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Une dégustation fastueuse avec le Champagne Charpentier Terre d’émotion Brut Vérité (41,20€ la bouteille)

Depuis 2021, plusieurs articles ont paru sur Publik’Art pour évoquer la très grande qualité des champagnes de Champagne Charpentier (Pinot Meunier zéro dosage, Terre d’émotion Blanc de noirs, Terre d’émotion Blanc de blancs). La réception aujourd’hui pour dégustation du champagne Terre d’émotion brut vérité est aujourd’hui l’occasion d’une belle confirmation.

Pureté et sincérité

Le champagne est un assemblage harmonieux de différentes cépages avec 70% de Chardonnay, 15% de Pinot Noir et 15% de Pinot Meunier. A l’oeil, le champagne apparait avec une belle robe or jaune à reflets verts, les bulles sont fines et crémeuses. Le nez est fin et gourmand, pur, élégant, identitaire de son terroir. La bouche est ciselée, minérale calcaire et silex. L’assemblage est véritablement complexe, finement fruité, avec une jolie longueur. Le terroir se situe dans la Vallée de la Marne entre Crus Charly-Sur-Marne et Saulchery. Le vignoble est certifié Agriculture Biologique avec une pratique raisonnée de la culture Biodynamique. Le champagne peut se déguster idéalement à l’apéritif, pour des célébrations joyeuses ou lors d’un afterwork. Le prix de 41,20 euros la bouteille se justifie par sa très grande qualité, à la hauteur des ambitions de la maison Charpentier. Un champagne à découvrir absolument, toujours avec modération.

Publireportage: Aujourd’hui, sa réelle autonomie permet à Jean-Marc CHARPENTIER de proposer, exclusivement sur le marché traditionnel et professionnel, une marque récente, riche d’un ancestral vignoble et dotée d’un fort potentiel. Entrant complètement dans la « quête de sens » du consommateur, la Maison CHARPENTIER constitue une véritable alternative aux marques traditionnelles. Bien que déjà remarquée par les prescripteurs avertis et différents concours de référence, la Maison CHARPENTIER choisit les distributeurs les plus adaptés, en France comme à l’export, afin d’écrire, avec eux, l’histoire de cette formidable aventure humaine. La Maison, rigoureusement structurée pour répondre aux exigences du marché et de sa clientèle, poursuit ainsi son développement professionnel et équilibré à travers un solide réseau de distribution.

Le meilleur méchant loup du monde (Glénat Jeunesse)

Le meilleur méchant loup du monde (Glénat Jeunesse)

Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album jeunesse : Le meilleur méchant loup du monde.

Chaque enfant connaît l’histoire du Petit Chaperon rouge. Avec cet album, une tout autre histoire va surprendre les jeunes lecteurs. C’est le Petit Chaperon rouge qui va partir à la recherche du meilleur méchant loup du monde. Il doit vraiment faire très peur ! Et ce n’est pas si facile à trouver !

Publik’art a aimé ce conte, revisité ! Les illustrations sont juste magnifiques ! Et le scénario raconte une histoire qui fait tenir le lecteur en haleine !

Le meilleur méchant loup du monde est un joli conte moderne du Petit Chaperon rouge !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2025
Auteur : Lili La Baleine
Illustrateur : Lili La Baleine
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 13,50 €

Le grand retour de Soulages avec l’Exposition Pierre Soulages, une autre lumière, peinture sur papier au Musée du Luxembourg du 17 septembre jusqu’au 11 janvier

Le Musée du Luxembourg organise l’exposition Soulages, une autre lumière, peintures sur papier. Tout le monde se souvient l’exposition admirable Soulages de 2009 au Centre Pompidou, le Musée du Luxembourg remet Soulages au premier plan avec une exposition qui offre un parcours chronologique fort en sens. L’œuvre sur papier de Pierre Soulages constitue une facette très importante de l’oeuvre de l’artiste né à Rodez. Il a débuté dès 1946 le travail sur cette matière avec des peintures au brou de noix aux traces larges et affirmées.

Un parcours fascinant

L’exposition est un succès grâce à des prêts exceptionnels du musée Soulages avec 130 œuvres réalisées entre les années 1940 et le début des années 2000, jusqu’à 2004 et l’arrêt du travail par Soulages de l’usage de la peinture à l’huile pour celui exclusif, de l’acrylique, avec notamment 25 oeuvres inédites. Les peintures sur papier avaient été pendant longtemps conservées dans l’atelier de l’artiste, de quoi témoigner de la constance et de la liberté de l’artiste pour aborder ce support. Privilégiant au départ le brou de noix, Pierre Soulages est revenu souvent à cette matière normalement prisée des ébénistes pour ses qualités de transparence, d’opacité et de luminosité, ce qui contraste élégamment avec le blanc du papier. Soulages employait également l’encre et la gouache dans ses œuvres avec des formats restreints parfaits pour retranscrire la puissance formelle et la diversité des intentions de l’artiste. Les oeuvres offrent une vraie plongée artistique au coeur d’un langage plastique à la fois intime et fondateur pour éclairer d’un jour nouveau l’évolution artistique de Soulages. Les aficionados de l’artiste vont pouvoir se régaler et tous pourront admirer une part significative du travail de l’artiste sur le noir.

Les peintures sur papiers sont mises en avant dans un parcours qui permet de suivre l’évolution chronologique des techniques employées par Pierre Soulages pour mettre en lumière ses oeuvres. L’exposition est produite par le GrandPalaisRmn avec le soutien exceptionnel du musée Soulages, Rodez.

« Le Passé » : l’âme russe possédée par Julien Gosselin

"Le Passé": l’âme russe possédée par Julien Gosselin
Le Passé – Victoria Quesnel (en vidéo) et Denis Eyriey © Simon Gosselin

« Le Passé » : l’âme russe possédée par Julien Gosselin

« Le Passé » de Julien Gosselin plonge dans l’univers intense et méconnu de Léonid Andréïev, à partir de cinq œuvre de l’écrivain russe (1871-1919). Avec Ekaterina Ivanovna (1905), pièce centrale d’Andréïev et fil narratif, on y suit une femme mariée, Katia, qui s’ennuie dans un mariage fade, se laisse emporter dans une liaison adultère, puis s’enfonce dans un tourbillon d’excès, d’alcool, de violence conjugale et d’auto-destruction.

C’est le portrait d’une chute, mais aussi celui d’un monde qui se délite. Le couple, la famille, la société bourgeoise russe deviennent des carcans étouffants, générateurs d’hystérie et de désespoir.

Autour de cette intrigue, Gosselin ajoute d’autres textes d’Andréïev : « Requiem » et trois nouvelles (« L’Abîme », « Après le brouillard » et « La résurrection des morts »), qui élargissent l’horizon : visions apocalyptiques, pressentiment de la mort, fascination pour la folie et la destruction. On passe ainsi d’un drame intime à une fresque métaphysique hantée par la mort et le chaos.

La difficulté et la singularité d’Andréïev tiennent à son excès si russe : des passions portées à l’incandescence, une noirceur existentielle sans respiration ancrée dans la désillusion permanente, le pressentiment d’une fin du monde, et des figures féminines à la fois malmenées et ravageuses.

Katia est victime d’un ordre patriarcal violent et actrice de sa propre chute. l’auteur en fait un personnage féminin trouble d’une intensité dramatique sans retour, qui l’inscrit dans une représentation très marquée par son époque : l’hystérique, l’rrationnelle, figure ambivalente qui fascine autant qu’elle scandalise.

Et cette matière, Gosselin la met au cœur de son spectacle, transformant la radicalité du propos en une expérience scénique totale.

Âme russe et vertige existentiel 

Ce qui marque et impressionne dans cette adaptation, c’est l’ambition sans concessions de Julien Gosselin : prendre un auteur quasiment oublié du grand public et ne pas simplement le remettre sur une scène, mais tenter de le faire résonner dans une forme contemporaine et une vision percutante qui embrasse ses enjeux philosophiques, presque métaphysiques, en interrogeant le rapport au temps, à la mémoire, à la perdition, à l’amour aliéné, dévoyé, et à la mort.

Julien Gosselin opte pour la saturation, pour le mélange des formes. Le spectacle dure 4h30 avec un entracte, un marathon théâtral qui exige du public qu’il se livre totalement, qu’il soit prêt à être secoué. Les textes d’Andréïev sont tressés, juxtaposés, intercalés d’intermèdes qui ne sont pas décoratifs mais parties prenantes de la dramaturgie.

