[Album jeunesse] Il paraît que, d’Olivier Tallec (Pastel – L’école des loisirs)
Il paraît que est un album jeunesse délicieusement absurde et tendre, où Olivier Tallec explore avec humour et poésie les peurs imaginaires et les pensées curieuses qui peuplent l’esprit des enfants. Publié dans la collection Pastel de L’école des loisirs, l’album s’adresse aux jeunes lecteurs dès 3 ans, avec une narration simple mais pleine d’esprit, nourrie d’une fantaisie douce qui invite à réfléchir à la fois sur nos petites angoisses et sur la manière dont on les partage autour de soi.
L’histoire s’ouvre sur une idée à la fois drôle et universelle : après avoir avalé accidentellement un pépin de pomme, un petit écureuil est convaincu qu’un arbre va pousser dans son ventre. Cette situation incongrue devient le fil conducteur d’un voyage intérieur où les questionnements enfantins prennent une dimension à la fois absurde et profondément humaine. Les pensées de notre héros basculent rapidement dans des images étonnantes, mêlant inquiétude, imagination débordante et humour subtil.
Graphiquement, Tallec signe des illustrations pleines de douceur et d’expressivité : des traits simples et des couleurs chaleureuses accompagnent parfaitement le ton du récit, renforçant tantôt l’étrangeté de l’idée de départ, tantôt la tendresse cachée dans les émotions du petit écureuil.
L’album fonctionne à la fois comme une image de nos pensées absurdes et comme une manière délicate d’aborder les peurs imaginaires des enfants, celles qui n’ont ni queue ni tête mais qui nous obsèdent tout de même. Il paraît que transforme une idée improbable en prétexte à rire, à s’étonner et à partager un moment complice avec les jeunes lecteurs.
Résumé éditeur :
Après avoir avalé un pépin de pomme accidentellement, un écureuil a peur qu’un arbre pousse dans son ventre.
Date de parution : 18 mars 2026 Auteur : Olivier Tallec Éditeur : L’école des loisirs Collection / Série : Pastel – Album jeunesse Format / Pages : Cartonné – 36 pages
[BD] Corum – Tome 01 : Le Chevalier des Épées, de David Chauvel & Luca Merli d’après Michael Moorcock (Glénat BD)
Avec Corum – Tome 01 : Le Chevalier des Épées, David Chauvel s’attaque à l’adaptation d’un monument de la fantasy littéraire imaginé par Michael Moorcock. Après avoir déjà exploré de nombreux univers héroïques dans ses séries précédentes, le scénariste revient ici à une fantasy sombre et tragique, proche par l’esprit de la saga d’Elric. Cette adaptation en bande dessinée ambitionne de faire découvrir aux lecteurs contemporains l’un des héros les plus marquants du Multivers de Moorcock : Corum Jhaelen Irsei, prince d’une race ancienne condamnée à disparaître.
L’histoire s’ouvre dans un monde encore parcouru par les dieux et dominé par des conflits incessants entre peuples et divinités. Corum, dernier survivant de la noble race des Vadhaghs, voit son existence basculer lorsque des cavaliers humains menés par le cruel comte Glandyth ravagent les terres de son peuple. Capturé et mutilé, celui que l’on surnomme le « Prince à la Robe écarlate » échappe de peu à la mort avant d’être entraîné dans une quête impossible : affronter les puissances du Chaos et s’opposer au redoutable Arioch, le Chevalier des Épées.
La narration se distingue par son ton tragique. Corum n’est pas un héros triomphant, mais un personnage marqué par la perte, manipulé par des forces divines dont il ne maîtrise pas les règles. Cette dimension fataliste donne au récit une intensité particulière, où la quête de vengeance devient aussi une réflexion sur le destin, la responsabilité et la place de l’humanité dans un monde dominé par les dieux.
Graphiquement, Luca Merli déploie un dessin riche et spectaculaire qui renforce l’ampleur épique du récit. Les paysages, les créatures fantastiques et les affrontements prennent une dimension presque mythologique, tandis que les expressions des personnages traduisent la gravité du drame qui se joue. Son trait détaillé et incandescent donne vie à cet univers sombre et majestueux, offrant à l’adaptation une identité visuelle forte.
Avec ce premier volume, Corum inaugure une nouvelle série de fantasy ambitieuse chez Glénat. En s’appuyant sur l’œuvre monumentale de Michael Moorcock, David Chauvel pose les bases d’une saga épique où vengeance, tragédie et destin s’entrelacent dans un univers dominé par les puissances du Chaos. A découvrir !!
Extrait de la BD :
Résumé éditeur :
Le dernier survivant
À une époque où les dieux arpentaient le monde, une horde de cavaliers humains sème la terreur. Assoiffé de sang, leur chef, le comte Glandyth, ne laisse que des cendres derrière lui en rasant châteaux, cités et forteresses. Bientôt, Corum Jhaelen Irsei, dernier survivant d’une race oubliée, la race des Vadhaghs, va voir son destin basculer. Capturé, mutilé, celui que l’on surnomme « le Prince à la Robe écarlate » est sauvé par le comte Moidel. Ce dernier, afin de défendre son territoire, va invoquer un sorcier mystérieux, Shool, qui confie à Corum une mission quasi impossible : voler le cœur du plus puissant des dieux du Chaos, le Chevalier des Épées, Arioch, responsable de la destruction de son peuple. Désespéré de n’être que le jouet de divinités capricieuses et de leurs guerres absurdes, Corum s’engage dans une quête de vengeance pour regagner son honneur perdu et renouer avec son intégrité physique, mais qui le fera aussi remettre en question sa propre humanité…
Date de parution : 18 mars 2026 Scénario : David Chauvel Dessin / Couleurs : Luca Merli D’après l’œuvre de : Michael Moorcock Éditeur : Glénat BD Collection : 24×32 – Fantasy Format / Pages : Cartonné – 72 pages
[Roman jeunesse] Linus, héros du ciel – Les Ailes de la gloire, de Dermot O’Leary & Claire Powell (Gallimard Jeunesse)
Linus, héros du ciel – Les Ailes de la gloire propose une aventure aérienne pleine d’énergie et d’humour destinée aux jeunes lecteurs dès 8 ans. Dans ce premier tome d’une nouvelle série jeunesse, Dermot O’Leary transporte son lecteur dans un univers où l’aviation, l’aventure et la camaraderie prennent leur envol au cœur d’un contexte historique mouvementé. Le roman combine action et humour avec un rythme soutenu qui rappelle les grands récits d’aviation, tout en restant parfaitement accessible aux lecteurs débutants.
L’histoire suit Linus, un jeune martinet passionné d’aviation qui rêve de rejoindre la Royale Aile Force. Enthousiaste et déterminé, il espère prouver qu’il possède l’étoffe d’un véritable pilote. Mais son rêve ne tarde pas à se heurter à la réalité : entre missions périlleuses, bombardiers ennemis et secrets militaires, Linus découvre que le courage ne consiste pas seulement à voler vite et haut, mais aussi à protéger ceux qu’on aime.
