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Un dimanche en cuisine (Glénat jeunesse)

Un dimanche en cuisine (Glénat jeunesse)

Un dimanche en cuisine est un album jeunesse qui se présente comme une succession de petites chroniques qui accompagnent une journée de cuisine en famille, du matin jusqu’au repas du dimanche.
La journée commence dans une ambiance tranquille, avec l’envie de préparer un bon repas.
Ensuite vient le moment du marché et du choix des produits. On sélectionne des ingrédients simples, frais et de saison.
Papa va préparer une bonne sauce tomate pour les spaghettis et maman va faire une tarte aux pommes. Et même l’enfant va faire sa propre recette !
Le repas du dimanche est ensuite présenté comme un temps fort : on s’assoit, on partage, on profite du plat préparé ensemble. C’est un moment de convivialité et de calme.
Un dimanche en cuisine est un joli album, aux illustrations douces, couleurs pastel, qui donne même les deux recettes à faire à la maison !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2026
Auteur : Seoha Lim
Illustrateur : Seoha Lim
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,90 €

[BD] Quiproquos – Tome 2 : Le Chaos dérisoire, de Constance Lagrange (Delcourt)

Quiproquos – Tome 2, couverture [BD] Quiproquos – Tome 2 : Le Chaos dérisoire, de Constance Lagrange (Delcourt)

Avec Quiproquos – Tome 2 : Le Chaos dérisoire, Constance Lagrange poursuit chez Delcourt, dans la collection Pataquès, la série de gags lancée à l’automne 2025 avec L’Existence ridicule. Le principe est limpide : un quiproquo, ce vieil engrenage de comédie qui fait qu’on prend une chose pour une autre. Décliné par centaines, il devient un univers en soi — celui d’une autrice formée à l’école Émile Cohl de Lyon, repérée pour ses strips publiés sur Instagram, et qui sait, en trois ou quatre cases, tirer un sourire ou faire éclater un rire complice.

Sur le papier, l’exercice est casse-gueule : aligner cent gags muets ou presque, sans se répéter, sans tomber dans la facilité, en gardant à chaque chute la fraîcheur de la première. Constance Lagrange y parvient parce qu’elle n’oublie jamais que le quiproquo est, avant tout, une affaire visuelle. Ses dialogues se posent dans des décors épurés, ses personnages s’expriment autant par les yeux et les mains que par les bulles, et la chute tient souvent à un détail minuscule — un objet mal placé, un geste hors-temps, un mot qui rebondit sans atterrir. C’est ce sens de l’économie — pas un trait de trop, pas une réplique inutile — qui rapproche son humour des grands maîtres du gag dessiné, de Sempé à Lewis Trondheim, en passant par les pages d’humour absurde des journaux satiriques.

Avec ce deuxième volume sous-titré Le Chaos dérisoire, l’autrice resserre son propos. Le titre n’est pas un hasard : tout est dans l’ouïe sélective, dans cette habitude qu’on a tous de n’entendre que ce qu’on a envie d’entendre, et d’esquiver le reste d’une réplique de travers. Ses personnages parlent fort mais s’écoutent mal, se croisent sans se voir vraiment, et l’absurde s’invite alors par effraction, en quelques mots. Le rire qu’on en tire est doux, fraternel — celui d’un miroir tendu sans cruauté, qui dit moins notre bêtise que notre tendresse maladroite.

Graphiquement, l’album reste fidèle à l’identité visuelle du tome 1 : un format carré de 20 × 20 cm qui ressemble à un petit cube de plaisir, des aplats de couleurs douces qui contrastent avec la rugosité des situations, et un trait limpide qui doit autant à l’illustration jeunesse qu’à la BD d’humour contemporaine. Cent quatre pages plus tard, on referme le livre avec ce drôle de sentiment d’avoir feuilleté un carnet d’observation — celui d’une dessinatrice qui regarde le monde un peu de travers et nous le restitue avec gentillesse, sans jamais hausser le ton.

Quiproquos est en train de devenir, l’air de rien, l’une des séries de gags les plus rafraîchissantes du moment. Constance Lagrange — par ailleurs autrice de l’enquête graphique L’Innocent incompris – Patrick Dils, histoire d’une erreur judiciaire (Éditions du Faubourg, 2022) et du très remarqué Le Canari (Seuil, 2024) — confirme avec ce tome 2 qu’elle peut aussi bien tenir la chronique de fond que le strip percutant. Le plus joli tour de force du livre, finalement, c’est sa modestie : il ne prétend pas réinventer la comédie, il rappelle juste, à chaque page, qu’un bon quiproquo bien dessiné vaut bien des discours.

A lire !!

Quiproquos – Tome 2, couverture Résumé éditeur :

Cent gags absurdes pour rire de nos malentendus quotidiens.

Un quiproquo est une méprise qui fait qu’on prend une chose pour une autre. Au pluriel, c’est désormais une série de recueils de gags qui ne se prennent pas pour autre chose que des gags irrésistiblement absurdes. Avoir l’ouïe sélective, volontairement ou non, on l’expérimente tous. Quiproquos tome 2 est un livre qui s’amuse à nous renvoyer notre image. Les méprises s’enchaînent et l’absurde vient troubler la réalité en quelques réparties. En s’inspirant d’une mécanique classique de comédie, Constance Lagrange parvient à décliner les malentendus et à nous surprendre à chaque fois avec un art consommé de la chute.

Date de parution : 7 mai 2026
Scénario : Constance Lagrange
Dessin : Constance Lagrange
Couleurs : Constance Lagrange
Éditeur : Delcourt
Collection : Pataquès
Format / Pages : 20 × 20 cm – 104 pages
Prix indicatif : 15,95 €
EAN : 9782413091790

Une fabuleuse Exposition Lee Miller au MAM Paris jusqu’au 2 août

Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la plus grande exposition consacrée à Lee Miller en France depuis 20 ans. Certains ont découvert la photographe à l’exposition au Jeu de Paume en 2008, son histoire est unique et a été portée au cinéma en 2023 avec Kate Winslet dans le rôle titre. Le MAM Paris propose de s’immerger dans une œuvre qui a marqué l’histoire avec certains clichés légendaires.

Une femme libre devenue photographe

L’exposition est organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago pour plus de 250 tirages anciens et modernes à découvrir. l’exposition réunit près de 250 tirages anciens et modernes. Avant d’être photographe, Lee Miller a été une figure majeure de l’avant garde internationale dans ses passages dans le mannequinat et la réalisation de portraits. Devenue correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine, elle a été reconnue depuis comme une photographe de légende. L’exposition retrace le parcours unique d’une femme qui a refusé de se laisser enfermer dans la case où sa beauté la condamnait à rester enfermée. Elle a voyagé de par le monde, New York, Europe en guerre, Egypte, Londres, louvoyant entre les expérimentations et l’engagement politique. Le parcours de l’exposition propose un parcours en 6 parties approche chronologique et thématique. Après la rentrée dans l’exposition avec des portraits de Lee Miller elle-même réalisés par les plus grands photographes et cinéastes des années 1920 et 1930, elle s’impose comme une personnalité du New York de la fin des années 1920 avec une activité reconnue de mannequin. Puis le parcours passe par son séjour parisien entre 1929 et 1932, période est marquée par sa rencontre avec Man Ray dont elle devient l’apprentie et la compagne. Elle ouvre son propre studio et travaille comme photographe pour Vogue avant son départ pour New York en 1932 où elle ouvre un nouveau studio. En 1934, elle s’installe avec son nouveau mari au Caire et ses photographies marquent par leurs motifs, leurs textures et leurs cadrages. En 1942, elle est l’une des rares femmes photographes à obtenir une accréditation de correspondante de guerre par les États-Unis. Elle va couvrir le conflit et certaines de ses photos vont rentrer dans la légende comme celles des camps d’extermination de masse des nazis et celle prise dans la baignoire d’Hitler. La dernière section de l’exposition se concentre sur son installation à Farley Farm House avec Roland Penrose et leur fils Antony.

L’exposition est rien de moins que passionnante et le catalogue d’exposition édité par la Tate Britain à l’occasion de l’exposition est repris, traduit et adapté par les éditions Paris Musées. Cet ouvrage de référence sur l’œuvre de l’artiste est disponible pour revivre une exposition ouverte jusqu’au 2 aout au MAM Paris.

[BD] Le Piéton de Lyon, de Didier Tronchet (Glénat)

Le Piéton de Lyon, couverture[BD] Le Piéton de Lyon, de Didier Tronchet (Glénat)

Avec Le Piéton de Lyon, Didier Tronchet inaugure une nouvelle collection chez Glénat consacrée à la marche en ville et au regard de l’auteur de bande dessinée sur sa propre cité. L’exercice lui va comme un gant : depuis dix ans, il arpente Lyon deux fois par jour avec son chien Biloo, et ce sont précisément ces promenades patiemment répétées qu’il restitue ici, crayons et carnets en main.

Le principe de la collection « Le Piéton » est simple, et c’est ce qui en fait la force : laisser un dessinateur faire visiter sa ville comme on inviterait un ami chez soi. Pas de circuit balisé, pas de check-list de cartes postales, mais des chemins choisis, des passages personnels, des coups d’œil qu’on ne trouve pas dans les guides. La balade démarre au pied de la cathédrale Saint-Jean, dans le Vieux Lyon, puis grimpe et contourne la colline par ses ruelles les plus discrètes — la rue Mourguet et son minuscule café-théâtre, la place de la Trinité, l’impasse Turquet où se pressent les plus vieilles maisons de la ville. On bascule ensuite vers la Guillotière, on flâne sur les berges du Rhône (en passant par sa plage cachée), avant de remonter sur les pentes de la Croix-Rousse et de longer la Saône jusqu’à l’île Barbe.

