir lui-même les notions de Bien et de Mal.

L’intuition est forte. Là où la SF coloniale convoque souvent ses Avatar de service ou son humanisme paresseux, ‘Fane préfère bâtir une figure trouble : un héros qu’on ne sait jamais tout à fait soutenir, parce que sa rage paraît plus radicale que la cause qu’il défend. On retrouve, en filigrane, la grande tradition des dystopies lucides — d’Ursula K. Le Guin à la veine la plus rugueuse de la SF française des années 1980 — où le combat pour la liberté finit toujours par poser plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Côté graphique, le casting fait saliver. Didier Cassegrain, dont on connaît la finesse acquise sur Carmen Mc Callum, Code Mc Callum ou plus récemment l’adaptation en BD des Nymphéas noirs de Michel Bussi, déploie ici une mise en couleurs directes qui sied parfaitement au matériau. Sa couverture — une silhouette guerrière cornue au regard insondable — annonce une iconographie épaisse, charbonneuse, traversée d’embrasements ; on devine la patte du peintre derrière celle du dessinateur, et la promesse tenue d’une narration où chaque planche est aussi un objet plastique. Le récit complet, format roman graphique épais, permet d’éviter l’écueil du tome 1 d’une saga interminable et d’embrasser d’un seul tenant l’épopée de ce chef rebelle.

Au sortir, Goetz a tout d’une proposition à la fois grand public et exigeante : une SF lisible, un dessin de haute volée, un anti-héros taillé pour la mémoire et un format qui assume son ambition. La promesse esthétique et l’audace narrative tiennent sur la durée des 184 planches pour nous offrir l’un des coups de coeur de ce printemps 2026 !

Goetz, couvertureRésumé éditeur :

L’homme n’apprend rien de ses erreurs

Là où l’animal ne fait qu’obéir à son instinct, l’être humain s’est inventé des dieux pour justifier ses actes. En leur nom, ou à cause d’eux, il a défini les notions de Bien et de Mal, toujours persuadé d’agir ainsi de plein droit, se faisant le prédateur ultime. Dans un futur relativement proche, la civilisation terrienne, ayant inexorablement fini de puiser les ressources de la Terre, est partie fonder une colonie sur une petite planète habitée par des peuplades, humaines elles aussi, mais qui en sont encore à l’« âge de fer ». Ces néo-colons, très avancés technologiquement, convaincus d’avoir appris de leurs erreurs, et – comme toujours – persuadés d’être porteurs du Bien, comptaient bien y prendre un nouveau départ. Mais 30 ans ont passé, et le Terrien, « gourmand » par nature, et tout évolué qu’il puisse être, a pris l’ascendant sur ses hôtes : asservissement, viols, pillages des richesses et des terres… Les natifs, pourtant peu solidaires, se révoltent et entrent en guerre. Parmi les chefs de tribus fédérées contre l’emprise des Terriens, il en est un, plus mauvais, plus fou, ou plus libre qui tentera, au-delà de toute croyance, de redéfinir les notions du Bien et du Mal.

Extrait de la BD :

Goetz, extrait

Date de parution : 6 mai 2026
Scénario : ‘Fane
Dessin & Couleurs : Didier Cassegrain
Éditeur : Glénat (Comix Buro)
Format / Pages : 24 × 32 cm – 184 pages
Prix indicatif : 29,00 €
EAN : 9782344059487

[Manga] Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Tome 3, d’Akira Toriyama (Glénat Manga)

Dragon Ball Full Color Les Saiyans Tome 3, couverture [BD] Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Tome 3, d’Akira Toriyama (Glénat Manga)

Avec Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Glénat Manga poursuit la republication intégrale en couleurs originales du chef-d’œuvre d’Akira Toriyama, et ce troisième tome arrive précisément au moment où la saga bascule. Après un Tome 2 occupé par l’entraînement chez Maître Kaio et l’attente de l’invasion, ce volume nous plonge dans le cœur du combat contre les Saiyans, et plus précisément dans le duel le plus attendu du moment : Goku contre Vegeta.

Le pitch de ce tome 3 tient en une question, et elle suffit à donner envie de tourner les pages : désormais seul face à Vegeta, Goku peut-il vraiment l’affronter sans craindre de blesser des victimes collatérales ? Car la puissance du prince des Saiyans dépasse de très loin tout ce que notre héros a connu jusqu’ici, et il n’est pas évident que le Kaioken et les techniques apprises auprès de Maître Kaio suffisent à rééquilibrer la balance. Toriyama étire la tension à son maximum, multiplie les retournements et offre quelques-unes des planches d’action les plus iconiques de toute la série, dont ce fameux décès mythique qui marque les fans depuis quarante ans.

L’intérêt majeur de cette édition Full Color, c’est évidemment la mise en couleurs : il ne s’agit pas d’une recoloration approximative, mais bien des couleurs originales validées par Bird Studio, qui rendent enfin justice aux décors arides du champ de bataille, aux armures saiyans et aux éclats d’énergie. Le format 14,5 × 21 cm, identique à la Perfect Edition, met particulièrement en valeur les cases d’action et les doubles pages spectaculaires. On redécouvre des planches que l’on croyait connaître par cœur avec un œil neuf, comme si l’on relisait l’œuvre pour la première fois — c’est là tout le pari de cette collection, et il est tenu.