La mise en scène frappe par son dispositif : décor naturaliste et atmosphère russe, contrebalancés par l’omniprésence de la vidéo, des gros plans, des écrans. On scrute des visages, on navigue entre scène et hors-champ, entre théâtre et cinéma.

Esthétiquement, l’ensemble est d’une grande richesse : clair-obscur, travail sonore hypnotique, musique de Guillaume Bachelé et Maxence Vandevelde – en osmose totale avec la dramaturgie, où le piano et les beats donnent corps aux personnages d’Andréïev, les inscrivant dans une mélancolie/nostalgie insondable – et des ruptures visuelles.

Le jeu des acteurs s’inscrit dans une vérité poignante. Victoria Quesnel, bouleversante en Katia, livre une performance extrême, oscillant entre désir, rage, désespoir et transe hystérique. À ses côtés, Denis Eyriey, Achille Reggiani, Guillaume Bachelé, Joseph Drouet, Carine Goron et Maxence Vandervelde habitent de concert ce vertige existentiel.

Dates : du 13 septembre au 4 octobre 2025 – Lieu : Odéon – Théâtre de l’Europe (Paris)
Adaptation et mise en scène : Julien Gosselin

Interview avec Federico Nessi, alias Be my Wife, un artiste à l’univers foisonnant

Le 5 septembre dernier, je recevais les 2 EP The Restless Pursuit / To deliver a feeling de l’artiste argentin Be My Wife, alias Federico Nessi. Happé par la qualité des 8 morceaux entendus, fasciné par cet univers en ébullition, je me mettais en quête d’un surplus d’information. Rendez-vous fut pris pour un échange téléphonique convivial et exhaustif avec ce véritable citoyen du monde. Buenos Aires, Portland, Miami, Paris, son parcours de vie mêle recherche artistique et découverte de lui-même. Autant dire que l’entretien m’a permis de découvrir un personnage déterminé à accomplir son destin, avec passion, en musique, mais pas que.

Un univers artistique total décodé très tôt

L’entretien a duré une heure, de quoi en savoir beaucoup plus sur le personnage. L’accent fut d’abord mis sur le background beaux arts qu’a d’abord suivi Federico en Argentine. D’abord désireux de réaliser des vidéos via des installations et des performances, il s’est initialement dirigé vers des happenings dans le cadre de soirées. Avant de devenir aujourd’hui plus centrale, la musique a d’abord été plus secondaire. Federico se souvient avoir été tendance gothique à 16 ans lorsqu’il vivait à Buenos Aires. S’il a commencé à apprécier très tôt Depeche Mode, New Order, les Pixies, les Breeders et Nine Inch Nails, il a déménagé aux states à Miami pour ses 18 ans. Puis direction Portland au début des années 2000, Federico s’est intégré au mouvement punk underground local, participant notamment à des soirées mémorables en compagnie de Beth Ditto de Gossip (!!!), Glass Candy, Chromatics dans une époque très indy et electroclash (également connu sous les termes retro électro, tech pop, nouveau disco, la new new wave avec ambiguïté synthcore et electropunk). Après Portland, Federico est de retour à Miami en 2007, ville décrite comme paradoxale, super riche et superficielle d’un côté, mais avec également une scène culturelle foisonnante d’un autre. 2008, 2009 et 2010 sont des années riches pour Federico, il participe à l’Art Basel (manifestation d’art contemporain se tenant annuellement dans des nombreuses localisations) à Miami. Lors de ce séjour, il participe au mouvement collectif Psychic Youth Inc, véritable performance sur les transformations. Inspirée par la mythologie de la création et les voyages spatiaux, il met en scène la transmutation d’un état d’existence à un autre. C’est à cette époque qu’il découvre Throbbing Gristle, groupe britannique de musique expérimentale et bruitiste, originaire de Londres. Et c’est un énorme coup de cœur. Ce groupe est considéré comme le 1er groupe de musique industrielle, inspiré par l’art et désireux de tout partager avec le public, démarche similaire à un autre groupe connu pour ses performances totales, les Talking Heads. Ces formations symbolisent la contre culture et le mélange entre musique et art liés pour élargir le spectre. Après plusieurs années passées à Miami, l’évidence du manque d’argent en étant artiste performer le pousse à se diriger vers Paris.

A Paris, une nouvelle aventure et une révélation

Le déménagement à Paris apporte une stabilité salutaire avec une position dans la mode qui lui permet de repenser à ses aspirations artistiques personnelles. Il y a 3 ans, Federico a envie de participer à une pièce de théâtre musicale à la bourse du commerce, avec surtout l’envie de chanter. L’artiste à la base de la pièce est américain et se nomme Will Benedict et la pièce s’intitule Pandemonium, comédie musicale sur la faim insatiable qui, du bœuf en gelé Paul Bocuse au mukbang sous respirateur artificiel de Nikocado Avocado, absorbe le monde. Ce rôle est pour lui une révélation, il se décide à acheter un synthétiseur, et c’est parti pour une aventure musicale qui est toujours en cours aujourd’hui. Federico est tellement motivé qu’il écrit toutes les chansons en un mois, en 2024. Suivent les démos, la production, le mixing et le mastering entre mai et juillet 2024. Mais comme Federico souhaite créer une démarche artistique totale, il commence à réfléchir dès aout 2024 à l’image et à l’expérience autour des chansons. De fait, il transforme chaque morceau en single, chaque chanson a son clip et son vidéomix, avec à chaque fois une vision artistique et une inspiration différente selon le réalisateur du clip. Federico s’est souvenu de ses expériences à Portland et à Miami, à l’époque où il réalisait des vidéos et participait à des happenings. Les clips sont aujourd’hui visibles, notamment sur Youtube, les chansons et les clips forment des univers sonores et visuels addictifs. Et comme Federico ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin, il envisage pour 2026 de se produire dans un lieu atypique pour des performances live encore en réflexion avec 5 artistes féminines, avant qu’un vinyl ne paraisse avec ses 2 EPs. Il insiste sur l’importance cathartique des morceaux et sur la nécessite de se détacher de soi même pour partager l’expérience live avec le public.

Be my wife, pas un nom choisi au hasard

Les fans de David Bowie l’ont très bien compris, Be my wife fait référence à la célèbre chanson de Bowie sur l’album Low sorti en 1977. Comme le morceau parle de la distance, sans maison, sans attache, Federico en fait une référence évidente, allant même jusqu’à se tatouer sur la poitrine l’image de Bowie de profil de la jaquette de l’album. Notre échange évoque également les références musicales et artistiques auprès desquelles Federico s’est abreuvé. Les clips de Joy Division avec le charisme magnétique d’Ian Curtis, les personnages hauts en couleur de Trent Reznor et Dave Gahan, et l’importance de conserver du recul sur sa démarche, non sans humour et mise en abime. Le concept artistique de Be my wife, c’est tout cela, avec en arrière plan toute l’expérience des Beaux Arts que Federico a suivi au départ. Un nouveau clip est actuellement en préparation, celui de Only You. Federico est très excité par cette perspective, finir le cycle des clips et passer à une nouvelle étape de création, avec le live. Comme il suit une voie professionnelle à succès, son aventure musicale et artistique est dépourvue de pression inutile, il fait ce qu’il aime, avec énormément de satisfaction et d’implication passionnée.

La musique de Be my Wife, bruitiste, synthétique, est remplie de références avec des éléments contemporains, une sensibilité très pop à la Bowie. L’échange a permis de mettre des noms sur la table comme Wire, Love & Rockets (so alive), Boy harsher, tangerine dream, Miss Kittin, Scratch Massive, de quoi aider à mieux cerner les intentions artistiques de Federico Nessi, vivement la suite.

« L’Evénement » d’Annie Ernaux et les mots pour le dire de Marianne Basler

"L'évènement d'Annie Ernaux : les mots pour le dire de Marianne Basler
© Pascal Gély

« L’Evénement » d’Annie Ernaux et les mots pour le dire de Marianne Basler

Depuis 35 ans, Annie Ernaux, lauréate du prix Nobel de littérature en 2022, se raconte, elle, son père, sa mère, ses amants, ses années, et là, dans ce récit intime présenté sur scène, l’avortement clandestin qu’elle a subi en 1964, et qui faillit lui coûter la vie. Elle était alors une étudiante de 23 ans.