Ce que Tronchet aime à Lyon, et qu’il rend palpable au fil des planches, ce sont les innombrables passerelles, les couleurs changeantes, l’effervescence et l’épaisseur historique de chaque coin de rue. L’album mêle aquarelles, croquis pris sur le vif, parenthèses inattendues et textes courts. À mi-chemin du carnet de voyage, du journal dessiné et de la chronique urbaine, l’objet se prête tout autant à la lecture continue qu’au feuilletage attentif. Un plan dessiné permet d’ailleurs au lecteur de refaire chaque itinéraire à son tour : repère pratique discret qui assume ce que la collection a d’invitatif. On retrouve dans ce projet plusieurs obsessions de Tronchet : le goût du quotidien, l’attention portée aux silhouettes anonymes, l’humour sans grimaces et cette manière particulière de transformer l’observation du banal en récit attachant.

À noter que la collection démarre en duo : Le Piéton de Bordeaux, signé François Ayroles, paraît le même jour ; Nantes est également annoncée par Glénat. Une promesse de cartographie sentimentale à plusieurs voix qui mérite d’être suivie.

À recommander aux Lyonnais, bien sûr, qui devraient retrouver leur ville avec un sourire en coin, mais aussi à toute personne sensible au carnet de voyage urbain, à l’art du croquis sur le motif, et à cette tradition de la flânerie où l’on prend le temps de regarder ce que l’on traverse d’habitude sans le voir. Une jolie façon d’entrer dans Lyon par la petite porte – c’est-à-dire par la bonne.

A lire !

Le Piéton de Lyon, couvertureRésumé éditeur :

Des balades pas comme les autres : (re)découvrez Lyon à travers les yeux d’un dessinateur de BD !

Bienvenue à Lyon. Didier Tronchet, habitant et amoureux de Lyon, arpente deux fois par jour cette ville grâce à son chien Biloo… Dix années de promenades lui ont permis d’aiguiser son regard et ses crayons. La balade commence au pied de la cathédrale Saint-Jean, dans le Vieux Lyon, avant de grimper et contourner la colline par ses ruelles secrètes. On croise la rue Mourguet et son minuscule café-théâtre, la place de la Trinité ou l’impasse Turquet qui abrite les plus vieilles maisons. Puis cap sur la Guillotière, avant une halte bien méritée sur les berges du Rhône sans oublier sa plage cachée. En face, se dressent les pentes de la Croix-Rousse, les berges de la Saône jusqu’à l’île Barbe. Ce que Didier aime à Lyon ? Ses innombrables passerelles, ses couleurs changeantes, ses ambiances différentes à chaque coin de rue, cette effervescence et son histoire. Entre croquis, parenthèses inattendues, textes et émotions, l’artiste nous entraîne dans ses quartiers secrets, ses cafés préférés et ses monuments revisités. Loin des guides touristiques classiques, ce premier album nous offre des moments de vie, de petites et grandes histoires pour croquer Lyon et s’y perdre autrement.

Extrait de la BD :

Le Piéton de Lyon, extrait

Date de parution : 6 mai 2026
Scénario : Didier Tronchet
Dessin : Didier Tronchet
Éditeur : Glénat
Collection : Le Piéton
Format / Pages : 19,8 × 26,6 cm – 136 pages
Prix indicatif : 20,00 €
EAN : 9782344071113

[WEBTOON] Tears on a Withered Flower – Tome 1, de Gae (Kbooks)

[WEBTOON] Tears on a Withered Flower – Tome 1, de Gae (Kbooks)

Avec Tears on a Withered Flower, Gae s’inscrit dans cette veine de romance adulte coréenne qui préfère les blessures intimes aux effets spectaculaires. Une femme prisonnière d’un quotidien misérable, se trouve écrasée par les dettes et enfermée dans un mariage qui s’effondre. Hae Su n’est pas une héroïne idéalisée : elle apparaît usée, humiliée, presque à sec intérieurement. L’arrivée de Tae Ha, homme énigmatique qui semble chercher son affection avec une insistance troublante, ne sert pas seulement de moteur sentimental. Elle agit aussi comme une faille dans un quotidien verrouillé, comme la possibilité d’un déplacement émotionnel dont on ne sait pas encore s’il sera salvateur ou dangereux.

Le récit joue justement sur cette ambiguïté. Tears on a Withered Flower ne vend pas une simple histoire d’amour réparatrice. Il met en scène une attirance, un trouble, une tentation, mais aussi un déséquilibre. Ce qui intéresse Gae, à première vue, c’est moins la romance pure que la fragilité d’un cœur épuisé au moment où quelque chose recommence à battre.

Visuellement, le webtoon s’appuie sur une esthétique élégante et émotionnelle, où les regards, les silences et les atmosphères comptent autant que les dialogues. Le style met en valeur la tension affective, l’usure intérieure et la beauté presque irréelle de certains personnages. Cette sophistication graphique accompagne bien le propos : elle donne au drame intime une sensualité diffuse, sans gommer la noirceur du fond.

Le titre paraît ainsi rejoindre une tendance actuelle du webtoon romantique adulte : des histoires sentimentales traversées par la violence sociale, la dépendance affective, la honte ou la reconstruction. Là où d’autres œuvres cherchent le pur fantasme, Tears on a Withered Flower préfère une forme de trouble, en plaçant son héroïne dans une zone de vulnérabilité permanente.

Ce premier tome a donc de quoi intriguer. Par sa mélancolie, son héroïne cabossée, son aura de romance interdite et sa mise en scène soignée, il ouvre une histoire qui paraît moins raconter un coup de foudre qu’un lent réveil affectif au milieu des décombres. Une entrée en matière prometteuse pour les lecteurs de romances adultes plus sombres et plus émotionnelles.

Résumé éditeur :

Après The Broken Ring, découvrez une nouvelle romance adulte chez KILY ! Un appartement miteux, une dette abyssale, un mariage chaotique. Le quotidien morose de la studieuse Hae Su sera-t-il métamorphosé par un jeune homme qui semble désespérément rechercher son affection ? Tears on a Withered Flower a été lu 2 693 millions de fois et compte plus de 16 000 commentaires en ligne. Hae-su est piégée dans un mariage malheureux. Du haut de ses trente-trois ans, elle travaille sans relâche pour rembourser les dettes de son mari et régler les frais médicaux de son fils. Mais à la beauté d’amour alors que son cœur se fane, elle fait la rencontre de Tae-ha, un mystérieux jeune homme à la beauté d’une fleur.
Date de parution : 16 avril 2026
Auteur : Gae
Éditeur : Kbooks
Collection : K!books Kill
Format / Pages : 240 pages
Prix indicatif : 16,95 €

[MANGA] Smother Me – Tomes 1 & 2, de Hiroshi Shimomoto (Glénat)

[MANGA] Smother Me – Tomes 1 & 2, de Hiroshi Shimomoto (Glénat)

Avec Smother Me, Hiroshi Shimomoto propose une duologie courte, brutale et étonnamment sensible, qui prend la forme d’un thriller criminel pour mieux raconter une enfance fracassée. En seulement deux volumes, le manga construit un univers sale, nerveux, tendu, où la violence n’est jamais décorative : elle façonne les êtres, déforme les liens et empêche toute innocence de survivre intacte.

Le point de départ du premier tome impose immédiatement sa dureté. Akio, vendu par sa mère, rebaptisé Serpent, est devenu à treize ans un tueur à gages. Mais derrière cette prémisse radicale, Smother Me ne cherche pas à fabriquer un simple anti-héros spectaculaire. Le manga s’intéresse au contraire à ce qui subsiste chez cet adolescent d’humanité, de culpabilité et de fragilité. Les souvenirs de ses victimes le hantent, et sa rencontre avec Lynne vient déplacer le récit vers autre chose qu’une seule mécanique de survie. Le deuxième tome transforme alors cette tension intime en véritable affrontement final. Les trajectoires se resserrent, les lignes de fracture deviennent plus nettes, et le récit gagne en intensité dramatique. Là où le premier volume installait un climat, le second pousse les personnages au bord de leurs contradictions.

Ce qui rend l’ensemble convaincant, c’est précisément cet équilibre entre noirceur et vulnérabilité. Hiroshi Shimomoto ne romantise jamais complètement son univers. Il met en scène des figures cabossées, parfois monstrueuses, mais laisse toujours filtrer une faille, une hésitation, une possibilité de rédemption ou d’effondrement. C’est cette instabilité morale qui donne au diptyque sa véritable force.

Graphiquement, Smother Me affirme une identité très singulière. Le trait est rugueux, nerveux, expressif, avec une énergie visuelle qui déborde parfois les codes habituels du manga commercial. On y sent une proximité avec certaines sensibilités venues du comics ou du roman graphique, sans que l’œuvre perde pour autant sa grammaire manga. Cette matière graphique participe pleinement au malaise, à la tension et à la singularité du récit.

Le format court joue ici en faveur de la série. En deux tomes, Shimomoto va à l’essentiel, sans dilution ni relance artificielle. Le récit conserve ainsi une densité appréciable et une vraie cohérence d’ensemble. Smother Me n’a pas l’ambition de bâtir une grande fresque criminelle : il préfère frapper vite, fort, et laisser une impression durable.

Au final, ces deux volumes composent un thriller âpre et atypique, porté par une vraie personnalité visuelle et par une tension dramatique constante. Une duologie brève, mais loin d’être mineure, qui confirme l’émergence d’un auteur à suivre de près.


