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« Un homme sans titre » : récit contre l’effacement

"Un homme sans titre" : récit contre l’effacement
récit contre l’effacement

« Un homme sans titre » : récit contre l’effacement

Adapté du livre de Xavier Le Clerc et porté à la scène par Jean-Louis Martinelli, le spectacle avance comme une adresse sans retour : une lettre au père qui n’a jamais eu droit à l’inscription pleine, à la reconnaissance, au récit officiel.

Ici, le théâtre ne représente pas, il répare ou feint de réparer ce que l’histoire a méthodiquement effacé.

Sur scène, presque rien. Une table, quelques chaises, et cette géographie pauvre qui devient peu à peu cartographie intime.

Jean-Louis Martinelli avec le geste qu’on lui connait, ne surcharge pas : il creuse. Son dispositif minimaliste agit comme une chambre d’écho où chaque mot résonne avec une densité accrue.

On passe de la Kabylie à la Normandie sans bouger, comme si l’exil était moins un déplacement qu’une vibration persistante dans le corps.

Une langue contre l’oubli

Le plateau est nu, mais saturé d’Histoire, celle, majuscule, de l’immigration ouvrière, et celle, minuscule et fracassée, d’un homme broyé dans ses marges.

Sa mise en scène procède par évocation plus que par composition. Elle ne cherche jamais l’effet, encore moins l’illustration : elle organise le vide comme une matière active.

Chaque déplacement d’objet – des chaises qui apparaissent, une table qui pose une condition, des images d’archive qui défilent – inscrivent le temps qui passe, la famille qui vit, se densifie, puis se délite.

Le geste est sûr et d’une précision d’orfèvre : il suffit d’un léger déplacement pour faire basculer un espace domestique en territoire politique. La musique et la lumière, elles, découpent sans dramatiser, laissant affleurer des zones d’ombre qui ne sont pas des effets mais des réminiscences.

Et puis il y a Mounir Margoum, formidable de vérité et d’humanité. Seul en scène, mais jamais solitaire. Il ne joue pas, ou si peu : il porte.

Sa voix, droite, assurée, refuse l’emphase là où le pathos serait facile. Ce refus est sa force. Margoum ne cherche pas à faire pleurer, il installe une dignité. Et c’est précisément cette dignité, sèche, presque minérale, qui fissure le spectateur. À force de retenue, l’émotion affleure comme une nappe souterraine.

Le texte, lui, oscille entre la violence du constat et une forme d’apaisement tardif. « Mon père illettré fut mon premier livre » : la formule pourrait sombrer dans le slogan, mais elle tient ici comme un axiome tragique.

Martinelli construit ainsi un théâtre de la trace, où l’invisible (le père, l’histoire, la langue perdue) affleure par strates, sans jamais se donner entièrement. Ce refus du spectaculaire n’est pas une économie de moyens, mais une éthique du regard : ne pas combler le manque, le laisser investir le spectateur.

Une retenue éthique : ne pas trahir, ne pas spectaculariser la misère, ne pas surjouer la mémoire. Car « Un homme sans titre » n’est pas une fresque : c’est une incision. Une tentative de dire l’indicible sans le recouvrir. Un théâtre de la filiation empêchée, amputée, où l’identité se construit non pas sur un héritage, mais sur une absence à combler.

 Dates: du 16 au 29 mars 2026  – Lieu : Théâtre de la ville (Paris)
Mise en scène : Jean-Louis Martinelli

La Cafetera Roja dévoile un nouvel album complètement fou, intitulé My Path, sortie le 27 février

La Cafetera Roja, c’est la cafetière rouge, la folie où chacun trouve sa place comme le dit la chanson. Le chanteur rappe sur une musique multiculturelle, comme sur le titre manifeste La Kfet avec une liste à la Prévert de leurs valeurs clamées haut et fort. Depuis 6 albums, le groupe trace sa route, tout a commencé au début des années 2000 dans les rues de Barcelone et l’aventure continue avec ce nouvel album.

Un album univers rempli de joie

Le nom du groupe, la Cafetera roja, a été choisi à la débottée, un objet qui se trouvait à côté du groupe, avec une belle couleur, de quoi symboliser la convivialité et le vivre ensemble dans la joie et l’allégresse avec une belle dose d’énergie et de chaleur humaine. L’une des fondatrices, la chanteuse et guitariste Aurélia Campione le clame haut et fort, le collectif est animé d’une même foi dans leur destin. La multiculturalité est au centre du projet, des membres originaires de Salzbourg, de Paris, de Barcelone, de quoi faire bouillir la… cafetière. Le rap est bouillonnant, et My path (mon chemin) parle de passé, d’avenir, les chemins à parcourir, ceux qu’ils restent à arpenter, imprévisibles, remplis d’épreuves mais surtout bien vivants. Chaque membre s’exprime au sein d’un collectif, chaque partie est aussi importante que le tout. La pochette du disque montre clairement qu’il y a plusieurs parcours possibles sur le chemin de la vie, des alternatives et des possibilités nombreuses et variées. L’œuvre provient des collages de l’artiste marseillaise Mona-Lumir Fabiani qui vécut un temps à Barcelone. Elle a pris des éléments divers, des bâtiments venus d’endroits proches des membres, immeubles autrichiens, monuments barcelonais et terril stéphanois, dans lesquels ils faut se frayer un chemin comme dans un imaginaire décomplexé. My Path est un tourbillon kaléidoscopique rempli d’influences et des modalités. On peut y trouver des traces de Rubin Steiner, de jazz ou de jungle (fever). Un morceau peut commencer en mode pop pour dévier vers le rap, ou inversement. L’énergie est parfois rock, parfois intimiste, parfois flamenco.

Cet album est une vraie belle surprise à écouter encore et encore, jusqu’à découvrir le groupe sur scène? Certainement!

[BD] Les Mystères de Hobtown T01 – L’affaire des hommes disparus, de Kris Bertin & Alexander Forbes (Delcourt)

[BD] Les Mystères de Hobtown T01 – L’affaire des hommes disparus, de Kris Bertin & Alexander Forbes (Delcourt)

Avec Les Mystères de Hobtown T01 – L’affaire des hommes disparus, Kris Bertin et Alexander Forbes signent un roman graphique singulier, à la croisée du récit d’enquête adolescente, du chroniqueur de petite ville et de l’étrangeté diffuse. Dans la bourgade fictive de Hobtown, en Nouvelle-Écosse, les apparences tranquilles dissimulent un trouble bien plus profond, que quelques jeunes esprits curieux vont entreprendre de sonder.

Au centre du récit se trouve Dana Nance, figure brillante et déterminée du Teen Detective Club. Avec les autres membres de ce cercle parascolaire, elle s’intéresse aux événements insolites qui agitent Hobtown. Mais lorsqu’un véritable aventurier leur demande de retrouver son père disparu, l’enquête change d’échelle. D’autant que cet homme n’est pas un cas isolé : il est le sixième à s’évanouir dans la nature en l’espace d’une année.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont les auteurs installent une atmosphère à la fois familière et dérangeante. Le quotidien adolescent, les liens entre habitants, la topographie presque banale de la petite ville : tout semble d’abord accessible, presque rassurant. Pourtant, à mesure que l’enquête progresse, une inquiétude sourde s’installe. Le réel se fissure, les silences deviennent suspects, et Hobtown révèle peu à peu un visage autrement plus opaque.

Le dessin d’Alexander Forbes participe pleinement à cette réussite. Son trait stylisé, très lisible, donne immédiatement une identité forte au livre. Sous une apparente simplicité graphique, l’artiste sait faire naître une vraie tension, notamment dans les scènes nocturnes, les regards, les attitudes et les décors de cette ville isolée. Cette économie de moyens renforce paradoxalement l’étrangeté du récit et lui confère une personnalité visuelle marquante.