Replacé dans la grande fresque Dragon Ball, ce volume marque historiquement la transition entre Dragon Ball et ce que les générations 90 ont découvert sous l’étiquette Dragon Ball Z. Goku s’est marié, le temps a passé, son fils Son Gohan entre dans le récit, et la saga prend une dimension cosmique qu’elle ne quittera plus. Toriyama installe ici les bases mythologiques qui feront tout le sel des arcs suivants : l’origine extraterrestre de Goku, le peuple guerrier saiyan, la promesse implicite des transformations à venir. C’est un moment-charnière, et le voir en couleurs lui donne une intensité supplémentaire.

Côté lecture, la pagination généreuse (248 pages, 17 chapitres) et le rythme effréné de Toriyama font de ce volume un page-turner absolu : on l’attaque pour vérifier deux planches et on le referme une heure plus tard. Le travail éditorial est soigné — papier, reliure souple, traduction —, et le prix de 14,95 € reste raisonnable pour un manga couleur de cette épaisseur. Cette collection s’adresse autant aux nostalgiques qui ont grandi avec le Club Dorothée qu’à un public neuf qui découvrirait Dragon Ball par la grande porte : la couleur rend l’œuvre immédiatement plus accessible, plus évidente, et gomme cette légère intimidation que peut susciter, pour un nouveau lecteur, un manga noir et blanc des années 80.

À recommander, donc, sans hésitation aux fans de la première heure qui veulent retrouver leurs souvenirs sublimés, mais aussi à toutes celles et ceux qui n’ont jamais osé sauter le pas : ce tome 3 est sans doute, avec le tome 1, l’un des meilleurs points d’entrée possibles dans Dragon Ball. Akira Toriyama, disparu en mars 2024, continue de prouver à titre posthume à quel point son sens du rythme, du chara-design et de la mise en scène reste inégalé. Et l’on a déjà hâte du tome 4.

A lire !!

Dragon Ball Full Color Les Saiyans Tome 3, couverture Résumé éditeur :

Décès mythique et combats épiques en approche.

Goku s’est marié et le temps a passé. Alors qu’il retourne à Kamé House pour présenter son fils, Son Gohan, une nouvelle menace débarque sur Terre. Une menace qui révélera à tous l’origine des capacités extraordinaires de Son Goku. Désormais seul face à Vegeta, Goku peut-il l’affronter sans craindre de blesser des victimes collatérales ? Seulement, la puissance du prince des Saiyans dépasse de loin celle des adversaires que Goku a affrontés jusqu’ici, et il n’est pas certain que les techniques de Maître Kaio suffisent à rééquilibrer la balance… Poursuivez l’expérience de Dragon Ball Full Color avec ce nouvel arc consacré aux Saiyans, le peuple stellaire dont est originaire Son Goku, dans son édition couleur originale.

Extrait de la BD :

Dragon Ball Full Color Les Saiyans Tome 3, extrait

Date de parution : 6 mai 2026
Scénario : Akira Toriyama
Dessin : Akira Toriyama
Éditeur : Glénat Manga
Collection : Shonen
Format / Pages : 14,5 × 21 cm – 248 pages, couleurs
Prix indicatif : 14,95 €
EAN : 9782344074152

Fan de carotte (Glénat jeunesse)

Fan de carotte (Glénat jeunesse)

Fan de carotte est un album génial ! C’est l’histoire d’un lapin qui vivait très seul et qui, du coup, n’osait pas faire grand chose… Un jour, il déterra une carotte peu ordinaire ! Elle était tout son opposé et voulait tout découvrir ! Elle ne le lâcha plus !
Publik’Art est fan de cette carotte trop rigolote, et fan des illustrations de l’auteur, Mariajo Ilustrajo !
Fan de carotte dévoile une très belle histoire d’amitié ! Un très chouette album, plein d’humour et de jeux de mots !

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Mariajo Ilustrajo
Illustrateur : Mariajo Ilustrajo
Editeur : Glénat jeunesse
Prix : 14,50 €

[BD] Mikki et la traversée des mondes – Tome 3 : La révolte des ombres, de Stéphane Betbeder & Paul Frichet (Glénat)

Mikki et la traversée des mondes Tome 3, couverture [BD] Mikki et la traversée des mondes – Tome 3 : La révolte des ombres, de Stéphane Betbeder & Paul Frichet (Glénat)

Avec Mikki et la traversée des mondes, Stéphane Betbeder et Paul Frichet poursuivent chez Glénat une série jeunesse en quatre tomes qui n’a cessé, depuis La Maladie des portes en 2023, de gagner en ampleur. Ce tome 3, intitulé La révolte des ombres, ouvre l’avant-dernier acte d’un récit aussi joueur qu’attentif aux fragilités intérieures de ses jeunes héros.

Petit rappel pour qui prendrait la série en route : cinq enfants, tous atteints de troubles du comportement, ont été sélectionnés pour participer à un programme thérapeutique révolutionnaire baptisé Protocole Mortelente. Mêlant réalité virtuelle et intelligence artificielle, le Protocole projette chaque enfant dans un univers de jeu sur mesure, dont l’unique règle est de sortir – ce qui suppose, à chaque fois, d’affronter ses propres peurs. Mikki, elle, vit avec une timidité telle qu’elle en a perdu jusqu’à sa voix, et finit par se confondre avec son ombre.