Résumés éditeur :

Tome 1
Le jour où Akio a été vendu par sa mère, il a dû abandonner son nom. Aujourd’hui, il s’appelle Serpent, il a treize ans, et il est tueur à gages. Alors que le souvenir de ses victimes hante régulièrement ses rêves, il fait la rencontre de Lynne, une jeune aveugle. Désireux de gagner l’argent nécessaire à l’opération des yeux de celle-ci, il accepte une mission particulièrement dangereuse…
Tome 2
Singe et Moreh ont vu leurs chemins se séparer à la mort du père de ce dernier. Là où la première cherche depuis à mener sa vengeance en s’imposant comme maîtresse absolue de Détroit, le second pense que ce n’est qu’en mettant un terme aux agissements de Singe qu’il permettra à son père de reposer en paix. Impliqué malgré lui dans cette confrontation, Akio se retrouve dans le château de Singe avec un choix crucial à faire, tandis que Moreh recrute Lynne pour mener l’assaut final…
Date de parution : 22 avril 2026
Auteur : Hiroshi Shimomoto
Éditeur : Glénat
Collection : Seinen
Format / Pages : 202 pages par tome
Prix indicatif : 10,95 € / tome

[BD] Salomé, d’Alice Bienassis (Delcourt / Encrages)

[BD] Salomé, d’Alice Bienassis (Delcourt / Encrages)

Avec Salomé, Alice Bienassis signe une bande dessinée documentaire qui entend redonner un nom, une histoire et une épaisseur humaine à ce qui pourrait sinon rester un simple chiffre dans les statistiques des féminicides. Le projet est fort, frontal, nécessaire. Mais sa singularité tient aussi à la manière dont il articule enquête de terrain, récit personnel et réflexion politique, sans jamais perdre de vue la violence concrète du sujet.

Le point de départ est glaçant : lors d’un collage, l’autrice découvre que sa ville natale a été le théâtre du centième féminicide de l’année 2019. À partir de là, Salomé se construit comme une tentative de réparation symbolique. Il ne s’agit pas de parler à la place, ni de réduire une femme assassinée à sa disparition, mais de comprendre ce qui a rendu ce drame possible, puis ce qui, autour de lui, a failli.

L’album semble ainsi déplacer son centre de gravité. Il ne se contente pas d’exposer un fait divers tragique : il enquête sur tout ce qui l’entoure. Militantes, associations, avocat.e.s, dispositifs d’accompagnement, insuffisances institutionnelles, inerties administratives ou judiciaires : Alice Bienassis met au jour un système où les violences faites aux femmes ne sont pas seulement des drames individuels, mais aussi des échecs collectifs. C’est ce qui donne à l’ouvrage sa portée. Salomé n’est pas une BD à thèse au sens étroit. C’est un livre qui relie l’intime au structurel, le cas particulier à un cadre social plus large. Il rappelle que derrière chaque féminicide se trouvent aussi des signaux ignorés, des protections insuffisantes, des alertes mal entendues, des institutions défaillantes.

Le dessin, poétique malgré la dureté du propos, joue un rôle central dans cet équilibre. Il ne s’agit pas de lisser la violence, encore moins de l’esthétiser gratuitement, mais de trouver une forme juste pour rendre visible l’absence, la mémoire et la douleur sans écraser le lecteur sous une démonstration sèche. Cette retenue peut faire la différence sur un sujet aussi difficile. Alice Bienassis s’inscrit ici dans une tradition de bande dessinée documentaire engagée, mais avec une voix qui semble très personnelle, nourrie par son travail antérieur autour des violences sexistes et de la relation entre vécu intime et enjeux collectifs. Cela donne à l’ensemble une cohérence politique forte, sans empêcher le livre de rester incarné.

Au final, Salomé est une œuvre de témoignage et d’enquête importante, lucide et habitée, qui cherche moins le choc que la compréhension et la mise en lumière. Une bande dessinée qui peut compter, parce qu’elle refuse précisément que l’on s’habitue à compter.

Extrait de la BD :

Salomé planche

Résumé éditeur :

Alice Bienassis enquête sur Salomé, centième féminicide de 2019 et révèle, ainsi, les dysfonctionnements d’un système institutionnel dans la prise en charge des femmes victimes de violences en France. Lors d’un collage, Alice découvre le nom de sa ville natale, théâtre du centième féminicide de l’année. Carnet en main, elle mène une enquête de terrain pour faire de Salomé autre chose qu’un chiffre dans un décompte morbide et interroge militantes, associations et avocat.e.s qui tentent de pallier les graves manquements de nos institutions.
Date de parution : 23 avril 2026
Auteure : Alice Bienassis
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
Format / Pages : 232 pages
Prix indicatif : 23,95 €

[MANGA] Le Dernier Écrivain – Tome 1, de Chitose Akai (Glénat)

[MANGA] Le Dernier Écrivain – Tome 1, de Chitose Akai (Glénat)

Avec Le Dernier Écrivain, Chitose Akai s’empare d’un sujet très contemporain — la place de la création humaine à l’ère de l’intelligence artificielle — pour en faire un récit de science-fiction étonnamment intime. Derrière son postulat d’anticipation, le manga ne cherche pas d’abord l’esbroufe technologique : il s’intéresse surtout à ce que devient un homme, un style et une sensibilité dans un monde qui n’attend plus rien d’eux.

Yagura Sugai, écrivain autrefois inconnu, se réveille après cent ans de cryogénie dans une société où les romans sont désormais produits par l’IA. Le paradoxe est cruel : celui qui n’avait pas trouvé sa place de son vivant est devenu, avec le temps, une figure littéraire consacrée. Cette reconnaissance tardive n’a pourtant rien d’un triomphe. Elle agit au contraire comme un décalage mélancolique, presque vertigineux.

À cette idée déjà stimulante s’ajoute un moteur plus émotionnel : la lettre de son ancienne petite amie, supposée disparue depuis longtemps. Dès lors, Le Dernier Écrivain ne se contente plus d’opposer l’homme à la machine. Le manga prend la forme d’une quête, à la fois sentimentale et artistique, où écrire redevient un acte profondément personnel. L’écriture n’est plus ici un simple métier ni même un statut : elle devient une manière de retrouver un lien, une trace, peut-être une vérité.

Graphiquement, l’approche va dans le même sens. Le trait, sobre et sensible, accompagne la tonalité introspective du récit. L’atmosphère n’est pas celle d’une science-fiction spectaculaire, mais d’un futur légèrement désincarné, où le sentiment d’étrangeté naît surtout du vide laissé par la disparition du geste humain. Ce premier tome séduit ainsi moins par la promesse d’un grand thriller technologique que par sa manière de croiser réflexion contemporaine, émotion et mélancolie. Le Dernier Écrivain ouvre une piste stimulante : celle d’un manga de science-fiction qui parle autant du futur que de ce qu’il reste d’irréductiblement humain dans l’acte de créer.

Un lancement intrigant, élégant, dans l’air du temps, qui trouve sa force dans sa capacité à faire résonner un débat très actuel avec une histoire profondément personnelle.

Résumé éditeur :

Dans un futur où l’IA générative est devenue la norme, Yagura Sugai, un écrivain autrefois inconnu, se réveille après un sommeil cryogénique de cent ans. À sa grande surprise, il découvre qu’il est désormais considéré comme un écrivain nationalement célèbre. Une lettre inattendue lui parvient : elle provient de son ancienne petite amie, supposée décédée depuis longtemps. Serait-il possible que cette dernière soit toujours en vie ? Il décide alors de se consacrer à une nouvelle mission : écrire personnellement un roman qui la toucherait à nouveau.
Date de parution : 22 avril 2026
Auteur : Chitose Akai
Éditeur : Glénat
Collection : Seinen
Format / Pages : 192 pages
Prix indicatif : 7,90 €

Sorciers et Bourbiers – Le Colosse rouge, d’Alex Chauvel & Léa German (Delcourt)

Sorciers et Bourbiers Le Colosse rouge [BD FANTASY] Sorciers et Bourbiers – Le Colosse rouge, d’Alex Chauvel & Léa German (Delcourt)

Avec Sorciers et Bourbiers – Le Colosse rouge, Alex Chauvel et Léa German ouvrent un univers de fantasy qui cherche d’emblée à se distinguer par son ton et son décor. Ici, pas de nobles citadelles majestueuses ni de quête héroïque trop sage : la magie se mélange à la boue, les chevaliers croisent des sorcières, les bandits n’ont rien de folklorique, et l’ensemble avance dans une ambiance de cape et d’épée sale, volontiers décalée.

La promesse du livre est séduisante parce qu’elle joue sur le mélange entre un western, un buddy movie, un film de samouraï et une France médiévale revue dans un décor bourbeux. Cette hybridation donne au projet une personnalité certaine. On y trouve un monde plus rude, plus drôle, plus imprévisible aussi. Le point de départ, lui, repose sur une alliance forcée. Gaillandine, sorcière indépendante traquée par la loi, et Yvain, chevalier errant se faisant passer pour un ménestrel, décident de s’associer pour sortir de prison. À partir de cette base plutôt classique, le récit semble ajoute un peu de sel avec l’intervention d’un commandeur impitoyable, un colosse revenu à l’état sauvage et une veuve déterminée à tout pour le retenir.

Visuellement, le projet mise sur l’énergie et la couleur. Léa German apporte à cet univers une expressivité qui tranche avec la noirceur attendue du décor. Cela crée un contraste intéressant bien que la lisibilité ne soit pas toujours optimale. Le Colosse rouge pourrait ainsi séduire ceux qui aiment les récits d’aventure à l’ancienne, à condition qu’ils soient réinventés avec assez de personnalité pour éviter le simple exercice de style.