Au fil de ses aventures, Linus se retrouve confronté à une énigme bien plus personnelle : la mystérieuse disparition de sa sœur. Cette quête intime donne au récit une dimension émotionnelle qui enrichit l’action et transforme l’aventure aérienne en véritable parcours initiatique. L’intrigue mêle ainsi espionnage, missions secrètes et combats dans les airs, dans un équilibre efficace entre suspense et humour.
Les illustrations de Claire Powell accompagnent le texte avec dynamisme et légèreté. Leur style expressif renforce l’énergie des scènes de vol et donne vie aux personnages, ajoutant une dimension visuelle particulièrement appréciable pour les jeunes lecteurs. L’ensemble crée un roman d’aventure vif et accessible, qui célèbre à la fois l’amitié, le courage et le rêve de voler.
Résumé éditeur :
En pleine Seconde Guerre mondiale, le jeune martinet Linus réalise son plus grand rêve : s’engager dans la Royale Aile Force. Il a hâte de prouver qu’il est aussi courageux au combat que les vaillants faucons ! Mais la route du petit bolide des airs est semée d’embûches. Il est confronté à la disparition de sa soeur, doit braver des bombardiers ennemis et démasquer un espion. Linus parviendra-t-il à retrouver sa soeur… et à sauver son pays ? Loopings héroïques, missions top secrètes et une bonne dose de crottes d’oiseaux : une grande aventure qui vous fera rire du début à la fin !
Date de parution : 12 mars 2026 Auteur : Dermot O’Leary Illustrations : Claire Powell Éditeur : Gallimard Jeunesse Collection / Série : Grand format littérature – Roman jeunesse Format / Pages : Broché – 224 pages
Il a plus de 40 ans à Montpellier, débarquait sur nos écrans François Pignon, le sobriquet le plus célèbre de toute la comédie française.
Il y a des films qui, dès le générique, vous attrapent par le col et ne vous lâchent plus. L’Emmerdeur, c’est exactement ça : une mécanique de précision horlogère signée Francis Veber (au scénario et à la pièce originale), mise en images par Édouard Molinaro avec un sens du rythme et du contrepoint comique qui confine au génie burlesque. Sorti en 1973, ce bijou de comédie noire française reste, plus de cinquante ans après, d’une efficacité redoutable. L’histoire ? Ralf Milan, tueur à gages professionnel campé par le flegme légendaire de Lino Ventura, ici monumental de mutisme bougon Ralf Milan s’installe dans une chambre d’hôtel pour remplir un contrat : abattre un témoin gênant depuis la fenêtre donnant sur le palais de justice de Montpellier. Problème : la chambre mitoyenne est occupée par un certain François Pignon, incarné par Jacques Brel dans son dernier rôle au cinéma, petit représentant en chemises dépressif-suicidaire. Après ne ultime tentative ratée, une inondation et un otage improvisé, voilà notre tueur impassible transformé en baby-sitter malgré lui du boulet ultime. Fini le polar sec et mutique, bonjour le vaudeville infernal où chaque tentative de Milan pour reprendre le contrôle de la situation sera sabordée par la maladresse cosmique de Pignon
Brel-Ventura, un ballet extraordinaire pour nos zygomatiques.
Tout le génie de L’Emmerdeur tient dans ce duo improbable : Ventura, statue de granit au visage impénétrable fidèle à lui-même, et Brel, tornade d’émotions maladroites et de monologues désespérés aux expressions candides. Le premier n’a presque pas besoin de parler pour faire rire – ses silences, ses regards assassins, ses haussements d’épaules suffisent. Face à lui, la chanteur Belge apporte une vulnérabilité touchante et une énergie chaotique qui font voler en éclats le flegme du tueur. Visuellement, le film est d’une économie remarquable : un hôtel, deux chambres communicantes, une fenêtre sur cour… et pourtant. La mise en scène joue sur les portes qui claquent, les tuyaux qui éclatent, les regards à travers les cloisons . Malgré un humour resté intact, acide et intemporel, on rit également jaune par moments : derrière l’absurde se cache une vraie réflexion sur la solitude, le hasard et la façon dont un emmerdeur peut, sans le vouloir, sauver la vie de quelqu’un (ou la lui pourrir définitivement). Un classique du cinéma français populaire qui n’a pas pris une ride. À (re)découvrir absolument dans une version 4K inédite aux couleurs vives et doté d’un impressionnant travail de restauration sur le son.
L’emmerdeur, en édition 4K Ultra HD, vient de sortir à L’Atelier d’Images un peu partout. Sur la galette, vous trouverez également 2 heures de contenus dont l’inédit podcast vidéo autour de la genèse du film avec Francis Weber. Mais aussi, un portrait d’Edouard Molinaro, des entretiens avec Jean-Marie Poiré et Vincent Perrot, et bien d’autres featurettes.
Synopsis : Ralph Milan doit éliminer Louis Randoni, témoin involontaire d’affaires indélicates. Il s’installe dans un hôtel, en face du palais de justice où se présentera sa victime. Mais dans la chambre voisine, François Pignon tente de se suicider, se rate et fait manquer sa cible à un Milan excédé…
Les Maitres Vignerons de Saint-Tropez proposent un vin rosé assemblé avec les cépages Grenache, Cinsault, Syrah et Carignan. A l’œil, sa robe est rose pâle avec des reflets saumonés. Le nez fait ressentir des notes de petits fruits rouges. La bouche est délicate, avec une belle fraîcheur fruitée qui délie les papilles. La finale s’étire sur le fruit. Le vin accompagne idéalement des plats riches en épices comme une cuisine provençale élaborée (bouillabaisse, aïoli) ou pour des plats exotiques et asiatiques (pad thaï, Rougail réunionnais), et également en dessert pour accompagner un fraisier. La bouteille est proposée au tarif TTC de 13,60 euros, la bouteille de 1,5L est au tarif TTC de 30,90 euros. Un vin rosé à découvrir!
Publireportage: Situé au pied du massif des Maures, à 20km de St-Tropez, cette authentique bastide provençale du XVIIIème siècle appartient à la famille Sauron depuis 1836. Dans cette ancienne ferme des Pères de la Chartreuse de la Verne, entouré de chênes lièges et de bruyères, le domaine s’étend sur 20 hectares tournés vers le sud. L’épopée des Maîtres Vignerons de Saint‑ Tropez s’inscrit aux côtés de celle du village de Saint‑Tropez. Il y a plus de 55 ans, ils ont donné naissance à un modèle unique et novateur : préserver les identités de chacun afin de créer une force commune. 8 vignerons de la presqu’île de Saint‑ Tropez décident de s’unir pour produire et valoriser leurs vins. Leur objectif : construire une unité commune de mise en bouteilles et de distribution pour mettre en valeur leur patrimoine, leurs marques et leur terroir. Les Maîtres Vignerons bénéficient d’un savoir‑faire marketing pour moderniser les habillages et repenser les instants de consommation du rosé. Ainsi, nous valorisons la diversité de nos terroirs en proposant une gamme profonde et variée de vins de domaines révélant l’empreinte de leur vigneron, et de vins de marques aux packagings modernes et tendances. Une force de vente dédiée permet également de maîtriser totalement la commercialisation de nos vins.