Avec ce premier volume, Les Mystères de Hobtown pose les bases d’un univers aussi captivant qu’inquiétant. Entre enquête, adolescence, humour discret et glissement progressif vers le bizarre, l’album ouvre une série particulièrement prometteuse, dont le charme tient autant à son mystère qu’à sa manière très subtile de l’installer.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Bienvenue à Hobtown ! Ce charmant village de 2 006 habitants situé en Nouvelle-Écosse saura vous divertir et vous intriguer. Car oui, il s’en passe des événements étranges à Hobtown, heureusement le club de détectives est là pour mener l’enquête ! Dana Nance dirige le Teen Detective Club, un programme parascolaire agréé, dont les jeunes membres enquêtent sur tous les événements qui se produisent à Hobtown. Leur petit monde est bouleversé lorsqu’un véritable aventurier leur demande de partir à la recherche de son père disparu. Mais les choses se compliquent : le père de Sam est le sixième homme à avoir disparu cette année !
Date de parution : 26 mars 2026
Scénario : Kris Bertin
Dessin : Alexander Forbes
Éditeur : Delcourt
Collection : Outsider
Format / Pages : Cartonné – 312 pages
Prix indicatif : 29,95 €

Les grandes questions des petits curieux : les dinosaures (Casterman)

Les grandes questions des petits curieux : les dinosaures (Casterman)

Les éditions Casterman nous proposent un nouveau documentaire dans la collection : Les grandes questions des petits curieux. Ce sont : les dinosaures.
Publik’Art est fan de cette collection pour les petits : livre entièrement cartonné, aux bouts arrondis, avec 50 flaps à ouvrir pour tout comprendre et tout découvrir sur les dinosaures !
C’est quoi un dinosaure ?
Sur les traces des dinosaures
Le monde des dinosaures
Les herbivores et les carnivores
Tous différents ! La disparition des dinosaures
Les grandes questions des petits curieux : les dinosaures est un album à offrir aussi bien aux garçons qu’aux filles !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : Mars 2026
Auteur : Emmanuel Tredez
Illustrateur : Aurore Carric
Editeur : Casterman
Prix : 14,90 €

Un conte revisité et bourré énergie avec La Belle et la Bête au Grand Point Virgule

Le Grand Point Virgule remet au gout du jour La Belle et la Bête, le célèbre conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve rédigé en 1740 et immortalisé au cinéma par Disney et Jean Cocteau. 1 comédienne et 3 comédiens aux multiples talents n’arrêtent pas pendant plus de 1h15 de spectacle total, le public est conquis, petits comme parents. Chansons et blagues cohabitent habilement avec des références modernes (Apate Apate, ça parle à tout le monde? 😀 ) qui actualisent le conte. Les éléments classiques sont bien présents, la Bête, le sortilège, la rose qui perd ses pétales, le bellâtre imbu de lui-même, de quoi passer un excellent moment de théâtre, même et surtout lors un premier dimanche de printemps 2026.

Une excellente adaptation moderne d’un classique connu de tous

Le spectacle commence avec une introduction pétaradante, un personnage dénommé le Fou donne quelques instructions pour participer activement au spectacle. Refrains criés à tue tête, clappements de mains en rythme, le public est mis dans l’ambiance. Quand débarquent les 3 comédiens et la comédienne, tout le monde est chaud pour suivre un spectacle marqué par son énergie revigorante. Les personnages s’adressent au public pour le faire participer, de quoi rire encore un peu plus fort, le quatrième mut vole en éclat et ça fonctionne parfaitement bien. La mise en scène est rythmée, les décors posent un cadre enchanteur et merveilleux, les auteurs et metteurs en scène Yanis Azaiez et Marie Rioux ont pensé à tout et les comédiens en rajoutent vraisemblablement une petite couche. Des chansons accompagnent la narration, toutes inventées pour le spectacle et très bien interprétées par des personnages plus vrais que nature.

La bête d’abord effrayante gagne la sympathie du public petit à petit, de quoi rire et s’émouvoir au fur et à mesure du spectacle et applaudir avec tout son cœur quand vient le moment du final pour clôturer un festival de rire et de magie.

Synopsis:

La belle et la bête, une relecture audacieuse du célèbre conte qui bouscule les clichés !

Mel, une jeune femme atypique vit seule avec son père. Quand celui-ci disparaît dans des circonstances mystérieuses, Mel met de côté ses mangas préférés pour partir à sa recherche.

Elle tombe sur une créature terrifiante, drôle et touchante enfermée dans un château hors du temps. Une complicité inattendue risque de naître entre ces deux êtres que tout semble opposer…

Redécouvrez l’histoire de la Belle et la Bête dans une nouvelle version moderne, familiale et décalée !

Détails:

Du mercredi au dimanche à 15h pendant les vacances
Les samedis et dimanches à 15h jusqu’au 28 juin

[BD] Sangre T05 – Rugleïs, l’Ogre, de Christophe Arleston & Stefano Vergani (Soleil)

[BD] Sangre T05 – Rugleïs, l’Ogre, de Christophe Arleston & Stefano Vergani (Soleil)

Avec Sangre T05 – Rugleïs, l’Ogre, Christophe Arleston poursuit la vaste fresque de vengeance entamée depuis les débuts de la série. Marquée à jamais par le massacre de sa famille et l’enlèvement de sa mère, Sangre avance sans relâche sur la piste des sept écumeurs responsables du drame. Tome après tome, sa quête gagne en intensité, à mesure que les coupables se rapprochent et que les zones d’ombre de son passé se dissipent.

Dans ce cinquième volume, l’héroïne met le cap sur le Monde Rouge, où elle vient traquer Rugleïs, l’Ogre, l’un des hommes impliqués dans le carnage qui a détruit sa vie. Mais dans cet univers régi par le jeu, les apparences, les faux-semblants et les rapports de force, Sangre doit avancer avec prudence. Entre pièges, manipulations et révélations, cette nouvelle étape de sa vengeance prend une dimension plus trouble encore.

La série conserve ce qui fait sa singularité : un mélange très efficace d’aventure, de fantasy et de tension dramatique. Christophe Arleston construit un récit fluide, rythmé, qui fait progresser à la fois l’action et les enjeux personnels de son héroïne. Derrière la combattante implacable demeure toujours une jeune femme blessée, habitée par la perte, la colère et la nécessité d’aller jusqu’au bout.

Au dessin, Stefano Vergani apporte à ce tome une mise en images élégante et lisible, parfaitement au service de l’univers imaginé par Arleston. Les décors, les costumes et les figures de pouvoir donnent de l’ampleur au récit, tandis que les scènes d’action conservent clarté et dynamisme. L’ensemble contribue à renforcer le souffle romanesque de cette grande quête vengeresse.

Avec Sangre T05, la série confirme sa solidité dans le registre de la fantasy d’aventure. Ce nouvel album fait avancer de manière significative la traque menée par son héroïne tout en enrichissant encore l’univers et les dangers qui l’entourent. Une suite efficace, tendue et pleinement fidèle à l’esprit de la saga.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Monde Rouge est le monde du jeu, c’est là que Sangre vient traquer l’ogre Rugleïs, un des sept écumeurs auteurs du massacre des siens et de l’enlèvement de sa mère. Aura-t-elle les réponses aux questions qui la hantent ?
Date de parution : 26 mars 2026
Scénario : Christophe Arleston
Dessin : Stefano Vergani
Couleurs : Hugo Poupelin
Éditeur : Soleil
Collection : Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 63 pages
Prix indicatif : 16,50 €

Au musée Galliera : la mode réinvente le siècle des Lumières

Au musée Galliera : la mode réinvente le siècle des Lumières
Robe à l’anglaise et jupe (détail), vers 1780-1790 English-style dress and skirt (detail), circa 1780-1790 CC0 Palais Galliera – Paris Musées

Au musée Galliera : la mode réinvente le siècle des Lumières

L’exposition « La mode du XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé » ne raconte pas une histoire : elle en dissèque la fiction persistante et c’est précisément là que le vertige commence.

Car le XVIIIe siècle ici n’existe pas. Ou plutôt : il n’existe plus que comme une mémoire visuelle, un bruissement de soies recomposées, une archive contaminée par ses propres réinventions.

Dès les premières vitrines, les robes à la française, les corsets, les architectures de tissus ne sont pas montrés comme des objets stabilisés mais comme des matrices, des formes en fuite.

Le corps qu’ils dessinent n’est jamais innocent : il est déjà une projection, une mise en scène du paraître, un théâtre de contraintes devenu langage.

Et puis surgit cette pièce-fétiche – le corset attribué à Marie-Antoinette – moins comme relique que comme symptôme.

Fragile, presque spectral, il concentre tout : la fascination, la falsification, la passion rétrospective. Il n’est pas tant un vestige du XVIIIe siècle qu’un produit du XIXe, une fiction rétrospective cousue à même l’Histoire.

Une grammaire plastique

L’exposition, habilement, ne cherche pas à trancher : elle laisse flotter l’ambiguïté, comme une dentelle intellectuelle. C’est dans ce glissement que le parcours devient véritablement contemporain.

Car ce que montre Galliera, ce n’est pas tant le siècle des Lumières que son recyclage incessant, son devenir-image.

Du fantasme Second Empire aux emballements couture du XXe siècle, jusqu’aux débordements camp et queer d’aujourd’hui, le XVIIIe devient une grammaire plastique.

Une réserve de signes prêts à être activés, exagérés, travestis. Les silhouettes de Christian Dior, Vivienne Westwood ou Christian Lacroix n’y dialoguent pas avec l’Histoire : elles la rejouent comme une hallucination stylisée.

La scénographie, elle, épouse ce trouble avec une élégance presque perverse.

Les espaces respirent, les perspectives se répondent, mais quelque chose s’impose subtilement : le visiteur devient mannequin, pris dans un dispositif qui inverse les regards. On ne regarde plus la mode, on est regardé par elle. Comme si chaque silhouette exposée attendait encore un corps pour la hanter.

Ce qui affleure alors, sous les rubans, les fleurs et les paniers recomposés, c’est une idée plus ambigue : la mode fantasme. Le XVIIIe siècle devient ainsi une surface de projection idéale, un décor mental où se rejoue, siècle après siècle, le désir d’élégance comme échappatoire au réel

Et c’est projection frappe fort : faire sentir que ce passé que l’on croit contempler nous regarde déjà, maquillé, filtré, prêt à être consommé. Un passé sans cesse réécrit jusqu’à devenir, doucement, un miroir réfléchissant.