Au final, Sorciers et Bourbiers – Le Colosse rouge a tout du lancement intrigant : un univers de fantasy original, des personnages bien campés, un goût pour les mélanges de genres et une vraie envie de raconter. Un album qui pourrait bien trouver sa place parmi les nouvelles propositions de la fantasy grand public.

Extrait de la BD :

Sorciers et Bourbiers Le Colosse rouge Résumé éditeur :

Découvrez un nouvel univers de cape et d’épée peuplé de personnages hauts en couleur tels que des chevaliers, des sorcières et des bandits sans foi ni loi, où la magie se mêle à la terre et à la sueur. Un univers qui mélange ambiance de western à la buddy cop movie au film de samouraï, le tout dans un décor boueux de France médiévale. Gaillandine, sorcière indépendante poursuivie par la loi, et Yvain, chevalier errant se faisant passer pour un ménestrel, décident de s’associer pour sortir de prison. Ensemble, ils devront affronter le commandeur Albéric de Mortemer, moine-soldat incorruptible, Raban de Thuringe, guerrier colossal revenu à l’état sauvage et Ida Trencavel, jeune veuve prête à tout pour le rester.
Date de parution : 23 avril 2026
Auteurs : Alex Chauvel & Léa German
Éditeur : Delcourt
Collection : Terres de Légende
Format / Pages : 96 pages
Prix indicatif : 18,50 €

[MANGA] Astro Royale – Tome 3, de Ken Wakui (Glénat)

[MANGA] Astro Royale – Tome 3, de Ken Wakui (Glénat)

Avec Astro Royale – Tome 3, Ken Wakui entre franchement dans la zone de turbulence. Après deux premiers volumes consacrés à installer son univers, ses rivalités et ses règles du jeu, ce troisième tome resserre tout : les enjeux, les affrontements, les rapports de force. Le manga prend alors une direction plus frontale, plus nerveuse, presque plus brutale. Hibaru et ses alliés ne sont plus dans la découverte ou dans l’esquive, mais dans la confrontation directe. Le récit avance vite, sans perdre de vue ce qui fait tenir la série : derrière les coups échangés et les démonstrations de force, il reste toujours une question de loyauté, de transmission et de place à occuper dans un monde en ruine.

Ken Wakui reste fidèle à ce qui a fait son succès : un sens très lisible du rythme, des personnages immédiatement identifiables, et une capacité à faire monter la tension émotionnelle au cœur même de l’action. L’efficacité des scènes de combat ne masque jamais complètement la fragilité des personnages. C’est même ce contraste qui donne à la série son énergie particulière.

Graphiquement, Astro Royale poursuit sur une ligne claire et percutante. Le découpage privilégie l’impact, les visages portent fortement les affects, et les scènes d’affrontement cherchent moins la sophistication que l’efficacité immédiate. Cette frontalité convient parfaitement à une série qui joue sur l’urgence, la rivalité et la déflagration.

Ce troisième volume confirme ainsi la nature du projet : un shonen de baston, certes, mais traversé par une vraie dramaturgie de clan. Plus qu’un simple manga de pouvoirs, Astro Royale construit une guerre de succession sous adrénaline, où chaque combat vaut autant pour sa violence que pour ce qu’il révèle des personnages.

Un tome de bascule, énergique et tendu, qui assume pleinement le mélange entre fureur surnaturelle et tragédie familiale.

Résumé éditeur :

Yakuza, météorites et super-pouvoirs !Torazo est arrivé à la rescousse in extremis. La défaite évitée, Hibaru et ses compagnons se jettent tous en même temps dans la bataille pour faire face au puissant astro de Shio. Hibaru finit par lancer un coup de poing à 100 % de sa force mais le coup parviendra-t-il seulement à atteindre son frère ?Kongo Yotsurugi, chef du clan Yotsurugi, un groupe de yakuzas d’Asakusa, est décédé. Hibaru, son unique enfant biologique, se retrouve dans un conflit pour la succession du clan avec ses frères et sœurs adoptifs. C’est alors qu’à la suite d’une pluie de météorites, les gens voient s’éveiller en eux un mystérieux pouvoir appelé “astro”…
Date de parution : 22 avril 2026
Auteur : Ken Wakui
Éditeur : Glénat
Collection : Shonen
Format / Pages : 192 pages
Prix indicatif : 7,20 €

[Comics] Ghost Pepper – Tome 1, de Ludo Lullabi (Delcourt)

[Comics] Ghost Pepper – Tome 1, de Ludo Lullabi (Delcourt)

Avec Ghost Pepper, Ludo Lullabi lance une série qui assume d’emblée son goût pour le mouvement, le dépaysement et l’énergie visuelle. L’album prend place dans un monde post-apocalyptique où l’humanité a survécu, mais semble avoir troqué une menace contre un ordre tout aussi inquiétant. Entre food truck itinérant, soldats humanoïdes, concurrence féroce et secrets capables de faire vaciller les croyances communes, le décor a de quoi intriguer.

Ce qui séduit d’abord, c’est la singularité de la promesse. Ghost Pepper ne se présente pas comme une simple aventure de survie. Au cœur de son univers, il y a Loloi, héroïne mobile et débrouillarde, qui traverse les villages à bord de son camion pour vendre ses plats épicés. Cette idée d’associer cuisine, route et chaos ambiant apporte une identité immédiate au récit, tout en donnant au récit un parfum de western futuriste.

La mécanique narrative change autour de la rencontre avec Ash, personnage mystérieux dont l’existence pourrait remettre en cause tout un ordre établi. À partir de là, le récit promet autant une montée en puissance de l’action qu’un déplacement des enjeux vers quelque chose de plus vaste : la croyance, le pouvoir, la possibilité d’un monde différent. Cette articulation entre aventure spectaculaire et bascule mythologique donne au projet une ambition réelle. Graphiquement, Ludo Lullabi joue sur un registre immédiatement identifiable. Son trait hérité du comics, nourri aussi par le manga et le jeu vidéo, privilégie l’impact, la lisibilité et le dynamisme. Tout semble pensé pour la vitesse, l’élan, la confrontation. Mais cette nervosité visuelle ne se réduit pas à la démonstration technique : elle participe pleinement à la construction d’un univers vivant, dense et très incarné.

Ce premier tome paraît ainsi fonctionner comme une carte de visite ambitieuse. Ludo Lullabi y injecte manifestement son goût pour les grands mondes, les héroïnes fortes, les affrontements spectaculaires et les imaginaires hybrides. L’ensemble peut parler autant aux lecteurs de bande dessinée franco-belge qu’aux amateurs de comics d’action ou d’univers issus de la culture pop contemporaine.

Là où Ghost Pepper marque durablement, c’est dans sa capacité à faire émerger, derrière le spectaculaire, un monde avec ses croyances, ses tensions et ses zones d’ombre. Un tome d’ouverture qui mise sur l’efficacité, mais qui semble déjà préparer une montée en puissance plus large.

Résumé éditeur :

Comme un goût de cendres… Ludo Lullabi nous entraîne dans une saga d’action portée par une équipe hors du commun, confrontée à une concurrence féroce, à des soldats humanoïdes censés les protéger… et à des piments mortels ! Dans ce monde où tous vénèrent Bataar, sauveur et garant de l’ordre établi, Loloi voyage de village en village à bord de son food truck, Le Litchi, pour vendre ses plats épicés à une clientèle conquise par ses talents culinaires. La tranquillité de sa routine vacille le jour où elle sert l’une de ses spécialités à Ash. Ce mystérieux personnage est sensible à l’ingrédient secret des recettes de la jeune femme, et son existence-même pourrait faire s’effondrer les croyances communes, libérer les peuples… ou précipiter le monde dans le chaos.
Date de parution : 23 avril 2026
Auteur : Ludo Lullabi
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Format / Pages : 176 pages
Prix indicatif : 17,95 €

Fables bucoliques autogérées, de Popolitique (Delcourt / Pataqües)

Fables bucoliques autogérées [BD HUMOUR / SATIRE] Fables bucoliques autogérées, de Popolitique (Delcourt / Pataquès)

Avec Fables bucoliques autogérées, Popolitique transforme le vivant en vaste théâtre politique. Animaux, plantes, planctons et créatures en tous genres y réfléchissent, débattent, contestent et s’organisent comme les humains, dans une suite de récits courts qui empruntent autant à la fable qu’au dessin de presse et à la satire sociale. Le projet a quelque chose de réjouissant : derrière son apparente fantaisie, il vise frontalement les idées reçues, les dominations et les réflexes idéologiques de notre époque.

Le principe est simple, mais il ouvre un terrain de jeu très large. Des loups déconstruisent le mythe du mâle alpha, des poules regrettent un passé fantasmé, des fourmis rêvent d’émancipation, tandis que l’ensemble du vivant cesse d’être un simple décor pour devenir un véritable acteur politique. En déplaçant les débats humains vers le règne animal ou végétal, Popolitique crée un effet de décalage qui permet à la fois de faire rire et de pointer l’absurdité de bien des postures contemporaines.

L’intérêt de l’album tient précisément à cette tension entre légèreté et charge critique. Fables bucoliques autogérées ne se contente pas d’aligner des gags à message. Le livre semble plutôt chercher une forme de satire mobile, où l’humour devient une manière de regarder autrement les rapports de force, les discours dominants et notre manière très humaine de projeter nos catégories sur le reste du vivant.