Dans La révolte des ombres, Mikki débarque cette fois dans une étrange cité dominée par deux montagnes, où la population est réduite en esclavage. La traque qui s’engage tourne court : la voici capturée. Pour la délivrer, ses amis du Protocole vont gonfler les rangs d’une bande de farfelus engagés dans une mission de sauvetage haletante. Tout l’enjeu de l’album tient dans cette double dynamique : reconquérir son ombre, c’est-à-dire se réapproprier sa propre voix, et libérer un peuple opprimé. Le scénario de Stéphane Betbeder ménage le suspense sans jamais oublier ses jeunes lecteurs, et le dessin tendre et vif de Paul Frichet, soutenu par ses propres couleurs, donne à cet univers une vraie identité visuelle.

Comme dans les tomes précédents, c’est en filigrane que se joue le pari le plus singulier de la série : aborder, sans jamais peser, la question de la santé mentale des plus jeunes. Timidité paralysante, vertige, angoisses, repli sur soi : à chaque enfant son monde intérieur, ses créatures et ses obstacles. Le Protocole Mortelente fonctionne ici comme une métaphore lumineuse de ces thérapies par le jeu et l’imaginaire, et propose au jeune lecteur un miroir bienveillant pour mettre des mots – ou des images – sur ce qui ne se dit pas toujours à la maison.

On pense forcément à Seuls pour la bande de gosses livrés à un univers déréglé, à Locke & Key pour la mécanique de portes ouvrant sur des mondes intérieurs : la série assume cette filiation tout en cultivant son propre ton, plus solaire et résolument tourné vers la jeunesse. Le format album cartonné couleurs et le rythme soutenu de cet avant-dernier tome en font une lecture idéale pour les lecteurs et lectrices à partir de neuf-dix ans, tout en réservant aux parents qui ouvriront le livre par-dessus l’épaule de leur enfant matière à conversation – sur les peurs, les ombres, et la manière dont on apprend à vivre avec.

À recommander aux jeunes lecteurs qui aiment les aventures fantastiques où l’on grandit en chemin, aux familles cherchant une série connectée à son temps, et à tous les amateurs de bande dessinée jeunesse qui n’ont pas peur des récits où l’imaginaire devient un outil de soin. Vivement le tome 4.

Mikki et la traversée des mondes Tome 3, couverture Résumé éditeur :

Pour vaincre ses peurs, elle doit affronter son ombre.

Cinq enfants – qui ont tous en commun de souffrir de troubles du comportement – ont été sélectionnés pour participer à un programme révolutionnaire : le Protocole Mortelente. Chacun se retrouve projeté dans un univers de défis qui le confronte à ses peurs les plus intimes. Mikki, dont la timidité est telle qu’elle en vit dans l’ombre, doit traquer ce qu’elle a perdu pour guérir. La voici cette fois plongée dans une étrange contrée dominée par deux montagnes, où les habitants sont réduits en esclavage – avant d’être à son tour capturée. Pour la délivrer, ses amis vont grossir les rangs d’un groupe de farfelus en mission sauvetage. Mikki parviendra-t-elle à reconquérir son ombre et libérer les habitants ? Dans cet avant-dernier tome, préparez-vous à suivre Mikki dans une traque haletante. Une série jeunesse totalement connectée à son temps, qui aborde en filigrane la question de la santé mentale des plus jeunes.

Date de parution : 6 mai 2026
Scénario : Stéphane Betbeder
Dessin : Paul Frichet
Couleurs : Paul Frichet
Éditeur : Glénat
Format / Pages : 21,5 × 29,3 cm – 48 pages, couleurs
Prix indicatif : 12,50 €
EAN : 9782344070505

Margaux dit non (Milan)

Margaux dit non (Milan)

Les éditions Milan nous proposent une nouvelle collection documentaire centré sur les comportements des enfants de 2 à 4 ans : « Mes Tout Premiers Pourquoi ».
Cette collection est dirigée par Héloïse Junier, Docteure en psychologie. Elle s’adresse aux enfants, directement, en collaboration avec Emilie Bélard, ou Aurélie Sarrazin. Ensemble, elles décrivent parfaitement les comportements des enfants dans différentes situations, mais ces petits documentaires, au format carré, s’adressent aussi aux parents pour les aider à comprendre certaines réactions de leurs enfants à ces âges-là. Et à la fin de chaque album, une double page est réservée aux parents, avec des explications scientifiques et quelques conseils à appliquer facilement.
Margaux dit non : est un album centré sur l’affirmation du tout-petit et les difficultés rencontrés par les parents face à ce déterminisme !
Clément a peur : est un album qui explique aux tout-petits qu’ils ont droit d’avoir peur et comment on peut apprivoiser ses propres peurs.
Félix apprend les règles : l’enfant ne peut pas toujours faire ce qu’il a envie ! Il y a des règles à respecter pour ne pas se mettre en danger !
Céleste s’endort toute seule : décrit une étape importante pour le tout-petit et vous donne quelques astuces pour y arriver sereinement !
Publik’Art est fan de cette collection, très joliment illustré ! On écoute l’enfant, on lui explique les différentes situations, on reste bienveillant, mais ferme.
« Mes Tout Premiers Pourquoi » : une aide aussi bien pour les petits que pour les parents. Chacun va apprendre à gérer ses émotions ! A avoir dans toute bibliothèque et dans toutes les crèches !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2026
Auteur : Collectif
Illustrateur : Collectif
Editeur : Milan
Prix : 5,50 €