 Dates : du 14 mars au 12 juillet 2026 – Lieu : Musée Galliera (Paris)

2 cuvées Champagne Charpentier très différentes et très satisfaisantes : Terre d’émotion Blanc de noir et Pinot Meunier zéro dosage

La maison de champagne Charpentier a déjà fait l’objet de nombreux articles sur Publik’Art avec des dégustations élégantes et satisfaisantes, le Terre d’émotion Brut Vérité, le Blanc de Blancs et le Pinot Meunier zéro dosage, toujours avec modération. 2 nouvelles cuvées ont été reçues pour dégustation avec la confirmation d’une maison de Champagne toujours de qualité.

Mon préféré avec le très liquoreux Terre d’émotion Blanc de Noirs (47,50 euros la bouteille)

Le champagne est un assemblage de 80% de Pinot Noir et 20% de Pinot Meunier. La belle robe vieil or à reflets lumineux attire l’œil avec un effet presque hypnotique. Les bulles sont fines et presque crémeuses. Le nez est concentré, expressif et aérien avec des notes de fruits rouges, de toast, de vanille et d’épices. La bouche est franche avec une densité sphérique révélant les arômes du nez. La longueur est bien présente sur une minéralité fraîche. Le champagne est un reflet parfait de la culture de la Vigne de la maison Charpentier, avec une conversion totale vers l’Agriculture Biologique. Cette appellation revendique une pratique totale de la Viticulture Biodynamique depuis 2009.

Un beau zéro dosage à découvrir, le Pinot Meunier (61 euros la bouteille)

Ce champagne est un pur Pinot Meunier. La robe arbore un bel or jaune soutenu. La mousse est aérienne, portée par de fines bulles crémeuses. Le nez fait ressentir des notes fruitées, avec des senteurs de fruits à chair jaune et à noyaux tellement caractéristiques du cépage. La bouche est dense et évoluée, ce que confirme le nez. La fraîcheur du zéro dosage est bien présente, c’est fin et inédit pour une belle découverte à la première dégustation, issue d’une parcelle cultivée en Biodynamie depuis 10 ans.

Publireportage:

Aujourd’hui, sa réelle autonomie permet à Jean-Marc CHARPENTIER de proposer, exclusivement sur le marché traditionnel et professionnel, une marque récente, riche d’un ancestral vignoble et dotée d’un fort potentiel. Entrant complètement dans la « quête de sens » du consommateur, la Maison CHARPENTIER constitue une véritable alternative aux marques traditionnelles. Bien que déjà remarquée par les prescripteurs avertis et différents concours de référence, la Maison CHARPENTIER choisit les distributeurs les plus adaptés, en France comme à l’export, afin d’écrire, avec eux, l’histoire de cette formidable aventure humaine. La Maison, rigoureusement structurée pour répondre aux exigences du marché et de sa clientèle, poursuit ainsi son développement professionnel et équilibré à travers un solide réseau de distribution.

« À notre place » : une chambre d’échos en résonance sensible et incertaine

A notre place : une chambre d’échos en résonance sensible et incertaine
Photo Simon Gosselin

« À notre place » : une chambre d’échos en résonance sensible et incertaine

Avec « À notre place », Arne Lygre poursuit son entreprise de déminage des relations humaines : non pas les raconter, mais les dissoudre lentement dans une langue qui les précède, les déborde, les trahit.

Et Stéphane Braunschweig, compagnon fidèle, ne met pas seulement en scène une pièce, il installe un dispositif de révélation clinique où l’intime devient une matière instable, un gouffre.

D’emblée, le spectacle déjoue l’attente. Trois femmes, oui – Astrid, Sara, Eva – mais ce triangle n’est qu’un leurre.

Car chez Lygre, l’amitié n’est jamais un refuge : c’est une zone de friction où les absents prolifèrent

Fils, pères, frères, morts et vivants contaminent la scène, comme si chaque relation portait en elle une mémoire clandestine. L’intimité devient un espace surpeuplé, saturé de présences qui empêchent toute résonance avec soi-même.

Braunschweig capte cela avec une rigueur presque chirurgicale. Sa mise en scène, épurée jusqu’à l’os, ne cherche ni à illustrer ni à rassurer.

L’intime en fuite

Elle expose. Les corps circulent dans un espace mental plus que physique, et la scénographie, d’une netteté à l’épure ciselée, agit comme une chambre d’écho : tout y résonne, rien n’y perdure.

On retrouve cette esthétique de la surface lisse, déjà à l’œuvre dans ses précédentes incursions chez Lygre, où le décor ne sert qu’à mieux faire affleurer les failles du langage.

Car le véritable vertige est là : dans cette langue qui dit tout et donc annule tout. Les personnages parlent, se corrigent, se commentent, comme s’ils tentaient d’atteindre une transparence absolue.

Mais à force de tout dire, ils ne disent plus rien de vivant. Le réel s’épuise dans sa propre explicitation. On assiste moins à des scènes qu’à des tentatives de formulation du monde en crise et toujours incertain.

Et pourtant, quelque chose cherche à advenir. Une tentative sourde, presque organique. Lygre ausculte une question simple et abyssale : où est notre ancrage quand toute relation nous déplace ?

L’amitié ici n’est ni consolatrice ni stable, elle est une forme de dépendance déplacée, parfois aussi violente, aussi exclusive que l’amour lui-même.

Les trois comédiennes – Cécile Coustillac, Clotilde Mollet, Chloé Réjon – naviguent dans cette partition avec une précision remarquable.

Elles ne jouent pas des personnages : elles incarnent des points de passage. Tour à tour elles deviennent elles-mêmes, les autres, les hommes absents, brouillant les identités avec une fluidité troublante.

Cette porosité est l’une des plus belles réussites du spectacle : elle matérialise ce que le texte suggère, que nous ne sommes jamais un, mais toujours traversés.

Reste une impression persistante, presque inconfortable : celle d’un théâtre qui refuse la consolation. « À notre place » n’offre ni résolution ni catharsis. Il laisse le spectateur dans un état d’instabilité douce, comme après une conversation trop lucide pour être honnête.

Un théâtre de la dissection, oui mais où, à force d’ouvrir les corps et les mots, on découvre moins leur vérité… que leur irréparable vacillement.

 Dates: du 18 mars au 17 avril 2026  – Lieu : Théâtre de la Colline (Paris)
Mise en scène : Stéphane Braunschweig

[BD] La Mécanique – Tome 03 : Le Rêve du passé, de Kevan Stevens & Jef (Soleil)

[BD] La Mécanique – Tome 03 : Le Rêve du passé, de Kevan Stevens & Jef (Soleil)

Avec La Mécanique – Tome 03 : Le Rêve du passé, Kevan Stevens et Jef referment une trilogie de science-fiction âpre, habitée par la violence sociale, les luttes de pouvoir et une noirceur urbaine qui ne laisse que peu de place au répit. Ce dernier volume ne cherche pas à adoucir son propos : il pousse au contraire tous les enjeux à leur point de rupture, dans un final tendu où les personnages avancent comme pris dans un engrenage devenu incontrôlable.

Depuis ses débuts, La Mécanique déploie un univers dense, brutal, où la ville semble broyer les individus autant qu’elle les façonne. Ce troisième tome reprend cette matière sombre pour l’emmener vers sa conclusion, portée par le chaos, les affrontements et les cicatrices du passé. La série conserve ce qui fait sa force : une ambiance oppressante, une vraie cohérence visuelle et un récit qui refuse les facilités.

Kevan Stevens construit un album qui avance vite, parfois très vite, mais sans jamais perdre de vue l’essentiel : ses personnages. Tous portent une part de fêlure, de colère ou de culpabilité, et c’est ce qui donne au récit sa tension dramatique. Le Rêve du passé parle de domination, de mémoire, de sacrifice, d’espoir aussi, par éclats, au milieu d’un monde qui semble s’effondrer sur lui-même.

Le dessin de Jef joue un rôle central dans la réussite de l’ensemble. Son trait nerveux, expressif, donne du relief aussi bien aux visages qu’aux scènes d’action. Les décors urbains, massifs et étouffants, renforcent constamment la sensation de danger. Cette cité du futur, en crise permanente, impose sa présence à chaque page et devient presque le cœur vivant de la trilogie.

Ce dernier tome séduit par sa capacité à maintenir la pression jusqu’au bout, sans renoncer à la dimension humaine du récit. Il y a ici une vraie ambition de fresque dystopique, servie par un duo d’auteurs qui maîtrise son univers et sait lui donner une identité forte. La Mécanique ne cherche pas le spectaculaire gratuit : elle préfère la tension, la noirceur et l’impact émotionnel.