Graphiquement, l’album paraît assumer une simplicité très lisible, presque affichée, qui sert bien le projet. Les formes sont claires, les situations immédiatement compréhensibles, et l’ensemble repose sur une efficacité d’impact plus que sur la démonstration visuelle. Ce choix renforce la parenté avec le dessin d’actualité, tout en gardant une vraie identité d’album.

Ce qui peut séduire ici, c’est aussi la cohérence d’une voix. Popolitique arrive avec un univers déjà identifié, nourri par les réseaux sociaux et par une sensibilité politique très marquée. L’album prolonge cette démarche en lui donnant une forme plus ample, plus construite, sans perdre son mordant ni son goût pour le renversement.

Au final, Fables bucoliques autogérées est un objet hybride, entre BD d’humour, fable satirique et commentaire politique. Un album qui cherche moins à rassurer qu’à bousculer, et qui pourrait bien trouver sa force dans cette capacité à faire sourire tout en grattant là où ça pique.

Fables bucoliques autogérées Résumé éditeur :

Les Fables bucoliques autogérées invitent à imaginer ce qu’il se produirait si tout ce qui constitue le vivant, les animaux, les plantes, se mettait à réfléchir, parler et se comporter comme les êtres humains. Des planctons imaginent en quel plastique ou hydrocarbure ils seront transformés. Des loups déconstruisent le mythe du mâle alpha. Des poules se mettent à penser que c’était mieux avant, quand elles étaient de gros dinosaures. Et les fourmis sont bien entendu marxistes et rêvent du grand soir. À travers ces fables, tous les êtres vivants deviennent enfin des acteurs politiques, au sens large. Et les humains risquent de regretter l’époque où ils étaient les seuls maîtres à bord.
Date de parution : 23 avril 2026
Auteur : Popolitique
Éditeur : Delcourt
Collection : Pataquès
Format / Pages : 60 pages
Prix indicatif : 13,50 €

Frère et Sœur quoi qu’il arrive…, d’Antoine Guilloppé & Margaux Zinsner (Gautier-Languereau)

Frère et Sœur quoi qu'il arrive [ALBUM JEUNESSE] Frère et Sœur quoi qu’il arrive…, d’Antoine Guilloppé & Margaux Zinsner (Gautier-Languereau)

Avec Frère et Sœur quoi qu’il arrive…, Antoine Guilloppé et Margaux Zinsner s’attaquent à un sujet universel de la petite enfance : les liens entre frère et sœur, faits de disputes, de jalousies, de jeux partagés et d’un attachement qui résiste à tout. L’album ne cherche pas la grande leçon ni le discours psychologique appuyé. Il préfère la douceur du quotidien, les petites scènes vraies et cette évidence affective qui traverse toutes les fratries.

Le livre suit Gaston et sa grande sœur Louison, deux enfants qui se chamaillent autant qu’ils s’adorent. C’est précisément ce mélange qui fait son charme. L’album rappelle avec justesse qu’aimer son frère ou sa sœur n’empêche ni les tensions ni les bouderies. Au contraire : la relation fraternelle est faite de mouvements contraires, d’élans de complicité comme de petites rivalités, et c’est ce désordre-là que le livre embrasse avec tendresse.

Le texte d’Antoine Guilloppé va à l’essentiel. Il privilégie une écriture simple, accessible, mais suffisamment sensible pour parler autant aux enfants qu’aux parents qui lisent à voix haute. Rien n’est surligné. L’émotion passe par des situations reconnaissables, par des gestes, par une proximité immédiate avec le quotidien familial. C’est ce ton juste qui permet à l’album de toucher sans forcer.

Les illustrations de Margaux Zinsner jouent un rôle essentiel dans cette réussite. Elles installent un univers chaleureux, plein de rondeur et de lumière, où les expressions et les attitudes racontent presque autant que les mots. Le choix d’animaux anthropomorphes apporte une douceur supplémentaire, tout en conservant l’identification immédiate des jeunes lecteurs. L’ensemble dégage une vraie sensation de cocon.

L’intérêt de Frère et Sœur quoi qu’il arrive… tient aussi à son équilibre. L’album ne gomme pas les petits heurts de la vie en fratrie, mais il les réinscrit dans un cadre plus vaste : celui d’un lien profond, durable, construit dans le jeu, les bêtises et les histoires partagées. Cette manière de reconnaître les conflits sans en faire un drame donne au livre une tonalité apaisante et très juste.

Au final, Antoine Guilloppé et Margaux Zinsner signent un album tendre et rassurant, qui parle avec délicatesse de ce lien si particulier entre frères et sœurs. Un livre chaleureux, à lire en famille, qui devrait facilement trouver sa place dans les bibliothèques des petits.

Frère et Sœur quoi qu'il arriveRésumé éditeur :

Dans une fratrie, il y a des hauts, des bas, des petites tensions et de la jalousie parfois mais avant tout, beaucoup de rires et de joie ! Gaston et sa grande sœur Louison sont les meilleurs complices pour faire des bêtises et se raconter les plus belles des histoires.
Date de parution : 22 avril 2026
Auteurs : Antoine Guilloppé & Margaux Zinsner
Éditeur : Gautier-Languereau
Public : Dès 3 ans
Format / Pages : 32 pages
Prix indicatif : 14,95 €

[MANGA] La Guilde marchande de Pandémonia – Tome 2, de Kachou Hashimoto (Glénat)

[MANGA] La Guilde marchande de Pandémonia – Tome 2, de Kachou Hashimoto (Glénat)

Avec ce deuxième tome de La Guilde marchande de Pandémonia, Kachou Hashimoto confirme l’originalité de sa proposition : une fantasy qui délaisse l’affrontement frontal au profit d’un principe bien plus inattendu dans le shonen — le commerce. Là où d’autres récits misent sur la puissance brute, la série choisit l’échange, la négociation et l’intelligence stratégique comme moteurs narratifs.

Lucciola et ses compagnons poursuivent leur route après leur première mission, mais se retrouvent confrontés à une menace singulière : un vaisseau fantôme dont l’équipage propose une transaction aux allures de piège. Derrière cette situation, le manga explore à nouveau son idée centrale : dans un monde dominé par les monstres, survivre ne dépend pas seulement de la force, mais de la capacité à comprendre les règles implicites qui régissent chaque rencontre.

Ce qui distingue véritablement la série, c’est ce renversement des codes. L’univers de Pandémonia reste brutal, presque darwinien, mais la réponse des protagonistes ne passe pas par la violence systématique. Le commerce devient ici une arme narrative, un moyen de désamorcer les conflits, mais aussi de révéler les rapports de pouvoir. Une approche rare dans le manga de fantasy, qui apporte une fraîcheur bienvenue.

Dans ce tome 2, les enjeux se précisent, l’univers s’élargit et les mécaniques du monde se dévoilent progressivement. Le lecteur comprend que chaque créature, chaque groupe, obéit à une logique propre, que Lucciola doit apprendre à décoder. Cette montée en complexité renforce l’intérêt de la série, qui dépasse le simple cadre de l’aventure pour proposer une véritable réflexion sur les échanges et les équilibres.

Graphiquement, Kachou Hashimoto s’inscrit dans les codes du shonen tout en conservant une certaine lisibilité. Les scènes d’action restent présentes, mais ce sont surtout les moments de tension et de négociation qui structurent le récit. Le découpage privilégie la clarté et l’efficacité, permettant de suivre sans difficulté les enjeux parfois subtils des dialogues.

Avec ce deuxième volume, La Guilde marchande de Pandémonia confirme son identité atypique. Une série qui détourne intelligemment les attentes du genre pour proposer une fantasy où la survie passe par l’échange plutôt que par la domination.

Résumé éditeur :

Face aux monstres, la victoire par l’échange plutôt que par la force !!Lucciola et ses compagnons sont sur le retour après s’être acquittés de leur mission auprès des harpies. Mais voilà qu’un vaisseau fantôme apparaît devant eux, son équipage leur proposant une transaction. Toutefois, le navire est connu pour amener les vivants à son bord afin de grossir ses rangs. Lucciola et ses compagnons, qui ne sont que de rang six, seront-ils à la hauteur ?Pandémonia, les terres où s’affrontent monstres et humains, où seule règne la loi du plus fort. Au cœur de ces affrontements se trouve la vaillante Lucciola Lunatria. Lorsque son chemin croise celui de Bilkis Draco, membre de la guilde des marchands, elle découvre un monde très particulier : celui du commerce avec les monstres.
Date de parution : 22 avril 2026
Auteur : Kachou Hashimoto
Éditeur : Glénat
Collection : Shonen
Format / Pages : 192 pages
Prix indicatif : 7,20 €

Comprendre la Chine – Ses valeurs politiques et économiques directrices, par Hiria Ottino (Les 3 Colonnes)

Comprendre la Chine – Ses valeurs politiques et économiques directrices

Il y a des livres qui racontent le monde, et d’autres qui tentent de l’expliquer. Comprendre la Chine appartient à la seconde catégorie. Sans effet de manche ni volonté de séduire, Hiria Ottino propose un texte rigoureux, presque didactique, qui s’attache à éclairer les fondations d’un système souvent perçu comme opaque.

L’ouvrage avance avec méthode. Il explore les institutions, détaille la Constitution, décrypte le rôle du Parti communiste chinois et s’attarde sur les mécanismes économiques qui ont accompagné la transformation du pays. Ce n’est pas un récit, mais une construction progressive, une cartographie intellectuelle qui permet au lecteur de se repérer dans un ensemble complexe.