« L’Evénement », c’est d’abord un livre paru en 2000 qui raconte le parcours solitaire et effrayant de celle qui devait chercher, dans l’horreur et l’affolement du temps qui s’écoule, une « solution », c’est-à-dire une adresse secrète et de l’argent pour payer la faiseuse d’anges, ou alors devoir se résoudre à introduire elle-même dans son utérus l’un de ces objets dont la liste suscite aujourd’hui l’incrédulité et l’effroi.

En 2021, ”L’Evénement” est devenu un film, adapté au cinéma par Audrey Diwan, et récompensé du Lion d’Or à la Mostra de Venise.

Depuis le 13 février, « L’Evénement » est au théâtre de l’Atelier, mis en scène et joué par Marianne Basler, qui l’a interprétée aussi dans L’Autre Fille, autre adaptation d’un roman de l’écrivaine et qui évoquait sa sœur disparue avant sa naissance.

Face au réel

Le texte clinique, qui ne dramatise rien mais nomme la vérité dans sa justesse la plus absolue, évoque les conditions sordides de l’avortement, la violence du regard social, la culpabilité liée à un acte illégal et qui à l’époque se déroulait dans la clandestinité.

Et pas de dolorisme dans cette évocation du réel où la crudité des mots, la violence des situations se tiennent au plus près de la réalité, telle qu’elle fût éprouvée à ce moment là, dans le corps et la pensée de cette fille de 23 ans, dont un agenda et un journal reportaient le parcours douloureux et les sensations éprouvées.

Une écriture ciselée, d’une précision chirurgicale, qui résonne au plus près du réel, qu’il s’agisse des lieux, des personnes impliquées – docteurs et femmes aidantes, de ce que fut la faiseuse d’anges – et des gestes pratiqués.

Sans rien dissimuler des détails qui, justement, constituaient l’horreur de l’avortement clandestin, telle cette brosse à cheveux posée près de la cuvette où flotte la sonde qui sera introduite dans l’utérus, elle en restitue la cruelle réalité et le traumatisme qui hante encore la mémoire d’une génération de femmes.

Le ton neutre et articulé de Marianne Basler dans une incarnation totale de la langue, frappe comme un uppercut, un coup de tonnerre. L’adresse est franche et puissante.

Témoignage aussi d’une époque empreinte de paternalisme, de misogynie et de mépris de classe.

Dans une scénographie sobre aux éclairages crépusculaires, entre une chaise et une table, Marianne Basler, avec une intensité rare, donne corps à cette vérité salutaire et à sa déflagration aussi brûlante que percutante.

Dates : du 12 septembre au 19 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de l’Atelier (Paris)
Mise en scène : Marianne Basler

Anatomie de la bienveillance, d’Emmanuel Hirsch (Les éditions du Cerf)

Anatomie de la bienveillance, d’Emmanuel Hirsch (Les éditions du Cerf)

Emmanuel Hirsch, dans son livre, Anatomie de la bienveillance, aborde la façon dont notre société s’occupe des seniors et propose une nouvelle éthique de l’hospitalité. Une approche philosophique, psychologique, et surtout humaine de l’auteur autour de la bienveillance !

Ce n’est pas parce qu’on est vieux, que l’on n’a pas de rêve, plus d’envie, plus de vie, plus d’avenir !

La bienveillance, pour l’auteur, est beaucoup plus profond que ce que l’on peut penser. Il s’agit surtout de prendre en considération la personne, ses aspirations, ses désirs, ses rêves… Et lui apporter au quotidien cette ouverture qui va lui permettre de se sentir bien, ou en tout cas le mieux possible, malgré ses difficultés. Grâce à de nombreux témoignages, de nombreux exemples, on prend conscience de ce que signifie la réelle bienveillance.

D’ailleurs, l’auteur nomme les lieux de vie des personnes âgées, non pas EHPAD, mais ERVA : Espace Résidentiel de Vie Accompagnée.

Le respect, l’humain, l’accompagnement priment dans ces lieux de Vie ! Prendre le temps de …


Aujourd’hui, tout le monde souffre des diverses critiques qui entourent l’EHPAD. Le personnel comme les pensionnaires… La bienveillance n’est pas le premier objectif ! Chacun a peur d’être critiqué, ce qui est très néfaste pour tous !

Anatomie de la bienveillance est un livre riche, avec de nombreuses références humaines, qui donne une ligne de conduite, accessible à tous, et tournée vers les autres, pour les autres. Tous solidaires les uns des autres pour Réinventer une éthique de l’hospitalité. Un joli chemin à tracer, à suivre !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mai 2025
Auteur : Emmanuel Hirsch
Editeur : Editions du Cerf
Prix : 20 €

BB & the Bullets, un nouvel album très blues avec High Tide, sortie le 12/09 chez Nixon Street Recordings / Dixie Frog

BB & The Bullets est un trio blues rock néo-zélandais composé de Brian Baker (chant et guitare), Stu « The Glue » Duncan (Basse) et Brad McMillan (batterie). Le groupe est avant tout fait par la scène pour partager une énergie très communicative avec un public enthousiaste.

Du blues ultra efficace

Le groupe sait interagir avec le public pour enchainer les chansons avec une énergie folle. L’album se compose de 7 morceaux originaux et de 5 reprises don le très fameux I want you (she’s so heavy) des Beatles, les autres morceaux sont avant tout des classiques du blues. Le pont est fait entre présent et passé pour un résultat très convaincant. Les interprétations sont solides et émouvantes et le guitariste fait un très bon job, de quoi rappeler de glorieux ainés comme BB King voire Jeff Beck. Le power trio défouraille à tout va, ça fait du bien de revenir aux basiques. Si la pochette de l’album fait instantanément penser au blaze sudiste, le trio néo-zélandais ne partage pas la folie pour les armes de nombreux habitants du sud des USA. C’est la guitare de Brian Baker qui mène la danse, c’est aussi lui qui mixe et produit les 12 titres captés à domicile aux studios Nixon Street Recordings à Whanganui. Et le bonhomme aime à garder une ambiance très live qui se ressent intensément sur chacun des morceaux du trio. Les instruments sont au diapason, avec parfois l’ajout d’un orgue hamond et surtout pas d’overdubs (ou pas trop). Le premier titre original Something In The Water donne le la avec un pub-rock très gras et authentique. Le second titre Born Under A Bad Sign est une reprise de William Bell et Booker T et la confirmation est totale. Le power trio utilise une rythmique diablement efficace, 3 minutes sont bien suffisantes pour laisser l’auditeur sur les rotules. Les reprises sont réussies, et les morceaux originaux décoiffent comme il faut

L’album de BB & the bullets rappelle que le blues n’est pas mort, il bouge même assez méchamment de l’autre côté de la planète, de quoi se ruer sur un album qui sonne comme ceux de l’an 40.

La meuf en paillettes (Editions du Rocher)

La meuf en paillettes, je suis née d’un don de sperme (Editions du Rocher)

Laure Barrière nous livre un roman graphique complètement autobiographique : La meuf en paillettes, je suis née d’un don de sperme. L’auteure utilise le dessin pour raconter ce qu’elle a découvert à l’âge de 34 ans. Sa mère lui a, enfin, dévoilé, un secret de famille, qui date d’avant même sa naissance. Puisque Laure apprend que son père biologique n’est pas l’homme qui l’a élevée et aimée. Idem pour un de ses frères. Seul son frère ainé est le fils du papa. Hélas, le papa de Laure est décédé et ne pourra répondre à aucune de ses questions. Il est devenu stérile suite à des soins de son cancer. Les parents de Laure ont donc eu recours à un don de gamètes pour pouvoir avoir à nouveau un enfant. Mais à l’époque, tout le monde leur avait dit qu’il ne fallait rien dire, à personne.
Du coup, c’est vraiment très difficile pour Laure, à 34 ans de découvrir cette vérité et de ne pas pouvoir en parler avec son père.
Les illustrations sont vraiment incroyables et traduisent tellement l’état d’esprit dans lequel se trouve Laure. Ce roman graphique va certainement conforter nombre de personnes touchées par ce problème, et même les autres qui ne sont pas directement concernées ! Car c’est un problème de société. Secret, pas secret ? Connaître son géniteur ou pas ?
La meuf en paillettes, je suis née d’un don de sperme est un chouette roman graphique qui explique les sentiments que l’on peut ressentir face à une situation bouleversante. L’auteure aborde un sujet fondamental qui nous concerne tous ! Il sort aujourd’hui !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 10 septembre 2025
Auteur : Laure Barrière
Illustrateur : Laure Barrière
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 17,90 €

Avec Élodie Emery, méditer c’est pas gagné !

