J’ai adoré mourir, de Sophie Chauveau (Editions Télémaque)
Sophie Chauveau nous confie ses pensées dans son dernier livre : J’ai adoré mourir. Si elle raconte ses expériences personnelles autour de la mort, elle se livre aussi sur la façon de vivre en France, et ce, durant la période de la Covid. Une bonne analyse de ce que nous avons tous vécu ! Et que l’on n’a pas du tout envie de revivre !
Elle nous livre aussi sa vie familiale avec ses filles exilées en Israël. Pas facile de vivre séparées. Mais on ne lui a pas demandé son avis… Elle doit faire son deuil d’une certaine façon. Accepter de voir grandir ses filles, loin d’elle. accepter de ne pas être auprès d’elles alors qu’elles vont faire euthanasier leur chien…
C’est aussi passionnant car l’auteure est historienne et analyse le monde. Et l’on plonge aussi dans un monde littéraire et artistique bouillonnant. Quelle culture ! Elle nous confie à la fois sa vie personnelle, sa vie familiale, ses interrogations sur le passé, l’Histoire, les persécutions, les attentats, la Shoah, le monde dans lequel nous vivons… La mort rôde partout autour de Sophie Chauveau. Elle enterre les personnes qu’elle aime et fait souvent des nécrologies… Si elle reste très triste à chaque fois qu’elle perd une personne aimée, la mort ne lui fait pas peur. Mais vraiment pas peur. Elle-même a vécu deux fois la mort… Elle a presque failli mourir deux fois ! Mais c’était plutôt un chemin vers la joie et la lumière… Une expérience au final pas du tout traumatisante !
J’ai adoré mourirest un livre très autobiographique, très vrai et émouvant. Mais c’est surtout une ode à la vie !
Le film Oxana de Charlène Favier raconte la naissance du mouvement Femen. Le mouvement a été fondé notamment par OksanaChatchko, artiste peintre et activiste féministe à l’existence courte mais intense. La renommé internationale des Femen provient de protestations publiques réalisées sous forme de happening-coup de poing dans le but de dénoncer la prostitution institutionnalisée en Ukraine, ainsi que la corruption ou les élections truquées en Russie.
Un biopic musclé
Les Femen étaient connues pour écrire écrire des slogans chocs sur leurs poitrines dénudées avec pour résultat des photos de leurs manifestations reprises dans le monde entier. Le film colle à l’histoire particulière de l’héroïne et il amoindrit quelque peu la rage, la révolte, la passion et la radicalité de la résistance. Robin Campillo avait un peu plus collé à l’esprit des temps dans son opus dans 120 battements par minute. Le film aborde 2 sujets principaux et incontournables, la lutte des femmes et l’Ukraine, avec tous les tressaillements politique qui y sont liés. Le film alterne entre 2 époques, 2008 et 2018, et 2 pays, l’Ukraine et la France, pour une densité indéniable. Si la fluidité et l’effervescence en pâtissent quelque peu, le film tient en haleine grâce à l’enchainement des évènements pour un destin particulier qui touche à l’universalité. L’actrice Albina Korzh se donne à fond dans un film qui remonte l’histoire récente et justifie des actions marquantes en étayant le contexte.
Oxana est un film à découvrir en DVD, BRD et VOD le 19 aout pour un beau coup de projecteur sur un destin hors normes.
Synopsis: Ukraine, 2008. La jeune Oxana et son groupe d’amies multiplient les actions, slogans peints sur le corps et couronnes de fleurs dans les cheveux, contre un gouvernement arbitraire et corrompu. C’est la naissance d’un des mouvements les plus importants du XXIe siècle : FEMEN. Réfugiée politique, artiste, activiste, Oxana franchira les frontières et militera sans relâche pour les droits des femmes et la liberté, jusqu’à risquer sa propre vie.
Au premier plan les inoubliables Don Draper (Jon Hamm) et Peggy Olson (Elisabeth Moss)
« Mad Men » : le vide sublime du rêve américain
« Mad Men », c’est une série qui a réussi l’exploit de transformer le néant en objet d’art. Sept saisons où l’on regarde des types fumer, boire, tromper leurs femmes et essayer de vendre du shampoing comme si c’était Shakespeare. Et le pire ? On est fascinés.
Parce que derrière les costumes taillés et les répliques glacées, il y a quelque chose de plus grand, de plus sombre : le spectacle sublime de l’illusion qui se fissure.
Don Draper (Jon Hamm) par exemple : c’est un mystère en costard, une silhouette qu’on croit solide, mais qui se dissout au fur et à mesure qu’on l’approche.
L’élégance fatale
C’est le mensonge devenu chair, une cicatrice habillée en publicité Coca-Cola. Un personnage tellement creux qu’il en devient poétique. On pourrait se moquer de lui — et on le fait, évidemment — mais avouons-le : quand il vend un mensonge, il nous vend aussi la beauté du mensonge. Et ça, c’est hallucinant.
Car Mad Men n’est pas qu’une satire du rêve américain : c’est une symphonie de silences, de regards perdus dans la fumée, de gestes insignifiants qui deviennent tragiques. C’est lent, oui. Mais cette lenteur est calculée, presque hypnotique. Elle nous force à contempler l’érosion, à voir comment un sourire impeccable peut cacher une solitude abyssale.
Et puis il y a les femmes de la série — Peggy Olsaon (Elisabeth Moss), Joan Holloway (Christina Hendricks), Betty Draper (January Jones), coincées dans un décor trop étroit et habitées d’une illusion funeste, qui sont les véritables héroïnes de ce soap trouble et complexe, traversant ce monde saturé de whisky et de testostérone avec un mélange de fragilité et de puissance.
Eux croient écrire l’histoire en inventant des slogans ; elles, elles survivent à l’histoire en la transformant de l’intérieur. Elles sont le contrepoint lumineux d’un décor saturé de faux-semblants.
Au fond, « Mad Men » n’est pas une série sur la pub, ni sur les sixties, ni même sur Draper. C’est une série sur le vide. Mais pas un vide triste ou morne : un vide magnifique, chorégraphié, taillé sur mesure, mystérieux, habillé de soie et de fumée.
Un vide qui ressemble étrangement au nôtre, celui des réseaux sociaux, des identités bricolées, des slogans qu’on s’invente pour se rendre supportables.
Alors oui, « Mad Men », c’est une série qui nous berce avec du néant. Mais avouons-le : rarement le vide n’aura été aussi beau à regarder, aussi vertigineux à s’imprégner de sa détresse existentielle.
Sur Arte.tv « Mad Men » l’intégrale en sept saisons
Marie-Laure de Decker à la MEP : l’art de viser juste
La MEP nous tend le miroir d’une époque en cendres : Vietnam, Tchad, Soweto, l’ombre de Pinochet… Le conflit est là, bien présent, mais Marie-Laure de Decker évite le choc frontal — elle préfère le hors-champ, la suggestion, l’humanité effleurée, non la violence surimprimée.
Pas de fracas, pas de poudre — la photographe tire au silence. Ses clichés du Vietnam ou du Tchad, aujourd’hui accrochés à la MEP, ne montrent pas la balle mais le souffle qu’elle laisse. Soldats épuisés, enfants sidérés : la guerre suinte dans les regards, pas dans les explosions.