Ce qui frappe, c’est la cohérence d’ensemble qui se dégage au fil des pages. Le modèle chinois apparaît ici comme un système pensé dans la durée, structuré autour de principes de continuité, de planification et d’adaptation. L’auteur ne cherche pas à convaincre, mais à exposer, laissant au lecteur le soin de se faire sa propre lecture. La densité du propos peut parfois demander une attention soutenue, mais elle est compensée par une volonté constante de clarté. Comprendre la Chine se lit ainsi comme un outil, presque un manuel, destiné à ceux qui souhaitent aller au-delà des discours simplifiés.

Pour le lecteur littéraire curieux des grands enjeux contemporains, ce livre offre une plongée dans l’architecture d’une puissance qui redéfinit peu à peu les équilibres du monde. Une lecture exigeante, mais éclairante.

Disponible ici : Hiria OTTINO – Comprendre la Chine – Ses valeurs politiques et économiques directrices

Asura a dévoilé son premier album Calme mont (sorti le 25 novembre 2025) et dévoile son album Live à la Méca, sortie du second le 01/05 sur toutes les plateformes digitales

Asura est un jeune quartet français aux instruments variés, entre rock atmosphérique et jazz, qui dévoile son premier album Calme Mont. L’album se veut une ode fascinante au temps et à la nature, porté par des musiciens experts.

Du jazz innovant

Le quartet Asura a été fondé à Paris en 2023. En furetant sur internet, j’ai découvert que les asuras sont des êtres démoniaques dans la mythologie de l’hindouisme, je ne le savais pas. Le quartet est composé du guitariste et compositeur Martin Arnoux, du saxophoniste soprano Pierre Thiot, du contrebassiste Octave Potier et du batteur Simon Jodlowski. Le groupe a remporté en 2024 le grand prix du jury de la 11ᵉ édition du tremplin Action Jazz. Le groupe s’ingénie à développer un langage jazz innovant en abrogeant les frontières entre les genres, inspiré par la nature et les grands espaces pour des compositions atmosphériques fascinantes. La musique se veut très contemplative avec des trames qui se rapprochent de l’improvisation pour de belles plongées dans l’instant présent. Le premier album Calme Mont déroute et fascine avec ses partis pris qui rappellent autant le rock progressif que le free jazz, comme dans le morceau titre Calme mont qui débute comme du Radiohead période Kid A avec son clavier qui rappelle le début d’Everything in the right place avant de s’étirer dans un jazz en liberté. Des morceaux bénéficient d’invités, comme Alexis Velet sur Equilibre ou Nina Gat sur le plus rythmé Carrousel (qui me fait penser par moments à du King Crimson) pour des suppléments d’âme qui interpellent. Le groupe s’est produit dans des clubs et festivals comme l’Anglet Jazz Festival, Éclats d’Emails, Jazz à Vienne, Pôle Culturel Evasion, Sunset Sunside et 38Riv’.

Ce premier album est une belle réussite, le live à la Méca enregistré le 27 février 2025 à l’OARA (Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine) reprend les thématiques pour un très beau moment de musique.

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française, sur France 2

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française
Photos © Agathe Poupeney / Coll. Comédie Française

Une École de danse d’une troublante modernité à la Comédie-Française, sur France 2

Il arrive que le théâtre ressuscite des œuvres qu’on croyait promises à l’oubli. Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger réalise précisément cela : redonner souffle à une comédie que Goldoni retira de l’affiche après deux malheureuses représentations. Un naufrage originel, devenu aujourd’hui matière à renaissance.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la douceur ferme avec laquelle le metteur en scène aborde cette pièce sans héros, sans grands coups d’éclat, où il se passe tout et rien à la fois. On pense à Tchekhov : la comédie naît ici de la vie même, de ces frictions quotidiennes entre un maître avare, Rigadon, incarné par un Denis Podalydès (parfait), aussi cruel que glaçant, et ses élèves intrépides, impatients d’émancipation.

« L’école de danse » devient microcosme : tout un monde social s’y reflète. Car Goldoni observe avec une acuité presque chirurgicale les forces qui traversent toute société artistique : le désir d’émancipation, d’abord, porté par ces jeunes élèves obstinés, qui rêvent moins de gloire que de liberté, liberté de créer, de choisir leur destin, de ne plus dépendre d’un maître tyrannique ou d’un protecteur capricieux.

Une école de la vie

La pièce met aussi à nu les rapports hommes-femmes : un monde où les femmes dansent, espèrent et négocient, tandis que les hommes — maîtres, impresarii, notaires, courtisans, structurent encore les règles du jeu. Mais Goldoni déjoue les places assignées : Giuseppina, Rosina ou Rosalba, loin d’être des ingénues, manient l’ironie, la stratégie et la clairvoyance sociale avec une intelligence mordante.

À travers elles, la pièce révèle comment chacun — homme comme femme — apprend à composer avec les mécanismes du jeu social : alliances opportunistes, petits mensonges, faveurs échangées, ambitions recuites.

Chacun cherche à survivre dans ce microcosme incertain, et c’est précisément là que la modernité de Goldoni surgit : dans sa manière de montrer que l’ascension sociale n’est jamais seulement affaire de talent, mais de finesse, de ruse, parfois de compromis. Au fond, cette école de danse est une école de la vie : un lieu où l’on apprend autant à s’élever qu’à se défendre, où l’art se confond avec la lutte pour exister.

Le geste fort de la mise en scène réside dans le glissement temporel vers le XIXᵉ siècle, sous l’ombre portée de Degas. Les tutus courts, les corps fragiles, les regards pesants : le sublime et la misère cohabitent, comme dans les pastels du peintre.

Le décor d’Éric Ruf, escalier avec son ascension et son échappatoire, parquets patinés, installe une élégance poussiéreuse et une vérité un peu brutale : celle d’un art qui exige, use, modèle les corps, élève aussi.

Mais pas question de ballet fictionnel. Hervieu-Léger, formateur à l’École de danse de l’Opéra, cherche la vérité du studio : échauffements, corrections, transpiration. Grâce au travail de Muriel Zusperreguy, les comédiens approchent la gestuelle réelle de la danse. En scène, le pianiste Philippe Cavagnat accompagne les exercices, glissant de Chopin à un standard de jazz : un réalisme presque documentaire. 

Et pourtant, la pièce reste comédie. Vive, parfois cruelle, mais jamais pessimiste. Goldoni, observateur sociologue avant l’heure, interroge déjà les rapports de domination, les illusions de carrière, la quête de respectabilité des jeunes artistes. Ces thèmes trouvent aujourd’hui un écho troublant : on entend derrière les répliques les débats contemporains sur l’emprise, la précarité, les inégalités de sexe. Le rire se teinte d’une lucidité nouvelle.

La troupe excelle : Florence Viala en sœur frustrée en quête d’indépendance, Loïc Corbery en comte amoureux, Pauline Clément en stratège affûtée. Chacun habite ce studio de danse comme un lieu de survie autant que de rêve.

Avec « L’École de danse », Clément Hervieu-Léger signe une mise en scène discrètement politique : un théâtre qui montre comment l’art se fabrique, comment les corps s’y perdent et s’y retrouvent. Une pièce rarement montée, devenue ici le terrain d’une véritable déclaration d’intention. Un pari réussi.

 Date : 8 mai 2026 sur France 2 à 22h25
Mise en scène : Clément Hervieu-Léger

Une exposition fascinante avec Calder, Rêver en équilibre à la Fondation Louis Vuitton

La Fondation Louis Vuitton profite du centenaire de l’arrivée en France de l’artiste américain Alexander Calder et du cinquantenaire de sa disparition en 1976 pour présenter l’exposition Calder, Rêver en équilibre avec certaines de ses œuvres les plus emblématiques sur plus de 50 ans de création.

Une exposition comme un voyage féérique

L’exposition de la Fondation Vuitton présente des œuvres créées entre la fin des années 1920 et les années 60/70. Entre les premières représentations du Cirque Calder et les sculptures monumentales qui ont redéfini l’idée d’art public, c’est tout un périple artistique qui se déroule devant les yeux des visiteurs émerveillés. Au sein de la Fondation Vuitton aux bâtiments imaginés par le célèbre architecte américain Frank Gehry, les célèbres mobiles déploient leur légèreté aérienne dans une chorégraphie féérique. Une autre exposition dédiée à Alexander Calder nommée Performing Scultpures s’était déroulée à la Tate Modern de Londres en 2015 avec des œuvres qui flottaient dans les airs et dessinaient des ombres mystérieuses sur les murs, le même sentiment d’étrangeté étreint les visiteurs fascinés par les chorégraphies aériennes des œuvres faites de métal et de plaques colorées. L’exposition comprend également des peintures et des structures rigides pour ne rien oublier de la réflexion toujours en mouvement de l’artiste. L’exposition s’étend sur plusieurs étages et a été conçue en étroite collaboration avec la Calder Foundation qui en est également le principal prêteur. Elle bénéficie en outre de prêts d’institutions internationales et de collectionneurs privés de premier ordre avec au total près de 300 œuvres, des mobiles et des stabiles et également des portraits réalisés à partir de fil de fer, des figures sculptées en bois, des peintures, des dessins et même des bijoux conçus comme de véritables sculptures. Le parcours chronologique occupe plus de 3000 m2 pour figurer les préoccupations artistiques majeures de Calder, le mouvement, la lumière, la réflexion, les matériaux bruts, l’équilibre et la gravité. Des œuvres de Picasso, Paul Klee, Miro ou Mondrian parsèment le parcours pour des rapprochements chronologiques et artistiques qui titillent l’imagination des visiteurs.

L’exposition est visible jusqu’au 16 aout 20206, l’occasion de se confronter à un artiste qui interpelle et fascine.