La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château (Casterman)
Publik’art vous avait déjà fait découvrir La princesse qui pue qui pète. Cette super collection qui fait trop rire les enfants ! Ce dernier album de La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château, nous emmène dans une sacrée aventure. Déjà avec Castille, on ne s’ennuie jamais, mais cette fois-ci, il va falloir rechercher le voleur qui a kidnappé le chat de la reine Guillemette. Castille va tout faire pour aider ses parents à retrouver le chat et décide de mener l’enquête, aidée par sa cousine Cunégonde… On aime les illustrations pleines d’humour de Thierry Manès, et le scénario de Marie Tibi qui raconte une vraie histoire, pleine de suspense et de … prouts bien sûr ! La princesse qui pue qui pète mène l’enquête au château va passionner nos jeunes lecteurs et les faire rire ! A coup sûr ! Il vient juste de sortir !
Thomas Gaucher est en train de faire son trou sur la scène jazz hexagonal. Guitariste ultra doué et imaginatif, il évolue dans une galaxie musicale à la densité impressionnante à la croisée du jazz, du folk et du blues, ce que prouve aisément son premier album Rusty Ladder. La guitare est au centre du jeu et apporte une densité musicale folle, à découvrir à partir du 13 mars sur un album qu’on ne cesse pas d’écouter.
Un trio jazz qui frappe fort
Thomas Gaucher n’est pas tout seul, il évolue avec Gabriel Sauzay à la contrebasse et Loup Godfroy à la batterie pour un résultat qui emballe littéralement. Originaire de Saumur, Thomas Gaucher utilise sa guitare pour des compositions jazz fascinantes. Formé au Conservatoire Jacques Thibault à Bordeaux, il devient parisien en 2019 lorsqu’il intègre le CNSM pour un diplôme obtenu en 2021. Ses inspirations sont forcément jazzy mais pas que, son spectre musical compte Gil Evans et Joe Henderson, mais aussi Belà Bartok, Jim Hall et Bill Frisell. Pas de limites pour le guitariste qui joue dans de nombreuses formatons pour multiplier les tonalités comme avec Olympic 9net, Kinorama, Strde Monkeys et Tuca. Son premier album est en mode trio et Rusty Ladder impressionne par la déjà très grande maturité musicale du bonhomme. Ses influences sont très personnelles, tirées de ses souvenirs d’enfance et ancrées dans le quotidien. Le ton est aux confidences et les morceaux ressemblent souvent à des improvisations, de quoi se laisser parfois à la rêverie comme sur Britten up avec des textures sonores qui rappellent les riches heures du grand Django avec des parties de guitare ciselées au cordeau et un Rusty Ladder élégiaque. Le trio a invité le pianiste Pierre de Bethmann sur 3 titres pour densifier un peu plus cet album revigorant, enregistré au Studio des Bruères par Tony Paeleman et mixé par Martin Garnault.
Le disque sort sur le label We See Music pour un grand moment de musique à découvrir le 13 mars, avant peut être un concert qui ravira les fans de musique jazz!
Line-up :
Thomas Gaucher : guitare Gabriel Sauzay : contrebasse Loup Godfroy : batterie
Vous connaissez tous la série des éditions Milan : Nino Dino. Cette fois-ci, Nino est triste. Cet album, Nino Dino – Le gros chagrin, est centré sur les émotions, sur le chagrin. C’est l’histoire du petit Nino qui est inconsolable parce que ses amis ne veulent pas jouer avec lui. Même ses parents ont du mal à le consoler. Mais pourquoi est-il si triste ? Comment faire pour qu’il retrouve sa joie de vivre ? Les illustrations sont très colorées et charmantes, quant au scénario, il raconte une vraie histoire à lire aux jeunes enfants ! Nino Dino – Le gros chagrin est un très chouette album, à la couverture cartonnée, très joliment illustré, qui va plaire aux jeunes lecteurs !
Le couple, cette maison hantée au Théâtre du Rond-Point
Avec « Scènes d’intérieur », de Mélanie Leray et Édouard Delelis, l’ombre portée de Henrik Ibsen plane sans jamais s’imposer frontalement.
La pièce se dit « librement inspirée » d’ « Une maison de poupée » — et c’est dans ce mot, librement, que réside tout l’enjeu : non pas refaire Ibsen, mais sonder ce qu’il reste aujourd’hui de cette maison trop bien rangée pour ne pas être déjà fissurée.
D’emblée, le dispositif scénique donne le ton : un intérieur presque clinique, lignes nettes, meubles choisis comme dans un catalogue de décoration branchée. Tout respire la normalité donc la dissimulation.
Car chez Ibsen comme chez Leray et Delelis, le foyer n’est jamais un refuge : c’est un théâtre. On y joue les rôles assignés, on y répète les gestes attendus, on y polit les mots jusqu’à ce qu’ils cessent de dire quoi que ce soit.
La pièce s’attache moins à raconter l’histoire de Nora qu’à en observer les rémanences. Que reste-t-il de cette héroïne qui claque la porte au XIXᵉ siècle ?
Une silhouette, un geste devenu presque mythologique — mais aussi un doute : ce départ a-t-il réellement fissuré la maison, ou n’a-t-il fait que déplacer les cloisons.
La vie conjugale comme théâtre d’ombres
La mise en scène elle-même devient alors le moteur dramaturgique du spectacle.
Melanie Leray construit un dispositif captivant qui alterne le jeu au plateau avec un filmage/montage en direct et l’apparition d’un film consacré à l’adolescence traumatique de Chloé, l’héroïne contemporaine du récit.
Ces fragments filmés, comme la mémoire tremblée d’un âge et d’une violence familiale éprouvée, viennent scruter et percuter le présent.
À mesure que le spectacle progresse, ces images du passé s’infiltrent dans la scène comme un contrechamp intime : elles rappellent ce que fut ce trauma et sa menace insidieuse.
Ce dialogue entre cinéma et théâtre ne relève pas d’un simple effet esthétique. Il insuffle à l’ensemble un rythme et une urgence qui agissent comme un palimpseste émotionnel, où l’adulte que nous voyons sur scène semble constamment hanté par la jeune fille qu’elle fut.
C’est d’ailleurs là que la distribution trouve toute sa force. Marie Denarnaud prête à Chloé une densité impressionnante, faite de passion et de micro-fêlures.
Son jeu, tout en nuances, donne l’impression d’un personnage qui se surveille lui-même, comme si chaque phrase devait passer par un filtre invisible avant d’être prononcée.
Autour d’elle, les partenaires composent un chœur d’une grande précision : regards suspendus, silences lourds, gestes anodins soudain chargés d’une gravité sourde.
Rien n’est appuyé, tout semble se jouer à la surface du réel — et c’est cette dimension organique qui frappe fort et fait affleurer le trouble.