Avec Élodie Emery, méditer c’est pas gagné !
Photo DR

Avec Élodie Emery, méditer c’est pas gagné !

Imaginez une joute intime, où la journaliste n’emballe pas les faits dans des superlatifs forcenés, mais les sert avec la netteté d’un scalpel — tout en décochant des gags qui font mouche. Un humour grinçant, ironique, très calibré journalistiquement, qui nous fait rire avant de nous laisser bouche bée devant la gravité du propos.

C’est un peu comme rire de ses angoisses existentielles dans le métro-boulot-dodo. Cet équilibre précis entre comique et sérieux est la grande force du spectacle intitulé « Ceci n’est pas une religion ».

Une hilarité coup de poing

Courir après le sens à 25 ans, claquer la porte d’un job L’Oréal confortable, sombrer dans une petite dépression, animer un blog tendre et formidablement malin – « Mon amie chômeuse » – avant de basculer dans un journalisme d’enquête percutant : tout cela, Élodie Emery nous le raconte sans filtre, toujours sur le fil, et sans effets de manche.

Cette transparence personnelle fonctionne comme un fil rouge doux-amer, qui nous tient en haleine, nous accroche et nous rend complice.

Mais ne nous y trompons pas : derrière ce seul-en-scène du réel facétieux, se cache une enquête de dix ans, précise, terrible, parfois glaçante.

Du stage chamanique au Gers, en passant par le câlin d’Amma, jusqu’au Lérab Ling et son univers feutré — là où les apparences se fissurent, et les violences — sexuelles, institutionnelles — se rendent visibles.

Si le bouddhisme occidental se pare de bienveillance et de sérénité, le spectacle d’Élodie Emery, lui, montre ce que notre imaginaire oublie souvent : le côté obscur d’une foi devenue business.

La mise en scène est minimaliste : un pupitre, des notes, un écran de projections. Un dispositif sans fard en apparence, mais redoutablement efficace et qui frappe juste.

Vidéos, sons et images nourrissent le propos comme des indices distillés dans une enquête. On rit, on apprend, on frissonne — sans jamais se noyer.

Le jeu scénique d’Élodie Emery oscille entre authenticité touchante et rigueur journalistique. Non-actrice mais pleinement sur scène, elle assume cette ambivalence qui loin de desservir le propos, l’irise d’un ton percutant et toujours franc.

 Dates : du 9 au 13 septembre 2025 – Lieu : La Villette (Paris)
Mise en scène : Sonia Desprez, Florence Martin-Kessler, India Bouquerel

Après le cognac, ABK6 se lance dans le vin de Bordeaux avec le lancement de sa marque ABK6 Family Estate Wines

Après avoir fait preuve de son savoir faire dans le cognac comme le montrent les nombreux articles publiés sur Publik’Art (collection VSOP édition limitée Nouvel an chinois, ABK6 Cognac), ABK6 a frappé un grand coup en achetant 320 hectares de vignes en mai 2025 à Sauveterre-de-Guyenne en Gironde. Cette opération à contre-courant de la tendance actuelle marquée par la crise et les plans d’arrachage fait rentrer le nouvel acteur dans le top 10 des principaux propriétaires du département. L’objectif de production de vins blancs, rouges et de bulles se matérialise avec 5 premières cuvées adressées pour dégustation. À 72 ans, Francis Abécassis a toujours de l’ambition et l’envie de bien faire avec son appellation ABK6 Family Estate Wines..

Un vin blanc d’une belle fraicheur: Bordeaux Blanc 2024

Bordeaux Blanc ABK6 Family Estate 2024 est un vin blanc assemblé avec 5 cépages différents, Sauvignon Blanc (76 %), Sémillon (12 %), Colombard (7 %), Sauvignon Gris (3 %) et Muscadelle (2 %). A l’œil, le vin se distingue par sa robe jaune pâle. Le nez est complexe, avec des arômes très présents d’agrumes et de fruits exotiques. En bouche, le vin est d’une belle élégance, avec de la rondeur et une finale ample. Proposé au tarif de 14 euros, ce vin blanc à la fraicheur intense se déguste idéalement en apéritif, avec des fruits de mer, avec des poissons grillés ou de la cuisine végétale.

Un vin rouge convivial: Rouge de France

ABK6 Domaine Familial Rouge de France se révèle être un vin rouge flamboyant. A l’œil, le vin composé de cépage Merlot arbore une belle robe grenat brillante aux reflets pourpres. Le nez est fruité et la bouche fait ressentir des arômes de fruits rouges comme la framboise, la cerise et la groseille. Le vin rouge est léger (11,5% de volume d’alcool) et convivial, la bouche est souple et gourmande avec un bel équilibre. Au tarif de 9,90 euros la bouteille, le vin se déguste idéalement avec des grillades, des tapas, des viandes blanches ou des plats méditerranéens.

Un vin blanc raffiné et chic: Vin de France 2024 blanc

ABK6 Family Estate Vin de France est un vin blanc assemblé de 80 % de merlot (rouge) vinifié en blanc avec des cépages blancs comme le sémillon, le sauvignon gris, le colombard et la muscadelle. L’impression de déguster un Blanc de Noir ou un Blanc de Blanc est saisissante. Le vin blanc est sec avec une belle fraîcheur. A l’œil, la robe est jaune pâle. Le nez est vif avec des notes exotiques. En bouche, le vin montre un bel équilibre entre fraicheur et acidité avec une finale riche en arôme, le vin parfait pour un apéritif chic, avec tapas, fruits de mer et cuisine fusion. Proposé au tarif de 10,50 euros la bouteille, le vin apporte une touche de raffinement et de surprise.

Un vin rouge moderne: Merlot Bordeaux

ABK6 Family Estate Merlot Bordeaux est un vin rouge de caractère. Composé de cépage Merlot uniquement, le vin arbore à l’œil une robe rubis brillante aux reflets violacés. Le nez arbore des arômes fruités. En bouche, le vin dévoile des notes de fruits rouges frais (cerise, fraise et groseille) qui se marient à des tanins fins et légers avec une pointe d’acidité. La finale est fraiche. Le vin s’accorde parfaitement avec des tapas à l’apéritif ou avec un déjeuner estival composé de grillades et de légumes. Proposé au tarif de 12 euros, le vin allie gourmandise et modernité.

Des bulles élégantes avec Francis Abecassis Les Bulles Brut Prestige Méthode Traditionnelle

Composé uniquement de cépage Ugni Blanc cultivé sur les propres vignes en Charente d’ABK6, la collection ABK6 Les Bulles se révèle d’une grande élégance avec une belle finesse. A l’œil, les bulles sont éclatantes. Au nez, des arômes frais de pomme verte et de raisin blanc se distinguent et en bouche, des notes d’agrumes aboutissent à une finale franche et rafraichissante. Proposé au tarif de 13,50 euros la bouteille, ce vin méthode traditionnelle est une très belle alternative au champagne, parfait pour sublimer un apéritif ou une occasion spéciale. avec des huitres par exemple.

Publireportage:

Après avoir révélé la modernité du Cognac, ABK6 se lance dans une nouvelle aventure : les vins de Bordeaux.
Propriétaires et producteurs, nous cultivons nos propres vignes et supervisons chaque étape, de la vigne au verre. Notre vision ? Rester fidèle à notre terroir tout en y apportant une énergie moderne et audacieuse. Réputée pour son approche innovante et disruptive de la production de cognac, la marque ABK6 propose désormais des vins frais, fruités et élégants, élaborés avec des techniques de vinification contemporaines, présentés dans un design moderne et fidèles à l’esprit ABK6 : libre, accessible et exigeant. ABK6 propose ainsi deux cuvées innovantes et réussies, élaborées avec le soutien du laboratoire d’œnologie de ROLLAND & Associés et les soins attentifs d’Adeline Magère, œnologue d’ABK6. Cette diversification élargit non seulement la gamme de productions de la maison, mais reflète également une volonté affirmée de découvrir et de mettre en valeur le riche patrimoine viticole français. Situé sur 126 hectares sur la commune de Sauveterre-de-Guyenne, notre vignoble ABK6 Family Estate bénéficie d’un terroir unique, emblématique du Bordelais. Niché dans un climat océanique tempéré, il repose sur des sols argilo-calcaires et graveleux, véritables alliés pour révéler l’expression complexe et équilibrée de nos cépages. Avec une densité de plantation comprise entre 3 600 et 5 500 pieds par hectare et un rendement volontairement limité, nous cultivons nos vignes avec exigence, respectant à la fois la qualité et la vie. Ce terroir riche et authentique est à la base de nos vins de caractère, fidèles à l’esprit ABK6.