L’engagement droit dans les yeux
Car avec elle l’image ne hurle pas, elle sourd dans la dignité des visages, l’intensité des silences, et dans ce pas de côté débusqué où la vie continue malgré tout, se montre envers et contre tout.
Pas d’explosions, pas de feu d’artifice sanglant : la guerre se lit dans les creux, dans les postures, dans les corps que la photographe sculpte à coups de lumière. Elle ne montre pas l’impact de la balle, mais la seconde qui précède ou suit. Le silence avant le chaos.
Puis viennent les portraits : Barthes, Duras, de Beauvoir, Godard. Même régime sec : pas de décor, pas de fioritures. Les icônes tombent le masque, ramenées à leur chair nue. De Decker ne hiérarchise pas : l’anonyme et la célébrité, le combattant et l’écrivain, tous logés au même cadre, à la même intensité.
Elle ne vole rien : elle attend. On sent dans chaque image le temps partagé, la confiance arrachée ou délivrée. Ce n’est pas la chasse de Capa, ni le spectacle de Nachtwey ; c’est une lente mise à nu, presque une ascèse. Le regard de ses sujets ne se détourne pas, il affronte celui qui le regarde aujourd’hui. Et ce face-à-face, c’est nous qui le recevons.
L’exposition façonne un dialogue constant : l’histoire et l’intime. Le reportage et le portrait se répondent, comme si la violence du monde ne pouvait s’exprimer que par la tension du sensible opposé. À l’échelle du photographe, c’est une quête d’équilibre : documenter sans sacrifier l’humain.
Près de 300 photos, toutes tendues comme des cordes prêtes à rompre, composent cette première grande rétrospective. On en sort le regard aiguisé. Car ici, l’image n’est pas souvenir — elle est l’engagement même, droit dans les yeux.
Dates : du 4 juin au 28 septembre 2025 – Lieu : MEP (Paris) Photographe : Marie-Laure de Decker
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album jeunesse, documentaire sur le thème des animaux: J’aime les animaux ! Et ce sera mon métier…
Publik’Art vous avait déjà fait découvrir un très chouette album, dans la même collection : J’aime la mode.
Le jeune lecteur va découvrir tous les métiers qui tournent autour des animaux. Il est évident que vous en connaissez déjà beaucoup, vétérinaires, comportementaliste, physiothérapeute, mais connaissez-vous le secouriste de la faune sauvage, l’inspecteur en protection animale, le policier maître-chien, l’éthologue, l’aquariologiste, ou encore le trayeur de serpent ? Le jeune lecteur va découvrir 50 métiers et 50 surprises sous les rabats ! Toujours en rapport avec les animaux !
Les illustrations sont pleine d’humour, et les explications des différents métiers sont très claires et très intéressantes.
J’aime les animaux est un très chouette album, entièrement cartonné, grand format, à offrir aux garçons comme aux filles car tout le monde aime les animaux ! Un album documentaire intelligent et pédagogique !
« Le Messie » selon Wilson : icônes, silences et éclats – à (re)voir sur ARTE concert en hommage au grand Bob
En hommage à Bob Wilson, disparu le 31 juillet 2025, (notre article ici), ARTE concert propose de (re)découvrir sa mise en scène du célèbre oratorio de Haendel réorchestré par Mozart. Un spectacle créé à Salzbourg en 2020, porté par le chef d’orchestre français MarcMinkowski et Les Musiciens du Louvre. Capté le 23 janvier 2020 lors de la Semaine Mozart à Salzbourg en Autriche et disponible sur ARTE concert jusqu’au 5 novembre 2025.
C’est dans le cadre de la Semaine Mozart de Salzbourg, événement annuel d’envergure, que Bob Wilson a offert sa vision personnelle du Messie de Haendel dans la version de Mozart.
Composé en seulement 24 jours en 1741, l’oratorio repose sur un livret de Charles Jennens. Pensée comme un triptyque pascal, l’œuvre raconte les grands épisodes de la vie de Jésus. Près de cinquante ans après sa composition, le baron Gottfried van Swieten demande à Mozart de moderniser la partition pour répondre aux attentes et aux instruments de l’époque. Une vaste fresque hiératique, servie par la direction musicale de Marc Minkowski à la tête de son ensemble Les Musiciens du Louvre, fondé en 1982 et spécialiste de l’interprétation historiquement informée.
Notre critique :
Une mise en scène marquante dans un répertoire rarement scénographié
Bob Wilson demeure fidèle à son vocabulaire onirique et stylisé — cadre structuré, lumière minérale, gestuelle hiératique inspirée du théâtre nō. Chaque tableau se déploie comme une œuvre d’art abstraite, à la fois symbolique et immersive. Et nous plonge dans son univers scénique minimaliste et infiniment mystérieux.
Wilson écarte toute narration chrétienne explicite. Il privilégie une lecture contemplative et mystique, dénuée de toute dimension dogmatique. Les symboles foisonnent : fragments de bois brûlés, ailes d’ange en papier, arbres renversés, icebergs, barque immersive… Pour autant d’images à la portée spirituelle sans être littérales.
Le dramaturge introduit des personnages inattendus — fillette, danseur, épouvantail jaune — qui humanisent subtilement le propos. Le ténor Stanislas de Barbeyrac, en dandy espiègle, transcende son rôle avec une présence scénique réjouissante.
Marc Minkowski et Les Musiciens du Louvre offrent une lecture riche d’atmosphères, jouant le contraste entre les couleurs boisées de Mozart et la gestuelle visuelle de Wilson.
La distribution vocale sert à merveille le propos de Minkowski et Wilson : équilibre entre pureté formelle et couleurs suggestives. Les moments d’excellence sont emmenés par les solistes capables de s’imposer dans cet univers visuel et poétique très codifié. Le chœur, en osmose parfaite, parvient à maintenir la majesté et la densité nécessaires à cette version « mozartisée » du Messie.
« Le Messie », oratorio contemplatif et non dramatique, est un terrain ardu à mettre en scène. Wilson relève haut la main ce défi porté par cet imaginaire qui n’appartient qu’à lui, s’attachant à une relecture audacieuse, à contre-pied des versions plus psychologisantes, comme celle de Claus Guth.
Elle est une immersion visuelle puissante, une méditation scénique plus qu’un récit. Elle nous emporte par son audace, sa beauté froide onirique et ses touches d’humour inattendues. Une stylisation propre au dramaturge qui exige une disponibilité émotionnelle de la part du spectateur, qui doit se laisser aller à cette invitation unique à un art total, à la fois poétique, minimaliste et profondément symbolique.
Othello ou la passion selon Shakespeare ! sur France 4, le 10 août à 0h40
Shakespeare analyse avec génie l’humain dans sa dimension intemporelle et universelle.
Complexes, équivoques et ambigus, tout en clairs-obscurs et en contrastes, ses personnages de théâtre et quel théâtre ! laissent deviner, dans le conflit entre raison et passion, monstruosité et angélisme, sublime et grotesque, toute l’ambivalence d’une humanité protéiforme.
Après Le roi Lear qu’il avait monté au festival d’Avignon il y a 15 ans, Jean-François Sivadier revient à Shakespeare avec Othello et nous offre un grand moment de théâtre.
La pièce emblématique du dramaturge anglais nous embarque dans les aventures d’un homme d’honneur, le Maure de Venise, qui après avoir offert sa confiance au plus fourbe des êtres, Iago, finira par sombrer dans la barbarie.