[BD] Fils de bourge – Le Doux Printemps 1936, d’Eric Stalner (Grand Angle)

Fils de bourge - Le Doux Printemps 1936Fils de bourge – Le Doux Printemps 1936, d’Eric Stalner (Grand Angle)

Fils de bourge – Le Doux Printemps 1936 marque le retour en solo d’Eric Stalner sur la collection Grand Angle chez Bamboo, après le diptyque de L’Oiseau rare co-scénarisé avec Cédric Simon. Avec ce one-shot de 80 pages, l’auteur signe un récit historique intime, situé à la veille du Front Populaire, qui prend pour boussole la résilience plutôt que l’éclat de la résistance.

Gramont, 1935. Dans une petite ville industrielle dominée par son usine de papier, François Bompierre, dix-sept ans, grandit sous la coupe d’un père brutal et notable, sympathisant fasciste, devenu sous-directeur de l’usine. Battu en privé, humilié en silence, le jeune homme se réfugie dans une métaphore obsédante : il s’imagine libellule pour échapper au crapaud paternel, image fragile et lumineuse qui irrigue tout le récit. Sa rencontre fortuite avec un groupe de jeunes ouvriers communistes — fraternité ouvrière, lectures partagées, rendez-vous clandestins — fait vaciller son monde. Malgré la barrière sociale qui sépare le fils de bourgeois des fils d’ouvriers, François finit par s’intégrer au groupe, jusqu’à devenir un des leurs. La tension monte simultanément à l’usine, où la grève couve, et l’affrontement entre le père et le fils devient inévitable.

L’enjeu d’Eric Stalner est ailleurs que dans la fresque sociale ou l’épopée militante. Le scénariste-dessinateur s’attache aux silences, aux regards en coin, aux gestes de protection mentale d’un adolescent qui apprend à exister contre. Le contexte historique — montée des ligues d’extrême droite, accords Matignon en gestation, congés payés à venir — est moins illustré que respiré : il colore les pages plus qu’il ne les surcharge, et confère à l’intime une portée collective que le sous-titre, Le Doux Printemps 1936, signale d’emblée comme à la fois prometteur et menacé.

Au dessin, Stalner retrouve une veine qu’on lui connaît depuis Le Boche, La Croix de Cazenac ou Le Roman de Malemort : un trait classique, lisible, attentif aux visages et aux ambiances. Les scènes d’usine, les cours d’école et les bals populaires sont mis en page avec une économie sobre qui privilégie l’expression des personnages aux compositions virtuoses. Quelques planches s’évadent vers le motif récurrent de la libellule, presque onirique, qui rompt joliment la rugosité du quotidien. La couleur, traitée dans des camaïeux feutrés, accompagne sans surcharge la mélancolie d’une France qui, sans le savoir, s’apprête à basculer.

Que cette libellule parvienne ou non à s’affranchir du crapaud, le récit ne s’enferme jamais dans le manichéisme. Fils de bourge fait le pari d’une trajectoire individuelle, où la résilience précède — et conditionne — la résistance qui viendra plus tard, dans la guerre.

Entré au catalogue Grand Angle après L’Oiseau rare et Berthe & Bertille, Eric Stalner confirme avec ce one-shot son installation durable dans la collection des récits historiques en histoire complète. Le format album cartonné de 80 pages convient parfaitement à un projet qui n’avait pas vocation à s’étirer en série : tout y est dit, et la dernière planche referme le livre comme on referme une enfance. Voilà un printemps 1936 dont la douceur, jamais naïve, laisse une trace durable.

A lire !!

Fils de bourge

« Avant la résistance, la résilience. Celle d’un jeune homme en 1936 et celle de la France ensuite… » En 1935, dans la petite ville industrielle de Gramont, François Bompierre est le fils du nouveau sous-directeur de l’usine de papier, sympathisant fasciste qui bat son propre fils en privé. Pour se protéger mentalement de cette violence quotidienne, François s’imagine libellule. Un jour, il rencontre un groupe de jeunes ouvriers communistes… Malgré la différence sociale, il finit par s’imposer au sein du groupe. Mais la tension monte à l’usine entre la direction et les grévistes. Dès lors, l’affrontement entre le père et le fils devient inévitable. La libellule parviendra-t-elle à s’affranchir du crapaud ? Un récit de résistance et de résilience mêlant l’intime et l’historique, signé Eric Stalner en histoire complète chez Grand Angle.