« Une heure à t’attendre » ou une rencontre qui défie les codes

"Une heure à t'attendre" ou une rencontre qui défie les codes
Thierry FREMONT, Nicolas VAUDE dans Une heure à t’attendre © Patrick Carpentier

« Une heure à t’attendre » ou une rencontre qui défie les codes

À première vue, « Une heure à t’attendre » raconte l’histoire banale d’un mari et d’un amant qui attendent une femme. Mais cette simplicité est pour le moins trompeuse. Car sous la plume de Sylvain Meyniac, le dispositif se transforme rapidement en une tragi-comédie aussi ambiguë que subtile. Pour un huis clos à la fois sensible et inattendu.

Deux hommes donc attendent volontairement la même femme qui, bien que n’apparaissant jamais est partout : dans leurs piques, dans leurs souvenirs, dans leur façon de se jauger et de s’envisager.

L’attente devient alors une épreuve de vérité, une plongée dans l’ambiguïté des rapports humains où le mari et l’amant en se découvrant – l’un à travers l’autre – deviennent complices dans leur reconnaissance réciproque, et au cœur même d’un dilemme amoureux.

Sylvain Meyniac orchestre un duel de haute précision. Où chaque réplique est un coup sur l’échiquier, chaque silence, une anticipation. L’amant est là, mais sa présence devient paradoxalement un atout : elle nourrit la patience du mari, lui permet de mesurer son amour et de l’observer sans jugement.

Une mécanique parfaite 

Le dramaturge aime les temporalités décalées, les chronologies déplacées comme autant de miroirs déformants. Ici, l’attente agit comme un sablier inversé : ce qui s’y écoule n’est pas le temps perdu, mais les possibles envisagés, les destinées suspendues.

La pièce se met à tisser des contradictions : comédie qui rit de petites maladresses humaines mais qui frôle aussi le vertige métaphysique de destins ignorés et susceptibles de se recouper et de se challenger.

Le spectateur assiste à un jeu d’équilibriste, un miroir d’ombres, où le suspense ne réside pas dans l’action mais dans la psychologie des personnages et la révélation sous-jacente de leur vérité la plus extrême.

Le texte d’une mécanique bien huilée, déjoue les situations attendues. Il brille par ses moments de drôlerie et de cynisme, où le langage devient une lecture de l’intime, des rivalités. Un instrument à la fois de séduction et de pouvoir. Les échanges sont rugueux, passionnés, mais toujours intelligents et profonds.

La femme absente n’est pas un simple prétexte : elle est la mesure de tout ce qui se joue. Elle fait émerger les qualités, les faiblesses et la sensibilité de chacun. L’absence devient présence absolue : elle transforme le huis clos en laboratoire émotionnel et psychologique. Les deux hommes, en parlant d’elle et entre eux, explorent autant leur propre humanité, leur frustration, que l’amour lui-même.

Un duo de haut vol

Et dans cette traversée, les deux comédiens sont d’une complicité époustouflante. Nicolas Vaude, d’une présence faite d’ironie tendre, de gestes suspendus et d’expressions tout en demi-teinte, campe un personnage volontiers intérieur, dont la réserve masque une profondeur fragile, une fêlure qui se découvre au fil de l’introspection.

Une interprétation marquée par une intelligence du décalage où chaque pause, chaque mot semble pensé, retenu, puis livré avec une parcimonie qui fait surgir l’émotion à contretemps.

Face à lui Thierry Frémont, plus frontal mais non moins vulnérable, frappe fort par son jeu d’une sobriété habitée, éclairée de brusques reprises d’intensité. Il fait vibrer une sorte de calme inquiet, révélant sous une apparente simplicité la complexité d’un homme aux prises avec ses contradictions et ses doutes.

La confrontation ne tourne jamais au duel stérile : elle devient caisse de résonance, chaque acteur faisant briller le personnage de l’autre par leur différence, et l’un comme l’autre incarne sans faux-semblant la vulnérabilité masculine, l’ambivalence, et le sentiment amoureux. Là où les rôles assignés trouvent aussi à s’inverser et à créer le trouble.

 Dates : du 4 septembre au 5 octobre 2025 – Lieu : Théâtre de l’Oeuvre (Paris)
Mise en scène : Delphine de Malherbe

De mauvaise foi, une satire sympathique et décalée, sortie en DVD le 7 septembre 2025

Le film De mauvaise foi est tiré du roman Les Pieuses Combines de Réginald écrit par Thomas Hervouët. Le résultat est amusant avec un déroulé réaliste et décalé à la fois dans une histoire qui s’inspire des comédies légères à la Louis de Funès.

Une comédie satirique qui fait mouche

En toile de fond, le film vise le ton de la comédie humaine avec une belle sincérité et des sentiments sur les hommes et leur attrait pour la religion avec une mise à l’épreuve constante. Des sentiments plutôt ambivalents comme la cupidité et le machiavélisme se mélangent à l’identité religieuse, l’amour ou le coup de foudre . Si la bande annonce laissait entrevoir un film très proche du ton habituel pas forcément drôle de la comédie française actuelle. Certains ont fait un rapprochement avec une comédie à la tonalité assez proche, Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu?, mais le résultat est finalement assez fin, et drôle. Les acteurs et actrices Pascal Demolon, Philippe Duquesne, Herrade Von Meir et Philippe Lafarge livrent des prestations drôles dans des situations comiques qui fonctionnent, eux qu’on ne voit pas tous les jours au cinéma. Le film est drôle, parfait pour les familles, la comédie est rafraichissante avec ces jeunes gens qui se cherchent dans un triangle amoureux, des parents inquiets par ce château délabré sur leurs bras. Ils partent tous ensemble en pèlerinage à Paray le Monial, pour un résultat aux situations savoureuses et cocasses, et même tendres. ne pouvait donner lieu qu’à des situations cocasses mais aussi très tendres.

Le film laisse le spectateur avec un sourire ravi sur les lèvres et le cœur léger. C’est agréable par les temps qui courent.

Synopsis:

Un notaire vieille France doit impérativement sauver son château délabré et empêcher le mariage de sa fille avec un golden boy prétentieux. La fortune promise par une comtesse mourante à un jeune artiste bohème, pourrait régler tous ses problèmes. À condition que le futur héritier devienne un bon catholique, et tombe amoureux de la jolie fiancée.

Tu lis quand , album jeunesse (Glénat jeunesse)

Tu lis quand , album jeunesse (Glénat jeunesse)

Les éditions Glénat Jeunesse nous propose un chouette album jeunesse, joliment illustré (on adore !), centré sur la lecture : Tu lis quand ?
Léo, Enzo, Mélisande, Lili, Antonin, Lilian, Garance, Suzie, Tarek, tous vont nous dire quand ils trouvent le temps de lire, et dans quel endroit ils lisent. Sauf Lili ! Vous ne saurez qu’à la dernière page quand Lili lit ! Et vous, vous lisez quand ?
Tu lis quand ? est un album à offrir dès le plus jeune âge ! Album trop rigolo qui donne envie de lire encore et encore et partout !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2025
Auteur : Géraldine Collet
Illustrateur :Magali Clavelet
Editeur : Glénat Jeunesse
Prix : 10,90 €

Le petit livre pour bien grandir avec un trouble Dys (Bayard jeunesse)

Le petit livre pour bien grandir avec un trouble Dys (Bayard jeunesse)

Nadège Larcher est psychologue, spécialisée en développement de l’enfant et de l’adolescent. Avec Marie Dormoy, journaliste, elles nous proposent un petit livre qui va sûrement aider beaucoup de parents et d’enfants : Le petit livre pour bien grandir avec un trouble Dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie, dysgraphie, TDA/H).
Ce livre s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux parents. Aux enfants diagnostiqués ou non.
Il faut savoir que les troubles dys concernent 10% de la population française, soit 7 millions de personnes ! Ce petit livre explique très bien les différents symptômes, et apporte des pistes pour mieux vivre avec ces difficultés. Si le handicap est invisible, cela n’empêche pas les personnes atteintes d’avoir réellement besoin d’aide.
Les auteurs donnent quelques astuces pour vivre le plus normalement possible.
Le petit livre pour bien grandir avec un trouble Dys est un petit livre très précieux et remarquablement bien fait, joliment illustré, avec humour, par Auriane Bui.