Othello raconte comment un homme (Le Maure), poussé par un autre (Iago) qui incarne l’essence du mal par excellence, finit par tuer sa femme. Cette pièce universelle se montre terriblement ravageuse sur la condition humaine. C’est une œuvre beaucoup moins épique que les autres, poisseuse et très grinçante, qui se concentre sur la violence des rapports humains.
Une tragédie donc qui sous le regard décalé de Jean-François Sivadier, tire allègrement vers la comédie pour mieux en révéler toute sa noirceur et sa cruauté, où les enjeux de pouvoirs, les jeux de masque et de manipulation à tous les étages sont portés à leur paroxysme.
Une mise en scène endiablée et de haut vol
Réécrit dans sa version française par Jean-Michel Déprats, le texte devient ici matière contemporaine, où s’explorent à l’envi le vice et la vertu des protagonistes. Le tout dans un rythme d’enfer à l’abri d’apartés, de ruptures sarcastiques, d’excursions en wolof ou en italien, d’improvisations bouffonnes sur une bande-son très seventies (Dalida, Freddie Mercury, John Lennon…) sans oublier les références au Joker de Batman ou encore à une séance de psychanalyse et des adresses faites au public.
On y porte le verbe haut et le geste ample dans cette mise en scène pétrie d’intelligence, laissant toute leur place aux comédiens et à leur jeu décalé dans le pur esprit shakespearien.
La pièce met à nu le processus d’humiliation sociale et d’emprise où dès les premières scènes la confusion règne dans les ruelles de Venise. Où l’amour d’un noir pour une femme blanche doit affronter un père dévasté, un amant éconduit et un officier en mal de reconnaissance.
Incarnation du mal absolu qui voit la supercherie se fomenter avant de s’accomplir, Iago est un prédateur constituant le personnage central avec et par qui la tragédie se déploie. Traitre et manipulateur, à l’abri d’une théâtralité poussée à son zénith, Nicolas Bouchaud (époustouflant) très physique, campe un personnage malfaisant aussi diabolique que primaire, investi de tout son être dans l’exécution machiavélique de son plan d’action.
Sous le feu de son poison, Othello est progressivement contaminé où dévoré par le doute, il réagit irrationnellement en projetant sur lui ce que les autres attendaient, l’image d’une bête immonde.
Dans une approche solaire et crépusculaire du verbe, Adama Diop (Othello) prend les traits avec brio d’un héros d’aujourd’hui à la fois conquérant, amoureux, puis rongé par le doute et dont la résonance renvoie à cette ère du soupçon et son implacable emprise sur les esprits. Bravo !
Date : 10 août 2025 sur France 4 à 0h40 Mise en scène : Jean-François Sivadier
Couteaux affûtés, esprits aussi : Julien Lefebvre relance la partie
L’assassinat — ce vieux sport d’intérieur que la littérature anglaise a su élever au rang d’art dramatique — revient, sous les traits ciselés de Julien Lefebvre, hanter les planches d’un théâtre victorien aussi feutré qu’assourdissant de mystères.
Avec « L’Heure des Assassins », l’auteur poursuit, avec la précision méthodique d’un horloger suisse, sa trilogie dédiée aux écrivains-enquêteurs — Conan Doyle, Bram Stoker et ce cher Bernard Shaw, réunis non par l’absinthe mais par le crime.
Une troupe au taquet
Le texte est une mécanique bien huilée : jeux de mots so british, faux-semblants qui se multiplient, et intrigue rythmée.
Julien Lefebvre s’amuse à convoquer les figures de l’âge d’or du roman policier non pour les flatter, mais pour les piéger dans leur propre mythe. On ne regarde pas « L’Heure des Assassins » : on y participe, malgré soi, comme on participe à une partie de Cluedo dont on serait suspect, témoin et lecteur à la fois.
Le théâtre ici n’est pas seulement l’endroit du spectacle : il est l’arme du crime. On y assassine à coups de mots, de soupçons, de doubles fonds. Le rideau se lève, mais la vérité, elle, tarde à tomber. Et c’est tant mieux.
Les comédiens, au diapason, incarnent avec jubilation leurs personnages. Ludovic Laroche brille comme un Conan Doyle imperturbable, observateur et méthodique. Jérôme Paquatte et Nicolas Saint Georges, en Stoker et Shaw, composent un duo de rivaux littéraires aux tempéraments opposés mais complémentaires
Stéphanie Bassibey campe Katherin/Soeur Belgrave avec beaucoup de présence : sa soprano théâtrale et son humour pince sans rire font mouche à chaque réplique. Ninon Lavalou (Miss Lime) est excellente en fausse ingénue qui révèle progressivement une intelligence subtile et un assurance à toute épreuve. Quant à Pierre Arnaud Juin, son Hartford ambivalent est à la fois loyal et inquiétant, en parfait ressort dramatique.
Dates : du 18 juin 2025 au 18 janvier 2026 – Lieu : Comédie de Paris (Paris) Mise en scène : Elie Rapp et Ludovic Laroche
Bob Wilson, l’architecte de l’épure s’est éteint – Hommage à un sculpteur d’images, de sensations, de silence et de lumière
Bob Wilson est mort le 31 juillet 2025. L’annonce résonne comme un coup de tonnerre feutré dans le ciel de la scène contemporaine. L’Américain au regard d’architecte, aux gestes millimétrés, aux silences qui parlent plus que les mots, s’en est allé, laissant derrière lui une œuvre qui défie le temps, la narration linéaire, la logique même du spectacle.
Nous l’avons vu modeler la scène comme d’autres taillent la pierre : avec précision, patience, et une obsession quasi mystique du détail. À l’opéra comme au théâtre, Wilson ne racontait pas, il convoquait son propre vocabulaire.
Il faisait apparaître des visions, des états, des rêves, des fantômes du sensible et immortalisait la sensation. Il fallait accepter de lâcher prise, de ne pas comprendre au sens classique, mais de ressentir, d’absorber la beauté comme une lumière traversant un vitrail.
L’homme du temps étiré
Dans ses mises en scène – Nous pensons à « Einstein on the Beach » avec Glass, à son « Woyzeck » en clair-obscur, ou encore à ses relectures quasi shintoïstes des tragédies grecques –, Wilson ralentissait le monde. Il suspendait le temps. Ses spectacles étaient des méditations visuelles, des toiles mouvantes où le geste comptait plus que le verbe, où la lumière sculptait l’émotion, où le visible était autre et un imaginaire qui emportait tout.
Quand d’autres metteurs en scène convoquent le chaos, lui invoquait le rituel. Tout était codé, décalé, comme vu à travers un rêve au ralenti. Le corps de l’acteur devenait pictogramme.
La voix, chant spectral. Nous avons encore en mémoire la lenteur hypnotique de ses personnages, ce temps dilaté qui immobilise, façonne, puis fascine. Wilson obligeait le spectateur à réapprendre à regarder.
Un théâtre de la sensation
Il travaillait à même les fibres sensibles du spectateur, comme une musique qui se glisse dans le sang. Il aimait la beauté frontale, sans justification, sans psychologie. Ses spectacles étaient des objets d’art, des sculptures habitées de lumière et de sons, où les mots devenaient un élément simplement parmi d’autres.