Dans ce paysage conjugal subtilement fissuré, Arthur Igual s’impose avec une présence magistrale dans le rôle d’Henri. L’acteur compose un mari d’une justesse troublante, jamais caricatural, oscillant entre sincérité affective et aveuglement tranquille.
Chez lui, la domination n’est jamais tonitruante ; elle s’exprime dans une forme de douceur paternaliste, presque rassurante — et c’est précisément ce qui la rend plus inquiétante.
Igual joue admirablement cette ambivalence : un homme qui croit aimer tout en enfermant, qui parle de protection là où se dessine en réalité une emprise diffuse, un trouble.
La mise en scène prolonge d’ailleurs cette idée avec une trouvaille visuelle particulièrement éloquente : la présence d’un pantin figurant l’enfant du couple.
Manipulé, déplacé, parfois laissé là comme un objet silencieux, ce corps inerte agit comme une métaphore limpide de l’enfance prise dans les fils invisibles du théâtre familial et de sa répétition.
Écho discret à la « maison de poupée » d’Ibsen, ce pantin rappelle que, dans ces intérieurs trop bien ordonnés, chacun finit par devenir la figurine de quelqu’un d’autre.
Mélanie Leray et Édouard Delelis travaillent ainsi une zone grise. Leur spectacle n’est ni une adaptation ni une relecture militante ; il ressemble à une autopsie du couple contemporain et sa quête constante de performance.
Les dialogues, souvent fragmentaires, glissent d’une banalité domestique à une tension presque sourde. On parle de tout et de rien — et c’est précisément ce rien qui révèle l’essentiel : la fatigue des rôles, l’usure du désir, l’angoisse de l’équilibre conjugal.
On est saisi par la manière dont la mise en scène installe une forme de malaise diffus. Les déplacements sont calibrés, presque chorégraphiques ; les silences, eux, prennent une place considérable.
On sent les personnages enfermés dans une partition sociale qu’ils continuent de jouer tout en sachant qu’elle est devenue fausse.
Comme si la maison de poupée n’était plus seulement une métaphore patriarcale mais un dispositif beaucoup plus vaste : celui d’une vie qu’on habite sans vraiment la choisir.
Là où le spectacle est aussi pertinent, c’est dans cette tension entre héritage et présent. Ibsen plane comme un fantôme familier, mais jamais sacralisé.
Et que signifie aujourd’hui « partir » ? S’enfuir mais à quel quel prix quand un patriarcat d’un autre âge refuse d’abdiquer.
« Scènes d’intérieur » ne cherche pas à rejouer le coup de tonnerre ibsénien. Il en examine l’écho, plus d’un siècle plus tard — un écho assourdi, domestiqué, presque absorbé par la normalité du monde moderne et pourtant tout aussi ravageur.
Et c’est là le vertige du spectacle : la porte de Nora a beau avoir claqué depuis longtemps, la maison, elle, n’a pourtant jamais cessé de fomenter ses démons.
Dates : du 10 au 21 mars 2026 – Lieu : Théâtre du Rond-Point (Paris) Mise en scène : Mélanie Leray
Première dégustation de champagne de la maison Palmer avec le Rosé Solera et c’est une belle découverte. La maison Palmer & Co propose un rosé très fruité et très légèrement épicé. Issu d’un assemblage, le champagne est enrichi d’une Solera de Pinot Noir, une réserve perpétuelle de plusieurs décennies, reflet du savoir-faire d’exception de la Maison. Ce champagne rosé de caractère se déguste idéalement avec une =tarte aux fraises ou une soupe de fruits rouges. Il fonctionne également avec des plats salés d’inspiration méditerranéennes comme des filets de rouget, une paëlla de poissons ou des côtes d’agneau rosé aux herbes. Pour en rajouter encore une couche, le champagne est reconnu auprès des plus grandes publications avec une note de 95 points chez DECANTER, 92 points chez LA RVF, 15/20 chez BETTANE & DESSEAUVE et 16,5/20 chez LE POINT, la preuve que le champagne mérité d’être dégusté et découvert.
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Palmer & Co, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes cultivant la passion de la vigne, du terroir et du vin, et partageant une certaine idée de l’excellence. Une histoire porteuse de sens, à vocation internationale, un savoir-faire précisément orchestré et transmis depuis 1947.
À la recherche de la saveur plutôt que de la couleur, Rosé Solera offre une gamme de saveurs et d’arômes plus vaste que ce que l’on pourrait imaginer. Le Rosé Solera recèle en son cœur l’héritage exceptionnel de la Maison Palmer & Co : une réserve perpétuelle de vin rouge élaborée au Riceys depuis plusieurs décennies. Chaque cuvée est la rencontre unique entre l’assemblage signature de La Réserve et cette réserve perpétuelle. Si l’amateur y retrouve l’identité distinctive de Palmer & Co, il découvre avec ce vin un nouvel univers, profond et épicé. Le nez est intense, et offre au palais des arômes fringants de fraise des bois, de groseille, de cassis sur un fond délicatement épicé où vanille et cannelle s’entremêlent.
Il y a de nombreux grands-parents dans le monde… Et parmi eux, il y a « ses » grands-parents, avec qui, le jeune lecteur fait plein de choses… qu’il ne fait pas avec ses parents ! Les grands-parents, non seulement il l’aime infiniment mais ils sont aussi très aimés par leurs petits-enfants ! Une très belle déclaration d’amour ! Ces grands-parents qui t’aiment infiniment donne une place toute particulière aux grands-parents, ce qui est bien rare en littérature jeunesse !
Tout le monde a sa rom’com’ préférée, souvent anglo-saxonne mais pas seulement. Des réalisateurs et réalisatrices de notre beau pays ont décidé depuis quelques années de dépoussiérer le genre pour en faire une peinture de notre époque, sociale et personnelle. Les 3 auteurs les ont rencontré pour des entretiens riches et pertinents, pour montrer que si l’amour est toujours là, il se décrit aussi avec une grosse couche de quotidien doux amer pour exister avec toujours plus de force. Les 128 pages sont d’une folle pertinence pour enchainer les rencontres et magnifier les sentiments.
Synopsis: Les comédies romantiques ont longtemps été l’apanage du cinéma anglo-saxon. Mais voilà, qu’en France, une vague de jeunes cinéastes s’empare de la rom-com. Ils rangent les princes charmants au placard, s’intéressent à la routine plutôt qu’aux coups de foudre et questionnent les schémas classiques du couple. Ils font souffler un vent de fraîcheur sur les dialogues, bouleversent les situations, continuent à faire advenir des rencontres improbables. Précédé d’un essai introductif, La Rom-com à tout prix propose une série d’entretiens avec des cinéastes qui croient encore en l’amour, et qui nous donnent les clés pour le porter à l’écran, encore, et pour toujours.