[BD] Braquage à la hussarde, de Vincent Brugeas & Mr Fab (Glénat)

[BD] Braquage à la hussarde, de Vincent Brugeas & Mr Fab (Glénat)

Notre avis sur Braquage à la hussarde : Vincent Brugeas et Mr Fab livrent un récit historique tendu, à mi-chemin entre le film de casse et le drame politique. Ancré dans une période charnière de l’histoire de France, l’album détourne les codes du braquage classique pour les transposer dans un contexte napoléonien en pleine chute, donnant naissance à un huis clos aussi brutal que stratégique.

L’intrigue : un braquage napoléonien en 1814

L’intrigue se déroule en 1814, alors que l’Empire vacille sous la pression des armées alliées. Cinq officiers français refusent d’assister passivement à l’effondrement du régime et élaborent un plan audacieux : capturer une comtesse royaliste afin de mettre la main sur un mystérieux coffre. Mais derrière l’or supposé se cache un enjeu bien plus vaste, capable de faire basculer l’équilibre du pouvoir.

Très rapidement, le récit abandonne la mécanique classique du braquage pour basculer vers un affrontement psychologique. Une fois enfermés dans le château, les rapports de force évoluent, les alliances se fissurent et la tension devient omniprésente. Entre fidélité à Napoléon, ambitions personnelles et tentations de trahison, les cinq hommes se déchirent sous le regard d’une comtesse loin d’être aussi vulnérable qu’elle en a l’air.

Braquage à la hussarde avis : un thriller politique tendu

C’est précisément dans cette dimension que Braquage à la hussarde trouve sa singularité. Plus qu’un récit d’action, l’album s’impose comme un thriller politique resserré, où chaque décision peut faire basculer le destin des personnages comme celui du pays. Le huis clos devient un laboratoire de tensions, où se confrontent loyauté, idéologie et survie.

Graphiquement, Mr Fab accompagne cette montée en pression avec un dessin expressif et énergique. Les compositions accentuent l’enfermement et la proximité des corps, tandis que les couleurs chaudes renforcent l’atmosphère oppressante. L’influence des grandes fresques historiques se mêle à une mise en scène très cinématographique, donnant au récit une intensité constante.

Un one-shot dense et maîtrisé

Ce one-shot se distingue également par son efficacité narrative. Sans s’étendre inutilement, il construit une progression tendue, où chaque révélation relance les enjeux. L’équilibre entre contexte historique et suspense fonctionne pleinement, rendant la lecture aussi immersive que nerveuse.

Avec Braquage à la hussarde, Brugeas et Mr Fab signent un album dense et maîtrisé, qui détourne les codes du genre pour proposer un thriller historique incisif. Une lecture tendue, intelligente et parfaitement rythmée. A lire !!

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

Cinq hommes. Un coffre. Un secret qui peut faire basculer l’Histoire.France, 1814. L’Empire s’essouffle et les armées alliées envahissent la France. Et tandis que Paris tremble, cinq officiers français ayant prêté allégeance à la franc-maçonnerie refusent de rester spectateurs de la chute de Napoléon. Leur plan : capturer une comtesse royaliste ! Ce n’est pas tant cette vieille cousine des Bourbons qui les intéresse mais son coffre qui pourrait faire vaciller le pouvoir ! Barricadée au cœur d’un château isolé, la Comtesse revenue d’exil détient un coffre-fort rempli d’or… et de secrets. Les cinq officiers livrent un assaut audacieux mais une fois à l’intérieur rien ne va se passer comme prévu. À qui est destiné ce trésor et que révèle la correspondance codée que la Comtesse garde précieusement ? Alors qu’ils n’ont jamais été aussi proches du but, des divisions éclatent entre les cinq frères d’armes. La tension monte d’un cran quand il faut arracher de leur otage le code secret du fameux coffre. Entre fidélité à Napoléon, tentation de trahison et rêve d’Amérique, les officiers se déchirent sous le regard cruel de la Comtesse prête à jouer sa dernière carte avant que la France ne bascule…
Date de parution : 22 avril 2026
Scénario : Vincent Brugeas
Dessin : Mr Fab
Éditeur : Glénat
Format / Pages : 80 pages
Prix indicatif : 18,00 €

Comment dessiner, nouvelle édition (Glénat)

Comment dessiner, nouvelle édition (Glénat)

Près de vingt ans après sa première publication, les éditions Glénat remettent en circulation Comment dessiner ? dans une nouvelle édition 2026 qui ressemble moins à une simple réimpression qu’à une véritable madeleine pour lecteurs élevés à l’école Tchô!. Le tandem Zep et Tébo y retrouve intact ce mélange d’absurde, de dérision et de passion du dessin qui faisait déjà le sel de l’édition originale de 2008.
on est surpris par la modernité étonnante de l’album : malgré son humour très “années Tchô!”, le livre conserve une fraîcheur communicative grâce à son rythme de strips, ses faux conseils techniques et son autodérision permanente. BDZoom parle ainsi d’un « ABC de la BD à l’humour XXL », rappelant que l’ouvrage reste l’un des rares manuels de dessin entièrement conçus comme une bande dessinée humoristique.
Le paradoxe fait toute la personnalité du livre : sous les blagues idiotes, les slips dessinés à la va-vite et les gags parfois volontairement régressifs, il existe de vrais conseils de narration et de mise en scène. La nouvelle édition conserve cette philosophie intacte : apprendre à dessiner sans intimidation académique. Le discours éditorial de Glénat insiste d’ailleurs sur des « vrais conseils de pros » cachés derrière les « gags poilants », formule qui résume parfaitement l’esprit de l’album.
La réédition 2026 apporte également quelques nouveautés, notamment un retour au format classique de la collection Tchô! ainsi que deux pages bonus consacrées au dessin animé. Un ajout modeste mais cohérent avec l’évolution des auteurs et avec les passerelles actuelles entre BD, animation et webtoon.

Au fond, cette édition 2026 agit surtout comme une réaffirmation de l’esprit Tchô! : une BD irrévérencieuse, généreuse et profondément amoureuse du dessin. Derrière la blague permanente, Zep et Tébo rappellent une idée simple mais précieuse : avant d’être une technique, le dessin reste un jeu.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Auteur : Zep
Illustrateur : Tebo
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 11,50 €

« Nous les grosses » : ce désordre intérieur

« Nous les grosses » : ce désordre intérieur
(c) Mathieu Ridelle

« Nous les grosses » : ce désordre intérieur

Dans une époque obsédée par le lisse, la maîtrise de soi et la tyrannie des silhouettes calibrées, « Nous les grosses » surgit comme une déflagration tendre et rageuse.

Avec ce seul en scène écrit et mis en scène par Guillaume Druez, le théâtre cesse d’être un espace de pure représentation pour redevenir un lieu de friction, de mémoire intime et de réappropriation du corps.

Rien ici ne cherche l’exemplarité militante ou le manifeste démonstratif. Le spectacle avance autrement, dans une matière plus trouble, plus vivante, faite de souvenirs, d’humiliations anciennes, de désirs empêchés et d’humour salvateur.

Le corps comme champ de bataille

On est saisi par la singularité de la construction. Guillaume Druez refuse le piège du témoignage linéaire. Il compose une partition éclatée, presque musicale, où les récits personnels se mêlent aux injonctions sociales, aux regards des autres, aux violences ordinaires que l’on finit par incorporer comme une seconde peau.

La scène devient alors un territoire mental où l’enfance, les fantasmes romantiques, les diagnostics médicaux et les humiliations quotidiennes se superposent dans un même mouvement d’exploration.

Le spectacle s’apparente à une traversée intime et à une déambulation dans les couloirs de la grossophobie contemporaine.

Mais cette réussite dramaturgique trouverait difficilement une telle puissance sans l’interprétation de Stéphane Bissot.

Rarement une actrice aura occupé l’espace avec une présence aussi entière, aussi mouvante, aussi dangereusement sincère. Elle porte une expérience traversée par toutes les contradictions d’une existence placée sous le jugement permanent des regards.

Son art est celui des grandes actrices qui composent un univers. Elle peut faire naître le rire dans une phrase avant d’y injecter soudain une détresse abyssale.

Son corps devient ici un champ de bataille poétique, un lieu d’exposition mais aussi de résistance. Chaque silence, chaque déplacement, chaque variation de souffle paraît raconter une histoire plus vaste que les mots eux-mêmes.

Il y a dans sa manière de dire le texte une beauté et une brutalité délicate. Elle dit l’inconfort, la gêne, la détresse mais aussi la liberté.

Stéphane Bissot transforme progressivement le plateau en confession collective. À travers elle, ce ne sont plus seulement les grosses qui parlent, mais tous les corps assignés, moqués, corrigés, surveillés.

La mise en scène, d’une apparente sobriété, travaille subtilement les effets de rupture. Quelques lumières crues, des surgissements musicaux, des adresses directes au public suffisent à faire basculer le spectacle du rire à la tragédie intime face à la boulimie qui dévore de l’intérieur.

Guillaume Druez comprend que le théâtre n’a pas besoin d’accumuler les signes lorsqu’un corps raconte déjà le monde. Il laisse donc respirer le vide, les suspensions, les moments de désarmement. Cette économie scénique donne au spectacle une puissance de percussion.

Un spectacle politique aussi car il ose remettre de la chair, de la vulnérabilité et du désordre là où notre époque impose une image formatée, conditionnée. On en ressort secoué, ému, et confronté à ce que les corps portent silencieusement et dangereusement en eux.