Nous nous souvenons, entre autres, d’un « Orlando » flamboyant, d’un « Turandot » fascinant, d’une « Madame Butterfly » incandescente, d’un « Œdipe » dont la tragédie sourdait des ombres, d’un « Krapp’s Last Tape » silencieusement bouleversant. Wilson ne captait pas le réel, il traquait l’invisible.
Un legs hors du temps
Avec lui disparaît une certaine idée de la scène comme lieu sacré. Pas au sens religieux, mais au sens d’un espace où tout doit être signifiant car dans son inspiration chaque geste, chaque silence, chaque variation d’intensité lumineuse, portait en elle-même une charge émotionnelle, un mystère, une esthétique et un art total.
Il laisse une trace indélébile dans l’histoire du théâtre et de l’opéra. Et pourtant, il était de ceux que les archives trahissent. On ne filme pas Wilson. On ne le résume pas. On le vit, ou on le manque.
Bob Wilson n’était pas seulement un metteur en scène. Il était un plasticien du temps. Un alchimiste du geste. Un voyageur entre les mondes.
Et aujourd’hui, alors que le rideau tombe pour la dernière fois sur sa silhouette élégante, il nous reste ses visions suspendues, ses clairs-obscurs sidérants, et ce silence intense qui suivait toujours la fin de ses spectacles. Ce silence-là, plus parlant que mille applaudissements. Ce geste unique, à la résonance infiniment et à jamais puissante.
Les éditions Casterman font plaisir avec un joyau écrit et dessiné par Hervé Bourhis. La BD débute entre 1969 et 1970, l’ambiance chez les Beatles est délétère. Georges, John et Ringo décident de s’adjoindre les services d’Allan Klein, escroc notoire, ce que Paul refuse. Alors que l’album Let it be est sur le point de sortir, il tombe en dépression et décide de prendre la tangente, direction l’Ecosse et la résurrection. Une rumeur le prétendait mort depuis 1966, il joue le jeu et finit par remonter la pente avec un premier album sorti en même temps que Let it be. Dans un dessin entre l’hyperréalisme et le style comics, Hervé Bourhis raconte une histoire passionnante. Les premiers albums décriés par la critique, le nouveau groupe nommé Wings, les premiers concerts joués dans des petites universités dans une ambiance proche de la dèche, et puis le décollage avec l’album Band on the run avec un enregistrement rocambolesque à Lagos au Nigéria. Tout est raconté avec moult détails, il faut le lire pour un vrai voyage spatiotemporel mené tambour battant. Les fans seront subjugués, les autres trouveront une histoire passionnante, dessinée avec talent et racontée avec rythme. Les anecdotes se multiplient, de quoi dévoiler une nouvelle facette du talent infini du bonhomme qui, avec femme et enfants, a perpétué l’héritage musical des scarabées dans une toute nouvelle direction. La BD est juste immanquable.
1969. « J’étais un demi-dieu, aujourd’hui je suis un chômeur. » Paul McCartney fait ce constat amer après la séparation des Beatles. Tandis que John Lennon fait la couverture du Time, Paul devient le méchant de l’histoire. Sans groupe, sans argent, détesté de tous, il trouve néanmoins la force de se reconstruire grâce à l’amour de sa femme Linda, de ses filles et de ses amis fidèles.
Un bijou graphique d’Hervé Bourhis, pop et mélancolique, comme une bonne chanson du grand Paul.
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album jeunesse, documentaire sur la thème de la mode : J’aime la mode ! Et ce sera mon métier… Le jeune lecteur va découvrir tous les métiers qui tournent autour de la mode. 50 métiers de la mode sont à découvrir avec 50 volets à ouvrir pour en savoir toujours plus !
Différents chapitres sont proposés : Des paillettes dans la tête, De fil en aiguille, Un peu de shopping, Sous le feu des projecteurs, La mode tout autour de toi, Séance cocooning, Des métiers hyper stylés…
Rien ne vous échappera sur le milieu de la mode et ses multiples possibilités !
Les illustrations sont rigolotes, et les explications des différents métiers sont très claires et très intéressantes.
J’aime la mode est un très chouette album, entièrement cartonné, grand format, à offrir aux garçons comme aux filles ! Un album documentaire intelligent et pédagogique !
Publik’Art vous a déjà fait découvrir cette nouvelle collection de documentaires pour tout-petits, aux éditions Glénat Jeunesse, avec l’album : Les vagues de l’océan. Aujourd’hui, nous allons découvrir : Les secrets de la jungle.
C’est un album destiné aux tout-petits centré sur les différents animaux de la jungle, ainsi que sur la faune luxuriante de la jungle. Il est superbe ! Les pages sont découpées en forme de vagues, ce qui permet au jeune lecteur de tourner facilement les pages. Les secrets de la jungle est un très bel album documentaire à offrir à nos tout-petits !
Le Lucernaire a remis à l’affiche la pièce 24 heures de la vie d’une femme déjà jouée avec un énorme succès public et critique en 2024. Ce classique écrit par Stefan Zweig et publié en 1927 a été lu par des générations d’adolescent fascinés par cette histoire de rédemption impossible. Quand une femme d’âge mûr se met en tête de sauver un jeune flambeur de l’addiction au jeu, il y a un espoir universel, sauver un humain de l’addiction, c’est le rôle d’un saint ou d’une sainte. Elle a vécu, son mari est décédé, elle est rangée et pourtant ses élans la poussent au Casino de Monte-Carlo où elle rencontre ce jeune polonais perdu dans ses désirs de jeu. Sans savoir pourquoi, elle lui propose de l’argent pour la pousser à quitter ce lieu de perdition. L’heure de spectacle est hypnotisante, Anne Martinet est seule en scène, elle déclame le texte de Stefan Zweig avec passion et conviction, elle s’implique totalement, l’audience comprend qu’elle joue parfaitement en se mettant totalement en scène. La mise en scène de Juan Crespillo lui laisse toute la place, rien ne perturbe son apparition. La déclamation est impeccable, elle subjugue le public. La dernière interprétation de la saison fut un franc succès, justement salué par un public enthousiaste.
Synopsis: LE RÉCIT D’UNE PASSION FOUDROYANTE
Le récit d’une passion foudroyante où soudain le destin d’un être bascule dans une aventure intense. 24 heures, une seule journée, toute une vie… Madame C, aristocrate écossaise, veuve et un peu désœuvrée, tombe par hasard lors d’une soirée au casino de Monte-Carlo sur un joueur dont l’allure et l’expressivité du comportement la fascinent. Cette étrange rencontre ne durera que vingt-quatre heures qui bouleverseront sa vie pendant des années… son récit lui permettra de se libérer enfin de son passé. Une femme qui décide de tout tenter pour sauver un homme perdu, entraînée presque malgré elle dans un tourbillon de passion.
La Cave de Rasteau connait une année 2025 exceptionnelle avec la célébration de son centième anniversaire. Les quelques vignerons visionnaires à l’origine de cette maison ne reconnaitraient pas leur descendance avec aujourd’hui 90 familles et près de 80 % de la production de l’appellation Rasteau. 2 cuvées emblématiques sont testées aujourd’hui, ce qui révèle la richesse des terroirs du cru: marnes bleues, argiles profondes, cailloutis anciens, travaillés en parcellaire et façonnés par l’altitude, la lumière et le mistral.