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2025
Auteur : Nadège Larcher et Marie Dormoy
Illustrateur : Auriane Bui
Editeur : Bayard jeunesse
Prix : 10,90 €

En route pour l’école (Casterminouche)

En route pour l’école (Casterminouche)

En route pour l’école est un petit album souple à mettre entre toutes les petites mains ! Et plus particulièrement pour les tout jeunes élèves qui viennent de faire leur rentrée ! C’est un album, plein d’humour, joliment illustré, qui va donner confiance à tous les petits ! Ils vont savoir comment gérer « Mauvaispoil », « Maladresse », ou « PetitGrand »… Autant de monstres qu’Alfred va mettre dans ses poches en partant à l’école.
En route pour l’école est un très chouette album pour tout-petits créé par Casterminouche !
Publik’Art est fan de Casterminouche !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Septembre 2025
Auteur : Alexandra Garibal
Illustrateur : Marion Piffaretti
Editeur : Casterminouche
Prix : 5,95 €

Be my wife, un artiste unique et addictif à découvrir avec son double EP The Restless Pursuit / To deliver a feeling, sortie le 5 septembre 2025

Be My Wife est le pseudonyme de l’artiste argentin Federico Nessi, pseudonyme clairement inspiré du célèbre titre de David Bowie sur son album Low de 1977. Le double EP The Restless Pursuit/ To Deliver a feeling donne un très bon aperçu de ses intentions dans des titres entre ambient, rock et électro dans un fourre-tout très attirant.

Des titres fascinants

Be my Wife / Federico Nessi se définit comme un artiste avant-gardiste. Installé à Paris, il s’abreuve aux sources post punk, rock et électro. Sa musique ne se fige pas dans un seul style, les facettes sont multiples et le résultat est ensorcelant. Le titre Me Cuesta annonçait la sortie de l’EP décortiqué ici, et il était clairement rythmé, addictif et hypnotique. Federico Nessi vient d’Argentine et plus précisément de Buenos Aires, il a vécu aux États-Unis à Miami et il vit maintenant en France à Paris, preuve que le bonhomme ne tient décidemment pas en place. L’inspiration Bowie tient surtout à sa période Brian Eno, ce dernier ayant beaucoup participé et inspiré la fameuse trilogie berlinoise de Bowie. Les chansons de Be my Wife sentent le bidouillage électronique, les rythmiques sont saccadées, les sonorités sentent le synthétique, tout semble avoir été savamment travaillé avec une bonne dose de nuits blanches. Les chansons ne semblent pas être complètement ce qu’elle semblent être au premier abord, comme si elles renfermaient des tiroirs secrets qui ne demandent qu’à être découverts. Les titres Another light, Melodramatic, Radically Sealed et Who you are mettent la puce à l’oreille, le loustic semble vraiment passionnant. Le premier EP 4 titres The Restless Pursuit est sorti en février 2025 et le second avec 4 nouveaux titres dont Me Cuesta est une belle confirmation. Beaucoup verront une influence Kraftwerk, voire Krautrock, voire également Devo, sans oublier Nine Inch Nails ou pourquoi pas Beck. La liberté est la seule loi, les barrières sont interdites. Ca pourrait être le début d’une nouvelle révolution, passionnante et revigorante. La voix du chanteur dispense des sonorités presque synthétiques, pour tout dire c’est une vraie révélation, voire un vrai choc. Il sonne parfois comme Dave Gahan, le frontman de Depeche Mode quand il se laisse aller dans les graves, et puis il rappelle Moby quand il est plus aigu. Ca fonctionne, c’est certain.

Be my wife sort des entiers battus et ça fait du bien de sortir du cadre. Il attrape l’auditeur par le col et le propulse dans un univers sonore dont il est difficile de sortir. Après plus de 30 écoutes, je suis piégé, Be my wife est bien l’artiste de cette fin d’année 2025.

Lady Macbeth de Msensk ou l’amour à mort selon Warlikowski, est à (re)voir sur Mezzo Opéra

Lady Macbeth de Msensk à l’Opéra Bastille : L’amour à mort selon Warlikowski
Lady Macbeth du district de Mzensk par Krzysztof Warlikowski (© Bernd Uhlig / Opéra national de Paris)

Lady Macbeth de Msensk ou l’amour à mort selon Warlikowski, est à (re)voir sur Mezzo Opéra

Cet opéra, donné à Bastille en 2019, est à (re)voir sur la chaîne Mezzo Opéra le samedi 6 septembre à 20h30.

Lady Macbeth de Mzensk est un brûlot, un coup de poing, un de ces opéras qui marque durablement l’imaginaire. Chef-d’œuvre d’un Chostakovitch d’à peine trente ans, le livret entraine l’art lyrique sur des voies sulfureuses. Où le déchaînement du désir est le résultat d’une oppression vécue par une femme prisonnière du carcan des conventions sociales et prête à toutes les transgressions. Une Madame Bovary tout droit venue du froid.

La solitude de l’héroïne y est intenable, la pression sociale étouffante, l’amour, emporté par une sexualité ravageuse. Le tout traité dans un mélange de lyrisme incendiaire et d’ironie grinçante. L’orchestre de Chostakovitch ? du métal en fusion. Ses personnages ? Des paysans, des bagnards, des ouvriers, des policiers véreux dont les griffes écrasent peu à peu la fragile Katerina, métamorphosée de scène en scène en Lady Macbeth sanguinaire.

Lorsque, dans les années 1930, Staline découvrit l’opéra de Chostakovitch, il quitta la salle avant même la fin du spectacle, laissant La Pravda dénoncer le lendemain un « chaos au lieu de musique« . Quatre-vingt ans après, la modernité et l’emportement transgressif de Lady Macbeth n’ont rien perdu de leur intensité et témoignent de la même charge et puissance abrasive.

L’opéra est inspirée du roman homonyme de Nikolaï Leskov qui raconte l’histoire de Katerina, une femme mal mariée, au fin fond de la Russie, seule, harcelée par son beau-père Boris, et qui tombe amoureuse d’un employé de son mari, Sergueï. Elle finit par empoisonner Boris qui a découvert leur liaison, puis étrangle avec l’aide de Sergueï son mari Zynovy qui les a surpris. Le corps dissimulé dans la cave, ils s’apprêtent à se marier quand le cadavre est découvert.

Les amants sont arrêtés et condamnés au bagne en Sibérie. Pendant le trajet Sergueï reproche amèrement à Katerina d’être responsable de la situation. Il courtise une jeune fille qui se donne à lui pour une paire de bas qu’il réclame à Katerina. Celle-ci entraîne alors la fille dans le fleuve où elles se noient toutes les deux.

Une descente aux enfers

Krzysztof Warlikowski dont on connait la singularité et l’exigence extrême de metteur en scène, accompagne cette descente aux enfers au plus près de l’œuvre et de la musique, aussi suggestive qu’explosive. Dans un geste radical et qui sonne juste, il transpose l’intrigue sur fond d’un abattoir dont l’univers bestial renvoie à la violence extrême des rapports humains.

Le décor glaçant élaboré par Małgorzata Szczęśniak est constitué d’un vaste espace propice au découpage séquentiel ainsi qu’au déploiement de l’histoire qui expose l’héroïne (meurtrière mais amoureuse) à un désir ardant de la chair et à un monde dépossédé de toute humanité. A la fois salon, chambre, église, puis prison, les éléments scénographiques sont interchangeables où les lumières, la vidéo, convoquent de concert des séquences ultra-réalistes et oniriques, en projection totale avec la lecture de la dramaturgie et son embrasement orchestral.

Une mise en situation qui cristallise la noirceur d’une condition humaine aux abois mais aussi le délitement d’une société machiste et violente où cruauté, trahison, perdition sont à l’œuvre.

Et dans cette fuite en avant, la soprano lituanienne Ausriné Stundyté est exceptionnelle d’incarnation où sa voix puissante impose un tempérament de feu. Quant à son partenaire qui joue l’amant Sergeï (Pavel Cernoch), il est cet objet du désir, fébrile, à la tonalité vocale dense et enveloppante.