Avec Victor Rodenbach (Le Beau Rôle) Mourad Winter (L’amour c’est surcoté) Amélie Bonnin (Partir un jour) Alice Douard (Des preuves d’amour) Alice Vial (L’Âme idéale) Martin Jauvat (Baise-en-ville) Sophie Beaulieu (La Poupée)
Sandra Onana est critique de cinéma et cheffe adjointe du service culture de Libération. Lucas Aubry est rédacteur en chef adjoint de Sofilm et auteur de Takeshi Kitano : Hors catégorie (2022) et Natalie Wood : Un jeu d’enfant (2024), tous deux publiés aux éditions Capricci. Quentin Mével est directeur artistique de l’ACRIF, auteur de plusieurs livres d’entretiens avec des cinéastes (Laurent Cantet, Patricia Mazuy, Sophie Fillières…) et coauteur de Mathieu Amalric, l’Art et la Matière (2017).
« Clair-obscur » — quand l’ombre éclaire le présent à la Bourse de Commerce
À la Bourse de Commerce, l’exposition « Clair-obscur » s’apparente à une étonnante traversée crépusculaire, où une centaines d’oeuvres d’artistes de la Collection Pinault s’y dévoilent.
Pour une traversée d’une matière première presque métaphysique, organique : la lumière. Ou plutôt cette part d’ombre qui la rend visible aux confins perceptibles de l’inconscient.
Sous le commissariat d’Emma Lavigne, la Collection Pinault rassemble une vingtaine d’artistes modernes et contemporains pour éprouver cette illustre technique picturale – née au XVIᵉ siècle et portée à incandescence par le Caravage – comme une méthode pour lire le présent.
Mais ici, pas de leçon d’histoire de l’art. Plutôt une dramaturgie du visible.
Voir dans le noir
Dès la rotonde, le spectateur est happé par Camata (2024) de Pierre Huyghe, film rituel tourné dans le désert d’Atacama : un théâtre cosmique où l’image semble s’enivrer d’elle-même, pilotée par des algorithmes et des capteurs.
L’espace circulaire devient un amphithéâtre archaïque où l’on contemple non pas une œuvre mais une sorte de cérémonie technologique. L’art contemporain, ici, ne représente plus le monde : il l’observe en train de muter.
Cette entrée en matière donne le ton. L’exposition se déploie comme une lente acclimatation de l’œil à l’obscurité.
Chez Bill Viola, les corps surgissent de la nuit comme dans une peinture baroque passée au ralenti : la flamme, l’eau, la chute – autant d’éléments qui confèrent à l’image une gravité presque liturgique.
À l’autre extrémité du spectre, les peintures de Victor Man semblent sorties d’une cave mentale : silhouettes indistinctes, pigments assombris, comme si la toile avait absorbé toute la lumière du monde pour n’en restituer qu’un murmure.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont l’exposition substitue au spectaculaire une invitation à l’intériorité et y célèbre la pénombre sensorielle.
Les œuvres de Giacometti, Dubuffet ou Richier y deviennent des présences spectrales : l’humain réduit à un fil, à une croûte, à une excroissance fragile dans la nuit du monde.
Les vitrines confiées à Laura Lamiel prolongent ce climat d’intériorité : objets trouvés, surfaces métalliques, tubes fluorescents — une archéologie intime et d’une grande poésie, où la lumière agit moins comme révélation que comme une sensation.
On y lit les traces d’un inconscient contemporain : catalogué, fragmenté, irradié.
Et c’est là que l’exposition trouve sa véritable justesse. Car le clair-obscur n’y apparaît pas seulement comme un procédé esthétique mais comme une métaphore politique de notre époque : un temps saturé d’images où la lumière – médiatique, technologique, spectaculaire – produit paradoxalement toujours plus d’ombre.
Au fond, « Clair-obscur » parle moins de peinture que de contemporanéité. L’exposition reprend presque mot pour mot l’intuition de Giorgio Agamben : « être contemporain, c’est regarder non la lumière de son temps mais son obscurité ». Un regard qui éclaire le monde mais qui n’est visible qu’à la condition d’accepter sa part d’obscurité.
Les éditions Futuropolis laissent Baru s’exprimer en toute liberté avec Rock’n’Roll – Salauds de baby-boomers. Il exprime dans 7 récits indépendants son amour de la musique électrique et se remémore l’énergie de sa jeunesse, un temps de tous les possibles où il suffit de prendre sa bécane pour aller écouter Jimi Hendrix en concert. il est bon d’avoir 20 ans dans les années 70 pour exprimer sa vitalité et tracer sa route. Le livre enchaine les noms de groupes et des chansons mythiques reviennent instantanément en mémoire sans pouvoir s’empêcher d’en égrener les paroles. Stones, Beatles, Who, c’est du classique mais que ça fait du bien. Les 144 pages se lisent et se relisent pour se confronter à un parcours teinté de musique, enivrant et acéré. Il est parfois difficile de croire tout ce que les protagonistes devenus âgés se remémorent. Les bastons mods/rockers à Brighton, un ancien guitariste d’un groupe Cult des années 80, les histoires de bistrots et de juke box, et les motos qui sont omniprésentes, comme un appel au grand large et à la musique. La BD se lit avec le sourire aux lèvres, le lecteur voudrait avoir vécu toutes ces histoires d’ancien combattant. Vivement le Tome 2 à paraitre en 2027!
Synopsis: « Le rock’n’roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie » Baru La preuve par la bande dessinée. Sept récits indépendants, qui se répondent pourtant, comme autant de guitares électriques jouées par les plus grands.
Hop, bande-annonce : Le 17 octobre 1966, les vieux du Comité des fêtes de Villerupt (le bled de Baru ado) n’ont pas pu faire venir Johnny Hallyday, alors ils se sont rabattus sur un jeune type, inconnu au bataillon. Comment c’est, son nom, déjà ? Ah oui, Jimi Hendrix… Hey Joe ! Ton Up Boy, c’est quoi, ça ? Un rocker qui faisait le « ton », c’est-à-dire qui arrivait à pousser sa moto au-delà des 100 miles à l’heure, soit 160 km/h, dans la circulation merdique de Londres, entre Chelsea Bridge et l’Ace Cafe, la Mecque des rockers… Le Daily Mirror de l’époque appelait ça le « Suicide Club »… Rater les Rolling Stones en concert une fois, quand on est fan, passe encore, mais trois mais quatre ? Comment est-ce possible ? C’est possible. Quel con ! À Beyrouth, à la fin des années 8o, en pleine guerre du Liban, les Rolling Stones, encore eux, ont sauvé les poules du vieux Mustapha. Satisfaction ! Et aussi : Fever, For your love, Skaï… Rock, rock, rock !
Après le succès de Bella ciao, voici le grand retour de Baru, Grand Prix d’Angoulême 2010, pour ces deux tomes sur le rock’n’roll, mêlant histoires vécues et fictions (tome 1), témoignages et autobiographie (tome 2 en 2027).Réduire
[Jeunesse] Salami, docteur Teckel ! – Tome 4 : Salami à Paris, de Vanessa Rubio-Barreau & Marie Touly (Gallimard Jeunesse)
Salami, docteur Teckel ! – Tome 4 : Salami à Paris poursuit avec humour et tendresse les aventures du célèbre teckel vétérinaire. Après avoir réussi avec brio ses premières missions dans ses précédents exploits, Salami se voit embarqué malgré lui dans un voyage trépidant au cœur de la capitale. Ce nouvel épisode équilibre ingénieusement exploration urbaine, humour canin et rencontres inattendues, offrant aux jeunes lecteurs une aventure pleine de charme et de surprises.
