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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Madame Ose Bashung » et plus rien ne s’oppose à son cabaret drag-queen

C'est sur la scène du célèbre cabaret de Pigalle "Madame Arthur" qu'est né ce spectacle. Sébastien Vion, alias Corinne, et ses copines Brenda Mour et Patachtouille s'emparent du répertoire d'Alain Bashung. Une relecture à l’aune de leur univers fantasmagorique et drag-queen qui ne dénature jamais l’œuvre et sa flamboyance lunaire, bien au contraire, elle s’y colle.

Au Rond-Point, la masculinité à l’épreuve

On entre dans "Débandade" comme on débarque dans une fête où l’on ne sait ni qui a lancé l’invitation ni quel sera le premier toast porté à la masculinité. Et c’est peut-être cela la vraie ambition de la pièce : ne pas traiter la masculinité comme un concept, mais la laisser surgir en désordre, en fragments, en éclats contradictoires, avec la même imprévisibilité que ces conversations qu’on a lorsqu’on ouvre un micro à des hommes interrogés sur le sujet.

Immersion du regard avec Eva Jospin et Claire Tabouret au Grand Palais

Il y a quelque chose de presque paradoxal à découvrir au Grand Palais, des œuvres pensées pour d’autres puits de lumière. Des œuvres qui ne cherchent pas l’évidence, mais le trouble. Avec "Grottesco" et "D’un seul souffle", Eva Jospin et Claire Tabouret n’occupent pas l’espace : elles le déplacent. Elles l’obligent à changer de rythme, à perdre ses automatismes, à accepter une autre forme d’immersion.

Laurent Lafitte dans « La Cage aux folles » : la consécration d’un artiste total

ll fallait que La Cage aux folles retrouve un jour le Théâtre du Châtelet. La salle aime les éclats, et Olivier Py les défis. Cette nouvelle production, portée par un Laurent Lafitte en état de grâce, assume parfaitement ce double héritage : celui d’un spectacle festif, et celui d’une œuvre dont la légèreté n’a jamais masqué l’aspiration à la liberté.

« 1925–2025. Cent ans d’Art déco » : un siècle de lignes claires et de rêves géométriques

Le Musée des Arts décoratifs célèbre les cent ans de l’Exposition internationale de 1925 en rendant hommage à l’Art déco, ce moment où les formes se sont soudain mises à filer droit, où les matières se sont faites précieuses et les lignes, nettes comme un verdict. "1925–2025. Cent ans d’Art déco" n’est pas une reconstitution : c’est une traversée, un point de contact entre un passé incandescent et notre désir contemporain de beauté structurée.

Une « Mouche » impayable aux Bouffes du Nord

Dans son garage, Robert met au point une machine à téléporter… Il suffira d’une petite mouche aventureuse pour déclencher la "métamorphose"  de l’apprenti sorcier Christian Hecq tout droit sorti de l’univers des Deschiens...Tout un programme !

Dans les pas de Pasolini, une troupe intrépide à l’Odéon

Il fallait oser s’attaquer à "Pétrole", le roman-magma inachevé, la dernière colère de Pasolini. Sylvain Creuzevault, lui, n’ose pas : il exhume. Il déterre le livre comme un cadavre encombrant, le déplie sur le plateau et montre tout ce que la société préfère refouler : la noirceur du pouvoir, la lubricité des dominants, la violence diffuse qui irrigue nos démocraties dégénérées.

Poétique amusée d’une galerie conceptuelle : Philippe Quesne en terrain conquis

Il y a chez Philippe Quesne cette folie rare, paradoxale : celle de transformer la satire en matière à rêver. "Le Paradoxe de John", nouvelle création du Vivarium Studio, s’avance ainsi comme un drôle d’objet, à mi-chemin entre la performance d’art contemporain, la poésie sonore et la comédie douce-amère.

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