Les Hauts du Village – Nos Parcellaires , AOC Rasteau rouge, 2022 (15,90 € la bouteille)
Les Hauts du Village est un vin rouge issu de sélections parcellaires de Rasteau. Le vin est un assemblage de cépages Grenachenoir (60%), Syrah (30%) et Mourvèdre (10%), le résultat est un vin méridional à la fois solaire et raffiné. A la dégustation, le nez est riche avec des arômes de fruits noirs comme la griotte et le cassis, de vanille et d’épices. La bouche est ronde et les tanins sont bien fondus. L’ensemble est long et équilibré. Le vin se déguste idéalement avec des viandes rouges grillées ou rôties, des plats en sauce, des fromages affinés et des desserts au chocolat noir. Le vin est Bien ouvert, une belle expérience à tenter avec des plats bien adaptés à ce vin gourmand.
AOC Vin doux Naturel Rasteau Blanc (15,80€ la bouteille)
Ce vin doux naturel ambré est considéré comme l’autre cru de Rasteau classé en AOC en 1944. Issus d’un mutage à l’alcool en cours de fermentation, les vins doux naturel (VDN) conservent une partie des sucres naturels du raisin. L’élevage est long pour dévoiler une belle palette aromatique riche et chaleureuse avec des touches de fruits secs, de l’abricot rôti, du miel, de l’écorce d’orange et du rancio noble. Ce vins d’émotion se déguste idéalement avec du fromage à pâte persillée, un dessert aux fruits secs ou au chocolat, mais aussi enapéritif ou en digestif comme alternative élégante à des spiritueux avec une titration alcoolique plus modérée. Il se se conserve plus de 10 ans pour une vraie expérience à ne pas manquer, toujours avec modération.
Publireportage:
« Le terroir est le patrimoine génétique des grands vins. Mais c’est la rigueur et l’obstination d’hommes & de femmes passionnés qui savent en sublimer l’essence… La haute couture du vin ! Au cœur de nos 2.000ha de vignes se trouvent des pépites. Des parcelles de vignes tellement remarquables par la qualité de leurs sols, de leurs cépages ou de leur orientation que nous avons choisi de les isoler pour créer des cuvées d’exception qui exprimeront au mieux la spécificité de leur terroir.
Bo et Ma, Grand dimanche, petits oublis (Casterman)
Les éditions Casterman nous proposent un album très touchant : Bo et Ma, Grand dimanche, petits oublis.
C’est l’histoire d’un petit garçon Bo et de grand-mère, Ma. Ma a quelques problèmes de mémoire alors, Bo lui vient souvent en aide… Que ce soit le matin, l’après-midi ou le soir !
Une tendre complicité se noue entre Bo et Ma ! Le livre peut même se lire tout seul, tellement les illustrations sont parlantes et ravissantes.
Bo et Ma, Grand dimanche, petits oublis est un charmant album à lire pendant les vacances, et même à tout moment de l’année, avec sa grand-mère !
Comment se replonger dans la trajectoire et le répertoire d’Aznavour sur la scène, sans tomber dans le piège du simple hommage ou de la froide reconstitution ? Le pari était risqué : la compagnie Petrossian Theatre, relève ce défi en mêlant ballet contemporain et inspiration théâtrale.
Ce ballet théâtral donc ne joue ni la carte du biopic ni celle du concert nostalgique. Ici, la parole se tait et le corps se souvient. Plus de trente artistes s’élancent sur la scène de Bobino, portés par les chansons de l’artiste comme celles des « Deux Guitares », « La Mama », « À ma fille », « Désormais », « Can Can », « Jezebel », « La Bohème », « Elle » et bien d’autres encore.
Une trame dansée pour dessiner en gestes et fusion des corps la trajectoire d’une vie cabossée et lumineuse.
Une trajectoire iconique
La première partie se grise d’enfance et de rêve, déployant, dans une chorégraphie ciselée, l’éveil artistique d’Aznavour. On devine l’empreinte de l’Arménie et les ombres incontournables de Piaf, Sinatra ou encore Fred Astaire, chacun esquissant leurs influences au détour d’un pas de deux aérien.
La seconde, plus introspective, s’empare de la maturité du chanteur. Les mouvements deviennent plus enroulés, le rythme se charge d’un passé qui pèse, mais la grâce persiste : mention spéciale à l’interprétation de « La Bohème » et son évocation sensorielle. La convocation aussi de Liza Minnelli.
Une fresque en clair-obscur où les tableaux s’enchaînent sans temps mort, passant de la tendresse à la rage en un clin d’œil. Si la mise en scène fleurte avec le kitsch, elle ne s’y noie jamais, esquissant le music-hall, le tango, le ballet russe et même une pointe de cabaret, comme pour rappeler qu’Aznavour fut tout cela à la fois – et tellement plus encore.
Des chaises, une ombre portée suffisent à évoquer un Paris d’outre-mémoire. The Petrossian Troupe d’une précision clinique, parvient à injecter de l’organique dans l’abstraction. La compagnie épouse la célébration du spectacle en passant par l’intime, le tremblé, le presque-dit.
Et que dire de la musique, fil rouge multilingue – français, anglais, arménien, russe qui transporte le spectateur dans un tour du monde émotionnel, fidèle au métissage du chanteur globe-trotteur. La troupe affiche une belle homogénéité emmenée par la performance incandescente du soliste principal, dont chaque envolée, chaque saut, chaque pas, semble crier le nom d’Aznavour et son héritage à la scène, à la vie.
L’alchimie entre les danseurs de la compagnie portés par une énergie sensible, fonctionne bien, offrant des moments poétiques, où l’émotion n’est jamais sacrifiée à la technique.
Dates : du 18 au 20 juillet 2025 – Lieu : Bobino (Paris)
Publié en 1897, le roman de science fiction L’Homme invisible a marqué les esprits. L’auteur H. G. Wells imagine un dénommé Griffin qui invente une formule scientifique permettant de devenir invisible. Couvert de vêtements et le visage enveloppé de bandelettes, il quitte Londres pour se réfugier dans un petit village où sa présence suscite l’étonnement. Le texte de Ned Grujic diffère quelque peu de l’original et la mise en scène est remplie d’une multitude de petites trouvailles imaginées par Sébastien Bergery pour donner de la crédibilité à cet homme invisible très prenant.
Une pièce parfaite pour stimuler l’imagination
Thomas Marceul est le seul comédien visible sur scène, il campe à la fois le narrateur et tous les personnages qu’il incarne avec brio, avec des variations de voix et de postures. Pour l’accompagner, un mannequin se mousse est véhiculé par une équipe de 3 autres comédiens tous vêtus de combinaisons noires. Le scénario est rempli de surprises et les péripéties se succèdent. Solitaire et misanthrope, le fameux homme invisible tente de trouver une formule pour reprendre forme humaine mais ses travaux sont perturbés par l’intrusion continuelle des gérants de l’auberge où il loge. Ces derniers préviennent la police, ce qui crée encore un peu plus de remous. La scène est emprunte d’une obscurité poétique qui figure autant la chambre de l’infortuné scientifique que les différents endroits de l’action. L’audience est pétrifiée devant cette possibilité très improbable de perdre son apparence sans perdre toute sa consistance. Ce qui pourrait passer pour un fantasme avec un champ infini de déviances se révèle surtout rempli d’inconvénients, coupant l’individu de ses semblables et préfigurant l’incommunicabilité autant que la distance entre les êtres. La mise en scène très maline accumule les effets saisissants, comme cette machine à écrire qui fonctionne toute seule ou ces marches qui s’animent sans voir quiconque marcher dessus. Toutes ces petites astuces concourent à une ambiance entre surnaturel et mystère scientifique. Le comédien focalise toute l’attention du public, il se démène comme un beau diable avec ses effets oratoires variés et habités. La pièce passe dans un souffle sans que jamais le public ne dévie le regard d’une pièce qui subjugue par sa belle inventivité.