Date : 29 avril 2026
Scénario & Dessin : Eric Stalner
Éditeur : Bamboo
Format : album cartonné
Prix : 18,90 €
EAN : 9791041117789
Collection : Grand Angle
Pagination : 80 pages

Une exposition surprenante avec le trop peu connu Brion Gysin au MAM Paris jusqu’au 12 juillet 2026

Le Musée d’Art Moderne de Paris propose la première rétrospective consacrée à Paris à l’artiste anglais protéiforme Brion Gysin. Peintre, poète, performeur, photographe et musicien, il est souvent associé au mouvement de la Beat Generation aux côtés de William Burroughs grâce à ses idées de génie comme le Cut-up et la Dreamachine. Résolument situé dans la marge et passionné d’altérité, Brion Gysin a sillonné le monde et fréquenté les mouvements alternatifs et underground pour s’abreuver auprès de milieux créatifs variés et abreuver ses propres pulsions créatrices. Il s’est essayé à la poésie sonore et à la poésie visuelle, au cinéma expérimental, à la performance, au roman et la musique, sans frontières ni limitations, ainsi qu’à évidemment la peinture et la photographie. L’exposition fait sillonner les principaux parcours artistiques d’un artiste inclassable. Le Sir a notamment côtoyé Keith Haring et Patti Smith, il a également traversé le monde avec une forte prédilection pour Paris où il a vécu une grande partie de sa vie. Il y a séjourné dans les années 1930 lorsqu’il étudiait à la Sorbonne. Au tournant des années 1960, il a fréquenté les artistes de la Beat Generation au fameux Beat Hotel (9, rue Gît-le-Cœur, Paris 6). À partir des années 1970 jusqu’à son décès en 1986, il s’est installé dans un appartement face au Centre Pompidou et il a fait de la Ville de Paris son légataire universel, belle preuve d’attachement. L’exposition très dense est constituée de plus 140 œuvres de l’artiste, bâtie sur la collection Gysin du MAM de Paris, avec également des prêts issus de collections publiques et privées, en France et à l’étranger. Un beau moment de découverte, d’une richesse et d’une variété stupéfiantes. Les différentes facettes du processus créatif de l’artiste sont étonnantes: Cut-up et permutations, dessin, écriture et la calligraphie, c’est fascinant et à découvrir au MAM jusqu’au 12 juillet.
 

One Piece Roman – Novel Heroines, Tome 2 – Colorful (Glénat Manga)

One Piece Roman - Novel Heroines Tome 2 (Glénat Manga)One Piece Roman – Novel Heroines, Tome 2 : Colorful marque le retour très attendu de la série de light novels que Glénat consacre aux figures féminines de la saga d’Eiichiro Oda. Quatre ans après un premier tome paru en 2022 qui réunissait Nami, Robin, Vivi et Perona, ce deuxième volume élargit l’éventail et donne enfin la parole à un casting d’héroïnes plus large encore : Hancock, Tashigi, Reiju, Uta, Nami ou encore Robin. Toujours signé par la romancière japonaise Jun Esaka, accompagné des illustrations délicates de Sayaka Suwa et placé sous la supervision de l’auteur original, cet opus s’inscrit dans la collection Shonen de l’éditeur grenoblois et confirme l’appétit des lecteurs francophones pour les déclinaisons en prose de l’univers du Chapeau de Paille.

Avec ce deuxième tome, Novel Heroines assume pleinement sa promesse : éclairer le quotidien, les émotions et les fêlures de personnages féminins que le manga, par la force des choses, ne peut pas toujours mettre au premier plan. Sous-titré « Colorful », ce recueil propose plusieurs récits courts qui explorent ces héroïnes sous un angle inédit. On y retrouve la sensualité impérieuse de Boa Hancock, la rigueur droite de Tashigi, la grâce trouble de Reiju Vinsmoke, l’aura d’Uta — chanteuse héritée du film One Piece Film: Red qui aura marqué la pop culture en 2022 — sans oublier la malice persistante de Nami et la sagesse silencieuse de Nico Robin. Autant de personnalités fortes que les nouvelles permettent de saisir dans leurs respirations intimes, loin des bruits de canon.

Le format light novel — souple, 11,5 × 18 cm, 160 pages au prix accessible de 7,20 € — s’avère idéal pour ce genre d’exercice. Plus court que le manga, plus dense qu’un simple side-story, il offre la place qu’il faut pour creuser une scène, étirer une introspection, ou simplement raconter une journée suspendue. C’est aussi un objet pensé pour un lectorat fan, désireux d’aller plus loin que la lecture des tomes principaux, mais accessible à un public plus large : nul besoin d’avoir intégré dans le détail toute la chronologie de One Piece pour apprécier ces vignettes. Le ton, fidèle à l’énergie vibrante et profondément émotive du shōnen d’Oda, se prête particulièrement bien à la nouvelle, format qui sait jouer du contraste entre l’épopée maritime et le rythme plus posé des moments du quotidien.

La continuité avec le premier tome est nette : on retrouve le même duo créatif (Jun Esaka aux mots, Sayaka Suwa aux illustrations), le même soin éditorial dans la maquette et la traduction, et la même volonté d’enrichir le canon One Piece sans jamais le trahir. Mais Colorful ne se contente pas de prolonger : en intégrant Uta — figure issue d’un long-métrage relativement récent — ou Reiju et Tashigi, le volume montre une volonté d’élargir le spectre, de couvrir des époques et des arcs narratifs différents, et de proposer aux lecteurs un patchwork plus riche encore. Une trajectoire éditoriale cohérente qui donne envie de découvrir, à terme, un troisième tome.

