Born to be blue ressuscite le mythe Chet Baker

Born to be Blue
Born to be Blue, film de Robert Budreau, Copyright New Real Films

Born to be blue ressuscite le mythe Chet Baker

Born to be Blue fait entendre des mélopées de jazz 1h37 durant, de quoi justifier de voir ce film nostalgique et mélancolique. Devant la caméra de Robert Budreau, Ethan Hawke incarne le génial trompettiste avec un mimétisme total. A l’instar du véritable Chet Baker qui prisait les incessantes improvisations tant dans son oeuvre que dans sa vie, l’acteur et le réalisateur se plaisent à imaginer une biographie rêvée à partir de l’agression qui laissa sa mâchoire brisée. Regards profonds, réflexions désabusées et attitude faussement débonnaire, le glorieux personnage se réincarne dans toute son humanité. Rongé toute sa vie durant par une addiction dévastatrice à l’héroïne, Chet Baker a connu l’ivresse des sommets et les marécages de la déchéance. De quoi en tirer une substance de choix pour un biopic fascinant.

Un personnage bigger than life 

Le film fait bien ressortir ce qui lie inévitablement entre eux tous les génies: cette inconséquence fruit d’un talent scandaleux qui les fait vivre des vies d’égoïstes magnifiques. Désirant plus que tout connaitre la reconnaissance de ses pairs, Chet Baker estimait pourtant être tiré vers le haut par ses prises régulières de drogue. Cette passion dévastatrice ne le quitta pas toute sa vie durant, le faisant connaitre autant la prison que la réprobation collective. Ethan Hawke fait ressortir la fragilité et la délicatesse d’un style musical à nul autre pareil. Tourmenté par une rivalité (virtuelle?) avec Miles Davis, le trompettiste navigue entre passions dévorantes et longues plages de doute. Sa musique en ressort pourtant grandie.

Un film entre spleen et volonté de fer

Le film résonne tout du long d’une omniprésente musique jazzy. Les scènes en couleur alternent avec un noir et blanc classieux pour retranscrire autant l’atmosphère tamisée des prestations scéniques que la complexité d’une vie placée sous le signe de l’improvisation. La love story avec Jane fait espérer une fin heureuse… mais le réalisateur choisit d’éviter l’écueil du happy end, laissant à Chet Baker le privilège de gâcher sa vie comme il l’entend. Le film laisse le sentiment d’une évocation certes fantasmée mais finalement assez juste tant on se plait à imaginer le trompettiste comme un outsider uniquement accaparé par sa personne.

Ce Born to be Blue est une excellente surprise tant il donne envie de se replonger dès la séance terminée dans la discographie du trompettiste et chanteur. C’est bien l’essentiel.

SYNOPSIS ET INFOS

Born to be Blue
Born to be Blue

Afin de lui rendre hommage, un producteur de Hollywood propose à Chet Baker, le légendaire trompettiste de jazz des années 1960, de tenir le premier rôle dans un long métrage consacré à sa vie. Pendant le tournage, Chet tombe éperdument amoureux de Jane, sa partenaire afro-américaine. Malheureusement, la production est arrêtée le jour où, sur un parking, Chet est passé à tabac.
Anéanti, les mâchoires fracassées, l’artiste se replie sur lui-même, et son passé ravive ses démons. Jane réussit néanmoins à le convaincre d’aller de l’avant, de rester sobre et, grâce à la musique, de regagner la reconnaissance de ses pairs.

Sortie : le 11 janvier 2017
Durée : 1h37
Réalisateur : Robert Budreau
Avec : Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie
Genre : Drame, Musical, Biopic

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Réalisation
Mise en scène
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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