La pièce se joue encore quelques jours avant la clôture estivale du Lucernaire le 27 juillet, c’est le moment d’aller découvrir cette pièce qui vous suivra bien après la sortie de la salle!
Synopsis: ÊTRE OU DISPARAÎTRE ?
« Et si vous aviez le pouvoir de devenir invisible ? » C’est par ces mots que H.G. Wells fait naître sous nos yeux l’histoire de l’Homme Invisible. Devant sa machine à écrire, avec un véritable amour du théâtre, il fait surgir les personnages de son imaginaire en les jouant à tour de rôle. Autour de lui, les éléments se mettent à bouger, les objets se déplacent, la machine à écrire tape toute seule… Son héros est-il entré dans le bureau par la seule force de son imagination ? Magie et effets spéciaux viennent servir ce conte fantastique plein de surprises qui nous parle de la manipulation génétique et soulève la question de la différence…
Et si, à votre tour, vous déteniez le secret de l’invisibilité, qu’en feriez-vous ?
Créationinédite à découvrir pour la première fois au Lucernaire.
Ce vin rosé sans alcool est issu des cépages emblématiques du Sud de la France, vinifié dans les règles de l’art puis distillé à basse température pour en retirer l’alcool tout en préservant la richesse des arômes. Propose au tarif de 8,20 euros la bouteilles et 49,20 euros les 6 bouteilles ce vin rosé arbore une belle robe rose pâle. Il présente des notes de petits fruits rouges frais et de fruits exotiques avec une finale très fraîche et vive. Le vin peut être Servir frais à 10-12°C et il est souhaitable de le conserver au frais 3 jours après ouverture. Le vin peut idéalement être dégusté avec un tartare de saumon, une pizza blanche et une pavlova aux fruits rouges ou aux fruits exotiques. Ce vin sans alcool est une vraie découverte, les raisins sont vinifiés de façon traditionnelle, comme pour un vin rosé classique avec une désalcoolisation effectuée en fin de fermentation par distillation à froid. Ce procédé permet de préserver au maximum la couleur et le fruité du vin.
Passe colline, AOC Ventoux rosé 2024
Ce vin rosé AOC Ventoux 2024 est proposé à 5,95 euros la bouteille et 35,70 euros les 6 bouteilles. A l’œil, le vin arbore une robe délicate couleur pétale de rose. Au nez, il présente des notes de petits fruits rouges frais : groseille, framboise. En bouche, la finale est portée sur les arômes d’agrumes, vive et aérienne. Le vin est à servir à la température de 10-12°C. Ce vin se déguste idéalement avec des plats estivaux comme une tomate-mozzarella, des poivrons rouges marinés, des grillades, un gravlax de saumon ou du carpaccio de boeuf. Un vin AOC Ventoux parfait pour les longues soirées d’été.
Publireportage: Rhonéa, c’est un collectif de 300 familles d’artisans vignerons réparties sur 2.000ha en Vaucluse, installées au cœur des plus beaux terroirs de la Vallée du Rhône méridionale depuis 3 à 4 générations. De Beaumes de Venise à Rasteau, de Vacqueyras au Ventoux… nos vins racontent notre histoire et notre passion. A l’origine, ce n’était qu’une poignée de familles visionnaires et passionnées qui ont posé les premières pierres des Caves de village dès les années 1920. Leur credo ? Créer un bien commun mettant à profit les talents de chacun pour offrir les meilleures conditions de vinification, d’élevage et de commercialisation. D’années en années, ces projets de société ont pris de l’ampleur et du sens. Aujourd’hui, ce sont près de 300 familles de vignerons sur des petites exploitations – 10ha en moyenne – qui composent un modèle coopératif « nouvelle génération » innovant formé par Rhonéa. Unis par la même passion et uniques par leur histoire, ils transmettent leur savoir-faire à travers les générations. Ils connaissent parfaitement leurs terroirs, leurs parcelles, leurs cépages pour en révéler le meilleur. Millésime après millésime, ils s’engagent pour une viticulture éthique et durable. Modèle d’entreprise parfaitement adapté aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux actuels, notre Coopérative place les artisans vignerons au cœur de la gouvernance et de ses projets de développement. Avec une équipe de 130 salariés, experts de leur métier de la vigne à la commercialisation, ils partagent les mêmes valeurs : solidarité, entraide, respect de l’environnement et capacité d’innovation pour élaborer des vins de qualité assurant le meilleur équilibre entre juste prix au consommateur et juste rémunération au producteur.
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très bel album documentaire, pour tout-petits : Les vagues de l’océan.
Les pages de cet album, entièrement cartonné, sont découpées en forme de vagues ! Chaque page révèle les secrets de la mer ! Le tout-petit va pouvoir découvrir les merveilles de la faune et de la flore des océans. Les illustrations sont très belles, colorées et justes !
Les vagues de l’océanest un très bel album qui dévoile la richesse de nos océans ! A offrir dès le plus jeune âge !
La comédie en 3 actes de Georges Feydeau est un classique du théâtre parisien. Représentée pour la première fois à Paris en 1894, Un fil à la patte représente à elle seule le meilleur des outrances du vaudeville, sa nouvelle mise en scène par Philippe Person et Florence Le Corre lui adjoint un dynamisme inimitable porté par de jeunes comédiens de la troupe Canapé Rouge Collectif remplis d’énergie et de verve théâtrale. La pièce s’arrête le 27 juillet, il ne faut pas manquer ce grand moment de comédie burlesque survitaminée.
Impossible de ne pas se laisser emporter par la furia
La trame d’Un fil à la patte tourne inévitablement autour de l’amant dans le placard, mis ici au premier plan car il doit se marier. La pièce suit ses pérégrinations entre le premier acte chez sa maitresse chanteuse à succès Lucette Gauthier, le second acte se déroule chez la promise Vivianne Duverger et le troisième acte se tient à l’étage de son appartement parisien. Le rythme est endiablé, les personnages rentrent et sortent de scène dans un ballet incessant fou de dynamisme. La pièce tourne autour de la notion d’incompréhension entre tous les personnages, barrière de la langue pour un général hispanophone et une servante anglaise, hypocrisie continuelle du personnage principal Bois d’Enghien obligé de jongler entre sa promise et sa maitresse, quiproquos permanents entre tous les belligérants. Personne ne se comprend vraiment et les malentendus (volontaires ou non) s’enchainent dans une furia infernale. L’1h40 de spectacle passe dans un souffle et toute la salle suit avec délectation l’évolution d’une intrigue comme une sarabande de bons mots. L’argent est au centre de tout, surtout celui des autres, que chacun cherche à s’accaparer à force de subtiles manigances. La troupe de jeunes comédiens est surprenante de vitalité, les efforts sont payants et les effets comiques font mouche à coup sûr. Le général hispanophone que personne ne comprend et qui menace au pistolet tous ses concurrents amoureux, le héros obligé de se dépatouiller de situations rocambolesques à tout bout de champ, les mensonges éhontés que les spectateurs comprennent mieux que les personnages, le ton est enlevé et la performance collective est complètement aboutie.