Au final, One Piece Roman – Novel Heroines, Tome 2 : Colorful apparaît comme une lecture chaleureusement recommandable pour les fans de la saga, mais aussi pour les lecteurs plus occasionnels qui voudraient retrouver l’univers d’Oda sous une forme plus intimiste. Glénat poursuit son travail d’extension de la galaxie One Piece en français avec un objet soigné, à prix doux, qui vaut largement le détour. À mettre entre toutes les mains des amateurs de récits maritimes, de personnalités hautes en couleur, et d’aventures où l’émotion compte autant que la baston.

Plus d’informations sur le site de Glénat Manga.

Résumé éditeur

One Piece Novel Heroines T2« Une autre vision de One Piece »

Découvrez dans ce recueil d’histoires courtes le quotidien coloré d’héroïnes populaires : Hancock, Tashigi, Reiju, Uta, Nami ou encore Robin ! Un nouveau voyage en compagnie des figures féminines de la saga, signé Jun Esaka et illustré par Sayaka Suwa, sous la supervision d’Eiichiro Oda.

Fiche technique

Date de sortie : 6 mai 2026 Prix : 7,20 €
Auteur original : Eiichiro Oda EAN : 9782344075357
Romancière : Jun Esaka Illustratrice : Sayaka Suwa
Éditeur : Glénat Manga Collection : Shonen
Format : Souple, 11,5 × 18 cm Pages : 160

[BD] Le Piéton de Bordeaux, de François Ayroles (Glénat)

Le Piéton de Bordeaux, couverture [BD] Le Piéton de Bordeaux, de François Ayroles (Glénat)

Avec Le Piéton de Bordeaux, François Ayroles signe la deuxième pièce du diptyque inaugural de la nouvelle collection « Le Piéton » que Glénat lance ce printemps. Bordelais d’adoption depuis longtemps, l’auteur connaît sa ville par les semelles : il en arpente les quais, les ruelles et les places en habitué, carnet à la main, et ce sont précisément ces parcours patiemment ressassés qu’il restitue ici à l’aquarelle.

Le principe de la collection est simple, et c’est ce qui en fait le charme : confier à un dessinateur le soin de raconter sa ville comme on inviterait un ami chez soi. Pas de circuit balisé, pas de check-list de cartes postales, mais des chemins choisis, des digressions personnelles, des coups d’œil que l’on ne trouve pas dans les guides. La balade démarre devant la gare Saint-Jean, longe les quais et le miroir d’eau, traverse le marché des Capucins, s’attarde du côté de Saint-Michel, glisse vers le Jardin des Remparts puis la Porte Saint-Éloi, avant de se prolonger dans les ruelles du quartier Saint-Pierre, ses terrasses étroites et ses contrastes d’architecture.

Ce qu’Ayroles aime à Bordeaux — et ce qu’il rend palpable au fil des planches —, ce sont les façades de pierre blonde, les courbes du fleuve, les passages discrets, les petits cafés à l’écart, les vestiges d’un port autrefois bouillonnant. L’album mêle aquarelles, croquis sur le vif, encadrés documentaires et textes courts. À mi-chemin du carnet de voyage, du journal dessiné et de la chronique urbaine, l’objet se prête tout autant à la lecture continue qu’au feuilletage flâneur. Un plan dessiné permet d’ailleurs au lecteur de refaire chaque itinéraire à son tour : repère pratique discret qui assume ce que la collection a d’invitatif.

On retrouve dans ce projet la sensibilité particulière d’Ayroles : l’attention aux détails, le goût du quotidien, et cette manière qu’il a d’observer le banal pour mieux en révéler la singularité. Avec Le Piéton de Bordeaux, il déplace cette inventivité du côté du carnet de croquis et du regard de promeneur, dans un format où l’image et le texte se répondent à parts égales.

À noter que la collection démarre en duo : Le Piéton de Lyon, signé Didier Tronchet, paraît le même jour ; un volume consacré à Nantes est par ailleurs annoncé chez Glénat. Une promesse de cartographie sentimentale à plusieurs voix qui mérite d’être suivie.

À recommander aux Bordelais, bien sûr, qui devraient retrouver leur ville avec un sourire en coin, mais aussi à toute personne sensible au carnet de voyage urbain, à l’art du croquis sur le motif, et à cette tradition de la flânerie où l’on prend le temps de regarder ce que l’on traverse d’habitude sans le voir. Une jolie façon d’entrer dans Bordeaux par la petite porte – c’est-à-dire par la bonne.

A lire !!

Le Piéton de Bordeaux, couverture Résumé éditeur :

Des balades pas comme les autres : (re)découvrez Bordeaux à travers les yeux d’un dessinateur de BD !

Bienvenue à Bordeaux. François Ayroles, habitant et amoureux de sa ville, nous entraîne dans ses rues, ses quais et ses places à l’occasion de balades patiemment composées. Loin des sentiers battus, le dessinateur partage ses haltes préférées, ses passages discrets et ses petites observations urbaines, de la gare Saint-Jean à la Porte Saint-Éloi, en passant par le marché des Capucins, le Jardin des Remparts ou le quartier Saint-Pierre. Croquis pris sur le vif, aquarelles, anecdotes historiques et parenthèses du quotidien : un carnet de promenades pour redécouvrir Bordeaux à hauteur de piéton, à pas lents.

