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Amaury Jacquet

Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

« Le jardin », une tentative d’y croire encore

Il faut se méfier des jardins au théâtre. Ils promettent souvent la paix et livrent une terre fragile. "Le Jardin", création du collectif Greta Koetz écrite et mise en scène par Thomas Dubot, ne déroge pas à la règle — et c’est tant mieux. Ici, rien ne pousse droit, rien ne se stabilise longtemps. Le sol est meuble, les certitudes glissent, et les personnages avancent comme on traverse un terrain familier devenu soudain étrange.

« Chers Parents » ou la vraie fausse harmonie familiale ! sur France 4

Emmanuel et Armelle Patron (frère et sœur dans la vie ça ne s’invente pas) signent une comédie enlevée au ton vif et drôle ayant pour cadre la cellule familiale et sa vraie fausse harmonie. Réjouissant !

Madame Butterfly : l’univers poétique en majesté de Bob Wilson, sur France 5

Madame Butterfly dans la mise en scène de Bob Wilson demeure un choc émotionnel, tant son univers hypnotique fait naître un nouveau rapport au plateau, décomposant le temps et l’espace jusqu’à tendre à l’intemporalité. Cette production a fait l'objet d'une captation diffusée sur France 5, le 2 janvier à 22H40.

Regarder autrement : Mickalene Thomas au Grand Palais

Avec  "All About Love" Thomas ne cherche pas à élargir les marges du récit dominant. Elle en déplace l’axe. Les corps qu’elle représente ne sont ni pédagogiques ni explicatifs. Ils ne demandent pas à être compris ni excusés. Ils existent, pleinement, avec une assurance qui ne sollicite ni compassion ni validation.

Machines, Nanas et utopies : le trio qui voulait changer la vie (derniers jours)

Rarement une exposition aura su recréer avec autant de justesse l’intensité organique d’une complicité artistique. En réunissant Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Pontus Hulten, le Grand Palais propose une lecture dynamique et cohérente d’une époque où la frontière entre l’œuvre, la vie et le jeu s’effaçait méthodiquement.

Top 10 Théâtre 2025 : gestes majeurs, scènes en tension

Un palmarès n’a de sens que s’il raconte autre chose que lui-même. Celui-ci dessine une année où le théâtre s’est montré à la hauteur de ses responsabilités : interroger le présent, affronter les héritages, éprouver la scène comme lieu de pensée autant que de sensations. Dix spectacles, dix gestes, mais une même exigence : faire du plateau un espace de friction entre le monde et ceux qui le regardent.

« Killer Joe » : le mal n’entre pas, il est déjà là

"Killer Joe", chez Patrice Costa, ne cherche pas à plaire. Il serre la gorge. Il rit jaune. Il pue la sueur morale et la violence domestique. Et c’est précisément là que le spectacle fait mouche, sans management aucun. La pièce de Tracy Letts est déjà une grenade dégoupillée : une Amérique en lambeaux, des liens familiaux rongés par l’appât du gain, un tueur à gages qui agit comme révélateur chimique des pourritures ordinaires.

« La Séparation » : l’art du théâtre et de la littérature (derniers jours)

Il y a des pièces qui tiennent dans une intrigue, et d’autres qui tiennent dans une fêlure existentielle. "La Séparation" appartient à la seconde catégorie : pas de confort narratif, pas de drame emballé, mais un effritement lent, une langue qui respire comme un animal blessé. Claude Simon, prix Nobel de littérature, ne s’invite pas souvent au théâtre ; Alain Françon, lui, ose l’y porter. Et c’est un choc.

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