Comédiennes et comédiens se connaissent bien et la mécanique est parfaitement huilée, transformant ce qui pourrait être un vaudeville poussiéreux en sitcom scénique irrésistible. Ce fil à la patte est une vraie réjouissante à découvrir avant son achèvement prochain.
Synopsis: CIEL ! MON AMANT SE MARIE !
La pièce s’ouvre chez Lucette Gauthier, chanteuse de café-concert à succès. Son amant, Bois d’Enghien est bien décidé à lui annoncer leur rupture et pour cause : il se marie le soir-même avec Viviane Duverger, fille de la Baronne du même nom. Une galerie de personnages truculents comme montés sur ressorts (des prétendants intrépides ou repoussants, des domestiques zélés ou roublards, une soeur affamée, etc.) se retrouvent pris dans une machine infernale où les quiproquos le disputent aux traits d’esprit. Comédie joyeuse autant que satire sociale : ici seule la femme de « peu de vertu » est amoureuse, tous les autres ne sont mus que par l’argent.
Fuis-moi, je te suis, aime-moi… tu verras !
Création inédite à découvrir pour la première fois au Lucernaire.
Photo Christophe Raynaud de Lage, coll. Comédie-Française
Dernières dates pour « Une Mouette » réinventée au Français sous le regard fébrile d’Elsa Granat
Dans « La Mouette », Anton Tchekhov (1860-1904) fait de l’art et de l’amour le terrain de prédilection des passions inaccomplies et des désillusions.
Celles notamment de Nina, une jeune fille qui rêve d’être actrice mais dont la vocation sera détruite par une trahison amoureuse, ou celles de Constantin Treplev, épris de Nina qui en regarde un autre. Treplev est un jeune auteur épris d’absolu en quête de reconnaissance et de l’amour d’Irina, sa mère, comédienne célèbre, qui le méprise ouvertement et n’a d’yeux que pour l’écrivain en vogue, Trigorine, son amant.
Trigorine représente un art conventionnel, souvent auto-satisfait, un art reconnu mais qui manque cruellement de radicalité, de liberté et sans doute de passion, à l’inverse de celui de Constantin qui se cherche et veut révolutionner le théâtre, témoigner d’un engagement, au risque d’être ridicule, superficiel et dérisoire dans son art.
Une rivalité qui embrasse alors une expérience humaine avec ses non-dits et ses conflits intérieurs, où le spectacle donné par Treplev devant ses proches qui se transforme en un manifeste pour un théâtre avant-gardiste, est fustigé par sa mère.
Si les liens intimes et la condition d’artiste sont mis à mal, l’amour y est aussi compliqué : l’instituteur aime Macha qui aime Constantin qui aime Nina qui aime Trigorine, lequel fait semblant d’aimer Arkadina.
Un geste fort
De cette Mouette, Elsa Granat ose un geste iconoclaste : triturer Tchekhov pour mieux révéler l’ossature tragique d’une pièce que l’on croit connaître. Sa version, à la Comédie-Française, n’est pas une simple relecture, mais un acte de résurrection par l’anachronisme. En ajoutant un préquel (qui révèle les débuts chaotiques d’Arkadina, jeune mère contrainte de sacrifier son rôle parental à sa carrière) et un épilogue inédits, elle fracture le réalisme tchekhovien pour interroger la transmission artistique et les cicatrices familiales.
Et ainsi revisite l’ellipse tragique de la fin (ce fameux coup de feu sec) par un monologue d’Arkadina. Un choix risqué, presque sacrilège, qui transforme la mère égoïste en victime d’un deuil impossible. La pièce bascule alors dans une dimension méta-théâtrale : et si le vrai drame était l’impossibilité de dire l’indicible ?
Elsa Granat opère un renversement de perspective en faisant d’Arkadina et Nina les pôles magnétiques du drame. Leur jeu hors d’un prisme mélancolique – cris, gestes saccadés, rires nerveux – incarne un ici et maintenant rageur, loin du naturalisme feutré. La scène d’ouverture, où Tréplev clame « Ma mère ! » avec une ironie mordante, installe d’emblée un rapport de force crépusculaire.
Une version qui met donc en lumière les luttes et les aspirations des personnages féminins. Les figures de Nina et de Macha ne sont pas seulement des êtres accessoires dans le récit des hommes, mais des personnages complexes, porteurs de désirs, d’angoisses et de rêves. Granat explore leur quête d’identité et de reconnaissance dans un monde où leurs voix sont souvent étouffées.
Une troupe hardie et organique
L’ajout des scènes (la jeunesse d’Arkadina, le régisseur fantôme) s’attache à l’envers du décor des héros, à leurs fantômes intimes. La scénographie, paysage mental, entre espace onirique et lac spectral, devient une métaphore de la mémoire intérieure. La bande-son éclectique et classique (Janis Joplin à Haendel) ancre le texte dans une intemporalité et une urgence à vivre.
Le dispositif scénique de Suzanne Barbaud — une toile peinte manipulable, un lac artificiel noir — ne décore pas, il déconstruit. La toile, tantôt paysage russe, tantôt rideau de scène, devient un personnage à part entière : elle rappelle que « La Mouette » est aussi une pièce sur l’art et la création, le théâtre et son artifice aux prises entre le réel et la fiction.
Avec cette adaptation, Elsa Granat fait de « La Mouette » une fable sur l’obsolescence des formes. En écho à Treplev qui voulait « tuer le théâtre »,Granat le secoue pour mieux le réincarner en laboratoire organique. Sa Mouette ne vole pas – elle se jette en piqué, et c’est dans cette chute et son étourdissement que réside sa dimension transgressive et tragique.
La direction d’acteurs est à saluer par son intensité et ses ruptures. Elle fait de la pièce un espace de lutte et de réinvention, où chaque interprète, loin de la simple illustration, insuffle une physicalité et un mouvement polyphonique au désastre qui court.
Marina Hands en Arkadina brûle littéralement la scène. Possédée d’un art total, tour à tour solaire et corrosive, elle oscille entre cabotinage mélodramatique (voix projetée, gestuelle théâtrale) et fêlure intime d’une densité palpable, passant de la séduction à la vulnérabilité en une fraction de seconde. Son isolement intérieur, ses éclats de voix, ses regards fuyants, traduisent toute l’ambivalence d’une mère-actrice déchirée entre blessure, désamour et narcissisme.
Dans le rôle de Tréplev, Julien Frison est d’une justesse ardente : sensible, idéaliste et désespéré, il porte de tout son être, la fureur et ce manque irréparable.
Adeline d’Hermy (Nina) compose une Nina dévorée, traversée de spasmes émotionnels, passant de l’enthousiasme lumineux à la détresse la plus noire, dans une partition où le corps parle autant que la voix.
Quant au reste de la distribution, elle n’est pas en reste où chacun dessine sa partition dans un élan hardi et à l’unisson, qui donne à cette Mouette une empreinte exceptionnelle.
Dates : du 11 avril au 15 juillet 2025 – Lieu : Comédie Française (Paris) Mise en scène : Elsa Granat
Présenté au Festival international du film fantastique d’Avoriaz 1983, Rêves sanglants est aujourd’hui comme un film précurseur des Griffes de la nuit sorti en 1984.