Une série de science-fiction française qui mérite l’attention pour la singularité de son ton, la force de son univers et la qualité de sa proposition graphique.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Dans un futur sombre en proie à une drogue dévastatrice, despersonnages vont jouer une partition qui les dépasse, dessinant un destin plus grand mais fragile face à la vague de chaos qui s’installe. Dans MétaCitéLyon en plein chaos, Vananka cherche son impossible Rédemption. Lynn et Safir vont peut-être enfin trouver leur place. Passé, présent et futur soudain réunis à travers un éphémère prisme de lumière et d’espoir. De Paix aussi. Au prix de tant de sacrifices et de souffrances, la Mécanique peut-elle continuer à tourner, insensible aux Hommes ?…
Date de parution : 12 mars 2026
Scénario : Kevan Stevens
Dessin : Jef
Éditeur : Soleil
Collection : Fantastique
Format / Pages : Cartonné – 80 pages
Prix indicatif : 17,50 €

Du modern jazz en majesté avec Echoes of Wanderlust, le second album du quartet Nocuts, sortie le 20 mars 2026

Echoes of Wanderlust est le second album du groupe de jazz moderne Nocuts nimbé d’influences rock et classique pour un mélange de styles vivifiant. L’album est la synthèse des inspirations glanées au fur et à mesure de voyages géographiques et intérieurs réalisés par Gaëlle Coquempot et Olivier Roch, les 2 principaux compositeurs du quartet. La musique s’ébat en liberté et défriche de nouveaux horizons sonores pour un album qui enchaine les variations et les thématiques, il s’écoute facilement de bout en bout pour une intense ivrasse musicale.

Du jazz, mais pas que!

Le titre de l’album résume parfaitement l’état d’esprit des 4 musiciens, varier les chemins et mener l’auditeur dans un périple musical riche d’influences diverses et complémentaires. Le jazz est accessible, pas du tout daté et monolithique, c’est un creuset d’émotions qui touchent profondément les auditeurs grâce à l’art des musiciens pour mélanger les instruments et faire naitre un vrai groove. Le timbre chaud de la clarinette et de la clarinette basse forment en alliage puissant avec une section rythmique qui ne lâche jamais le tempo, le piano est ensorcelant et les touches forment une belle alliance avec la contrebasse et la batterie. Enregistré au Studio du Regard, l’album a bénéficié de l’expertise de Christophe Sarlin pour un enregistrement impeccable et un mastering au cordeau. Distribué par Inouïe Distribution, l’album convainc par sa faculté à ne pas trop en faire, l’évidence est claire, le jazz peut facilement rentrer dans votre salon pour une écoute qui ne devra pas. Les influences avouées vont de Avishaï Cohen à E.S.T en passant par Radiohead, de quoi donner envie d’en savoir plus.

Les concerts vont s’enchainer, le 20 mars 19H30 au Sunside, le jeudi 14 mai 2025 au Son de la Terre, de multiples occasions d’écouter live la performance du groupe pour un probable grand moment de communion musicale.

Membres du groupe:

Guillaume Burkhardt, contrebasse

Gaëlle Coquempot, piano et composition

Julien Defontaine, batterie

Olivier Roch, clarinette, clarinette basse et composition

[Comics] Young Hellboy – Le Pays Caché, de Mike Mignola, Tom Sniegoski & Craig Rousseau (Delcourt Comics)

[Comics] Young Hellboy – Tome 01 : Le Pays caché, de Mike Mignola, Tom Sniegoski & Craig Rousseau (Delcourt Comics)

Avec Young Hellboy – Tome 01 : Le Pays caché, l’univers imaginé par Mike Mignola s’ouvre à une nouvelle perspective en revenant sur l’enfance du célèbre démon détective. Loin des intrigues sombres et mythologiques qui caractérisent la série principale, ce récit adopte une tonalité plus aventureuse, presque pulp, en suivant Hellboy à une époque où il découvre encore les mystères du monde. L’album se situe dans les premières années de sa vie au sein du B.P.R.D., sous la protection du professeur Trevor Bruttenholm.

L’histoire débute lors d’une expédition vers un site de fouilles en Amérique du Sud. En route, Hellboy et son père adoptif se retrouvent échoués sur une île étrange, isolée du reste du monde. Ce territoire mystérieux abrite une faune improbable, des créatures gigantesques et les vestiges d’une civilisation oubliée. Très vite, ce qui devait être une simple mission scientifique se transforme en une aventure dangereuse où les deux explorateurs doivent affronter monstres, fantômes et secrets anciens.

Le récit s’inscrit volontairement dans la tradition des récits d’exploration fantastique. L’île évoque les romans d’aventure du début du XXe siècle, entre univers perdus, monstres préhistoriques et mythologies anciennes. Cette approche rappelle les influences littéraires d’auteurs comme Arthur Conan Doyle ou Edgar Rice Burroughs, mais revisitées à travers le regard d’un jeune Hellboy encore curieux et parfois naïf face aux mystères qui l’entourent.

Graphiquement, Craig Rousseau adopte un style plus dynamique et accessible que celui de Mike Mignola. Les personnages sont plus expressifs, les scènes d’action très lisibles et l’ensemble adopte une tonalité presque aventureuse qui correspond bien à cette période de la vie du héros. Ce choix visuel contribue à donner à la série une identité différente tout en restant fidèle à l’esprit du Hellboyverse.

Avec ce premier volume, Young Hellboy propose une exploration originale de la jeunesse du personnage. L’album fonctionne comme une aventure indépendante qui élargit l’univers créé par Mignola tout en offrant une lecture accessible, mêlant humour, exploration et fantastique dans un récit rythmé et dépaysant.

Extrait du comics :


Résumé éditeur :

La jeunesse de Hellboy après son arrivée sur Terre n’avait été – jusqu’alors – que peu abordée. Mike Mignola & Tom Sniegoski associés à Craig Rousseau remédient à cela avec fraîcheur et brio, dans un premier récit complet. Échoués sur une île étrange alors qu’ils faisaient route vers un site de fouilles en Amérique du Sud, Hellboy et le professeur Bruttenholm sont confrontés à des monstres sur terre, sur mer et dans les airs ! Ils sont sauvés par un inconnu, mais ils ne sont pas en sécurité pour autant ! Un ancien mal que l’île protège est sur le point de se réveiller…
Date de parution : 19 mars 2026
Scénario : Mike Mignola & Tom Sniegoski
Dessin : Craig Rousseau
Couleurs : Dave Stewart
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Format / Pages : Cartonné – 120 pages
Prix indicatif : 15,95 €

[Comics] Les Évadés d’Alcatraz, de Christopher Cantwell & Tyler Crook (Delcourt – Contrebande)

[Comics] Les Évadés d’Alcatraz, de Christopher Cantwell & Tyler Crook (Delcourt – Contrebande)

Avec Les Évadés d’Alcatraz, Christopher Cantwell et Tyler Crook s’emparent de l’un des grands mythes criminels américains pour en faire un récit tendu, brutal et résolument noir. L’évasion de la prison la plus célèbre des États-Unis ne sert pas ici de simple toile de fond historique : elle devient le point de départ d’une cavale âpre, presque désespérée, où la liberté n’a rien d’un horizon romantique. L’album préfère la sueur, la peur et la violence à la légende, et c’est précisément ce qui lui donne sa force.

Le récit prend appui sur l’un des grands mystères du XXe siècle, mais choisit de l’aborder sous un angle plus rugueux que spectaculaire. Il ne s’agit pas tant de savoir si les fugitifs ont survécu que de suivre ce que cette fuite dit d’eux : des hommes acculés, condamnés quoi qu’ils fassent, lancés dans une course où chaque étape les enfonce un peu plus dans une impasse sanglante. Cette approche transforme le fait divers en véritable odyssée noire, où l’évasion devient moins une délivrance qu’une prolongation du cauchemar.

Christopher Cantwell construit un récit sec, nerveux, sans illusion, où la cavale progresse dans un climat d’urgence permanente. Le scénario ne cherche pas à héroïser ses personnages : il les montre dans toute leur ambiguïté, emportés par la violence de leurs choix et par un monde qui ne leur laisse aucune échappatoire réelle. Cette tension morale donne au livre une tonalité particulièrement sombre, bien plus proche du polar tragique que du récit d’aventure.

Le dessin de Tyler Crook apporte une identité visuelle forte à l’ensemble. Son trait organique, ses ambiances épaisses et son sens des textures installent immédiatement une atmosphère moite, hostile, presque fiévreuse. Les paysages traversés, les visages fatigués, les scènes de fuite comme les accès de violence gagnent en intensité grâce à cette approche graphique très incarnée. L’album trouve là un ton singulier, entre réalisme sale et tension dramatique constante.