Extrait de la BD :

Le Piéton de Bordeaux, extrait

Date de parution : 6 mai 2026 Prix indicatif : 20,00 €
Scénario : François Ayroles EAN : 9782344071601
Dessin : François Ayroles
Éditeur : Glénat
Collection : Le Piéton
Format / Pages : 19,8 × 26,6 cm – 152 pages

[BD] La Légende de Salomé, de Jean Dufaux & Eduard Torrents (Delcourt)

La Légende de Salomé, couverture [BD] La Légende de Salomé, de Jean Dufaux & Eduard Torrents (Delcourt)

Avec La Légende de Salomé, Jean Dufaux et Eduard Torrents s’emparent d’une figure que la peinture, l’opéra et la littérature ont déjà mille fois auscultée pour en livrer, chez Delcourt, un récit complet de 88 pages au grand format. Paru le 7 mai 2026 hors collection, l’album revisite le mythe biblique de la danse des sept voiles à la lumière de Gustave Flaubert (Hérodias, 1877) et d’Oscar Wilde (Salomé, 1891) — deux textes qui, à la fin du XIXᵉ siècle, ont fait basculer la jeune princesse de Galilée du registre du péché biblique vers celui de la fascination fin-de-siècle.

L’argument tient en quelques lignes, mais il porte tout le poids d’une tragédie familiale. Le tétrarque Hérode Antipas a provoqué la haine des tribus de Galilée en se remariant à Hérodias, mère de la belle Salomé. La jeune fille se trouve l’objet des manipulations de son entourage. Pour leur complaire autant que par défi, au prix d’une danse devenue fameuse, Salomé obtiendra la tête du prophète Jean-Baptiste — Iaokannan dans le texte. Dufaux, dont on connaît le goût pour les huis clos vénéneux et les dynasties empoisonnées (Murena, Niklos Koda, Rapaces, Djinn), est ici en terrain familier : la haine, la jalousie, le désir et l’accusation s’y nouent dans le décor antique qu’il affectionne, entre intrigues de palais et tension prophétique.

Le scénariste belge ne paraphrase ni Flaubert ni Wilde : il en retient la matière brûlante — le regard d’Hérode, la rancune d’Hérodias, la danse comme arme — et la déplie en bande dessinée, registre où la chair, le décor et la parole peuvent jouer ensemble. C’est précisément ce que rend possible le trait d’Eduard Torrents, dessinateur barcelonais venu à la BD après une dizaine d’années passées dans la construction navale, et déjà remarqué pour Le Convoi chez Dupuis avec Denis Lapière. Sa Salomé, dressée entre les rideaux pourpres d’un palais hérodien, doit beaucoup au peplum classique mais également à la peinture symboliste qui, de Gustave Moreau à Franz von Stuck, a fait de la danseuse une icône ambiguë. La couleur de Bertrand Denoulet enveloppe le tout d’une lumière dorée qui appuie le climat opératique de l’album.

L’intérêt du livre tient justement à ce double ancrage. Sur le fond, Dufaux rappelle qu’avant d’être une figure d’art nouveau, Salomé est d’abord la pièce centrale d’une affaire de famille royale où chacun joue sa survie : Hérodias contre les tribus, Hérode contre Iaokannan, Salomé contre tout le monde et d’abord contre elle-même. Sur la forme, le grand format et les 88 pages cartonnées laissent à Torrents la place nécessaire pour déployer architectures, étoffes et corps, et au lecteur celle de s’attarder sur chaque planche comme on s’attarderait devant un tableau. On retrouve là un type d’objet — l’album-spectacle, dense mais lisible d’un trait — qui a fait le succès des grands cycles antiques de Dufaux.

À recommander aux lecteurs de Murena et de Djinn, bien sûr, mais aussi à tous ceux que la figure de Salomé continue d’intriguer : le mythe a traversé Flaubert, Mallarmé, Wilde, Strauss et Moreau sans s’épuiser, et cette relecture en récit complet en propose une nouvelle déclinaison, accessible et pleinement assumée comme grand livre d’images.

A lire !!

La Légende de Salomé, couverture Résumé éditeur :

Une sombre histoire de famille : haine, jalousie, désir, accusation. Le maître du peplum, Jean Dufaux, revisite avec brio les écrits de Gustave Flaubert et Oscar Wilde, grâce au dessin spectaculaire d’Eduard Torrents.

Le tétrarque Hérode Antipas a provoqué la haine des tribus de Galilée en se remariant à Hérodias, mère de la belle Salomé. La jeune fille se trouve l’objet de leurs manipulations. Pour leur complaire autant que par défi, au prix d’une danse devenue fameuse, Salomé obtiendra la tête du prophète Jean-Baptiste, dit Iaokannan.

Extrait de la BD :

La Légende de Salomé, extrait

Date de parution : 7 mai 2026
Scénario : Jean Dufaux
Dessin : Eduard Torrents
Couleurs : Bertrand Denoulet
Éditeur : Delcourt
Collection : Hors Collection
Format / Pages : 22,7 × 29,8 cm – 88 pages
Prix indicatif : 17,95 €
EAN : 9782413082408

[Manga] Sahashi et les créatures fantastiques – Tome 2, de Nizo Miura (Glénat Manga)

Couverture Sahashi et les créatures fantastiques tome 2 Un phénix comme doudou !