Le reste de la distribution est au diapason, le tout emmené par une direction d’acteurs/chanteurs au cordeau. Où chaque geste/vocalise s’empare du drame, l’explore et le révèle sur la trame musicale à la fois brûlante et tendue, dont l’architecture se charge et se déploie avec force sous la direction de Ingo Metzmacher.

Date : 6 septembre 2025 sur la chaîne Opéra à 20h30
Metteur en scène : Krzysztof Warlikowski

Le classique de Kurosawa Entre le ciel et l’enfer au cinéma au cinéma en version restaurée 4K le 3 septembre

Akira Kurosawa est surtout connu pour ses films de samouraï. Il livre ici un polar aux différentes dimensions. Le polar est d’abord psychologique avec une question retorse. Faut-il payer une rançon pour délivrer un fils qui n’est pas le sien? Puis le polar devient plus classique, les policiers recherchent leur cible. Enfin le polar devient social avec une division fracassante entre riches et pauvres. Entre le ciel et l’enfer bénéficie d’une structure unique et ambitieuse mise en valeur par sa mise en scène particulièrement élaborée.

Un film très ambitieux

Le film noir bénéficie d’un travail approfondi du réalisateur sur la disposition des personnages dans l’espace, avec de multiples variations de rythme et une musique particulièrement travaillée. La maitrise et la richesse du film forcent le respect. Akira Kurosawa adapte un roman d’Ed McBainRançon sur un thème mineurEntre le ciel et l’enfer est scindé en 2 parties avec un huis clos dans la maison du riche industriel incarné par Toshiro Mifune puis la traque du kidnappeur dans les bas-fonds de la ville menée par le policier en charge de l’enquête et interprété par Tatsuya Nakadai. Les codes du film de genre ne manquent pas. La grande ville et ses quartiers malfamés, la drogue, la traque entre la police et le criminel, le tout filmé en TohoScope avec un noir et blanc somptueux. Le cinéaste fait preuve d’un sens du rythme et du suspense très poussé, avec comme point central la séquence inégalable dans le train, du même niveau qu’un Alfred Hitchcock. Le ciel, ce sont les hauteurs de la ville et la richesse de Gondo. L’enfer, ce sont les bas-fonds et la pauvreté du ravisseur. Le film interroge sur la duplicité des personnages, la victime et le coupable sont les 2 faces d’une même réalité, chacun pourrait être l’autre s’ils avaient été élevés dans deux milieux sociaux différents. Les 2 mondes sont hermétiques l’un à l’autre et Kurosawa livre une critique du capitalisme et de ses excès. Les actionnaires souhaitent le profit au détriment de toute forme de morale, avec pour conséquences les inégalités sociale permanentes qui poussent les gens à commettre les pires crimes.

La sortie au cinéma de cette version restaurée 4K permet de découvrir ou redécouvrir un des sommets de ce grand réalisateur japonais.

Synopsis: Industriel au sein d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo décide de rassembler tous ses biens afin de racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. C’est à ce moment-là qu’il apprend que son fils Jun a été enlevé et qu’une rançon est exigée. Se produit alors un véritable coup de théâtre : ce n’est pas Jun mais Shin’ichi, le fils de son chauffeur, qui a été enlevé. Gondo est désormais face à un dilemme : doit-il dépenser toute sa fortune pour sauver l’enfant d’un autre ?

Un film plein de mystère avec Sleeping Dogs en VOD/EST le 2 septembre

Le casting de ce film comprend avant tout le grand Russel Crowe dans le rôle principal d’un enquêteur souffrant d’Alzheimer. Mis au repos par sa hiérarchie, il est contacté pour reprendre une affaire où l’accusé d’une ancienne enquête clame son innocence. Diminué mais volontaire, il mène l’enquête dans une ambiance des plus paranoïaques, avec l’inévitable twist final si cher aux scénaristes américains.

Un thriller efficace

Sleeping Dogs est adapté du best-seller Jeux de miroirs d’Eugen Ovidiu Chirovici. Le réalisateur Adam Cooper se sert des principales manettes de l’ouvrage pour livrer un thriller psychologique tendu, centré sur le personnage de Roy Freeman interprété par Russell Crowe qui est un ex-policier amnésique qu’une ancienne enquête inachevée rattrape et obnubile. Le film se déroule sur le monde de chapitres, chaque personnage de chaque épisode est lié au crime, avec notamment le professeur Joseph Wieder (Marton Csokas) et Laura Baines (Karen Gillan), et l’intrigue avance avec chacune des interventions comme une pièce apportée au puzzle. Le roman multipliait les points de vue autour d’un manuscrit central, le film se recentre avant tout sur le personnage de Freeman, la narration est linéaire et agrémentée de flashbacks, le spectateur se demande souvent si les souvenirs sont vrais car ils semblent toujours incertains. La vérité est fragmentée et il faut de longs détours pour finir par la connaitre véritablement. Le réalisateur manie tension et ambiguïté et le résultat est convaincant grâce aux prestations solides de Crowe et Gillan.

Le polar est efficace, Sleeping Dogs interroge sur notre rapport à la mémoire et au réel dans une ambiance oppressante avec son lot de fausses pistes et d’ambiguités.

Synopsis: Un ancien inspecteur de la police criminelle ayant perdu la mémoire est contraint de résoudre un meurtre brutal et de découvrir des secrets effrayants de son passé oublié.

Un seul en scène solaire avec la pièce Robinson au Lucernaire

Le Lucernaire laisse toute la place nécessaire à Erwan Creignou pour adapter, mettre en scène et interpréter le roman d’aventures anglais Robinson Crusoé de Daniel Defoe, publié en 1719. Mais la pièce s’éloigne du roman original pour emprunter également à Michel Tournier et Chamoiseau, de quoi découvrir une variation originale portée par l’auteur/comédien tout en verve et en passion contenue.

Un homme échoué mais révélé à lui même

L’histoire est bien connue, un navire s’échoue et un homme seul est l’unique survivant du naufrage. Il doit survivre dans un environnement inconnu, en pleine solitude. Passé l’abattement initial, il s’ingénie à se construire un chez soi tout en trouvant des moyens de subsistance inespérés. Loin de succomber à la folie, il fait preuve d’une capacité de résilience inattendue pour résister aux foudres d’un destin contraire. A l’instar de son personnage acculé aux limites de la raison, l’interprète parvient à aviver des émotions profondes et sincères avec quelques procédés scéniques habiles et artisanaux. La scène de tempête est particulièrement marquante, le public s’y croit vraiment. La narration suit les péripéties du héros, de la trace de pied aperçue sur la plage jusqu’à la visite d’une troupe locale relativement hostile. D’autres surprises sont au rendez-vous, impossibles à spoiler pour laisser son lot de surprises aux futurs spectateurs. L’important tient à la révélation finale sur le gout du personnage pour une solitude savamment entretenue, de quoi donner envie de ne s’intéresser qu’aux choses essentielles et non pas au superflu qui est la marque de notre société capitaliste.

Robinson se joue jusqu’au 2 novembre pour découvrir un seul en scène prenant et fascinant.

Synopsis: Dans la nuit du 25 septembre 1659. En plein océan Pacifique au large des côtes du Chili, la tempête fait rage et sur le navire en perdition, un jeune marin du nom de Robinson voit sa dernière heure arriver…

Naufragé sur une île déserte, il lutte pour survivre. Il résiste à la solitude, à la folie qui l’accompagne, il s’adapte. Jusqu’à la découverte d’une empreinte humaine le long du rivage…

J’ai emprunté à Defoe, à Tournier, à Chamoiseau, à tous les naufragés et à leurs récits de survie. J’ai emprunté à nos rêves d’enfants, à nos cabanes du bout du monde…

Une tempête, un naufragé, une île… Une aventure…

Détails:

Du 27 août au 2 novembre 2025, salle Paradis

Mercredi > samedi 19H| Dimanche 15H30

Entre mes deux maisons (Milan)

Entre mes deux maisons (Milan)

Les éditions Milan nous proposent un album jeunesse particulièrement juste : Entre mes deux maisons.