 Dates : du 15 avril au 30 mai 2026  – Lieu : Manufacture des Abbesses (Paris)
Mise en scène : Guillaume Druez

L’histoire de la cafetière (Casterman)

L’histoire de la cafetière (Casterman)

L’histoire de la cafetière est de ces albums qui commencent comme une promesse tranquille… pour mieux se renverser — littéralement — sous les yeux du lecteur. Une cafetière chute, une tache envahit la page, et soudain, l’histoire déraille. À partir de cet incident minuscule, Anne Herbauts construit un récit très inventif.
Le livre séduit par son principe narratif à la fois simple et malicieusement chaotique. Tout part d’un enchaînement absurde — un chat, un oiseau, un escabeau — qui provoque une catastrophe dérisoire mais aux conséquences collectives. L’histoire elle-même devient terrain de jeu, presque objet vivant, contaminé par la fameuse tache de café.

Très vite, le récit glisse vers une mécanique bien connue — celle de la faute partagée. “C’est à cause de l’autre !” devient le refrain implicite d’un petit monde qui se renvoie la responsabilité. 

Mais là où le livre trouve sa singularité, c’est dans l’irruption de la “Tache” elle-même, presque personnifiée, qui vient remettre de l’ordre. Ce renversement — la salissure qui devient médiatrice — est souvent relevé comme une idée forte : il transforme une péripétie banale en leçon de coexistence et de réparation. Nettoyer, ranger, s’excuser : autant d’actions concrètes qui replacent les personnages dans une dynamique collective.

L’histoire de la cafetière apparaît poétique, légèrement absurde, proche du regard enfantin. 

Acheter dans une librairie indépendante

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Avril 2026
Auteur : Anne Herbauts
Illustrateur : Anne Herbauts
Editeur : Casterman
Prix : 18,50 €

Sortie en DVD et Blu-Ray de 7 jours en juin, un film de guerre injustement passé sous les radars

Le film 7 jours en juin raconte un événement très peu connu autour du débarquement en juin 1944, l’épisode de Graignes. Le film se concentre sur des parachutistes américains largués beaucoup trop loin de leur zone prévue d’atterrissage. Le temps de se familiariser avec les personnages de soldats américains et de civils français, l’intrigue se met en place avec une entraide purement humaine entre ces 2 camps dans un combat main dans la main. Les scènes de guerre sont d’un réalisme impressionnant, même supérieur à certaines superproductions hollywoodiennes. Les affrontements font monter la tension en flèche avec des soldats à qui les spectateurs s’attachent rapidement. Le crescendo est prenant jusqu’à une dernière partie qui remue les tripes, rien de moins, de quoi se plonger dans une période de l’histoire que chacun devrait connaitre. La caméra se fond la plupart du temps dans l’ambiance de chaque plan et de chaque scène. La réalisation est solide, sans exagération et même souvent avec un sacré sens de l’épure pour un résultat d’un très beau réalisme. Pour tout dire, je n’avais pas entendu parler de ce film à sa sortie, il aurait pourtant mérité une bien meilleure publicité. Même s’il est dommage que les soldats américains parlent autant français, pas très réaliste même si dans la vraie histoire, quelques soldats acadiens ont permis une communication facile entre les soldats et les civils français. Un film à découvrir.

Synopsis: Le 6 juin 1944 les parachutistes américains sont largués en Normandie. Face aux conditions déplorables beaucoup d’entre eux vont atterrir à des dizaines de kilomètres de leur drop zone initiale. Ce sera le cas pour plusieurs soldats de la 82 ème aéroportée se retrouvant aux abords du petit village de Graignes, à 30 kilomètres de Carentan. Aidés par la population locale les parachutistes vont décider d’y établir une position de défense qui sera bientôt assiégée par une division SS. Malgré la bravoure de ces soldats et le courage de certains habitants, prêts à tout pour aider les Américains, la situation va vite s’avérer désespérée et Graignes restera dans les mémoires comme le théâtre de massacres perpétrés par les nazis et comme le petit Fort Alamo Normand dans celle des combattants américains.

[BD Jeunesse] Le Complot des grenouilles, de Júlia Rubau Vigara (Aventuriers d’Ailleurs)

[BD Jeunesse] Le Complot des grenouilles, de Júlia Rubau Vigara (Aventuriers d’Ailleurs)

Avec Le Complot des grenouilles, Júlia Rubau Vigara signe un album jeunesse qui mêle aventure, fantaisie et malice dans un univers pour le moins étrange. L’ouvrage déroule une vraie mécanique de bande dessinée d’aventure, où le mystère d’une pierre rose entraîne une bande d’enfants au cœur d’un complot amphibien du genre absurde.

Léna et ses amis, coincés dans l’ennui des vacances, tombent sur un indice qui les conduit vers une société secrète de grenouilles parlant et complotant dans l’ombre. À partir de là, l’album enchaîne les trouvailles avec une belle énergie : vieille grenouille revêche, fête de village menacée, secrets dissimulés dans les roseaux et galerie de personnages hauts en couleur. L’ensemble garde un ton vif, léger, lisible, sans jamais renoncer au goût de l’aventure.

La personnalité graphique de Júlia Rubau Vigara peut dérouter. Son trait souple, expressif, immédiatement identifiable, donne à l’album une atmosphère singulière. Il y a dans ces pages quelque chose de joueur, d’organique et de très vivant. Le Complot des grenouilles ne cherche pas à surcharger son propos : il préfère installer un imaginaire fort, faire monter le mystère, puis embarquer son jeune lectorat dans une aventure dynamique et inventive. C’est précisément cette simplicité maîtrisée qui rend l’album attachant.

Avec ce récit complet, Aventuriers d’Ailleurs publie une bande dessinée jeunesse portée par une véritable sensibilité visuelle qui pourrait plaire aux plus aventuriers d’entre nous.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Léna et ses amis découvrent une mystérieuse pierre rose liée à une société secrète de grenouilles qui prépare un mauvais coup. Entre secrets enfouis, plans farfelus et course contre une vieille grenouille bien décidée à gâcher la fête du village, l’aventure s’annonce mouvementée.
Date de parution : 29 avril 2026
Auteur : Júlia Rubau Vigara
Éditeur : Aventuriers d’Ailleurs
Collection : Histoire complète / Récit pédagogique
Format / Pages : 104 pages
Prix indicatif : 17,90 €

[BD] Les Chats en BD – Tome 3, de Christophe Cazenove, Flora & Escapa (Bamboo Édition)

Les Chats en BD – Tome 3, couverture de Christophe Cazenove, Flora & Escapa, Bamboo Édition [BD] Les Chats en BD – Tome 3, de Christophe Cazenove, Flora & Escapa (Bamboo Édition)

Avec Les Chats en BD – Tome 3, Bamboo poursuit une série jeunesse qui observe le quotidien familial à hauteur de moustaches. Après avoir déjà trouvé son ton entre tendresse, humour et scènes domestiques très parlantes, cette nouvelle aventure ajoute un grain de sable de taille dans la mécanique féline : l’arrivée d’un bébé dans la maison.

L’idée est simple, mais elle fonctionne immédiatement. Du point de vue des chats, ce nouvel être minuscule débarque avec des habitudes absurdes, des bruits incompréhensibles et une capacité déconcertante à bouleverser les routines les mieux installées. L’album joue alors sur les écarts entre perception animale et réalité familiale, en transformant les petits désordres du quotidien en ressorts comiques très efficaces.

Ce troisième volume confirme ce qui fait le charme de la série : un regard juste sur la vie de famille, sans caricature lourde ni moralisation pesante. Christophe Cazenove et Flora s’appuient sur des situations concrètes, inspirées du vécu de l’autrice, pour faire surgir un humour accessible aux enfants, tout en ménageant un second niveau de lecture pour les parents. Le résultat tient autant de la chronique domestique que de la BD d’observation, avec ce qu’il faut de douceur et d’espièglerie.

Le dessin d’Escapa participe pleinement à cette réussite. Son trait souple, expressif et immédiatement lisible donne beaucoup de présence aux chats, dont les attitudes, les regards et les réactions suffisent souvent à provoquer le sourire. Les couleurs claires et l’énergie des planches installent une ambiance vive, chaleureuse et très accueillante, idéale pour le jeune public.

Sans révolutionner la formule, Les Chats en BD – Tome 3 réussit ce qu’on attend de lui : capter avec malice un nouveau chamboulement du quotidien et en faire une lecture familiale drôle, tendre et bien rythmée. Une BD jeunesse qui comprend aussi bien les enfants que les chats… et sans doute un peu les parents débordés.

Cette série de BD jeunesse compte plusieurs volumes publiés chez Bamboo Édition. Retrouvez notre critique du Tome 1 des Chats en BD sur PublikArt.

Les Chats en BD – Tome 3 : extrait de la BD

Les Chats en BD – Tome 3, extrait de planche illustrée par Escapa

Résumé éditeur

Accueillir un troisième chat à la maison relevait déjà du défi… mais l’arrivée d’un bébé vient bouleverser tout l’équilibre ! À peine installé, le jeune félin tentait encore de trouver sa place sous le regard tantôt vigilant, tantôt malicieux, de ses deux aînés. Et voilà qu’un nouvel habitant fait irruption : un petit humain, sans poils et aux habitudes bien mystérieuses. Entre curiosité, incompréhension et ajustements du quotidien, chats et bébé apprennent à cohabiter dans une joyeuse effervescence. Ronronnements et biberons rythment désormais la vie de cette maison transformée en véritable jungle domestique.
Date de parution : 29 avril 2026
Scénario : Christophe Cazenove & Flora
Dessin : Escapa
Éditeur : Bamboo Édition
Collection : Jeunesse / Dès 7 ans
Format / Pages : 48 pages
Prix indicatif : 11,90 €

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