Avec Sahashi et les créatures fantastiques – Tome 2, le mangaka Nizo Miura prolonge ce slice of life surnaturel attachant lancé en 2025 chez Glénat Manga. Le deuxième tome, attendu le 6 mai 2026 dans la collection Seinen, prolonge le quotidien doucement déjanté de Sahashi, un lycéen on ne peut plus banal qui se découvre soudain entouré de créatures du folklore japonais et occidental. Au programme : phénix turbulent, tanuki métamorphe, garçon-serpent et menace mystérieuse autour d’un fameux fragment d’étoile.

Pour ceux qui auraient manqué le premier volume, le pitch tient en quelques lignes : en adoptant un poussin trouvé au bord de la route, Sahashi n’imaginait pas que celui-ci se révélerait être un phénix, joliment baptisé Karaage. Depuis, son professeur s’avère être un tanuki capable de se métamorphoser, son meilleur copain est un garçon-serpent, et le monde s’est élargi pour accueillir sirènes, esprits et autres bestioles étranges. Sahashi a beau se croire parfaitement ordinaire, c’est précisément cette banalité qui semble attirer à lui tout ce que le folklore peut offrir de plus singulier.

Ce deuxième opus s’ouvre sur une menace plus directe : Karaage, le phénix devenu mascotte, est désormais convoité pour le mystérieux fragment d’étoile qu’il porte en lui. Ce nouvel arc narratif resserre l’intrigue sans sacrifier l’ambiance bonhomme du tome 1. Nizo Miura alterne avec une vraie aisance les saynètes de comédie quotidienne — les bêtises de Karaage, les gourmandises improbables, les petits malentendus de cour de récré — et des moments plus inquiétants où les enjeux fantastiques rappellent leur poids. C’est un équilibre délicat, et l’auteur le tient avec un sens aigu du rythme.

Le trait de Nizo Miura reste cette pâte simple, ronde, presque enfantine, qui a fait le charme du premier volume. Loin de pénaliser le récit, ce dessin volontairement épuré met en valeur la diversité du bestiaire et laisse respirer la mise en page. Les expressions sont franches, les créatures immédiatement identifiables, et chaque planche compose une petite scène de vie où le merveilleux s’invite presque par effraction. C’est un manga qu’on lit le sourire aux lèvres, sans se forcer.

Dans le paysage seinen souvent dominé par les récits sombres ou les grosses machineries d’action, Sahashi et les créatures fantastiques trouve sa place avec une proposition différente : un slice of life surnaturel, accessible à un large public, qui fait coexister tendresse, humour et imagination. La traduction de Sara Correia restitue avec naturel le ton décalé du récit, et le format rend ce deuxième tome très facile à conseiller, aussi bien aux amateurs de comédies fantastiques qu’aux lecteurs occasionnels en quête d’un manga doux et drôle.

Au final, ce deuxième tome confirme tout le bien que l’on pouvait penser de la série après le premier volume : un folklore détonnant, des personnages attachants, beaucoup d’humour et une vraie tendresse pour ses figures, même les plus farfelues. Phénix, tanuki, sirène… Nizo Miura ouvre un univers qu’on a envie de voir s’étoffer encore. Un manga à mettre entre toutes les mains.

Résumé éditeur

« Un phénix comme doudou ! »
Il s’est passé plein de trucs, et maintenant, Karaage en a après mon fragment d’étoile ! Sahashi s’est toujours considéré comme un écolier on ne peut plus banal, mais depuis qu’il a adopté son phénix Karaage, il est abonné aux bizarreries ! Le deuxième tome tant attendu du quotidien pas si banal de Sahashi.

Si vous avez manqué le début : il a un phénix pour animal de compagnie, son professeur est un tanuki capable de se métamorphoser, et son copain d’école est un garçon-serpent. Sahashi a beau être parfaitement ordinaire, il n’attire que les choses, phénomènes et individus étranges.

Date de sortie : 6 mai 2026
Scénario & Dessin : Nizo Miura
Traduction : Sara Correia
Éditeur : Glénat Manga
Collection : Seinen
Format : 13 × 18 cm – 192 pages
Prix : 7,90 €
EAN : 9782344073155

Dinos des champs (Glénat jeunesse)

Dinos des champs (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un joli album : Agathe et Crocus, Dinos des champs.
René et Nénette sont retraités, sans enfant. Mais un jour, ils décident de louer une partie de leur maison à un jeune couple avec enfant. Du coup, ils passent beaucoup de temps avec Solal. Il a même son bol avec son prénom chez René et Nénette !
Et ensemble, ils vont faire une découverte surprenante, dans leur jardin : des oeufs de dinosaures ! Et Agathe et Crocus vont voir le jour et devenir des Dinos des champs !
Agathe et Crocus, Dinos des champs est un album rigolo, empli d’humour et d’amour !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Février 2026
Auteur : Pog
Illustrateur : Lili La Baleine
Editeur : Glénat jeunesse
Prix : 12,90 €

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