Extrait du comics :


Résumé éditeur :

Ce récit complet est une épopée sanglante, orchestrée par Christopher Cantwell – créateur de la série TV Halt & Catch Fire et co-showrunner de The Terror sur AMC – et Tyler Crook – le dessinateur de Harrow County, BPRD et Bad Blood. Née de l’un des plus grands mystères non résolus du XXe siècle, cette odyssée nous entraîne sur les traces des fugitifs les plus célèbres de l’Histoire américaine, alors qu’ils courent désespérément vers la liberté à travers la campagne californienne laissant dans leur sillage une traînée de corps et de douloureuses révélations. Ce récit complet est celui de tueurs qui se savent condamnés quoi qu’ils fassent.
Date de parution : 12 mars 2026
Auteurs : Christopher Cantwell (scénario) & Tyler Crook (dessin & couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : Contrebande – Comics
Format / Pages : Cartonné – 160 pages
Prix indicatif : 18,50 €

[BD] Terres d’Ynuma – Tome 02, de Nicolas Jarry & Brice Cossu (Soleil)

[BD] Terres d’Ynuma – Tome 02, de Nicolas Jarry & Brice Cossu (Soleil)

Dans ce deuxième tome, Terres d’Ynuma abandonne la simple installation d’univers pour entrer pleinement dans une logique de survie et de tension permanente. Le récit se recentre sur Hijo, personnage bien plus ambigu qu’il n’y paraît : messager le jour, espion la nuit, il évolue dans un monde où la loyauté est fragile et où chaque mission peut devenir un piège.

Ce qui frappe immédiatement, c’est le contraste entre la mécanique froide de sa mission et la dimension profondément humaine du récit. Hijo n’est pas un héros classique : marqué par un passé douloureux et nourri d’une haine tenace envers les elfes, il se retrouve pourtant contraint de protéger l’une d’entre elles, ainsi qu’une enfant.
Cette contradiction est le véritable moteur de l’album. Elle donne au récit une tension constante, bien plus intéressante que le simple enchaînement d’action.

Le scénario fonctionne comme une fuite en avant. Traqué en permanence, Hijo n’a jamais vraiment le contrôle de la situation, et c’est précisément ce qui donne à l’histoire son rythme. Loin d’une fantasy épique classique, on est ici dans quelque chose de plus resserré, presque nerveux, où chaque déplacement compte et où chaque rencontre peut être fatale.

L’univers, lui, gagne en personnalité grâce à ce point de vue. Les conflits entre nations et races ne sont plus abstraits : ils deviennent intimes, incarnés dans le regard d’un personnage qui porte en lui une haine qu’il est obligé de remettre en question. Cette évolution donne une profondeur inattendue à l’ensemble, en transformant une mission en véritable parcours moral.

Enfin, le tome se distingue par son mélange efficace entre esthétique japonaise (samouraïs, codes d’honneur) et fantasy occidentale, créant un cadre visuel et narratif original dans la production Soleil. Mais au-delà de l’univers, c’est bien le personnage de Hijo qui porte l’album : un héros contraint d’avancer, non pas vers la gloire, mais simplement vers une forme de survie — et peut-être de rédemption.

Résumé éditeur :

Messager le jour, espion la nuit, Hijo fend les cieux d’Ynuma pour la nation Raïda. Devenu malgré lui le protecteur d’une Elfe et d’une fillette, il n’a plus qu’une mission : survivre aux samouraïs qui les traquent.Sur son Ten-no-Tori, Hijo sillonne les cieux d’Ynuma pour livrer messages et artefacts précieux. Marqué par un passé douloureux, il nourrit une haine tenace envers les Elfes de Kitanaë. Pourtant, quand son maître l’envoie en mission au cœur de leur cité, il ne peut refuser. Traqué, piégé, Hijo doit protéger une Elfe et une enfant… sans savoir pourquoi elles sont la clé de sa mission.
Date de parution : 19 mars 2026
Scénario : Nicolas Jarry
Dessin : Brice Cossu
Éditeur : Soleil
Collection : Fantasy
Format / Pages : Cartonné – env. 56 pages
Prix indicatif : 16,50 €

Lionel Langlais dévoile son nouvel album le 20 mars 2026

Lionel Langlais dévoile le 20 mars 2026 son déjà 5e album, avec Lionel Gaillardin aux arrangements et Quentin Lamotta à la plume pour les textes. Le chanteur revendique haut et fort sa sensibilité à fleur de peau dans des chansons poétique, intimistes, parfois gaies et souvent mélancolique.

De la poésie française

Le premier titre In Extremis a été dévoilé avec un clip réalisé par Yohann Hebi Daher. Le chanteur y évoque Venise dans un titre qui relève autant de souvenirs que de fantasmes. Le plus important semble être pour lui l’amour de la vie, ce qu’il exprime dans 10 titres égrènes avec parcimonie et délicatesse. Le chanteur interpelle l’auditeur pour suggérer que les possibilités sont infinies à condition s de le vouloir et d’y mettre tout son cœur. Cet album éponyme fait suite à 4 autres œuvres tout aussi éponymes, et le 3e avec une réalisation et une direction artistique confiées à Lionel Gaillardin à la base des arrangements, des programmations et à la direction des enregistrements jusqu’au mixage dans son propre studio (Bonsaï Studio) à Colombes. Il est également à la base du choix des musiciens amis et à la célébrité certaine dans le milieu: Michel-Yves Kochmann et Simon Strauss aux guitares, Dominique Bertram et Julien Rieu de Pey aux basses, Éric Dumont et Marc Limballe aux batteries et percussions, Jean-Yves Lozac’h à la pedal steel, Vincent Bidal aux claviers, aux cuivres, Claude Égéa aux trompettes, Michaël Joussein au trombone, Alain Debiossat au saxophone, Corentin Dalgarno et Alexandre Dachet aux cordes.

Le chanteur se fait accompagner sur scène par un couple de danseurs (Camilla Melani et Santiago Codon Gras) dans une scénographie moderne et surprenante, ce qu’il sera possible de découvrir le 3 avril au Café de la Danse à Paris, vivement ce moment pour en savoir plus sur ses intentions!

[BD] Les Reines de sang – Agrippine – Tome 03 : Ce qui ne peut être nommé, de Luca Blengino & Roberto Ali (Delcourt)

[BD] Les Reines de sang – Agrippine – Tome 03 : Ce qui ne peut être nommé, de Luca Blengino & Roberto Ali (Delcourt)

Les Reines de sang – Agrippine – Tome 03 : Ce qui ne peut être nommé conclut la trilogie consacrée à l’une des figures les plus redoutées de la Rome antique. Dans la collection historique de Delcourt dédiée aux grandes souveraines, Luca Blengino et Roberto Ali dressent le portrait d’une femme prête à franchir toutes les limites pour accéder au pouvoir absolu. Cette fresque politique et tragique explore les coulisses de l’Empire romain, où intrigues, alliances fragiles et trahisons rythment l’ascension d’Agrippine.

Néron est désormais empereur, et Agrippine pense avoir enfin accompli son destin en installant son fils sur le trône. Mais l’ombre du pouvoir ne lui suffit plus. La mère ambitieuse aspire désormais à une place inédite dans l’histoire romaine : être reconnue comme impératrice à part entière. Cette ambition sans précédent bouleverse les équilibres politiques et déclenche une lutte impitoyable au sommet de l’Empire.

L’album met particulièrement en lumière la relation toxique et explosive entre Agrippine et son fils Néron. Entre manipulation, rivalité et paranoïa politique, la mère et l’empereur se livrent une guerre psychologique où chacun tente de prendre l’ascendant sur l’autre. Sénèque, conseiller influent, et Poppée, future épouse de Néron, deviennent également des pièces essentielles dans ce jeu d’influence où chaque décision peut entraîner la chute d’un empire.

Graphiquement, Roberto Ali propose une mise en scène dense et théâtrale, où les décors de la Rome impériale renforcent l’atmosphère de tragédie historique. Les visages expressifs et les compositions de planches soulignent la tension permanente entre les personnages, donnant à l’album une dimension dramatique proche des grandes fresques historiques. A lire !

Résumé éditeur :

Troisième et dernier volet de l’épopée sanglante d’Agrippine, la femme la plus ambitieuse de toute l’histoire de la Rome ancienne, prête à affronter jusqu’à son propre fils, pour arriver à ses fins…An 54 après J.-C. Néron fait empereur, sa mère Agrippine semble avoir enfin atteint son but… Mais régner dans l’ombre ne lui suffit pas. Elle songe maintenant à être la première femme couronnée impératrice de Rome. Un véritable blasphème… qui va l’entraîner dans une guerre totale contre son fils, son vieil ami Sénèque et l’ambitieuse Poppée, future épouse de l’empereur…
Date de parution : 19 mars 2026
Scénario : Luca Blengino
Dessin : Roberto Ali
Couleurs : Angelo Iozza
Éditeur : Delcourt
Collection : Histoire & Histoires – Les Reines de sang
Format / Pages : Cartonné – 48 pages
Prix indicatif : 15,50 €

[BD] Les Sacrifiés du paradis – Enquête au cœur du colonialisme vert, de Guillaume Blanc & Chico Pacheco (Delcourt)

[BD] Les Sacrifiés du paradis – Enquête au cœur du colonialisme vert, de Guillaume Blanc & Chico Pacheco (Delcourt)

Avec Les Sacrifiés du paradis, Guillaume Blanc et Chico Pacheco proposent une bande dessinée documentaire dense et engagée qui s’attaque à un sujet rarement traité en BD : le colonialisme vert. Derrière l’image idéalisée de la protection de la nature en Afrique, l’album met en lumière une réalité bien plus complexe, faite d’expulsions, de violences et d’une vision occidentale imposée à des territoires déjà habités.