Dans ce quatrième opus, Barbara emmène Salami à Paris pour vivre une étape importante de sa vie de teckel : la Saussage Walk, le grand rassemblement annuel des teckels. Salami découvre ainsi les rues animées de la ville, prend le RER, admire certains des monuments les plus emblématiques — dont un grand triangle en métal qui touche le ciel — et fait la connaissance de nombreux teckels venus de toute la France. Mais loin d’être qu’une simple excursion touristique, cette aventure parisienne met aussi à l’épreuve son sens du devoir : où qu’il aille, malgré le beau paysage et les distractions, il y a toujours un animal à aider.
Ce tome conserve tous les ingrédients qui font le succès de la série : un héros attachant, des situations cocasses et accessibles aux lecteurs à partir de 7 ans, et une écriture qui valorise la curiosité, l’entraide et la bienveillance. Salami navigue entre amusement et responsabilité, montrant qu’on peut s’amuser tout en prenant soin des autres — qu’il s’agisse d’autres chiens, d’animaux de toutes sortes, ou même de compagnons humains qu’il rencontre en chemin.
L’univers visuel imaginé par Marie Touly continue de donner vie à cette série avec un trait expressif et chaleureux, mettant en avant à la fois la diversité des personnages animaliers et l’énergie vibrante d’une ville comme Paris. Chaque page invite à sourire, à s’identifier et à rêver d’aventures, tout en gardant un cap bienveillant et adapté aux jeunes lecteurs.
Résumé éditeur :
Barbara emmène Salami à Paris pour la traditionnelle Sausage Walk, le grand rassemblement des teckels. Quelle aventure que cette journée ! Salami prend le RER, découvre certains monuments parisiens, dont un grand triangle pointu en métal qui touche le ciel. Il fait aussi connaissance avec des teckels de toute sorte, puis tombe nez à nez avec… MORTADELLE ! Elle est trop belle. Docteur teckel en aurait-il oublié son métier ? Pas sûr. Où que l’on aille, il y a toujours un animal à aider !
Date de parution : 19 mars 2026 Auteure : Vanessa Rubio-Barreau (texte) Illustrations : Marie Touly Éditeur : Gallimard Jeunesse Collection / Série : Série Cadet – Roman jeunesse Format / Pages : Broché – env. 64 pages
Vous êtes fan de l’inspecteur Stanley, alors, découvrez sa toute dernière enquête : Le voleur à la main verte. Cette belle BD va plaire à nos jeunes lecteurs. Sa couverture cartonnée est magnifique ! Et les illustrations, de Erica Harrison, sont super ! Idéales pour le tout jeune lecteur, comme le scénario de Hannah Tunnicliffe. Cette nouvelle série, pleine d’humour, des éditions Casterman fait fureur ! Chaque tome peut se lire séparément. Il sort un tome par an ! En 2025, l’inspecteur Stanley mène l’enquête au Musée, avec Mystère au musée, Une enquête de l’inspecteur Stanley. Pour Le voleur à la main verte, l’inspecteur doit découvrir qui a volé la fleur la plus précieuse du jardin botanique… Rien n’est évident ! Et le lecteur découvrira tout sur les plantes carnivores ! Un chouette documentaire qui se trouve à la suite de la BD.
Depuis sa création, « La Colline » s’est voulue le bastion des écritures contemporaines, un théâtre qui regarde le présent droit dans les yeux plutôt que de le contempler dans le rétroviseur.
Confier l’instituion à Julie Deliquet revient à pousser cette logique un cran plus loin. Car son théâtre n’a jamais été celui du commentaire mais celui de l’immersion : une manière de faire surgir la politique à même les corps, dans la friction des voix, dans la vibration très concrète du collectif.
On connaît son travail avec le collectif « In Vitro », ses spectacles où l’intime et le social s’emmêlent comme dans une conversation qui dérape. Chez elle, les plateaux ressemblent souvent à des assemblées improvisées : on y parle beaucoup, on s’y contredit, on s’y cherche.
Autrement dit, on y vit. C’est précisément ce qui manque parfois aux institutions théâtrales, trop occupées à patrimonialiser le théâtre au lieu de le risquer. A ce titre, quelle satisfaction fut la nomination de Julien Gosselin à la direction du Théâtre national de l’Odéon, qui n’a de cesse d’expérimenter de nouvelles écritures théâtrales.
Une metteuse en scène du collectif à la tête du Théâtre national de la Colline
Julie Deliquet appartient à cette génération qui a remis la troupe au centre du jeu. Pas comme nostalgie du théâtre public des années 1970, mais comme laboratoire vivant.
Son esthétique repose sur une illusion paradoxale : tout semble improvisé, presque accidentel, alors que chaque silence est minutieusement construit. Le spectateur a l’impression d’entrer dans une scène déjà en cours comme si le théâtre se poursuivait hors de lui.
Dans un paysage culturel souvent dominé par les signatures solitaires et les dispositifs spectaculaires, cette économie du collectif fait figure de geste presque politique. Le plateau devient un espace de discussion, parfois de confrontation, où la fiction agit comme un révélateur social.
Sa nomination n’est pas seulement artistique. Elle signale aussi un déplacement symbolique. Le théâtre public français, longtemps structuré par des figures de metteurs en scène-auteurs quasi souveraines, semble chercher aujourd’hui d’autres formes de gouvernance esthétique : plus horizontales, plus poreuses, plus proches des dynamiques de troupe.
« La Colline » pourrait ainsi devenir un lieu de circulation plutôt qu’un simple temple de la création contemporaine. Un endroit où les écritures scéniques dialoguent avec la littérature, le cinéma, la sociologie, tout ce qui permet au théâtre de rester branché sur le courant du réel.
Reste évidemment la question qui accompagne toute nomination : que devient un théâtre de recherche lorsqu’il entre dans la grande machinerie institutionnelle ?
L’histoire est pleine d’artistes que la direction d’un lieu a peu à peu transformés en administrateurs académiques.
Mais il y a chez Julie Deliquet une obstination presque artisanale qui laisse espérer l’inverse : que l’institution soit contaminée par le plateau plutôt que l’inverse.
Si tel est le cas, le Théâtre national de la Colline pourrait être ce lieu où le présent vient se débattre et parfois se contredire sous les projecteurs.
Et au fond, c’est peut-être cela la vraie mission d’un théâtre national : accueillir le désordre du monde avant qu’il ne se transforme et ne soit instrumentalisé.