Un film d’horreur… sanglant…
Dans un hôpital psychiatrique, un jeune patient suicidaire nommé John Doe 83 interprété par l’acteur Zeljko Ivanek), a le pouvoir unique et incontrôlable de transmettre aux autres ses propres cauchemars, de quoi faire flipper la plupart des spectateurs. Et la présence obsédante de sa mère (Shirley Knight) en rajoute une petite touche, véritable cauchemar humain avec son caractère superstitieux et ultra possessif. Le résultat est une accumulation de scènes où suspense et frissons vont crescendo dans un déroulé très hitchcockien. L’enquête menée par une psychiatre détermine l’origine de la maladie de John Doe 83, le film a marqué le festival d’Avoriaz en 1983, The Sender en VO est le premier long-métrage de Roger Christian, réalisateur précédemment décorateur de Star Wars pour lequel il a obtenu un Oscar. Egalement directeur artistique sur le premier Alien, il s’est lancé dans la réalisation avec un film quelque peu tombé dans l’oubli après la sortie du plus percutant Les griffes de la nuit avec son héros si effrayant. Nick Allder officie aux effets spéciaux pour des scènes effrayantes avec rats, cafards et miroirs brisés laissant jaillir des flots de sang.
Les apparitions cauchemardesques se multiplient pour un effet bœuf sur les spectateurs. Si la réalisation est un peu datée, les interprètes principaux sont plutôt bons dans ce film à découvrir en DVD le 12 juillet 2025.
Synopsis: Après avoir tenté de se noyer, un jeune homme amnésique est interné en hôpital psychiatrique. Rapidement, le médecin qui s’occupe de lui et certains patients sont victimes d’hallucinations. Le patient semble posséder un curieux pouvoir : il aurait la possibilité de transmettre ses rêves et cauchemars à d’autres personnes…
Le monde selon Doisneau : poétique, drôle, obstinément humain
D’emblée, l’exposition nous renvoie à un univers familier : celui d’un Paris que l’on croit connaître, mais que Doisneau parvient toujours à réinventer. Pas de chronologie stricte ici, mais des séries thématiques – enfance, banlieue, ateliers, mode, gravité, où tout un monde s’immortalise et s’affirme, inépuisable et complice.
La salle consacrée aux enfants – espiègles, rebelles, libres – frappe fort. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est une explosion de vie. Ces visages, cette insouciance, ces gestes volés au hasard, jouent avec l’espace, surgissent, comme un rappel que le regard captif du photographe était avant tout un acte d’affection, tendre et sincère.
L’exposition ne gomme pas la réalité du monde et sa dureté. On y croise des ouvriers de Renault, des mineurs, des marginaux sous un regard malicieux. Mais ici, l’humour n’étouffe jamais la gravité. Au contraire, il souligne une dignité et une humanité partagée, une fierté, entre clair obscur.
Un Paris populaire défile donc sous nos yeux, des banlieues d’à côté et cabossées, des ouvriers à la pause, des enfants qui rient, ces amoureux qui s’embrassent sans se soucier du monde. Doisneau, c’est un regard qui ne vole rien, mais qui reçoit tout — un sourire, une grimace, une larme, un éclat de vie.
Des portraits d’artistes sont aussi saisis : Picasso, Giacometti, Prévert, Malraux ou Beauvoir. D’une complicité rare, on y sent une relation intime entre Doisneau et ses modèles. Plus qu’un observateur, il est un camarade de jeu, un passeur d’âme.
Cette exposition capte ce passage : ces instants ne sont pas figés, ils s’ouvrent vers l’imaginaire. Et font résonner à jamais notre présent. Cet espace temps à vivre pleinement, intensément.
Le musée Maillol signe ici une rétrospective à la hauteur du maître : lumineuse, généreuse, accessible. On y retrouve ce qui fait la grandeur de l’artiste : la simplicité, la fantaisie, l’empathie.
Un « instant donné » qui, loin d’être figé, continue de vibrer, de nous parler, de nous émouvoir. À ne pas manquer pour tous ceux qui croient encore à la beauté des petites choses, à la magie du regard, à la poésie du quotidien et à sa tendresse.
Date : jusqu’au 12 octobre 2025 – Lieu : Musée Maillol (Paris)
« La Tendresse » explosive de Julie Berès (derniers jours)
Être un homme ? Comment résonne cette question aujourd’hui dans un monde encore très marqué par le patriarcat ? et en pleine ère #MeToo ? Face au public, huit jeunes interprètes racontent avec une sensibilité rare leurs colères, leurs hésitations et leurs fragilités. Ils dessinent une série de portraits subtils et poignants où se lit la difficulté, et parfois la honte, d’être un homme.
Sur scène, c’est avec fracas que le modèle de la masculinité est remis en question : par la véhémence de la parole, mais aussi par la danse, les modèles sont déconstruits. Et au fur et à mesure la parole se délie, chaque jeune évoque tour à tour son expérience intime. Le rapport à la paternité, au corps, à la séduction, aux filles et aux garçons sont abordés.
Dans ce tourbillon, les acteurs, exceptionnels, laissent jaillir leur vérité pour inventer, peu à peu, d’autres discours, loin des injonctions sociales et remettre en cause les modèles qui façonnent insidieusement le masculin, mais aussi les milieux dans lesquels les inégalités et les violences subsistent. Les interprètes se souviennent de brimades dans les vestiaires, de violences ordinaires, d’insultes homophobes dans la cour d’école ou d’une éducation familiale rigide et patriarcale.
Corps à corps
D’une scène à l’autre, les protagonistes dans un mouvement choral et une énergie folle, se défient, se chahutent, se consolent, se dévoilent, se confrontent aux injonctions viriles qui les étouffent.
Élaboré à partir d’entretiens et de paroles collectées, le texte écrit à plusieurs mains par Julie Berès, Kevin Keiss, Lisa Guez et AliceZeniter, retranscrit une parole incisive qui évite tous poncifs, discours éculés et leçons de morale.
L’espace du plateau devient alors un lieu performatif qui embrase les corps et cristallise des histoires individuelles, le tout dans un emportement poétique et transgressif, où entre fureur et intimité, entre choeur, solo et battle, l’adresse au public est puissante.
Dans ce ballet survolté aux allures sauvages, la mise en scène de Julie Berès frappe fort et juste. Elle fait la part belle à une orchestration rythmique du texte emmené par le chœur et les solos dont les affrontements se répondent et s’enrichissent mutuellement. Tandis que la théâtralisation des corps à l’unisson se joue du masculin et de sa déconstruction, ouvrant de nouvelles voix/voies pour les hommes.
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un album très humoristique : Attention Tatie moisie.
Chaque mercredi, Zéno va dormir chez sa Tatie. Mais ce n’est pas une Tatie ordinaire. Elle ressemble plutôt à une sorcière, sa Tatie. Du coup, il la surnomme Tatie moisie. Déjà, elle cuisine très mal et Zéno a beaucoup de mal à avaler ses plats qui ne ressemblent à rien ! Elle lui mène la vie trop dure et Zéno subit ! Et elle a un chat-sphinx qui lui ressemble !
Et puis, un beau jour, il décide avec son ami June, de se venger et de transformer sa Tatie…
On aime les illustrations rigolotes d’Agnès Ernoult et l’humour grinçant de l’auteure Maya Saenz.
Attention, Tatie moisie va bien faire rire les jeunes lecteurs !