Le récit s’appuie sur une enquête structurée, presque journalistique, qui prend pour point de départ un événement précis : l’assassinat d’un garde dans un parc éthiopien. Ce fait déclenche une plongée progressive dans les mécanismes historiques et politiques qui ont façonné la création des grands parcs naturels africains depuis les années 1960. Très vite, l’album dépasse le simple fait divers pour révéler un système global, où la préservation de la nature s’est parfois construite au détriment des populations locales.

Ce qui frappe, c’est la manière dont la BD déconstruit un imaginaire profondément ancré : celui d’une nature vierge à protéger coûte que coûte. Le livre montre que cette vision repose souvent sur une illusion, celle d’un territoire sans habitants, alors même que des millions de personnes ont été déplacées pour permettre la création de ces espaces protégés. Cette tension entre idéal écologique et réalité humaine constitue le cœur du récit.

Graphiquement, Chico adopte un style sobre et lisible, au service du propos. Le dessin privilégie la clarté narrative et l’efficacité, permettant de rendre accessibles des enjeux complexes sans alourdir la lecture. Cette approche renforce la dimension pédagogique de l’ouvrage, tout en laissant suffisamment de place à l’émotion dans certaines scènes marquantes.

Avec Les Sacrifiés du paradis, Delcourt propose une BD qui s’inscrit pleinement dans la tradition du roman graphique documentaire. L’album ne cherche pas à simplifier son sujet : il expose au contraire les contradictions d’un modèle écologique encore largement débattu aujourd’hui. Une lecture exigeante, qui interroge frontalement la manière dont certaines utopies peuvent, paradoxalement, produire de nouvelles formes d’injustice.

Extrait de la BD :



Résumé éditeur :

 » Il faut sauver la nature africaine !  » La mission débute en 1961 et depuis, d’immenses parcs sont créés, vierges et sauvages. Mais ce rêve d’Afrique a un prix : le sacrifice de millions de paysans, expulsés, de force. Grâce au Projet spécial africain, l’Unesco, le WWF et les colons devenus experts internationaux continuent de sauver en Afrique la nature qu’ils ont perdue chez eux, en Occident. Mais quand un garde de parc éthiopien est assassiné, l’enquête débute et, très vite, elle révèle une Afrique fantasmée, et la violence d’un colonialisme vert pesant sur des millions d’Africains. Hier, comme aujourd’hui.
Date de parution : 12 mars 2026
Scénario : Guillaume Blanc
Dessin / Couleurs : Chico Pacheco
Éditeur : Delcourt
Collection : Documentaire / Enquête
Format / Pages : Cartonné – 144 pages
Prix indicatif : 23,75 €

[Comics] The Goon – Retour à Lonely Street, de Eric Powell, Tom Sniegoski & Brett Parson (Delcourt – Contrebande)

[Comics] The Goon – Retour à Lonely Street, de Eric Powell, Tom Sniegoski & Brett Parson (Delcourt – Contrebande)

Avec The Goon – Retour à Lonely Street, Eric Powell remet la main sur l’un de ses univers les plus immédiatement reconnaissables : une ville poisseuse, grotesque, peuplée de monstres, de gangsters, de morts-vivants et de marginaux plus ou moins fréquentables. Ce retour n’a rien d’un simple clin d’œil nostalgique. Il retrouve au contraire ce mélange très particulier de brutalité, d’humour noir et de mélancolie qui a fait la singularité de la série depuis ses débuts.

Le point de départ est simple et efficace : après un détour loin de leur territoire habituel, The Goon et Franky reviennent à Lonely Street pour découvrir que leur absence a laissé le champ libre à toute une galerie de nouveaux prédateurs. Le quartier a changé, les équilibres se sont déplacés, et la ville semble avoir continué à pourrir sans eux. Cette idée de retour permet au récit de jouer à la fois sur la redécouverte d’un décor culte et sur une forme de déplacement : rien n’est tout à fait à sa place, et c’est précisément ce qui relance la machine narrative.

L’album fonctionne d’abord par sa matière. Powell ne cherche jamais le réalisme sec : il préfère l’excès, la gueule cassée, le grotesque, la bagarre absurde et les personnages impossibles. Mais derrière cette apparente démesure, il y a toujours une vraie science du rythme et une capacité rare à faire surgir une émotion plus sombre au détour d’un gag ou d’une explosion de violence. C’est ce mélange qui donne à The Goon sa personnalité, quelque part entre le comics pulp, la farce macabre et le polar déglingué.

Visuellement, l’album garde cette énergie sale et expressive qui fait tout le charme de la série. Les gueules improbables, les monstres de foire et les silhouettes cabossées composent un univers immédiatement identifiable. L’ensemble conserve ce parfum de chaos parfaitement maîtrisé qui fait de Lonely Street un décor aussi vivant que ses habitants.

Extrait du comics :


Résumé éditeur :

Eric Powell est de retour aux manettes de sa série fétiche, avec des récits inédits qui se situent dans la continuité des histoires précédentes, notamment Les Seigneurs de la Misère.Après d’étranges aventures en dehors de leur ville de prédilection, The Goon et Franky retournent à Lonely Street pour découvrir que le vide qu’ils ont laissé a été comblé par une horde de personnages peu recommandables : Baby Galahad dit « la goule de l’East-Side’, Vinnie Nosferatu et Seti la momie du South-Side, pour n’en nommer que quelques-uns.
Date de parution : 5 mars 2026
Scénario : Eric Powell & Tom Sniegoski
Dessin : Eric Powell & Brett Parson
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Format / Pages : Cartonné – 194 pages
Prix indicatif : 19,50 €

[BD] Tout, mais pas Beyrouth, de Mathieu Diez & Jibé(Delcourt – Mirages)

[BD] Tout mais pas Beyrouth, de Mathieu Diez & Jibé (Delcourt – Encrages)

Avec Tout mais pas Beyrouth, Mathieu Diez et Jibé signent un récit à la fois intime, politique et profondément incarné, quelque part entre le carnet de voyage, la chronique familiale et le témoignage sur un pays en crise. L’album ne cherche ni l’exotisme ni la leçon géopolitique abstraite : il raconte un quotidien vécu de l’intérieur, celui d’une famille française installée à Beyrouth au moment où le Liban traverse l’une des périodes les plus éprouvantes de son histoire récente.

La grande force du livre tient à son point de vue. Mathieu Diez ne regarde pas le Liban comme un observateur lointain, mais comme quelqu’un qui y vit, y travaille et y élève ses enfants. Cette position donne au récit une densité particulière : la ville n’est jamais réduite à ses ruines, à ses crises ou à ses gros titres. Beyrouth apparaît au contraire dans toute sa complexité, à la fois cabossée, vibrante, épuisée et intensément vivante. C’est cette tension permanente entre effondrement et vitalité qui donne au livre sa justesse.

Le récit avance ainsi par fragments de vie, scènes du quotidien, observations du travail diplomatique et surgissements brutaux de l’Histoire. L’album capte quelque chose de très rare : la façon dont l’actualité la plus violente s’infiltre dans les gestes ordinaires, dans la vie de famille, dans la perception même d’une ville. Le regard porté sur Beyrouth reste sensible, jamais misérabiliste, et c’est précisément ce refus de simplifier qui rend l’ensemble aussi fort.

Graphiquement, Jibé accompagne parfaitement cette approche. Son dessin donne de la présence aux lieux, aux visages, aux rues, sans jamais écraser le réel sous l’effet de style. La couleur participe beaucoup à l’identité du livre : elle restitue une ville lumineuse mais éprouvée, dense, parfois écrasante, toujours habitée. L’album trouve ainsi un équilibre très convaincant entre lisibilité du témoignage et regard d’auteur.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Entre carnet de voyage et chronique, Mathieu Diez partage sa découverte du Liban où il s’installe avec sa famille en 2021. Il relate son quotidien et son travail durant 4 années au sein de l’ambassade de France, jusqu’à la guerre d’octobre 2024.Quand Mathieu Diez part vivre à Beyrouth avec sa famille pour travailler au sein de l’ambassade de France, il découvre une ville dévastée par la crise économique et l’explosion du port, mais pleine d’intensité et passionnante. Entre chronique du quotidien, du travail en ambassade, et de la guerre d’octobre 2024, il brosse un portrait sensible et sincère de Beyrouth et du Liban.
Date de parution : 5 mars 2026
Scénariste : Mathieu Diez
Illustrateur / Coloriste : Jibé
Éditeur : Delcourt
Collection / Série : Encrages
Format / Pages : Cartonné – 245 pages
Prix indicatif : 23,75 €

Catherine Hiegel souveraine et désopilante dans Les Règles du savoir-vivre

Catherine Hiegel souveraine et désopilante dans Les Règles du savoir vivre : un régal !
Catherine Hiegel dans « Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne » photo (Jean-Louis Fernandez)

Catherine Hiegel souveraine et désopilante dans Les Règles du savoir-vivre

« Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » est une pièce de Jean-Luc Lagarce l’un des auteurs français les plus importants de la fin du 20e siècle, et l’un des plus joués en France. Il s’agit d’un monologue qui s’appuie sur la réécriture d’un manuel de bonnes conduites de la Baronne Staffe, née en réalité de condition modeste sous le nom de Blanche Soyer, paru en 1889.