[Album jeunesse] Les chiens Pirates – Et la course au trésor !, de Clémentine Mélois & Rudy Spiessert (L’école des loisirs)
Les chiens Pirates – Et la course au trésor ! embarque les jeunes lecteurs dans une aventure maritime pleine d’humour, de péripéties et de rencontres inattendues. Dans cet album joyeux et rythmé, Clémentine Mélois et Rudy Spiessert font naviguer leurs héros à quatre pattes à travers une quête trépidante où chaque page invite à larguer les amarres. En traversant tempêtes, escales surprenantes et détours cocasses, l’équipage canin prouve que courage, camaraderie et bonne humeur sont les meilleurs trésors qu’on puisse trouver en mer.
L’histoire met en scène une passagère clandestine au fort tempérament qui entraîne nos intrépides chiens pirates dans une véritable course au trésor. En chemin, ils croisent des personnages hauts en couleur comme le célèbre commandant Couchetard, Pénélope Courge ou encore Salvador Dada, chacun apportant sa touche d’humour et de fantaisie. Cette galerie de figures loufoques rythme l’aventure, renforçant la dimension ludique d’un récit parfaitement adapté aux jeunes lecteurs à partir de 6 ans.
Graphiquement, Rudy Spiessert offre un dessin coloré et expressif qui amplifie le côté dynamique et enjoué de la narration. Les scènes de navigation, les expressions des personnages et les détails maritimes contribuent à l’immersion dans cet univers pirate plein de clins d’œil visuels. L’ensemble crée une atmosphère joyeuse et captivante, idéale pour stimuler l’imagination des enfants et leur donner envie de tourner les pages les unes après les autres.
Résumé éditeur :
Une passagère clandestine au fort tempérament emmène les chiens pirates dans une course au trésor. En chemin, ils croiseront le célèbre commandant Couchetard, Pénélope Courge et Salvador Dada. Mais le destin est changeant et les vents capricieux : sortiront-ils vainqueurs de cette nouvelle épreuve ? Pour le savoir, larguez les amarres, carguez les voiles, en route pour l’aventure !
Date de parution : 11 mars 2026 Auteurs : Clémentine Mélois (texte) & Rudy Spiessert (illustrations) Éditeur : L’école des loisirs Collection / Série : Album – Les chiens Pirates Format / Pages : Cartonné – env. 72 pages
Les éditions Glénat jeunesse nous proposent un très chouette album destiné aux tout-petits : Les jeux des petits amis. Cet album, entièrement cartonné, aux coins arrondis, peut être lu dès l’âge de 6 mois. Il s’adresse vraiment aux bébés ! Les illustrations sont très originales, et uniquement en noir et bleu. Le bébé va découvrir la première histoire sur les animaux marins, la baleine, la pieuvre, la tortue… La seconde histoire sera centré sur le panda, puis la troisième sur le lapin qui danse, et la dernière histoire sera celle de l’éléphanteau qui cherche un ami pour jouer. Quatre adorables histoires à lire et à mimer ! Les jeux des petits amis est une belle idée de cadeau de naissance !
Le poids du sac, de Philippe Maschinot (La Sirène aux yeux Verts)
Philippe Maschinot nous propose un récit poignant avec son dernier livre : Le poids du sac. On peut penser que c’est un récit autobiographique… En tout cas, c’est une écriture qui va parler à chacun d’entre nous. Qui n’a jamais pensé avoir un sac trop lourd sur ses épaules ? Le « sac » est une métaphore du poids que chacun porte sur son dos au quotidien. Et qui y a-t-il dans ce sac ? L’auteur nous incite à réfléchir sur nos liens familiaux, conjugaux, nos expériences, nos regrets, nos engagements, et aussi nos moments heureux. Comment se construire au présent avec toutes ces charges ? La plume de Philippe Maschinot est tellement juste, sans dramatiser, mais plutôt dans la bienveillance et la compréhension. Une vraie dimension humaine ! Avec Le poids du sac, Philippe Maschinot nous invite à une certaine remise en question, tout en marchant, pour mieux nous appréhender et nous construire. Un livre très juste et qui peut aider chacun d’entre nous ! Il est publié dans une petite maison d’édition très respectueuse de ses auteurs : La Sirène aux yeux Verts.
Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors (Flammarion Jeunesse)
Les éditions Flammarion jeunesse nous proposent Les petites histoires du Père Castor dans un format souple et à petit prix. Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors est un recueil, très joliment illustré, qui donne envie d’être dehors !
8 histoires sont proposés au jeune lecteur. Ce sont toutes des Histoires du Père Castor. La lecture prendra 2 mn ou tout au plus 10mn par histoire. Idéal pour le rituel du soir ! Voilà les aventures à lire : La Danse de l’automne – Pourquoi les conifères sont-ils toujours verts ? Eustache et Raoul – Les Quatre Géants – Le Bateau rouge d’Oscar – Histoire d’une toute petite taupe et d’un lièvre très pressé – Le Jardin de Clara – Trois petits lapins. Et chaque histoire peut être lue séparément ! Les petites histoires du Père Castor, Pour aller jouer dehors est un très joli album, à avoir dans toute bibliothèque ! Il vient tout juste de sortir !
La joueuse de flute traversière Nadia Labrie dévoile sonalbum Flûte Passion – Hommage à Claude Bolling disponible en coffret 3CDs et en digital chez Atma Classique pour un hommage entre classique et jazz à découvrir en concert à Paris, Salle Cortot, le 06 mars 2026.
Un lâcher prise musical intense
Nadia Labrie rend hommage au célèbre pianiste de jazz Claude Bolling célèbre notamment pour ses musiques de film rentrées dans la postérité (Borsalino, Le mur de l’atlantique, Le magnifique). Flûte Passion, Suite for flute and Jazz Piano Trio & Picnic Suite se présente avec 3 CDs ultra denses qui permettent de se remémorer l’œuvre musicale d’un grand musicien. La flutiste canadienne Nadia Labrie fait partie du célèbre duo Similia avec sa sœur jumelle Annie et sa carrière est déjà riche de nombreux enregistrement. Avec Flûte Passion, elle fait le grand écart entre musique classique et jazz avec un projet discographique enivrant, les notes se bousculent dans une folle sarabande enfiévrée pour un moment de musique qui ravira les mélomanes. La flûte traversière n’est pas forcément très à la mode en 2026 et pourtant les 3 CD’s s’écoutent tout du long pour comprendre la passion de la flutiste pour son instrument. Elle s’intéresse ici à l’un des compositeurs et pianistes de jazz les plus emblématiques de France en étant accompagnée d’un ensemble de musiciens experts qui l’accompagnent dans cette belle aventure. Elle en profite pour présenter l’intégrale des œuvres pour flûte et trio jazz piano de Claude Bolling (1930-2020) avec notamment la Suite no 1, la Suite no 2 et la Picnic Suite pour flûte, guitare et trio jazz. La liberté est le maitre mot dans cette adaptation d’œuvres qui ont bien 50 ans au moins. Elle déploie son jeu expert pour marier jazz et classique à l’air d’un trio jazz au diapason de sa démarche. La Suite pour flûte et trio jazz date de 1973 et est devenue un classique du genre réinterprétée régulièrement.