C’est l’histoire d’une petite fille qui est en situation de garde alternée. Et elle nous raconte sa vie une semaine chez papa et une semaine chez maman. En fait, elle a deux vies, tellement différentes. Pour aider le temps à aller plus vite, la petite fille a tendu un fil entre ses deux vies. Elle raconte, avec beaucoup de justesse, que le moment le plus difficile pour elle, c’est celui de la séparation. Le moment où ses deux parents sont présents, où elle sent une pression entre ses deux parents ! Elle doit quitter un parent pour aller retrouver l’autre parent…

Entre mes deux maisons est un très bel album, sans jugement, qui décrit juste une situation vécue par une enfant. Et cet album, joliment illustré, pourrait aider beaucoup d’enfants dans la même situation, et inciter les parents à faire la paix, même en étant séparés…

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Août 2025
Auteur : Séverine Vidal
Illustrateur : Louis Thomas
Editeur : Milan
Prix : 13,90 €

A l’opéra de Paris, la danse musicale de George Balanchine sur France 4

A l'opéra de Paris, la danse musicale de George Balanchine
Crédit photographique: © Agathe Poupeney/ Opéra National de Paris

A l’opéra de Paris, la danse musicale de George Balanchine sur France 4

Fils de compositeur, George Balanchine (1904-1983) a appris la musique avant la danse. Toute sa vie, il a gardé cet intérêt et cette intime connaissance de la musique qui, seule, a guidé ses créations. Il disait lui-même : « Le ballet est avant tout une affaire de tempo et d’espace : l’espace délimité par la scène, le temps fourni par la musique« .

C’est donc cette musicalité des corps qui est à l’œuvre en cette soirée consacrée au maître où son classique abstrait, affranchi de toute narration, tend à l’épure et à cette géométrie de l’espace, entièrement dédiée à la musique et au mouvement. Un pur ravissement.

Ce ballet donné en 2023, a fait l’objet d’une captation diffusée sur France 4, ce soir 23 septembre 2025 à 21h00.

Architecture chorégraphique

Deux pièces majeures, deux architectures chorégraphiques, qui faisaient leur entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Ballet impérial, créé en 1941 par l’American Ballet Caravan sur le Concerto pour piano n° 2 de Piotr Ilyitch Tchaïkovski, et Who Cares ? créé en 1970 par le NewYork City Ballet sur une musique de George Gershwin. Mikhail Agrest, qui faisait ses débuts à l’Opéra de Paris, dirige l’Orchestre de l’Opéra de Paris.

Ballet Impérial, pour 31 interprètes, est d’une perfection totale dédiée à la danse et à cette géométrie de l’espace propre au maître où Balanchine rend hommage à Marius Petipa. Il y déploie son art pour un classique abstrait sans narration au seul service de la virtuosité technique et à cette grammaire néoclassique hypnotisante.

Avec Who Cares ? pour 24 danseurs, changement de tempo et de décor. Sur des airs de Gershwin dont les très connues The Man I Love ou I Got Rhythm, un vocabulaire jazzy, pleine d’effervescence, électrise le corps de ballet à l’euphorie communicative, avec pour toile de fond des gratte-ciels newyorkais entre ciel et terre.

Le ballet se divise en deux parties. La première, pleine de vitalité désinvolte, est propre à faire briller l’écriture des ensembles, tandis que la deuxième offre une atmosphère plus intimiste et fait apparaître un danseur et trois danseuses solistes.

Date : le 23 septembre 2025 sur France 4 à 21h00
 Chorégraphe : George Balanchine

Disparition d’Agnès Berthon, figure emblématique et singulière de l’œuvre de Joël Pommerat

Disparition d’Agnès Berthon, figure emblématique et singulière de l’œuvre de Joël Pommerat
Agnès Berthon dans « la Réunification des deux Corées » (c) Agathe Pommerat

Disparition d’Agnès Berthon, figure emblématique et singulière de l’œuvre de Joël Pommerat

Née à Alger le 23 juin 1959, jumelle de Florence, rapatriée sans souvenir mais avec la mémoire d’un exil fondateur, Agnès Berthon a grandi entre massif central et méditerranée, rock anglais et adolescence électrique.

Très tôt, elle pose ses pas entre musique et théâtre, pigiste à Londres pour Rock & Stock, apprentie comédienne à Paris, militante du collectif avec Christian Benedetti. Sa vie sera faite de passages, de rencontres : Miossec à Brest, Dominique Sonic à Rennes, puis un soir de 1997, Joël Pommerat. Elle avait lu son portrait, elle avait su : ce serait lui.

Dès Treize étroites têtes, elle entre dans le cercle et n’en sortira plus. Dix-sept créations, de « Au Monde » à « Ça ira (1) Fin de Louis », jusqu’à la reprise récente de « La Réunification des deux Corées ».

Actrice de l’ombre et de la lumière, elle n’ornait pas le plateau, elle le hantait. Présence androgyne, voix aérienne, puissance muette : son art consistait à accueillir, à se laisser traverser. Incarnée et désincarnée à la fois, elle portait ce réalisme magique qui fit la signature Pommerat.

Dans son théâtre, Agnès devient figure, spectre, souffle. Elle est présence et absence, réalité et hallucination. Androgyne, entité « venue d’ailleurs », elle prête à Pommerat la part de rêve et de trouble que son théâtre appelle.

On se souvient d’elle dans « Ça ira (1) Fin de Louis », grotesque et tragique à la fois. On se rappelle d’elle encore dans « La Réunification des deux Corées », en Bowie satiné, voix-tube inventée, hantant l’espace entre les scènes, séduction tragique et suspension hypnotique pour une voix de velours hors du temps.

Son art était celui de l’accueil : accueillir les hasards, les signes, les déplacements. Ne rien chercher, mais tout laisser advenir. Une actrice désincarnée et pourtant ancrée, artisanale et pourtant visionnaire. Camarade de troupe parfaite, fédératrice, généreuse, mais aussi avide de solitude et de silence.

Elle apparaissait aussi au cinéma, toujours aux lisières — Bertrand Mandico, Arnaud des Pallières, bientôt Caroline Deruas à Venise. Elle préparait encore des projets, comme si l’élan ne devait jamais cesser.

Sa vie fut tissée de rencontres, d’écoutes, d’accidents. Marquée par la mort brutale de sa mère dans son enfance, elle avait appris à vivre chaque instant comme une rareté. Sa gémellité avec Florence fondait ce rapport particulier à l’existence, cette conscience aiguë de l’éphémère.

Agnès Berthon avait ce don : rendre habitable l’étrangeté du monde. Elle savait que tout est fragile et précieux, et le disait avec son corps, sa voix, ses silences.

Le 17 août 2025, la voix s’est tue à Narbonne. Mais son souffle reste : il habite encore les mots de Pommerat, il hante ce théâtre d’ombre et de lumière.

Un mal irréparable, un roman de Lionel Duroy (Mialet-Barrault Editeurs)

Un mal irréparable, un roman de Lionel Duroy (Mialet-Barrault Editeurs)

Publik’Art suit, avec passion, Lionel Duroy depuis des années ! Encore une fois, son dernier roman qui vient de sortir, Un mal irréparable, nous a bouleversés !

Frédéric Riegerl est un écrivain français reconnu et aimé à travers le Monde ! Il a 74 ans et s’interroge sur sa vie, et surtout celle de ses parents. Il ne comprend pas pourquoi il ne s’est jamais posé de questions avant !

Et ce qu’il va découvrir du passé de ses parents va l’anéantir. Lui qui pensait avoir eu une enfance heureuse, avoir une maison de campagne… Il va se rendre sur place et découvrir l’innommable ! L’impensable, le mal irréparable !

L’auteur raconte l’histoire d’une famille qui fut déportée dans la nuit du 18 au 19 juin 1951. 40 000 personnes habitant dans une région frontalière de la Yougoslavie furent raflées par les forces de police roumaines, et déportées dans le Bărăgan. Leur vie devint un enfer. Ils luttèrent pour survivre, dans des conditions catastrophiques et beaucoup moururent, enterrés sur place… Les parents de Frédéric vont tout faire pour que leur fils ne garde aucun souvenir de sa petite enfance, aucun souvenir de cette période dramatique et si cruelle… Et lui, va attendre de devenir orphelin pour s’interroger sur le sens de sa vie et de celle de ses parents… Il ne le fera jamais de leur vivant, n’imaginant absolument pas le passé tragique qu’ils ont tous vécu !

Lionel Duroy nous embarque avec beaucoup de pudeur et de dignité dans une Histoire quasi insoutenable, avec une plume tellement juste et vraie.

Un mal irréparable est un roman à lire absolument, comme un hommage rendu à toutes ces victimes qui ont vraiment existé !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Aout 2025
Auteur : Lionel Duroy
Editeur : Mialet-Barrault Editeurs
Prix : 21 €

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