Le propos consiste à édicter à destination des aristocrates et grands bourgeois du XIXe siècle, à partir des grands moments de l’existence (naissance, fiançailles, mariage, veuvage) la conduite à tenir et que Lagarce d’un regard corrosif, taille au scalpel pour mieux en faire ressortir toute la parodie sous-jacente.

Un grand numéro d’actrice

Sur la scène, la baronne/conférencière prend les traits de Catherine Hiegel où d’emblée sa partition sous la direction aiguisée de Marcial Di Fonzo Bo, participe sournoisement à la charge caustique contre les conventions sociales et leurs fausses apparences.

Vêtue d’une tunique noire rehaussée d’une collerette blanche, dans un décor minimaliste constitué de grandes tables sur roulettes qu’elle déplace à l’instar d’un nouveau chapitre du manuel abordé, la dame nous instruit des codes à suivre pour ne pas « se laisser déborder par les futilités accessoires que sont les sentiments et pour gérer la vie comme une longue suite de choses à régler ». Car il s’agit avant tout de « tenir son rang ! ».

Sur un ton compassé aux airs de patronnesse, la conférencière – sourire aux lèvres mais faussement maternelle masquant en fait une implacable solitude – porte à son paroxysme le parcours désopilant de la jeune fiancée jusqu’au mariage puis au veuvage que les règles de la bienséance doivent régenter et accompagner, le tout délesté de tout ressenti intime et émotionnel. Où l’obsession de la mort « toujours possible, envisageable », se rappelle sans le moindre égard aux percepts édictés.

A travers cette adresse anachronique, l’auteur nous renvoie – dans une langue mélodieuse et une syntaxe dense – le portrait d’une société bourgeoise conservatrice et corsetée. Derrière la forme caricaturale d’un guide de convenances prétexte pour Lagarce à une critique sociale, il pointe avec une ironie mordante la famille, l’amour, la mort, la solitude et les valeurs d’une société torpillée par les faux-semblants que l’on se doit toujours de sauvegarder.

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre

La comédienne très inspirée dans une mise en scène épurée de Di Fonzo, en interaction avec le public, déploie un jeu subtil et sarcastique empreint de rupture de jeu, où ses attitudes, parfois sa méprise, et ses mimiques, amplifient à dessein les moments tragico-comiques. Tantôt espiègle, tantôt sévère, tantôt candide, toujours singulière, elle est extraordinaire de finesse et d’intelligence où, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, elle se joue à l’envi du propos entre conviction désarmante et distance désopilante !

Cette pièce donne aussi à entendre le ton singulier de Jean-Luc Lagarce fait de sonorités, de variations et de reprises. Son rythme donne toute son ampleur à la dérision et au décalage des situations décrites qui, par delà le rire qu’elles provoquent, n’en sont pas moins empreintes de gravité. Car c’est là, la périlleuse et grande affaire que de pourvoir y survivre…!

Dates : du 2 mars au 19 mai 2026 – Lieu : Théâtre des Bouffes Parisiens (Paris)
Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo

[Manga / Artbook] Super Mario – Les histoires d’Harmonie (Nintendo / Soleil Manga)

[Manga / Artbook] Super Mario – Les histoires d’Harmonie (Nintendo / Soleil Manga)

Avec Super Mario – Les histoires d’Harmonie, Soleil Manga propose aux lecteurs francophones un ouvrage directement inspiré de l’univers de Super Mario Galaxy. Conçu comme un livre de contes illustré autour du personnage d’Harmonie (Rosalina dans la version anglophone), l’album revient sur l’un des récits les plus émouvants de la saga vidéoludique de Nintendo : l’histoire de la rencontre entre la gardienne des étoiles et les mystérieux Lumas. L’ouvrage se situe à mi-chemin entre livre illustré, manga et artbook, en développant le récit mythologique esquissé dans le jeu.

Le récit adopte une structure de conte, presque contemplative, où l’on suit une jeune fille découvrant une navette spatiale abandonnée avant de rencontrer un petit enfant-étoile nommé Luma. Ensemble, ils entament un voyage à travers l’espace qui va peu à peu forger leur lien et donner naissance à une légende. Cette histoire constitue l’un des éléments narratifs les plus marquants de Super Mario Galaxy, apportant une dimension plus mélancolique et poétique à l’univers habituellement léger de Mario.

L’album se distingue par sa dimension presque mythologique : le récit évoque la solitude, la découverte du cosmos et la construction d’un destin. Ce ton plus doux et introspectif contraste avec l’énergie habituelle des aventures de Mario et rappelle que la série a su, à plusieurs reprises, explorer des registres émotionnels inattendus.

Cependant, l’ouvrage pourra également surprendre par son approche graphique. Les illustrations s’éloignent sensiblement de l’identité visuelle iconique de la franchise. Les personnages présentent un style beaucoup plus simplifié et parfois naïf, très différent des designs dynamiques et expressifs popularisés par les jeux Nintendo. Ce choix artistique peut créer une certaine distance avec l’univers graphique auquel Mario et ses compagnons ont habitué leur public.

Malgré cette réserve visuelle, Les histoires d’Harmonie reste une curiosité intéressante pour les amateurs de l’univers Mario. En mettant en avant l’un de ses personnages les plus mystérieux et en développant la dimension cosmique de la saga, l’ouvrage propose une lecture différente de la licence, plus contemplative et plus proche d’un conte fantastique que d’une aventure classique du célèbre plombier.

Résumé éditeur :

Retrouvez dans un magnifique ouvrage tout en couleur, l’un des événements majeur de Super Mario Galaxy , la rencontre entre Harmonie et l’adorable petit Luma.Notre histoire débute il y a fort, fort longtemps avec la découverte d’une navette spatiale rouillée par une jeune femme. Ainsi commence la légende unissant Harmonie et un petit enfant-étoile, Luma. Chacun étant en quête d’une certaine chose, mais finissant par se trouver un but commun et un lien amené à devenir de plus en plus fort.
Date de parution : 19 mars 2026
Auteur : Nintendo
Éditeur : Soleil Manga
Collection : Soleil Manga – Shonen
Format / Pages : Broché – 112 pages
Prix indicatif : 24,99 €

[BD jeunesse] Youna – Retour à la nature, de Orianne Lallemand, Véronique Grisseaux & Christine Davenier (Vents d’Ouest)

[BD jeunesse] Youna – Retour à la nature, de Orianne Lallemand, Véronique Grisseaux & Christine Davenier (Vents d’Ouest)

Youna – Retour à la nature aborde avec sensibilité un sujet très contemporain : l’éco-anxiété chez les enfants. À travers le parcours de sa jeune héroïne, la bande dessinée explore les inquiétudes qui peuvent naître face aux informations alarmantes sur l’état du monde. Pollution, disparition des espèces, dérèglement climatique… autant de thèmes qui pèsent sur les épaules d’une enfant trop sensible à la détresse de la planète. Le récit choisit toutefois une voie lumineuse, en proposant un chemin de reconstruction fondé sur la reconnexion à la nature.

Face au mal-être grandissant de leur fille, les parents de Youna décident de l’emmener passer quelque temps à la montagne. Ce séjour loin de la ville, de l’école et des écrans devient l’occasion d’un véritable retour aux sources. Dans la forêt, la jeune fille découvre un univers vivant et apaisant où chaque rencontre – avec un renard, un écureuil ou même un ours – devient une leçon de sagesse. Peu à peu, ces échanges symboliques l’aident à transformer ses angoisses en curiosité et à retrouver confiance en elle.

Visuellement, l’album se distingue par les aquarelles lumineuses de Christine Davenier, dont les couleurs chaleureuses traduisent parfaitement la douceur et la poésie du récit. Les paysages forestiers, les animaux et les scènes de contemplation donnent au livre une atmosphère paisible qui contraste volontairement avec l’inquiétude initiale de l’héroïne.

Entre aventure initiatique et réflexion écologique accessible aux plus jeunes, Youna – Retour à la nature propose une lecture sensible et actuelle. L’album rappelle qu’au-delà des inquiétudes légitimes face à l’avenir de la planète, la nature peut aussi devenir un espace d’apprentissage, d’émerveillement et d’espoir.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Youna est une petite fille joyeuse, vive et curieuse. Mais elle subit de plein fouet les angoisses de l’époque et s’assombrit au fil des jours. Pollution, réchauffement climatique, espèces en danger… comment croire en l’avenir quand le monde va si mal ? Désemparés par son mal-être, ses parents décident de l’emmener quelques semaines à la montagne. Là-bas, au plus près de la nature, Youna va faire des rencontres aussi inattendues qu’extraordinaires qui vont changer sa vie… Dépasser ses peurs et réenchanter le monde, c’est ce que promet ce récit très actuel.
Réuni pour la première fois, un trio talentueux nous invite à emboîter le pas de Youna, dans une aventure initiatique pleine de poésie et de rires. Un magnifique roman graphique aux aquarelles chatoyantes, qui aborde avec délicatesse et humour la question de l’éco-anxiété chez les enfants.
Date de parution : 18 mars 2026
Scénario : Orianne Lallemand & Véronique Grisseaux
Dessin / Couleurs : Christine Davenier
Éditeur : Vents d’Ouest
Collection : Jeunesse
Format / Pages : Cartonné – 112 pages
Prix indicatif : 16,00 €

[Manga] L’Héritière du dragon – Tome 01, d’Asuka Ishii (Glénat Manga)

[Manga] L’Héritière du dragon – Tome 01, d’Asuka Ishii (Glénat Manga)

Avec L’Héritière du dragon – Tome 01, la mangaka Asuka Ishii propose une aventure fantasy empreinte de poésie et de mystère. Dans un univers où humains, créatures fantastiques et légendes ancestrales coexistent encore, l’histoire suit le destin d’une jeune héroïne liée à une force ancienne et redoutée. Ce premier volume pose les bases d’un récit initiatique où l’aventure se mêle à la découverte de soi et à la confrontation avec un pouvoir que l’on ne comprend pas encore.