Lauréate d’un Premier Prix des Conservatoires de musique du Québec et titulaire d’une maîtrise de l’Université de Montréal, Nadia Labrie a enregistré 10 albums, dont Nota del Sol (duo Similia), lauréat d’un Félix. Elle compte aujourd’hui plus de 10 millions de streams et elle est une soliste invitée d’orchestres prestigieux comme le montrent ses invitations dans 22 pays en solo, en duo ou avec orchestre. Son album est magique, il ne faut pas hésiter à le découvrir.
Musiciens: Nadia Labrie – flûte Jonathan Turgeon – piano Dominic Girard – contrebasse Bernard Riche – batterie Hugo Larenas – guitare
En concert à Paris – Salle Cortot, le 06 mars 2026
Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé (Arthaud)
Michelle Fines est journaliste d’investigation.Elle a beaucoup travaillé sur le dossier de Bertrand Cantat. En juillet 2025, le procureur de Bordeaux annonce la réouverture d’une enquête le concernant, pour violences volontaires sur sa femme Kristina Rady qui s’est suicidée en 2010. Elle s’est suicidée après avoir dénoncé les violences de son mari. C’est ce que l’on appelle « un suicide forcé ». Dans son livre, Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé, l’auteure, Michelle Fines, analyse différentes situations dramatiques qui amènent la femme à se suicider. 250 femmes se suicident chaque année à cause de leur conjoint. Des histoires poignantes et vraies. L’auteure qui a été elle-même victime de violences conjugales explique très bien comment la femme se retrouve piéger dans des situations insupportables. Elle est prisonnière, elle part, et finit par revenir…N’ose pas porter plainte… Croyant encore à l’amour qu’elle porte à son bourreau… Et le cercle infernal reprend… Ces hommes pervers narcissiques sont de tels manipulateurs que les femmes perdent leur personnalité et deviennent complètement dépendantes d’eux et de leur perversité, sous leur emprise. Et la justice française est encore bien molle face à ces situations dramatiques ! Michelle Fines met l’accent sur des situations réelles, avec beaucoup de dignité, et un besoin vital de comprendre. Les mots qui tuent : Autopsie du suicide forcé est un livre qui permet de mieux comprendre comment on peut arriver à une telle situation… Une sorte d’hommage fait aux femmes qui se sont retrouvées dans cette situation.
La comédienne Macha Méril ravive les textes autobiographiques de l’autrice George Sand sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse accompagnée par Erik Berchot, lauréat de prestigieux concours internationaux dont le concours Chopin à Varsovie, l’un des rares Français à l’avoir obtenu. La comédienne raconte l’histoire d’amour chaste et presque amicale entre le génial compositeur et celle qui prit un prénom d’homme pour se faire publier.
Une sublime pièce musicale
Après sa rupture tumultueuse avec Alfred de Musset, Aurore Dupin (le vrai nom de George Sand) pose sur le jeune compositeur un regard tendre et protecteur presque maternel et dans une lettre adressée à une amie elle écrit « Quant au petit (Chopin), il viendra s’il veut ». Il vint et leur relation durera presque 10 ans au total. La santé fragile du pianiste franco-polonais posa des problèmes récurrents, l’affligeant d’un tempérament mélancolique qui s’entend parfaitement dans la musique interprétée par Erik Berchot sur un magnifique quart de queue Yamaha noir posé sur la gauche de la scène. Les mots de George Sand sont prononcée avec conviction par la comédienne issue de la noblesse russe. Elle se fond littéralement dans le personnage et ses interventions alternent avec des œuvres éternelles de Chopin qui font littéralement fondre les fans du génial polonais. Mazurkas, préludes, Grande Valse brillante, Sonates et surtout un vibrant Scherzo n°2, c’est un vrai plaisir musical en plus qu’un grand moment de théâtre.
Les textes tirés d’Histoire de ma vie réunis par Bruno Villien font revivre un moment unique dans l’histoire de la littérature et de la musique, la rencontre entre 2 génies qui ont vécu une histoire qui ne cesse encore aujourd’hui de faire rêver.
Synopsis: Neuf ans durant George Sand et Frédéric Chopin ont vécu un amour sublimé par leurs talents. Écriture et musique faisaient bon ménage à Nohant. Macha Méril s’empare entre autres textes d’Histoire de ma vie, autobiographie visionnaire où Sand délivre son art d’être femme avec une profonde intelligence. Au piano s’exprime, sous les doigts d’Erik Berchot, la fougue sensible de Chopin. Un duo légendaire dont l’œuvre ressurgit ici pour notre inusable plaisir.
[Album jeunesse] Petit Tête en l’air, d’Agnès de Lestrade & Martina Motzo (Gautier-Languereau)
Petit Tête en l’air est un album jeunesse plein de fantaisie et de bonne humeur qui capture avec justesse les aventures d’un personnage distrait mais adorable. Conçu pour les tout-petits (à partir de 3 ans), il raconte avec humour les petites étourderies du héros éponyme, souvent dans la lune et toujours surprenant dans ses maladresses. À travers des situations à la fois cocasses et tendres, Agnès de Lestrade et Martina Motzo invitent les jeunes lecteurs à célébrer les différences et la bienveillance partagée.
Le personnage principal, Petit Tête en l’air, est un vrai champion de l’inattendu : oublier son pantalon, confondre le shampoing avec le dentifrice ou encore se tromper de maison… autant de petites aventures quotidiennes qui déclenchent le sourire chez le lecteur. Mais loin de se moquer de ses « absences », l’histoire montre comment ses amis et sa famille lui apportent affection et soutien, même lorsque ses pensées semblent flotter parmi les nuages.
Graphiquement, l’album déploie un style doux et coloré parfaitement adapté au public jeune. Les illustrations de Martina Motzo offrent des détails expressifs et des scènes animées qui accompagnent chaque situation d’une touche visuelle joyeuse. Le traitement visuel aide à rendre le récit accessible aux premiers lecteurs, tout en donnant aux adultes lecture une occasion de partager un moment complice avec les enfants.
L’ensemble du récit invite à rire de petites étourderies tout en valorisant la compréhension, la patience et la tendresse dans les relations familiales et amicales. Petit Tête en l’air se pose ainsi en album feel-good, qui parle de curiosité, de spontanéité et de ce regard unique sur le monde qui fait de chacun une personne à part entière.
Extrait de l’album :
Résumé éditeur :
Pour les étourderies, il n’y a pas plus fort que Petit-tête-en-l’air ! Est-ce possible d’oublier de mettre son pantalon, de confondre le shampoing avec le dentifrice et de se tromper de maison ? Ce champion mérite bien son surnom.
Mais heureusement, pour garder les pieds sur terre, il a sa famille et ses amis qui l’aiment à la folie !
Date de parution : 18 février 2026 Auteurs : Agnès de Lestrade (texte) & Martina Motzo (illustrations) Éditeur : Gautier-Languereau Collection / Série : Album jeunesse – 3-6 ans Format / Pages : Cartonné – env. 32 pages