Au cœur du récit se trouve Shan-lee, une jeune fille qui traverse plaines et forêts accompagnée d’animaux et de créatures magiques. Sa mission semble simple : aider à résoudre les conflits entre humains et êtres fantastiques. Pourtant, un danger ancien sommeille en elle. Lorsqu’un mal mystérieux surgit et menace son entourage, Shan-lee comprend que son destin est lié à la légende du dragon, une puissance aussi fascinante que dangereuse.

Le manga s’inscrit dans la tradition des récits de fantasy japonaise mêlant aventure et spiritualité. Les paysages naturels, les animaux et les éléments surnaturels occupent une place centrale dans l’univers visuel. Asuka Ishii construit un monde où la nature et les mythes semblent intimement liés, donnant au récit une atmosphère contemplative qui contraste avec la menace qui pèse sur l’héroïne.

Graphiquement, le dessin se distingue par un trait délicat et expressif qui met en valeur les paysages et les créatures fantastiques. Les scènes d’exploration alternent avec des moments plus introspectifs, renforçant l’idée que l’aventure de Shan-lee est autant intérieure qu’extérieure. Ce premier tome introduit ainsi un univers riche et prometteur, où la quête personnelle de l’héroïne pourrait bien bouleverser l’équilibre du monde.



Résumé éditeur :

Le dragon enfoui de Shan-lee. Il est un royaume qui n’a pas oublié la légende du dragon et du héros. En son sein se trouve Shan-lee, une jeune fille qui parcourt plaines et forêts, en compagnie de ses amis les animaux, pour résoudre les différends entre humains et créatures fantastiques. Mais un jour, tout bascule à cause d’un mal ancien, le dragon qu’elle porte en elle. Pour sauver son amie d’une malédiction, elle entreprend un voyage vers sa rédemption, mais également son destin ! Voici l’histoire de l’héritière du dragon et du héros !
Date de parution : 18 mars 2026
Auteur : Asuka Ishii
Éditeur : Glénat Manga
Collection / Série : Seinen – Fantasy
Format / Pages : Broché – 192 pages
Prix indicatif : 7,90 €

Une vraie expérience gustative avec le Ice Cognac ABK6 (tarif: 48 euros TTC)

Les cognacs Abecassis sont plus de ressources, il proposent un cognac moderne et surprenant avec le ABK6 ICE Cognac, un cognac rafraîchissant spécialement conçu pour être dégusté frais, très frais, avec de la glace et toujours avec modération. Avec sa texture douce et soyeuse, le cognac varie les arômes en fonction de sa température de service.

Un cognac unique en son genre

Le cognac se distingue par son attaque délicate et veloutée, et puis ça monte jusqu’à la finale fraîche, vive et extrêmement aromatique. Et comme la température influe sur le gout, le testeur va de surprises en surprises, de quoi agrémenter les cocktails et surprendre vos invités. Glacé, le cognac arbore un profil frais et délicat. Mais au fut et à mesure qu’il se réchauffe, les arômes deviennent plus ronds, plus intenses et surtout plus gourmands, avec une expérience différente à chaque gorgée. A 18°C, le cognac dévoile des notes gourmandes de vanille, à 12°C, les arômes fruités de pêche blanche et fleur d’oranger apparaissent clairement. A 8°C, c’est la fraîcheur acidulée de sorbet citron qui fait mouche. A 5°C, une sensation intense de menthe glacée envahit le palais. Le cognac est vraiment unique et mérite d’être découvert.

Publireportage:

Cette marque qui porte notre nom de famille est la signature des Domaines Francis Abécassis. Pour elle, j’ai demandé à notre Maître de Chai de choisir les eaux-de-vie les plus emblématiques de nos domaines. L’originalité s’exprime de manière forte tout en restant intransigeant sur la qualité et très respectueux des traditions. L’assemblage effectué par notre Maître de Chai privilégie la souplesse et la gourmandise. Dans ce cognac aromatique et intense se retrouvent le fruit de la vigne et la légèreté des parfums caractéristiques du terroir des Domaines Francis Abécassis Cognac

[BD] Max Fridman – Tome 03 : Hiver 1938 – Les Cousins Meyer, de Vittorio Giardino (Glénat BD)

[BD] Max Fridman – Tome 03 : Hiver 1938 – Les Cousins Meyer, de Vittorio Giardino (Glénat BD)

Avec Max Fridman – Tome 03 : Hiver 1938 – Les Cousins Meyer, Vittorio Giardino replonge son célèbre espion malgré lui dans l’Europe troublée de l’avant-guerre. Après les intrigues complexes d’Istanbul et de Budapest, ce nouvel épisode place l’action au cœur d’une période historique particulièrement sombre : l’Autriche annexée par l’Allemagne nazie. Fidèle à l’esprit de la série, l’album mêle espionnage, drame humain et tension politique dans un récit où chaque décision peut avoir des conséquences fatales.

Le récit s’ouvre à Vienne en 1938, alors que l’Anschluss marque un tournant dramatique pour la population juive autrichienne. La famille Meyer, cultivée et profondément attachée à son pays, voit sa vie basculer sous la pression croissante des lois antisémites et de la violence orchestrée par les Chemises brunes. Face à la menace qui se rapproche, une seule solution semble possible : fuir. C’est alors que les Meyer font appel à un vieil ami, Max Fridman, dont la mission sera de les aider à quitter le pays et rejoindre la Suisse.

Cette intrigue place Fridman dans une situation périlleuse. Dans une ville où règnent la peur, la surveillance et la délation, chaque déplacement devient un risque. L’espion doit naviguer entre contrôles d’identité, soupçons de la police et filatures des SS, tout en organisant une fuite presque impossible. L’album transforme ainsi une mission de sauvetage en véritable jeu d’échecs politique, où chaque coup doit être calculé avec précision.

Le style graphique de Vittorio Giardino demeure l’un des grands atouts de la série. Son dessin clair et élégant restitue avec un souci du détail remarquable l’atmosphère de l’Europe de la fin des années 1930. Architecture, costumes et ambiances urbaines contribuent à donner au récit une crédibilité historique forte. Cette précision visuelle renforce la tension dramatique du scénario et inscrit l’aventure de Max Fridman dans une fresque historique particulièrement immersive. Avec ce troisième volume, la série confirme sa capacité à mêler récit d’espionnage et regard lucide sur l’histoire européenne.

Extrait de la BD :


Résumé éditeur :

Quand la fuite est l’unique espoir…Vienne, 1938. L’Autriche occupée est annexée par l’Allemagne nazie. Les Chemises brunes, qui terrorisaient déjà les citoyens d’origine juive, s’en prennent désormais à la population au grand jour avec l’aval de la police. Depuis sa belle maison, la famille Meyer assiste incrédule à cette vague de brutalité. Le père, Franz, cultivé et optimiste, est convaincu que son pays ne se résoudra pas à subir en silence. Ses enfants n’en sont pas aussi convaincus. Sa fille Myriam est bientôt licenciée, et Franz lui-même se retrouve vite interdit d’exercer. Les lois se durcissent, la stratégie de terreur prend de l’ampleur et, bien qu’un gradé du régime, von Trudhof, tente d’aider la famille, la situation empire. Quand la menace nazie arrive à leur porte, il est plus que temps de demander de l’aide à un vieil ami : Max Fridman. Ce dernier n’a qu’une mission : faire passer les Meyer en Suisse. Une fois à Genève, tout le monde sera en sécurité. Mais comment procéder ? Le Reich ne délivre plus de visas, les contrôles d’identité deviennent systématiques et Max lui-même est surveillé de près… C’est le début d’un jeu dangereux où Max devra avancer ses pions dans l’ombre. Les SS soupçonnent les Meyer et n’attendent qu’une occasion pour les arrêter. Dans une ville où règne la peur et la délation, le temps est compté…
Date de parution : 18 mars 2026
Auteur : Vittorio Giardino
Éditeur : Glénat BD
Collection : Format roman graphique
Format / Pages : Cartonné – 192 pages
Prix indicatif : 25,00 €

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